Coucou tout le monde. Comment allez-vous ?

Cette semaine c'est un tout petit chapitre que je vous poste, j'espère qu'il vous plaira. Eh, eh, vous avez vu, je poste en avance !

Un grand merci à Courtney Ackles de toujours être là, ça fait toujours plaisir de te voir dans les reviews. Ha, tu trouvais le chapitre précédent difficile à lire, hein ? Attends donc de voir la suite... *se frotte les mains à l'idée de faire pleurer ses lecteurs de douleur* (j'vais vous briser le coeur et vous allez aimer ça) (j'suis pas du tout agressive, sinon, hein) (presque pas) (mais vous m'aimez bien quand même)

Ah, il faut aussi que je vous dise, je me suis un peu amusée avec la timeline. Je ferai en sorte que vous puissiez suivre au mieux dans les prochains chapitres, mais si jamais quelque chose est flou, n'hésitez pas à demander des éclaircissements.

Bonne lecture, on se retrouve tout de suite en fin de chapitre.

Warnings: Idées noires voire suicidaires, dépression (mais rien de très descriptif) (...pour le moment) (allez, j'me tais maintenant)


Chapitre 18 : Devenir

- Alice ! Tu viens manger ?

Elle ne répondit pas à sa petite sœur qui venait d'ouvrir la porte de sa chambre avec, elle en était sûre, un grand sourire sur les lèvres. Elle n'avait pas la force de lui répondre. Pas la force de sourire. La tête appuyée sur le carreau de la fenêtre, elle fixait l'extérieur sans vraiment voir, appréciant sans apprécier la froideur du carreau sur son front.

- Mais Alice… 'faut qu'tu manges…

Elle soupira longuement. Elle entendit Rita refermer doucement la porte derrière elle, et ses petits pieds courir sur la moquette, à l'extérieur. Elle allait encore dire à sa mère qu'elle ne descendrait pas pour le dîner. Comme si ce n'était pas assez difficile comme ça, ce n'était même pas Alice qui s'en chargeait, mais sa petite sœur. Sa petite sœur pour qui elle était un héros, un pilier. Sa petite sœur pour qui elle devait être forte.

Elle ne se rappelait pas comment on faisait.

Alice faisait tout pour ne pas regarder ses mains, pour ne pas regarder son corps, pour éviter tous les miroirs de la maison lorsqu'elle sortait de sa chambre. Elle avait recouvert le sien avec la longue couverture dont elle se servait habituellement quand elle avait froid l'hiver. Elle n'en avait plus besoin. Elle se fichait d'avoir froid. Elle accueillait toute sensation qui la tirait hors de l'ordinaire.

Elle se souvenait. Elle ne voulait pas le croire, mais elle se souvenait de tout. Elle se souvenait du sang d'Alex, et de celui de Vincent, aussi, sur ses mains. Elle se souvenait de la lame qui avait arraché la jambe de son ami. Elle se souvenait des cris de panique d'Eléonore alors qu'elle la giflait, encore et encore. Et pour quoi ? Pour rien. Pour rien.

Non. Ces souvenirs, elle n'en voulait pas. Ils n'étaient pas les siens. Elle essayait de s'en convaincre un peu plus tous les jours. Sans succès. Elle n'en dormait plus. Elle rejouait la scène dans son esprit, encore et encore. Combien de temps avait-elle été un démon ? Combien de temps avait-on joué avec son corps, en la faisait regarder par ses propres yeux ?

Seule dans sa prison noire, elle avait crié, elle avait appelé à l'aide, mais elle avait rapidement saisi qu'elle n'avait aucune échappatoire. Elle s'était habituée à l'idée. Elle avait embrassé la mort et avait attendu, glissant dans les ténèbres, relâchant toute prise sur la vie.

Elle était morte.

Puis elle était revenue.

Elle se sentait comme un fantôme dans son propre monde. Pas tout à fait vivante, mais pas morte non plus. Elle bougeait, elle pouvait parler aussi, elle mangeait de temps en temps, quand ses parents l'y obligeaient, ou que Rita paraissait vraiment trop triste. Mais au fond, elle ne se souciait plus de rien. Comment aurait-elle pu ? Elle était déjà morte.

