Salut tout le monde !

Voilà le chapitre 7 de la Volonté de l'Ange. Cette fois-ci, on reprend là où on avait laissé Yliana et Morgane, souvenez-vous : Yliana appelait sa belle paniquée et, lorsque cette dernière arrivait, Tim lui avouait en larmes qu'elle ne se souvenait pas du tout de ce qu'elle avait fait pendant quelques heures.

Un chapitre presque aussi long que la dernière fois. Je vous laisse lire ! N'oubliez pas de me dire ce que vous en pensez.

Warning : Description implicite d'automutilation, présence explicite d'un épisode de dissociation,


Chapitre 7 : Enquête ou Première fois

Encore une fois, Yliana se réveilla avant Morgane. Et pour la première fois depuis bien trop longtemps, elle s'était éveillée avant que son téléphone ne sonne. Et ce n'était pas normal.

Elle eut besoin de quelques secondes pour se souvenir de l'endroit où elle était, et elle eut besoin de glisser un bras entre le matelas et l'armature du lit, palpant la photo qu'elle y avait caché, pour se sentir chez elle. Elle laissa échapper un soupir, de soulagement tout comme de pur bien-être, avant que les souvenirs de la veille ne la heurtent de plein fouet.

On était en pleine semaine, et Morgane était à ses côtés, dormant à poings fermés – Yli aurait dû se douter dès le début qu'il s'était passé quelque chose. Mais elle avait pris l'habitude de compartimenter les choses, de les trier et de ne plus les laisser l'envahir comme ça avait été le cas un an plus tôt, et c'était la raison pour laquelle son inconscient avait repoussé la prise de conscience jusqu'au bout. Mais maintenant, elle ne pouvait tout simplement pas l'ignorer.

Morgane entra et serra Yli dans ses bras. La jeune fille se lova dans le creux de son cou, et ses pleurs reprirent de plus belle. Elle ne comprenait pas. Elle avait besoin de comprendre. Elle était terrifiée.

Sa petite amie l'amena jusque sur son lit et elles s'assirent toutes deux. Après une seconde d'hésitation, Yliana s'allongea et se roula en boule, la tête reposant sur les cuisses de Morgane. Elle tremblait, et elle le savait, mais elle n'arrivait pas à s'arrêter. Son monde, intérieur comme extérieur, explosait, et maintenant qu'elle y pensait, le doute l'envahissait, et elle ne savait pas ce qu'elle devait faire.

- Raconte-moi, incita Morgane d'une voix douce.

Et, avec des sanglots dans la voix, Yli raconta.

Yliana serra les poings et les ramena vivement contre sa poitrine en se rendant compte qu'elle était en train de se gratter l'intérieur du poignet gauche. Non, cela faisait bien longtemps qu'elle avait arrêté, elle ne pouvait pas recommencer maintenant. Morgane était avec elle. Tout allait bien. Morgane était avec elle, tout irait bien.

M n'avait pas cherché à donner une seule explication rationnelle, hier soir. La belle brune avait juste été là pour tenir Yliana en sécurité dans ses bras, à l'écart du monde, pour sécher ses larmes, aussi, et presser son visage déformé contre le sien lorsque tout recommençait. La plus jeune était reconnaissante – c'était ce dont elle avait besoin. Elle avait besoin qu'on la rassure, mais elle n'avait pas besoin de faits. Pas encore.

Yliana se souvenait du moment où elle avait pris conscience. Elle avait eu l'impression de s'éveiller d'un beau songe, de ceux qu'elle ne voudrait jamais quitter, et le vent froid de l'extérieur avait coupé court à tous ses rêves, avaient arraché l'air chaud de ses poumons pour le remplacer par la glace de la nuit. Elle s'était retrouvée comme une étrangère dans son propre corps, et avait même eu du mal à bouger les doigts pendant une dizaine de secondes. Son pyjama lui faisait une impression bizarre – elle ne sortait jamais de chez elle lorsqu'elle s'apprêtait à dormir, et le doux tissu chaud sur sa peau que le vent agressait la faisait frissonner au même titre que la température.

Elle était dehors. Elle était dehors, en pyjama, sur le point de quitter la ville à pied, et elle ne savait pas du tout comment elle était arrivée là.

Yliana n'avait pas laissé son anxiété prendre le dessus. Pour une fois, elle avait pris une grande inspiration, avait tourné les talons, et avait entamé le chemin du retour en respirant calmement, et en faisant attention aux battements de son cœur, qui ne s'affolaient pas. Elle avait innocemment pensé à du somnambulisme, et s'était accrochée à cette idée jusqu'à ce que ses pieds nus touchent le lino de son appartement, jusqu'à ce que ses mains ferment la porte à clé et qu'elle eut l'occasion de se laisser glisser vers le sol.

