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Janvier 2015

La revanche de Lauren arriva le lendemain du nouvel an, dans les escaliers menant à la cour. Tout se passa si vite, Jessica et la nouvelle recrue, Victoria, me firent tomber puis elles me donnèrent des coups de pieds dans le ventre et les jambes. Je réussis quand même à me relever, je donnai un grand coup entre les jambes de Jessica qui se plia sous la douleur et fonçai ensuite dans Victoria. Elle aussi dégringola quelques marches, j'allai lui fracasser le nez quand je fus tirée en arrière par Emmett.

Il dut user de toute sa force pour me traîner vers le bureau des surveillants, à l'entrée. D'autres gardiens accoururent et escortèrent mes agresseurs à l'infirmerie.

« J'allais les tuer toutes les deux ! » hurlai-je.

« Justement. Il ne te reste plus que quatre mois, Black et Volturi t'ont dans le collimateur, Lauren se charge de lui maintenant. J'ai besoin que tu joues les grandes malades. Tu dois rester à l'infirmerie pour que je puisse plaider notre cause. »

« Notre cause ? »

« Faire cesser le règne du gang et faire le ménage, côté détenues et surveillants. »

« Mais elles m'ont à peine touchée. » sifflai-je, vexée.

« Fais voir ! » me pressa-t-il.

Je soulevai les jambes de mon pantalon, j'avais les deux tibias et genoux en sang. Mes bras portaient des traces de morsure mais elles dataient de quelques jours, une stupide histoire de brosse à dents tombée à terre.

« Va à l'infirmerie. » me conseilla Emmett.

Il me donna le papier m'autorisant à quitter mon bloc. Le docteur Cullen ne fut pas surpris de me voir. Sans rien dire, il m'apporta une poche glacée.

« Pourquoi ? »

« Votre visage. »

Je cherchai mon reflet dans la fenêtre et découvris une de mes pommettes bleue, l'œil au-dessus gonflé et ma lèvre inférieure saignait.

« Je vous ai vue en pire état. »

« Vrai. »

« Reposez-vous, l'agent... »

Il se pencha vers mon autorisation pour lire qui m'avait envoyée le voir.

« Mc Carthy a marqué deux heures. »

Le médecin s'affaira auprès d'une autre patiente, une femme d'une soixantaine d'années que j'avais croisée quelques fois, grimaçait de douleur. Elle s'endormit difficilement vingt minutes plus tard.

« Elle va sortir ? »

« Je l'ai demandé mais ça n'est pas certain que cela lui soit accordé. Et vous Isabella- »

« Izzy. » rectifiai-je.

« Izzy, quand allez-vous être libérée ? »

« Fin avril. »

« Tant mieux pour vous. » me sourit-il.

Esmé avait raison, c'était un ange.

« Je peux vous poser une question ? »

« Je vous écoute, Izzy. »

« Vous souvenez-vous du jour où Renée Dwyer a été agressée ? »

« Oui, c'était terrible. »

« Savez-vous si il y a eu une enquête interne ? »

« Pour savoir pourquoi personne n'avait remarqué son absence lors du comptage de la matinée ? devina-t-il, soudain plus grave. Pourquoi aucun agent n'avait été vérifié que les douches étaient évacuées après l'heure réglementaire ? Pourquoi ? Je n'en sais rien. »

« Il y a eu des rumeurs, des soupçons ? »

« Le gang a été soupçonné mais leur chef a été disculpée. »

« Ça n'empêche pas d'avoir commandité l'agression. Elle a été... laissée pour morte. »

« Je le sais, Izzy, je le sais. Croyez-moi, il y a ici des gens qui ne se soucient pas des détenues. »

J'avais deviné cela, pour autant je n'avançais pas dans mon enquête. À son poste, il n'avait apparemment pas eu plus d'informations et était à part du personnel de la prison. J'avais réellement peur de ne rien découvrir, ou encore que la responsable eût été entre temps libérée.

_oOo_

Le samedi suivant, pour la première fois, j'allai à la salle des visites sans appréhension et sans rechigner. Je repérai immédiatement Edward Masen et Esmé en grande conversation mais bien vite, il m'aperçut et me sourit. Esmé se tourna également vers moi, son sourire discret et amusé. Elle dit au revoir à son avocat puis se leva.

« Encore merci Izzy ! » me dit Esmé en me croisant.

J'allai m'assoir en face d'Edward et constatai avec soulagement que Volturi n'était pas dans le coin.

« Bonjour, Bella. »

Je tiquai à nouveau sur mon surnom mais ne le repris pas, il fallait que je sois plus aimable avec lui.

« Edward. » dis-je simplement.

« Merci de m'accorder de votre temps. » plaisanta-t-il.

