Coucou tout le monde ! Comment ça va aujourd'hui ?
Je veux vous adresser à tous un immense MERCI car cette fic a officiellement dépassé les 2000 vues, ainsi que les 100k mots ! (en vrai, 10k desdits mots sont les notes de l'auteur, mais CHUT, ça compte). Du coup, c'est officiellement la plus longue fic que j'aie jamais posté. (Et c'est loin d'être fini, puisque plus on avance dans le temps, plus les chapitres sont longs - au bas mots, sans les notes de l'auteur, mon doc word (complet) m'indique 140k mots !). Du coup, pour fêter ça... CHAMPAGNE ET CHAMPOMY !
Cette semaine encore, je tiens à remercier mille fois Courtney Ackles pour sa review. Je suis trop, trop contente que tu aimes la relation entre Yliana et Morgane, j'ai essayé de la rendre la plus réaliste que possible, et c'est loin d'être facile ! Ta théorie selon laquelle Morgane a chuté du paradis parce que justement, elle est tombée amoureuse de notre pauvre Tim, est intéressante... et je n'en dirai pas plus ! (Mais je pense que tu seras surprise quand tu comprendras !)
Précédemment, dans la Volonté de l'Ange : Crowley séjourne en ce moment dans la cave à démon (... ai-je honte de l'appeler comme ça ? Même pas.) du bunker des Winchester, et vous risquez d'en apprendre un peu plus sur ce qu'il prépare... ou pas. Ailleurs, Eléonore appelait Alice pour lui demander de rendre visite à elle à Alex, ce à quoi la jeune fille répondait à l'affirmative, mais sans grand enthousiasme quand même (surtout que ça va pas très très bien dans sa tête non plus en ce moment, hein) (les scarifications, toussa toussa...). Et enfin, bien sûr, Morgane apprenait de la bouche de Castiel qu'elle est un ange déchu. Et c'est là qu'on se retrouve. Vous vouliez en apprendre un peu plus sur notre belle M..? Alors je vous souhaite une bonne lecture !
Warnings: Mention d'automutilation (scarification), crise d'angoisse, PTSD
Chapitre 22 : Coquille vide
- Je suis un quoi ?
- Un ange déchu. Cela signifie que tu étais un ange, mais que tu es tombée. Je n'ai jamais entendu parler d'un ange déchu perdant la mémoire en chutant, cela dit. Mais c'est la vérité, Morgane.
La jeune femme cessa de marcher et vacilla un instant, sans se rendre compte de ce qu'elle faisait. Perdue dans ses pensées, elle laissa ses yeux fixer l'immensité du regard de Castiel, sans honte ni retenue. Elle n'était pas sûre de comprendre.
Un ange. Un ange.
Un ange.
Elle avait beau réfléchir, elle n'arrivait pas à recoller les morceaux manquants, elle ne parvenait pas à éprouver cette sensation d'entièreté de l'être, en se répétant les paroles de l'ange dans son esprit. Elle avait perdu la mémoire. Elle avait perdu la mémoire. Il y avait des souvenirs qui lui appartenaient, mais dont elle n'avait pas possession. Elle avait naïvement songé pouvoir les retrouver en écoutant les paroles d'un ange du Seigneur, comme un maître de classe aurait enseigné à ses élèves.
- Je ne me souviens de rien, marmonna-t-elle, plus pour elle-même que Castiel.
- Quelle est la première chose dont tu te souviens ?
La toute première chose ? Morgane réfléchit un instant. C'était il y a si longtemps, et pourtant, ce n'était que l'année dernière. Un an seulement depuis qu'elle avait commencé à arpenter la route. Comment pouvait-elle ne pas être humaine, avant cela ? Comment était-ce possible ? Comment pouvait-elle ne pas se souvenir d'avant son réveil sur cette route bétonnée ? Comment est-ce qu'elle, un ange selon Castiel, ne pouvait tout simplement pas se rappeler de sa vie antérieure, alors que celle-ci était si… différente ?
