Coucou tout le monde. Je m'excuse profondément de l'énorme retard... j'ai quelques petits soucis de santé, et on est en plein période de partiel, donc c'est un peu chaud pour moi. Mais j'me débrouille, et promis, je ne vous laisse pas tomber !

Un rapide résumé : Souvenez-vous, la dernière fois qu'on avait des nouvelles d'Yliana, la pauvre se réveillait seule, dans des fringues trop grandes pour elle, couverte de sang, en plein forêt, avant de perdre connaissance. Sinon, juste avant, elle et Morgane étaient rentrées chez elle, et Morgane avait réconforté notre héroïne morte de trouille. C'est là qu'on se retrouve.

Je tiens cette fois-ci à remercier mille fois une Guest très mignonne, merci beaucoup à toi d'aimer ce que je fais, ça réchauffe le coeur et ça fait beaucoup de bien. C'est super cool que tu aies laissé une review ! Mais en tout cas, n'hésite plus jamais, même si c'est pour quelques mots à peine, c'est toujours super agréable ! C'est la preuve que le/la est resté pendant toute la longueur du chapitre, ce qu'un nombre de vues ne peut nous indiquer. En bref, sans review, impossible de savoir si vous me lisez réellement... Alors vraiment, n'hésitez plus. Ca me fait suuuuuper plaisir. Et je réponds à chacun d'entre vous ! (sauf à ma copine, qui vit juste un peu avec moi, donc c'est carrément pratique pour la remercier).

Je vous laisse tranquille, et on se retrouve tout de suite en fin de chapitre.

Warning : mention de wake-up sex (le sexe au réveil), excitation sexuelle. Je peux comprendre que ça en rebute plus d'unes, par conséquent, je mets une limite claire (ce sont les ~~~~~~~~~~) autour du passage qui pourrait vous rebuter, et qu'il n'est donc pas nécessaire de lire pour la bonne compréhension du texte.


Chapitre 11 : Disparition

Morgane émergea tout doucement du sommeil, les membres courbaturés. La nuit avait été longue, mais cela ne la rendait pas moins heureuse. Elle avait tout d'abord pensé qu'Yliana serait la seule à recevoir du plaisir durant la nuit, mais finalement, sa jeune compagne lui avait rendu la pareille. La brune n'avait pas vraiment résisté, elle devait l'avouer.

Elle soupira longuement de plaisir. La langue d'Yli était toujours aussi douce qu'une pâtisserie et aussi imprévisible qu'un serpent contre sa peau et ses lèvres. Son corps tout entier frémissait encore du vague souvenir que sa petite amie lui avait laissé entre les cuisses, et elle était presque sûre d'avoir des petites marques violacées à l'intérieur de celles-ci. Ce qui n'était pas pour lui déplaire, loin de là.

Morgane aimait laisser ses mains redécouvrir sans cesse le corps fin, menu de sa compagne, reconnaître ses formes pour mieux les explorer, parfois même les empoigner à pleine main pour la faire haleter de surprise. Yliana s'appliquait et employait toujours un soin tout particulier à trouver les zones érogènes de Morgane après un long jeu de désir, et cette dernière mettait un point d'honneur à essayer par tous les moyens de rompre sa concentration.

Pourquoi ? Parce que ça l'amusait. Et de cette manière, tout durait bien plus longtemps.

Les larmes de la jeune fille avaient cessé curieusement vite, ne laissant que suffisamment de place pour le plaisir. Son orgasme, malgré les craintes de Morgane, avait été splendide. Elle avait brusquement cambré son dos, sous lequel la brune avait passé un bras amoureux, plein de promesse de sécurité. Yliana s'était cramponnée aux bras de son aînée. Son souffle avait coupé court à tous ses gémissements. Morgane avait levé les yeux sans cesser sa passion, et avait vu que la plus jeune les avait ouverts, la bouche béante. Tous ses membres étaient tremblants. Elle avait explosé dans un grand soubresaut des pieds à la tête, et était retombée, épuisée, cherchant bruyamment son souffle.

Splendide, vraiment.