Elle n'avait jamais été somnambule quand elle était plus jeune, ou bien ses parents ne lui en avaient jamais parlé. Et puis elle s'était souvenue, et sa respiration s'était faite de plus en plus bruyante – elle n'avait pas le souvenir de s'être couchée, encore moins d'avoir été fatiguée. En fait, en y réfléchissant bien, elle était en train de regarder une des séries qu'Alice lui avait proposé lorsque sa mémoire et conscience lui avait fait défaut.

Ce ne fut qu'à ce moment-là, assise au sol, contre la porte, le cœur battant désormais à tout rompre, qu'elle regarda sa montre. Elle tremblait de tous ses membres. Les mots ne voulaient pas dépasser la barrière de ses pensées et pourtant elle les cherchait, inlassablement, moissonnant jusqu'à la limite de ses souvenirs pour retourner la bonne parcelle, pour avoir le morceau de puzzle manquant. Et en constatant l'heure, quelque chose se brisa en elle. Et sans qu'elle s'en rende vraiment compte, mais pourtant avec une extrême gratitude, elle remarqua que les larmes coulaient enfin sur ses joues.

Elle était partie durant au moins deux heures. Et deux heures, si ce n'était plus, c'était entièrement suffisant pour, par exemple, tuer cinq personnes sur une colline.

Yliana paniquait, elle paniquait, et elle ne se souvenait de rien, il lui semblait que sa mémoire n'était que mensonges et elle cherchait des failles, des erreurs, des faux raccords, des petites choses qui ne collaient pas. Mais elle n'en trouvait pas, elle ne parvenait pas à se souvenir de tout, et tout pouvait suggérer que c'était elle, qui avait tué ces gens. Toutes les directions pointaient vers elle et elle se prit la tête entre les mains, souhaitant que ses doigts pénètrent son cuir chevelu, traverse sa peau, son crâne, et explore son cerveau, explore sa vie du début jusqu'à la fin, parce que plus elle réfléchissait, plus elle était convaincue que si elle cherchait suffisamment, elle allait se souvenir, elle allait se voir tuer des gens de sang froid, laissant leurs corps en mise en scène digne d'un spectacle macabre. Etait-ce pour cela, qu'un violent mal de tête lui avait pris, lorsqu'elle montait la colline avec Morgane ? Se sentait-elle coupable ? Et cette voix, non, ce cri qu'elle avait entendu, était-ce un souvenir de celui de la femme qu'elle avait massacré en répandant ses organes sur le sol ?

Les doigts dans ses cheveux avaient envie d'être ailleurs, elle avait envie de prendre le rasoir de sa salle de bain et d'oublier, de se détester, de se guérir, mais s'il y avait une chose dont elle se souvenait, c'était que les marques à l'intérieur de son poignet ne l'avait jamais guérie, de rien, et n'avait fourni qu'une maigre consolation temporaire. Tout de même, l'envie d'y succomber restait, et elle fut obligée d'écarter brusquement les bras en croix, le plus loin possible l'un de l'autre, loin de ses ongles, loin de ses dents, loin des pensées qui menaçaient de la surplomber et d'effacer son équilibre.

C'était là qu'elle avait appelé Morgane à l'aide. C'était là qu'elle s'était sentie au bord du gouffre, à quelques millimètres du grand saut, et elle avait appelé M pour venir la rattraper. Et lorsque sa petite amie était arrivée, ce n'était pas l'inquiétude qu'Yliana vit dans son regard en premier – c'était la fierté. Morgane était fière de la voir sans aucune marque sur le poignet. Morgane était fière qu'elle ne soit pas tombée.

Avec Morgane, elle pouvait se lâcher, comme si elle tombait, mais sans vraiment tomber, parce qu'elle la retenait. Elle la retenait, et tout allait bien.

La brune s'agita dans son sommeil à côté d'elle. Yliana ne la réveilla pas tout de suite, mais elle sortit tout de même du lit, prenant de multiples précautions pour être silencieuse. Elle avait besoin d'une douche, et elles avaient cours aujourd'hui. Elle devait se préparer à affronter la normalité de la journée. Elle n'était pas prête – elle devait le faire, pourtant.

Elle n'arrivait pas à se l'expliquer, mais quand l'eau ruissela sur son corps frêle, elle se rendit compte qu'elle n'était pas si inquiète que cela. Aujourd'hui était un jour nouveau, et elle pouvait se montrer courageuse. Cette peur d'elle-même, de ses propres mains, de ce que son inconscient pouvait faire, était toujours là, sous-jacente, attendant patiemment qu'Yliana détruise ses murailles. Mais elle était forte et courageuse. Elle pouvait s'en convaincre. Aujourd'hui, sans qu'elle sache pourquoi, c'était facile.

Comme pour appuyer ses pensées, Morgane, nue, ouvrit la porte de la cabine de douche et entra avec elle. Elle frissonna brièvement sous l'eau, et Yliana l'entoura de ses bras, posant sa tête sur son épaule – ou du moins essaya, compte tenu la différence de taille. La plus grande, dont les cheveux bruns étaient de plus en plus mouillés, se lova dans le cou de sa petite compagne. Elle était encore pleine de sommeil. Cela fit sourire Yliana, qui ferma les yeux et déposa un baiser sur sa nuque.

