Bonjour/Bonsoir à tous !
Comme promis, un nouveau chapitre en ce mercredi 2 Août, rien que pour vos beaux yeux. Je conserve un rythme que j'aime bien, c'est-à-dire d'un côté Yliana et ses amis, de l'autre les frères Winchester et Castiel, le tout un chapitre sur deux. Pour ceux d'entre vous qui me lisent depuis longtemps, vous savez que c'est un schéma que j'apprécie tout particulièrement...
Cela dit, s'il vous plaît, un tout petit retour n'a jamais fait de mal à personne : j'ai besoin de vos reviews. Ce sont elles qui m'aident à m'améliorer, à savoir où je vais, si ce que je raconte est clair ou pas... Et comme vous le savez, même un tout petit commentaire peut me faire sauter de joie. Alors s'il vous plaît, laissez-moi une review. Même si elle est négative ; du moment qu'elle est à peu près construite, je sais ce qu'i améliorer, et ça signifie déjà énormément.
Bon. C'est parti pour ce chapitre. On se retrouve immédiatement après !
Warning : Aucun.
Chapitre 5 : Morgane
Morgane referma la porte derrière elle, sans oublier de tourner la clé dans le verrou et de l'y laisser. Il était six heures et quart du soir, et elle venait de sortir de cours de géométrie dans l'espace. Elle aimait bien la géométrie dans l'espace – en fait, elle aimait bien tout ce qu'elle faisait. Elle avait la faculté de trouver un intérêt dans tout ce qu'elle touchait, et même si ses passions ne lui rendaient pas forcément la pareille – elle se souvenait encore de la tête d'Yliana quand elle avait goûté sa cuisine pour la première fois – cela ne diminuait en rien le plaisir qu'elle prenait à s'y atteler.
Epuisée de sa très longue journée, elle posa son sac de cours au sol, manquant de répandre au sol les pages volantes de son bloc-notes d'aujourd'hui, et se dirigea immédiatement vers son frigo pour en sortir la bouteille d'eau d'un litre qu'elle avait mise là le matin même. Elle détestait l'eau qui n'était pas très froide, même en hiver.
Si elle n'avait pas été aussi exténuée, elle aurait rangé ses cours immédiatement, différenciant les méthodes des leçons, classant les exercices par date et thème dans un autre classeur, surlignant les points importants de la journée… Elle aimait être organisée et savoir où étaient les choses. Cela lui donnait l'impression d'être aux commandes, et d'aussi loin qu'elle se souvenait, elle n'avait jamais fonctionné en pilote automatique. Et pour rien au monde elle ne le ferait – elle voulait être consciente de tout ce qui lui passait par la tête.
Elle se rappelait encore de son anniversaire. Etrangement, elle se souvenait au moins de cela. En effet, la mémoire de Morgane était déficiente. Extrêmement déficiente. Elle était amnésique, et les docteurs ne savaient même pas comment c'était possible. Il n'y avait pas de tumeur dans son cerveau, elle n'était pas tombée sur la tête, elle n'avait pas subi de choc post traumatique car il était impossible de perdre d'un seul coup une aussi grande partie de sa vie, mais pourtant, c'était là.
Le 18 Mars de cette année, Yliana et Alex l'avaient trouvée au beau milieu de la route juste devant la maison familiale d'Yli, complètement nue. Elle n'avait pas l'usage de la parole et elle n'avait pas parlé pendant des jours ensuite, mais c'était le temps qu'il lui avait fallu pour trouver ses repères et se rappeler de sa langue maternelle. Elle se souvenait aussi qu'elle avait sauté dans les bras de ses deux sauveurs, sans aucune explication, et même elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi. Peut-être un excès de gratitude pour l'avoir trouvée ? Elle ne savait pas.
Yliana et Alex l'avaient amenée à l'hôpital le plus proche et avaient expliqué aux médecins qu'ils avaient entendu un énorme bruit, comme si Morgane s'était fait renverser par une voiture juste avant qu'Yli ne sorte de chez elle pour la trouver, mais pourtant, la brune n'avait aucun souvenir de ce bruit. C'était juste avant son amnésie, sûrement. Elle ne se souvenait pas.