.~~~~~~~~~~.

Morgane serra les cuisses. La fine couverture dans laquelle elle s'était enroulée se froissa entre ses jambes, entraînant un faible contact entre le tissu et son intimité. Elle frissonna. Elle avait presque envie, là, maintenant. Tout de suite.

Les yeux fermés, elle porta une main à sa poitrine et encadra délicatement son sein. Bien que le contact soit prémédité et attendu, elle ne l'en savoura pas moins. Sa poitrine pointa presque durement. Elle se mordit la lèvre inférieure.

Elle se demanda vaguement si elle voudrait qu'Yliana se réveille en la regardant se toucher, ou bien si elle allait elle-même caresser sa compagne jusqu'à ce qu'elle émerge totalement du sommeil et la supplie de continuer. Les deux propositions étaient très, très tentantes – et elle savait que les deux feraient également plaisir à sa compagne. Elle laissa lentement sa main glisser le long de son ventre, caressant son nombril, faisant le tour, et atteignit finalement sa propre intimité, chaude et douce. Elle résista à l'envie immédiate d'écarter les jambes d'un seul coup, et s'obligea plutôt à laisser un faible espace entre ses cuisses, juste assez pour y glisser un doigt, un seul doigt, qu'elle fit coulisser sur son ouverture sans y rentrer.

Sans cesser de se caresser elle-même, elle balada une main sur la partie gauche du lit, à la recherche d'Yliana. Elle ne cherchait pas son épaule, non – elle cherchait ses fesses, elle cherchait une ouverture, elle cherchait à se glisser entre ses jambes pour empoigner le sexe de sa compagne, pour appuyer doucement dessous, dessus, sur les côtés, partout. Elle voulait sentir Yliana se rapprocher d'elle, cambrer son dos pour que ses fesses touchent son propre corps, elle voulait l'entendre gémir et demander plus, la voix encore ensommeillée et les yeux fermés, un pied dans son rêve, l'autre avec Morgane.

.~~~~~~~~~~.

Mais Morgane poussait toujours sa main, encore, encore, jusqu'à ce qu'elle ne sente plus la couverture. Jusqu'à ce qu'elle arrive au bord du lit. Elle fit voyager sa main vers le bas. Vers le haut. Elle fronça les sourcils. Yliana s'était levée ? Yliana s'était réveillée avant elle ? Yliana lui avait laissé la couverture en se levant ?

D'un bond, elle ouvrit les yeux et se redressa, oubliant totalement son envie. Sa compagne n'était pas avec elle dans le lit. Elle se leva brusquement et manqua de se prendre les pieds dans la couverture en se dirigeant en courant presque vers la salle de bain. En deux pas, elle fut sur le seuil de la porte, mais Yliana n'était pas sous la douche, et elle n'était pas dans le lit, donc elle n'était pas dans l'appartement, et, et…

Morgane eut brusquement la nausée. Son téléphone… Le smartphone d'Yliana, qu'elle amenait toujours avec elle quoi qu'il arrive, était sur la table de nuit.

- Non, non, non… marmonna Morgane.

Elle se rendit compte qu'elle avait froid, mais elle n'eut pas le réflexe de se couvrir. Yli ne sortait jamais sans son téléphone, et elle ne se levait pas sans avoir réveillé Morgane. Et même si cela avait été le cas, elle aurait été sous la douche. La brune baissa les yeux et se rendit compte en plaquant la main sur sa bouche qu'elle n'avait pas trébuché sur la couverture, mais bien sur les vêtements de sa compagne. Son blouson était là, ainsi que ses sous-vêtements. Elle ne pouvait voir ni sa chemise, ni son pantalon. Et en poussant son regard un peu plus loin, elle remarqua que ses propres chaussures manquaient.