« Alors où ça en est avec Esmé ? »

« Bien. Mon père a accepté de... »

« Vous n'allez pas plaider ? » m'énervai-je aussitôt, me sentant trahie.

« Mon père a plus d'expérience, plus de relations aussi. »

J'étais vraiment étonnée, j'avais compté sur son besoin de reconnaissance.

« Papa à la rescousse. » me moquai-je.

« Je ne plaide pas ce genre de crimes. Et vous êtes mal placée pour me reprocher d'avoir demandé de l'aide à mon père. Je sais que votre père est... »

Je posai en urgence une main sur sa bouche.

« Quand pourra-t-elle sortir ? » m'empressai-je de changer de sujet.

« La demande de révision va être reçue par le juge dans quelques jours, dans un mois, elle aura une réponse. Puis il y aura un nouveau procès, elle sortira dans six à neuf mois. »

« Merci, Edward. »

« Je ne suis pas le petit con d'avocat aujourd'hui ? »

« Non... désolée. »

Je baissai la tête, gênée d'avoir été aussi dure avec lui depuis notre rencontre. Edward Masen m'avait prouvé à plusieurs reprises qu'il était avant tout professionnel et dédié à ses affaires. Mon père m'avait promis qu'un avocat commis d'office ne poserait plus de questions après la fin du procès. J'étais tombée sur une exception.

« Bella, que s'est-il passé ? »

Il pointa ma pommette puis me prit la main, comme pour compatir. Le gardien nous ordonna de nous lâcher, nous n'avions le droit à aucun contact, il dut répéter car Edward n'avait pas obéi au premier avertissement.

« Je dois y aller. » murmurai-je.

« Un rendez-vous important ? »

Je ne répondis pas et allai rapidement jusqu'à mon dortoir, en massant doucement ma main gauche. Il m'avait touchée, si délicatement, presque tendrement... Et son regard, vert puis noir, amusé puis sérieux. Il m'avait touchée, et c'était évident et naturel, ma peau avait reconnu la sienne...

Stop !

Voilà que je parlais comme les romans à l'eau de rose que ma mère aimait lire.

_oOo_

À la fin du mois, je croisai Carmen en sortant de mon rendez-vous mensuel avec le conseiller.

« Quoi de neuf, Izzy ? »

« Rien, et toi ? »

« Je t'en dirai plus après. Au fait, Alice a besoin de toi, elle est à la salle des visites. »

Elle entra dans le bureau de Black et j'allai rejoindre ma co-détenue. Alice m'attendait devant la porte, elle jetait des regards anxieux toutes les dix secondes vers la salle.

« Alors ? »

« Oh Izzy ! Merci d'être venue ! »

« Que veux-tu ? »

« Accompagne-moi. »

Elle me désigna une table.

« Qui est-ce ? »

« C'est mon futur agent de probation et bénévole d'une association d'aide aux anciens détenus. Tu sais que je vais être libérée dans trois mois et j'en ai encore pour un an de probation. »

« Alors pourquoi tu as besoin de moi ? »

« Mais regarde-le ! » monta-t-elle dans les aigus.

« Je l'ai regardé. » rétorquai-je toujours obtuse.

« Il est magnifique ! Il faut que tu m'aides ! Il faut que tu m'empêches de le draguer ! »

Je ne fis plus une remarque, j'allais enfin m'amuser un peu. Alice, toujours si confiante en elle, souriante, rougissait et bégayait.

Jasper Whitlock, l'agent de probation, expliqua à Alice qu'il viendrait deux fois par mois pour l'aider à trouver un emploi jusqu'à sa libération.

« Justement, avant d'être arrêtée, (elle déglutit en évitant encore le regard bleu de l'homme en face d'elle) j'ai eu un entretien avec un styliste pour être son assistante. Vous pourriez peut-être voir s'il a de nouveau besoin de moi ? »

« Oui c'est une bonne piste mais il se peut que durant l'année de probation, vous ne soyez obligée de travailler dans un autre domaine. Après tout, vous avez été condamnée pour vol. »

« Emprunt. » rectifia-t-elle, mais pour la première fois sans crier.

Jasper Whitlock n'avait cessé de la dévisager, fasciné.

« Ne vous inquiétez pas, ça ne sera que temporaire, ça ne compromettra pas votre carrière. » promit-il.

« Merci. »

Il se leva et nous dit au revoir. Il décocha un ultime sourire à Alice avant de disparaître dans le couloir. L'instant d'après, j'avais une jeune femme hystérique avec moi et mal aux oreilles.


Jasper a fait son arrivée dans l'histoire et je pense que le coup de foudre a opéré. J'espère que ça vous plait toujours autant, laissez-moi vos impressions! A bientôt!