Hidan et Kakuzu avaient attaqué le Pays du Feu trois ans après la disparition de Naruto, ce dernier méditant calmement sur son île. Leur mission était simple : trouver le Jinchuriki de Kyubi et le capturer au cas échéant. Pain, le commanditaire de la mission, n'avait pas donné de directives stricts, c'est pour cette raison que le couple d'immortels s'était arrêté au Temple du Feu pour y chercher Chiriku afin de bénéficier de la prime colossale qui pesait sur sa tête. Peu de temps après, les deux déserteurs avaient été confronté à une équipe spéciale formée pour les arrêter ou les repousser hors du Pays. Elle était composée d'Asuma, Izumo, Kotetsu et de Shikamaru qui avait eu la lourde charge d'établir la stratégie pour l'affrontement.
Cette bataille avait été perdue du début à la fin, les membres de l'Akatsuki jouaient dans une autre cour, et Shikamaru l'avait réalisé pour la première fois. Il avait fait l'expérience de la différence de niveau entre le commun des mortels et les combattants de rang S. Certain avançaient que ces hommes n'étaient rang S que par chance, ils avaient survécu à leurs premiers combats et avaient eu le temps d'apprendre une myriade de techniques dangereuses par la suite. Mais le Nara avait compris que c'était totalement faux, les ninjas de ce rang étaient tout simplement des génies, ils avaient une aura de pouvoir et étaient totalement imprévisible. L'équipe d'Asuma avait pu faire face à Hidan assez facilement, ce dernier se reposant sur son immortalité sans réellement chercher à réfléchir, se contentant d'agiter son énorme faux dans tous les sens. La difficulté était venue de Kakuzu qui était resté en retrait tout au long de l'affrontement, regardant et analysant la situation alors que les quatre ninjas s'épuisaient contre son coéquipier.
Puis tout avait dégénéré en l'espace de quelques battements de cœur, l'immortel avait utilisé sa technique de transposition des dégâts et Kakuzu était entré dans la danse. Asuma était mort avant que Shikamaru ne puisse réagir, forcé à assister au coup de grâce qui fut porté par un Hidan jouissant dans son fantasme. Le plus dur, avait été de ramener le corps du sensei à Konoha et de faire face à sa compagne qui était enceinte. Shikamaru n'avait pas réussi à la regarder et avait avoué qu'il n'avait pas été à la hauteur, il avait sous-estimé ces adversaires et son Jounin instructeur en avait fait les frets. A bien des égards, le Nara avait le sentiment d'avoir trahi la confiance qui avait été insufflé en lui par le défunt, les coéquipiers survivants de la mission ne lui en avaient pas voulu. Selon eux, on ne pouvait pas affronter des ninjas aussi imprévisibles que les membres de l'Akatsuki sans avoir reçu des informations au préalable.
Le jeune Chunin avait alors passé des jours entiers à réfléchir, mettant au point une stratégie qu'il espérait efficace contre les meurtriers du Sarutobi. Une fois prêt, il avait reçu l'aval du Sandaime Hokage, ce dernier n'avait pas le cœur d'empêcher Shikamaru de suivre sa voie. Il préférait lui offrir de l'assistance plutôt que de le voir déserter. La stratégie de Shikamaru avait été accepté par le vieux professeur, elle était fort simple : Kakashi, Ino et Choji affronterait Kakuzu pendant que lui attirerait Hidan dans un piège qui se révélerait fatal. L'Hokage avait seulement tenu à l'ajout d'une équipe de renfort, composé de Sasuke, Izumo et Kotetsu. Le premier était alors un Chunin prometteur du village, et on voulait voir ses réactions en situation de stress. Pour les deux autres, le Hokage avait jugé qu'ils avaient autant de raisons de participer à cette expédition punitive que les anciens élèves d'Asuma. Shikamaru n'avait eu aucune récrimination, il ne s'attendait pas à ce que tout ce passe aussi facilement avec l'administration du village.
