Deidara fut le premier à réagir au bond du Hokage, il se précipita sur lui, ses mains frémissantes de bonheur à l'idée de se retrouver à nouveau face à l'utilisateur de Sharingan. Il n'eut que le temps de façonner une petite bombe avant que le contact n'ait lieu, Itachi le dépassant sans lui prêter une réelle attention. C'est avec horreur que le déserteur vit un des yeux de son adversaire le suivre alors que de la chitine l'envahissait, troublant l'orbite et détruisant la pupille. Un éclair traversa l'esprit du déserteur d'Iwa et il s'effondra sans vie, un mince filet de sang coulant le long de son oreille droite.
— L'art est explosion, entama le dirigeant de la feuille alors qu'il évitait le cadavre.
Un murmure d'aversion traversa le rang des criminels et ils se reculèrent tous, évitant le contact alors qu'Itachi se glissait entre eux, ses doigts se mouvant dans l'incantation d'un Katon de petite envergure. Kisame, concentré sur les pieds du Hokage, ne vit pas l'attaque venir et fut englouti par les flammes, serrant les dents pour ne par hurler de douleur alors que Tobi éclatait de rire.
— Qui veut du saumon fumé ce midi ?
Naruto se déplaça derrière lui, frappant son angle mort d'un large mouvement de Kubikiribôchô. La réalité se distordit et l'épée passa au travers du détraqué sans le blesser, l'homme au masque s'agrippant le ventre en mimant de terribles chatouilles. Le meilleur combattant de Kiri se dégagea des flammes et chargea l'Uzumaki, Samehada venant frapper l'arme de ce dernier avec force, produisant une myriade d'étincelles. Les deux hommes s'engagèrent dans un combat d'escrime, la force brute prenant le pas sur la finesse et la technique, le jeu de jambe ayant une importance fondamentale alors qu'ils puisaient dans leurs musculatures imposantes pour se déséquilibrer l'un l'autre. C'est le visage rougit par l'effort que Naruto opposa une résistance égale à l'agressivité du requin, rendant coup pour coup, ne laissant aucune ouverture et ne cédant jamais de terrain.
— Tu vas mourir, s'esclaffa Kisame alors que la fureur du combat gonflait son orgueil. Je vais te découper en mille morceaux.
Sassori se décala silencieusement sur la droite de l'adolescent qui portait la Mizukage, la marionnette du Sandaime Kazekage le contournant. Un épieu de sable gris le prit pour cible, forçant le Jounin à se dévisser sur lui même pour esquiver l'attaque, il dut dégainer sa seconde lame pour contre le coup de taille que porta Kisame à cet instant. Le sol se déroba et une main agrippa le pied de Naruto alors que Zetsu en sortait son horrible tête, tentant de mordre le mollet du garçon. Itachi intervint, coupant les fils de la marionnette à l'aide de son katana, il avait abandonné son manteau, révélant la tenue officielle des ANBU de Konoha.
Le cannibale s'excava de lui même, révélant un corps à mi-chemin entre une plante et un zombi, sa peau se putréfiait alors que des bourgeons verdâtres exsudaient une muqueuse odorante. Sa langue se mit à pendre, alléchée par l'odeur du sang et ses yeux toisèrent Naruto avec concupiscence, s'apprêtant à se jeter sur lui. Kisame frappa une fois de plus, sa lame rencontrant le tranchoir avec force, repoussant celui-ci sur un Zetsu surprit. Kubikiribôchô sectionna le criminel en deux, à la base du torse, entraînant avec elle un jet de sève qui se mit à ronger l'acier. L'estoque que porta l'épéiste du brouillard brisa l'épée de Zabuza, Samehada venant arracher à lambeau de chair à Naruto.
Le Jinchuriki se recula, impuissant face à la force destructrice de Kisame, dépassé par ses adversaires. Les deux parties du corps de Zetsu se mirent en marche, des bras de différentes couleurs jaillissant de partout pour se précipiter sur le combattant en détresse, sautant sur lui et tentant de l'attraper alors que le rire de Tobi raisonnait sur la plaine. Kisame frappa un des tronçons de toute ses forces, l'éclatant sur le sol et révélant la partie noire du déserteur qui s'enfonça dans le sol, disparaissant du champ de bataille.
— Il est à moi, bande de rats.