Morgane se serait normalement mordu la lèvre inférieure, mais c'était un cas différent. Cette fois-ci, elle devait prendre toutes les informations en compte. Ce n'était pas comme ces matinées où elle se réveillait et trouvait des gouttes de sang à l'intérieur de la cuvette de ses toilettes, et des lames de rasoir cachées au fond de la poubelle. Ce n'était pas un de ces matins où Yliana ne se réveillait pas du tout, et où Morgane était obligée de la gifler plusieurs fois, allant parfois même jusqu'à lui verser un verre d'eau sur le visage, pour qu'elle se réveille et qu'elle se batte pour sa vie. Cette fois-ci, la brune ne pouvait rien faire pour aider sa compagne, sa protégée – rien. Et le pire, le pire était qu'Yliana souffrait de pertes de mémoires, et…

Morgane souffla un grand coup. Elle ne pouvait pas se permettre de paniquer. Pas maintenant.

Yliana était donc dehors, sans sous-vêtements sous ses vêtements, avec des chaussures trop grandes pour elles, sans téléphone. Morgane ne voyait que deux hypothèses. Soit la jeune fille avait repris conscience, et elle était sûrement en train de paniquer quelque part, toute seule, sans aucun moyen de la joindre soit elle n'avait pas repris conscience. Et si cette dernière idée était la bonne… Personne ne savait ce qu'Yliana était en train de faire.

Morgane bascula la tête en arrière, morte d'inquiétude. Elle dirigea son regard vers le plafond et se surprit à prier, à laisser les pensées s'échapper de son crâne et les partager, les diffuser tout autour d'elle, comme si elle voulait qu'on l'entende, comme si quelqu'un pouvait l'entendre.

Il n'y avait qu'une seule chose à faire. Elle prit son téléphone et prit soin d'appeler tous ses amis. Alice fut la seule à ne pas répondre, mais Morgane supposa que la blonde lisait ou regardait une de ses séries favorites, son téléphone hors de portée. De toute évidence, elle n'avait pas le temps d'insister. Elle put donc parler à Alex, Eléonore, ainsi que Vincent, qui oublia immédiatement ses compliments charmeurs pour laisser place à l'inquiétude.

Aucun d'entre eux n'avait de nouvelle d'Yliana. Morgane ferma les yeux en plissant fortement les paupières. Que pouvait-elle faire ?

La logique et le bon sens auraient voulu qu'elle appelle la police et déclare une disparition. Mais non seulement elle n'était pas sûre qu'une absence de quelques heures seraient mise en priorité, mais en plus, elle serait obligée de parler des troubles de mémoire de sa petite amie. Morgane voulait vraiment demander de l'aide à tous les organismes qui voudraient bien la lui accorder, mais Yli aurait catégoriquement refusé.

Cela dit, la brune n'était pas stupide au point d'en devenir inconsciente – elle se promit que si au bout de deux heures, Yliana n'avait pas donné de signe de vie, elle irait voir la police.

Pour le moment, tout ce qu'elle pouvait faire, c'était attendre qu'Alex frappe à la porte. Son ami géant possédait une voiture, et Morgane comptait bien s'en servir pour chercher sa petite amie en ville.


- Rita ! Dépêche-toi, on va être en retard !

Rita se précipita au bas de l'escalier, manquant de sauter la dernière marche, et parvint miraculeusement à poser les deux pieds au sol sans avoir perdu l'équilibre. C'était une petite fille blonde, ses cheveux étaient longs et sa maman aimait en prendre soin. Elle avait un petit nez en trompette qui lui donnait un air espiègle, effet souligné par des yeux bleus clairs pétillants. Elle avait presque sept ans et était le portrait craché de sa grande sœur, Alice, à son âge.

- J'arrive, attends !

Elle avait cours de dessin avec sa meilleure copine, et c'était Alice qui devait l'y amener. Sa grande sœur prenait toujours soin d'elle et même si Rita aurait pu se rendre toute seule à cette classe qu'elle fréquentait depuis un certain temps maintenant, Alice ne l'aurait jamais laissé sortir toute seule. Rita n'avait pas très bien compris, mais maman lui avait dit qu'il y avait des gens dangereux maintenant, alors il fallait qu'elle fasse attention.

