AquariusBlueArcadia7884: Merci pour ta review, tu auras ta réponse dans quelques chapitres! J'espère que cette suite va te plaire.
Bonne lecture à tous!
CHAPITRE 4
Charles me menait silencieusement jusqu'au premier étage du manoir. Ce silence n'était pas gênant, je dirais même qu'il était plutôt reposant. Depuis que je suis enfant, j'entends les pensées de toutes les personnes qui m'entouraient, que je croisais dans la rue, que je côtoyais au quotidien. Avec Charles, tout était silencieux, tout était calme. Je n'avais pas à me concentrer pour éviter d'entendre ce qu'il pensait.
Sa présence à mes côtés était tellement apaisante.
_ Voici ta chambre, finit-il par dire en me montrant la porte qui était à notre gauche.
Il posa sa main sur la poignée et ouvrit la porte, entrant en premier à l'intérieur de la pièce. Celle-ci se séparait en un salon et une chambre tous les deux dans les tons beiges. Le salon était décoré simplement, un canapé en cuir trônait au centre orienté vers une petite télévision. Une bibliothèque emplie de livres se tenait derrière le canapé et une baie vitrée emplissait la pièce d'une délicate lumière. Quant à la chambre, un lit à baldaquin en fer forgé blanc drapé d'étoffes bleues et argentées se tenait contre le mur, le lit était en face d'une grande armoire blanche. Mes affaires avaient été soigneusement déposées au pied du lit.
_ Tu as un accès à une salle de bain privée depuis ta chambre, m'informa Charles.
_ Bien.
_ Ça te plait ?
_ C'est parfait, lui souris-je sincèrement.
Charles semblait soulagé par ma réponse. Il recula son fauteuil roulant puis se rendit dans le couloir. Je le suivis silencieusement.
_ Ma chambre est en face de la tienne et celle de Hank à ta gauche.
Je hochai la tête regardant brièvement les portes qu'il me montrait d'un geste de la main.
_ J'espère que tu te plairas ici.
_ Je m'y plais déjà, Charles.
J'avais répondu sans vraiment réfléchir. Le rouge me monte immédiatement aux joues tandis que le mutant me regardait intensément. Je savais qu'il se retenait d'entrer dans ma tête, qu'il voulait savoir ce que je pensais réellement de lui et de son Institut et je remerciai intérieurement mes parents de m'avoir donné cette mutation !
_ Bien… Je… Je vais te mener à ton cousin.
Je le suivis dans le dédale de couloirs et d'escaliers. Un soupir franchit mes lèvres, faisant froncer les sourcils du télépathe.
_ Qu'as-tu ? s'inquiéta-t-il.
_ C'est un véritable labyrinthe ce manoir !
_ Tu vas t'y faire, dit-il en riant doucement.
_ Pourvu que tu aies raison…
_ J'ai toujours raison, se moqua-t-il.
_ Tu es bien présomptueux ! m'exclamai-je, un sourcil relevé.
Un sourire taquin naquit sur ses lèvres.
_ Je ne me considère pas comme présomptueux mais plus comme réaliste !
Un rire cristallin s'échappa d'entre mes lèvres, amusée par les taquineries du télépathe.
_ Il est facile d'avoir toujours raison lorsqu'on lit les pensées des personnes qui nous entourent.
_ En effet, acquiesça-t-il.
_ Cela fait donc de toi un voyeur.
_ Un voyeur ? me demanda-t-il, un sourire en coin sur les lèvres.
_ Oui, un voyeur bien présomptueux, rajoutai-je en souriant.
Il releva un sourcil ne me lâchant pas du regard.
_ Bien, je suis donc un voyeur présomptueux, sourit-il. Et comment te définirais-tu ?
_ Moi ?
_ Oui, toi. Et je te rappelle que tu as la même mutation !
_ Je n'ai jamais nié être une voyeuse.
_ Oh ! Dans ce cas, je ne m'inquiète plus, tu as l'air au courant.
Je ris doucement puis, je posai doucement un doigt sur mes lèvres et fis semblant de réfléchir.
_ Hmmm… Je suis une voyeuse…
_ Tu te répètes, Elizabeth !
_ Tu ne m'as pas laissé finir ma phrase ! lançai-je feignant d'être outrée.
_ Soit ! Quelle est donc la fin alors ?
_ Je suis une voyeuse… parfaite, ajoutai-je finalement un immense sourire étirant mes lèvres.
_ Parfaite ? dit-il les sourcils relevés par la surprise.
_ Oui, parfaite !
_ Je ne peux nier ta perfection, me dit-il d'un ton charmeur. Mais tu es tout de même un peu présomptueuse !
Je rougis légèrement sous le compliment de Charles. Je ne m'attendais pas à ce qu'il dise cela !
