Bonsoir tout le monde !

Les vacances et tout plein d'autres choses sont venues m'embêter et m'ont tenue loin de mon clavier pendant un certain temps... mais me revoilà ! (Oui, de vrai de vrai) Pour ce troisième chapitre, on revient du côté de nos héros, qui essaient de comprendre un peu ce qui a bien pu se passer au sommet de la colline, alors qu'ils étaient censés faire la fête... J'espère qu'il vous plaira.

En ce qui concerne les remerciements, je tiens à les adresser en long, en large et en travers à Benitsuki Tora, le Tigre Cosmique Infernal de l'Univers (sisi !) pour m'avoir redonnée envie de poster, et aussi et surtout pour me faire crever d'overdose de feelings à la lecture de ses reviews. Parce que ma chérie, c'est la meilleure.

Je ne vous retiens pas plus longtemps, et vous laisse avec ce chapitre sans warning. (Oh, un tout petit léger pour caractère sexuel implicite. Mais léger léger.)

A tout de suite en fin de chapitre !


Chapitre 3 : Le massacre sur la colline

Il faisait très noir, dans la petite pièce. On voyait à peine la lumière du jour à travers les stores, et pourtant le soleil avait pointé à l'horizon depuis un certain temps. Mais à l'intérieur de l'appartement, rien.

Contrairement à l'extérieur ou l'hiver s'était déjà installé, il faisait extrêmement chaud, mais les deux formes sous la couette n'allaient pas s'en plaindre. Elles avaient eu froid toute la journée, avaient dû redoubler d'efforts pour se réchauffer la veille, alors ce matin, elles ne risquaient pas de s'extraire du lit trop prématurément. En fait, l'idée-même du réveil ne pouvait même pas les atteindre, puisque pour l'instant, elles dormaient paisiblement et comptaient bien en profiter, après la nuit pour le moins agitée qu'elles venaient de passer.

Yliana, petite silhouette menue recroquevillée sur elle-même tout à gauche du lit, la tête tournée vers sa lampe de chevet, respirait paisiblement, prenant de profondes inspirations avant que sa poitrine ne s'abaisse doucement dans un bruit régulier et rassurant. Ses yeux étaient clos, mais son rêve – étrange rêve, aucun cauchemar – devenait de plus en plus flou et menaçait de tirer sa révérence et de laisser sa conscience prendre contrôle de son corps à nouveau. Elle s'accrochait aussi désespérément à ce rêve qu'à la couverture, dévoilant presque totalement Morgane, dormant à côté d'elle.

Là où Yliana était mince et ne possédait que très peu de formes, le manque de couverture dévoilait celles de Morgane, ainsi que sa peau douce et blanche comme du lait. Sa nuisette de dentelle noire, lascivement ouverte dans un grand geste passionné alors qu'elle sommeillait, dénudait sa poitrine et laissait apparaître les deux petits bourgeons roses pâles au sommet de ses seins. Allongée sur le dos, prenant manifestement bien plus de place que sa petite amie, elle avait les bras en l'air, les jambes écartées, et c'était presque si elle n'ouvrait pas la bouche pour laisser échapper un bruyant ronflement. Ah, on ne pouvait pas être gracieuse en toutes circonstances.

Morgane se retourna, et posa inconsciemment sa main chaude sur l'épaule couverte d'Yliana. Toujours au milieu d'une folle aventure impliquant des nuages blancs comme du coton et un vieil homme barbu à l'air charmant et attentionné, la brune sourit, comme si elle pouvait sentir la présence d'Yli, très proche d'elle. Le vieil homme, si sage, si fort, de son rêve, lui renvoya son sourire et la salua d'un geste de la main, de laquelle pendait une longue manche blanche.

Yliana émergea lentement de son sommeil avec un grognement désapprobateur – le contact de son amie venait de la réveiller. Elle aurait voulu rester plus longtemps, elle aurait voulu savourer l'impression de ne pouvoir se soucier de rien. Elle savait qu'aujourd'hui serait une journée bien plus affreuse que toutes les autres. Voilà, cela commençait déjà.

Elle resserra la couverture sur elle, découvrant totalement Morgane, et posa la main sur la sienne. Elle essaya de se rendormir, mais en constatant rapidement qu'elle n'y parviendrait pas, elle se raisonna et tourna la tête vers la beauté qui dormait encore, juste à côté d'elle.

