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13 – Place à l'action, la vraie !
Jour J - Partout sur Isla Nublar - 8 h 00.
Assis dans la salle de commandement, Owen et Nicolas restent silencieux.
A tour de rôle, ils regardent dehors par la grande baie vitrée.
Le jour peine à imposer sa clarté. Un ciel lourd, gris et sale, déverse des trombes d'eau tandis que le vent souffle avec violence.
– Cela ne donne pas envie de sortir, finit par dire le français. »
– Je te crois sans peine. Mais j'ai bien peur qu'il nous faille nous faire une raison. Je serais surpris si nos ennemis abandonnaient. »
– N'y compte pas. Trevor ne renoncera pas. C'est un vrai professionnel. Il est payé pour effectuer une mission. Il ira jusqu'au bout. Et nul doute que ce temps pourri lui convient très bien.
« Les hélicoptères sont cloués au sol. Les chars ne progresseront qu'avec peine dans ce terrain détrempé.
« Il a ainsi éliminé le plus gros de nos forces. Il ne nous reste que les véhicules légers.
« Heureusement que nous avons reçu les renforts. »
– OK ! OK ! Je te crois ! Dans une heure, nous réunirons une dernière fois nos troupes dans l'amphithéâtre, pour un ultime briefing.
« Après, il faudra aller sur le terrain et être réactif.
« A propos, Wisley (Wisley est l'équivalent de Marvin dans l'équipe de nuit), que dit la météo ? »
– Toujours pareil, répond le jeune homme. Le maximum de l'ouragan passera sur nous vers seize heures. »
– Autrement dit, conclut Nicolas, l'attaque peut intervenir dès 14 h 30 – 15 h.
« Il faudra donc que tout soit paré dès 13 h 30 et que nous soyons prêts à foncer à 14 h au plus tard.
« De toute façon, le « top chrono » sera donné par l'explosion. Dès que nous l'entendrons, il faudra vérifier sa localisation sur la carte et déterminer, a priori, l'itinéraire le plus probable de Trevor, pour éviter de se précipiter aveuglément sur lui.
« Après cela, ce sera au tour de Blue et de ses petits copains Droméosaures – Tu as vu, j'ai réussi à le dire ! – de jouer. »
– A propos, dit Owen, nous avons laissé le Vélociraptor près de l'ancienne volière des Ptérosaures, comment allons-nous la récupérer tout à l'heure pour la mission qu'on attend d'elle ? »
– C'est très simple, je lui ai donné rendez-vous à un point précis. Elle y sera une grande partie de la journée à nous attendre. »
– Tout de même, j'aimerais bien savoir ce que tu lui racontes. Pour tout t'avouer, tes espèces de messes basses m'agacent un peu ! »
– Pas de problème, répond Nicolas ! Si tu veux, je dirai à haute voix tout ce que je communiquerai aux animaux. Comme ça, tu pourras suivre plus facilement ce qui se passe.
« Cela te convient-il ? »
– Cela m'irait effectivement assez bien ! »
– Hé bien, c'est dit ! Cela servira également à nos hommes qui comprendront mieux, ainsi, les mouvements de nos propres dinosaures. Cela évitera toute méprise. »
Le silence revient dans la grande salle, qui se vide lentement de l'équipe de nuit.
Jour J – Pointe sur de l'île – 8 h 30.
Sous la grande tente qui les abrite, tant bien que mal, de la pluie, tous les hommes et les petits dinosaures sont rassemblés autour de Trevor.
– Bonjour à tous, dit le colonel. Ceci sera notre dernière réunion avant l'action.
« J'espère que vous êtes tous prêts, hommes comme animaux.
« A ce propos, Clifford, comment s'est passé l'entraînement de nos alliés à écailles ? »
– On ne peut mieux, mon colonel, répond l'interpellé. Je leur avais concocté tout un tas d'exercices. Ils s'en sont tirés à merveille. Ils sont au top : rapidité, efficacité, réactivité et obéissance, tout y est. »
– A la bonne heure, répond Trevor. Donc, messieurs et dinosaures, si vous êtes tous prêts, voici le programme de notre journée.
« Sitôt finie cette réunion, nous démontons tout et nous chargeons la péniche.
« En fin de matinée, nous embarquons et nous nous rendons dans la crique que je vous ai indiquée hier.
