Vous avez vu juste, Bella est en prison pour venger sa mère. Merci pour vos reviews.
Bonne lecture
Septembre 2014
« Tu ne devrais pas sous-estimer le gang. » me chuchota un matin Carmen alors que nous faisions la queue pour prendre une douche.
« Il ne s'est rien passé depuis un mois. »
« Ca ne peut pas être bon signe. Elles mijotent leur vengeance et veulent frapper un grand coup, à mon avis. »
« C'est une possibilité, en attendant ce sont les droguées qui me provoquent. Quand elles sont dans leur trip, elles se croient invincibles. »
« Tu en as parlé à ton conseiller ? »
« Black ? Tu plaisantes ? Il est trop occupé à se faire astiquer la queue par Samantha et les autres. Je ne vais en parler à personne. »
« Tu as raison, il ne faut pas se mêler de- »
« J'ai dit que je ne parlerai pas, insistai-je. Mais je veux agir. »
Carmen se tordait les mains, visiblement inquiète.
« Je ne veux pas t'impliquer dans tout ça, la rassurai-je, mais il est temps que leur règne cesse dans cette prison. Elles ne se contentent pas des cigarettes, de nourriture provenant de l'extérieur, de cosmétiques. Elles rackettent et sont cruelles, elles peuvent frapper n'importe qui en toute impunité ! Comment les surveillants font pour ne rien remarquer ?! J'enrage de voir ça sans que personne n'agisse. »
« Euh oui tu as raison, mais je pense vraiment que tu te mets en danger. »
« Tu dois faire quelque chose pour moi. » lui dis-je tout bas.
« Tout ce que tu voudras. » répondit-elle pourtant en grimaçant.
« Ce soir, après le dîner, parle-moi de Jane Volturi. Je pense qu'elle est impliquée. »
« Pourquoi moi ? »
« Tu es là depuis plus longtemps, cinq ans, c'est ça ? » l'interrogeai-je.
« Oui, et je sors dans six mois, je n'ai pas franchement envie de m'attirer des ennuis. »
« Je n'ai que quelques questions. » promis-je.
« Ok. »
Je n'avais pas l'intention de l'impliquer mais Carmen semblait savoir beaucoup de choses sur cette prison, son aide me serait sans aucun doute précieuse. Hélas Carmen ne m'apprit absolument rien, elle avait su se protéger toutes ces années des drames de la prison et assurait qu'elle y était parvenue justement en ne cherchant pas à savoir qui faisait quoi.
_oOo_
La trêve dura jusqu'à la mi-septembre, après Samantha et Jessica me collèrent en permanence, leurs regards noirs contrastant avec leurs sourires hypocrites. Rosalie me reprochait d'attirer sur elle les hyènes et de les mettre, elle et les autres femmes de notre petit groupe, en danger. Pour tester mes théories, je décidai de rencontrer mon conseiller et lui parler de mon problème.
Jacob Black n'avait rien à faire dans son bureau, je remarquai rapidement la cigarette éteinte depuis peu et la bouteille d'alcool près de sa fenêtre. Un bel exemple d'un fonctionnaire fainéant et incompétent.
« Isabella, comment allez-vous ? »
Il m'invita à m'assoir, en profita pour me tourner autour, j'avais pris soin de ne pas paraître apprêtée.
« Que puis-je faire pour vous ? » enchaîna-t-il.
« Je suis suivie par Jessica et Samantha. Elles me harcèlent. »
« Voici des formulaires, remettez-les moi au plus tôt. »
« En quoi ça va m'aider ? » tiquai-je.
« Il faut une raison pour punir d'autres détenues, en remplissant ces formulaires, vous aurez pendant vingt-quatre heures l'attention d'un gardien qui pourra témoigner de vos accusations. »
« Merci pour votre aide, monsieur. » répliquai-je, ironique.
Lui ne comprit pas mon sarcasme, il me fit un grand sourire satisfait avant de me souhaiter bonne chance. En sortant de son bureau, et sans surprise, je tombais nez à nez avec mes deux nouvelles ombres.
« Tu crois qu'elle l'a sucé ? » lança Samantha à son acolyte.
« Non ! T'as vu sa dégaine ? Jake ne peut pas bander pour ça ! Avec moi par contre... »
Elles éclatèrent de rire, j'étais tellement énervée de les avoir sur le dos chaque jour que j'étais tentée de me battre contre les deux en même temps, je n'aurais hélas aucune chance. Je retournai à mon dortoir, suivie, confirmant ce dont je m'étais plainte quelques minutes plus tôt.
« Alors ? » me demanda ensuite Esmé.
Je lui fis non de la tête, elle ne parut pas déçue, plutôt résignée, comme la plupart des détenues, elle n'avait plus aucune illusion et si peu d'espoir.
« Izzy, tu dois rester forte. » voulut me consoler Alice.
« Personne ne fera rien contre elles ? » m'insurgeai-je.
