Bon, parlons peu parlons bien. Voici donc le chapitre qui marque le début de la fin. C'est-à-dire qu'à partir de là, tout va s'accélérer, et j'annonce qu'il restera entre 10 et 15 chapitres avant que cette histoire ne s'achève. Ça veut dire qu'il va falloir s'accrocher, qu'il va y avoir du rebondissement et des pertes à déplorer (j'annonce la couleur !).
Ça veut dire aussi que j'exige de tous mes très chers lecteurs qu'ils laissent une petite trace de leur passage, un commentaire avant la fin de l'histoire, pour me donner leur avis global de l'histoire, et plus spécifique des chapitres. C'est votre job, et le mien c'est de vous régalez, alors signons dans le sang ce pacte de commentaire vs. Chapitre !
Je remercie les lecteurs qui prennent encore le temps de commenter, je vous aime d'amour et vous autorise à dormir dans le lit de Drago hihi.
Dame Lylith : Aaaah j'aime faire rire mes plus fidèles lecteurs ! Je suis heureuse ça t'ai plu, voici la suite.
AllieblackPotter : Mais oui il vaut mieux en rire qu'en pleurer, ça rend la vie bien plus belle, et puis, Crabella, ils sont tellement… attendrissants ? répugnants ?
Leolili : Crabella ça rime avec … Cruella ? haha. Oui Drago est passif parce que tout va trop vite pour lui, qui a toujours baigné dans l'idéologie mangemort, mais il va se reprendre c'est sûr.
Chapou69 : Oui un moyen de pression, ça lui fera les pieds un peu ! Voici la suite, je n'en dis pas plus.
San713 : Aaaah les cauchemars d'Hermione, très bonne question, qui demeure pour l'instant sans réponse haha. Et je suis ravie de t'avoir fait rire, ma mission est donc accomplie !
Swangranger : Tiens, tu as laissé deux reviews identiques haha. Merci ! En effet, ils ont un moyen de pression, et c'est là que tout commence !
Bonne lecture à tous !
La semaine s'achevait enfin, ou peut-être était-ce une nouvelle qui débutait déjà, car au loin, l'horloge magique de Poudlard sonnait déjà deux coups. Sa résonnance rebondissait sur les murs froids du château plongé dans l'obscurité, venant perturber parfois le sommeil des recrues fatiguées. Deux d'entre elle ne l'étaient pas tant cependant, car dès lors que les lumières s'étaient éteintes et que les formateurs eurent tous regagné leurs appartements, Thaïs et Hermione s'étaient faufilées dans la pénombre pour rejoindre, sur la pointe des pieds, la chambre de Blaise Zabini. Le ventre criait famine, et sitôt eurent-elles franchi le seuil de la porte qu'une délicieuse odeur de tarte aux oignons vint chatouiller leurs narines avides.
─ Je pourrai manger un hippogriffe, murmura Thaïs en empoignant une part.
C'était son expression favorite, et elle aimait l'utiliser aussi souvent que possible. Hermione n'était pas en reste, et après avoir jeté un coup d'œil reconnaissant en direction de Drago et Blaise, assis sur le lit, elle s'autorisa à son tour une belle part de tarte. Les filles s'installèrent sur le bureau de Blaise, et dégustèrent durant de longues minutes tout ce qui leur avait été interdit jusqu'alors, la potion de soumissions la poussant à jeuner la journée pour mieux se régaler au milieu de la nuit.
Etonnamment, leur corps s'étaient peu à peu habitués à ce nouveau rythme, comme conscient qu'il s'agissait là de la seule solution pour avoir un repas saint et décent. Quand elles eurent enfin terminé, la conversation reprit là où ils l'avaient tous quatre laissé la veille : comment s'évader de cette prison qu'était devenu Poudlard ? Jusqu'alors, Hermione s'était faite discrète, réfléchissant plus que ce qu'elle ne parlait. Ce soir-là, cependant, elle avait déjà une ébauche de plan en tête, et était sur le point de le soumettre à ses camarades d'infortune.
─ Il existe une carte, murmura-t-elle. C'est une carte magique que Harry possédait, à l'époque où nous étions élèves à Poudlard…
Les trois autres avaient rivé leur regard sur elle. Drago avait le teint plus pâle que d'habitude. C'était la première fois qu'Hermione mentionnait le nom de feu Potter depuis son funeste anniversaire de mort. Il s'était bien gardé d'aborder lui-même le sujet, trop conscient de sa part de responsabilité quant à la mort du Survivant – qui n'avait cependant guère survécu.
─ La Carte du Maraudeur, expliqua Hermione. J'ignore ce qu'elle est devenue, la dernière fois que je l'ai vue, c'est… durant la bataille de Poudlard.
─ Qu'a-t-elle de particulier ? demanda Thaïs, curieuse.
