La nuit venait de tomber et la lune éclairait la petite ville de Taina, elle était nichée au cœur d'une vallée verdoyante et se trouvait seulement quelques heures de Konoha, le village ninja le plus renommé du continent. Une douce atmosphère de paix et de calme planait sur la cité qui s'endormait, quelques habitants s'amusaient dans des restaurants mais la majorité fermaient déjà les fenêtres et se préparaient à se coucher. Tant pour se prémunir des insectes nocturnes que pour reprendre des forces pour le travail du lendemain, c'était la période des moissons et le travail au champ était difficile pour cette ville dont la majorité de la population était paysanne.

L'humeur était à la fête et à la joie, la moisson était bonne et les réserves de blés pour l'hiver seraient suffisantes, la ville pourrait même vendre le surplus au village shinobi. Ce serait une entrée d'argent salvatrice, la précédente guerre ninja avait nécessité l'engagement de nombreux mercenaires pour garder le village et ce dernier avait du s'endetter pour survivre. Cependant, cette époque était désormais loin et la paix régnait à nouveau, apportant avec elle son lot de naissance et de croissance, seul restait les souvenirs qui s'effilochaient avec le temps.

Il eut mieux valut que la guerre ne reste qu'une résurgence du passé, mais ce ne fut pas le cas et déjà approchait l'homme qui mettrait fin à cette quiétude. Un petit garçon d'une dizaine d'année et vêtu d'un uniforme des forces spéciales de Konoha s'en venait, il portait un masque blanc peint de motifs représentant un corbeau. Il se posa silencieusement sur un des nombreux pilonne de la ville et observa silencieusement les lieux, cherchant chaque issue, chaque cachette. Les forces de polices qui patrouillaient régulièrement pour assurer la sérénité des rues ne le remarquèrent pas, non pas par manque de vigilance, mais par inexpérience. Les civils avaient perdu l'habitude de regarder les toits, la peur des ninja s'étaient effacées dans la douce torpeur de l'après guerre.

Naruto, le ninja qui était venu accomplir sa mission, n'en comprenait pas tous les tenants et aboutissants. Il devait traquer et assassiner un groupe de déserteurs, en cas d'escarmouche en milieu urbain, il ne devait laisser aucun témoin. Danzo lui avait expressément fait comprendre que l'affrontement devrait avoir lieux dans une ville, afin de masquer le but principal de l'opération, l'élimination d'un cartel qui distribuait des drogues dans les bars les plus mal famés de Konoha. Cependant le ninja entraîné depuis sa naissance ne comprenait pas pourquoi il devrait massacrer impunément autant de civil.

Son endoctrinement qui avait commencé avant même qu'il ne sache parler lui interdisait de poser des questions, mais son esprit ne pouvait que s'étonner devant ces ordres saugrenus qui étaient en total contradiction avec la règle numéro une. Il devait protéger Konoha. Il devait protéger le village à tout prix, s'il le fallait il devait donner sa vie, son âme et même plus tant que le village perdurait, c'était son unique mission, son mantra, sa raison d'être. Mais alors qu'il s'apprêtait à partir à l'assaut, il ne comprenait plus. En quoi détruire une ville paisible servirait Konoha ? Cette question resta sans réponses et il finit par croiser ses doigts dans un signe de condamnation. Des clones consistants apparurent, une petite vingtaines et ils se mirent en mouvement, pénétrant les maisons se trouvant sur la bordure extérieur de la ville et tuant tous les habitants avec une froide détermination.

Ils remontèrent rapidement les différentes avenues du village et la lune se refléta sur les lames ensanglantées, comme tant de petites dents se refermant sur une proie sans défenses, les clones défoncèrent les portes et supprimèrent toutes résistances. Un hurlement déchira le calme, peur, souffrance et incompréhension s'y mêlèrent un bref instant. Pourtant le mal était fait et déjà de nombreuses lumières s'allumaient dans toutes la villes. Les forces de polices quittèrent la caserne précipitamment, à moitié habillé, et coururent vers la source du vacarme. Ce genre de hurlement était annonciateur de malheur et l'oreille de l'homme était faite pour le percevoir à des kilomètres, les soldats ne se faisaient pourtant pas d'illusion, si le cri s'était tue, c'est qu'il était trop tard pour sauver la victime. Ils espéraient seulement arriver sur les lieux assez rapidement pour arrêter le meurtrier.

Au fur et à mesure que l'unité composé d'une vingtaine d'homme avançait, elle réalisait que quelque chose n'allait pas, le quartier dans lequel elle venait de s'aventurer restait silencieux. Trop silencieux pour que ce soit naturelle, les premières personnes qui auraient du réagir étaient les voisins, ces derniers devraient déjà avoir envahi les ruelles et se presser pour savoir ce qu'il se passait, pourtant il n'y avait personne dehors.

— Vous deux, fouillez les maisons, vous là bas, retourner au quartier général et envoyé un message à Konoha ! Le capitaine, stressé et apeuré commença à crier ses ordres avant même qu'ils n'atteignent le lieu du crime.