C'est à regret que Naruto retourna sa propre larme à son encontre, l'enfonçant profondément dans la cuisse de Mei. La douleur réveilla la Mizukage qui s'agita, ne comprenant pas ce qu'il se passait, attachée au dos de son pire ennemi alors qu'un festival de monstre produisait autour d'elle. Kisame se relança au corps à corps, un sourire terrifiant illuminant son sombre visage, comprenant ce qui allait se passer. L'Uzumaki arracha l'épée du corps de la Godaime avec force, la lame se reforgeant dans une gerbe de sang, juste à temps pour couper la route à celle du Requin. Le ninja de Konoha lança son épée courte sur le seul Zetsu qui affleurait encore à la surface, l'empalant avec force, avant de saisir Kubikiribôchô à deux mains. Le tintement des armes rythma la course à la mort que se livrait les deux combattants, leurs muscles gonflants sous l'effort alors que la sueur maculait leurs uniformes.
A plusieurs mètres de là, Itachi était aux prises avec Kakuzu et Sasori, esquivant les dards empoisonnés tout en visualisant la position des invocations de l'immortel, préparant une contre attaque dévastatrice. La tâche n'était pas aisée depuis la disparition de son œil, son champ de vision se réduisant de moitié, son ouïe n'étant pas d'une grande aide en raison du crissement des lames que produisaient l'affrontement titanesque que livrait Kisame et Naruto. En voyant les colosses se déplacer, même réduit à de simples ombres indistinctes, Itachi ne put s'empêcher de faire la comparaison avec ces films qu'il regardait en étant plus jeune.
— C'est une bataille que tu ne peux gagner Itachi, commenta doucement Sasori.
Kakuzu opina alors que ses monstres déchaînaient les éléments sur le Hokage, le ninja savait se montrer insaisissable et chaque fois qu'un coup lui était porté, il disparaissait en un nuage de corbeau. Itachi dégaina une dizaine de kunaï qu'il lança dans toutes les directions, ses lames s'entrechoquant en plein vol pour décrire des trajectoires aléatoires. Deux marionnettes s'effondrèrent, détruites par l'attaque et les monstres de Kakuzu se désagrégèrent tous, la surprise se gravant sur les traits de leur invocateur.
— C'est une bataille dont je ne vous laisserai pas la victoire.
— Je vais faire usage du sommet de mon art, le panthéon de ma collection. J'espère que tu sauras t'en montrer digne, Itachi Uchiwa...
oOo
Quelque jours s'étaient écoulés depuis que l'équipe de Sasuke avait quitté Konoha avec pour ordre de libérer Koyuki Kazahana, la princesse du Pays des Neiges. Le voyage avait été silencieux jusqu'alors, le dernier des Uchiwa se murant dans un mutisme sombre, Kurenai le regardant avec froideur et Kushina ne se réveillant pas, ballottée dans tous les sens par la marche rapide de ses collègues. Le soleil se levait à peine, apportant aux deux ninjas en état de combattre l'opportunité de quitter la terre ferme par voie maritime afin de rejoindre l'île isolée qui serait le théâtre de leur mission. La Yuhi remua tranquillement le thé qu'elle venait de se faire, observant comme à son habitude Sasuke, jouant avec ses nerfs et son mental. La main de l'adolescent était crispée sur son sabre qu'il ne cessait d'aiguiser, rendant la lame cassante sans s'en rendre compte tant elle était devenue fine et acérée.
— Tu ne parles pas, commença Kurenai avant de boire une petite gorgée.
La pierre que Sasuke utilisait pour affûter sa lame ripa et il s'écorcha la paume de la main, quelques gouttes de sang coulèrent sur le sol avant que le Uchiwa ne relève la tête, son regard fuyant celui de la Jounin. La colère étreignait son ventre, elle lui donnait envie de frapper tout ce qui se trouvait devant lui, de détruire Itachi et d'abolir le conseil de Konoha qui avait entériné les ordres de missions et l'ARC. Mais il avait peur également, peur de son frère aîné qui semblait n'avoir aucune limite à son pouvoir, qui semblait capable de repousser à lui seul les membres de l'Akatsuki alors que lui même ne pouvait que fuir. Ne sachant que faire, l'adolescent attendait le moment opportun pour décharger cette tension, il attendait un exutoire qu'il pourrait anéantir, un adversaire à sa taille ou même plus faible que lui. Sasuke avait soif de sang, il voulait passer sa rage et son incompréhension, mais il ne pouvait le faire sous le regard froid et calculateur de Kurenai.
