La peur enserra le cœur de la Mizukage quand elle sentit neuf présences s'approcher du camp de Kiri, restant distantes et observant froidement cet amas de ninja. Le Kunoichi quitta sa couche, l'esprit en proie au doute et se prépara, ne revêtant pas son manteau de Kage, sachant pertinemment qu'il ne lui serait d'aucune aide pour ce qui s'en venait. C'est en faisant le vide dans son esprit qu'elle sortie de la tente bleue marine qui était la sienne depuis qu'elle était dirigeante du village caché du Pays de l'Eau, son apparition alertant ses gardes qui comprirent que l'heure était grave en voyant l'expression de la Godaime.
— Réveillez les autres, Konoha vient à nous ce matin.
L'aube caressait la plaine de ses timides rayons, agrandissant les ombres et faisant miroiter sa douce lumière sur les milliers de gouttes qu'avait apporté la rosé du matin. La Mizukage traversa le camp d'un pas conquérant, se rendant à la rencontre des deux hommes qui s'étaient le plus approchés, les autres se tenant à la bordure de la montagne, spectateurs passifs de la bataille qui allait s'engager. Mei les estimaient tous de rang A, mais la distance pouvait se révéler trompeuse, Konoha n'avait pas menti en disant qu'elle disposait des moyens de détruire l'armée de son pays. Cependant l'utilisatrice de Yôton ne pouvait empêcher un sourire de poindre sur ses lèvres, Itachi Uchiwa l'avait clairement sous-estimé et il en paierait le prix en voyant les cercueils afflués devant les portes de son village. Elle arriva près des limites de l'amoncellement de tente, marqué par des murs de terre élevés à l'aide de Doton, renforcés de longues lances pour empêcher toute attaque adverse.
Les gardiens la laissèrent passer, se mettant au garde à vous sur son passage, elle fit alors face au soleil levant, distinguant deux taches sombres qui avançaient au loin. Une nué d'oiseaux fit son entrée au dessus des deux hommes, survolant la plaine dans un ballet de forme géométrique, attachés aux pas de leurs invocateurs. Mei s'avança, quittant le petit pont qui enjambait les douves, à moins de cinquante mètres de ses futurs adversaires, elle peinait à distinguer leurs caractéristiques physiques. La plaine était silencieuse, contraste saisissant avec la fiévre qui avait pris le camp, la tension étant à son comble alors que les ninjas se préparaient, échangeant quelques recommandations et des bénédictions.
Les oiseaux furent sur elle en un éclair, l'entourant dans un nuage compact et ne la laissant plus respirer, elle ne leur prêta aucune attention, son regard rivé vers les deux ombres noires qui s'approchaient. Les corbeaux se désintéressèrent d'elle, remarquant son flegme et agressèrent les autres ninjas de Kiri de leurs caquètements, leurs yeux virant au rouge quand ils passèrent derrière la Mizukage, semant la panique et l'incompréhension. L'appréhension laissa place à la terreur et l'immobilisme, les hommes et les femmes tombant en transe les uns après les autres, vaincu par la toute puissance du Genjutsu d'Itachi.
La Godaime ne se retourna pas, fixant les êtres qui prenaient forme dans la lueur orangée, distinguant enfin leurs apparences. Tous deux portaient des chapeau à larges bords, camouflant leurs visages, mais Mei n'avait pas besoin de les voire pour reconnaître les ninjas qui lui faisaient face. L'équipe s'arrêta à quelque pas de l'Ombre de l'Eau, la détaillant alors qu'elle souffrait de la luminosité croissante.
— Donne moi un étincelle, murmura le bouché de Kiri.