L'unité se scinda en plusieurs groupes, certains s'aventurant plus avant et d'autre entrant dans les bâtiments, les armes furent dégainer quand on remarqua les porte défoncées, les volets de bois étaient brisés et pendaient pitoyablement après leurs gonds. C'est alors qu'ils virent les flaques de sang, encore chaudes pour la plupart, s'écoulant le long des rampes d'escaliers, traversant les plafonds, colorant les matelas, s'étalant en belle corolles ou en feuilles d'érables. Ce qui attira l'attention des officiers de polices, plus loin même que ce massacre aveugle, fut que toutes les victimes avaient les yeux fermés, les tueurs avaient prit le temps d'accompagner chaque corps dans leur chute et avaient attendu le dernier soupir.

Un signe d'hommage, de respect ou de culpabilité, ces hommes ne surent qu'en penser mais déjà leur fin s'en venait. Naruto n'avait pas encore déserté les lieux, ses clones continuèrent leurs œuvres de morts, laissant ses armes chanter son désespoir et son incompréhension alors que de plus en plus d'innocents tombaient sous ses coups. La nuit s'annonçait longue et fatigante mais déjà la résistance s'organisait sous les attaques silencieuses de l'ANBU. Le ninja pu voir ainsi de nombreux actes d'héroïsmes, des pères tentant de cacher leurs enfants, des mères suppliantes, des voisins solidaires, mais surtout, les déserteurs qui contre-attaquèrent, tentant de créer une ouverture dans l'étau qui enserrait la ville. Ils essayèrent de toutes leurs forces, une cinquantaine au départ, puis de moins en moins nombreux à chaque assaut, s'alliant au villageois et aux forces de polices, tentant par tout moyen de passer les clones d'ombre de leur bourreau.

Ce ne fut cependant pas une résistance inutile car un homme plus malin que les autres mis soudainement le feu à un entrepôt, dans l'enfer des combats le bruit passa et petit à petits, les hommes embrasèrent la ville. C'était un appel à l'aide, un hurlement silencieux adressé à la nuit, avec le fol espoir de voir Konoha répondre comme elle l'avait fait par le passé. Les réserves de feu d'artifices de la ville s'allumèrent à leur tour et le ciel sans nuage fut éclairé de nombreuses explosions, le bruit se répercutant sur les montages rocheuses, un soupir de soulagement traversa les combattants... L'aide allait arriver, il fallait juste tenir et survivre à ce monstre sans visage qui les tuait les uns après les autres. Nombre d'habitant de la ville perdirent la vie en regardant le ciel, on y voyait par intermittences les étoiles, mais ces dernières reculaient rapidement devant la luminosité du brasier. Les maisons étaient proches les unes des autres et le feu se propagea avec vélocité, forçant les femmes et les enfants à quitter les habitations sous peine de finir brûlés.

Rapidement, cet acte d'héroïsme qui aurait du offrir un souffle d'espoir aux survivants se transforma en une condamnation sans appel : quitter les demeures et mourir dans la rue la gorge tranchée, ou rester et mourir brûlé. Ce fut le choix le plus dur que de nombreuses familles durent se résoudre à prendre, et petit à petit les maisons se vidèrent, les familles avançant doucement dans la rue en attendant la sentence. Naruto passa parmi ces groupes, toujours avec cette même précision, frappant de façon à ce que ses coups soit les moins douloureux possibles, il accordait une mort rapide et généralement indolore, malheureusement pour lui, rien ne cachait à ses yeux l'horreur de ses propres actes.

Il avait une mission à accomplir, il était un membre des forces spéciales de Konoha et il ne devait laisser aucun témoin. Homme, femme ou enfant, personne ne devait survivre et personne ne survécut, pendant ce qui lui sembla être des heures, il frappa, trancha et acheva des blessés, certains gravement brûlés, d'autres suffocants dans la fumé. La peur, l'incompréhension et la haine qu'il apercevait dans les yeux de ses victimes faisaient trembler son bras, il perdit en précision au fur et à mesure que la fin de son travail approchait, l'aube montait doucement dans le ciel et Naruto sombrait avec elle.

Il devait protéger Konoha, mais il ne voyait pas en quoi il protégeait le village, il ne faisait que massacrer des innocents. Ses clones aussi souffraient, quand le soleil apparut à l'Ouest le village s'éteignit, vidé de toute vie. Seul grondait le feu, sourd et fort, les clones disparurent un à un, non pas en s'annulant, mais en s'immolant. Et les souvenirs de cette soirée vinrent frappés les prémices de la conscience du soldat, il les avaient déjà vécu une fois, mais ils se répétèrent, tous pareil, les mêmes scènes rejoués encore et encore, avec des personnages différents mais aux réactions semblables. Ici le courage d'un père, ici l'abandon d'un enfant, l'abnégation d'une mère et les supplications d'un vieillard.