Son visage était la perfection d'Yliana. L'harmonie qui s'équilibrait divinement entre ses lèvres pulpeuses, ses joues blanches et rondes, ses yeux en amande l'étonnaient chaque jour un peu plus. Même quand elle dormait, elle était merveilleuse. Un jour, Alice avait invité tout le monde à dormir chez elle, et, Alex ayant l'habitude de se réveiller très tôt, avait ri en voyant le visage rêveur de Morgane au réveil. Yli, elle, ne pouvait pas se moquer – la beauté de ce visage la frappait de quiétude.

Yli sourit en coin, le regard paillard. Tout en gardant le contact avec la main de Morgane, elle promena ses doigts jusqu'au ventre de celle-ci, déclenchant un frisson encore tout ensommeillé de l'autre côté du lit, puis remonta doucement jusqu'à rencontrer sa poitrine. Doucement, tendrement, prenant mille précautions pour ne pas la réveiller, Yliana finit par poser sa main entière sur le sein offert de Morgane. Elle ne put retenir un rire silencieux. C'était le petit plaisir du matin.

Elle resta ainsi un certain temps, sans bouger, savourant la sensation délicate du sein se dressant au creux de sa paume, comme pour épouser d'avantage la forme de la main d'Yli. D'un simple coup d'œil, la jeune fille constata que l'autre sein ne pointait absolument pas, ce qui déclencha encore un petit rire matinal. Ah, vraiment, lorsque Morgane était là, elle pouvait rire de tout, et surtout de n'importe quoi.

Laissant paresseusement sa main sur le sein de sa belle, Yliana tourna la tête pour jeter un coup d'œil à son téléphone. Elle se doutait qu'il était tard, et de toute façon, la fac avait été fermée aujourd'hui, et ce probablement jusqu'à ce qu'une enquête ait lieu. Inconsciemment, elle serra les dents. Les deux jeunes filles n'avaient donc aucune, absolument aucune obligation aujourd'hui. Elles pouvaient très bien rester au lit jusqu'à vingt heures, puis sortir pour aller manger dans un restaurant, puis se promener la nuit le bord du lac de la ville. Aucun pouvoir sur cette terre ne pouvait les arrêter aujourd'hui.

Contre toute attente, elle avait reçu un message, de la part d'Eléonore, qui leur proposait de se retrouver dans leur parc favori, tous ensembles. Elle terminait son texto par un très enthousiaste « Alex a fleuri », suivi d'une bonne douzaine de points d'exclamation. Yliana n'eut pas besoin de chercher longtemps ce qu'elle voulait dire.

Soudain, elle se rendit compte que Morgane la fixait, les yeux grands ouverts, depuis quelques secondes. Yli, tout sourire, lui souhaita la bienvenue dans le monde des éveillés :

- Salut, toi. Bien dormi ?

- Yli… répondit Morgane en levant les yeux au ciel, puis en rabaissant vivement son regard vers sa poitrine.

- Quoi ?

Puis, se rendant brusquement compte que sa main n'avait pas bougé, la retira soudainement, comme si un éclair l'avait frappé.

Morgane pouffa de rire et ouvrit complètement sa nuisette, se dévoilant entièrement sous les yeux d'Yliana, qui lui servit un regard lourd de sens, un petit sourire aux lèvres.

- Pas pu résister , fit-elle en guise d'explication.

- Tu peux résister, là ?

- Mh, j'sais pas trop…

Sans attendre une seconde de plus, Yliana passa une jambe par-dessus le corps divin de sa copine, et d'une poussée surhumaine considérant qu'elle n'était pas réveillée depuis si longtemps que ça, s'assit à califourchon sur ses hanches. Elle encadra le visage de Morgane de ses mains, repoussant les longs cheveux bouclés qui lui barraient le passage, et se pencha en avant. Leurs lèvres se rencontrèrent avec plaisir, et se reconnurent comme deux pièces d'un puzzle.

Yliana perçut le désir de plaisanter de Morgane avant même de sentir un sourire sur ses lèvres. Elle se détacha de son contact chaud et angélique et la considéra, la tête penchée sur le côté. La brune pouffa encore, les yeux pétillants.

- Tellement belle, souffla-t-elle. Puce, après toute l'action de la veille, on n'est peut-être pas obligées de remettre ça tout de suite ?