Elle dérapa sur le carrelage et faillit tomber à la renverse, mais elle se rattrapa au manche à balai rouge pendu au mur – où était-il vert ? – et reprit l'équilibre. Elle voulait mettre ses jolies chaussures, aujourd'hui. Et elle avait décidé qu'elles seraient bleues.

Elle tomba sur ses fesses et se dépêcha de nouer ses lacets. Vite, vite, elle ne voulait pas être en retard.

- Bon alors, moustique, tu viens ?

Rita releva la tête avec un petit sourire d'excuse.

- Pardon, fit-elle, j'ai pas encore mis mes chaussures…

Alice sourit. Rita adorait sa grande sœur. Elle s'était fait la promesse que quand elle grandirait, elle allait être exactement comme elle. Alice était intelligente et avait toujours de bonnes notes à l'école, elle était gentille, et elle s'occupait bien d'elle. En plus, c'était une « grande », et elle avait plein d'amis, et des fois, ils venaient à la maison prendre un café. Il y avait Eléonore, la meilleure amie d'Alice – Rita était toujours heureuse quand elle venait à la maison. C'était une belle brune de la même taille qu'Alice, et elle était très belle, elle se coiffait toujours très bien et des fois, quand elle avait envie, elle maquillait les yeux de Rita.

D'ailleurs, maintenant qu'elle y pensait, cela faisait longtemps qu'Eléonore n'était pas venue à la maison.

- Elle vient quand, Elé ? S'enquit la petite en se levant.

Alice haussa les épaules.

- Aucune idée. Elle est souvent chez Alex, en ce moment. Bon, tu viens ?

Rita hocha la tête avec un grand sourire, et toutes les deux entamèrent la route vers le cours de dessin. Le sac à dos de Rita contenait tous ses crayons de couleurs, ses feutres, ses crayons et aussi quelques feuilles. Elle aimait bien le bruit que tout cela faisait quand elle marchait.

- Tu me demandes pas comment s'est passé ma journée ? Demanda Rita.

D'habitude, sa grande sœur lui demandait toujours comment avait été sa journée d'école. Même s'il ne se passait pas toujours quelque chose en classe, Rita aimait raconter ses récréations à Alice, elle expliquait les jeux auxquels ils jouaient tous ensemble. Mais ce que la blondinette aimait par-dessus tout, lors des moments pendant lesquels elle parlait avec Alice, c'était le sourire de joie simple de sa grande sœur. Oui, Rita s'amusait, pour de vrai. Ca n'était plus comme avant. Comme avant, c'était fini, maintenant, c'était différent, et elle s'amusait.

- Je t'ai déjà demandé hier, tu te souviens, fit Alice en haussant un sourcil. Tu as encore quelque chose à raconter ?

Le cœur de Rita fit un bond étrange, comme s'il avait sauté par-dessus une barrière. Alice n'était pas intéressée ? Pourquoi est-ce qu'elle n'était pas intéressée ?

- Ben, ce matin, par exemple, enchaîna-t-elle sans prêter attention à l'envie soudaine de serrer son corps dans ses bras, la maîtresse nous a donné une lecture à faire, et tout le monde a trouvé ça très difficile, et –

- On y est, Rita. Allez, je vais te laisser, maintenant. Le monsieur t'attend, et j'ai des choses à faire.

La petite eut l'impression qu'on lui versait un grand seau d'eau froide sur la tête, comme cette fois où maman avait oublié de faire chauffer l'eau de la douche avant de l'envoyer se laver. Pétrifiée, elle s'arrêta net et manqua de trébucher en avant.

Elle voulut lever la tête pour regarder le visage d'Alice et chercher son regard, mais elle avait le désagréable pressentiment qu'elle ne le trouverait pas. Cela l'empêcha de faire quoi que ce soit. Impuissante, elle sentit plus qu'elle ne vit Alice partir et la laisser devant le club. Seule.

