Voici le second chapitre.

Je tenais à remercier valeriaromeroc et AquariusBlueArcadia7884 de suivre cette histoire.

Bonne lecture.

Akasha


CHAPITRE 2

Je ne cessai de me retourner dans mon lit, ne trouvant pas le sommeil. Cela faisait quatre jours que j'avais rencontré Charles Xavier et cela faisait quatre nuits que le sommeil m'avait quitté. Je ne cessai de penser à son offre : j'avais eu la chance d'avoir des parents présents pour moi, des parents qui m'ont aidés à gérer mes pouvoirs, à les contrôler. Alors pourquoi ne ferais-je pas pareil ? Pourquoi n'aiderais-je pas à mon tour les mutants qui en ont besoin ? Mais en même temps, j'avais peur que mes pouvoirs se retournent contre moi. J'avais peur que mes terreurs nocturnes ne soient finalement que des visions d'un futur proche… Je ne voulais pas avoir du sang sur les mains ! Non, je ne voulais pas… Mais en même temps rien ne me disait que ce sont réellement des visions.

Je soupirai devant cet acharnement de questions qui commençait à me rendre folle.

Je me retournai de nouveau, me mettant sur le côté, tapant doucement sur mon oreiller.

Et puis, il y avait ce Charles Xavier.

Son regard.

Son charisme.

Cet homme ne m'avait pas laissé indifférente à son charme… Ça faisait longtemps que cela ne m'était pas arrivé ! Et puis, j'aimais bien son humour.

Je grognai doucement : il fallait que je sois vraiment fatiguée pour avoir de telle pensée pour un homme… Je changeai une nouvelle fois de position pour finalement me mettre assise sur le lit. Impulsivement, j'attrapai mon le combiné de mon téléphone ainsi que la carte du mutant puis je composai son numéro. Deux sonneries retentirent avant qu'il ne décroche.

_ Oui ?

_ Bonsoir Charles, c'est Elizabeth Hanson.

_ Oh bonsoir Elizabeth, me répondit-il, comment allez-vous ?

_ Bien.

_ Permettez-moi d'en douter vu l'heure tardive à laquelle vous m'appelez.

_ Oh…, dis-je n'ayant pas pensé une seconde à cela. Excusez-moi de vous avoir réveillé…

_ Je ne dormais pas. Votre nuit va être encore courte !

_ J'en suis habituée, tout comme vous il me semble.

Un silence s'installa, je pouvais entendre sa respiration à l'autre bout du combiné.

_ Il semblerait que nous nous ressemblions un peu, me dit-il.

_ En effet…

Un peu trop même…

_ Que me vaut le plaisir d'entendre votre douce voix ?

_ Je me pose beaucoup de questions depuis notre rencontre.

_ Peut-être puis-je répondre à certaines.

_ Pourquoi moi ? lui demandai-je.

_ Je vous l'ai dit : Hank m'a parlé de vous.

_ Et vous suivez ses conseils alors que vous ne me connaissez même pas ?

_ J'en ai suffisamment vu pour avoir un bon avis sur vous : vous êtes une personne de confiance et vous savez gérer vos mutations.

_ Vous ne me connaissez pas, lui redis-je.

_ Certes, mais je ne demande que cela.

Je ne répondis pas, mon regard se posant sur mes jambes. Pourquoi voulait-il tellement me connaître ?

_ Etes-vous toujours là ? me demanda Charles.

_ Oui.

_ J'avais peur que vous vous soyez endormie.

_ Aucune chance, soufflai-je doucement. Le sommeil fuit les télépathes…

_ Je rêve tous les jours de dormir une nuit entière, m'avoua-t-il dans un soupir.

_ Moi aussi. Quand s'est déclaré votre… Quand s'est déclaré ta mutation ? osai-je lui demander.

_ A mes neuf ans. Et toi ? me demanda-t-il, me tutoyant à son tour.

_ A mes onze ans. J'ai cru devenir complètement folle ce jour-là…

Charles ne me répondit pas mais je pouvais sentir qu'il était troublé par mon aveu.

_ Que se passera-t-il si j'accepte ton offre ? Où vivrais-je ?

_ Si tu acceptes, tu logeras à l'Institut. Tu auras ta propre chambre avec salle de bain.

_ Et mon appartement ?

_ Je payerai la location tous les mois si tu veux le garder.

_ Ça va te ruiner.

_ Ne t'inquiète pas pour ça, rigola-t-il. Tu as d'autres inquiétudes ?

_ J'ai besoin de musique, lui avouai-je. Ça m'aide à canaliser mes pouvoirs.

_ Je sais… La musique n'est pas interdite à l'Institut. Tu pourras même l'enseigner si tu veux.

_ Vraiment ? lui demandai-je, ravie.

_ Vraiment, sourit-il.

_ Il va falloir que je quitte ma famille et mon groupe, si j'accepte, dis-je les sourcils froncés.

Je soupirai lourdement. Je vais devoir tout recommencer. Repartie à zéro dans une nouvelle ville… Et puis, il y a mon père à Washington, je ne peux pas m'éloigner de lui aussi facilement.

_ Te rends-tu comptes de ce que tu me demandes ?

_ Oui.

_ Tu me demandes de tout quitter, ma vie, mes habitudes…

_ Je sais, Elizabeth…

_ Et puis, New York c'est pas à côté…

_ Mais tu pourras y revenir les week-ends et y reprendre tes habitudes. Et je te promets que tu ne manqueras de rien tant que tu vivras sous mon toit. Qu'en penses-tu ?

_ C'est tentant, soufflai-je finalement.

_ Tu acceptes ?

Je fermai les yeux, sentant ma tête vibrer.

J'étais assise dans une grande salle, ma guitare posée sur mes jambes. Je grattai doucement les cordes tout en chantonnant. Des voix enfantines résonnèrent dans mes oreilles, suivant le rythme de la mélodie. Je relevai doucement la tête et vit une dizaine d'enfants assis en tailleur autour de moi. Ils écoutaient avec attention la musique.

_ Elizabeth ?

Je rouvris vivement les yeux, me réveillant de ma transe passagère.

_ J'accepte.

_ Vraiment ?

_ Oui, vraiment.

_ Bien, j'en suis heureux.

_ Quand dois-je être à l'Institut ?

_Quand seras-tu prête ?

_ Hmmm, réfléchis-je.

Quitter le groupe sera le plus rapide. Par contre, m'occuper des formalités concernant mon père prendra plus de temps…

_ Dans deux jours, le temps de tout régler ici.

_ Bien dans ce cas, je te fais parvenir un billet d'avion pour New York le plus rapidement possible.

_ Tu n'es pas obligé…

_ Si j'y tiens ! C'est moi qui te fais tout quitter.

_ Merci, Charles.

_ Merci à toi. Bon je vais te laisser te reposer. On se voit dans deux jours.

_ D'accord. Bonne nuit.

_ Bonne nuit Elizabeth.

Il raccrocha. Je restai assise quelques instants, mes azurs fixant mon téléphone. Je venais d'accepter son offre…. J'allais enseigner à New York…

Calmement, je me recouchai, raccrochant le combiné sur ma table de nuit. Je posai une main sur mes yeux, les frottant doucement.

_ Pourvu que ça se passe bien, soufflai-je doucement.

Finalement, je m'endormis, soulagée d'avoir pu discuter avec Charles Xavier et d'avoir fait disparaitre certaines de mes inquiétudes.