Elles se douchèrent ensemble, prenant leur temps, savourant simplement la sensation des mains de l'autre sur la peau. Elles ne dirent rien, s'échangèrent quelques sourires lorsque leurs regards se croisaient. Tout était bien.

Ce ne fut que lorsqu'elles arrivèrent ensemble devant les grandes portes de l'université qu'elles se souvinrent que l'enquête de police devait avoir lieu aujourd'hui. Il y avait aussi des journalistes, et elles éprouvèrent quelques difficultés à rentrer sans se faire harceler de question et harponner par un micro à chaque personne ou caméra qu'elles dépassaient. Yliana dut déglutir plusieurs fois.

Sans surprise, Eléonore n'était pas venue. Cela faisait quelques jours déjà qu'elle ne pouvait plus s'approcher des bâtiments de classe – depuis qu'elle avait parlé à ses parents à propos de l'incident, en fait. La famille d'Eléonore était aisée et très protectrice envers leur fille unique. De la même manière, beaucoup d'élèves ne venaient plus, mais la plupart faisaient confiance aux autorités en laissant l'université ouverte au public. Alex et Alice, par exemple, étaient déjà là – leur ami géant parlait déjà à la police, décrivant la scène comme il l'avait vu, et Alice écoutait attentivement à ses côtés.

Le campus était bondé d'élèves. Visiblement, personne n'était en classe, et beaucoup de jeunes harcelaient les policiers, leur demandant ce qu'il s'était passé exactement. Tout ce beau monde semblait sur les nerfs, et l'agitation était presque insoutenable, à un point où Yliana distingua un étudiant qui, sans doute paniqué, avait tout lâché et pleurait à présent dans un coin, tremblant, dans les bras de son ami. La jeune fille pencha la tête et se demanda si elle pleurait elle-même. La main de Morgane, entourant la sienne, se resserra un peu, comme pour lui rappeler qu'elle était toujours là. Yli lui rendit sa pression.

Alice venait tout juste de les remarquer. S'excusant auprès du policier et d'Alex, elle se dirigea vers elles.

- Je vais être honnête, je ne vous attendais pas vraiment, aujourd'hui, déclara-t-elle. Mais je suis contente que vous soyez là maintenant. Le monde est devenu fou, ici.

Morgane hocha la tête.

- Comment ça se passe, globalement ?

- Comme une enquête, je suppose, fit Alice en hochant les épaules. Je devais garder Rita aujourd'hui, mais je l'ai confiée à Eléonore, finalement. J'avais envie de voir comment ça se passait.

Rita était la petite sœur d'Alice. Elle n'avait pas tout à fait 10 ans, et de l'avis de Morgane, pour l'avoir vue en image sur le téléphone de sa grande sœur, elle était adorable.

- Tu parles, tu voulais plutôt rater le moins de cours possible, oui ! Taquina Yli.

Alice sourit et fit une petite révérence.

- Ah, tu m'as démasquée, déclara-t-elle sur un ton dramatique. Mais comme tu le vois… Je ne peux pas faire grand-chose. Avec tout ce monde, personne n'arrive à accéder aux salles de classe.

Elle se retourna, comme pour vérifier qu'Alex était toujours au même endroit, mais elle se figea brusquement. Morgane et Yliana froncèrent les sourcils en même temps.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Regardez qui arrive, souffla Alice, à la limite entre l'excitation et l'inquiétude.

Yliana dirigea son regard vers la direction qu'Alice pointait, et elle sentit comme un coup de poing dans l'estomac. Soudain, tout reprenait une importance capitale, sans qu'elle comprenne d'où venait ce sentiment. Toute la panique de la veille lui sauta au visage. Estomaquée, bouche-bée, elle eut le seul réflexe qui ne semblait ni logique, ni réfléchi, simplement la meilleure chose à faire – elle serra la main de M comme si sa vie en dépendait.

Morgane caressa sa peau du bout du pouce, sachant pertinemment que prendre Yli dans ses bras maintenant n'était pas le choix le plus judicieux.

- Pourquoi est-ce qu'il y a des agents spéciaux… ? Marmonna-t-elle, confuse, tout en fixant du regard les deux hommes qui venaient d'arriver.

Ils étaient tous les deux habillés en costume noir, très propres sur eux. Ils semblaient sortis de nulle part – Alice ne repéra aucune belle voiture de fonction qui ressemblait à celles des séries qu'elle regardait – et s'avançaient d'un pas décidé vers l'un des policiers qui tentaient de garder les journalistes à l'extérieur de l'université. L'un était de taille normale, les cheveux courts et dressés sur la tête, les yeux d'un vert intense, et ses jambes avaient une courbe arrondie plutôt particulière. Son collègue, immensément grand, portait les cheveux mi-longs et le dépassait de plus d'une tête. Ce dernier avait l'air sérieux et déterminé, tandis que l'autre avait plutôt l'air… perdu. Perdu et en colère.