_ Je n'en ai jamais douté !
Charles garda son sourire jusqu'au moment où il s'immobilisa devant une porte. Il me lança un dernier regard puis l'ouvrit. La pièce était d'un blanc immaculé, tous les meubles étaient en métal. Je fronçai les sourcils, cette pièce ressemblait à une infirmerie. Mon regard se posa sur un homme qui était dos à nous, il regardait dans un microscope.
_ Hank ?
_ Oui, Charles ? demanda la jeune homme, obnubilé par son travail.
_ Ta cousine est là.
Hank se redressa immédiatement et se retourna, faisant tomber quelques ustensiles par terre. Lorsque son regard croisa le mien, je le reconnus aussitôt : ses cheveux châtains coiffés sur le côté, ses yeux bleus cachés derrière de lourdes lunettes et cette éternelle cravate rouge ! Il n'avait vraiment pas changé ! Je lui souris doucement tandis que lui-même me détaillait ouvertement.
_ Où sont passés tes cheveux bleus ? me demanda-t-il.
_ Trop voyant, lui répondis-je en attrapant une de mes mèches brunes. Et puis ma crise d'adolescence est terminée !
_ Je te préfère comme ça !
Impulsivement il accourut à mes côtés et me prit dans ses bras, me serrant fermement contre lui. Je passai à mon tour mes bras autour de son cou et le serrai contre moi.
_ Je suis content de te voir, m'avoua-t-il.
Je frottai doucement son dos de ma main.
Une douleur légère, douce, s'insinua dans ma tête, me faisant fermer les yeux.
_ Elle a une vision, entendis-je Charles s'inquiéter avant de sombrer dans l'inconscience.
Je vis Hank, avec quelques années de moins, accompagné d'une belle jeune femme blonde. Il ne cessait de la regarder. De lui sourire. Puis, de façon soudaine, je le vis se transformer en une massive créature poilue bleue.
_ Le fauve… souffla doucement la jeune femme.
J'ouvris doucement les yeux. J'étais toujours dans les bras de mon cousin, il me tenait fermement afin que je ne tombe pas par terre. Je lui tapotai doucement l'épaule afin de le prévenir que c'était terminé. Il me relâcha doucement, me maintenant légèrement contre lui.
_ Ça va, Eli ? me demanda-t-il, inquiet.
_ Nickel, soufflai-je, légèrement fatiguée, mon regard croisant celui de Charles.
Le télépathe essaya d'entrer dans ma tête, mais je lui refusai une énième fois : je n'étais pas assez proche de lui pour le laisser entrer dans mon labyrinthe mental. Je le vis soupirer lourdement mais il ne renouvela pas l'expérience.
_ Je pensais que tu gérais tes visions, me dit Hank.
_ Je les gérais très bien jusqu'à mon arrivée ici, lui expliquai-je. Et j'ai l'impression que Charles me les accroit.
Je vis le télépathe hausser les sourcils.
_ Tu l'as remarqué également, souris-je.
_ On ne peut rien te cacher, soupira-t-il. Ça te dérange si Hank te fait une prise de sang afin de mieux connaitre ta mutation ?
_ Non, pas de soucis.
_ Bien.
Je le regardai tourner son fauteuil roulant en direction de la porte.
_ Je vous laisse, j'ai un cours à donner. A plus tard.
_ A plus tard, Charles.
Je le regardai sortir, les sourcils froncés. Puis je reportai mon attention sur Hank.
_ Il ne peut pas lire tes pensées et ça le contrarie, m'expliqua mon cousin, amusé.
_ Je lui bloque l'entrée, lui avouai-je.
_ Je sais. Je te connais !
_ Ça ne serait pas drôle si je le laissais entrer si facilement !
_ Ne le torture pas trop, même si j'avoue trouver cela amusant ! Au fait, comment va ton père ?
_ Ça va…
_ Des améliorations ?
_ Non, malheureusement aucunes…
_ Il est toujours à Washington ?
_ Oui, le temps que je lui trouve un Institut spécialisé dans le coin.
_ J'en connais quelques-uns qui pourraient convenir, si ça t'intéresse.
_ Oui, je veux bien, j'irai les visiter ce week-end comme ça.
_ Ça marche, je te donnerai les adresses dans la soirée.
_ Merci, Hank.
_ C'est normal. Viens, je vais te faire ta prise de sang comme ça tu pourras aller te reposer.
Je hochai doucement la tête et le suivis vers une chaise. Je m'y assis et le laissai me prélever mon fluide vital. Mon cousin avait une grande force en lui, empêchant ses pensées d'entrer d'elle-même dans ma tête. C'est donc silencieusement qu'il s'occupa de moi. Lorsque ce fut fait, il me libéra me promettant de diner ensemble.
