Voici le 47ème chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Je suis actuellement dans le rush de la fin d'année, et je n'ai pas le temps de répondre vos commentaires. Cependant, promis, lorsque j'aurai du temps, je le ferai (la semaine prochaine, je serais enfin en vacances et pourrai m'y consacrer).

Je remercie les nombreux lecteurs et encore plus les nombreux lecteurs qui laissent des commentaires. Je les lis tous, et ils me mettent du baume au cœur !

J'espère que ce chapitre vous plaira ! Je vous souhaite une bonne lecture.


Drago arrangea le col de sa chemise d'un blanc immaculé qui contrastait à merveille avec le reste de son costume d'un noir de jais. Il observa son reflet de longues secondes, l'œil critique, prêtant attention au moindre petit détail comme il l'avait toujours fait. Ses boutons de manchette ciselés dans l'or blanc scintillaient faiblement à ses poignets, sa chemise ne faisait un pas un pli tant il avait pris soin de la repasser à l'aide de sa baguette, et ses chaussures étaient parfaitement cirées. A le voir comme ça, d'aucun se serait demandé si c'était à son mariage qu'il se rendait – ou, encore, à un enterrement. Ses cheveux étaient savamment décoiffés, ses yeux gris étaient bordés de cernes violets qu'il n'aurait pu cacher tant ils mangeaient son visage. Il mettrait cela sur le compte de l'intensité des entraînements. Ses insomnies n'étaient dues à rien d'autre que l'angoisse perpétuelle dans laquelle il vivant : l'angoisse de voir ses amis tués, l'angoisse qu'Hermione n'ait pas survécu, ni l'enfant…

Du moins était-ce ses anciennes angoisses. Car depuis quelques heures déjà, elles s'étaient éteintes en même temps qu'Hermione. En apprenant la mort de la femme qu'il aimait, Drago avait vu ses craintes se tarir tandis qu'un sentiment plus violement encore commençait à émerger dans ses entrailles : un désir imminent de vengeance.

Il quitta le château d'un pas lent et mesuré. Sa longue cape virevoltant autant de lui, il passa la barrière du grand portail de fer et atteignit la zone de transplannage de Pré-au-Lard, celle-là même que Blaise, Thaïs et Hermione avaient utilisé quelques mois auparavant. Dans un 'plop' sonore et caractéristique, Drago disparut dans le néant, alors que le soleil terminait sa course dans le ciel et disparaissait derrière les collines qui bordaient le village sorcier.

Quelques secondes plus tard et à quelques centaines de lieues de Poudlard, Drago réapparut devant un autre château – un manoir pour être précis – qui avait tout à envier à Poudlard, tant sa façade était lugubre et ses jardins desséchés. Lord Voldemort n'était pas homme à s'inquiéter de ses rosiers, pourtant, fut un temps où le large parc qui bordait le Manoir Jedusor resplendissait, débordant de fleurs toutes plus bigarrées les unes autre les autres. Ce temps était révolu. Drago arrangea son costume d'une main experte, mais non nécessaire tant il était parfait, et franchit les grilles qui ne laissaient passer que les rares privilégiés qui pouvaient témoigner d'une certaine marque, à jamais gravée dans leur avant-bras gauche.

La porte d'entrée s'ouvrit sans qu'il n'eut besoin de s'annoncer. Une jeune femme au sourire séducteur mais au regard vide l'accueillit et lui proposa de le débarrasser de sa cape. Drago lui tendit le tissu lourd et soyeux tout en la regardant d'un œil observateur. Sans nul doute que la jeune femme était sujette au sort de l'Imperium. Son sourire de façade et ses yeux vitreux en disaient long sur sa volonté d'être réellement ici.

─ Bienvenue au Manoir Jedusor, veuillez vous rendre dans la salle de réception je vous prie, lui dit-elle d'une voix claire et faussement enjouée aux tonalités légèrement mécaniques.

Drago ne répondit pas et s'éloigna en direction de le pièce indiquée. Il connaissait la salle de réception par cœur, aussi n'eut-il aucun mal à y pénétrer. Elle était déjà bondée de mangemorts, et Drago passa d'abord inaperçu pour son plus grand soulagement. Son répit ne fut cependant que de courte durée, car bientôt, une main se posa sur son épaule et lorsqu'il se retourna se fut pour se retrouver nez à nez avec son père, mangemort et assassin d'Hermione Granger. Ce dernier était souriant, chose rare de la part d'un homme dont le cœur est fait de pierre.

─ Drago, dit-il de sa voix lente et basse.

Le regard gris de Lucius – ce même regard qu'il avait légué à son unique héritier – glissa sur la tenue que portait Drago. Il te put retenir un petit rictus critique.

─ Ce n'est pas la tenue que l'on attend à ce genre de réception, dit-il d'une voix calme mais sèche et froide.