L'ancien déserteur qui avait détruit son village s'était métamorphosé avec les années, abandonnant les bandages qui dissimulait sa gorge. Il portait toujours l'épée de Zabuza dans son dos, trophée reçut des suites d'une lutte acharnée, le chapeau de Yagura camouflait ses yeux bleues. Mei se rappela leurs éclats de glace, se souvenant de leur expression victorieuse quand les abris avaient explosé. L'enfant s'était mué en homme, désormais plus grand qu'elle, d'une carrure respectable, si elle ne l'avait tant haï, elle l'aurait reconnu séduisant. A ses cotés se tenait le Hokage de Konoha, fière déserteur de la feuille lui aussi, abordant une manteau long qui camouflait son corps affaiblit, ses yeux d'onyx braqué dans les siens, attendant un mot de sa part.
— Bienvenue au Pays du Feu Mizukage-chan, êtes vous venue pour vous rendre ?
Itachi commença la conversation, comprenant que Mei ne prononcerait rien, devinant avant de parler qu'il n'obtiendrait pas la rédhibition de Kiri. C'est en souriant narquoisement qu'il prononça ses propos, appuyant sur l'appellation de sa compatriote, pour lui faire comprendre qu'il n'avait aucun respect pour elle. La colère traversa subitement l'âme de la dirigeante, ses mains se mouvant d'elles même dans la composition de son jutsu, son esprit s'affûtant et laissant place à la guerrière de renommée mondiale. Itachi se recula d'un pas, son regard tourbillonnant pour laisser place à une étoile à trois branches, du sang coula le long de ses joues alors que le Mangekyô Sharingan s'éveillait. Les Mizukage se trompa dans les signes de son jutsu, prises de tremblements et de tournis alors que la puissance de l'attaque mentale du Hokage s'accentuait, tentant de l'emporter dans les troubles de sa conscience.
L'Uchiwa entama sa propre technique, ne brisant jamais le contact visuel, amenant Mei dans la tourmente alors qu'il lançait une boule de feu, héritage de son clan. C'est avec peine que la Terumi rompit le Genjutsu de son adversaire, profitant de l'approche de l'immense Katon pour se cacher du Hokage, s'assurant une tranquillité relative. C'était le plus puissant Katon qu'elle n'avait jamais vu de sa vie, Itachi n'ayant pas usurper son titre de rang S, il disposait de réserve de chakra colossale.
— Suiton - Suijin Heki !
Elle détourna l'eau des douves pour alimenter sa technique, puissant dans la rivière qui lui était rattaché, la barrière d'eau se dressa sur le chemin de l'attaque enflammée. Colossale et imposante, les flammes d'Itachi se brisèrent sur cet obstacle naturel, apportant avec elle un nuage de vapeur qui noya le champ de vision de tous les protagonistes. La Mizukage ne relâcha pas son contrôle après le choc initial, épousant la forme de la technique de son opposant pour plus de sécurité, Itachi continuant à alimenter son feu, poussant sur la protection aqueuse. Les croassements des corbeaux se firent à nouveaux entendre, ils s'étaient installés partout dans le camp de Kiri, soumettant quiconque encore éveillé à leurs terribles Genjutsu, faisant sombrer tout le monde dans un sommeil sans rêve. C'est époustouflé par les compétences d'Itachi que Mei raffermit son désir de le vaincre et de protéger son village, lançant toutes ses forces dans l'affrontement élémentaire.
Pas après pas, le mur d'eau pris l'ascendant sur les flammes, les noyant dans des sifflements aigus, les vagues crachant leur fureur faces aux agressions brûlantes. La fatigue rattrapa les protagonistes alors que le raz de marée menaçait d'engloutir le ninja de Konoha, la rivière quittant complètement son lit pour affluer au travers du camp, coulant le long des corps inconscients, baignant la terre sèche et craquelée. Une force nouvelle fit son apparitions sur le champ de bataille, grandissant rapidement, exsudant une aura pernicieuse et froide, porteuse de menaces et de promesses funestes. Dans la brume ardente se mêla la corrosion d'un chakra rouge comme le sang, teintant le camp d'une douceur accablante. Un hurlement se répercuta dans le brouillard, semblant venir de partout, sans source distincte mais apportant la peur à la Mizukage alors qu'elle jetait tous son chakra dans l'affrontement, renforçant le mur et créant un véritable dôme sur ses ninjas, se préparant au pire.