Pendant plusieurs jours, les médecins avaient attendu que quelqu'un viennent la chercher. Morgane n'ayant absolument aucun souvenir de sa vie avant l'hôpital, elle ne pouvait pas contacter qui que ce soit, mais elle pensait au moins que quelqu'un la connaissait. Un ami, un parent, quelqu'un. Un enfant, peut-être ? Mais personne n'était venu. Morgane avait donc compris que sa vie était solitaire. Elle en avait été très attristée. Mais heureusement, le groupe d'amis d'Yliana et Alex l'avait aidé à surmonter sa rancœur, et maintenant, elle était parfaitement épanouie avec eux. Elle ne connaissait peut-être pas son âge, encore moins sa date de naissance, et même pas son prénom, mais au moins, quelqu'un tenait à elle.
Dès le début, elle s'était sentie extrêmement attirée par Yliana. Elle expliquait cette attraction étrange par le fait que la jeune fille était la seule lesbienne du groupe, et que Morgane avait dû le reconnaître, mais ça n'allait pas plus loin, alors que dans son cœur, il y avait quelque chose de bien plus puissant qu'une attirance sexuelle. Elle se sentait liée à Yliana, et pour quelque obscure raison, sa compagne lui avait confié la même chose sur un coussin.
Se sortant rapidement des pensées étranges qui entouraient sa date d'anniversaire – soit le 18 Mars – elle s'installa à la petite table de son très petit salon et entreprit de ranger ses cours. Au moins, ça lui changerait les idées, se disait-elle. Mais ça ne fonctionna pas.
Comment savait-elle qu'elle s'appelait Morgane ? Elle ne le savait pas. Ce prénom, elle se l'était donné elle-même, et il lui plaisait, donc elle l'avait gardé. Son ancien prénom commençait par un m, cela, elle le savait, elle en était sûre, parce que c'était la première chose qu'elle avait essayé de dire. M… M – quelque chose. C'était peut-être l'un de ses plus grands regrets – avoir été si proche de quelque chose, pour finalement s'en retrouver si loin.
Elle finit très vite de ranger ses cours, et se retrouver sans rien faire dans la pièce unique qu'elle habitait. Elle songea à appeler Yliana, mais se dit que sa compagne devait déjà être occupée.
Elle ne connaissait même pas son âge. Selon les médecins, elle avait « entre 23 et 28 ans ». Alex avait voulu lui donner un âge, dans un désir altruiste de lui donner une identité entière, mais Morgane avait refusé. Elle ne pouvait pas récréer sa vie. Elle pouvait s'en faire une nouvelle, mais elle n'aimait pas l'idée de prendre les racines d'une vie qui ne semblait pas lui réussir – se retrouver nue sur une route, sans aucun proche, ça n'était pas spécialement ce que Morgane considérait comme une belle vie. Elle laissait tout le monde dire qu'elle avait vingt cinq ans, parce que c'était plus simple, mais en fait, elle se disait simplement qu'elle n'avait pas d'âge. Tout paraissait beaucoup, beaucoup plus simple comme ça, et c'était ce que son cœur lui dictait.
Il n'était pas si tard que cela. Elle pouvait sûrement sortir un peu.
Elle aimait bien sortir dans la ville. Elle avait sans cesse des impressions de déjà-vu, et Yliana lui racontait l'histoire de tel ou tel lieu qui lui rappelait quelque chose partout où elles allaient. Pourtant, Morgane était persuadée de découvrir la ville pour la première fois, de fouler du pied chaque rue comme si elle n'était jamais venue auparavant. Elle se disait que la personne qu'elle avait été avant le 18 Mars aurait aimé avoir l'occasion de redécouvrir certaines choses simples de la vie, aussi elle essayait d'en profiter à profusion, en l'honneur de son moi du passé.