Son téléphone, dans sa poche par réflexe, vibra. Elle ne sursauta même pas, ne songea même pas à regarder l'écran. Ca ne pouvait qu'être Eléonore. Elle ne voulait pas la voir. Elle ne pouvait pas la regarder. Tout était de sa faute. Si elle n'avait pas existé, rien ne serait arrivé. Rien. Alex… Il était sûrement réveillé, maintenant. Elle ne pourrait jamais le regarder de nouveau. Jamais, jamais, jamais. Elle ne pouvait pas leur faire tous face, pas alors qu'elle avait tant ri, qu'elle avait tant apprécié les faire souffrir. Pas alors qu'elle s'était délecté des cris qu'Alex avait poussé pendant des heures entières.

De nouvelles larmes coulèrent sur ses joues, mais Alice demeura inexpressive. Elle n'était plus sûre elle-même de savoir pourquoi elle pleurait. C'était stupide. Elle était morte. Pourquoi donc pleurer ?

Pourquoi donc continuer ?


- M-Morgane ? Rentre, rentre, je t'en prie… quelque chose qui ne va pas ?

Sam laissa passer la belle brune devant lui et découvrit la jeune fille qui servait de vaisseau à Castiel, juste derrière elle. Il haussa un sourcil et referma la porte derrière elles avant de descendre l'escalier à leur suite.

- Votre ange… Castiel, il voulait vous voir, annonça Morgane d'un ton neutre. Je suis venue aussi, pour rester avec Yliana.

Cette dernière ne dit rien, se contenta de fermer les yeux et de respirer profondément. Sam supposa qu'elle essayait de se calmer, pour laisser Castiel prendre le contrôle.

- C'est gentil à vous d'être venues, répondit-il sincèrement en souriant. Je vais chercher Dean.

A la simple mention du nom, Yliana sursauta. Sam ne le remarqua pas, déjà parti pour chercher son grand frère, mais Morgane se tourna vers elle et posa les mains sur ses épaules.

- On peut toujours faire demi-tour, si tu veux. Tu n'es pas obligée de faire quoi que ce soit pour eux.

- Non, pas obligée, répondit faiblement la jeune fille. Mais c'est ce que je veux faire. Je veux vraiment le faire.

Morgane la prit dans ses bras sans prévenir et la serra contre elle. Les battements de son cœur rassurèrent la plus jeune, qui s'abandonna dans la sécurité de l'étreinte.

- Merci, M.

La brune pencha la tête en avant et s'empara des lèvres d'Yliana, autant pour la rassurer que pour la revendiquer, d'une certaine façon. Castiel regardait peut-être. Eh bien, qu'il regarde. Elle protègerait Yliana contre n'importe quelle menace, qu'elle soit extérieure ou intérieure. Elle ne laisserait aucun ange, aucun démon faire du mal à Yli. Il faudrait qu'on lui passe d'abord sur le corps, puis qu'on réduise son esprit à de la poussière.

Elles furent interrompues par le hoquet indiscret de Dean, qui venait de les voir. Yliana s'arracha immédiatement à l'étreinte de sa petite amie, baissant la tête, le rouge aux joues. Morgane, elle, caressa son visage de l'envers de la main, puis fit un pas arrière.

- V-vous êtes… hein ?

Dean laissa échapper un petit grognement. Morgane sourit. Sam venait de lui marcher sur le pied pour le rappeler à l'ordre. Yliana était en sécurité entre ses mains.

- Je peux t'offrir à boire, Morgane ?

- Volontiers, répondit la brune.

Evidemment qu'elle allait rester là. Quelle question. Comme si c'était une question, de toute façon.

Elle lança un regard vers Yliana, qui la regardait d'un air éteint.

- M… Morgane, salua Castiel d'une voix grave. Sam. Dean.

- Cas, répondit Dean en soupirant.

Il voulut naturellement le prendre dans ses bras, mais se retint devant Morgane. Sam entraîna la jeune femme dans la cuisine, avec pour but de la distraire le plus possible. Il savait que son frère avait besoin de temps seul avec Castiel. Il espérait simplement qu'ils ne feraient rien d'irresponsable. Il n'en avait pas parlé la dernière fois – ils n'avaient pas vraiment eu le temps – mais il espérait que Dean ait un minimum de bon sens.


Vincent sortit de l'hôpital deux semaines seulement après la visite des filles. Pendant ce temps où il était resté seul, il s'était rendu dans la chambre d'Alex, qui avait été heureux de le voir. Vince avait fait tout son possible pour ne pas laisser son regard traîner au niveau des genoux du garçon – ou plutôt devrait-il dire du genou – mais évidemment, il en avait été incapable. Il avait vu le moignon immonde, encore plein de sutures et suintant de pus. Il avait vu lui-même à quel point il avait souffert. Et lui, Vincent, n'avait rien pu faire. Il avait été… témoin. Moins encore que témoin, il avait été inconscient une bonne partie du temps, et quand il était éveillé, il n'avait servi qu'à attirer l'attention ailleurs. Un punching-ball, voilà ce qu'il était.