Les oiseaux disparurent, laissant aux hommes le loisir de reprendre conscience, hébétés et déstabilisés. Ils réagirent rapidement, mêlant leurs forces à celle de la Godaime, attendant le choc qui se préparait, serrant les dents d'appréhension face au déchaînement de chakra. L'énergie du Kyubi se magnifiant, Naruto était entouré des Neufs Queue qui battaient l'air, les yeux fendus tels ceux d'un renard alors qu'Itachi maintenait son feu nourri, s'essoufflant doucement. Le Jinchuriki dirigea sa main vers le ciel, les appendices de chakras s'y réunirent pour former une boule condensée, les doigts de la main libre de l'Uzumaki formant un unique mudra alors que la boule s'insinuait dans son corps. Le vent se leva, battant ses vêtements et fouettant son visage, un cratère se creusa sous lui, des fissures lardant la surface de la terre qui se condensait sous la pression du Démon Renard.
— Donnez nous une étincelle, gronda la créature du fond de sa cage. Et on en fera un brasier.
Mei impulsa un mouvement de rotation dans la demie sphère d'eau qui couvrait le camp de Kiri, afin de la tenir à une température supportable, de peur de voir ses combattants bouillir quand le Jinchuriki joindrait sa force au jutsu du Hokage. Ses bras se mirent à trembler alors que ses muscles se serraient, l'adrénaline courant dans son corps et ses yeux s'écarquillant à mesure que l'heure du jugement approchait. La tension qui l'habitait se mua en elle tel un torrent, irradiant son corps et c'est avec impatience qu'elle attendit l'attaque de Shinobi-san, parcourue de frissons et retenant son souffle pour ne pas se noyer. C'est avec étonnement qu'elle ressentit une envie pressante de se rendre au toilette, elle la relégua au second plan, quand la voix chargé de pouvoir du déserteur incanta.
— Fūton - Shinkū gyōku !
Un éclat assourdissant frappa la plaine, sifflement et implosion mêlés quand le feu d'Itachi se purifia, supporté par Naruto. Les flammes virèrent au bleu, traversant le dôme et réchauffant l'eau, crissant avec folie, conquérant le domaine de la Mizukage avec impétuosité. Une partie de la structure aqueuse s'effondra, accompagnée des cris de détresses et de douleurs de dizaines d'âmes qui furent calcinées dans les instants qui suivirent, d'abord soumises à la morsure de l'eau bouillante avant celle du feu. Mei recula, tenant difficilement la distance face à l'assaut brutal du Démon Renard, la peur installa son règne esprit, effaçant avec elle tout espoir de victoire. Le chakra de Naruto se concentrait pour une nouvelle attaque.
Le maelstrom tangua dangereusement, menaçant de s'effondrer à tout moment, la faiblesse de l'Ombre de l'Eau fragilisant sa rotation. Itachi coula un regard vers son équipier qui avait fermé les yeux, reprenant une grande goulée d'air alors qu'il se relançait dans la composition d'une technique Futon, s'apprêtant à achever toutes résistances de la part de la Godaime. Le Hokage se sentit épuisé en cet instant, observant au travers de ses flammes le spectacle atroce que produisait l'union de leurs forces. Au milieu de l'enfer, il distingua le corps d'une femme à l'âge difficilement identifiable, sa peau cloquée se décollant rapidement de son visage, ses yeux révulsés et éclatés pendaient de leurs orbites.
— Fūton - Shinkū gyōku !