Parfois, ça lui avait déjà traversé l'esprit alors qu'elle naviguait sur internet, elle s'était demandé si elle n'avait pas un trouble de la personnalité. Si cela était possible, son ancienne personnalité était morte, et une nouvelle avait fait surface. Cela semblait être une explication plus que plausible, pourtant, lorsqu'elle en avait fait part à ses médecins, à qui elle devait rendre visite au moins une fois par mois, ils avaient tous haussé un sourcil, voire les deux.
- Non, c'est impossible – ça ne s'est jamais vu.
Morgane pensait que le fait qu'elle soit la première personne à vivre ce genre d'expérience ne voulait pas dire que cette hypothèse n'était pas valide, mais elle s'était tue. Elle préférait être amnésique plutôt qu'amnésique et folle.
Elle prit sa décision et sortit. La nuit tombait déjà – Novembre était un mois implacable. Elle resserra l'écharpe autour de son cou et prit le métro pour se retrouver en centre ville. Là, tous les bâtiments étaient éclairés et mettaient en valeur leur belle architecture marbrée, blanche comme une dent d'enfant. Deçà delà, de la musique s'échappait des bars encore ouverts, parfois agressive, parfois douce.
Quelques groupes d'hommes se retournèrent sur son passage, on la siffla même de l'autre bout de la rue, mais elle fit comme si elle n'entendait rien. Ca la gênait, bien sûr, énormément, mais elle avait compris que du moment qu'elle ne le montrait pas, tout irait bien. A cause de cela, elle se demandait si elle n'avait pas été une prostituée, dans son autre vie. Après tout, cela se tenait. On l'avait retrouvé nue, et elle avait sauté dans les bras d'Alex et d'Yliana sans les connaître. De vieux réflexes, peut-être ? Mais tout semblait teinté d'un noir vide, tout semblait corrompu. Le sentiment de corruption rongeait Morgane jusqu'aux os, suçait sa moelle osseuse, et elle ne comprenait pas pourquoi. Peut-être ne comprendrait-elle jamais.
Les mains rougies de froid enfoncées dans les poches de son manteau, elle se rendit compte que ses pas l'avaient mené jusqu'au pont au-dessus du fleuve qui coupait la ville en deux. Elle fronça les sourcils en se demandant pourquoi elle se trouvait là. C'était assez loin de chez elle, mais elle ne se sentait pas fatiguée, et elle n'avait presque aucun souvenir de sa marche.
Elle connaissait ce pont. Yliana le lui avait montré et lui avait expliqué. C'était là que… C'était là qu'Yliana avait rencontré Sarah, plus de deux ans plus tôt.
Morgane n'avait pas envie de ressasser ce genre de souvenir. Même si elle n'était pas là, elle se sentait mal en se tenant à la place où Sarah s'était tenue, en regardant le pont à travers ses yeux. C'était un mauvais souvenir d'Yli. C'était un très, très mauvais souvenir pour elle, mais elle-même n'avait pas de souvenir et pourtant, pourtant, à chaque fois qu'elle se retrouvait sur ce pont, une rage sourde montait en elle, et elle avait envie de prendre son envol et d'être partout ailleurs sauf ici.
Alors pourquoi ses pas l'avaient-ils amenée là ?
Elle pencha la tête en arrière et regarda vers le ciel, un sourcil levé. Elle avait une impression bizarre. Elle avait presque l'impression de voir le ciel… trembler. Comme l'horizon lorsqu'il faisait chaud, les étoiles tremblotaient, ondulaient même, à certains points précis. Mais lorsque Morgane essayait de fixer une petite lueur tremblotante, l'impression cessait immédiatement. Une illusion d'optique, peut-être ? Sûrement. Elle était aussi fatiguée, maintenant qu'elle y pensait. Elle allait devoir rentrer.