La nouvelle Team Kakashi avait rapidement trouvé les deux déserteurs qui tentaient de s'infiltrer à Konoha pour récupérer le corps d'Asuma Sarutobi afin de profiter de sa prime. Le combat s'était engagé sans surprise et le plan avait été suivi à la lettre, du moins, dans un premier temps. Shikamaru avait réussi à s'isoler avec Hidan et le pousser à enlever une vie à son coéquipier, mais qui aurait pu se douter que celui-ci en avait cinq ? Le Nara l'avait ensuite vaincu et enterré dans une forêt inviolable, avant de retourner épuisé mais satisfait, auprès de son équipe. C'est là que tout avait dérapé, Kakuzu était en passe de tuer Kakashi et les autres Chunins étaient hors de combat. Seul l'arrivé secourable de Sasuke avait pu mettre fin à la situation dramatique, le combat avait alors repris, violent et sans pitié. Mais malgré les renforts, les combattants de Konoha ne pouvaient vaincre l'immortel.
Les shinobis du Pays du Feu s'étaient contentés de limiter la casse jusqu'à ce que le membre de l'Akatsuki se retire, il ne pouvait se permettre d'attendre l'arrivé d'autres troupes. Shikamaru avait regardé Kakuzu s'enfuir, incapable de le poursuivre et impuissant. Il avait quand même pu rentrer à Konoha la tête haute, ils avaient réussi à tuer un criminel de rang S : Hidan. Les promotions avaient plu pour les membres de l'expédition. Sasuke avait été promu Jounin pour son combat et son esprit d'équipe, il n'avait pas hésité à mettre sa vie en jeu à plusieurs reprises pour couvrir un Kakashi diminué. Shikamaru avait également été promu, pour ses facultés de leadership et son discernement qui lui avait permis de retourner les techniques de l'Akatsuki les unes contre les autres.
Une période étrange avait alors commencé pour le nouveau Jounin, il vaquait à ses occupations comme à son habitude. Il regardait moins les nuages car il était souvent en déplacement, il veillait à se rendre à la forêt où Hidan était enterré afin de vérifier qu'il y pourrissait bien. Cependant tout avait basculé cette nuit. Cela allait faire plus d'un mois que Shikamaru ne s'était pas rendu sur les lieux, il avait été trop occupé par ses missions. Ce matin, aux alentours de quatre heure, il avait décidé d'aller faire un tour à la forêt, il était sur le point de rempiler avec une mission d'ambassade à Suna et il n'aurait pu y retourner avant plusieurs semaines.
En arrivant dans la forêt, aucun cerf n'était venu le saluer alors qu'ils venaient toujours le voir. Shikamaru avait pris l'habitude dans son enfance de venir jouer dans ces bois et il amenait toujours quelques carottes avec lui. C'était bien avant qu'il n'y découvre un vieil arbre dont le tronc se divisait en deux à la base, le piédestal parfait pour l'installation du hamac le plus parfait du monde. L'homme eu un sourire en se rappelant de son vieux hamac mais il replongea rapidement dans ses sombres souvenirs. Il était arrivé devant la « tombe » d'Hidan et celle-ci avait été saccagée, quelqu'un avait extrait l'ancien criminel pour le ressusciter. Et ce quelqu'un avait tué tous les gardiens de la forêt qui reposaient désormais au fond du trou, un nuage noir de mouches et de vers bourdonnait autour des charognes.
Il n'avait pas fallut longtemps au Jounin pour découvrir qui était le fossoyeur, Kakuzu avait laissé traîner certains de ses fils sur les lieux du massacre. Shikamaru avait donc tenté de suivre leur piste mais il n'avait rien trouvé, les deux immortels étaient partis depuis plusieurs semaines déjà. Cette nouvelle perturbait le ninja de Konoha qui se souvenait encore des promesses funestes qu'avaient proféré le fou furieux de Yu. Après l'avoir emprisonné, il s'était cru débarrassé de lui pour l'éternité, mais il avait échoué une fois de plus. Mais cette fois-ci il n'était question que de lui et de sa petite vendetta, mais de Kurenai et de Mirai, Hidan traquerait toutes les personnes qui étaient chères à Shikamaru et il les ferait souffrir. Et question souffrance, personne ne s'y connaissait mieux que l'apôtre de Jashin.
— Est-ce que tout va bien ? La question de Kurenai tira le nouveau stratège de Konoha de ses pensés.