Hermione entreprit alors d'expliquer les merveilleuses vertus de cette carte magique. Elle en parlait avec admiration, et beaucoup de mélancolie. Drago comprit bientôt que l'étrange objet était sans doute le secret bien gardé du célèbre trio, et que jusqu'alors, les personnes qui connaissaient l'existence de cette carte devaient se compter sur les doigts d'une main. Quand Hermione acheva ses explications, les regards tournés vers elle étaient ébahis et brillaient d'une explication nouvelle.
─ En plus de montrer les allées et venues de chacun, elle était aussi très détaillée en termes de passages secrets.
─ Ils ont tous été condamnés, excepté celui de Honeyduke, répondit Blaise en haussant les épaules.
─ Et Pré-au-Lard est sous bonne garde, continua Drago. Le Seigneur des Ténèbres y a posé une dizaine de mangemorts pour surveiller les alentours et le château. Nul ne rentre, ni ne sort sans passer leur barrage.
─ C'est tout l'intérêt de la carte, murmura Hermione avec patience. Si nous la retrouvons, nous pourrons savoir exactement qui se trouve à quel endroit. Elle est aussi révélatrice d'identité. A l'époque où Peter Pettigrow se faisait passer pour le rat de Ron, la carte n'affichait pas « Croutard » - elle ne l'aurait jamais fait, elle n'annonce que les humains. Elle affichait bel et bien Peter Pettigrow. Il sera alors impossible de se faire prendre au piège du polynectar ou autre sort de désillusion. Même la cape d'invisibilité apparaissait dessus.
Blaise et Drago se jetèrent un regard.
─ Tu avais une carte d'invisibilité ? demanda Blaise.
─ Pas moi, Harry.
Drago n'ajouta rien, mais encore une fois, cela expliquait beaucoup de chose sur les succès successifs de Potter dans sa scolarité puis sa lutte contre le Seigneur des Ténèbres. Sur sa descendance aussi, car Drago savait qu'il n'existait qu'une seule véritable cape d'invisibilité, et qu'elle l'était l'une des tant recherchées reliques de la mort. Que ferait Voldemort de cette information ? Non pas qu'il eut besoin d'une cape pour être invisible, mais à présent qu'il était l'heureux détenteur de la Baguette de Sureau, ne voudrait-il pas acquérir la cape ? Sa soif d'immortalité pouvait s'apaiser par la réunion des trois reliques maudites. Il fallait que cette information reste secrète et ne parvienne jamais aux oreilles de Lord Voldemort.
─ Cette carte peut-être n'importe où, soupira Thaïs qui semblait avoir réfléchi à question.
─ En effet, dit Hermione. Les endroits les plus probables sont la Salle sur Demande, la Tour des Gryffondor et celle des Serdaigle… On peut aussi regarder du côté du bureau de Dumbledore et…
Hermione s'interrompit quand elle vit le regard étrange que se lançaient Blaise et Drago.
─ Qu'y-a-t-il ?
─ On ne peut pas entrer dans le bureau de Dumbledore, expliqua Drago.
─ Vous ne pouvez pas ? répéta Hermione, surprise.
─ Personne ne peut, en réalité, précisa Blaise. Même le Seigneur des Ténèbres n'y est pas parvenu… Ça l'a mis dans une colère noire, se souvint-il avec un sourire crispé qui en disait long sur la réaction qu'avait dû avoir Voldemort en essayant de pénétrer l'antre du très regretté Dumbledore.
Hermione resta bouche bée. L'interdiction d'accès au bureau de Dumbledore en disait long sur sa puissance magique. Même des années après sa mort, le directeur de Poudlard avait su garder ses secrets. Et même l'autoproclamé plus grand sorcier de tous les temps, Lord Voldemort, n'était pas parvenu à percer ses mystères. Hermione afficha un petit sourire satisfait. Alors il y avait encore de l'espoir.
─ On commencera par chercher là où tu as dit Hermione, dit Thaïs. Peut-être les abords de la forêt interdite et les serres de botaniques aussi. Si on ne trouve pas, il faudra s'attaquer au bureau du directeur.
─ Thaïs, souffla Blaise d'un ton patient et doux, si même notre Maître n'y est pas parvenu alors…
Mais Thaïs balaya sa remarque d'un geste dédaigneux de la main. Ils ne s'attardèrent pas davantage sur le sujet, espérant que les autres endroits mentionnés seraient les bons, mais Hermione sentait au fond d'elle-même, qu'elle devrait, à un moment ou un autre, se rendre dans le célèbre bureau directorial.
Quand les filles furent parties aussi discrètement qu'elles étaient venues, Blaise et Drago se retrouvèrent bientôt seuls dans la pièce. Drago avait la mine renfrognée, et Blaise ne tarda pas à s'en rendre compte. Alors qu'il était sur le point de prendre lui aussi congé, il se tourna vers son meilleur ami et demanda d'une voix calme :
─ Tu vas me le dire ?