Yliana afficha une petite moue déçue, avant de lui faire un clin d'œil. Bah, en fait, maintenant qu'elle y pensait, ses muscles étaient fatigués aussi. La nuit dernière avait été merveilleuse, bien sûr, mais ça lui suffisait sans doute pour le moment. Et puis, plus important encore, si Morgane n'avait pas envie de remettre ça ce matin, elle n'en avait pas envie non plus.

- Douche, alors ? S'enquit-elle.

Morgane acquiesça, se débarrassant de sa nuisette en bâillant.

- Mhm. Mais d'abord, manger. Je meurs de faim.

Yliana sauta sur ses pieds, étrangement réveillée, et se dirigea vers son coin cuisine. Elle mit deux tasses au micro-onde, une remplie de café, l'autre de chocolat chaud, et sortit la brioche qui faisait son petit déjeuner depuis déjà quatre jours. Son père lui avait cuisiné et lui avait proposé de la prendre, pour qu'elle « cesse de ne déjeuner que partiellement et se retrouve à l'infirmerie tous les quatre matins ». Et la cuisine du père d'Yliana faisait des merveilles.

- De la brioche ? Fit la voix de Morgane entre deux bâillements.

Yli hocha la tête.

- De la brioche ! Cria avec enthousiasme la brune en sautant du lit, nue comme un vers.

Elles entendirent toutes deux très distinctement les cris de la voisine libertine atteignant l'orgasme.


Elles arrivèrent une bonne heure plus tard, les cheveux encore humides. Eléonore et Alice étaient déjà là, car elles habitaient dans le centre ville, littéralement à quelques centaines de mètres du parc. Alex, lui, devait venir en voiture par ses propres moyens, et habitait bien plus loin. Toutes les filles se saluèrent rapidement.

- Alors comme ça, Alex en a en réserve ? A cette époque de l'année ? S'enquit Morgane, étonnée. C'est de la sorcellerie, à ce niveau-là, non ?

Elles se mirent toutes à rire. Alice ne disait rien et se contentait de plaisanter avec les autres, mais au fond, elle était bien heureuse que personne n'évoque le massacre de la veille. Elle avait été secouée, il fallait le dire. Elle s'attendait à tout, absolument tout, sauf à un spectacle macabre dans sa propre ville. Cinq personnes, mortes, leur sang se répandant autour d'eux, leurs boyaux rencontrant la lumière du jour en une espèce de mise en scène lugubre… Mh, elle se félicitait de ne pas avoir cédé à la curiosité de monter jusqu'au bout, et s'était simplement fié à ce qu'Eléonore lui avait raconté.

Pourtant, elle savait que dès le moment où Alex arriverait, il remettrait tout sur le tapis. Leur gigantesque ami barbu ne parvenait jamais à trouver le bon moment, ni la bonne chose à dire dans les circonstances. C'était devenu ce qui le caractérisait le mieux pour les personnes qui ne les connaissaient que très peu. Il n'était pas méchant, bien au contraire, il faisait de son mieux, mais quand il remarquait quelque chose – et Alice savait à quel point il remarquait beaucoup – il ne pouvait s'empêcher de le faire partager, sans aucun regard pour les circonstances.

Le moteur de la petite voiture bleue délavée d'Alex se fit entendre, et les filles se turent immédiatement. Elles entendirent une porte claquer et firent quelques pas en avant pour aller le retrouver, lorsque, contre toute attente, elles entendirent le bruit d'une seconde portière qui se refermait.

- Oh non… Soupira Yliana sur un ton soudain très sombre.

Eléonore et Alice lui lancèrent un sourire désolé.

- On était bien obligés de l'inviter, ça faisait longtemps qu'on l'avait pas vu, s'excusa Eléonore, sincère.

- Et il n'est pas si désagréable que ça, tu sais, termina Alice.

Yliana leva les yeux au ciel, exaspérée, en voyant Alex déboucher du chemin et venir vers elle. Derrière lui se tenait Vincent.

Vincent était plus jeune qu'eux d'un an, et pourtant, Yliana aurait pu jurer qu'il n'avait que cinq ans d'âge mental, et encore, si elle était gentille. Il paraissait bien petit à côté d'Alex, pourtant il était plus grand qu'elle, ce qui l'exaspérait au plus haut point. Blond, les cheveux lui tombant sur le front dans une coupe qui ressemblait à un semi-bol, son sourire railleur était séduisant, et ses dents éclatantes. Ah, Yliana le haïssait.

