Comme vous le voyez, je poste un peu tard ce soir, je n'ai pas le temps de répondre à tous vos adorables commentaires, mais je m'y attèlerai dès demain, donc restez en alerte !

Bonne lecture.


« Mon cher Drago,

En ce jour de liesse, c'est avec beaucoup de joie et de fierté que je t'annonce la mort de la Sang-de-Bourbe, Hermione Granger. Et la gloire toute entière vient à ton sang, puisque c'est ton père qui a eut l'heureux geste libérateur en affligeant le sort de la mort à celle qui fut un temps appelée Traitre n°3.

Neuf mois s'était écoulés depuis sa fuite, et comme tu le savais, mes loyaux serviteurs étaient à sa recherche depuis. Leur travail a payé, puis que nous venons de débarrasser la Terre d'une autre raclure de son espèce.

Je t'attends, ce soir, au Manoir, pour fêter cette nouvelle. Pour le féliciter, j'ai nommé ton père Directeur du Département de la Défense, ainsi vous pourrez tout deux être à la tête de l'Armée des Ténèbres, et je m'en félicite.

Ne sois pas en retard. »

Drago tenait dans une main la missive de son maître, dans l'autre, l'article de la Gazette du Sorcier que ce dernier avait pris soin de lui faire parvenir. En effet, Drago ne recevait habituellement pas le journal, Lord Voldemort ayant estimé que cela ne ferait que le détourner de son objectif premier. Cependant, quand l'occasion s'y prêtait, il n'hésitait pas à envoyer la page dédiée à l'évènement qui les intéressant.

Le visage de marbre, Drago posa délicatement les deux morceaux de papier sur son bureau et les observa longuement. Si de l'extérieur, il donnait l'impression d'être impassible, froid et hautain, à l'intérieur il bouillonnait. Etait-il possible qu'Hermione fût réellement morte ?

Une chaleur désagréable se propagea dans son corps, une chaleur brûlante, lancinante et accablante. C'était comme si son corps se liquéfiait. Sans s'en rendre compte, Drago tomba sur la chaise qui se trouvait derrière lui, tandis qu'il relisait pour la dixième fois peut-être la lettre que venait de lui envoyer le Seigneur des Ténèbres.

Hermione Granger était morte ? Pouvait-elle vraiment l'être ? Certainement. Elle n'était pas invincible, nul ne l'était d'ailleurs. Mais alors, que lui restait-il ? Voilà des mois qu'il se raccrochait à l'idée que le calvaire qu'il vivait était un mal nécessaire. Nécessaire pour qu'Hermione et l'enfant qu'elle portait – et dont elle avait sûrement accouché à présent – soient saints et saufs. Mais qu'en était-il désormais, si Hermione était morte ? Et qu'en était-il de l'enfant ?

Drago réalisa avec horreur qu'il n'avait jamais songé à l'éventualité que le bébé ne survive pas. Nul n'était à l'abri d'une fausse couche, surtout après une si longue période d'angoisse, de surnutrition et de violence quotidienne. Sans parler du sort de Sectumsempra qu'Hermione avait reçu en plein dos juste avant de transplanner grâce aux gestes vifs et efficace de Blaise.

Il n'eut cependant pas le temps de s'appesantir sur la question, car soudain, sa porte s'ouvrit à la volée, laissant entrer Crabbe et Goyle, un sourire victorieux sur les lèvres. Crabbe tenait dans sa main un parchemin que Drago reconnut être l'article de la gazette.

─ T'as vu ça ? grogna Goyle en pointant le parchemin d'un doigt boudiné. On a eu Granger !

Drago le regarda longuement, craignant que son masque d'impassibilité ne cède sous l'élan de dégout et de désarroi qu'il ressentait à l'instant présent. Il respira longuement avant de lever la tête et de répliquer d'un ton dur :

─ On ? répéta-t-il. Que je sache, tu n'as rien fait de plus que te gaver de toasts beurrés et de lard fumé, ces derniers temps, Gregory.

Le sourire de Goyle se fana quelque peu, tandis que Crabbe esquissait un peu sourire mauvais. Dans son autre poing fermement serré, il tenait une autre lettre. En s'y attardant un peu plus, Drago reconnut l'écriture de sa tante, et il ne put s'empêcher d'avoir un pincement au cœur. Voldemort en personne avait tenu à annoncer à Drago la mort d'Hermione. Se doutait-il de quelque chose ? Avait-il idée de la relation qu'avaient pu entretenir son poulain et la fugitive, des mois durant, dans le château, sous les yeux aveugles de sa tante et de Crabbe ? Une pierre tomba lourdement dans son estomac.