Il était faible. Trop faible.

De tous les coups qu'il avait pris, celui qui avait heurté sa tête était le pire. A présent, il était assailli par des acouphènes à toute heure de la journée. Bien sûr, il en avait avant, surtout à cause de l'accident d'il y avait quelques années, à cause du concert, mais… pas autant, c'était clair. Et il se sentait encore plus faible. C'était ça, son dommage incurable ? C'était ça, la cicatrice avec laquelle il resterait jusqu'à la fin de ses jours ? Alors, qu'Alex, lui, avait perdu une jambe ?

Il balança violemment le pied dans la cannette de soda vide abandonnée sur le sol de sa chambre. La cannette vola directement sur son bureau, y bousculant ses affaires avec fracas.

Il avait été si inutile ! Si… humain. Si faible. Il avait vu ce qu'un démon pouvait faire. Il avait vu ce qu'un ange pouvait faire. C'était spectaculaire. Spectaculaire, grandiose, et puissant. Et lui, il n'était qu'un simple humain, sans aucun talent particulier, sans aucune force, sans rien de plus que les autres. Il était faible. Désespérément faible.

Et ça depuis sa naissance. Depuis son plus jeune âge, il avait des oreilles sensibles, et son ouïe s'était détériorée avec le temps, jusqu'à ce qu'il soit obligé de porter des appareils auditifs à la suite d'un stupide accident. Il était allé à un concert, comme d'habitude, comme il adorait, avec toute une bande de pote, et il s'était placé juste à côté des baffles pour être au plus près de la musique. Sauf que le son était défectueux, et avant que les musiciens ne commencent à jouer, les baffles avaient émis un son suraigu, insupportable, qui avait fait chuter l'audition de Vincent. Oui, ses oreilles étaient faibles. A cause de ça, il n'avait pas d'équilibre, ou très peu. Il se souvenait encore de la première fois où il avait rencontré Alex, juste après avoir dévalé une énième fois les escaliers du lycée.

Il était faible. Faible, stupide, de valeur nulle. Inutile. Débile. Stupide. Idiot. Imbécile. Incapable. Il n'était rien. Rien. Rien rien rien rien rien –

- Allons, allons. Tu ne devrais pas ressasser des idées aussi négatives…

Il bondit sur ses pieds, les yeux écarquillés, incapable d'émettre un son. Là, dans sa chambre – un homme, habillé tout de noir, plutôt petit et trapu se tenait au milieu de la pièce, les mains dans les poches, le considérant avec un petit sourire paternaliste.

Son premier réflexe fut de s'enfuir. Les souvenirs de sa capture et sa torture étaient encore trop frais. Il ne voulait pas avoir mal. Pas encore. Il courut vers la porte, mais quand il tomba dessus pour tirer et l'ouvrir, il se rendit compte qu'elle était fermée à clef.

Mais il n'avait pas de serrure.

Il se retourna vers l'homme derrière, qui n'avait pas bougé. Il ne l'aurait jamais admis, mais son cœur battait vite, trop vite, et ses mains tremblaient sur la poignée qu'il agrippait désespérément, priant de toute sa volonté que la porte se débloque et qu'il puisse sortir.

- Doucement, veux-tu ? Nous avons tout notre temps.

L'homme fit un pas en avant et cligna des yeux. Une sueur froide coula le long de la colonne vertébrale de Vincent. Il en était sûr, il avait vu une lueur rouge dans ses yeux. Rouge. Rouge, pas comme des yeux injectés de sang, non, rouge comme si ses yeux eux-mêmes étaient rouges.

- Vous approchez pas ! Cria Vincent.

Il fut incapable de dire autre chose.

Sans qu'il ne puisse comprendre quoi que ce soit, il se retrouva plaqué contre le mur par le corps imposant de l'homme habillé en noir, une main puissante sur sa bouche, l'empêchant de parler. Il se débattit, cherchant à échapper à la poigne puissante qui le soulevait presque de terre, mais il n'y avait rien à faire. Il respira bruyamment par le nez, affolé.

- Shh, shh. Tu ne voudrais pas alerter ta famille, si ? Susurra ce qu'il avait maintenant identifié comme un démon dans le creux de son oreille.