Drago ne put retenir un petit sourire en coin, hautain et moqueur à la fois qui ne put que déplaire à son père. En effet, il savait pertinemment que ce n'était pas le genre de tenue attendu. En tant que sorcier de la noble société, en tant que mangemort, en tant que poulain de Lord Voldemort, on se serait attendu à ce qu'il porte la traditionnelle robe de soirée que portaient habituellement les sorciers de son rang. Au lieu de cela, il avait opté pour le smoking chic et sobre que les moldus avaient l'habitude de porter lors des grands évènements de leur vie.

Drago avait sciemment fait ce choix. Il n'aurait su l'expliquer, mais il éprouvait un plaisir presque malsain à voir son père le regarder avec tant de dégoût, lui, son fils unique, qui portait une tenue moldue dans une maison où l'on exécrait les personnes dépourvues de pouvoirs magiques et où l'on n'aspirait qu'à les faire esclaves d'une race supérieure à la leur, celle des sorciers au sang-pur.

─ Je suis sûr que notre Maître ne s'en offusquera pas, répondit Drago sur le même ton. Il sera bien trop occupé à vous féliciter.

« Et à faire de vous son larbin officiel » s'empêcha-t-il d'ajouter. Sans plus attendre, il se détourna de son père et s'enfonça dans la foule, aussi loin que possible de son géniteur. Ce dernier le connaissait assez, et il craignait que ses plans ne tombent à l'eau si Lucius parvenait à avorter sa rébellion.

Les minutes passèrent et bientôt, leur tant attendu et vénéré maître daigna faire son apparition. Il n'avait lui-même pas fait d'effort d'accoutrement, et portait sa sempiternelle robe noire et sobre, très loin des standards observés chez les robes de soirées traditionnelles. A croire que le goût pour la mode et un désir irrépressible d'immortalité ne pouvaient faire bon ménage. Voldemort s'avança de son pas lent au milieu de la foule, suivi de près par son horrible serpent. Autour de lui, les Mangemorts reculèrent d'un pas bienséant, formant peu à peu un cercle aux dimensions parfaites autour de leur maître. Celui-ci eut un sourire mauvais, tandis qu'il tendait une main en direction de Lucius, et que celui-ci le rejoignait au milieu de cette étrange ronde.

─ Lucius, mon ami, commença Voldemort de sa voix sifflante. Je ne peux qu'être heureux de te voir ce soir à mes côtés, quand on sait ce que tu as vécu la nuit dernière.

Puis se tournant vers l'assemblée.

─ Pour ceux qui l'ignoreraient encore, cette nuit, Lucius, lors d'un combat acharné pour sauver sa misérable vie, nous a débarrassé de l'une des vermines les plus tenaces qu'il m'a été donné de voir, la dénommée Hermione Granger.

Drago sentit son estomac se nouer tandis que Voldemort traitait impunément Hermione de vermine. Ses poings se serrèrent dans ses poches, tandis qu'il essayait de respirer le plus calmement possible fin de ne pas éveiller les soupçons des mangemorts autour de lui.

─ Parce que Lord Voldemort est bon, et qu'il sait récompenser ses fidèles mangemorts, j'ai décidé de nommer Lucius Malefoy à la tête du Département de la Défense Magique, pour qu'il puisse partager son savoir et sa dévotion avec ses collaborateurs. Nos rangs mériteraient d'être garnis d'un peu plus d'homme comme lui.

Une salve d'applaudissements polis secoua la foule, tandis que Lucius bombait ridiculement le torse et affichait une mine supérieure qu'il avait sans nul doute longuement travaillé devant son miroir. Drago était sur le point de se détourner, songeant que le discours était terminé, quand Voldemort reprit une fois de plus la parole. Cette fois, son attention n'était plus tournée vers Lucius, mais vers tous ses mangemorts qui l'écoutaient attentivement.

─ Nous pouvons être fiers de tout ce que nous avons accompli au cours de ces dernières années. A force de patience et de labeur, nous parvenons chaque jour un peu plus à rendre le monde à notre image. Quand nous en aurons enfin terminé avec les Rebelles – chose qui ne devrait plus tarder maintenant que nous avons tué Granger – nous nous attaquerons enfin au monde moldu. Il est temps pour eux de réaliser qu'ils ne sont sur cette Terre que pour mieux nous servir, nous, la race sorcière.

Les mots de Voldemort avaient résonné dans chaque poitrine et dans chaque cœur se trouvant ici. Tous étaient convaincus du discours de leur maître, et les applaudissements redoublèrent. Drago ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il réalisa que les mangemorts étaient bien plus enthousiastes quant au fait d'esclavagiser les moldus que vis-à-vis de la nomination de Lucius au poste de Directeur d'un département du ministère. Ce dernier applaudissant d'ailleurs avec peu d'entrain et affichait une mine légèrement décomposée.

