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9 – « Conseil de guerre »
Il est 14 h.
Les deux hommes sortent du restaurant.
– A quelle heure avons-nous rendez-vous, demande Nicolas ?
– Dans une demie heure.
– Alors, on a le temps de passer par le labo !
– OK, mais ne traîne pas. Nos patrons ont horreur des gens en retard.
– Pas de problème. Mais je voudrais savoir ce que vos scientifiques pensent du collier que je leur ai remis.
– D'accord ! Allons-y !
Dès leur arrivée dans les locaux, Stephen, le chimiste qu'ils avaient rencontré la première fois, vient vers eux.
– Ah, messieurs, dit-il, je vous attendais. J'ai pas mal de choses à vous dire… et mon collègue électronicien aussi. Je l'appelle tout de suite.
Quelques minutes plus tard, un jeune homme arrive. Ce n'est pas celui qu'ils avaient vu le matin mais qu'importe.
– Bien, nous sommes au complet, dit Stephen, qui tient à la main le collier, désormais débarrassé de ses accessoires.
« Cet élément en cuir est destiné à un cou plus massif que le nôtre.
– Celui d'un Vélociraptor, par exemple, demande Owen ?
– C'est tout à fait possible, répond le chimiste. Regardez le fermoir. Une fois verrouillé, il devient très difficile de l'ouvrir. Je pense que c'est fait pour éviter que les dinosaures ne puissent le perdre.
« La charge explosive, que nous avons enlevée, est placée de telle façon qu'elle doit pouvoir sectionner les deux veines jugulaires d'un coup. Une garantie de ne pas être victime de votre animal si celui-ci échappe à votre contrôle.
– Et les produits, demande Nicolas ?
– Vous connaissez l'histoire de la carotte et du bâton ? Hé bien, vous avez là une version moderne. D'un côté une substance qui vous donne une agréable sensation de bien-être et, de l'autre, une molécule qui peut vous infliger le martyr, même à faible dose.
- Si je comprends bien, dit Owen, si je suis content de toi, je t'injecte une petite quantité de la première, et si tu ne m'obéis pas, tu reçois la seconde.
- C'est tout à fait cela ! Une manière de garder le contrôle. Et si tu te rebelles au point de devenir dangereux, je te fais sauter la tête !
– Et tout ça fonctionne comment ?
– Ah, là, ce n'est plus de mon ressort. A toi de jouer, Kilian !
L'interpellé s'avance.
– Tout le système est commandé par un petit récepteur. Ce qui m'a surpris, c'est la qualité de ce matériel. Il est normalement destiné à l'armée. Les composants sont du haut de gamme. L'ensemble est parfaitement isolé. Il ne craint ni le froid, ni le chaud, ni l'humidité, ni la pluie.
« En fait, il doit répondre à un émetteur manipulé par un homme. Une sorte de téléguidage, en somme.
– Et on peut brouiller l'émetteur, demande Nicolas ?
– Cela me semble difficile répond Kilian.
Le jeune homme sort un petit boîtier de sa poche.
– Tenez, dit-il, c'est très artisanal mais ce petit appareil devrait pouvoir, si nécessaire, neutraliser la gestion du collier.
« Par contre, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour vous le préparer. Ce bricolage a une très faible portée, pas plus de quinze mètres, et n'interrompt la transmission que pendant deux minutes ! Pendant ce court laps de temps, le récepteur du collier sera totalement éteint.
« Désolé, je ne peux pas faire mieux.
– C'est super, dit le français, admiratif ! Si ce que je crains se confirme, votre petit engin pourrait bien sauver des vies.
– Dernier élément du collier, poursuit Kilian, la caméra, ou plutôt, les caméras car elles sont deux. Elles se mettent en marche manuellement et fonctionnent ensuite en continu. Leurs optiques sont d'excellente qualité. L'une est en mode normal, c'est-à-dire qu'elle filme en éclairage naturel, mais elle est dotée d'un amplificateur de lumière qui lui permet de fonctionner la nuit. L'autre est une caméra thermique qui détecte les sources de chaleur. Je pense que ceux qui ont imaginé ce dispositif veulent collecter un maximum d'informations car elles fonctionnent, l'une et l'autre, en transmission instantanée et filment exactement ce que leur porteur voit.
– Nicolas, il faut qu'on y aille, interrompt Owen. Merci messieurs pour ces informations !
– Vous avez été remarquablement efficaces, surenchérit le français. Je vous tire mon chapeau !
Il glisse le petit appareil que Kilian lui a donné dans la poche de son pantalon, puis emboîte le pas à son ami.
Les deux hommes sortent du bâtiment car l'accès à l'étage de contrôle se fait par une porte latérale.
– Que penses-tu de tout ça, demande Nicolas ?
