Bonsoir à toutes,
Merci pour vos reviews et vos mises en suivi/favori. Comme je vous l'ai dit ça n'est pas une histoire d'amour simplement.
Une lectrice a deviné mes sources ! J'ai eu l'idée de cette fic il y a longtemps mais il me manquait des détails sur la vie en prison pour que le récit soit crédible, et comme je ne me suis jamais faite attrapée... lol
J'ai découvert il y a trois semaines la série « Orange is the new black » qui est vraiment bien, ça se passe dans une prison de femmes et j'ai donc eu beaucoup d'informations. Évidemment je n'ignore pas que le fait que Bella ait voulu être incarcérée ressemble à la série « Prison Break » mais je n'ai pas suivi cette série.
Merci aussi à L.I.E et Morgane qui ne sont pas inscrites, merci pour vos reviews, j'espère que la suite vous plaira.
Bonne lecture à toutes.
Août 2014
Cette fois-ci j'étais restée quatre jours en isolement, et quand ils me sortirent de là je remerciai le ciel parce que je commençais à perdre la raison. La lumière était constamment allumée dans la petite cellule, je n'avais plus de repères de temps. La bouffe était encore pire qu'à la cantine et les cris de deux autres détenues m'avaient forcée à enfoncer des morceaux de pain dans mes oreilles pour réussir à m'entendre penser.
« Vous savez pourquoi vous avez été envoyée là ? » me demanda en chuchotant le gardien qui m'escortait vers le dortoir.
« Non. » répliquai-je en maitrisant ma colère.
« On a retrouvé sous votre matelas une paire de ciseaux, Janet Williams n'a plus de cheveux maintenant. » m'apprit-il.
« Je n'ai pas fait ça ! »
« Stanley vous a piégée, j'ai réussi à le prouver. Mais j'ai bien peur que vous ne soyez une cible désormais. Je suis désolé. »
« Merci agent... Mc Carthy, lus-je sur son badge. Merci quand même. »
Il était l'heure du coucher, dans le dortoir, les autres détenues étaient debout pour le dernier comptage de la journée, il y en aurait deux autres durant la nuit. Ma colocataire, Rosalie, soupira en me voyant arriver, sans doute avait-elle apprécié ces derniers jours d'être seule. Je pris la position et alors qu'il aurait déjà dû être en train de quitter le dortoir, le garde s'attarda. Il jeta un regard furtif vers Rosalie puis me demanda d'aller vérifier mes affaires. Il avait eu une bonne intuition, ou bien était-ce l'expérience.
« Il manque beaucoup de choses. » réalisai-je en serrant dans ma main le cadenas défoncé qui aurait dû rester sur mon petit placard.
« Mesdames, mesdemoiselles, appela l'agent Mc Carthy, je vous laisse une chance de vous en sortir sans avertissement. Vous savez parfaitement que le vol est interdit. »
Des soupirs résonnèrent, plus de la moitié des détenues de mon dortoir allèrent fouiller leur coin, elles défilèrent de mauvais poil devant moi et déposèrent leur butin sur mon lit.
« Je vous ramène un nouveau cadenas demain matin, me promit le garde. Bonne nuit à toutes, extinction des feux. »
J'avais au moins de la chance de ne pas être avec un membre du gang dans ce dortoir. Une chose était certaine, le gang des salopes n'en avait pas fini avec moi. Jessica avait été envoyée à l'isolement, en son absence, je rasais les murs et tâchais d'éviter ses comparses. La punition arriverait, c'était à moi de décider si j'allais montrer mes crocs ou non. Je ne pris pas la peine d'aller me réfugier chez le conseiller, il était clair que la voie officielle n'était pas efficace et d'après la rumeur, il recevait des visites spéciales de la part de Samantha.
Quelques jours plus tard, celle-ci décida d'agir seule. J'étais aux toilettes, évitant les douches et me lavant au gant en privé, quand elle débarqua. Elle grimpa à la paroi séparant chaque toilette et me regarda faire sans rien dire. Elle en descendit lorsque de guerre lasse, je sortais de ma cachette. Nous fûmes alors face à face, j'avais en main ma trousse de toilette pleine, je la sous-pesai, ça pourrait faire quelques dégâts. Il était temps pour moi d'appliquer ce que mon père m'avait appris.
Samantha porta le premier coup mais je réussis à l'esquiver. Elle grogna et voulus me plaquer contre les portes des sanitaires, là encore, je fus plus rapide. Elle ne sembla pas comprendre mon geste quand j'empoignai ma trousse de toilette. Je fis semblant de lui donner un coup de poing dans le ventre, elle bougea vers les lavabos, ce que j'avais anticipé. Ma trousse de toilette la frappa une fois puis une autre. Elle vacilla et je la frappai encore puis je la laissai souffler rien qu'une seconde avant de lui donner cette fois-ci un coup de poing dans le ventre. À ce stade, l'adrénaline me guidait, je ne me serais jamais cru capable d'une telle violence mais après un mois de mauvais traitements, j'avais besoin de me défouler et de me venger.
Samantha me supplia d'arrêter tandis que je m'acharnais sur ses côtes. Un gardien ne tarderait pas à rappliquer à cause de ses cris et ce qui m'inquiétait le plus était d'être vue. Sans témoins, Samantha pourrait donner sa version des faits sans forcément subir de pression pour une revanche. Je la forçai à se relever et la conduisis sous la douche. Toute habillée, je la plaçai sous le jet, son sang se mêla à l'eau.
« Tu m'oublies. » lui dis-je d'un ton menaçant.
Elle hocha la tête, je ne pouvais pas être certaine qu'elle le ferait. Il lui restait à expliquer ses blessures, une chute dans les escaliers suffirait-elle ?