Alors que tous les yeux étaient rivés sur Voldemort, et que tous étaient suspendus à ses lèvres inexistantes, Drago sentit bientôt un léger mouvement derrière lui. Il songea d'abord à un mangemort qui se rapprochait pour mieux entendre les élucubrations de Voldemort, mais bientôt, une main s'empara subitement de la sienne. Surpris, il la retira vivement et se retourna, un rictus au bout des lèvres, prêt à sermonner l'infortuné. Il fut surpris de découvrir Bellatrix. Du moins, son portrait craché, car aux mots qu'elle prononça, il comprit que ce ne pouvait être elle.

─ C'est moi, Pans', murmura-t-elle faiblement, sans jamais le regarder, les yeux rivés sur Voldemort.

Elle remuait à peine les lèvres et ses paroles étaient si basses que Drago devait faire des efforts de concentration pour comprendre ce qu'elle disait. Quand il réalisa qu'il s'agissait de Pansy, il dut faire tous les efforts du monde pour cacher sa surprise et continuer d'arborer un visage neutre, tandis qu'à l'intérieur, son cœur tambourinait contre sa poitrine.

─ L'Ordre est là aussi, parmi les mangemorts, sous Polynectar. Tu ne dois rien tenter, dit-elle doucement.

Drago resta silencieux. Il observait à présent la foule d'un œil nouveau, espérant peut-être confondre les intrus par un geste, un regard. En vain, il ne reconnut personne. D'ailleurs, aurait-il reconnu Pansy si elle n'était pas venue lui parler ? Nul doute que non.

─ Ecoute, il faut que tu saches qu'Her…

─ Drago ! Mon Lieutenant ! Viens ici, je te prie, dit Voldemort en tendant une main décharnée en direction de Drago.

Tous les regards se tournèrent vers lui, et Pansy ne put terminer sa phrase. De manière naturelle, les mangemorts laissèrent une petite allée vide afin de permettre à Drago de rejoindre son maître. Il marcha d'un pas lent et nonchalant, les mains dans les poches, la tête haute, et vint se placer à la place que Voldemort lui indiquait : sur sa droite.

─ Nous sommes heureux de tout le travail que les formateurs et toi avaient accompli. Notre armée des Ténèbres n'a jamais été aussi prête.

Drago inclina respectueusement la tête, cachant en même temps un faible rictus. Voldemort était un fin manipulateur des mots. En utilisant le « nous », les mangemorts se sentaient inclus dans cette conversation, pourtant, ce n'était rien de moins que le « Nous » royal que Voldemort utilisait. Se sentant sans doute frappé par une divine nomination au titre de grand sauveur de l'humanité.

─ Nous n'avons pu cacher notre déception lorsque deux recrues et un formateur ont pris la fuite, il y a de cela neuf mois. Cependant, ton père a su arranger la situation, tandis que toi, tu t'occupais de notre Armée. Tu l'as créée, tu l'as vue grandir et se former. Peux-tu nous dire où en sont nos recrues ?

─ D'ici quelques semaines, elles seront fin prêtes, Maître. Et nous pourrons envahir le monde moldu.

─ Et les recrues sang-de-bourbe, Drago ? Sont-elles prêtes ?

─ Oui. Nous attendons vos ordres pour commencer les expériences, Maître.

─ Bien. Très bien, Drago. Dans ce cas, je n'ai plus qu'à vous souhaiter une…

Mais il s'interrompit. Alors qu'il se retournait, ses yeux rougeoyants aux pupilles verticales s'étaient posés sur une masse sombre qui gisait aux pieds des mangemorts. Nagini, son fidèle serpent, était scindé en deux, répandant autour de lui une marre de sang, tandis que sa tête reposait tristement sur la dalle froide du Manoir. Les quatre mangemorts qui se trouvaient autour de lui, regardaient face à eux d'un air vide, le regard vitreux.

Drago recula d'un pas lent, et chercha immédiatement Pansy des yeux. Il ne la trouva pas cependant.

─ Qui ? hurla Voldemort. Qui a fait ça ?

Sa voix n'était qu'un sifflement strident. Les mangemorts près du serpent ne répondirent pas, et Lucius s'approcha d'eux en faisant claquer ses doigts experts sous leurs yeux inexpressifs.

─ Ils sont sous imperium, maître, dit-il simplement.

Les yeux de Voldemort rétrécirent tandis qu'il prenait peu à peu conscience de ce que cela signifiait. Soudain, il se retourna vers la porte d'entrée, toujours gardée par la jeune femme ensorcelée et s'écria :

─ Fermez les issues, il y a un traitre parmi nous.


Alors ? Verdict ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? On revient aux sources, avec un chapitre exclusivement sous le point de vue de Drago. J'adore écrire sous son point de vue, je trouve ça bien plus intéressant que celui d'Hermione, allez savoir pourquoi.

Dites-moi si vous avez aimé ou détesté, et surtout pourquoi ! A dimanche pour la suite !