Alice ne mit pas bien longtemps à comprendre qu'il était préoccupé – elle remarquait toujours beaucoup plus de choses que les autres et elle ne se trompait que rarement à leur sujet – mais étrangement, elle n'arrivait pas à bien comprendre ce qu'il se passait dans le cœur de cet homme. Elle voyait sur son visage le doute, l'envie de frapper dans un mur jusqu'à s'en faire mal aux doigts, l'espoir, l'abandon, la fureur, la tristesse, le deuil – tout ça en même temps, et cela la déboussolait. La déboussolait énormément. Elle ne dit plus rien, tentant de digérer tout ce qu'elle venait d'emmagasiner, et oublia même que Morgane et Yliana étaient avec elle lorsqu'elle se retira silencieusement dans un coin un peu moins peuplé pour reprendre son souffle.

Mais ni Morgane, ni Yliana n'avait eu l'idée de demander ce qu'elle venait de voir à Alice. Elles venaient de voir les deux hommes rentrer la main dans leur veste pour en retirer leur badge, et le montrer au policier qui, surprit, les laissa passer, empêchant tant bien que mal les journalistes, photographes et caméramen de se faufiler un passage à leur tour. C'était le FBI. Ces types étaient du FBI.

- Mais enfin, qu'est-ce que…

Morgane n'eut pas le temps de terminer sa question. Yliana lui lâcha la main d'un seul coup pour se rapprocher d'eux sans leur parler. Visiblement, la jeune fille désirait entendre ce qu'ils disaient.

- … Cinq morts, tous des anciens élèves de ce lycée, vous dites ? Entendit Morgane lorsqu'elle fut à la même hauteur.

- C'est cela, détective. J'en connaissais deux, ils étaient à la fac il y a moins de 10 ans, je dirais. Personne ne comprend ce qu'il s'est passé. Quand on est arrivé, ils étaient tous à égales distances les uns des autres, en cercle. Il y avait du sang partout. Les gosses vont être traumatisés. Pour le moment, on penche plutôt vers l'idée d'une secte.

Les deux hommes hochèrent la tête en chœur.

- Serait-il possible d'interroger quelques élèves, ceux qui ont vu la scène ? Ils ont peut-être, je ne sais pas, entendu des choses ? Demanda le plus grand.

L'inspecteur de police haussa les épaules :

- On l'a déjà fait, mais vous êtes libres de vous y mettre aussi, j'imagine. Allez-y.

Yliana sentit son cœur faire un bond dans sa poitrine. Elle regardait le plus petit des deux agents, elle le regardait, et elle avait soudain besoin d'aller vers lui pour lui parler, pour lui dire bonjour, pour lui dire ce dont elle se souvenait. Pourquoi ? Elle ne savait pas. La seule chose dont elle était pleinement consciente, c'était la migraine qui lui martelait le crâne.

Et soudain, en regardant autour de lui pour trouver quelqu'un à interroger, il se tourna vers elle – le cœur d'Yliana manqua un battement. Non. Tout d'un coup, elle ne voulait plus du tout aller vers lui, elle ne voulait plus lui parler, elle ne voulait plus le voir et ne plus jamais entendre parler de lui. Et si c'était elle, qui avait tué ses gens ? Et si… s'il pouvait voir à travers elle, s'il pouvait deviner ce qu'il se passait dans ses pensées lorsqu'il croisait son regard, comme là, maintenant, alors qu'il regardait à travers ses yeux et infiltrait ses pensées ?

Et même si ce n'était pas elle, quelque chose n'allait pas avec Yli – elle avait des pertes de mémoire, et elle entendait des choses que les autres n'entendaient pas. Elle n'était pas bien sûre, mais elle se doutait que ce n'était pas un comportement normal. Et le FBI était là… qu'est-ce qu'il se passait ? Qu'est-ce qu'il se passait ? Et si l'homme qui était en train de la dévisager voyait le doute sur son visage, le doute dans son âme, la faiblesse dans ses yeux ? S'il fouillait lui-même dans sa mémoire et retrouvait les parties manquantes, en venaient ensuite à conclure que c'était elle, qui avait tué ses gens ?

Non. Il n'était pas en train d'infiltrer ses pensées, bien sûr que non. Non, cela n'existait pas, ne se pouvait pas. Il devait sûrement fixer dans le vide, et son vide était tombé sur le visage terrifié d'Yliana. Cela n'avait sûrement aucun rapport avec elle. Elle secoua la tête, brisant le contact de leurs regards, et se prépara à faire demi-tour. Mais son sang se glaça dans ses veines avant qu'elle eut le temps d'envisager quoi que ce soit.