Rita n'était pas une enfant qui demandait une constante attention. Elle n'était pas pourrie gâtée, et même si des fois, elle avait vraiment beaucoup de cadeaux à son anniversaire, elle était toujours consciente de ce qu'elle était, une enfant, et du fait qu'il fallait remercier les autres. Elle n'osait que très rarement demander davantage d'attention de la part des autres. Avec Alice, elle n'avait jamais rien exigé – elle n'aurait pas osé – c'était une habitude qui s'était instaurée au fil des mois, des ans, et Rita voyait dans leur rituel une régularité qui lui faisait beaucoup, beaucoup de bien. C'était une petite fille, elle avait besoin d'avoir un point fixe dans sa journée.

Alice ne lui avait jamais interdit de parler. Elle ne lui avait jamais coupé la parole – pas comme ça. Rita avait envie de vomir. Son estomac était tout à coup très vide, et elle avait très mal à la tête, et la sensation de l'eau froide persistait encore sur sa nuque.

Elle ne voulait pas se retourner pour appeler Alice. Ça n'aurait pas été poli. Mais alors qu'elle reprenait doucement des forces pour faire quelques pas en avant, elle se rendit compte de quelque chose.

Comme une ombre qui marchait derrière elle sans être la sienne, la certitude avait toujours été là. Rita savait depuis le début, mais elle n'avait rien dit et s'était cachée de la vérité - elle avait repoussé l'ombre sous son lit et s'était endormie sans s'en soucier.

Ce n'était pas l'ombre du doute, c'était l'ombre de la certitude. Rita claqua des dents. Elle le sentait, maintenant, elle le sentait très bien – l'ombre entourait Alice. La certitude entourait sa grande sœur comme une aura grisonnante, vieillie, poussiéreuse, et la petite ne pouvait plus sentir son aînée. Non – elle ne pouvait plus la sentir du tout.

- C'était quoi, ça ? S'entendit-elle demander à voix basse.

Et le son de sa voix la terrifia.


Alex et Eléonore avait débarqué ensemble, affichant tous deux un air inquiet. Ils avaient fait un tour de la ville en voiture, à la recherche d'une Yliana perdue et débraillée, mais n'avaient rien trouvé. Ils avaient profité de leur tournée pour récupérer Vincent devant sa porte. L'adolescent n'avait rien dit. Il les avait juste salué d'un vague signe de la main et n'avait même pas eu de sourire pour Morgane.

Cette dernière était inconsolable. La première heure, elle n'avait versé aucune larme, mais elle n'avait pu se retenir plus longtemps. Elle était folle d'inquiétude, et elle s'en voulait terriblement de ne pas avoir pris Yliana plus au sérieux quand sa compagne lui confiait ses craintes. Elle avait finalement expliqué à Eléonore, Alex et Vincent la raison pour laquelle Yliana se sentait malade ces derniers temps, mais ils n'avaient eu d'autre réaction que de se mordre la lèvre inférieure, le regard teinté d'inquiétude. Ils ne pouvaient rien faire, bien entendu. Ni Morgane, ni eux, ni Vincent ne pouvait faire quoi que ce soit.

- J'aurais dû l'amener à l'hôpital, se lamentait Morgane. J'aurais dû lui poser plus de questions et faire plus attention…

Eléonore posa une main rassurante sur son épaule. De retour chez la brune, celle-ci résistait à l'envie de se rouler en boule dans sa couverture.

- Tu pouvais pas savoir, murmura Eléonore sur un ton qui se voulait bienveillant. Si ça se trouve, elle va très bien…

- Et si ça se trouve, elle a peur, et elle est perdue, et c'est à cause de moi, coupa Morgane en fermant les yeux, comme si elle refusait les douces attentions de son amie.

Eléonore, compatissante, pinça les lèvres et retira sa main pour lui donner plus d'espace. Alex fit mine de s'avancer pour essayer de la rassurer à son tour, mais Eléonore le lui déconseilla d'un regard en coin. Vincent, qui détestait l'inaction, se retenait difficilement de taper du pied ou de faire les cent pas.

- Y'a rien qu'on puisse faire ? Lâcha-t-il, brisant le silence.

Alex fit non de la tête. Non, ils ne pouvaient rien faire.

- Morgane, tu as pensé à appeler ses parents ? Si ça se trouve, elle est juste chez elle…

La brune secoua vivement la tête.

