CHAPITRE 8
Nous traversâmes l'aéroport au rythme de Charles. Je restai silencieusement à ses côtés, inquiète pour sa santé; inquiète qu'il puisse s'effondrer à tout moment.
_ Cesse donc de t'inquiéter, me dit-il, amusé. Je vais bien !
_ Tu es sur ?
_ Oui, sourit-il. Un peu de sport ne me fera pas de mal.
_ Si tu le dis, soufflai-je, peu convaincue.
Je restai tout de même à ses côtés, Charles souriant, amusé par la situation.
Nous arrivâmes sans encombre dans l'immense hall de l'aéroport. Des centaines de personnes patientaient la tête levée sur les panneaux de départ et d'arrivée, d'autres étaient assises ou attendaient sagement des membres de leur famille. Des centaines de voix se répercutaient entre les murs du bâtiment tandis que d'autres plus agressives, plus malsaines, s'insinuaient dans mon crâne et celui de mon compagnon. Charles restait stoïque comme s'il n'était pas touché par cette agression mentale. Je fermai calmement les yeux, me concentrant sur une musique que seul mon esprit pouvait entendre. Les voix s'atténuèrent mais une légère douleur vrillait mes tympans, martelant cruellement mon cerveau. Je resserrai ma prise sur la poignée de ma valise et rouvris doucement les yeux. Nous nous hâtâmes de sortir du bâtiment, soulagés lorsque nous pûmes sentir le vent frais caresser nos visages.
_ Je vais appeler un taxi, m'informa Charles.
Je posai ma main sur son épaule, cherchant mentalement mon meilleur ami.
_ Pas la peine, lui dis-je. Nous avons un moyen de locomotion.
Mon regard s'était posé sur ma vieille voiture qui était garée à une dizaine de mètres devant nous, un sourire étirant mes lèvres.
_ Tu es pleine de surprise, sourit Charles, son regard se posant sur ma voiture.
_ Tu n'es surtout pas habitué à ce qu'on te cache des choses, rigolai-je.
Il haussa brièvement les sourcils, me donnant silencieusement raison.
A l'approche de mon véhicule, je vis un jeune homme en sortir, les cheveux blonds mi- longs, un regard vert pétillant. Il portait un jean noir délavé, un tee-shirt à l'effigie d'un groupe punk ainsi qu'une veste en cuir marron. Un sourire immense étirait ses lèvres lorsque ses émeraudes se posèrent sur moi. Je lui souris à mon tour, me hâtant d'aller à sa rencontre. Il me prit immédiatement dans ses bras, me soulevant du sol.
_ Je suis content de te voir, Lily !
Je rigolai doucement, passant mes bras autour de son cou.
_ Moi aussi, Alex.
Charles arriva à nos côtés lorsqu'Alex me reposa par terre. Il dévisageait mon meilleur ami, le regard intense et les sourcils froncés.
_ Alex, je te présente Charles Xavier, Charles, voici Alex Ross, mon meilleur ami.
Alex tendit sa main devant lui afin de saluer le télépathe. Lorsqu'ils se serrèrent la main, j'entendis Alex me parler mentalement.
_ Tu ne m'avais pas dit qu'il était si mignon !
Je pouffai intérieurement lorsque je vis Charles blanchir sous les paroles mentales de mon vieil ami.
_ Tu es sûre qu'il est hétéro ? rajouta-t-il tandis que Charles tourna son regard dans ma direction, son visage passant du blanc au rouge.
Je rigolai doucement, amusée par les questions mentales d'Alex et l'embarras évident du télépathe.
_ Oui, j'en suis sûre, lui répondis-je mentalement. Mais tu sais, il t'entend, rajoutai-je verbalement, il a la même mutation que moi !
Ce fut au tour d'Alex de blanchir, augmentant mon hilarité. Charles se mit à rire à son tour.
_ Oh… Oh..., dit-il cherchant ses mots. Désolé ? demanda-t-il en grimaçant.
_ Ça va, dit Charles. En même temps, je n'étais pas sensé t'entendre penser !
_ Ce n'est pas faux…
Après un raclement de gorge, Alex se tourna vers moi.
_ Comment tu vas ? me demanda-t-il légèrement gêné.
_ Ça peut aller…
_ Tu as recontacté le médecin ?
_ Non…
_ J'espère que ça va bien se passer, pas comme la dernière fois…
_ Ouais, moi aussi, grimaçai-je.
_ Au fait, vous repartez quand ? nous demanda-t-il.
Je me retournai vers Charles, attendant sa réponse.
_ Le groupe va au Black Sail ce soir, vous pourriez peut-être nous y rejoindre, lui demanda Alex.
_ On peut rentrer demain, me répondit Charles.
_ Et l'école ?
_ Ne t'inquiète pas pour ça. On est chez toi autant en profiter.
Je lui souris, heureuse.
_ Je t'appelle quand on rentre de l'Institut, avertis-je mon ami.
_ Ça marche ! Tiens, me dit-il en me tendant les clés de la voiture.
_ Merci, souris-je en les attrapant. Je te raccompagne ?
_ Non, c'est bon, Joe doit venir me chercher en moto.
_ Ok, merci Alex !
_ Pas de soucis, tiens-moi au jus surtout !
Nous montâmes dans le véhicule, Charles prenant place sur le siège passager. Et, après un dernier signe de la main, je démarrai le moteur et pris la route pour l'Institut.
