Bonjour à tous ! Me revoilà pour ce deuxième chapitre, avec énormément de retard (à cause du manque de retour, j'avais peur que l'histoire ne vous plaise pas... l'absence de réaction m'a un peu démotivée, je l'avoue). Un peu plus court que la moyenne de cette histoire, j'espère qu'il vous plaira tout de même, et qu'il vous rendra curieux, surtout.

Je tiens à remercier Kathexia-Castiel156 de s'être abonnée, ça signifie beaucoup pour moi. N'hésite pas à laisser un petit mot en review !

Un grand merci aussi à Luuuce (ne serais-tu pas une lectrice de Benitsuki Tora, à tout hasard ? Ton pseudo me dit quelque chose...) pour avoir laissé les toutes premières reviews sur La Volonté de l'Ange. Je n'y avais pas pensé, mais pour les lecteurs anonymes qui veulent une réponse à leurs reviews, ou simplement papoter, mon adresse mail est sur mon profil, mais je la remets ici : .net

Ecourtons un peu ce paragraphe de début. Je vous laisse lire tranquillement, et on se retrouve en fin de chapitre.


Chapitre 2 : Complots

Il faisait encore très chaud malgré la fin de la saison. Tellement chaud que la plupart des gens ne sortaient pas, et s'ils le faisaient, c'était par nécessité absolue. Le soleil brillait très haut et aucun nuage ne le menaçait – le ciel était plus bleu que jamais. La température, frôlant des records inaccessibles, semblait ne jamais vouloir redescendre. Il faisait si chaud que la ligne d'horizon tremblait et que l'asphalte des routes goudronnées fondait littéralement et brûlait les semelles des chaussures des plus courageux.

La route très, très longue, sur laquelle passaient ordinairement des animaux sauvages – variant des élans aux écureuils – était aujourd'hui déserte, tant les rayons du soleil étaient comme des boules de feu tombant du ciel. Les habitants de la forêt préféraient se cacher sous les arbres, à l'abri sous l'ombre des branches et des feuilles qui, par bonheur, étaient suffisamment denses.

Ce manque de distraction n'était pas pour déplaire aux deux seuls courageux qui s'aventuraient sur cette longue et chaude route. En fait, plus vite ils roulaient, plus vite ils pourraient se rafraîchir dans un restaurant sur le bord du chemin. Il était presque trois heure de l'après-midi, et ils n'avaient rien pu avaler depuis la veille. Ils avaient faim. Très faim.

La peinture noire de la voiture n'améliorait pas leur inconfort – le métal était brûlant, et ils rôtissaient presque littéralement. Cela dit, pour rien au monde ils n'auraient choisi un autre moyen de transport. Cette voiture, en effet, était bien plus que cela.

A bord de la Chevrolet Impala de 1967, deux hommes souffraient de la chaleur. Celui qui était au volant, plutôt grand, fixait la route de ses grands yeux verts et balançait la tête au rythme de la musique s'échappant des hauts parleurs. S'il était grand, son frère, l'homme assis sur le siège passager, était un géant. Contrairement au conducteur, il portait les cheveux mi-longs, et dans l'immédiat, cela ne semblait pas lui plaire outre mesure. Il songea que s'il avait au moins de quoi les attacher, sa nuque ne serait pas si humide, et il n'aurait pas si chaud.

Ils étaient épuisés. Ils avaient travaillé sur une affaire particulièrement difficile, et la veille, ils avaient enfin compris ce qu'ils devaient faire pour débarrasser la victime de son fantôme. Mais une opération qui n'aurait pas dû s'étendre sur plus d'une dizaine de minutes avait en fait duré toute la nuit, et une grande partie de la matinée. Heureusement, ils étaient venus à bout de l'esprit vengeur, et la victime avait pu dormir tranquillement. Eux, en revanche, devaient de nouveau prendre la route. Ils voulaient à tout prix rentrer chez eux – ils n'avaient pas pu dormir dans un vrai lit depuis une semaine, et dans l'immédiat, c'était tout ce qu'ils espéraient.

- Dean, on pourrait prendre une chambre d'hôtel pour la journée. On rentrera ce soir, avait protesté le plus grand.

- Je ne dors pas une minute de plus dans un lit qui n'est pas le mien, Sam. J'en ai marre. On rentre à la maison.

Dean lui avait dit plusieurs fois qu'il pouvait dormir dans la voiture s'il le désirait, le temps qu'il les ramène au bunker – la route était longue, il pouvait au moins profiter de cela pour récupérer un peu – mais Sam avait préféré resté éveillé. Il n'aurait pas voulu que son frère, sans aucune compagnie pour l'occuper, s'endorme au volant et bascule dans un fossé.

- Là, regarde, interpella Dean pour sortir son petit frère de son apathie. Une ville. On va peut-être pouvoir manger un bout.

- Je croyais que tu ne voulais pas t'arrêter avant d'arriver au bunker ?

- Ouais. Mais j'ai faim.