Il ouvrit les yeux et la détailla, il était arrivé dans son appartement alors qu'elle était à la douche aussi avait-il prit place dans son canapé. Il était encore couvert de boue et ses pas avait laissé de la terre sur le tapis qu'avait installé la jeune femme sous la table de son salon. Elle était belle, Shikamaru ne pouvait s'empêcher d'y penser à chaque fois qu'il venait chez elle pour la voir et prendre des nouvelles de Mirai. Elle avait encore les cheveux humides et portait son étrange robe faite de bandages, elle avait repris du service depuis quelques jours. Pour l'instant, elle n'acceptait que de simple mission de surveillance autour du village ou des petits cours épistolaires sur l'utilité du Genjutsu à l'académie, elle ne se sentait pas encore le courage de s'éloigner de sa fille pour une longue durée.
Comprenant le trouble qui habitait l'élève de son ancien compagnon, elle vint s'asseoir à ses cotés et attrapa ses mains qui étaient crispées l'une contre l'autre. Shikamaru s'était rongé les ongles jusqu'au sang et les traits de son visage était tiré, plus que d'habitude tout du moins.
— Il s'est libéré...
Elle fit comme si elle n'avait pas entendu, préférant regarder par la fenêtre où l'aurore se dessinait doucement. Elle poussait de toutes ses forces sur ses barrières mentales pour ne pas se souvenir de la nouvelle que lui avait annoncé Shikamaru quelques mois plus tôt. Elle l'avait accueilli sur le perron de sa porte, surprise de le voir rentrer si tôt de sa mission de traque. A cette époque aussi elle s'était voilée la face, Shikamaru était la copie conforme de cet autre lui qui lui avait annoncé la mort de son Asuma. Une larme unique coula le long de sa joue, la nouvelle perçant les meilleurs remparts qu'elle tentait de lui opposer.
— J'ai échoué, poursuivit Shikamaru en tremblant alors que Kurenai se jetait dans ses bras pour l'étreindre.
Le soleil dépassa lentement l'horizon, se levant dans le ciel et le calme ne fut rompu que par les reniflements de Shikamaru qui essayait de ne pas pleurer. Il avait fait le deuil de son sensei à la mort d'Hidan, et voilà qu'un an après, il apprenait la survit et la libération du criminel. Pendant l'espace de quelques instants, le Nara se plongea dans cette étreinte rassurante, tentant d'oublier l'horreur qui l'attendrait une fois qu'elle le libérerait. Il se laissa aller pour la première fois depuis la mort de son instructeur, et pleura enfin. La peur l'étreignait, implacable et avec elle venait l'impuissance. Shikamaru avait déjà affronté Hidan deux fois, il l'avait vu décapiter, il l'avait déchiqueté en tellement de morceaux qu'il aurait fallu des kilomètres de fils pour le recoudre et pourtant il avait survécu. Existait-il une technique assez puissante pour venir à bout de ce Démon ?
Les deux ninjas se séparèrent quand Mirai se mit à pleurer, elle avait faim. Kurenai le laissa dans le salon et s'aventura dans la chambre de l'enfant. Tous les murs avaient été repeint dans un bleu claire, le Nara lui avait un jour demandé pourquoi la chambre n'était pas rose. La femme l'avait regardé comme s'il avait dit une grosse bêtise et s'était contenté de lui répondre « Toutes les femmes ne sont pas des princesses. » Les pleures se firent plus fort quand la jeune mère revint dans le salon, elle s'installa sur un fauteuil en face de Shikamaru et dévoila un de ses seins avant de le donner à l'enfant qui se mit à téter. C'est le rouge au joue qu'il détourna le regard alors qu'elle cachait un petit rire de sa main libre, ses yeux s'étaient adoucis quand elle avait récupéré son poupon.
— Raconte moi tout, n'omets aucun détail Shikamaru.
— Je n'en ai pas encore parlé à l'Hokage, mais ce matin, je me suis rendu à la tombe d'Hidan et il n'y était plus. Kakuzu est venu le chercher et l'a réparé...
— Je vois, ce n'est pas de ta faute, trancha l'illusionniste en se rhabillant, le bébé avait finit de manger.