« La barge longera la côte au plus près pour nous éviter d'avoir à affronter les vagues les plus grosses.
« Ce voyage sera certainement assez pénible, compte tenu des conditions. Aussi, autant partir tôt pour vous donner un petit temps de récupération, car, par la suite, nous aurons besoin de tous nos moyens.
« Si vous êtes malades, vomissez dans votre casque.
« Et faites coucher les animaux. Inutile que, balancés par la houle, ils vous tombent dessus ou se brisent les pattes pendant le voyage.
« Arrivés sur place, nous partirons tous ensemble, hommes et animaux. Au fait, tout le monde a vérifié sa télécommande ? »
– Affirmatif, mon colonel, répond Luigi. Tout est prêt ! »
– Très bien. Une fois à proximité du mur, Ernst s'avancera. Charlie, tu l'accompagneras avec l'échelle.
« Ernst, tu placeras tranquillement tes charges. Ne t'occupe pas des caméras. Même si nous sommes repérés, les conditions météo ne leur permettront pas d'intervenir à temps.
« Dès que le mur aura sauté, Giovanni et Antoine, vous interviendrez avec les lasers pour découper le grillage.
« Puis nous pénètrerons dans le parc.
« Lieutenant Jurgen, tu prendras le commandement. Tu passeras avec le premier groupe. Il sera composé de six hommes avec six dinosaures – les numéros 1, 2 et 5 pour les Vélociraptors, et les 6, 8 et 9 pour les IdR miniatures. N° 11, qui a été blessé dans la mission précédente, restera près de la péniche sur la plage avec Gunther et quelques hommes, pour protéger notre rembarquement si cela se passait mal. Ernst, Giovanni et Antoine, dès que votre travail sera terminé, vous reviendrez les renforcer.
« Une fois le premier groupe passé, Ramji et Johannes, vous vous avancerez avec vos fusils à lunettes et vous me détruirez les trois caméras les plus proches, à droite et à gauche de la faille. Je ne veux pas que ceux d'en face puissent voir la suite.
« Les caméras intactes seront trop loin, et avec la pénombre et la pluie, ne permettront plus de distinguer grand-chose.
« C'est à ce moment-là que le second groupe, emmené par Luigi, passera à son tour.
« Le but de ce stratagème est, vous l'aurez compris, d'empêcher nos ennemis de déterminer notre effectif exact.
« Pour terminer, Radamel et Igor passeront à leur tour avec les madriers et les grappins. Ils resteront dissimulés, à environ 250 m à gauche du passage, quand on regarde de l'intérieur du parc, et nous attendrons, après avoir installé le dispositif de franchissement. Ils nous aideront à passer les clôtures à notre retour en nous couvrant si nécessaire. »
– Pourquoi ne pas ressortir par où on sera entré, mon colonel ? »
– Parce que, si on veut nous coincer, c'est là qu'on nous attendra. »
– Et les animaux ? »
– On avisera au moment de quitter le parc car je ne suis pas sûr qu'il en reste beaucoup à la fin de la mission.
« Dès que vous serez regroupés à l'intérieur de la réserve, vous remonterez au plus vite vers les installations ennemies en longeant la lisière de la forêt sur environ deux kilomètres.
« Arrivés là, vous vous mettrez à progresser plus lentement, mais à couvert cette fois, jusqu'aux environs de ce point-là (il pose son doigt sur la carte), matérialisé par la lettre C.
« C'est dans ce secteur que nos petits amis affronteront les troupes d'en face. »
– Mais comment sauront-ils qu'on est là, mon colonel, interroge Ignacio ? »
– Parce qu'on se chargera de le leur faire savoir, mais d'une manière suffisamment imprécise pour qu'ils soient obligés de se déployer sans savoir exactement d'où nous allons surgir.
« J'ai tout expliqué au Lieutenant. Il vous détaillera la manœuvre une fois que vous serez sur place.