- Alex s'en est occupé. Ils ne me connaissent pas, tu sais bien qu'Yli n'est pas tout à fait sortie du placard…

Elle émit un hoquet involontaire en prononçant le nom de sa petite amie. Elle prit une grande inspiration avant de terminer sa réponse :

- Elle n'est pas là-bas. Je… Je ne voulais pas qu'il s'inquiète, donc Alex a fait en sorte de ne pas mentionner son absence...

Sa main se tendit pour attraper celle d'Alex, qui la prit avec plaisir et la serra entre ses doigts. Il avait beau émettre une aura rassurante et bienveillante, il fronça quand même les sourcils.

- C'était peut-être pas une si bonne idée… (il soupira) Il faudrait appeler la police, je pense. Non ?

- C'est le plus logique à faire, renchérit Vincent en haussant la tête. Ca fait plusieurs heures maintenant, ils devraient commencer à chercher.

- Mais non ! On ne peut pas faire ça, se révolta Morgane. Yli ne voulait pas qu'on sache pour sa mémoire… Elle ne voudrait pas qu'on appelle la police.

La brune sursauta lorsque la main d'Eléonore revint se poser sur son épaule. Elle se tourna vers elle et la considéra un instant, mais sa cadette n'avait pas besoin de dire quoi que ce soit – elle avait compris.

- Il faut le faire. C'est comme ça.

Morgane se mordit la lèvre inférieure. Son corps eut quelques petits soubresauts, comme si elle allait se remettre à pleurer d'un moment à l'autre, mais elle ferma les yeux et se contrôla presque immédiatement. Vincent la considéra avec admiration. Cette fille… cette femme était forte.

Elle prit son téléphone, débloqua l'écran, et se figea.

- Morgane ? Fit Alex, se rendant compte immédiatement que quelque chose n'allait pas.

- C'est bon, souffla la brune en guise de réponse. C'est bon.

Hébétée et sans donner plus d'informations, elle se leva et ramassa le blouson qu'elle avait laissé tomber au sol de désespoir. Alors qu'elle l'enfilait, Eléonore, les sourcils froncés, sursauta – elle ôta son téléphone de sa poche. Celui-ci indiquait un nouveau message.

- Oh ! S'exclama-t-elle, mais avant de pouvoir expliquer plus en détail, les téléphones respectifs d'Alex et Vincent se mirent à sonner à leur tour.

Alex n'avait pas besoin de regarder l'écran pour comprendre. Morgane était déjà à la porte, en train de tourner la clé dans la serrure, et Eléonore venait de lui emboîter le pas.

Alice venait de retrouver Yliana.


.

.

Bouh !

Ouais, je sais, j'vous ai fait super peur.

En cas que vous ne vous en souveniez plus... Alice s'est fait posséder (très vraisemblablement par un démon) il y a quelques chapitres, mais ses amis de s'en sont pas encore rendu compte. Par conséquent, lorsque "Alice" les contacte tous pour leur annoncer qu'"elle" a retrouvé leur amie... vous avez compris, ce n'est pas notre Alice.

Souvenez-vous aussi, il s'était produit un phénomène assez étrange entre Yliana et "Alice", les deux s'étant fixées intensément, rendant l'atmosphère palpable, comme durant un affrontement silencieux. Je ne vous en dis pas plus. ;)

Encore une fois, je tiens à remercier un milliaaaaaaaard de fois ma petite Guest d'amour [coeurcoeur]. N'hésitez pas à l'imiter pour me rendre super heureuse et illuminer ma journée, même si ce n'est que pour quelques mots : reviewez ! Le cadre est juuuste là, en-dessous.

Comme d'habitude, je vous laisse sur ma devise de fin de chapitre : merci d'être passé, merci d'avoir lu, n'oubliez pas de commenter. Dites-moi ce que vous pensez de tout ça ! L'intrigue arrive pour de bon, avez-vous deviné ce qu'il se passe avec Yliana ? Et Alice ? Et Castiel ? ;)

Et bonnes chances pour vos partiels/exams si vous êtes dans la même galère que moi \o/