Elle lui tapota doucement le dos, attendant son rot et quand ce fut fait elle le plaça dans les bras de Shikamaru qui n'avait toujours pas bougé. Elle lui fit un sourire confiant avant de se diriger vers la cuisine.
— J'imagine que tu n'as rien mangé depuis hier soir ?
Kurenai avait vu plus d'une bataille et savait qu'elle pratiquait un travail dangereux. Elle savait également qu'elle risquait de ne pas revenir au village à chaque fois qu'elle le quittait, savoir qu'un pervers psychotique allait la prendre en chasse ne lui faisait ni chaud ni froid. Elle coula un regard à Shikamaru alors qu'elle arrivait à la séparation entre les deux pièces, un des meilleurs ninjas de Konoha veillait sur elle. L'adolescent n'en avait pas encore conscience, mais il avait déjà vaincu deux fois l'immortel, il était intelligent et vif, il savait jouer avec ses forces. Il ne lui faudrait que quelques jours tout au plus pour trouver une nouvelle stratégie afin de se débarrasser du cloporte qui avait tué son compagnon. Elle avait confiance en lui.
— Non, j'ai rien mangé, finit-il par avouer, la gorge nouée alors qu'il berçait Mirai.
La petite fille avait les cheveux de son père et les yeux de sa mère, c'était étrange de tenir entre ses mains un enfant si paisible. Parfois Shikamaru se demandait si les missions s'arrêteraient un jour, si l'Akatsuki s'en irait. Évidement, il savait que de tels réflexions étaient veines, mais il ne pouvait s'empêcher de les caresser quand il était avec un enfant. Il ne voulait pas que la petite soit confrontée à des hommes comme Hidan et Kakuzu, il ne voulait pas qu'elle grandisse dans l'ombre grandissante d'Orochimaru. Depuis qu'il était devenu Jounin, quelques mois plus tôt, il avait eu accès à une quantité impressionnante d'information, d'autant plus que son père et le Hokage comptait sur lui pour un jour devenir le nouveau Chef des Jounin.
Il avait donc eu accès à tous les rapports d'espionnage que faisaient parvenir Jiraya le Sanin à Konoha, le jeune Nara ne savait pas comment cet homme si prenait, mais il réussissait à s'infiltrer au cœurs des pays voisins sans jamais se faire arrêter. Plus impressionnant encore, il arrivait à transmettre les fruits de ses recherches, il utilisait un procédé qui ne devait être connu que de lui seul et de quelques rares élus. De mémoire, Shikamaru n'avait jamais assisté à une réunion d'information sans que le Hokage, Kakashi et Mikoto ne soient présents. C'était étrange quand il y repensait, car Mikoto n'était pas une ninja très active du village, elle prenait généralement quelques petites gardes sur les murs du village et quand Sasuke s'éloignait pour une longue durée, elle s'aventurait jusque la frontière du pays. Rien de plus, rien de moins, était-elle une sorte d'agent de liaison ? C'était une possibilité que Shikamaru gardait à l'esprit, mais il l'étudiait sans conviction, après tout elle avait été hors course pendant plusieurs années.
— Tu pars pour Suna à quelle heure ? Appela Kurenai depuis la cuisine d'où provenait une douce odeur de poisson grillé.
Elle était entrain de lui préparer un petit déjeuner traditionnel, se décidant de ne pas la laisser seule, il se releva en tenant avec révérence la petite Mirai. La cuisine était une pièce spacieuse et bien éclairée, plus encore que le salon. D'après Kurenai, une Kunoichi devait savoir cuisiner à la perfection, elle avait enseigné cet art à Hinata pendant des journées entières. La collection de poison qui se trouvait sur l'étagère supérieur à celle des épices mettait toujours Shikamaru mal à l'aise.
— Vers dix heures normalement, avec ce que j'ai à raconter au vieux, je pense décaler le départ à cet après-midi voir demain... Ils sont tellement galère à l'Akatsuki.
— Tu essayeras de prendre une douche en attendant, il ne faudrait pas que tu fasses mauvaise impression à Temari en arrivant chez elle couvert de saleté.
