CHAPITRE 18

Nous arrivâmes en fin de matinée au Manoir Xavier. Mes azurs restèrent quelques secondes fixées sur le bâtiment de style Seigneurial Ecossais j'avais beau y résider depuis plus d'un mois, je ne me faisais toujours pas à sa beauté, à son imposante majesté.

Cette demeure était véritablement magnifique et unique en son genre !

Charles posa tendrement sa main sur la mienne, me faisant tourner la tête dans sa direction et me sortant par la même occasion de mes pensées.

_ Ça va ? me demanda-t-il, inquiet. Tu sembles pensive.

_ Ça va, lui souris-je tendrement. Je suis juste contente d'être rentré chez nous.

Charles haussa brièvement les sourcils puis un sourire apparut sur son visage. Il posa sa main sur ma joue avec douceur puis s'approcha de moi et déposa un délicieux baiser sur mes lèvres.

_ Hum, toussa le chauffeur de taxi, il faudrait payer la course…

Je rigolai doucement, mes joues légèrement rougies par le manque de discrétion du vieil homme. Charles passa sa main dans ses cheveux tout en poussant un soupir, puis il sortit un billet de cent dollars de sa poche et le tendit au chauffeur.

_ Gardez la monnaie, lui dit-il naturellement.

Le chauffeur contemplait avec surprise le billet puis le rangea assez rapidement dans son portefeuille.

_ Merci Messieurs Dames ! N'hésitez pas à me recontacter si vous avez besoin d'un chauffeur !

Je bougeai la tête de gauche à droite, dépitée. Charles n'avait jamais été pauvre et semblait ne pas savoir ce que l'être signifiait… Cent dollars alors que la course n'en avait coûté que vingt !

_ Quoi ? me demanda le télépathe, les sourcils froncés.

_ Rien, répondis-je simplement. Rien du tout.

J'ouvris ma portière, pensant clore la discussion mais c'était sans compter sur la curiosité inébranlable de mon compagnon.

_ Si, qu'as-tu ?

_ Mais rien, souris-je, amusée, tandis que j'allais récupérer la valise que me tendait le chauffeur.

J'entendis le télépathe grogner légèrement tandis qu'il s'avançait vers moi, sa valise en main. Une douce chaleur essaya d'entrer dans ma tête tandis que nous avancions vers la porte du manoir.

_ Ai-je fait quelque chose de mal ?

_ Pourquoi me demandes-tu cela ?

_ Tu paraissais dépitée dans le taxi.

_ En même temps, tu lui as donné cent dollars…

_ Je donne toujours cela.

Nos mains se frôlèrent alors que nous montions les marches de l'Institut. Impulsivement et ayant besoin de son contact, je pris sa main dans la mienne et entrelaçai mes doigts aux siens.

_ Les chauffeurs de taxi de la ville doivent te courir après, ris-je doucement.

_ C'est trop, c'est ça ? me demanda-t-il en fronçant les sourcils.

_ On va dire que oui. Tu vas finir par être fauché si tu continues ainsi !

_ Oh, je suis loin d'être fauché ! rigola-t-il. Même mes arrières petits enfants pourront profiter de mon argent !

Je m'arrêtai devant les portes, les yeux écarquillés.

_ Tu es sérieux ?

_ Oui, dit-il en haussant les épaules. Je suis un bon parti ! C'est surement pour ça que toutes les filles me courent après !

Je le regardai, silencieuse. Charles attendait une réaction de ma part mais je ne savais pas si je devais rire ou pleurer…

_ Tu es fatiguant Charles ! Je n'aurais jamais dû te poser cette question…

Je vis un sourire en coin étirer ses lèvres tandis qu'il relâchait ma main pour ouvrir la porte. Avec galanterie, il me laissa entrer dans le manoir en premier, les voix des élèves qui occupaient le hall se répercutaient entre les murs du bâtiment tandis que leurs pensées s'insinuaient douloureusement dans mon crâne et dans celui de mon compagnon. Ils nous saluèrent avec entrain, heureux de nous revoir tandis que je posais ma valise au sol.

_ Hank s'est arrangé pour que nous n'ayons aucun cours aujourd'hui, m'avertit Charles. Tu as donc quartier libre.

_ Dans ce cas, je vais en profiter pour me reposer un peu.

_ Tu as raison, me sourit-il, ces derniers jours ont été assez dur pour toi.

Je hochai doucement la tête.

_ Et toi que vas-tu faire ? osai-je lui demander.

_ J'ai pas mal de dossier à gérer, j'ai pris un peu de retard…

_ Oh… ok…

J'aurais voulu passer un peu de temps en sa compagnie cet après-midi, mais l'Institut passait en priorité ce que je comprenais très bien.

_ A quoi penses-tu ? souffla-t-il, les sourcils froncés.

_ Te verrais-je cet après-midi ?

Il sourit doucement, ses azurs reflétant tout l'amour qu'il me portait à cet instant.

_ J'essayerai de me libérer.

Je lui souris à mon tour. Inconsciemment, je mordis ma lèvre inférieure, j'aurais aimé l'embrasser seulement plusieurs élèves occupaient le hall et je ne savais si Charles voulait montrer ouvertement notre relation, à vrai dire nous n'en avions aucunement parlé…

_ Bon… Je… Je vais aller me reposer, bégayai-je, mal à l'aise.

Alors que je me retournais afin de me diriger vers les grands escaliers, Charles attrapa mon poignet et m'attira à lui.

_ Tu partais sans m'embrasser ? me dit-il, amusé, tandis qu'il passait ses mains dans mon dos.

Je rougis légèrement, les pensées des élèves présents autour de nous gravitant dans ma tête. Elles étaient focalisées sur notre relation : cette situation semblait les amuser.

_ Ne les écoute pas, me dit mon compagnon par la pensée.

Je fixai mes azurs aux siens, il me regardait avec tendresse et amour. Je lui souris, envoutée par son regard et ses caresses sur mon dos.

_ Embrasse-moi.

Je me rapprochai et déposai chastement mes lèvres sur les siennes. Lorsque nous nous séparâmes, un feu d'artifice explosa au-dessus de nos têtes, me faisant sursauter.

_ Evan ! gronda Charles alors que je me retournais vers l'étudiant. Je t'ai dit quoi pour ton pouvoir !

_ De l'utiliser dehors, Professeur ! Mais fallait fêter ça !

_ C'est clair, rajouta Lexy, on se demandait quand vous alliez vous décider !

Charles soupira, dépité.

_ Samedi matin vous êtes collés tous les deux.

_ Oh, Professeur…, commença Lexy.

_ Continue Lexy et c'est deux samedis matins, la coupai-je.

_ Fais chier…, l'entendis-je soupirer.

_ Ton langage, jeune fille ! grogna Charles, amusé par la situation.

Un sourire en coin étirait mes lèvres tandis que les élèves rejoignaient leurs chambres.

_ Où en étions-nous ? me susurra le télépathe.

_ Là, il me semble, souris-je, taquine, avant de déposer mes lèvres sur les siennes.

Charles répondit avec plaisir à mon baiser, reprenant ses caresses sur mon dos. Un soupir franchit les délicieuses lèvres du télépathe alors qu'il mettait fin à notre baiser.

_ Je vais devoir y aller, m'expliqua-t-il, ton cousin s'impatiente…

Je hochai doucement la tête, déçue.

_ Je te rejoins dès que j'ai terminé, me promit-il. Repose-toi en attendant.

Il scella sa promesse par un dernier baiser et se rendit rapidement auprès d'Hank.