Ils firent une halte dans un fast food qui servait des hamburgers, ce qui fit la joie de Dean. Il voulait vraiment arriver au bunker le plus vite possible, mais pour le moment, il voulait savourer son repas, assis tranquillement à une table. Il ne l'aurait jamais dit à haute voix, mais il voulait aussi avoir l'occasion de regarder les serveuses faire leur travail. Sam leva les yeux au ciel lorsque son frère adressa un clin d'œil à celle qui venait de les servir.

- Au fait, comment va Cas ? S'enquit Sam sur le ton de la conversation.

Il était parfaitement au courant de la relation entre son frère et l'ange, mais aucun des deux n'avait jamais jugé utile de le mettre au courant une bonne fois pour toutes. Sam ne pouvait qu'imaginer le dilemme dans l'esprit de son frère, qui devait constamment se demander s'il pouvait s'ouvrir à lui ou non, par conséquent, jusqu'à preuve explicite, le cadet n'avait jamais insinué quoi que ce soit, et attendait le bon moment. Par cette simple question, il voulait rappeler qu'observer la silhouette des serveuses n'était peut-être pas la meilleure chose à faire quand son petit ami était un ange âgé de plusieurs milliers d'années. Mais qui était-il pour juger, de toute façon ?

A sa plus grande surprise, Dean se renfrogna.

- J'en sais rien.

Sam se retint de hausser un sourcil. Dean ne savait pas ce que devenait Castiel ? Non, ça n'était pas commun. En fait, ce n'était pas commun du tout. C'était probablement la première fois que cela arrivait.

- Tu veux dire que tu ne l'as pas vu depuis la dernière fois que... ?

- Que quoi ? renchérit Dean avec une moue boudeuse. Je l'ai pas vu depuis la dernière fois qu'il est venu nous voir, pour ce… truc.

Il planta rageusement sa fourchette dans son hamburger.

Dean ne mangeait jamais, absolument jamais, son hamburger avec une fourchette. Et puis quoi, il ne se souvenait même pas de la dernière fois que Cas était venu ?

- Et… tu ne l'appelles pas ?

Dean, contrarié, releva la tête et considéra son frère d'un air soupçonneux.

- Je devrais l'appeler parce que… ?

Sam, pas farouche, ne poussa pas plus loin. Il haussa les épaules, leva les mains en l'air en signe d'innocence, et se concentra en apparence sur son repas.

Il ne comprenait peut-être pas tout à fait la relation étrange que Dean et Castiel entretenaient, mais une chose était sûre – il n'était pas stupide. En fait, il était même presque sûr de lui.

Si Dean n'avait vraiment pas eu de contact avec son compagnon durant les – il compta rapidement – deux dernières semaines, il se serait inquiété, et ce bien avant que Sam ne mentionne l'ange. Après tout, Castiel était un être surnaturel, des choses pouvaient lui arriver. Mais ce n'était visiblement pas le cas. Non, en jaugeant attentivement l'attitude de Dean depuis qu'il avait amené Castiel dans la conversation, il était presque sûr que…

Dean se leva brutalement, manquant de renverser la table, et lui lança un rapide « 'faut qu'j'aille aux toilettes » avant de s'éclipser. Il n'y avait pas de doute. Son grand frère était fâché.

Sam n'aimait pas quand son frère était fâché. Cela signifiait presque systématiquement que quelque chose de mauvais allait se produire. Maintenant qu'il y pensait, il regrettait presque d'avoir cité Cas. De plus, pour que la pensée de l'ange amène ce genre de réaction… Sam avait du mal à imaginer ce qu'il pouvait s'être produit, et qu'il ne soit pas au courant. Ca semblait grave.

Il eut du mal à se dire que c'était peut-être une simple affaire de cœur. Rien n'était jamais simple, avec Dean. Jamais.

Pendant que Dean faisait sûrement la moue dans les toilettes des hommes, Sam se demanda s'il ne devait pas lui-même appeler Castiel. Il pouvait être en danger en ce moment même, et ils n'en avaient véritablement aucune idée. Il ferma les yeux et essaya de hausser le ton de la voix de sa conscience en appelant son ami, mais personne ne répondit à son appel. En fait, lorsqu'il rouvrit les yeux, atteint désormais d'un sérieux mal de crâne, Dean était revenu et le considérait d'un regard sceptique.

- Tu dors debout ?

- Presque, fit Sam, profitant de la perche tendue. On peut rentrer, maintenant ?

De retour dans la voiture, la pensée du sommeil attira Sam comme un moustique leurré par un lampadaire, pourtant, il n'en fit rien. Il augmenta le son de la musique de Dean, à la plus grande surprise de ce dernier, et tenta tant bien que mal de rester éveillé. Il reconnaissait la route – comme toutes les autres – et à en juger par ce dont son esprit embrumé par la fatigue se souvenait, ils n'avaient plus qu'une heure de route avant d'arriver au bunker. Très bientôt, ils pourraient profiter d'un vrai lit. Sam songea que Dean ne se lèverait probablement pas du sien avant plusieurs jours.