Naruto sentit plus qu'il ne vit les ninja de Konoha investirent les ruines fumantes du village, ils étaient nombreux, des dizaines voir des centaines. Il avait échoué, le village avait échoué, en cherchant à se protéger d'un mal qui lui était inconnu, Naruto avait le sentiment de s'être condamné.

— Est-ce que vous allez bien ?

La prise de parole intempestive le tira de ses réflexions. La personne qui lui avait parlée était encore jeune, c'était une femme aux cheveux rouges qui lui arrivait à la taille, c'était une Jounin de Konoha, elle portait l'équipement réglementaire et semblait relativement dépassée par la situation. Kushina Uzumaki avait été chargée de venir voir ce qu'il se passait, l'Hokage avait envoyé de nombreux ninja car il avait eu un mauvais pressentiment. Tout le long du voyage elle avait espéré que le Sandaime avait fait erreur, la guerre ne pouvait recommencer après tant d'années de paix, et pourtant, quand elle arriva aux abord de la vallée, elle reconnu les flammes caractéristiques d'un village incendié. Elle sut avant même d'arriver sur les lieux qu'elle ne rencontrerait que mort et désolation, et pourtant, au cœur même de la tourmente elle découvrit un autre ninja de Konoha, manifestement épuisé et en état de choc.

— Est-ce que vous m'entendez ?

Elle ne chercha pas à le brusquer, l'homme n'était pas blessé mais son masque était couvert de suie, un ANBU de Konoha, un ninja d'élite qui avait du patrouiller dans les environs quand le massacre avait débuté. Kushina regarda la place du village, des dizaines de corps sans vie s'y entassaient, certains étaient de simple civils, d'autres des officiers de polices et finalement ceux là même qui avaient du lancer l'attaque dévastatrice : une groupe de déserteurs. Au vu du rassemblement sur la grande place, l'AMBU avait du arriver avant la fin des combats, mais il avait été trop tard pour sauver la population.

— J'ai échoué... Fit Naruto d'une voix rauque, il avait conscience de la présence des ninja qui l'entourait, mais ne leurs accordait aucune importance.

— Je vais aller chercher un médecin, ne bougez pas Shinobi-san, le prévint doucement Kushina alors qu'elle commençait à reculer calmement, sa main droite faisant un signe de paix alors que l'autre cherchait discrètement un kunaï dans sa ceinture. Tout est finit maintenant, nous allons rentrer à Konoha et …

— Je dois protéger Konoha, l'interrompit l'enfant, il avait réagit quand elle avait nommé le village.

— Nous protégeons tous Konoha, le rassura l'ancienne femme du quatrième Hokage.

Elle avait compris que l'enfant qui lui faisait face avait été perturbé, il devait être terriblement dangereux pour faire partie des forces spéciales à son âge et pour opérer seul. Hélas, il n'avait que peu d'expérience dans l'art de la guerre et voir un tel massacre sans n'avoir eu aucune chance de l'empêcher avait du le perturber psychologiquement.

— Je dois retourner à Konoha, faire un rapport, j'ai échoué. Je dois retourner à Konoha !

Il partit en courant, sa destination ne faisant aucun doute dans l'esprit de Kushina, elle soupira tristement en voyant l'enfant bondir au dessus des maisons qui se consumaient et commença à le suivre, elle ne voulait pas trop s'approcher de ce ninja sans repères. Elle avait confiance en ses capacités, mais un enfant d'une dizaine d'année portant la livré des ANBU était par nature un génie, et s'il était du niveau d'Itachi Uchiwa, alors elle n'aurait aucune chance s'il se retournait contre elle.

Le ninja était rapide et Kushina faillit le perdre de vu, cependant elle connaissait elle aussi le chemin et même si elle ne put l'observer de tout son saoul, elle resta néanmoins assez proche pour lui venir en aide si jamais il s'effondrait de fatigue. Il ne faisait aucun doute dans l'esprit de la femme qu'il n'y avait plus aucune menace, de ce qu'elle en avait vu, le garçon avait tué tous les déserteurs, personnes n'aurait pu s'enfuir face à quelqu'un d'aussi rapide que lui.

Konoha était à cinq heures de marche du village dévasté, mais pour un ninja qui avançait en sautant et en traversant la forêt, le voyage prenait moins d'une heure. L'aide était arrivé tard car le Hokage avait du organiser l'envoie de ses ninjas, il ne savait alors pas ce qu'il se passait et ça aurait pu être un piège ou une diversion pour affaiblir le village en le vidant de ses effectifs. Konoha était en état d'alerte maximale. L'ombre d'un oiseau de proie passa au dessus des arbres, le Hokage allait recevoir le premier rapport de situation avant même que Kushina ne soit rentrée, c'était en l'espèce une excellente chose.

Tous les hommes sous sa direction avait remarqué la présence de l'ANBU et son départ précipité, ils avaient du en arriver aux mêmes conclusion qu'elle et demander à l'Hokage de tenir une équipe d'urgence prête à recevoir ce combattant fatigué. Elle n'imaginait pas à qu'elle point elle avait tord...