— Si tel est ton choix, je parlerais pour nous deux. Je peux ? Tu ne risques pas de me sauter à la gorge si je dis quelque chose de déplacer ?
Sasuke émit un grognement d'approbation en cherchant dans son sac un bandage pour soigner sa main, la coupure était profonde et elle risquait de le déranger si jamais la petite expédition venait essuyer une attaque surprise.
— Je ne te connais pas, je ne te respecte pas, je ne te considère même pas comme un ninja. J'accomplirai cependant la mission, je coucherai avec toi autant de fois qu'il le faudra pour que nous ayons autant d'enfants que le voudra le conseil avant de nous laisser tranquille.
— Salope, répliqua Sasuke avec hargne.
Kurenai se contenta de lever un sourcil, toisant l'homme qui lui faisait face avec ironie.
— Ça je le sais petit enfant, je suis une Kunoichi depuis bien plus longtemps que toi...
— Je vois pas le rapport, je suis un ninja mais j'ai pas envie d'écarter les fesses dès qu'on me demande de le faire.
Kurenai cacha son rire dans sa main, posant sa tasse de thé alors que ses épaules tressautaient, elle ne voulait pas renverser son infusion matinale sous le joug d'un fou rire incontrôlable. Après quelques instants, elle abandonna tout sens des convenances et se laissa franchement aller, les larmes lui montant aux yeux alors que Sasuke serrait les dents, peu habitué à être l'objet de la risée, fut-ce accidentel.
— Quelle a été ta pire mission ? Questionna la Jounin quand elle eu repris un semblant de calme. A quel âge ? Qui étaient tes coéquipiers ? Combien de temps elle a duré ?
— Je sais pas, sûrement la mission de traque d'Hidan et de Kakuzu, j'avais quinze ans et je me battais avec Izumo et Kotetsu.
Un sourire sans joie effleura les lèvres de l'illusionniste alors que ses mains se tordaient, s'enlaçant et se serrant, ses doigts virant au blanc sous la pression.
— La mienne ça a été à l'âge de douze ans, je devais récupérer des informations que Jiraya-sama avait assemblé sur une possible attaque d'Iwa. Il n'avait pas le temps de les faire parvenir à Konoha par le moyen habituel, aussi le Hokage a envoyé une centaine de Genins et de Chunins dans tous les bordels du Pays de la Terre. Le Sanin avait été repéré et était traqué, les frontières étaient fermées et il tournait comme un lion en cage, se cherchant une échappatoire et un contact pour faire parvenir ses informations au village.
Elle fit une pause, mettant de l'ordre dans ses pensées alors qu'elle se remémorait de cette époque sombre de son passé. La vie de ninja n'était pas composée que de combat épique comme pouvait le croire les aspirants, seuls quelques rares élus disposaient de ce droit.
— Pendant des semaines, je me suis fait sautée par tous les gros porcs du coin qui passaient. Ils étaient contents de voir qu'il y avait une petite nouvelle et s'amusaient comme ils le pouvaient dans leurs vies pathétiques. J'ai attendu que le Sanin vienne, qu'il trouve un déguisement assez subtile pour s'approcher d'une d'entre nous, qu'il nous fasse part de ses informations pour que l'on en finisse avec cette mission infernale. Il n'est jamais venu, l'ordre de retour non plus. Je suis restée à Iwa, à vivre dans un bordel pendant plus de trois ans, car c'était ma mission.
Du sang fit son apparition alors que ses ongles s'enfonçaient dans les chairs tendres de ses mains, la révolte grondant en elle.
— C'est après trois ans qu'est venu un autre ninja du village, un homme des services de renseignements qui nous cherchaient pour savoir comment nous étions mortes... Les ninjas d'Iwa connaissaient le mode opératoire de Jiraya, ils ont fait le tour de tous les bars, de tous les bordels et ils ont éliminé toutes les femmes qui avaient été engagées peu de temps après l'échec de son infiltration. Je n'ai échappé à cette purge que parce que j'étais une gamine, Iwa n'imaginant pas que le Sandaime serait assez froid pour sacrifier des enfants dans sa guerre.
Sa voix se cassa alors que ses yeux se perdaient dans le vide, regardant Sasuke sans le voir.
— Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris l'objectif de cette mission. Nous n'avions par pour but de rencontrer Jiraya, mais d'offrir une distraction suffisamment solide pour qu'il puisse en profiter pour s'échapper. J'ai fais, alors même que je ne faisais que débuter ma carrière de Kunoichi, partie d'une mission suicide dont le seule but était d'attirer le regard des pervers d'Iwa le temps qu'un ninja de rang S de Konoha puisse s'exfiltrer.
Elle concentra son attention sur le garçon qui la regardait avec un mélange de pitié et d'horreur, il commençait à comprendre le monde dans lequel il vivait.
— Quand je suis enfin rentrée au village, je n'ai reçu aucune excuse, juste un petit « Félicitation » et une tape sur l'épaule, trois jours après, on m'envoyait à Kiri pour servir de contact à un autre espion de Konoha. Bienvenue du coté des anonymes, ces ninjas qui n'ont pas vraiment de talent, qui ne descendent pas d'un grand clan réputé et qui n'ont pas de réserve de chakra à faire pâlir un Démon. Je te présente les hommes et les femmes dont le nom n'est même pas inscrit sur la stèle des héros, ceux que les rapports de Konoha passent sous silence, ceux que personne ne connaît et ne remarque, les seuls et les vrais ninjas...
— Tu n'en n'es plus une aujourd'hui, remarqua Sasuke avec sagacité. Tu es une Jounin de Konoha, ce qui signifie que tu as du passer au dessus de tout ça, tu es reconnue comme une maîtresse en Genjutsu.
— Donne moi la liste des personnes qui s'y connaissent en Genjutsu au village...
Un silence pesant s'installa alors que Sasuke réfléchissait, utilisant les doigts de sa main blessée pour compter. Seul deux d'entre eux étaient tendus, les autres demeuraient repliés sur la bandage prit de tremblement.
— Je ne t'ai rien appris et mère non plus, le majeur de Sasuke commença à bouger à son tour. Il ne reste qu'Itachi, mais comment ? Et pourquoi ?
Un petit rire secoua Kurenai, un de plus depuis le début de cette longue conversation qui avait perturbé les croyances du garçon. Il admira pendant un bref instant les reflets de la lumière du soleil qui illuminait les dents de cette femme qui avait traversé tant de choses, mettant de coté la colère sourde qui se muait au fond de lui. Pendant l'espace d'un instant, il ferma les yeux et oublia la haine dévorante qu'il éprouvait pour Itachi Uchiwa, l'homme qui avait massacré son clan et risqué de tuer sa mère dans un combat à sens unique. La peur qu'il éprouvait à l'égard de ses propres yeux s'effaça à son tour, ne gardant, un bref instant, que l'image d'une Jounin qui avait su quitter l'anonymat des forces armées du village de Konoha. C'est ainsi qu'il trouva la réponse à sa question, sans même avoir besoin d'écouter une autre histoire glauque de l'ancienne amie de Shikamaru.
Kurenai avait du faire office d'agent de liaison entre le village et Itachi, après de multiples rencontres intimes, elle avait du instaurer une sorte de dialogue avec le génie de la feuille. Le déserteur lui avait alors enseigné les préludes de son art, la base et le fondement de ses dangereuses illusions, le secret de son pouvoir. Pendant une période inconnue à Sasule, Kurenai avait été l'amante de ce frère honni, lui prodiguant un endroit sûr où se retirer du monde, l'étreignant avec un semblant d'amour afin de préserver l'équilibre bouleversé de cet assassin promit au poste de Hokage. La colère embrasa le calme apparent de Sasuke, ses yeux virant au rouge derrière ses paupières closes, six lames faisant leurs apparitions.
Il n'osa pas regarder la Jounin, de peur de la détruire mentalement en ne contrôlant pas son pouvoir, aussi Sasuke garda obstinément les yeux baissés. Le sang se mettant à couler abondamment de la blessure qu'il avait pansé précédemment alors que la rage faisait trembler son corps.
— Sasuke ? Appela faiblement Kushina, sans réussir à attirer son attention.