Ils étaient sur le point d'arriver lorsque soudain, Dean sursauta sur son siège. Sam, pas assez alerte pour comprendre ce qu'il se passait, regarda Dean tourner violemment le volant. Il se sentit basculer sur le côté du siège. Les pneus de l'Impala émirent un crissement affreux, presque comme un cri humain de détresse, et Dean parvint à corriger la trajectoire de l'engin avant de tomber dans le fossé. Protéger la voiture avant tout.

Dean eut besoin d'une fraction de seconde, durant laquelle il serra le volant entre ses doigts, avant de sortir de la voiture d'un bond. Sam l'imita, commençant légèrement à comprendre ce qu'il venait de se produire.

Et il n'avait pas vu faux. Lorsqu'il fut à l'extérieur, il constata qu'une jeune personne était allongée sur la route, les yeux fermés. Non seulement elle semblait dormir sur la route – était-elle… ? – mais elle devait probablement fondre, étant donné la température digne du record de l'asphalte. Ils coururent tous deux vers elle. Dean la prit dans ses bras, prit son pouls, puis commença à lui parler afin qu'elle se réveille. Mais avant même que Sam parvienne à leur hauteur, son frère lâcha vivement la jeune fille dont la nuque rebondit durement sur la route, et fit deux grands pas en arrière.

La personne qui semblait auparavant en détresse avait des yeux aussi noirs que la nuit.

Sam se dirigea immédiatement vers la voiture pour au moins prendre de l'eau bénite, mais il n'en eut pas le temps. Dean, bien trop près du corps que le Démon venait visiblement d'emprunter, venait d'émettre un cri étouffé, et se tenait à présent le ventre, les yeux plissés. Le Démon courut jusque derrière Dean, en tenta de tenir la tête de ce dernier, avec la très visible intention de lui abîmer sévèrement les cervicales. Mais le chasseur à qui il avait à faire était un Winchester. Sans vraiment s'y attendre, la créature aux yeux noirs grogna d'inconfort lorsqu'elle heurta le goudron dur et chaud de la route. Elle effectua rapidement une pirouette pour se remettre sur pied. Dean se prépara à frapper, et Sam revenait enfin avec de l'eau bénite, mais contre toute attente, le Démon cessa ses attaques. Dean resta sur ses gardes, mais s'autorisa un haussement de sourcil.

Sam fut alors témoin d'une chose invraisemblable, absolument incroyable.

- Merci de vous être arrêtés. Vous êtes attendu à cette adresse. Veuillez, je vous prie, rejoindre l'endroit le plus vite possible.

Sam dut cligner des yeux plusieurs fois pour se convaincre de ce qu'il voyait – est-ce qu'il rêvait, ou bien ce Démon souriait-il ? Depuis quand les Démons étaient-ils polis ? La créature tendit la main vers Dean, lui montrant un bout de papier ou une adresse était probablement inscrite. Dean, loin d'agir sans précaution, infligea un coup de poing bien placé sur la tempe de son adversaire, qui s'écroula. Il arracha le petit papier des doigts tremblants du Démon, et le montra à Sam.

- Ils sont fous. Plus ça va, plus ils sont fous.

Il le chiffonna et le jeta par-dessus son épaule.

Au lieu de disparaître ou de sortir par la bouche de la jeune fille qui était obligée de subir l'expérience sans avoir son mot à dire, le démon s'évapora dans l'air, comme si l'on avait fait chauffer de l'eau trop longtemps et qu'il ne restait plus rien à l'exception d'une vague perturbation de l'air.

Dean, qui avait déjà tourné les talons et regagnait la voiture, n'avait pas bien vu la disparition du Démon, et il était plus en rogne que jamais. Sam prit silencieusement en note le fait de mentionner plus tard la disparition inhabituelle du monstre.

- Non mais t'as vu ça ? Cria Dean en rentrant dans la voiture et en tournant la clé dans le contact. Crowley est même plus capable de ramener ses fesses soi-même, maintenant il nous envoie des invités pour nous dire qu'on est invité ? Et puis sans déconner, sa tactique, c'est n'importe quoi. Il est hors de question que je suive un Démon qui veut m'amener à une prétendue rencontre, peu importe ce que c'est.

Sam pinça les lèvres. Il n'avait aucune idée de ce que cela signifiait. Mais ce dont il était sûr, c'est que ça n'annonçait rien de bon.


Je suis loin d'être satisfaite de ce chapitre... J'ai eu beaucoup de mal à le relire, et je vous avoue me sentir un peu coupable en le postant. Mais l'histoire doit avancer, et le meilleur est encore à venir.

Sinon, que pensez-vous du contenu de ce chapitre ? Qu'est-ce que le comportement du démon signifie ? Dean a-t-il raison d'ignorer le rendez-vous ? Et qu'est-ce que sa réaction vis-à-vis de Castiel peut bien vouloir dire ?

Merci d'être passé, merci d'avoir lu, et n'oubliez pas de commenter ! Une petite review fait toujours plaisir, et m'encourage à poster la suite. En plus, cela me permet de savoir si l'histoire vous plaît, si certaines choses sont trop floues, s'il y a des points que je dois éclaircir ou non... Bref, vous permettez de lever mes doutes.

Gros bisous à toutes et à tous, je souhaite un bon courage aux bacheliers, et je vous dis à très bientôt.