« Dernière recommandation : interdiction d'intervenir pendant le combat ! Vous êtes là pour contrôler les animaux, c'est tout ! Alors cachez-vous bien car je ne veux pas de perte. »
– On n'a pas trop l'habitude de faire ça, mon colonel. Nous sommes des guerriers avant tout. »
– Je sais, répond Trevor. Mais les ordres sont formels. Ce sont les animaux qu'il faut tester. Nous sommes payés, et plutôt bien, pour faire ce job. Nous avions besoin d'argent, c'est pourquoi j'ai accepté. Mais je trouve cette mission pourrie et je ne l'apprécie pas plus que vous. »
– Et vous, mon colonel, vous ne venez pas avec nous ? »
– Si, bien sûr ! Je franchirai le mur en même temps que vous, puis je vous suivrai à distance, toujours à couvert, de manière à arriver sur place environ une heure après vous. Vos petits protégés auront ainsi le temps d'exprimer tout leur talent.
« Je vous rejoindrai alors avec N°13. »
– Ah oui ! N°13, répète un des hommes. »
Tous échangent des regards à la dérobée, sans dire un mot.
– Autre chose, demande Trevor ? »
– Non, mon colonel, répond Jurgen. Tout est clair. »
– Bien messieurs, je vous souhaite bonne chance et je compte bien vous revoir tous ici, ce soir, au moment du rembarquement.
« En attendant, nous avons du travail et le temps nous est compté. »
Jour J – Amphithéâtre du 5ème étage – 9 h
Tout le monde est là, même les deux blessés de la veille. Le médecin du site les a remis en état.
Le premier à prendre la parole est le lieutenant Jefferson.
– Ecoutez-moi bien, les gars, commence-t-il ! Les exercices sont finis. Maintenant, on passe aux choses sérieuses. Alors, tenez vous prêts à faire mouvement n'importe quand !
« Equipement minimum ! Un peu de nourriture et cent cartouches par homme.
« Que des armes légères : pistolets et fusils d'assaut.
« Prévoyez également les armes blanches : poignards et baïonnettes car on se battra certainement au corps à corps.
« Protégez-vous de la pluie au mieux ! »
– Nous serons acheminés sur place par camion, enchaîne Owen. Ce ne seront pas ceux d'hier mais des véhicules électriques, totalement silencieux.
« Nous n'en descendrons qu'au dernier moment pour prendre position.
« Nos ennemis resteront certainement dissimulés dans les buissons ou sous les arbres, pour profiter au mieux du mimétisme de leurs animaux.
« En aucun cas, nous ne devons accepter de nous placer à moins de cent mètres des lisières. »
– Pourquoi cela, demande un caporal ! »
– Parce que leurs dinosaures sortiront à pleine vitesse de la forêt. Il leur faudra alors à peine six secondes pour parcourir cette distance.
« Or, au début, vous les verrez très mal car ils se confondront avec l'arrière plan.
« Ils ne seront qu'une ombre furtive se déplaçant dans le décor. Ils seront donc particulièrement difficiles à ajuster, d'autant plus que leur course ne sera sans doute pas rectiligne.
« Quand vous commencerez à les distinguer, ils seront pratiquement déjà sur vous. Votre temps de réaction sera particulièrement court.
« Après, ils se jetteront parmi vous. Plus question, alors, d'utiliser des armes à feu. Vous risqueriez de vous blesser les uns les autres.
« C'est pour cette raison que le lieutenant a insisté sur la nécessité d'emporter des armes blanches.
« Pensez également aux amplificateurs de lumière, ils vous seront utiles. »
– Comment comptez-vous les localiser, demande le sergent Harrys, l'autre sergent de l'unité avec Milton ? »
– C'est très simple, grâce à des pisteurs. »
– Vous avez des Cheyennes ou des Iroquois, poursuit le sous-officier ? »
– Non ! Mais, nous aussi, nous avons nos dinosaures de combat.
« D'ailleurs je vais vous les présenter. Ils sont quatre.
« Tout d'abord, il y a Blue, un Vélociraptor femelle, que voici ».
Marvin affiche la photo de l'animal sur le grand écran.
– Ne la confondez pas avec ceux d'en face, poursuit Owen ! D'ailleurs son rôle sera de pister le déplacement à couvert de nos adversaires.
« Nous n'aurons qu'à la suivre à la jumelle.
« Quand le moment de se mettre en position sera venu, nous l'écarterons de la zone d'affrontement, pour éviter toute méprise.
« Et voici ses trois acolytes ! »
Trois dinosaures nettement plus petits apparaissent à leur tour
– Ce sont des Droméosaures, même si leur nom n'a pas d'importance. Ils l'accompagnent partout.