─ Quoi ? demanda Drago.
─ Ce qui te contrarie.
Drago leva brusquement la tête, comprenant qu'il ne pourrait pas garder son secret bien longtemps. Il soupira d'un air las, passa une main nerveuse dans ses cheveux déjà en bataille et murmura :
─ Je ne pourrai pas m'enfuir avec vous, dit-il simplement.
─ Ah ? dit Blaise surpris.
─ Je suis sous serment inviolable, lâcha Drago sans autre préambule.
Un silence de mort s'abattit entre les deux amis. Instinctivement les yeux de Blaise glissèrent sur le bras de Drago, dans l'espoir vain d'y voir une quelconque trace qui vienne appuyer ce qu'il venait de dire. Mais il n'y trouva que la marque des Ténèbres, et quelques cicatrices. En effet, le serment inviolable avait pour qualité première d'être totalement invisible.
─ Je dois dire que je ne suis pas surpris, avoua Blaise en croisant les bras sur sa poitrine.
─ Vraiment ?
─ Non… C'est logique. Le Maître a placé tous ses pions et tous ses espoirs en toi. Il voulait une garantie, être certain que ça ne tomberait pas à l'eau.
Drago ne répondit pas.
─ On dirait qu'il a eu raison de se méfier, ajouta Blaise avec un sourire en coin.
─ Ouais… souffla Drago. Si j'avais su comment ça allait tourner …
─ Eh bien quoi ? répliqua Blaise. Tu aurais refusé le serment ? Et tu te serais fait tuer, tout simplement.
─ J'aurai pu partir avec Pansy. Tous les trois, on aurait pu. Peut-être qu'elle n'aurait jamais été capturée si on avait été là, peut-être qu'on aurait pu vivre une vie meilleure, une vie de …
─ De quoi ? De déserteur ? De vagabonds ?
─ Une vie de liberté, murmura Drago, le regard glacial.
─ Tu n'aurais pas rencontré Granger.
─ On la connait depuis qu'on a onze ans, ça n'a rien à voir.
─ Ce n'est pas ce que je voulais dire, gronda Blaise, atterré.
Drago braqua ses yeux clairs sur ceux de son meilleur ami. Il soutint son regard de longues minutes avant de s'apercevoir qu'il avait raison. Que Blaise avait soulevé un point important : désormais, quelqu'un d'autre comptait pour Drago. Quelqu'un d'autre que Blaise ou Pansy. Et, ça lui faisait mal de l'admettre, mais sans Lord Voldemort, sans doute cela ne serait-il jamais arrivé…
─ Peut-être qu'on aurait rejoint l'Ordre nous aussi, comme Pansy.
Blaise éclata de rire, Drago se vexa. Pourtant, ce n'était pas un rire si mauvais, un peu moqueur peut-être, mais loin d'être méprisant.
─ Le monde est tel qu'il est, Drago. Avec des « Si » on mettrait Poudlard en bouteille.
Encore une fois, un silence s'abattit entre les deux formateurs. Sans doute pensaient ils tous les deux à la même chose. Avec un serment inviolable collé à la peau, Drago ne pourrait pas s'enfuir, sans quoi il serait foudroyé par le courroux des ténèbres avant même qu'il ne franchisse le seuil de Poudlard. Pourtant, l'un comme l'autre savait qu'il ne faudrait pas abandonner. Dans l'obscurité inquiétante de la chambre, par une promesse silencieuse et tacite, les deux hommes se jurèrent qu'ils se retrouveraient. Blaise s'en irait avec Thaïs, Pansy et Hermione, il le fallait, tandis que Drago resterait à Poudlard. Mais la guerre éclaterait alors, et si – quand – le Seigneur des Ténèbres serait vaincu, il recouvrirait sa liberté. C'était ainsi que cela devait se passer.
x.x.x
Après avoir regagné son lit, Hermione n'avait que très peu dormi. Comme trop souvent ces derniers jours, elle avait vite été rattrapée par de mauvais rêves qui hantaient ses nuits. A chaque fois, c'était la même chose : elle revivait la mort d'un proche, ou bien elle voyait tous ses proches l'abandonner. A chaque fois, elle ressentait une peur viscérale de l'abandon, ce qui était étrange car jamais une telle peur ne l'avait assailli jusqu'alors. Hermione, malgré son amour inconditionnel pour son entourage, était quelqu'un de très indépendant, de libre d'esprit, qui ne subissait pas l'abandon comme un échec mais plutôt comme une nouvelle page qui se tournait.
Alors que diable faisaient ces cauchemars dans son sommeil ?