- Yliana, répondit-elle après quelques secondes d'hésitation. Oui, c'est Yliana dont je me souviens en premier. Sur la route, je venais de me réveiller, elle me tenait dans ses bras. Il y avait Alex, aussi. Mais Yliana est le premier visage que j'ai vu.
Castiel ne répondit pas. Son silence était respectueux et dévoué, mais Morgane n'était pas dupe. Il ne pouvait pas lui donner les réponses aux questions qu'elle ne savait même pas avoir, à peine quelques minutes plus tôt. Il attendait qu'elle se souvienne d'elle-même, mais de toute évidence, elle ne se rappelait de rien. De rien. Elle se retrouvait plus vide qu'auparavant. Une coquille vide, voilà tout ce qu'elle était.
- Et maintenant, qu'est-ce que je suis ? Une humaine ? Ou pas tout à fait ? Est-ce que je peux redevenir un ange ? Comment est-ce que ça marche ?
- Je ne sais pas comment cela fonctionne, soupira Castiel, sincèrement désolé. Cependant, je pense pouvoir affirmer que tu es humaine. Du moins principalement. Je ne décèle plus de grâce en toi, on te l'a donc ôté, ou bien tu te l'es toi-même enlevée. Je ne peux t'en apprendre plus. Je ne sais pas qui tu es.
- Vous ne m'avez jamais vue ? Demanda Morgane du tac-au-tac.
- Il y a des centaines de millions d'anges dans les cieux. Et même si je t'avais déjà croisée, sans ta grâce, je serais incapable de te reconnaître. Ta forme humaine m'est complètement inconnue. Mais je t'en prie, tutoie-moi, ma sœur.
Morgane roula des yeux ronds mais ignora royalement l'enjouement de Castiel. Elle joignit les mains et se tordit les doigts. Elle aurait tant voulu que la vérité résonne en elle comme le son d'un bel instrument accordé, mais ce n'était pas le cas. Rien ne résonnait. Tout était aussi plat qu'avant.
Elle était déçue. Déçue, et interrogative.
- Qu'est-ce que je dois faire, maintenant ?
Castiel prit un certain temps pour répondre, durant lequel la jeune femme prit le temps d'observer son visage. C'était bien le visage d'Yliana, sans aucun doute, mais les expressions, la manière dont les muscles se mouvaient sous la peau n'avaient rien à voir avec celle qu'elle connaissait depuis aussi loin que sa mémoire remontait.
- Je suppose que tu dois continuer à vivre ta vie comme tu le faisais jusqu'à présent, fit enfin Castiel, la voix teintée d'hésitation. Tu disposes encore d'énergie à revendre, c'est ce que tu as fait lorsque j'ai dû exorciser ce démon et que tu m'as prêté ta force… mais je ne pense pas que tu puisses t'éveiller en absence d'un autre ange. Tu n'as probablement rien à craindre.
Ce n'est pas ce que je te demande.
- Il n'y a rien que je puisse faire pour, je ne sais pas, protéger les autres ?
Castiel haussa un sourcil.
- Pourquoi cela ?
- Parce qu'il y a du danger, rétorqua Morgane d'une voix dure, et que si j'étais un ange, je dois pouvoir faire quelque chose pour garder mes amis à l'abri.
Elle était la première étonnée de la force que contenait sa voix, mais elle n'avait jamais été aussi déterminée.
- C'est une noble volonté, Morgane, répondit prudemment Castiel. Mais il vaut mieux que tu ne te fasses pas trop de souci. Dean et Sam prennent soin de vous. Et puis, bientôt, j'en suis sûr, je serai de nouveau là, ajouta-t-il avec un fin sourire.
- Te fais pas d'souci, j'serai là ! Assura Eléonore d'une voix bien trop forte pour le couloir d'un hôpital.