Le plus grand venait vers elles.

Paniquée, Yliana voulut serrer la main de Morgane, mais elle se rendit compte qu'elle l'avait lâchée. Elle n'eut pas le temps d'essayer de la retrouver pour la serrer de toutes ses forces, et tant pis pour tout le travail qu'elle faisait – Yli se saisit de son propre poignet et y enfonça ses ongles.

Morgane affichait un grand sourire de bienvenue lorsque le plus grand des deux agents, seul, arriva devant elles et se présenta :

- Détective Iommi, mon collègue derrière moi est le détective Johnson. Je peux vous poser quelques questions ?

Subrepticement, Morgane jeta un rapide coup d'œil à sa compagne.

- A moi, oui, s'empressa-t-elle de répondre avec un sourire poli. Mais si vous pouviez éviter de, hm, secouer mon amie, nous vous en serions très reconnaissantes.

Le détective Iommi, qui était encore plus gigantesque que ce qu'Yliana avait estimé, tourna vivement la tête vers elle, faisant voler ses cheveux mi-longs. Il hocha la tête, une moue désolée et compatissante sur le visage.

- Bien sûr, fit-il sur un ton compréhensif.

Il ne devait pas avoir plus de la trentaine. Le détective Iommi, le plus petit, paraissait légèrement plus âgé, mais Yliana n'aurait pu en être sûre.

La jeune fille frissonna lorsque Morgane, en touchant son épaule, lui intima de rester ici et d'attendre qu'elle ait terminé. Elle n'eut que le temps de hocher la tête. Ils s'éloignèrent de quelques mètres, M essayant d'entraîner le détective le plus loin possible d'Yliana afin que celle-ci ne s'inquiète pas, mais elle n'y parvint pas. La plus jeune capta quelques bribes qui ne firent pas avancer l'enquête, à en juger par le regard sceptique du géant. En revanche, Morgane tentait de récolter des informations, essayant de relancer la discussion avec l'agent du FBI, en vain. En fait, à présent qu'il avait compris qu'il ne tirerait rien de Morgane, il semblait chercher son collègue des yeux.

- Ecoutez, jeune fille, occupez-vous de votre amie, et ne vous inquiétez pas, nous allons régler cette affaire très rapidement. Je vous assure que vous êtes en sécurité…

Alors qu'il se répandait en excuses et en prétextes pour échapper aux questions de Morgane, Yliana vit le détective Johnson le rejoindre. Elle se sentait sur le point de vomir, comme si elle était sur un de ces gigantesques manèges à sensation, tant elle se sentait attirée par lui, et terrorisée dans le même temps, sans comprendre ni l'un ni l'autre de ses sentiments. Il tapota l'épaule de son collègue – ou du moins son bras – et se joignit à la conversation pour tirer Iommi de son mauvais pas :

- Détective, je crois que j'ai tout ce qu'il faut, nous allons pouvoir… Oh.

Il se tut brusquement, les yeux rivés sur Morgane. D'un bref coup d'œil qui déclencha des frissons dans tout le corps d'Yliana qui assistait à la scène à l'écart, il déshabilla la brune du regard, et se plaça devant son collègue, visiblement déterminé à faire plus ample connaissance.

- Bonjour, mademoiselle. Vous êtes … ?

- M-Morgane, répondit la demoiselle en question.

Elle était visiblement très intimidée et ne savait pas trop comment réagir. Yliana savait que Morgane était le centre d'attraction de beaucoup de discussions et de regards – elle ne comprendrait jamais vraiment comment elle, petite chose frêle et laide, pouvait avoir le droit ne serait-ce que d'embrasser la créature de rêve qu'était M – mais même après plusieurs mois, elle était toujours aussi hésitante avec les hommes, et ne savait pas vraiment se défendre ni se protéger de remarques non désirées. Pour le moment, tout allait bien, mais à l'intérieur d'Yliana brûlait un feu qui ne demandait qu'à exploser et tout détruire sur son passage, si jamais Yeux-Verts venait à placer un mot de trop.

Le détective en question lui servit un grand sourire et commença à lui poser des questions que son collègue avait déjà posées. Il prit un bout de papier et un stylo à l'intérieur de sa veste, et commença à noter ce qui ressemblait à un numéro de téléphone pour le donner à Morgane.

C'en fut trop pour Yliana. Bien qu'elle se sentît toujours faiblarde et maladroite dans son corps, elle sortit de sa léthargie et d'un bond, elle fut à leur hauteur. D'un coup d'œil bien placé, elle constata que le Géant semblait extrêmement gêné par le comportement de son ami.

- Je peux savoir ce qu'il se passe ? Fit-elle, d'un ton légèrement agressif que ce qu'elle avait prévu.

Yeux-Verts la dévisagea de la tête aux pieds avant d'hausser un sourcil, pour le moins surpris.

- On pose des questions, petite. FBI. Tu devrais rentrer chez toi pour te re-

- Mon amie n'est pas intéressée par vos avances, coupa brutalement Yliana.