– Je pense que ceux que tu as vus sur l'île voisine ne sont pas sûrs de maîtriser leurs animaux. Alors, ils ont pris leurs précautions. Mais ils font tout ça en vue d'une action précise. Je pense que le parc ne va pas tarder à recevoir leur visite.
– Je suis d'accord avec ton analyse.
– Il subsiste néanmoins deux questions : quand vont-ils débarquer et par où vont-ils arriver ?
– Pour la première, je pense qu'on doit pouvoir anticiper la réponse. Quant à la seconde, certainement pas par le port, car ce serait trop risqué. Trevor ne prendra jamais le risque de se retrouver coincé sur un bateau sous nos tirs. Il va vouloir choisir le bon moment et le bon endroit.
– Il est presque 14h 30. Allons-y. Nous aurons l'occasion de poursuivre notre analyse là-haut avec nos patrons.
Dès qu'ils pénètrent dans la grande salle de contrôle, ils sont accueillis par Harvey.
– Ah, messieurs, vous voilà ! Et pile à l'heure ! Vous savez que nous sommes pressés par le temps. Alors, sans plus attendre, revenons un peu au sujet qui nous préoccupe. Nous en discutions justement avec mes amis.
« Si l'on se résume, nous avons, à portée de fusil à peine, un groupe militaire accompagné par une dizaine de dinosaures carnivores, voire plus. Il a étudié le terrain grâce à l'utilisation d'un drone, ce qui fait que, maintenant, il le connaît pratiquement aussi bien que nous. Il a manifestement l'intention de débarquer ici prochainement, cela ne fait aucun doute. Mais, pour cela, il lui faudra franchir le double mur d'enceinte, puisque monsieur Randanne nous a convaincus que l'accès par le port était trop risqué pour lui.
« Ai-je bien résumé la situation ?
– Tout à fait, monsieur, répond Owen. Mais il y a un élément supplémentaire à verser au dossier.
Il explique alors en détail l'étude du collier que porteront certainement les dinosaures.
– Cela tendrait à prouver, dit Sir Humfrey, qu'ils se sont équipés d'un système de sécurité.
– Ils n'ont pas trop le choix. Même si leurs bipèdes sont bien entraînés, ils n'ont certainement jamais combattu réellement. Par conséquent, ils peuvent avoir des réactions imprévisibles comme la fuite, la panique, voire même se retourner contre leurs maîtres.
– C'est peut-être une chance pour nous, ajoute Toshiro.
– Peut-être, dit Nicolas, mais rien n'est moins certain. A propos, combien d'hommes pouvons nous mobiliser en cas d'attaque, sans relâcher pour autant la surveillance des installations ?
– Dix, peut-être quinze, mais guère plus, répond Owen.
– J'ai bien peur que cela ne soit pas suffisant, rétorque le français.
– Pourquoi cela, demande Sir Humfrey ?
– Récapitulons, ils doivent avoir au moins une dizaine de dinosaures dressés, peut-être même une douzaine. Ceux-ci sont rapides et impitoyables. En outre, ils ont l'initiative. Ils vont choisir avec précision, soyez en sûrs, le moment et le lieu. Si nous combattons dans ces conditions, à un contre un, nous n'avons aucune chance.
– Que proposez-vous, demande Jacqueline ?
– Et bien voilà, poursuit Nicolas, monsieur Harper est très influent dans les milieux militaires de son pays. S'il pouvait trouver une unité en manœuvre pas très loin d'ici et la rapatrier sur l'île, cela augmenterait nos chances.
– Je vais voir ce que je peux faire, répond l'intéressé.
« Ne bougez pas ! Quelques coups de fil à passer et j'aurais rapidement une réponse.
Aussitôt, il saisit son téléphone portable et sort de la salle.
– Mon ami a raison, dit Owen pendant ce temps là. Si on pouvait bénéficier de renforts substantiels, cela augmenterait nos chances de repousser l'envahisseur.
– Auriez-vous peur, monsieur Grady, demande Sir Humfrey ?
– Pas du tout ! Mais je n'ai pas un tempérament de chèvre qui va à l'abattoir. Je connais bien les petits théropodes que Nicolas a vus. Ils attaquent vite, sans vous laisser la moindre chance et se retirent aussitôt. Qui plus est, ils sont intelligents et sont capables d'agir en concertation.
« Je pense en outre que ceux qui nous arrivent ont des capacités supérieures au représentant « standard » de l'espèce.
Harvey Harper revient dans la salle, le sourire aux lèvres.
– Bonne nouvelle, messieurs dames ! Il y a une unité de marines en manœuvre pas très loin d'ici. J'ai dû bagarrer dur, mais j'ai obtenu la mise à disposition d'une soixantaine d'hommes. Ils seront là demain.
– Super, dit Owen, merci ! Le temps nous est compté. Plus vite ils seront là et mieux nous pourrons les préparer à ce qui les attend.