Shikamaru soupira bruyamment, faisant s'agiter Mira qui le regarda avec ses grands yeux rouges, tentant d'attraper la boucle d'oreille que lui avait offert Asuma quand il était devenu Chunin. Kurenai s'agitait sans faire attention à Shikamaru qui prit place sur une chaise, en face de la table. Il était habitué à se battre, chasser et réfléchir, la cuisine était un royaume inconnu pour lui aussi se décida-t-il à prendre le moins de place possible.
— Il n'y a rien entre Temari et moi, je ne sais pas combien de fois je devrais le répéter...
— Au moins une fois de plus, suffit de voir comment vous vous crêpez le chignon à chacune de vos rencontres. Tu sais que Mikoto m'a dit que Kakashi lui a dit que le Hokage avait dit à ton père qu'il espérait un rapprochement de nos deux villages grâce à vous deux ?
— Ca fait beaucoup de on dit. Et le simple fait que Kakashi apparaisse dans ton histoire me fait douter de sa véracité.
— Kakashi est quelqu'un d'honnête, faudrait que tu lui fasses plus confiance, le sermonna-t-elle en servant un plat de riz devant lui ainsi qu'une tasse de thé vert.
— Il lit du porno à longueur de journée, remarqua le génie de Konoha. Et les seuls moments où il n'en lit pas, il cherche un moyen d'en lire encore plus. Si il existait une technique de clonage permettant d'obtenir les informations rassemblés par son double, j'suis sur qu'il organiserait des salons de lecture coquines pour lui seul...
— Tu ne devrais pas le juger si durement, il est gentil et très abordable quand on le connaît bien, lui sourit la jeune femme en s'asseyant en face de lui. Ne lui donnes rien à manger, j'attends son premier anniversaire avant de commencer à l'alimenter autrement.
Elle aimait bien Kakashi, il n'y avait rien de romantique entre eux loin de là, mais il avait toujours été là pour le village. Certain se permettait des fois de parler sur le dos du pauvre ninja à cause de sa lubricité qu'il n'essayait pas de cacher, mais très peu cherchait à le comprendre. Il avait tout sacrifié pour le village, allant jusqu'à abandonner son coéquipier en pleine mission pour remplir ses ordres et avait tuer sa meilleur amie quand cette dernière avait été mise son l'influence d'un dangereux Genjutsu.
— Il est gentil qu'avec les femmes, il en a rien à foutre de nous...
— Serait-ce de la jalousie ? Si tu veux, je peux tenter de vous rapprocher, il n'est pas farouche.
Shikamaru ne chercha pas à se défendre devant le regard plein de malice de la Jounin, il savait que c'était peine perdue et qu'il n'aurait jamais le dernier mot. Un lointain bruit d'explosion lui fit quitter son pseudo apitoiement.
— Et bien, Gaï est motivé ce matin, remarqua Kurenai en se resservant un peu de riz. Des fois je pleins ses Chunin, il ne les lâche plus depuis ta promotion, il en a fait une affaire personnelle.
— Il est pas en mission pour la reconstruction de Taina ?
— Je ne sais pas, je ne suis pas dans les petits papiers du Hokage, moi, renifla-t-elle avant de s'approcher de la fenêtre pour tenter de voir ce qu'il se passait.
Seuls ses anciens réflexes lui permirent de se jeter sur Shikamaru afin de l'attirer sur le sol quand un missile fracassa l'étage supérieur. Les sons se distordirent autour d'elle et c'est l'adolescent qui la releva, alors qu'elle était encore sonnée par le choc. Il lui tapota les joues, tentant de lui parler. Mirai allait bien, il l'avait protégé de son corps dès qu'il avait compris que quelque chose n'allait pas. Shikamaru la traîna dehors, tenant fermement la petite fille dans ses bras et se plaqua contre la battisse, tentant de comprendre ce qu'il se passait.
— Shikamaru Nara ? Interrogea un Genin qui semblait plus endormi que réveillé. On est attaqué, vous devez vous rendre chez le Hokage le plus rapidement possible !
— Dites-lui que je viendrais dès que j'aurais mis Kurenai et son enfant en sécurité, hurla-t-il alors qu'un immense Taureau balayait la rue de ses pattes.
