3

17 - Epilogue

Jour J + 1 – Quelque part en mer- 7 h 00

Un nouveau matin se lève.

La clarté peine à s'imposer. Par un mince trou dans les nuages, un pâle soleil rasant baigne le décor d'une lumière irréelle.

Ce n'est qu'une fugace accalmie. Le vent est encore soutenu et les nuages menaçants.

Un yacht s'approche du lourd cargo. Il vient chercher Trevor et ses hommes.

Sans attendre, le colonel et Jurgen se rendent dans la cabine principale où ils retrouvent leurs commanditaires.

– Vous avez fait de l'excellent travail, messieurs, dit l'un d'eux, en ouvrant une mallette posée devant lui, remplie de billets de banque. »

– Vous trouvez, réplique Trevor ? Toutes vos bestioles ont été massacrées !

« Elles ne m'ont pas paru si exceptionnelles que ça ! »

– Vous avez parfaitement raison !

« Mais, avec toutes les images en notre possession, nous avons de quoi les améliorer.

« Les suivantes seront beaucoup plus efficaces !

« Et puis ne soyez pas trop dur avec nos… « bestioles », comme vous dites. S'il n'y avait pas eu ce curieux bonhomme en face, elles auraient certainement fait beaucoup plus de dégâts.

« Voyez-vous, colonel, la présence de ce gars n'était pas prévue. Pendant des mois, nous avons essayé de lui mettre la main dessus, mais sans succès. Nous y avons même perdu des hommes.

« Nous savons désormais où le trouver.

« Nous allons pouvoir nous intéresser de nouveau à lui.

« Ainsi, la prochaine fois que nous ferons une opération sur Isla Nublar, nous pourrons faire coup double. »

– Cela sera sans moi, répond Trevor. Je n'aime pas ces expéditions où l'on se cache. Ce n'est pas dans ma culture. »

Jour J + 1 – Isla Nublar – Même heure.

Depuis la salle de commandes, Owen et Nicolas regardent partir les hélicoptères.

Comme le vent a un peu faibli, ils sont de nouveau opérationnels, même si les conditions de vol demeurent délicates.

Le gros porteur emmène un profilé métallique et du personnel pour colmater de manière provisoire la brèche du mur en béton.

Pendant ce temps, « l'apache » s'assurera que les assaillants sont bien partis et tentera de récupérer le corps de l'ouvrier tué au pied du mur d'enceinte.

Presque au même moment, des véhicules s'élancent sur la piste. Il est temps d'aller soigner le deuxième Allosaure et le Tyrannosaure.

Alors que les deux hommes, silencieux, sont perdus dans leurs pensées, ce dernier apparaît sur le flanc d'un promontoire situé à l'ouest.

Le soleil rasant lui donne une allure fantomatique.

Arrivé au sommet, il redresse la tête et pousse son énorme cri.

Mais celui-ci a une curieuse résonance, un mélange de rage et de tristesse.

– Il est malheureux, dit soudain Nicolas. Il souffre autant dans son cœur que dans sa chair.

« Il a beaucoup donné et il a beaucoup perdu. »

Mais, déjà, le théropode géant se détourne et repart lentement vers la forêt.

– Nous avons beaucoup de choses à reconstruire, dit Owen. »

– Oui ! Espérons qu'on nous en laissera le temps. »