- Heeey, les filles ! Lança-t-il de sa voix traînante à leur attention. Tim, comment ça va ? Wow, Morgane, toujours aussi sexy à ce que je vois…

Il sourit davantage. Morgane rougit. La pauvre n'avait absolument aucune idée sur la façon dont elle devait s'y prendre pour repousser ce genre d'avance, bien qu'elle en soit souvent le sujet. Elle ouvrit la bouche pour dire quelque chose, puis la referma, la rouvrit de nouveau, et laissa échapper un soupir de soulagement lorsqu'Alex lui tapa l'épaule pour la saluer et lui faire la bise.

- Tu pourrais m'appeler Yli, comme tout le monde, siffla Yliana.

- Maiiis, Alex t'appelle bien Tim, lui !

- Lui, il a le droit, fit-elle.

Elle croisa le regard d'Alex et lui sourit en guise de salutation.

Ils s'assirent sur leur banc, qui ne contenait que la place pour cinq personnes, aussi Vincent fut obligé de s'asseoir à même l'herbe mouillée et froide devant eux. Il proposa à Morgane de s'asseoir sur lui, si elle voulait, mais Yliana le fusilla du regard avant même que sa petite amie n'ait eu le temps d'y penser.

Alex ouvrit son manteau et en sortit un sachet en plastique de la taille d'une petite mandarine. Eléonore leva les deux bras en l'air en signe de victoire. Vincent, lui, fut très fier d'annoncer :

- Alex m'a amené chez lui avant de venir ici, du coup, j'ai vu les plants de son vieux !

La bouche de Morgane frôla le rond parfait.

- Sérieux ? C'est ton père qui en fait pousser ?

Alex eut un petit frisson, presque imperceptible. Pendant une seconde, il eut l'air extrêmement occupé avec son sachet, mesurant la dose exacte qu'il allait mettre dans le premier joint, puis releva la tête et sourit gauchement à Morgane.

- Hervé, c'est pas mon père. Mais oui, c'est lui qui fait pousser ça, dans l'arrière-boutique de son horlogerie. L'atmosphère est géniale pour la plante.

Morgane se mordit la lèvre inférieure. Elle oubliait constamment qu'Alex vivait en famille d'accueil. Elle savait que son vrai nom était Alexandre, car il était obligé de l'indiquer sur ses copies d'examen, et aussi qu'il haïssait son prénom et préférait que tout le monde, y compris les professeurs, l'appellent Alex. Yliana avait toujours souligné l'importance de son nom, Morgane n'avait donc eu aucun mal à le retenir. Mais ses responsables légaux, non, évidemment, ça lui sortait toujours de la tête. Elle se maudit.

- Ah ouais, carrément, dans l'horlogerie ? Il a l'air génial, Hervé !

Eléonore avait repris la discussion comme si de rien n'était, et tout le monde fit de même. Morgane en fut rassurée.

Alex roula patiemment le premier joint et l'alluma précautionneusement. Il était particulièrement long, et Eléonore en sembla ravie. Le sourire en coin d'Yliana indiqua qu'elle aussi était bien contente.

Ils parlèrent principalement des cours en se faisant passer le joint. Ils étaient nombreux, même si Alice ne fumait pas et qu'ils évitaient de laisser à Vincent l'opportunité de le tenir entre les doigts trop longtemps, aussi il fut vite épuisé, et Alex dut en rouler un autre. A chaque nouvelle réplique de leur ami mal rasé, Morgane s'attendait à l'entendre parler des meurtres au sommet de la colline. Par bonheur, le sujet n'avait pas encore fait surface, mais ça n'était qu'une question de temps.

- Vous croyez qu'il va y avoir une enquête ?

Morgane sursauta. Ce n'était pas la voix d'Alex. A sa plus grande surprise, c'était celle d'Yliana.

Immédiatement, comme s'il n'attendait que ça, Alex sauta sur l'occasion :

- Sûrement.