La femme du Yondaime avait ouvert les yeux, son corps sensible à l'aura de danger que produisait l'activation du Sharingan. Elle toisait désormais le fils de sa meilleure amie avec compassion et tendresse, comprenant les affres de l'échec. Kushina connaissait les prérequis nécessaires à l'activation de la pupille tant redoutée, on apprenait un grand nombre de secrets en partageant l'intimité d'un Hokage, aussi ne chercha-t-elle pas à raisonner le ninja perdu qui s'offrait à elle.
— Va te promener, le temps de réfléchir.
Sasuke obéit malgré lui, son corps se soustrayant à sa volonté, lui refusant un retour à Konoha dans l'optique de défier et de tuer Itachi. Au lieu de ça, il ramassa son arme et se détourna des deux femmes, les épaules basses et les yeux endolories. C'est le murmure de Kushina qui le convainquit qu'il avait pris la bonne décision en s'éloignant.
— J'ai quelques mots à dire à notre petite garce de coéquipière.
oOo
— J'entends les clairons du tocsin, alors que je sens venir ma fin...
Bee griffonna quelques notes dans un petit cahier rouge, à l'image de celui que tenaient Izumo et Kotetsu avant l'attaque dévastatrice de Pain sur Konoha. C'était un homme baraqué, la peau tannée par le soleil et ses cheveux blancs étaient rabattus en arrière avec du gel. Il était vêtu d'un ample manteau gris qui cachait l'ensemble de ses traits distinctifs, il y avait fait huit trous afin de permettre aux poignées de ses épées de dépasser.
— On est parti pour une dernière danse, pourvu que les générations futures l'encense.
— Elle était belle celle-là, remarqua le Jinchuriki alors qu'il toisait son Démon au fond de lui. Après tant d'année, ton talent a enfin été révélé.
— Je trouvais de bon ton, de nous offrir une dernière citation, maintenant qu'il est venu l'heure de clore ce chapitre. J'espère juste que notre histoire fera les gros titres.
Le ninja se reconnecta à la réalité, faisant disparaître l'image mentale de ce taureau gigantesque et il fit ses premiers pas, quittant l'ombre rassurante d'un pommier. L'arbre ne portait pas encore les couleurs de l'automne, mais déjà ces branches coulaient sous le poids des fruits, le dernier combattant de Kumo n'eut qu'à tendre le bras pour en cueillir un.
— C'est une bonne place pour reposer, tu ne trouves pas ? Interrogea le Bijuu en admirant la plaine dévasté. Un dernier champ de bataille pour graver dans les mémoires, notre force conjointe face à des résistances dérisoires.
— Un dernier lieux où se livrer à tous les déboires...
Killer-Bee déposa son carnet de note au creux d'une branche avant de croquer dans la pomme encore verte, son visage n'exprima en rien l'amertume du fruit pas encore mûr. Son âme et son corps étaient entièrement tournés vers la chute de son village et le combat qu'il allait mener pour le venger.
— Idiot de grand frère, moi qui aurait tant voulu le rendre fière.
— Je crois qu'il ne l'a jamais autant été qu'en cet instant, confia l'Esprit de la Nature. Nous n'avions aucune chance face à Pain, même si nous nous étions entraînés jusqu'à la fin du temps.
— J'ai toujours pensé qu'il y en avait plusieurs...
— Non, nous vivons et ne mourrons qu'une fois, il serait regrettable de voir les erreurs des hommes se reproduire sans fins.
L'homme et le Démon se mirent à courir d'un même pas, ensemble dans cette dernière épreuve qui serait la leur. Bee ne dégaina aucune épée en arrivant au contact, laissant son corps se transformer alors que la surprise et l'horreur scindait l'opposition en deux camps distincts. Pendant un bref instant, le Jinchuriki qui avait dompté l'un des plus grands Démons, admira son alter-ego qui luttait désespérément contre plusieurs adversaires. Il vit Sasori qui encerclait Itachi Uchiwa avec six marionnettes humaines, l'une à l'effigie de son ancienne amie, Yugito. C'est en réalisant la profanation de ce corps anciennement si beau, que Hachibi choisit son dernier combat, se détournant de son frère de fardeau pour faire face au marionnettiste qui avait eu l'impudence de s'élever au rang de Rikudo.
La gueule désormais colossale du monstre marin s'illumina d'une lueur dangereuse alors que Sassori s'éloignait. Six créatures faites de chakra barrèrent la route au taureau enragé, cherchant à mettre fin à sa charge avec leurs forces combinées. Elles furent balayées par l'éclat divin du Bijuudama.