_oOo_
Je ne fus plus la cible du gang le reste du mois, Jessica avait passé deux semaines à l'isolement et était sous le coup d'une nouvelle condamnation pour détention d'une arme.
Je m'étais rapprochée de mes compagnes de dortoir, Esmé, Carmen, Rosalie et Alice par la force des choses. J'étais suspectée d'avoir lutté contre Samantha même si celle-ci s'obstinait à répéter sa version. Je le savais parce que Lauren, leur chef, me croisait régulièrement dans les couloirs. C'était un avertissement, j'avais prouvé que je n'étais pas une détenue qui se laisserait soumettre facilement. Mon père m'expliqua le jeudi suivant que j'étais devenue en quelque sorte le prix d'une loterie.
« Elles voudront faire leurs preuves en t'affrontant. » s'inquiéta Charlie au téléphone.
« Pour le moment je suis au calme. »
« Je me suis renseignée sur cette Lauren, elle a déjà été entendue comme témoin dans de graves accidents et un suicide au sein de la prison. »
« Elle se cache derrière les autres. » confirmai-je.
« Tu devrais au moins prévenir quelques gardiens. »
« Ils s'en foutent, sauf un mais c'est parce qu'il est arrivé il y a six mois. »
« Quel est son nom ? Je vais - »
Il savait pourtant que nos conversations pouvaient être entendues, le courrier été lu, pensait-il réellement que je pouvais lui parler d'un gardien sans éveiller la suspicion ?
« Charlie, je suis entourée d'une dizaine de personnes. »
« Si seulement tu voulais bien que je- »
« On en a déjà discuté. Je dois raccrocher. »
« Ok, prends soin de toi, ma chérie. Fais très attention. »
« Oui, ne t'en fais pas. À la semaine prochaine. »
« Au revoir, Bells. »
J'essayais de ne pas culpabiliser, mon père payait cher ma vengeance, lui qui avait toujours eu à cœur de me protéger, il avait du me laisser devenir une délinquante, ne pouvant rien faire pour m'éviter la prison.
A côté de moi, Carmen termina son appel, elle et moi marchâmes vers la cantine et elle se mit à parler des repas de la semaine et de l'apport calorique insuffisant et mal réparti. Je compris facilement qu'elle tentait de me dérider après cette conversation avec Charlie.
« Eh Izzy ! Carmen ! » nous interpella Alice après que nous ayons récupéré notre plateau.
Nous nous installâmes à la table et comme souvent Alice monopolisa la parole, de temps à autre Carmen et Esmé arrivaient à placer quelques mots. D'habitude j'écoutais parce que j'étais venue pour ça, écouter, enquêter, espionner mais ce jour-là je n'avais pas la force. Face à Rosalie, je me contentais de manger mon repas, déjà habituée à mâcher sans déguster.
« Tu pourrais venir avec nous, Izzy ! » s'exclama plus fort Alice.
J'allais lui demander de répéter quand Rosalie ricana.
« Tu as un problème ? » lui lançai-je sèchement.
« Oui, toi, et ça dure depuis déjà trop longtemps. »
Je lui accordai un sourire faussement compatissant.
« Dommage que les salopes soient trop occupées avec leur trafic de cigarettes. » continua-t-elle.
Cette fois-ci, je laissai tomber le masque, j'abattis mon poing entre nous deux faisant sursauter nos compagnes.
« Tu ravales ton venin et tu patientes ! Je serai sortie avant toi. » lui rappelai-je méchamment.
Rosalie, je l'avais enfin appris après des négociations longues avec Alice, était incarcérée pour tentative de meurtre sur son ex qui l'avait violée avec la complicité de trois autres hommes. Le juge avait retenu des circonstances atténuantes et elle avait été condamnée l'année dernière à trois ans ferme sans pour autant condamné les violeurs.
« Oui mais pas forcément en vie. » souffla-t-elle.
Je quittai la table, pas certaine de garder mon sang froid, tandis que les autres rabrouaient leur camarade. Il fallait que j'évite de me faire une ennemie de plus, le problème était que Rosalie Hale était une vraie pimbêche, totalement insensible et entièrement égocentrique.
Le dernier samedi d'août, je fus surprise d'entendre mon nom appelé pour un appel, je n'attendais aucun appel évidemment. Charlie avait-il failli à sa promesse ou bien était-il porteur d'une bonne nouvelle ? Je courus vers les téléphones, récoltai pour cela un avertissement, puis décrochai le combiné et tapai mon code.
« Oh Bella ! Je suis désolé, je sais que je ne devais pas le faire mais il fallait que je te parle. »
Je reconnus Phil.
« Que se passe-t-il ? » le questionnai-je impatiemment.
« Rien, pas d'améliorations. Mais je dois te voir. »
« Non ! Absolument pas ! Si quelqu'un te reconnaît, tout mon plan sera foutu. Il est impossible de garder un secret ici. Les murs ont des oreilles. »
« Bella, je n'arrive plus à dormir la nuit... s'il te plait, je dois te voir. Quand elle se réveillera, elle m'en voudra de... »
« Phil arrête ça ! N'appelle plus ! »
Je lui raccrochai au nez puis composai le numéro de Charlie.
« Eh Bells, tout va bien ? » m'accueillit-il, d'emblée nerveux.
« Phil a besoin d'être recadré, il vient de me téléphoner. »
« Je m'en charge. »
« Je dois y aller, à la semaine prochaine. »
Alors pourquoi Bella refuse-t-elle la visite de Phil? Pourquoi lui est si malheureux? réponse au prochain chapitre mais j'attends vis hypothèses! Qu'avez-vous pensé de la bagarre entre Bella et Samantha? Et la dispute avec Rosalie?