Une nouvelle explosion secoua Mei quand le vent de Naruto sapa les fondations de son dôme, la chaleur venant chatouiller ses jambes alors que l'impossible se produisait autour d'elle. Elle vit ses hommes s'agripper la gorge, l'eau s'animant sur leurs corps alors que des milliers de bulles jaillissaient de partout. Pendant l'espace de quelques secondes, plus de sept cents combattants hurlèrent silencieusement leurs douleurs, incapables de respirer, en proies à des brûlures mortelles. Les corps ébouillantés s'effondrèrent sur le sol à mesure que l'eau disparaissait, chassée par les nués de vent qui se déchaînaient, défonçant les restes du mur. Le chakra de la Mizukage se rassembla malgré elle en un cocon protecteur, lui assurant une sécurité relative alors que la vapeur jaillissait de toute part, remplacée par la noirceur de la suie, l'eau s'évaporant devant les flammes blanches du duo de Konoha.
Le feu lécha la plaine et le sol, déformant les cadavres et donnant d'étranges postures à ce qu'il restait des ninjas de Kiri, consumant les tentes et le matériel, avalisant la terre elle même. C'est vaincu que Mei relâcha toute forme de contrôle, offrant aux rares survivants une mort rapide, désireuse de leur épargner la souffrance des brûlures. Les langues de feu se transformèrent en véritables tornades qui s'affrontèrent dans une course à la destruction, anéantissent le campement et effaçant les cadavres, dévorant chaque escarpement, lissant le sol et purifiant l'atmosphère.
La Mizukage tomba à genoux, elle avait été repoussé tout au long de ce combat volonté au cœur même du cimetière, jambes buttèrent sur un amas de cendre. Le dernier rempart qui l'avait protégé se désenchanta et s'effondra à ses pieds, s'évaporant sur le sol chauffé à blanc, rajoutant un peu de vapeur à l'océan de brume. Une larme solitaire coula le long de sa joue alors qu'elle se courbait pour vomir, éclaboussant son propre visage d'un mélange de bile et de sang, l'horreur lui tordant les entrailles. Une odeur de chaire grillée imprégnant ses sens alors que son regard courrait d'un corps tordus à l'autre, tentant de reconnaître les victimes.
Une douce brise chassa les volutes de vapeur, accompagnée de Naruto et d'Itachi qui se placèrent de part et d'autre de Mei, observant la déchéance de la combattante en silence. Les longs cheveux roux d'habitude si soignés de la Godaime pendaient lamentablement, se mélangeant à la boue noire qui recouvrait le sol autour d'elle. L'Uzumaki dégaina Kubikiribôchô et la teint droite au dessus de la tête de la Mizukage, la jeune femme resta son réaction son front appuyé sur l'amalgame immonde que formait la cendre, la terre et l'eau. La larme silencieuse avait laissé place à des pleurs sans fin, elle gisait prostrée à terre, incapable de réagir à la présence des hommes qui venaient d'anéantir la fine fleure de Kiri.
— C'était de la folie d'attaquer Konoha, commença Itachi avec indifférence.
Le Hokage fit un signe à son soldat, lui interdisant d'achever la combattante, lui refusant une mort honorable par devers le massacre de son armée. Il s'agenouilla à ses cotés, attrapant ses cheveux avec force et redressa son visage, la toisant avec colère et rage.
— Personne n'attaque ma maison sans en payer le prix, que ce soit un autre village où une organisation criminelle.
Son Sharingan se plongea dans l'esprit de la Godaime, traquant la présence de son adversaire qu'il dénicha au fond des pensées les plus intimes de Mei. C'est en évoluant entre les peurs de la Mizukage qu'Itachi découvrit le visage de son véritable opposant, il ne portait qu'un masque orange marqué d'un étrange tourbillon, il ne disposait que d'une seule ouverture où luisait le Mangekyô. Les deux manipulateurs s'observèrent un bref instant avant que Tobi ne disparaisse, aspiré par l'orifice du masque qui dissimulait son identité au monde, libérant l'esprit de Mei Terumi de son emprise maladive. Le Uchiwa se reconnecta avec la réalité et relâcha sa prise, laissant le corps de la Mizukage choir dans la boue.