─ C'est mon père qu'il faudra féliciter, dit calmement Drago. Puis que c'est lui qui a accompli l'impossible.

─ Pas si impossible que ça, se moqua Crabbe.

─ Impossible pour toi, visiblement. Si le Seigneur des Ténèbres avait compté sur toi pour gagner cette guerre, nul doute que Potter se pavanerait toujours et que Granger et Weasley nous auraient fait une batterie de traitres à leur sang.

x.x.x

Hermione s'empara du journal et lut attentivement l'article que lui avait tendu Ginny. Ses yeux glissèrent d'un bout à l'autre du parchemin, tandis qu'un rictus agacé venait se dessiner sur ses lèvres.

─ Ridicule, marmonna-t-elle en continuant sa lecture.

A côté d'elle, Pansy lisait par-dessus son épaule. Si jusqu'alors, un peu sourire était dessiné sur leurs lèvres, elles perdirent de leur superbe quand elles arrivèrent à la toute fin de l'article.

« Nous devons la mort de la célèbre amie de Potter au non moins célèbre Lucius Malefoy. Ce dernier est en effet connu pour ses nombreux dons philanthropiques au Ministère de le Magie et à l'Hôpital Sainte Mangouste pour les Blessures et Maladies Magiques. Suite à un duel acharné durant le quel il n'a fait que défendre sa vie, Mr. Malefoy n'a pu faire autrement qu'avoir recours au sort mortel contre son adversaire pour survivre à ce guet-apens. En effet, les Rebelles lui avaient tendu un piège, afin de se débarrasser de l'un des bras droits du Seigneur des Ténèbres. Tout est bien qui finit bien cependant. Pour célébrer une telle victoire, le Seigneur des Ténèbres organisera ce soir, un évènement, où l'on murmure que Lucius Malefoy sera nommé Directeur d'un département du Ministère. »

─ Quel drôle de choix… Lucius Malefoy pour ton assassin ? C'est tout sauf anodin, murmura Pansy en posant ses yeux sur Hermione.

─ Ce n'est pas une coïncidence, marmonna Hermione.

─ Tu crois que Voldemort se doute de votre histoire ? demanda Ginny, l'air horrifiée.

─ C'est possible. Ou alors, il veut assoir un peu plus son pouvoir en installant la famille Malefoy au haut de son échelle sociale et militaire. C'est une famille respectée et suivie. Entre Drago le poulain et Lieutenant de l'Armée des Ténèbres, et Lucius à la tête d'un Département, Voldemort s'assure que tous les nobles de Sangs-Purs le suivent. Quand ils verront comment sont récompensés les bons et fidèles mangemorts, ils feront la queue par dizaine pour se faire apposer la marque.

Le discours d'Hermione était si lugubre que personne ne parla durant de longues minutes. Tous étaient occupés à imaginer un monde avec à sa tête, Voldemort, Bellatrix et Lucius Malefoy. Rien de très réjouissant ne se profilait à l'horizon. Hermione se sentit frissonner. En face d'elle, Blaise lisait l'article d'un air contrarié. Il jeta la Gazette sur la table et posa son regard sur Pansy qui était, il le savait, celle qui le comprendrait à demi-mot.

─ Quand il va lire ça …

Pansy leva les yeux vers lui, et pâlit en comprenait où il voulait en venir.

─ Merlin ! s'exclama-t-elle. Quand Drago lira ça – si ce n'est déjà fait – il va perdre les pédales.

Hermione les regarda alternativement, avant de sentir à son tour son estomac se contracter. Se pouvait-il que Drago croit Voldemort et son père ? Imaginerait-il qu'Hermione était vraiment morte ? Que ferait-il alors, si la seule cause pour laquelle il se battait jusqu'alors venait de cesser d'exister ?

Hermione se demanda si, ce qu'elle avait ressenti, après la trahison de Drago, cette sensation de vide et d'incompréhension pouvait s'assimiler à ce que devait ressentir Drago à présent qu'elle avait officiellement été annoncée morte. Sans doute était-ce différent… Pourtant, elle ne put s'empêcher d'éprouver de la peine et de la tristesse à l'idée qu'il puisse être accablé par sa prétendue mort.