L'enfant, terrorisé, ne demanda pas son reste avant de déguerpir, il se fit rapidement prendre en chasse par l'invocation mais Shikamaru n'y prêta pas d'attention. Il était entièrement focalisé sur Mirai et Kurenai, il avait promis à Asuma de prendre soin des deux seules femmes qu'il avait aimé. Comprenant que la Jounin était toujours perturbée par la détonation précédente, il ne chercha pas à lui parler et la tira en direction du Mont des Hokage où se trouvait les plus grands abris du village. Un homme vêtu du manteau de l'Akatsuki le dépassa sans le voir, poursuivant Ebisu. L'enseignant spécial de Konohamaru remarqua pour sa part la présence de Shikamaru et lui adressa un petit signe de tête avant de bifurquer, emmenant avec la menace afin d'offrir à ses amis une chance se rendre en lieu sûr.
Le Nara remercia sa bonne étoile quand il croisa Kakashi qui se décida de l'escorter depuis les toits, ce dernier était accompagné de Mikoto et de Sasuke et tous les trois étaient revêtus de leurs tenues de combat. Le petit groupe se sépara de lui quand il arriva à proximité de la tour du Hokage, une véritable déferlante de feu venait de naître dans la rue parallèle à celle qu'il avait emprunté. Shikamaru entendit au loin un :
— Quel manque d'éducation...
Il ne put s'empêcher de sourire, Konoha était attaquée et c'était la panique, mais Kakashi Hatake trouvait encore le moyen de s'ennuyer. Il ne chercha pas à observer le combat qui débuta au coin de la rue et dépassa la Tour, décidé à la contourner. Si tous les Jounin du village s'interposaient entre lui et les attaquants, il pourrait mettre Kurenai et Mirai en sécurité sans qu'elles ne courent aucun risque.
— Faut pas aller par là, finit par hurler Kurenai que l'explosion avait assourdit.
— Pourquoi ?
Le Nara dût crier pour se faire comprendre, mais il changea de direction, se fiant à l'expérience de la femme plutôt qu'à sa logique académique. Cependant, dès qu'il se détourna de son objectif il croisa du regard une véritable tempête de papier et revint sur ses pas.
— Y'a le Hokage sur la falaise !
— Et alors ? Interrogea-t-il en la tirant malgré ses réticences.
Il savait qu'Hiruzen ferait bientôt les frais d'une attaque de grande ampleur, il était un shinobi plus que renommé dans le monde et son élimination devait être prioritaire. Le jeune Jounin avait juste l'espoir d'atteindre les abris avant qu'un combat dantesque ne s'amorce. Son calcul s'avéra payant car il arriva à l'entré de l'abri juste avant que quatre pics de chakra de ne chevauchent. Il bouscula Kurenai à l'intérieur et regarda, époustouflé, la falaise voler en éclat sous le coup d'un Ninjustu qui lui était inconnu.
— Kushina ! Le cri n'était pas le sien, mais celui de son amie.
La rousse était entrain de tomber, elle avait du être précipitée dans le vide suite à l'onde de choc. Shikamaru sut qu'elle ne survivrait pas à la chute. Aussi se détourna-t-il de la scène en forçant Kurenai à l'accompagner, s'appesantir sur les morts n'aiderait pas à survivre dans ce chaos. De ce fait, il n'eut pas le temps de voir Kushina se faire récupérer par un homme doté d'une impressionnante crinière blanche. La Yuhi pu assister au spectacle, mais le soulagement se mua en horreur.
Du nuage de poussière, provoqué par la technique qu'avait utilisé Pain, venait de jaillir deux membres de l'Akatsuki. Des hommes qu'elle ne connaissait que trop bien car ils avaient peuplé ses cauchemars pendant plus d'un an. L'un était torse-nue avec un corps rapiécé relié à l'aide d'une multitude de fils noirs, et l'autre portait une immense faux qu'il faisait tournoyer en hurlant comme un fou furieux. Tous deux poursuivaient l'homme qui venait de sauver Kushina, mais malgré leur descente, ils jetèrent un rapide coup d'œil à ce qui les entourait et le regard d'Hidan croisa celui de Kurenai. Il n'en fallut pas plus à l'immortel pour abandonner sa traque et se diriger vers Shikamaru qui lui tournait le dos...