Le fait était que ces cauchemars l'épuisaient. Elle ne dormait presque plus, et quand cela arrivait malgré tout, on ne pouvait qualifier son sommeil de réparateur. Malgré l'abdication de Crabbe quant à ses tortures quotidiennes, Hermione peinait à récupérer son énergie. Elle se sentait terriblement faible.
Ce matin-là, elle ne dut pas son réveille à la cloche qui sonnait habituellement tous les jours à six heures. Elle fut réveillée plusieurs minutes avant par d'étranges soubresauts. C'était une sensation inédite, et désagréable, que celle d'avoir la gorge nouée et l'estomac bien lourd. Surprise, elle descendit de son lit et fit quelques pas dans l'espoir vain de voir cette sensation disparaître. Peut-être était-elle liée à ses mauvais rêves ? Elle n'y réfléchit pas plus cependant, car soudain, un haut le cœur entrava son corps entier, et elle ne put que courir jusqu'à la salle de bain où elle déversa tout ce qu'elle avait dans l'estomac, à commencer par cette délicieuse tarte à l'oignon qui désormais lui paraissait bien fade.
Hermione se redressa, posant ses deux mains de part et d'autre de la cuvette, tandis que retentissait la cloche qui servait de réveil aux recrues. Essuyant sa bouche d'un revers de la main, Hermione se laissa aller contre le mur. Sur son front luisait une fine pellicule de sueur froide, tandis qu'une nouvelle nausée faisait son apparition et qu'elle se penchait à nouveau pour rejeter à nouveau les restes de son dîner.
─ Hermione ? chuchota une voix derrière la porte des toilettes qu'occupaient l'interpelée.
Hermione reconnut immédiatement la voix inquiète de Thaïs.
─ Tout va bien ? Je t'ai vu courir jusqu'ici… Est-ce que tu as besoin de quelque chose ?
Passant une main sur son front blême, Hermione se releva difficilement, tandis que son estomac se contractait à nouveau. Elle ouvrit péniblement la porte et tomba nez à nez avec Thaïs dont le front était entravé d'une ride d'inquiétude.
─ Tu es malade ? Tu veux que je t'emmène à l'infirmerie ?
─ Non, non, souffla Hermione. J'ai dû manger quelque chose qui n'allait pas…
Thaïs resta silencieuse un moment, tandis que ses yeux passaient successivement des toilettes à Hermione qui se tenait fermement le ventre. Elle ouvrit la bouche plusieurs fois, comme sur le point de dire quelque chose, mais se ravisant à chaque fois. Ce fut le regard suppliant et vitreux d'Hermione qui la convainquit enfin.
─ Depuis combien de temps tu n'as pas eu tes règles, Hermione ? demanda-t-elle doucement.
─ Depuis que j'ai été enfermée à Azkaban, répondit Hermione d'une voix distraite alors qu'elle tirait la chasse.
De toute évidence, elle ne voyait guère où Thaïs voulait en venir. Quand elle releva enfin la tête et croisa le regard alerté de la jeune femme, les rouages se mirent en route dans l'esprit brillant d'Hermione, et celle-ci sentit son rythme cardiaque s'accélérer….
─ Quoi ? Non… souffla-t-elle, alarmée. A cause de l'angoisse et de la sous-nutrition, je n'ai plus saigné depuis des années… Alors je pensais que… Enfin… C'était la meilleure contraception, ajouta-t-elle en rougissant.
Mais de toute évidence, ce n'était pas la meilleure contraception. Et Hermione réalisa avec effroi que les choses se compliquaient un plus chaque jour et qu'elle ne verrait jamais arriver la fin de ses mésaventures.
Dooooonc ! De deux choses, l'une.
La carte du maraudeur, qu'il va falloir trouver s'ils veulent se carapater ! Mais ce n'est pas une mince affaire, il faudra fouiller, chercher, archéologer (?) le tout sans se faire choper par un Crabbe ou une Bellatrix (ou un Crabella ?). Une fois la carte trouvée, ce sera du gâteau (ou pas ?).
Et deuxièmement … bah voilà, Hermione, elle aurait du sortir couverte, comme tout le monde ! Sauf que, avant que l'un de vous ne crie au cliché… Je rappelle qu'Hermione a vécu une bonne partie de sa vie en temps de guerre, qu'elle connait l'angoisse et la sous-nutrition ce qui explique l'absence de ses règles et donc l'impossibilité de tomber enceinte. Oui mais bon… Maintenant qu'elle remange à sa faim, qu'elle est amoureuse et qu'elle a un plan pour partir, son corps reprend ses droits, et voilà qu'un petit ovule s'est glissé par ici… Avec ses parties de jambe en l'air avec Drago, ça n'a pas loupé !
Voilààààà. Qu'avez-vous pensé du chapitre ? Aviez vous pensé à la carte ? Et à une grossesse d'Hermione ? Est-ce que ça vous plait toujours ? a dimanche pour la suite de leurs aventures.