Alice tenta de lui rendre son sourire, mais en vain. Cela faisait plusieurs jours maintenant qu'elle avait bien voulu qu'Eléonore l'accompagne revoir Alex depuis l'accident, mais elle ne les trouvait pas assez nombreux. Elle aurait préféré rester chez elle. Peu importait comment elle s'occupait, et si elle s'occupait, même, mais les murs trop blancs, les sols trop propres la mettaient mal à l'aise. Elle aurait voulu pouvoir se distraire avec quelque chose, n'importe quoi, un élément de l'environnement à partir duquel elle aurait pu extrapoler, créer une histoire dont elle seule connaissait l'existence. Mais non, il n'y avait rien. Rien, si ce n'était un garçon allongé dans un lit, derrière une de ces innombrables portes, un garçon gentil, courageux, un garçon dont le cœur appartenait à sa meilleure amie à elle, un garçon qui n'avait plus qu'une jambe. Et c'était de sa faute.
- Il lui tarde vraiment de te revoir, tu sais, continua Eléonore sans s'arrêter.
C'est ça, songea Alice, il lui tarde sûrement de revoir celle qui lui a arraché la jambe.
Elle tenta de faire taire ses pensées, en vain. Sa cuisse la démangeait, elle avait envie de se gratter, sa main se tendait presque toute seule vers la zone qui comportait toutes les marques de la veille, de l'avant-veille, du soir avant cela. Elle brûlait d'arracher les croûtes, de voir à nouveau le sang couler dans l'eau tiède du bain.
Sauf qu'elle avait promis à Eléonore qu'elle serait là. Elle lui avait promis, elle, Alice, et personne d'autre. C'était ce qu'elle avait décidé. Comment pourrait-elle alors revenir sur sa décision ? Elle avait choisi d'être là. Elle contrôlait la situation.
N'était-ce pas le cas ?
Eléonore, qui parlait toujours d'Alex, s'arrêta brusquement de marcher. Alice faillit la renverser en marchant sur elle, perdue dans ses pensées.
- Voilà, c'est là, sourit Eléonore. T'es prête ?
Malgré son souffle court, Alice hocha la tête. Elle s'assura qu'Eléonore ne la regardait pas pour déglutir difficilement. Pouvait-elle vraiment affronter le regard d'Alex ? Pourrait-elle jamais regarder son ami dans les yeux ? Etait-il seulement encore son ami ? Comment Eléonore pouvait-elle être sûre qu'Alex ne l'avait pas simplement invitée pour lui dire qu'il ne voulait plus jamais la voir ? Après tout, elle pouvait toujours s'éloigner définitivement de leur groupe, ne plus jamais les voir, ne plus avoir à subir leurs regards accusateurs.
Eléonore ouvrit la porte. Trop tard.
- C'est nous ! Annonça-t-elle.
Alice se mordit la langue. Le goût du sang se répandit dans sa bouche. Elle s'y accrocha comme à une bouée de sauvetage. Son cœur battait plus vite que jamais, sa vision se brouillait, ses jambes tremblaient. Sans trop savoir comment, elle suivit Eléonore et referma la porte derrière elle, presque machinalement.
La silhouette recouverte par le drap bleuté de l'hôpital n'était pas celle de l'Alex dont la jeune fille se souvenait. Il avait perdu du poids, il lui semblait plus fin, plus… plus faible, peut-être. Elle empêcha son regard de tomber sur la partie de drap qui aurait dû recouvrir sa jambe. Mais elle ne pouvait pas non plus se forcer à le regarder dans les yeux. C'était plus fort qu'elle. La dernière chose qu'il avait vu derrière ses yeux était un démon. Comment alors pouvait-elle… ?
- Salut toi. Comment tu te sens ?
Elle sursauta. Cette phrase aurait dû se sortir de sa propre bouche. Elle aurait dû s'enquérir de l'état d'Alex avant qu'il fasse le contraire. Mais non, elle n'était pas capable de faire ça. Même ça.
Ce n'était même pas un simple « ça va ». C'était pire que ça. Alex lui avait demandé comment elle se sentait. Et maintenant, elle devait répondre, et ils attendaient tous les deux, et les murs tournaient autour d'elle et elle avait besoin d'air.