Le détective Johnson ouvrit la bouche pour répliquer quelque chose, mais la referma juste après, confus. Iommi, le plus grand, le regarda du haut de ses plus de deux mètres avec une moue désolée sur le visage, bougeant la tête de gauche à droite.

- Elle a raison, mon vieux. Allez, viens, on s'en va.

- Mais je… protesta Johnson.

- Vous feriez mieux d'écouter votre collège, menaça de nouveau Yliana, en s'emparant de la main de M. Occupez-vous de vos affaires.

Les agents fédéraux tournèrent dont les talons, le Géant tirant presque son collègue par le bras pour l'amener vers la voiture garée un peu plus loin, une vieille Impala noire qui avait franchement besoin d'aller faire un tour à la station de lavage. Comment Yliana savait que cette voiture était une Impala, cela, elle n'en savait rien. Elle décida qu'elle en avait entendu parler plus tôt dans sa vie, tout simplement.

- Mais elle était canon, Sam ! entendit une dernière fois Yliana avant de se retrouver hors de portée de la voix de ce pervers dragueur à la sauvette.

La jeune fille se sentit soudain défaillir, comme si la partie d'elle qui maintenait son corps tendu venait tout juste de se relâcher, et Morgane dut passer un bras derrière sa taille pour éviter que les lois de Newton ne la fassent brusquement rencontrer le sol bétonné.

- Wow, ça ne te va pas, de t'énerver comme ça, Puce, marmonna Morgane contre son oreille.

- Il t'a dragué, cet abruti de flic, grogna Yliana dont la grâce, écrasée sur elle-même dans les bras de M pour ne pas tomber, égalait la politesse. Il voulait coucher avec toi et il était prêt à tout.

- Roooh, mais non, tu dis n'importe quoi…

- Ben bien sûr. Et c'est ça qui protège le pays ? Des espèces d'énergumènes qui veulent coucher avec des filles quinze ans plus jeunes qu'eux ? Putain, ça me dégoûte !

Morgane pensait qu'il n'y avait pas spécialement un problème avec le fait d'avoir des relations charnelles avec des personnes bien plus jeunes qu'eux, à partir du moment où tout le monde était consentant, mais elle ne renchérit pas, constatant bien qu'Yli n'était pas en état de tenir un débat avec elle. Elle pinça les lèvres et fronça les sourcils, une petite étincelle de moquerie passant dans son regard.

- Laisse tomber, Yli. Allez, viens, on rentre maintenant.

Yliana essaya de ravaler son air renfrogné, mais devant son incapacité à faire même cela, Morgane lui donna une pichenette sur le bout du nez.

- Aïeuh !

La brune se mit à rire, et après une demi-seconde d'hésitation, Yliana fit de même. La tension de la matinée avait apparemment délaissé ses épaules tranquilles, et dans l'immédiat, elle ferait tout pour la tenir à l'écart.

Elles retrouvèrent Alex et Alice, qui s'étaient isolé dans un coin pour parler de leurs impressions – Yliana savait qu'entre les deux plus clairvoyants de leur groupe, les hypothèses fusaient, mais elle n'avait pas la tête à cela, pas maintenant. Ils se mirent d'accord pour rentrer tous ensemble, prenant le métro plutôt que le bus, même si cela obligeait Alice à marcher un peu plus longtemps pour rentrer chez elle. De toute façon, dit-elle, elle devait se rendre chez Eléonore pour récupérer sa petite sœur et « vérifier qu'elles n'avaient pas brûlé tout le quartier en essayant de faire la cuisine ». Alex proposa de la ramener, et même si tout le monde devina qu'il voulait juste rendre visite à Eléonore, Alice déclina poliment. Leur ami rentra donc en voiture, tandis qu'elles s'engouffraient dans la bouche du métro.

- Alors ? Des idées ? S'enquit Morgane en s'adressant à Alice.

Celle-ci hocha la tête d'un air évident.

- La secte est l'option la plus probable. Alex a entendu les agents fédéraux parler de pentacle, tout à l'heure, et quand on y pense, cinq corps positionnés en cercle, à distance égale ? Ca ressemble comme deux gouttes d'eau à un pentagramme.

A côté d'elles, Yliana fronça les sourcils, l'air grave.

- Ca pourrait aussi être des démons venus des enfers pour nous maudire tous, continua Alice sur le ton de la conversation. Tout est plausible, maintenant, pour être honnête.

Morgane sourit simplement, pas convaincue le moins du monde. Elle regarda Yli du coin de l'œil, mais la jeune fille paraissait absorbée bien plus que nécessaire par la carte du métro placardée au-dessus du siège. Elle paraissait bien plus âgé que ces dix-huit ans, tout d'un coup, comme si ses yeux avaient vu bien plus de choses qu'ils n'étaient censés en voir. Morgane haussa un sourcil sans y prêter plus attention. L'interview du FBI les avait toutes épuisées, et il ne leur tardait qu'une chose – rentrer chez elle, se préparer un bon chocolat chaud et un café pour Yliana qui ne survivait pas plus d'une journée sans caféine dans le sang.