Si Alice s'était trouvée avec elle, la petite blonde lui aurait sûrement suggéré une attaque d'aliens venus d'une autre galaxie pour attaquer la ville, ou bien un complot du gouvernement américain pour recouvrir la ville d'un filet de protection invisible. Un petit sourire se dessina sur les lèvres de Morgane alors qu'elle tournait les talons et retournait chez elle.
Il faisait de plus en plus froid. Le vent glacial s'engouffrait partout, et elle frissonnait sans s'arrêter lorsqu'enfin elle tourna la clé dans la serrure et referma derrière elle. Le miroir de la salle de bain lui montra son visage blafard et ses lèvres rougies par le froid, ainsi que ses cils humides des larmes que le vent avait provoquées. Ses cheveux n'étaient plus du tout organisés, mais ils étaient toujours aussi bruns, et offrait un contraste toujours aussi marqué avec la peau de son visage.
Elle prit une douche sans toucher à ses cheveux qu'elle avait déjà lavés l'avant-veille. Elle appréciait le son du pommeau de douche délivrant l'eau, ainsi que la sensation des gouttes chaudes glissant sur sa peau. Comme elle avait froid, elle décida de se faire plaisir et resta longtemps derrière le rideau de douche, l'arrivée d'eau grande ouverte.
Elle s'entoura d'une serviette grise et sortit de la salle de bain, encore dégoulinante. Un fin écran de fumée s'échappait de son corps, tant l'eau de la douche avait été chaude. Elle résista à l'envie de s'asseoir sur son lit et s'empara plutôt de son téléphone, qui était resté sur la table pendant sa promenade. Elle n'aimait pas tant que ça ces petites technologies, mais elle s'en était procuré un pour Yliana qui avait du mal, depuis Sarah, à communiquer autrement que de cette manière. Elle respectait ses angoisses, bien entendu, et faisait de son mieux pour y remédier et l'aider, doucement mais sûrement, à les surpasser.
Elle fronça les sourcils en déverrouillant l'écran. Qu'est-ce que… ?
C'était trop, déjà, la semaine dernière, sur la colline, et maintenant, ça ? Yliana ne pouvait pas… il y avait quelque chose d'étrange. La première pensée de Morgane fut que, peut-être, Yliana était malade. Peut-être que son esprit n'allait pas bien, et qu'elle devait aller voir un spécialiste. C'était obligé.
Mais alors qu'elle commençait à s'inquiéter sérieusement, elle songea que la même pensée devait traverser l'esprit d'Yli. Sa petite amie devait paniquer. Elle ne comprenait sûrement rien à ce qui lui arrivait, et elle devait faire quelque chose pour l'aider.
Elle se rhabilla rapidement, envoya un message à Yliana pour lui dire qu'elle était en route, et, pas tout à fait sèche, elle s'habilla à la va-vite, sortit rapidement, gagna le métro en courant presque, regarda les stations de métro passer en ayant l'impression que jamais il n'avait été aussi lent. Quinze minutes plus tard, elle tapait à la porte de sa compagne.
C'est un visage défait et mouillé de larmes qui lui ouvrit :
- M… Je comprends pas, j'comprends plus rien… J'ai aucun souvenir des deux dernières heures, je sais pas ce que j'ai fait…
Me revoilà.
Je ne suis pas vraiment (voire pas du tout) satisfaite de ce chapitre... je le trouve trop court, et surtout trop dans un esprit de présentation d'un personnage, pas assez dans la suite narrative d'une histoire.
Mais les choses doivent se dérouler lentement du côté des filles, et j'avais besoin de mettre à plat ce que vous devez savoir de Morgane.
Qu'en pensez-vous ? De ce chapitre, mais aussi de ma belle brune ? Son amnésie vous semble-t-elle bien amenée ? Comment a-t-elle pu se retrouver seule, nue sur la route qui passe devant la maison familiale d'Yliana ? Bref, c'est quoi ce bin's ?
On se retrouve dans deux semaines, sauf si vous me laissez assez de reviews pour me donner envie de poster plus tôt :)
Merci d'être passé, merci d'avoir lu, et n'oubliez pas de commenter ! A très bientôt.