Sans se rendre vraiment compte de ce qu'elle faisait, elle releva le menton, rencontra le regard d'Alex, et sourit. Quelque chose en elle lui fit hocher la tête et relâcher ses épaules crispées. Puis elle rompit le contact, et chercha une chaise dans la pièce, pour s'y asseoir.
Pour une fois, une seule fois dans sa vie, elle aurait aimé ne pas être aussi perspicace, aussi observatrice. Evidemment qu'elle capta l'échange de regards entre sa meilleure amie et son nouveau copain, bien sûr qu'elle sentit le poids de leur inquiétude sur ses épaules, quelqu'un avait-il vraiment la force de lui poser cette question ? Alice dut tendre le bras pour attraper la chaise, pour la tirer vers elle. Avec une certitude terrifiante, elle comprit qu'Alex allait voir qu'elle tremblait. Et putain, si elle ne faisait pas attention, sa manche risquait de tomber, et si jamais il voyait les marques, les croûtes, si jamais…
La sensation affreuse de démangeaison lui fit se mordre la lèvre inférieure.
- Et toi ? Comment vas-tu ?
Elle faillit sursauter au son de sa propre voix. Elle n'était pas sûre de savoir comment les mots avaient pu franchir ses lèvres, mais ils l'avaient fait, et à présent elle pouvait voir Alex sourire du coin de l'œil. Elle crispa les doigts sur le dossier de la chaise pour s'empêcher de trembler, et s'assit.
- Ça peut aller. Je pense qu'ils me bourrent de morphine pour pas que je sente quoi que ce soit, mais je m'en plains pas vraiment. C'est mieux comme ça.
Alice hocha la tête dans un sursaut pour faire signe qu'elle pensait de même.
Que faisait-elle ici ? Elle n'aurait jamais dû venir. Eléonore et Alex échangeaient des regards amoureux mais aussi emplis d'inquiétude pour elle, ce qui était à la limite du supportable. Elle résista tant bien que mal à la puissante envie de se mordre l'intérieur de la joue pour goûter son propre sang, et déglutit.
- Il devrait pouvoir sortir d'ici deux semaines, mais après il faudra qu'il revienne assez souvent pour apprendre à s'occuper lui-même de sa… blessure. Les docteurs pensent que d'ici un an, il remarchera avec une prothèse comme si de rien n'était !
Alice sentit le sang quitter son visage. Un an. Un an entier. Elle aurait voulu s'empêcher de lever les yeux vers Alex mais ce fut plus fort qu'elle, et son regard croisa le sien. La bouche close, les muscles relâchés comme pour ne rien avouer, Alex hurlait.
Et c'était comme si Alice pouvait l'entendre.
Oh, comme elle aurait voulu qu'Eléonore se taise. Comme elle aurait voulu avoir un simple tête à tête avec Alex – pas pour qu'il lui dise que tout allait bien et qu'ils étaient quittes, non. Alice voulait sentir la colère du jeune homme contre elle, elle voulait qu'il lui hurle au visage que tout était de sa faute, elle voulait qu'il la gifle, qu'il la frappe jusqu'à ce que son corps ne lui réponde même plus, jusqu'à ce que la douleur prenne la place de tout le reste. Elle aurait voulu qu'il ne veuille plus jamais la revoir.
- Ce n'est pas ta faute, Alice, résonna la voix d'Alex, si puissante qu'elle pénétra dans l'esprit de la jeune fille comme une dague empoisonnée.
C'en fut trop pour elle. Elle se leva et, sans attendre son reste, passa la porte et se mit à courir. Derrière elle, elle entendit Eléonore se lever, mais Alex, merci, la retint et empêcha sa meilleure amie de se lancer à sa poursuite. Dans les couloirs, elle sentit qu'elle bousculait une infirmière qui faisait une ronde, mais elle ne s'arrêta pas pour s'excuser. Elle ne pouvait pas s'excuser ; elle n'en avait pas le droit. Elle était inexcusable.
Elle ne méritait aucun traitement de faveur. Elle ne méritait que la haine des autres.
Oh, comme elle aurait tant désiré être vide en ce moment précis.