— Ta haine pour Naruto et Konoha est véritable, Tobi n'a fait qu'encourager cette révolte qui grondait au fond de toi... Je ne le tiens en aucun cas responsable de ce qu'il s'est passé ici, condamna le Hokage. En tant que dirigeante de l'armée d'invasion, prisonnière de Konoha et sous surveillance de Naruto Uzumaki, tu seras jugée selon nos lois et condamnée après la tenue d'un tribunal d'exception qui comprendra la présence du conseil de Konoha et du Daimyo du Pays du Feu. Je proclame dès aujourd'hui l'annexion de tous les territoires se trouvant sous l'ancienne juridiction du village de Kiri, celui ci étant dissout pas la présente déclaration.
Le Hokage se détourna pendant que Naruto sortait un fil de sa sacoche, emprisonnant les bras de Mei et bloquant ses jambes. Il déchira sa robe de combat pour lui apposer divers sceaux de restrictions, la privant de son chakra et de sa force, ne faisant aucun cas de la dignité qu'elle avait perdu en s'effondrant dans la boue. Il eut des gestes doux malgré la situation, il n'était pas de nature à profiter de sa puissance, en aucun moment il ne la brusqua. Quand il eu finit, il se permit même de lui tapoter la tête avant de lui sourire gentiment :
— Je dirais un gentil mot au tribunal, j'ai vu Tobi influencer Yagura et je comprends ce qu'être.
Pour toute réponse, Mei se racla la gorge avant de cracher au visage de son geôlier, la haine et la hargne refaisant leurs apparitions en voyant le visage ce celui qui avait détruit par deux fois son monde. Le voir se tenir, au dessus d'elle, souriant et tentant de la rassurer lui donna envie de l'égorger, elle s'en aurait mordue jusqu'au sang pour avoir une chance de le tuer, mais dans son état de faiblesse, elle ne pouvait qu'imaginer cette souffrance à défaut de lui infliger. Naruto s'essuya le visage, la gentillesse désertant son expression alors qu'il soulevait sa nouvelle charge qui se débattit jusqu'à ce qu'il lui assène un coup sur la nuque, se dirigeant vers Itachi qui tenait dans sa main deux petits tubes.
— Comment vont tes réserves de chakra ? Demanda le Uchiwa, le Mangekyô toujours présent dans ses pupilles.
— Pleines, c'était la force de Kyubi.
— Bien, nous en aurons besoin pour nous occuper de nos invités.
Il lui tendit un des récipients qui contenaient trois pilules, Naruto les reconnu comme étant celles utilisées par les gros ninjas de Konoha. Dans son enfance, on lui avait fait un briefing sur l'utilité de ces petits dragées, lui interdisant de s'en servir à moins d'être engagé dans un combat sans issues. Itachi ouvrit la capsule et attrapa la première pilule, la glissant entre ses lèvres et la croquant avec dégoûts, déglutissant difficilement.
— Je déteste les épinards...
— Si j'avais su, j'aurais ramené des brochettes, commenta une voix froide dans le dos de Naruto.
Le Jinchuriki se retourna avec empressement, attrapant son épée tout en étant gêné par le corps inerte de Mei. Il se mit en garde face à un homme à la stature imposante, qui le dépassait d'une bonne tête, la peau bleue et les dents pointues comme celle d'un requin. Il portait le manteau rouge caractéristiques des membres de l'Akatsuki et saisit lui aussi une immense épée.
— C'est tout grillé, marmonna une plante en sortant du sol.
Elle manchonnait le bras d'un des ninjas de Kiri, suçant la moelle et tentant de se débarrasser des parties détruites par les flammes. Son corps s'ouvrit en deux, révélant deux corps cousus l'un à l'autre, tous deux se battant pour croquer en premier les doigts cassés de leur repas. Derrière elle apparut Tobi qui semblait fatigué, il courrait partout, se moquant des cadavres en les accusant d'être morts, les traitants de poissons frits. Kisame fut rapidement rejoint par deux autres ninjas, tous deux portants des bandeaux rayés, un à l'effigie d'Iwa et l'autre de Suna, Naruto se recula en reconnaissant l'ensemble des membres de l'Akatsuki encore en vie, craignant de voir apparaître Pain.