« Il y en a qui ont essayé et ça s'est mal terminé. » intervint Carmen, sombre.
Une fois encore, elle ne m'en dit pas plus et Alice s'empressa de bavarder pour alléger l'atmosphère.
_oOo_
Une semaine plus tard, mon conseiller me convoqua dans son bureau. Je m'attendais à ce qu'il me demande pourquoi je n'avais pas rapporté les formulaires mais non, il se contenta de m'annoncer une visite officielle avant de me conduire dans une salle d'interrogatoire. Sur le moment, je ne reconnus pas mon visiteur, il était avachi sur la table penché sur un épais dossier, vêtu d'un t-shirt et sans doute un jean, il n'avait pas de lunettes sur son nez. Une fois seuls, il releva son visage.
« Bonjour, mademoiselle Swan. »
Je luttai pour ne pas paraître étonnée, ni effrayée. Comment connaissait-il mon vrai nom ?
« Mais qu'est-ce que vous faites là ? »
« Je suis venu parce que vous me mentez, depuis le début. Et que je ne comprends toujours pas pourquoi. »
Il se leva de sa chaise et marcha jusqu'à moi. Je voyais déjà rouge, pourquoi était-il venu ? Son job était fini !
« Je ne vois pas de quoi vous parlez. » mentis-je.
« Vous n'étiez pas seule ce soir-là, et vous n'étiez pas au volant. J'en suis persuadé. »
« Bien sur que si, lisez le rapport, contrai-je. Et puis qu'est-ce que ça peut vous foutre ?! » m'énervai-je pour de bon.
« La prison a déjà fait son œuvre sur vous, vous me paraissez aussi sauvage que ces criminelles. »
« On n'est pas dans une prison pour meurtrières, toutes ces femmes, comme moi, on fait un mauvais choix, et elles en subissent les conséquences. Ne vous croyez pas mieux que nous. »
« Et pourtant je suis libre et pas vous, pas ces femmes. » rétorqua-t-il en désignant mon uniforme beige et informe.
« Barrez-vous. » grognai-je, les mâchoires serrées.
« Je peux rouvrir votre dossier. »
« Tu ne vas rien faire du tout. Tu vas remonter dans ta voiture, tu vas rejoindre ton appartement et ta petite vie d'homme libre, et tu ne reviens pas. »
Il ouvrit la bouche, la referma, mon regard noir et moqueur avait réussi à le réduire au silence. Je jubilais, moi qui pesais à peine cinquante kilos désormais, j'arrivais à intimider un homme plus grand et fort que moi. Masen appela le gardien pour être escorté dehors, sans plus me parler il quitta la pièce.
Je filai aux cabines téléphoniques, pour une fois je n'étais pas suivie. Comme à chaque fois que je téléphonai à quelqu'un, je pouvais entendre le message automatique demander à l'interlocuteur s'il acceptait un appel de la prison de Bradford en Floride, si oui, il devait appuyer sur 1.
« Bonjour, ici l'infirmière Berry, que puis-je pour vous ? »
« Bonjour... Je voudrais parler à Renée Dwyer. »
« Elle est dans le coma, elle ne peut pas prendre d'appel. » me rabroua-t-elle.
« Je veux juste encore essayer. »
« Ah c'est vous, ajouta-t-elle plus doucement. Vous êtes sa fille n'est-ce pas ? »
« Oui. »
« Voilà, j'ai posé le combiné près de son oreille. »
« Maman, bonjour c'est Bella. J'espère que tu m'entends... Oh maman, je ne suis plus certaine d'avoir encore toute ma tête ! Je hais chaque seconde passée ici, je voudrais tant que tu te réveilles et que tu me dises qui t'a mise dans cet état. Comment as-tu pu survivre ici ? Tu n'étais pas une criminelle ! Pourquoi t'ont-ils enfermée ? Et pourquoi ils ont laissé faire ça ?! S'il te plait réveille-toi. Je ne sais pas si je découvrirais un jour la vérité sans ton aide. Je veux te venger, je te jure de le faire mais aide-moi ! Réveille-toi ! »
Je me laissai glisser au sol en pleurant quand soudain je sentis deux bras autour de mon torse. On me soulevait et m'emportait loin du combiné.
« Maman ! » hurlai-je.
« Calmez-vous, Izzy, sinon je devrais appeler un surveillant. »
Je me laissai conduire à l'infirmerie et pris place sur la table d'examen. Le docteur Cullen me dévisagea longuement avant de finalement retourner derrière son bureau. Il griffonna sur son cahier et j'en profitai pour m'échapper de l'infirmerie.
« Izzy ! » m'appela-t-il rapidement derrière moi.
« Laissez-moi tranquille. »
Voilà vous avez eu des réponses, vous avez revu Edward et fait connaissance avec le docteur Cullen !
J'espère que ça vous a plu.
VanessaJJ