- Puce ? Interpella Morgane doucement. On va chez toi ou chez moi ?

Elles n'habitaient pas très loin l'une de l'autre, mais elles n'avaient pas voulu aménager ensemble, pour la simple et bonne raison qu'Yliana appréciait l'idée d'un espace personnel, et Morgane en était venue à en apprécier l'idée, elle aussi. Elles adoraient passer du temps ensemble, bien entendu, mais un peu de silence, de calme et de solitude ne leur faisait pas de mal, bien au contraire.

Après plusieurs secondes de silence, pendant lesquelles Alice jeta un coup d'œil préoccupé à Yli, cette dernière tourna la tête vers Morgane et plissa les yeux, comme si elle cherchait une réponse à l'intérieur du cerveau de sa petite amie.

- Chez toi, fit-elle finalement d'une voix grave et fatiguée.

Morgane hocha la tête, enthousiaste pour deux. Elle croisa le regard préoccupé d'Alice et essaya de ne pas le voir, de faire comme si elle n'était pas là, comme si elle-même ne s'inquiétait pas – mais elle était justement en train de se mordre la lèvre inférieure, et il lui sembla goûter son propre sang du bout de la langue.


Alice sortit de la bouche de métro, seule, et laissa ses pieds la mener vers la maison d'Eléonore, qui devait attendre son retour comme les enfants attendent le père Noël. Non pas que sa meilleure amie n'aimait pas Rita –loin de là. Seulement, Alice savait à quel point Eléonore aurait voulu que ses parents la laissent sortir. Elle n'avait peut-être pas la sagesse d'une adulte, ni le jugement qui venait avec, mais elle ne ratait aucune occasion d'entendre Alice parler de tout ce qu'elle voyait autour d'elle.

Alice… ne parlait pas énormément, il fallait le dire, sauf lorsqu'elle se trouvait avec des gens qu'elle aimait et qui lui correspondaient par-dessus tout – comme sa famille, et son cercle d'amis proches. La plupart du temps, elle se contentait du strict nécessaire, ne déclarant jamais un mot en trop. La parole était un simple moyen de passation d'informations. Cependant, cela ne voulait pas dire qu'elle était simple d'esprit, loin de là. Au contraire, même.

Au même titre qu'Alex, elle tirait des conclusions de tout ce qu'elle voyait, entendait, et parfois, ses idées étaient folles, mais d'autres fois et la plupart du temps, elles se révélaient étonnamment juste. A un point tel qu'Eléonore, qui la connaissait depuis une quinzaine d'années, lui faisait confiance pour absolument tout. Lorsque la blonde avait un mauvais pressentiment quant aux garçons qu'Eléonore convoitaient, cette dernière ne mettait pas très longtemps à se retirer et à aller voir ailleurs. Elle savait qu'Alice ne voulait que son bien, et elle lui faisait aveuglément confiance dans tous les cas.

Tant que personne ne demandait à Alice ce qu'elle voyait, elle ne partageait pas sa vision clairvoyante des choses. Mais elle suspectait qu'Eléonore allait lui demander un compte rendu détaillé de la petite matinée à laquelle elle n'avait pas assisté.

Mais peu importait l'enquête maintenant. Alice se faisait du souci, et pas à propos d'un prétendu serial killer qui courait la région et effrayait tous les étudiants – elle n'y croyait pas de toute façon. Non, la plus jeune de son groupe d'ami se faisait du souci à propos d'Yliana. Depuis qu'elle était arrivée ce matin, il y avait quelque chose de différent en elle, comme si son amie n'était plus tout à fait l'amie qu'elle connaissait à présent par cœur. Tout dans sa manière d'être avait changé, sa posture était plus droite, plus fière, et pourtant ses mains tremblaient davantage qu'avant. Toute la matinée, elle l'avait surveillée attentivement, et personne n'avait besoin d'observer comme Alice observait pour comprendre que sa jeune amie se sentait étonnamment attirée par l'un des deux détectives du FBI. Oh, ce n'était pas une attirance romantique, Alice le savait – et c'était inconcevable pour Yliana de toute façon – mais ça ne rendait sa fascination que plus étrange, plus décalée par rapport à l'habitude.

Et juste là, une dizaine de minutes plus tôt, à peine, dans le métro ? Lorsqu'Yliana avait eu ce comportement si étrange, si… malade de fatigue et de décalage ? Alice avait une impression encore plus étrange. Elle détestait que l'idée ne fasse que frôler ses pensées, mais pourtant, c'était là, c'était évident, c'était sous ses yeux. Elle se demanda si Morgane ne l'avait pas vu, elle aussi, et si elle ne faisait pas tout son possible pour ignorer cette impression. C'était comme un vieux chewing-gum collé à la semelle d'une chaussure – ça ne partait pas, c'était désagréable et hideux, mais on faisait tout son possible pour l'oublier jusqu'à ce que l'on ait trouvé une manière propre et saine de l'extraire de la semelle.