— Je t'avais promis de t'attraper petit renard, gronda un ninja qui se tenait derrière lui, à une distance qui frisait l'insulte.
— Je peux la manger ? Demanda la partie blanche de Zetsu en désignant Mei. Elle a pas l'air trop cuite, moi j'aime quand c'est encore juteux.
— Tobi te souhaite bon appétit car Tobi est un bon garçon, s'exclama le ninja qui avait manipulé la Mizukage pour la pousser à l'attaque.
Itachi se porta calmement entre Naruto et le groupe de déserteur de rang S, ignorant les pitreries de Tobi et de Zetsu alors que Kisame, Sasori et Deidara le suivait du regard avec attention, chacun adoptant une pose de combat. L'Uzumaki se place dos à lui, faisant face à Kakuzu qui l'observait avec indifférence, la peau déjà durcie par un Doton, il était prêt à se faire attaquer à tout moment. Quatre créatures faites de fil se séparèrent de son dos, Sasori révélant à son tour une marionnette pendant que les bandages qui entouraient Samehada se déchiraient, révélant l'épée faite de dents.
— C'est donc vous qu'envoie Pain ? N'a-t-il plus la force de venir terminer le combat que nous avions engagé ?
— L'homme tient à la femme bleue, il ne veut pas que tu exploses sa petite cervelle avec du Genjutsu, cancana Zetsu. Moi j'aimerais bien la manger sa petite cervelle, surtout si tu la fais griller, une bonne bouillie de Konan, ça doit être bon.
— Vous venez donc faire le sale boulot, six contre un, je suis flatté.
— En fait, remarqua Sasori de sa voix grave. On est pas là juste pour toi, on en a après la belle au bois dormant et le Sacrifice... On a chacun nos raisons si on peut dire.
— Lesquelles ? Questionna Naruto en resserrant sa prise sur son épée, basculant Mei sur son épaule et se l'attachant avec un câble.
— Tobi veut tuer Tachi ! S'esclaffa le manipulateur. Deidara veut faire sauter tonton, Kisame veut bouffer ton chat, Kaku veut argent sur vos tête, Marionette-chan te veut dans sa collection de Jinchuriki marionnettes et Zetsu il veut tout manger car il est égoïste. Ca fait beaucoup veut, non ?
— Et moi, répondit avec assurance Itachi. Je vais tous vous tuer.
Il se jeta au combat, aveugle mais alerte, imprécis et pourtant terrifiant.
oOo
Pain se traça un chemin dans les décombres de Kumo, évoluant par devers la destruction qu'il venait de semer, indifférent à la misère des survivants estropiées qui s'empressaient de décamper à son approche. C'est après une longue marche qu'il arriva finalement auprès de ce qui avait été la Tour de Raikage, il n'en restait plus qu'une ruine, la poussière encore suspendue dans les airs tant l'attaque qui avait tout fauchée avait été violente. Il se dirigea vers un homme imposant, de lourds bracelets entouraient ses bras, son visage était tuméfié et ses jambes ensevelies sous le bétons, il respirait avec difficulté.
— Voilà donc le visage de l'homme qui court sans succès après mon frère depuis des années, parvint-il à grogner quand Tendô se porta à sa rencontre, une lame obscure jaillissant de sa manche.
— Je vous imaginais plus combatif Raikage-san, se désola Pain en arrêtant sa marche à quelques mètres.
Le corps brisé du dirigeant du village Caché du Pays de la Foudre fut secoué d'une quinte de toux, mélange de crachement et de rire, ses larges épaules raclant contre les débris de son ancienne baie vitrée. A moins de cinq pas, on devinait la chevelure blonde de son assistante, de son crane défoncé s'écoulait un liquide pourpre, amalgame de cervelle écrasée et de sang veineux.
— Pourquoi tu ne m'achèves pas ?