Crowley volait. L'immensité du ciel, de l'air qui l'entourait, du feu qui brûlait en lui n'étaient désormais plus des obstacles, et il passait à travers comme une dague s'enfonçant dans de la chair vivante. Aisément, il passait de molécule en molécule, s'autorisant enfin les pensées qui le démangeaient.
Il avait cru que la réussite s'éloignait, que sa victoire certaine se transformait en échec cuisant, mais il ne manquait pas de plans secondaires. Le potentiel que Gyrth, ce démon tertiaire qu'il ne connaissait même pas personnellement, avait octroyé à ces enfants dépassaient de loin tout ce qu'il avait pu espérer. A présent, Vincent, ce gamin brisé, ne demandait plus qu'à se racheter auprès de sa propre fierté. Crowley avait justement une mission fantastique à lui donner.
La gamine que Castiel occupait semblait avoir confiance en ce gosse. Crowley ne douterait pas qu'il saurait la ramener à ses pieds… et alors, il aurait ce dont il avait besoin.
Son autorité sur les Enfers étaient de plus en plus contestée, aussi le démon des croisements devait à tout prix trouver un moyen qui lui permettrait enfin d'avoir des pouvoirs aussi puissants que les autres démons de plus haut lignage… voire même de Lucifer. En songeant à cela, pensée qui lui avait traversé l'esprit il y avait quelques mois maintenant, il avait compris que s'il voulait être aussi puissant que Lucifer, il lui fallait trouver un ange très puissant qui lui obéirait au doigt et à l'œil.
Son problème principal était, bien sûr, qu'aucun ange assez puissant ne lui avait offert ses services, et que cela ne risquait pas d'arriver par hasard. Non, s'il voulait qu'un ange, voire un archange, lui obéisse, il devait faire preuve de fourberie et d'ingéniosité, comme il avait toujours fait.
Quelques jours plus tard, il avait entendu parler de l'affaiblissement du vaisseau de Castiel, un des anges les plus puissants du paradis. De plus, et c'était bien simple, s'emparer de lui et faire de cet abominable poupon ailé son esclave personnel affaiblirait grandement les Winchesters. Il avait l'occasion de faire d'une pierre, deux coups, et il n'allait certainement pas s'en priver.
Il avait à ce stade une idée, un plan, mais il lui manquait encore deux choses importantes : comment s'emparer de Castiel, même affaibli ? Et surtout, comment faire en sorte que celui-ci lui obéisse au doigt et à l'œil, et devienne son arme principale et son bouclier contre les attaques incessantes des autres démons mineurs ?
C'est à peu près à ce moment de sa réflexion qu'il avait commencé à mener des recherches sérieuses pour un plan qui n'était auparavant qu'une vague idée de pouvoir. Bien vite, il était tombé sur un sort permettant de bloquer un ange dans son vaisseau pour une durée illimitée. La magie en elle-même n'était pas compliquée, les ingrédients (principalement, cinq âmes corrompues qui permettaient d'affliger la grâce d'un ange jusqu'à l'immobilisation complète) étaient facilement trouvables. Quant à faire en sorte que Castiel lui obéisse une fois que celui-ci serait à sa merci… eh bien, il aviserait. Il savait comment briser des âmes perdues et en peine, il connaissait tout de l'art de la torture et de ses conséquences ; il n'aurait aucun mal à transformer Castiel en sa chose.
Seulement voilà – Gyrth, ce démon insignifiant à qui Urgo avait confié la tâche de ramener Castiel à Crowley, avait échoué dans tout ce qu'il devait accomplir, et s'était fait tuer par les Winchester comme s'il n'avait été qu'une mouche aveugle.
A la suite de cela, Urgo ne l'avait pas supplié de lui faire confiance à nouveau, non – il avait simplement hoché la tête lorsque Crowley avait lâché sa colère sur lui. Comme s'il s'avait que cela allait se produire. Il l'avait peut-être même déjà vu, songea le Roi des Enfers. Dans une vision, ou que savait-il d'autre ? L'un des univers alternatifs qu'il était capable de conjurer comportait peut-être leur futur à tous.