Il ne lui fallut qu'une demi-seconde pour prendre son souffle et raconter tout ce qu'il savait :

- Y'avait quand même cinq types. Oh, quatre mecs et une fille, je crois. Ils étaient tout autour de la colline, à égale distance les uns des autres. Y'avait du sang tout autour d'eux, comme s'ils en avaient été vidés. J'vous jure, j'avais jamais vu autant de sang de ma vie. Vu comment ils étaient tous rangés, je pense qu'ils se sont tués eux-mêmes. Sinon, je vois vraiment pas. Ils avaient l'air plutôt jeunes, pas plus de la trentaine j'dirais, si ça se trouve, c'était des étudiants sortants qui se sentaient mal dans leur peau. On sait jamais vraiment ce qu'il se passe dans la tête des gens suicidaires. Enfin bref, c'était super bizarre. En plus, au milieu du cercle qu'ils formaient, y'avait une espèce de grande tâche noire dans l'herbe, comme s'il y avait eu l'ombre d'un arbre, sauf que y'avait pas d'arbre. Ca ressemble à un rituel satanique, vous voyez le genre ? S'il y a une enquête, et je vois pas pourquoi y'en aurait pas, ils vont avoir vite fait de trouver un gourou ou autre esprit libre là-dedans.

Il prit une longue, très longue bouffée, avant de passer le joint à Vincent, en le gardant à l'œil. Le blond répondit à la longue remarque d'Alex, comme si le joint avait été un bâton de parole.

- Ils vont fermer la fac, alors. Au moins le temps de l'enquête.

- Non, renchérit Alice. Je suis allée me renseigner ce matin (tout le monde se tourna vers elle, un sourcil levé, avant de se rappeler que c'était Alice qui parlait), et apparemment, ils veulent continuer les cours normalement.

- Ah ouais ? S'étonna sa meilleure amie.

- Ca ne m'étonne pas vraiment… Pensa Morgane à voix haute. Ils essaient de calmer l'inquiétude des gens avant même que ça ne commence.

- Mais c'est super dangereux ! Continua Eléonore, les yeux écarquillés. Celui qui a fait ça pourrait être sur le campus !

- Je pense vraiment que c'est une secte, fit Alex, convaincu.

- Mais si jamais tu te trompes, on a un putain de tueur en série dans la ville, déclara Yliana sur un ton qu'elle désirait visiblement neutre.

Tout le monde se tut, et Vincent en profita pour donner le joint à Morgane, qui le passa immédiatement à sa petite amie. Elle n'était plus tout à fait d'humeur à fumer.

- Si Alex pense que c'est une secte, c'est ce que tout le monde devrait croire, reprit Alice. Il est plutôt perspicace, habituellement.

- Habituellement ? Fit Alex, faussement blessé. Qu'est-ce que je dois entendre, là ? Espèce d'intello !

- Merci, répondit Alice en bombant le torse avec fierté.

Morgane pouffa.

- Si tu le penses aussi… Mh, on a peut-être pas de tueur en série, alors, fit Eléonore en s'adressant à Alice.

- Aaaah, égalité ! Cria Alex, frustré. Trois contre trois ! Tim, Morgane, Vincent, vous en pensez quoi ?

- Ben… fit Yliana.

- On n'a pas eu le temps de monter, répondit la belle brune à sa place. On n'a pas vu, on ne peut pas vraiment savoir.

Tous les regards se tournèrent vers Vincent, qui rougit.

- Bon, puisque c'est moi qui doit trancher… Je reste dans le camp de Morgane, fit-il en regardant celle-ci dans les yeux.

Yliana se renfrogna un peu plus, si c'était possible, et Morgane sourit sans répondre. Il avait attendu un certain temps avant de lui faire des avances, pour une fois.

Eléonore fit sembler d'envoyer son pied en direction de Vincent, avant d'intervenir en riant :

- Hop hop hop ! Propriété privée, mon vieux, c'est LA Morgane DE Yli !

- Mais Morgane, tu es mon seul et véritable amour, tu dois comprendre…

Il leva le bras devant lui, comme pour énoncer les vers d'un poème. Yliana semblait sur le point d'exploser, de rire comme de colère, ce qui la plaçait dans un état d'incrédulité pour le moins comique. Alice se leva, fit le tour de Vincent qui, hilare, commençait à déclamer sa flamme pour la énième fois, et sans aucun ménagement, lui fila une claque sur le sommet du crâne.

- Aaaaïeuh !

Morgane pouffa. Vincent, heureux de plaire à sa belle, même si c'était au prix de l'humiliation, continua à faire l'imbécile :

- Mais Aliiiice, pourquoi tant de haine ?

Même Yliana sourit devant le grotesque de la situation.