– Puisqu'on parle de timing, dit Toshiro, il reste tout de même une inconnue, et de taille. Nous ne savons toujours pas quand aura lieu l'attaque.
Depuis un petit moment, Nicolas n'écoute plus. Il regarde avec insistance une animation qui défile sur un petit écran latéral du mur principal.
– Qu'est-ce que c'est que cette image, demande-t-il finalement à Marvin, qui est assis non loin de lui ?
– C'est une animation météo. La tache blanche représente la prochaine perturbation.
– Et elle vient vers nous ?
– Oui ! Sans le moindre doute. C'est un ouragan qui devrait nous passer dessus dans trois jours, pendant la nuit. Il faut s'attendre à des pluies diluviennes, de l'orage et des vents violents.
– Et la prévision est fiable ?
– Tout à fait. Elle émane des services météorologiques du Costa Rica. Elle est mise à jour toutes les six heures.
– Ce qui veut dire que ceux qui veulent débarquer ici ont la même information ?
– Très probablement. Il n'y a pas plus précis pour cette zone géographique.
– Merci, Marvin, vous venez de répondre à la question de monsieur Nakagoski.
– Ils attaqueront de nuit, dans trois jours, au plus fort de l'ouragan qui nous arrive dessus, s'écrit soudain Nicolas, couvrant ainsi le brouhaha des discussions.
– Très bien, dit Harvey, nous avons maintenant tous les éléments, sauf le point d'entrée. Car il faudra bien qu'ils franchissent les clôtures et, à ma connaissance, leurs animaux ne savent pas escalader.
– Je pense que le moment est venu de vous parler du commando qui va accompagner les sauriens.
« Il est composé, d'une part par de jeunes têtes brûlées, prêtes à tout et parfaitement au point, le colonel y veille personnellement et soumet ses hommes à un entraînement impitoyable, et d'autre part, une sorte de garde prétorienne, qui ne le quitte jamais, composée d'individus à peu près aussi âgés que lui.
« Nicolas vous a parlé de ceux qu'il a côtoyés sur le bateau.
« Ignacio, le lanceur de couteaux, idéal pour le travail en silence, la terreur des sentinelles.
« Luigi, le spécialiste des interrogatoires.
« Et Jurgen, le bras droit à la fidélité absolue, qui pense comme Trevor, agit comme Trevor, combat comme Trevor, l'adjoint idéal, en un mot.
– Mais il y en a d'autres, poursuit Nicolas : Buddy Blackwater, un australien. C'est un vieil homme un peu replet, qui ne participe jamais aux actions. Sa spécialité, c'est la logistique. Jurgen lui décrit la mission et il prépare tout ce qui est nécessaire : vivres, munitions, explosifs, moyens de transport, itinéraires, … Il ne laisse rien au hasard. Les hommes l'ont baptisé monsieur dix pour cent, car il surestime systématiquement les quantités de dix pour cent. La plupart de ses collègues ne sait pas pourquoi.
« Mais moi, j'ai rencontré un jour un de ses amis qui m'a raconté son histoire. Pour une opération, il avait calculé au plus juste tout le nécessaire, pour ne pas surcharger les hommes car ils devraient se déplacer sur une longue distance.
« Seulement, les choses ne se passèrent pas comme prévu. Au moment de battre en retraite, un des groupes de combat fut pris à partie par des réguliers. L'engagement dura plus longtemps que ce qu'il aurait fallu, au point que les soldats de Trevor se retrouvèrent bientôt à cours de munitions. Deux hommes furent capturés. Quelques jours plus tard ils furent fusillés. L'événement fut longuement relayé par les télévisions du monde entier.
« A compter de ce jour, plus rien ne fut comme avant pour Buddy et il se jura que pareille mésaventure ne se reproduirait plus. Il faut dire qu'un des deux fusillés était son fils. Il ne s'en est jamais vraiment remis.
« Il y a aussi Kim Li Jié, un français né dans le 13eme arrondissement de Paris, le « quartier chinois » si vous préférez. Il a été mon ami. Sa spécialité, c'est le bricolage. Il est capable de tout faire à partir de n'importe quoi… ou presque. Combien de fois il a sauvé la mise à son groupe en réalisant des objets improbables et imprévisibles.
« Et puis, il y en a encore trois autres.
« La première, car c'est une femme, s'appelle Margarita Verhoffer. Elle est allemande et, à l'origine, elle était maquilleuse. Elle est aujourd'hui celle qui est capable de vous faire n'importe quelle tête en fonction des besoins. Maquillage, déguisements, rien n'a de secret pour elle. Je pense qu'elle ne doit pas être présente sur cette mission, car ses talents ne seront sans doute pas nécessaires ici.