Urgo avait fait face aux foudres du Roi des Enfers, et ça ne lui avait fait ni chaud ni froid. Crowley avait cru en devenir fou de colère.
Mais qu'importait Urgo à présent, puisqu'un nouveau plan se dessinait sous ses paupières, aussi clair qu'une goutte de sang sur la neige. Crowley n'avait pas renoncé à l'idée d'obtenir un ange puissant sous ses ordres, seulement… Castiel n'était plus que de l'histoire ancienne. Qu'il reste coincé dans la gamine, qui allait bientôt finir par crever de toute façon, rongée de l'intérieur par la puissance de l'ange. Non, il n'avait plus besoin de Castiel, puisqu'il était désormais à deux doigts de posséder la pièce manquante de sa domination des Enfers… un ange déchu.
Et amnésique.
S'il n'avait pas été un démon, il aurait bien pu remercier le ciel de lui rendre la tâche facile.
Loin de lui, il entendit les pas précipités des chasseurs dans les couloirs du bunker. Puis, malgré ses sens entravés par les chaînes qui mordaient ses poignets et chevilles, il décela une autre essence, purement humaine, s'approchant de lui doucement.
Il mit fin à sa méditation et reprit brusquement possession de son corps. Une brève nausée lui secoua le corps, l'urgence de la situation le saisissant aux tripes et le forçant à réintégrer un peu trop rapidement sa prison de chair, mais il passa outre cette sensation déplaisante. Un rictus souriant étira ses lèvres, ses yeux rougeoyants d'une lueur sanguine, et si quiconque s'était trouvé dans la même pièce que lui, il aurait pris ses jambes à son cou.
Celui qui approchait, ayant successivement parvenu à éloigner les Winchester du bunker par un stratagème qui, et celui-ci n'en doutait pas, impressionnerait grandement Crowley, était exactement la personne que le démon crevait d'envie de voir.
Vincent se battit un léger instant avec la serrure de la lourde porte avant de pousser cette dernière et d'apparaître dans l'encadrement. Le regard fuyant, il s'avança et s'arrêta face à Crowley, à quelques mètres tout de même du pentacle dessiné sur le sol. Le démon le dévisagea, attendant qu'il parle en premier. Il ne tarda pas.
- Ok, j't'écoute.
Crowley dut retenir son sourire, ou il aurait effrayé le gosse et l'aurait tant fait hurler de terreur que les Winchester l'auraient entendu, malgré l'isolation sonore du bunker. Oh, comme il avait hâte de se servir de ce garçon pour parvenir à ses fins. Mais pour cela… il lui faudrait d'abord faire de lui une coquille vide.
.
.
.
Et me revoilà !
Bon, finalement, ce chapitre aurait pu s'appeler lui aussi "Révélations", tout comme le précédent, mais décidément, j'aime beaucoup trop les rythmes tertiaires, et j'ai une espèce de relation de haine et d'amour confondus pour l'expression "coquille vide" que je voulais utiliser.
J'espère que ce chapitre vous a plus, je n'ai pas grand chose de plus à rajouter cette fois, donc je pense vous laisser tout de suite et aller me cacher, parce que... j'sais pas, ce chapitre, il me fait ni chaud ni froid. Il est là, mais j'ai pas l'impression qu'il fait vraiment avancer l'intrigue (alors que SI), ni qu'il est vraiment intéressant (ça, c'est à vous de me le dire), donc bon, on va adopter la technique du "courage, fuyons !" (et je me barre vite fait bien fait avant de recevoir un lancé de tomates)
Merci d'être passé, merci d'avoir lu, n'oubliez pas de commenter ! A dans deux semaines ! Le prochain chapitre sera intitulé "Secrets", mais vu que c'est un titre un peu naze quand même, y'a moyen que je le change d'ici là. Portez vous bien !
[Je tiens aussi à préciser que cette fic est désormais entièrement (jusqu'à ce chapitre, en tout cas) en ligne sur AO3, même titre, même auteure, donc si vous voulez une mise en page plus sympa... je vous conseille de vous y diriger !]