Il planta son regard dans celui, désormais véritablement rouge, de son agresseur. Respirant toujours aussi difficilement et bruyamment, il réfléchit un instant. Ce type venait de se déplacer affreusement vite, et il avait une force décidément bien supérieure à celle d'un humain. Il pouvait probablement tuer ses parents s'il continuait à faire du bruit. Aussi, il cessa graduellement de se débattre.

- Eh bien voilà. Est-ce que c'était vraiment si compliqué ?

Vincent ne répondit pas, mais concentra toute la haine qui grandissait en lui dans son regard.

- Je suis venu te parler, Vincent. Veux-tu m'écouter ?

Il fronça les sourcils, incapable de parler avec une main sur sa bouche. C'était qui, ce gars ? Comment connaissait-il son prénom ? Pourquoi voulait-il lui parler à lui, Vincent ? Il n'était rien, qu'un humain, un pitoyable et misérable humain qui –

- Tu pourrais être bien plus que ça, fit le démon en réponse à ses pensées.

Vincent se figea sur place. Il n'était pas sûr d'avoir bien compris. Qu'est-ce qu'il venait de dire ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Pourquoi…

- Si tu veux que je t'en dise plus, il ne faut pas que tu émettes un son. Est-ce que je t'ai parole ?

Le jeune garçon hésita. Ce type était un démon. Un salopard de première, qui faisait le mal pour faire le mal. Il pouvait le tuer quand il le désirait, et sûrement en claquant des doigts.

Pour autant, si l'homme avait voulu sa mort, il ne serait déjà plus qu'un corps inanimé sur le sol. Il semblait évident qu'il était sérieux, et qu'il voulait lui proposer quelque chose.

Lentement, Vincent hocha la tête. Que pouvait-il faire d'autre, de toute façon ?

Le démon le lâcha d'un seul coup en reculant de plusieurs pas. Le garçon prit une grande inspiration, heureux de retrouver la sensation de l'air dans ses poumons, mais il resta dos contre la porte, main sur la poignée, prêt à sortir n'importe quand s'il le fallait. Il ne le pourrait probablement pas et c'était stupide de sa part de penser qu'il avait une chance contre une de ces créatures, il le savait, mais son instinct était plus fort que sa raison en cet instant.

- C'est bien. On va pouvoir discuter.

- T'es qui ? Demanda brusquement Vincent en lui coupant presque la parole.

Le démon lui adressa un sourire charmeur. Le garçon eut envie de se cacher sous une couverture, sous des millions de couches de tissus. Ce type… c'était comme s'il déshabillait sa propre âme du regard. Cela n'avait rien à voir avec celui qui avait possédé Alice. C'était un tout autre niveau de puissance, un tout autre niveau de terreur qui émanait de lui.

- Je m'appelle Crowley. Je passais dans le coin, et j'ai entendu tes pensées. Je suis venu te proposer un marché. Que dirais-tu de passer un contrat avec moi ?


.

.

Boom.

Ouaip. C'est moi. Qui sort un Crowley sauvage de mon chapeau. Mais si, en vrai, vous m'aimez bien. Non, non, pas de tomates, par pitié, me lancez pas de tomates...? *petit sourire innocent*

J'espère que je vous ai surpris avec cette dernière réplique. J'ai essayé de faire en sorte de ne laisser aucun indice dans les chapitres précédents. Dites-moi si vous vous attendiez à ce que Crowley débarque, et surtout, qu'il propose un contrat à Vincent !

Sinon... qui veut faire un gros câlin à Alice ? Si vous voulez mon avis, elle a besoin de chocolat chaud, de chamallows fondus au feu de bois et d'histoires sur les complots les plus what the fuckesque du XXIe siècle, style... reptiliens. Ouaip, envoyez-lui des chouettes histoires sur les reptiliens, ça devrait lui remonter le moral (ou pas).

Je vous laisse en vous soufflant un bisous, attrapez-le si vous voulez. Merci d'être passé, merci d'avoir lu, et n'hésitez pas à laisser un petit commentaire, ça fait toujours plaisir à l'auteure qui mange sa couette parce qu'elle stresse. (J'vous jure, j'suis en panique) (sérieux, c'est d'la merde ou pas, mon bordel, là ?)

A dans deux semaines pour le chapitre 19, et juste parce que ça m'amuse, je vous en donne le titre...

[Prochain chapitre : Embrasse-moi. ]