« Et puis, il y a La Taupe, ainsi nommé car il porte des lunettes et ne met quasiment jamais le nez dehors. C'est le spécialiste en informatique. Je suis persuadé que c'est lui qui a conçu le drone et les colliers dont nous avons parlé. Il doit être sur l'île, certainement dans le PC de transmission dont a parlé Nicolas, derrière ses chers écrans.
« Et, enfin, cerise sur le gâteau, il y a Ernst Blummenfeld, un hollandais. Il est à moitié fou mais il faut l'être pour faire ce qu'il fait. Son domaine à lui, ce sont les explosifs. C'est une véritable passion. Il est capable de jongler avec des grenades à retardement en comptant les secondes et de les jeter au bon moment et au bon endroit. Oh, bien sûr ! Il lui manque bien quelques doigts mais cela n'a pas entamé son enthousiasme.
« C'est lui qui va ouvrir la voie pour faire pénétrer le commando dans le parc ! Il fait ce qu'il veut avec ses machines infernales. Vous voulez détruire un immeuble ? Aucun problème ! Vous voulez ouvrir une brèche dans un mur ? C'est comme si c'était fait !
« Lorsqu'il a le temps, il a une technique très personnelle d'intervention. Il commence par placer une charge insuffisante mais connue puis il en analyse les effets. Cela lui permet de déterminer très précisément la quantité et le nombre d'implantations nécessaires pour obtenir l'effet souhaité.
« Je pense que c'est ce qu'il fera ici. Il faut donc s'attendre à une première fausse attaque, une sorte de test, si vous voulez, qui aura lieu vingt quatre ou quarante huit heures avant la vraie.
– Donc, si je comprends bien, récapitule Toshiro, nous devons enregistrer le test d'ici un à deux jours et le vrai débarquement deux jours plus tard, c'est bien cela ?
– Nous ne raisonnons pas ainsi, monsieur Nakagoshi, car l'ouragan peut aller plus ou moins vite que prévu. Nous allons suivre l'évolution de la météo en temps réel.
« Pour nous, l'arrivée de l'ouragan est le jour J, quel qu'il soit. Et nous savons que nos « petits amis » feront certainement une tentative à J-2.
– Excusez-moi, dit Jacqueline, mais je ne vois pas bien à quoi sert cette sorte de répétition à … J-2.
– A plusieurs choses, poursuit Owen. Tout d'abord à s'assurer que, lors de la vraie intervention, la brèche sera bien ouverte, avec les bonnes dimensions. Ensuite, cela permettra au camp d'en face d'évaluer notre capacité de réaction en conditions normales. Entendez par là, lorsque nous pouvons mettre en œuvre notre capacité d'action maximale : hélicoptères, véhicules, et le reste.
– Pardon, interrompt Sir Humfrey, mais l'explosif servira à faire sauter le mur en béton. Mais qu'en est-il du grillage renforcé ?
– Très vraisemblablement, ils attaqueront avec des appareils à rayon laser. Cela ne prendra que quelques minutes à peine.
– Dernière question, poursuit Toshiro. D'après vous, où vont-ils attaquer ?
– Leur île se trouve au sud de la nôtre, précise Owen. Ils vont donc chercher dans cette zone un point où la plage sera proche de notre mur d'enceinte, pour éviter une marche harassante dans la forêt vierge. Le premier point d'attaque visera à nous induire en erreur et sera certainement assez éloigné du véritable objectif qu'ils se seront fixé. Mais, en tout état de cause, leur point d'impact sera à l'opposé de nos installations.
– Cela nous obligera, précise Nicolas, à faire un long déplacement et, compte tenu des conditions météorologiques, cela éliminera tout notre matériel lourd, hélicoptères et chars.
« Ils veulent un combat, hommes contre animaux. Alors, ils prennent toutes leurs précautions pour éviter les interférences, surtout si celles-ci risquent de les desservir.
– Mesdames et messieurs, interrompt Harvey, il est maintenant 15 h 30. Nous allons devoir partir. Je crois que nous avons fait le tour de la question. Le lieu, le moment, les moyens, tout a été débattu.
– Monsieur Grady et vous, monsieur Randanne, beaucoup de travail vous attend. Nous comptons sur vous pour mettre tout en œuvre pour protéger notre parc. Il faut barrer la route à ces « bêtes de guerre », hommes comme animaux.
« Je veillerai, personnellement, à ce que les renforts promis vous soient acheminés en temps et en heure.
« Pour le reste, je pense me faire le porte-parole de notre pensée commune : Vous avez carte blanche mais, de grâce, n'échouez pas ! Ce serait catastrophique.
– Comptez sur nous, dit Owen !
– Nous avons bien compris l'enjeu, ajoute Nicolas. S'ils venaient à prendre le dessus, cela donnerait corps à leur projet d'animaux de combat. Le pire serait à craindre.
« Nous ne leur laisserons pas cette opportunité ! »