Les mois avaient passé depuis leur séparation, et si au début, Hermione avait éprouvé beaucoup de rancœur et de sentiments négatifs à l'égard de Drago, elle avait fini par lui pardonner. Pour la petite Alana, mais aussi par amour. Parce qu'il est trop difficile pour un cerveau d'être amer quand le cœur n'est que douceur. Si au début, l'incompréhension avait été totale, Hermione avait fini par apprendre la vérité de la bouche de Blaise. Elle aurait aimé que Drago lui avoue qu'il était sous l'emprise d'un serment inviolable. Pourtant, elle devait admettre que sans doute cela l'aurait-il empêché de partir. Elle serait restée près de lui et alors, que serait advenue Alana ?

─ Il faut qu'il sache, d'une manière ou d'une autre que tu es toujours en vie, dit Thaïs d'une voix songeuse.

─ Comment ? répliqua Pansy. On ne peut pas entrer en contact avec lui, tout son courrier est sûrement surveillé. Tout comme le réseau de cheminée.

─ Un Patronus ? proposa vaguement Neville.

─ Non, le château est trop bien protégé. Il pourrait être intercepté.

─ Oui, surtout que Drago est sûrement convié au Manoir Jedusor pour célébrer leur victoire, grogna Blaise. Si tu envoies le Patronus à Poudlard, qui sait sur qui il tomberait.

─ Alors, il n'y a qu'une seule solution, dit Hermione d'un air déterminé.

Tous les regards se tournèrent vers elle. Ceux qui ne la connaissaient pas encore assez bien étaient suspendus à ses lèvres, mas Ginny et Georges la regardaient d'un air méfiant.

─ Il faut se rendre au Manoir pour qu'il me voit bel et bien vivante.

─ Tu n'y penses pas ? s'exclama Molly et Ginny d'une même voix.

─ Pourquoi pas ? répliqua Hermione.

─ Peut-être parce que tu es mère d'une enfant de quelques mois ? répondit Georges d'un ton sec. Te jeter tête baissée dans une bataille serait un risque pour Alana de finir orpheline.

─ Je n'ai pas dit que je voulais me battre. Je veux juste faire en sorte qu'il me voit, puis je m'en vais.

Puis, se tournant vers Pansy et Blaise elle ajouta :

─ Vous le connaissez mieux que moi, mais j'ai la sensation que me croyant morte, il est capable de tout. Sa vie ne vaut plus rien à ses yeux, si ses amis ne sont plus près de lui.

Pansy et Blaise se regardèrent d'un air intrigué.

─ J'imagine en effet que s'il te croit morte, il essaiera d'ne manière ou d'une autre de te venger, commença Blaise.

─ C'est trop dangereux ! rétorqua Molly.

─ D'un autre côté, on n'a jamais été aussi bien entouré, dit soudainement Neville qui réfléchissait jusqu'alors.

─ Qu'est-ce que tu veux dire ?

─Je veux dire qu'on a Blaise et Pansy avec nous. Pansy connait bien les cachots, Blaise le Manoir, en tant que Mangemort.

─ Ancien Mangemort, le reprit Blaise.

Thaïs et Pansy eut un petit rire moqueur. C'était tout Blaise : s'inquiéter de détails si insignifiants alors qu'une guerre de profilait.

─ Alors tu proposes quoi ? demanda Ginny l'air maussade. On rentre comme si de rien n'était au Manoir, on tue Voldemort, on prend Drago sous le coude et on rentre à la maison pour le diner ? C'est impensable. Si nous avions eu du temps pour nous préparer, à la limite, mais on parle d'un évènement qui a lieu dans moins de quelques heures.

─ Justement ! répliqua Blaise. En si peu de temps, ils penseront que nous n'oseront jamais tenter quoi que ce soit. On jouera sur la surprise ! Une fois dedans, on n'aura plus qu'à tuer le Seigneur des Ténèbres.

─ Il faut d'abord tuer le serpent, dit Hermione. Ensuite seulement, nous pourrons nous attaquer à lui. Sinon, cela sera inutile.

Tout le monde regardait Hermione à présent. Nul doute qu'elle avait fait son choix, et à présent, il ne restait plus qu'à l'Ordre du Phénix guère que quelques heures pour organiser la mission suicide la plus impensable qui puisse exister en temps de guerre. C'était fou, c'était farfelu, mais malgré tout, c'était peut-être la meilleure occasion qu'ils auraient.

Et si en plus, cela pouvait délivrer Drago de son serment, cela n'était qu'une motivation supplémentaire.


Et voilà ! Alors, comment vous avez trouvé ce chapitre ? L'action s'annonce pour les prochains chapitres, j'espère que ça vous plaira, car il faudra bien terminer cette fiction un jour haha. Dites-moi en commentaires ce que vous imaginez pour la suite ! A mercredi !