Tout à l'heure, dans le métro… ce n'était pas Yliana. Alice voyait Yli, leur Tim, elle voyait ses vêtements sombre, ses cheveux mal entretenus, ses yeux clairs mais sans éclats, ses lèvres fines, son teint pâle. Oui, c'était Yliana, positif. Mais ça n'était que son corps. Ce qu'il y avait à l'intérieur… Ce n'était pas Yli. Quelqu'un, quelque chose avait pris le corps de Tim et s'en servait pour passer inaperçu.

Alice frissonna. Ca ne marchait pas avec elle. L'impression de ne pas connaître une de ses meilleures amies lui laissait comme un arrière goût désagréable dans la gorge, et elle n'arrivait pas à relier l'impression que le regard vide de Tim lui laissait à quoi que ce soit de connu pour elle. D'un geste habitué, du domaine du réflexe, elle resserra sa queue de cheval sur sa nuque, et essaya de se convaincre que tout allait bien, que Tim était juste exténuée par les derniers évènements, comme tout le monde. Pour se donner de la force, elle parvint même à se dire qu'elle ferait des recherches le soir même sur les personnalités multiples. Cela arrivait à d'autres, après tout. Tout allait bien.

Mais soudain, alors qu'elle accélérait le pas, elle se rendit compte qu'il faisait soudain extrêmement froid, et qu'il n'y avait plus personne dans la rue. En fait, maintenant qu'elle y pensait, il n'y avait jamais eu personne, dans cette rue, depuis le moment où elle était sortie du métro. Comment ne l'avait-elle pas remarqué plus tôt ? Elle resserra une nouvelle fois sa queue de cheval.

Mais au milieu de son geste, elle se retrouva incapable de bouger. Les bras levés en l'air, elle n'arrivait pas à les rabaisser le long de son corps, comme si quelqu'un les lui tenait derrière elle. Elle voulut crier, mais aucun son ne sortit de sa bouche – elle avait à peine l'impression d'avoir réussi à entrouvrir ses lèvres. Les yeux exorbités, elle vit une fumée noire, lente fumée noire, se faufiler du coin de la rue à droite jusqu'à elle, remonter jusqu'à son visage et stagner là, comme si la fumée la jaugeait avant de…

La fumée pénétra brusquement par tous les orifices qu'elle trouva sur le visage d'Alice – oreilles, nez, bouche grande ouverte. La jeune fille ne pouvait plus crier du tout, elle était bloquée, bloquée par cette fumée noire qui envahit tout son corps en une fraction de seconde, la repoussant vers la limite de sa conscience. Elle n'avait plus de contrôle. Elle essaya de rabaisser ses bras le long du corps, mais ils ne bougèrent pas comme elle le voulait – à la place, elle donna un coup de poing dans la vide. Elle n'avait pas demandé ça. Elle n'avait pas demandé ça à son corps. Pourquoi, pourquoi, qu'est-ce qu'il se passait ?

Affolée, elle ne se rendit pas compte que sa vision se faisait de plus en plus limitée, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus entourée que d'obscurité, de silence et de vide. Totalement coupée du monde extérieur, et ayant pourtant la sensation étrange que son corps bougeait sans qu'elle en soit responsable, elle sombra dans l'inconscience.


Bam. Voilà, j'suis comme ça, j'vous laisse sur un cliffhanger.

Bon, personnellement, tout ce qui se passe dans ce chapitre est clair, mais dites-moi si vous avez un doute, un problème pour comprendre des choses... des hypothèses, aussi ! Je tâcherai de faire en sorte que les prochains chapitres soient plus compréhensibles, moins cryptiques peut-être.

Sinon, à part ça, je trouve ce chapitre d'une maladresse monumentale. J'ai eu beaucoup de mal à l'écrire, parce que le point de vue n'arrête pas de changer, de paragraphe en paragraphe, et je ne suis pas sûre que ce soit exactement fluide... Dites-moi ce que vous en avez pensé.

Quelques questions pour vous lancer : *voix bien naïve* c'est quiiiiii, les deux enquêteurs du FBI ? O.O
Qu'avez-vous pensé de la réaction d'Yliana après que "le détecte Johnson" ait essayé de draguer Morgane sans aucune honte ?
Pourquoi est-ce qu'Yliana s'est senti attirée par eux ?
Qu'est-ce qui vient d'arriver à Alice ? (bon, je pense que c'est assez clair, mais on ne sait jamais...)

Comme d'habitude, merci d'être passé, merci d'avoir lu, et n'oubliez pas de commenter ! J'vous offre des chocolats.

A dans deux semaines 3.