- Vincent, Morgane a dans les 25 ans, et tu es encore mineur, à ce que je sache, pouffa Alex. Trouve-toi quelqu'un de ton âge ! Alice, par exemple !

Alice écarquilla les yeux et, à l'hilarité de tout le monde, recula de deux pas très prudents, histoire de garder une distance de sécurité entre elle et l'autre blondinet joli cœur.

- Non merci, ça ira, fit-elle sur un ton pincé.

Tout le monde se mit à rire aux éclats, y compris Yli, à la vue de l'égo faussement brisé – son égo était indestructible - de Vincent. La bouche grande ouverte, les yeux exorbités, il laissa échapper un sifflement étrange, qui évoquait un peu le son d'une locomotive au départ.

- Alice, j'avais confiance en toi ! Pourquoi me trahis-tu de la sorte ? Fit-il dramatiquement en plaquant sa main contre sa poitrine.

- Parce que tu ne sais pas où est ton cœur, se moqua Alice.

Vincent baissa la tête, se rendit compte qu'il avait plaqué sa main du côté droit, et s'avoua vaincu en s'écroulant au sol.

- Morgane ? Chuchota-t-il, comme à l'article de la mort.

- Oui ?

- Je vais avoir besoin de ce joint, si je veux m'en remettre.

Avec une dernière crise de fou-rire, Morgane le lui donna, et après quelques secondes, tous se turent en se tenant les côtes.

- Eh, les gens.

Ils se tournèrent tous vers Yliana, dont la voix ne contenait plus aucune hilarité.

- Enfin, Alex, fit-elle en se tournant vers son ami, comme si elle venait de reconsidérer ce qu'elle s'apprêtait à dire. Est-ce que, euh… Tu as dit qu'il y avait une femme, non ?

- Je crois que c'était une femme, fit Alex. Enfin, la seule chose que je sais, c'est que la personne était habillée en jupe.

Alice sourit.

- Et, hm… quand vous êtes arrivés, elle était déjà morte, ou non ? Continua Yliana.

Morgane serra sa main, sentant que quelque chose n'allait pas. Alex haussa les sourcils.

- Ben… oui. Genre, y'avait trop de sang par terre pour qu'elle soit encore en vie, Tim. Pourquoi ?

- Oh non, pour rien, fit la jeune fille en agitant la main. Faites pas attention à moi, je dis n'importe quoi quand j'ai trop fumé !

Tout le monde sembla accepter cette excuse, mais Morgane n'était pas dupe. Quelque chose n'allait pas avec Yliana. Cela avait-il un lien avec la montée de la colline, lorsqu'elle s'était figée et que ce n'était pas une crise d'angoisse habituelle ? Yli avait refusé d'en parler la veille, et la belle brune n'avait pas osé insister. Mais, et c'était très visible, sa compagne lui cachait quelque chose. Et étant donné son visage confus et inquiet, c'était loin d'être anodin.

Elle n'aurait cependant pas eu l'occasion de lui demander le soir même. Les parents d'Yliana voulaient revoir leur fille, car cela faisait longtemps qu'elle n'était pas revenue à la maison. Morgane dormirait donc ce soir sur des pensées inquiètes, dans son propre appartement. Seule.


... Et voilà pour ce chapitre !

Quoi ? Comment ? Bon, oui, j'avoue, j'aime terminer mes chapitres sur une note mélodramatique. Je plaide coupable.

Mais la question que je me pose est la suivante : qu'avez-vous pensé de ce nouveau chapitre ? Les personnages vous semblent-ils sympathiques ? Suffisamment humains ou bien sans relief ? Je le répète, ce sont les premiers personnages qui osent sortir de mon imagination pour donner quelque chose... j'espère vraiment qu'ils vous font une bonne impression.

Et maintenant que vous en savez un peu (et oui, juste un peu) plus sur le "massacre sur la colline"... qu'en dites-vous ? Ou en d'autres mots : c'était quoi ce putain de bordel ?

Sur ces doux mots pleins de sagesse, je vous laisse à vos occupations. N'oubliez pas de commenter, s'il vous plaît, je meurs d'envie de vous lire !

(Et un gros bisous sur le museau de la fantastique Benitsuki Tora sans qui tout ça ne serait même pas envisageable)

Merci d'être passé, merci d'avoir lu, et n'oubliez pas de commenter... A bientôt !