« Pour ceux-là, il y a moins de risques de confusion car ceux d'en face n'en ont pas, sauf si, bien sûr, ils nous les ont cachés. »
– Et qui nous dit qu'ils ne rejoindront pas leurs petits copains pendant le combat, demande un « marine » ? »
– Dans ce cas, mon adjoint le détecterait immédiatement et nous préviendrait. »
– Il y a peu de chances que cela se produise, intervient Nicolas. Les nôtres sont libres, sans contrainte alors que ceux d'en face sont sous contrôle. »
– Voilà, messieurs, vous savez tout, conclut Jefferson.
« Dernière chose toutefois ! En aucun cas, nous ne devons nous approcher des lisières et, encore moins pénétrer dans la forêt. Nous aurions affaire alors à un ennemi parfaitement invisible et totalement à son aise. Nous risquerions alors un carnage car nous subirions des pertes sans jamais voir l'adversaire.
« Suis-je assez clair ? »
– Nous avons bien compris, répond Milton. »
– Parfait ! Alors, allez vous équiper. Rassemblement à 13 h 30 dans le hangar à véhicules, conclut Owen. »
Jour J – Plus au sud – Même heure.
Le démontage du campement est terminé et tout est désormais chargé sur la péniche de débarquement.
Trevor est satisfait. Il ne reste pas la moindre trace de leur bivouac dans la crique, pas même un mégot. Hommes et animaux ont embarqué.
L'engin flottant s'apprête à déborder.
– Inutile de patienter plus longtemps, annonce le colonel à Miroslaw, le pilote de l'engin.
« La mer est déjà bien assez déchaînée comme ça.
« N'attendons pas qu'elle grossisse encore. »
– A vos ordres, mon colonel, répond l'intéressé !
« Accrochez-vous ! On y va. »
Sans attendre, la barge recule puis pivote pour se tourner vers la haute mer.
Pendant ce temps, Trevor a rejoint Williamson, le radio.
– Appelle La Taupe, demande-t-il. »
– Allo, ici « Dinosaure 1 », « Dinosaure 1 », j'appelle « Chien de garde » »
– Ici, « Chien de garde », j'écoute. »
– Allo La Taupe, ici le colonel ! Tenez-vous prêts à faire mouvement à tout moment. Dès que « Mère poule » vous contactera, vous ferez route vers elle. Elle doit passer entre Isla Nublar et votre île.
« Elle longera la côte de la vôtre dans un premier temps pour vous récupérer car vous serez les premiers à rembarquer.
« Puis elle viendra serrer notre position pour nous ramasser à notre tour, de manière à ce que nous ayons un minimum de navigation à faire.
« Tout cela devra se faire très vite, vers 17 h 30 environ. »
– Bien compris, mon colonel, répond La Taupe. Nous serons prêts. »
Pendant ce temps, la péniche est sortie de la crique et doit maintenant affronter la mer déchaînée. Ballotés en tous sens, hommes et animaux souffrent. Certains sont déjà malades. Heureusement, le trajet ne sera pas long.
Sans attendre, Miroslaw a orienté son déplacement vers l'est et suit la côte au plus près, pour éviter d'affronter le plus fort de la houle.
Chaque fois qu'il le peut, il modifie sa trajectoire pour éviter de prendre les plus grosses lames par le travers.
Grâce à se dextérité, le voyage se déroule plutôt bien.
Compte tenu des conditions, et, après moins de 40 minutes de navigation, le point de destination apparaît.
Aussitôt, le pilote engage la péniche dans l'étroit passage qui donne dans une anse parfaitement protégée.
Presque instantanément, la houle se calme et le frêle vaisseau vient accoster sur une étroite plage de sable.
Dès que la porte avant s'abat, hommes et animaux, se précipitent à l'extérieur.
Certains sont très pâles, d'autres se comportent comme s'ils étaient saouls.
Pas question de lancer l'opération dans ces conditions.
De toutes façons, il est trop tôt.
– OK, dit Trevor ! On tend une bâche entre quelques arbres et on s'abrite dessous.
« On se repose et on se restaure.
« Je veux que vous soyez en possession de tous vos moyens pour ce qui nous attend. »
Jour J – même endroit – 13 h 00
Trevor arrive au milieu de ses hommes.