— Je contemple ta souffrance, je contemple mon œuvre et ma victoire... L'avènement d'une ère de paix et de calme, réjouis toi Raikage-san, ton village et son sang cimentent les fondations de ce monde nouveau.
— T'es complètement fou, déplora le Yondaime. Pourquoi fais-tu tout ça ?
Le dirigeant de l'Akatsuki dévisagea le Kage en silence, se demandant s'il devait répondre, prendre le temps de s'étaler pour faire comprendre à cet homme qui avait dirigé le monde qu'il allait le changer. C'est en prenant sa décision qu'il s'installa sur un bloc de roche, près de A ? Le toisant avec déception et peine, hésitant sur la marche à suivre.
— J'ai connu la guerre dans ma jeunesse, mes parents et ceux de mes amis ont été tués par des ninjas de Konoha, ces mêmes hommes qui ont instauré la paix. Mais ce n'était pas une vrai paix, mon peuple continuait de souffrir de la misère, sous l'ombre constante des grandes nations, ces dernières utilisant notre territoire pour faire passer leurs différents trafics, utilisant nos vallées pour se combattre, décimant les villages et les familles. J'ai juré à cette époque d'apporter la paix véritable, une paix incontestable dont je serais le seul instigateur, pour cela, je détruirai tous ceux qui s'opposeront à moi, j'apporterai une souffrance tel à ce monde que les hommes perdront le goût de la guerre.
— Une paix apporter par la guerre n'est que le prémisse d'un nouveau conflit, pauvre idéaliste, tu ne sais rien de la misère humaine et de la haine...
— Tes propos seraient-ils différents si je t'annonçais qu'en cet instant, ton frère cadet se précipite à Hondo où il devra faire face, non pas à un duo de criminel de rang S, mais à toute l'organisation ?
— Il survivra, il te trouvera et il te tuera... Le Raikage manqua d'air pour finir sa menace, son visage se crispant sous la douleur. Tes hommes vont mourir, ils ont vaincu les Démons mineurs, mais ils n'ont jamais vu le Hachibi et encore moins le Kyubi... Vous ne faites pas le poids, surtout s'ils unissent leurs puissances.
— Je sais, avoua Pain sans douceur. Je les ai envoyé à la mort, ce monde nouveau n'aura pas de place pour des criminels de leurs envergures, je préfères les tuer tant qu'il en est encore temps, plutôt que de risquer une coalition qui s'avérerait plus puissante que n'importe quel village ninja. Avec un peu de chance, ils me ramèneront un Démon, sinon, ils mourront en essayant, libérant le monde de leurs abjectes présences.
— T'es un bel enfoiré, sourit le Raikage. Je t'imaginais différemment, plus grand peut être, plus fort aussi... Et tout ce que je vois aujourd'hui, c'est un petit être faiblard qui se cache je ne sais où, incapable de montrer son véritable corps. Bee va t'éclater mon pauvre, tu vas le sentir passer, je te le garantis.
— C'est tout de même étrange, confia le dirigeant d'Âme en se grattant le menton. J'ai toujours imaginé que je vivrai cet instant de triomphe au coté de Konan, mais elle est au loin, accomplissant une mission qu'elle seule pourra mener à bien.
— Et quelle est-elle ? Cette fameuse mission ? Questionna A, avec intérêt.
— Capturer le Jinchuriki de Kyubi, au moment où il ne s'y attendra le moins. Bon voyage, Raikage-san.
Pain se laissa tomber près du Kage et enfonça sa lame dans le torse de l'homme, brisant ses côtes et empalant son cœur. C'est en crachant du sang que la tête de A se tourna vers la petite grenouille qui attendait, dissimulée sous les restes d'un bureau, porteuse des dernières informations que l'homme avait réussi à arracher à son adversaire.
— La vrai souffrance, reprit calmement Nagato. C'est la disparation de l'espoir sous nos yeux impuissants.
Il lança son arme, tuant le crapaud espion alors que la vie du Raikage ne l'avait pas encore quitté, étreignant sa conscience dans la douceur de l'échec.