- C'est le moment, dit-il ! Tout le monde est OK ? »
- Plus de souci, mon colonel, nous sommes tous prêts. »
– A la bonne heure !
« Bon ! On s'équipe : poncho camouflé et casque lourd, pistolet automatique avec deux chargeurs, même si, normalement, vous ne devriez pas avoir à vous en servir mais on ne sait jamais, et poignard.
« Quelques barres vitaminées, en cas de besoin.
« Et c'est tout ! On voyage léger car il faudra être rapide au moment du décrochage.
« Surtout, n'oubliez pas le boîtier de commandes !
« Dès que tout le monde est prêt, on démonte ce campement et on y va. »
Moins d'une demi-heure plus tard, tout est terminé.
– Allons-y, dit Trevor ! En file indienne. Espacement de vingt mètres entre chaque homme. »
La colonne se met en marche, accompagnée de ses dinosaures, alors que la pluie redouble et que l'orage se fait entendre.
Malgré cela, moins d'une demi-heure plus tard, le commando est à pied d'œuvre, arrêté sous le couvert des arbres.
– Ernst et Charlie, dit Trevor, à vous de jouer, maintenant ! »
Sans un mot, les deux hommes s'avancent vers le mur de béton.
Jour J – Salle de commande – même heure
– Alerte, crie soudain le garde de la salle de vidéosurveillance ! Des hommes s'approchent de l'enceinte. »
Owen, Nicolas et Jefferson arrivent en courant.
– Où ça, dit l'américain ? »
– Là, monsieur Grady, entre les caméras 22 et 23. »
Cette fois, Nicolas a amené avec lui un plan du site en version papier.
– Je vois, dit-il. Ils arrivent par le sud-est.
« C'est un bon choix car, de l'autre côté de la clôture, il y a une zone forestière où ils pourront se dissimuler. »
– Dès qu'ils auront pénétré dans la réserve, nous nous dirigerons vers eux. »
- Pourquoi attendre, demande Jefferson ? »
– Parce que le fait de visionner ces images peut nous apporter des renseignements précieux. »
Pendant ce temps, les deux hommes sur l'écran poursuivent l'installation méthodique des charges.
Ernst va même jusqu'à faire des grimaces aux caméras.
– Il se fout de nous, dit Jefferson ! »
– Cela lui ressemble tout à fait, répond Nicolas. »
Le travail fini, Ernst et Charlie regagnent rapidement le couvert.
Quelques instants plus tard, c'est l'explosion.
Une large brèche est maintenant ouverte dans le mur.
Sans attendre, deux nouvelles silhouettes apparaissent sur le moniteur.
Ce sont Giovanni et Antoine qui s'attaquent immédiatement au grillage blindé.
– Ils sont bien équipés, dit Jefferson, admiratif. Et ils ont pensé à tout. »
– J'espère bien que non, répond Owen. Mais ces images nous prouvent, s'il en était besoin, que nous avons affaire à forte partie. »
Sur l'écran, le lieutenant s'est avancé avec le premier groupe et franchit le passage qu'Ernst a ouvert.
Il est accompagné d'une petite dizaine d'hommes et de six dinosaures.
– Tu avais raison, dit Owen à Nicolas, il y a bien les deux espèces : trois Vélociraptors et trois IdR miniatures. »
Les deux hommes qui ferment la marche s'arrêtent soudain, juste avant de franchir la brèche.
Sortant des fusils à lunettes de sous leurs ponchos, ils détruisent méthodiquement les caméras les plus proches.
– Bien joué, dit Owen ! Ils veulent que l'on sache qu'ils ont pénétré dans le parc mais ils ne veulent pas que l'on connaisse leur effectif.
« Quelles sont les caméras les plus proches qui fonctionnent encore ? »
– La 19 et la 25, répond le garde. Mais avec la pluie qui tombe et le faux-jour, elles ne nous serviront pas à grand-chose. »
En effet, les images qu'elles transmettent sont inutilisables.
– Ils ont bien calculé leur coup, dit Jefferson. »
– Il fallait s'y attendre, répond Owen.
« Bien ! Inutile d'attendre davantage. Le moment est venu d'aller à leur rencontre.
« Rejoignons vos hommes ! »
