Chapitre plus long car important, il va s'en passer des choses! Bonne lecture!
Février 2015
Lauren tenta à plusieurs reprises de m'embrigader et par provocation, j'avais vite décidé d'en parler à mon conseiller.
« Mademoiselle Higginbotham, que se passe-t-il ? » m'accueillit Jacob Black avec un sourire hypocrite.
« Je suis harcelée. » déclarai-je d'emblée.
« Je n'ai eu aucun rapport d'un surveillant, pourtant. »
Sans surprise, il ne parut pas inquiet ou même concerné par mon cas.
« C'est assez discret, je reçois des lettres de Lauren, elle m'envoie régulièrement ses deux chiennes pour me menacer si je ne les rejoins pas dans leurs activités. »
« Sans preuves, je ne peux rien faire. » statua Black en se reculant dans son fauteuil.
Son air faussement peiné me fit serrer les poings, il n'agirait pas.
Comme par hasard, le soir même, j'étais encore prise pour cible par le gang et finis en cellule d'isolement pour trois jours.
À peine sortie et douchée, je fus conduite dans une salle d'interrogatoire. Apparemment l'administration en avait assez de me mettre à l'isolement et avait l'intention de prendre des sanctions, me prévint l'agent Mc Carthy.
« Vous devez faire profil bas, encore une bagarre et vous prendrez dix jours de plus. »
« Merci de me prévenir. » soufflai-je.
Il hocha la tête mais ne relâcha pas sa poigne sur mon épaule en me guidant.
« Vous ?! » m'exclamai-je, en découvrant mon avocat seul dans la pièce.
« Je reviens dans une demi-heure, si elle vous pose problème, appuyez sur ce bouton. » indiqua le gardien à Edward Masen.
« Nous ne sommes pas filmés ? » s'étonna mon avocat.
« Problème technique. » se contenta de nous dire le surveillant avant de nous laissez seuls.
Edward s'assit et insista pour que je fasse de même. Pour une fois il portait un costume, je n'avais même pas réaliser lors de mon procès que mon avocat était encore plus sexy ainsi. Mais pourquoi pensais-je à ça ?!
« Lundi dernier, j'ai pu à nouveau consulter votre dossier, attaqua-t-il. Vous n'avez pas pu conduire le 4x4 de votre beau-père. Vous n'avez pas pu être sur cette route. Pourquoi avez-vous menti ? »
Et moi qui pensais qu'il avait abandonné la partie ! Seulement aujourd'hui je n'avais pas les nerfs à l'écouter tenter de me convaincre de ma propre innocence, j'étais bien placée pour savoir que j'étais innocente.
« Je suis une femme adulte, je sais ce que j'ai à faire. J'ai commis un délit et je vais faire mon temps ici, assénai-je. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ! » raillai-je.
« Bella ! Non ! Vous êtes en train de payer pour les actions de Phil Dwyer. »
Je sentis le sang déserter mon visage, ma plus grande peur se réalisait. Que savait-il exactement ? Qu'allait-il faire ?
« Écoutez Masen - »
« Edward. » me reprit-il.
« On s'en fout ! Écoutez-moi. Pour la dernière fois, laissez-moi ici. Arrêtez de venir pour ressasser la même chose. En plus, la gardienne m'a déjà dans son collimateur, c'est pire à chaque fois que vous ramener votre belle gueule ici. Je dois rester dans le rang, je dois me faire oublier. Il ne me reste plus longtemps. »
J'avais dit 'belle gueule' ? J'étais vraiment épuisée, malgré l'isolement, j'avais peu dormi et m'étais torturée à réfléchir.
« Je peux vous aider. » me proposa-t-il.
Était-il sourd ?
« Mais pourquoi ? Vous étiez commis d'office, ça n'est plus votre affaire. Et d'ailleurs comment avez-vous eu accès à mon dossier la semaine dernière ? »
« Je n'ai clôturé votre affaire. Je suis toujours votre avocat. » avoua-t-il plus bas.
Il aurait du l'être, les avocats commis d'office ne gardaient pas les affaires, ils n'avaient aucun intérêt à ça. J'avais signé un document pour ça.
« Vous êtes en train de manigancer quoi derrière mon dos ?! Ça a un rapport avec Esmé ? » m'inquiétai-je.
« Bella, vous avez été ma première affaire, et vous avez perdu. »
« Excusez-moi, monsieur, d'avoir plombé vos chiffres, ironisai-je. J'ai autre chose à foutre que de vous écouter vous plaindre. »
« Ah oui et quoi ? »
« J'ai été au trou trois jours, j'ai besoin d'une dizaine de douches encore avant de pouvoir me sentir propre, et tout ça sans me faire attraper dans un coin par une gouine en manque. »
« Quelqu'un vous a agressée ? »
« Laissez tomber. »
« Je n'en peux plus de vous ! Vous êtes impossible à comprendre ! » s'écria-t-il avant de se lever et commencer à faire le tour de la pièce.
Pourquoi n'arrêtait-il pas de vouloir me sauver ? Je me redressai à mon tour et m'éloignai de lui pour me poster devant la fenêtre qui donnait sur le parking de la prison. Finalement il se stoppa derrière moi, et mon corps réagit instantanément à sa présence. Je sentis mes forces m'abandonner, mes bonnes résolutions s'effacer de ma mémoire, et surtout ma colère ressurgir. J'étais en colère contre lui, contre ces sensations qu'il m'imposait, contre sa voix de velours, contre ses yeux verts qui me hantaient dans mes rêves. C'était plus simple de lui en vouloir à lui plutôt qu'à moi.
« Bella... retournez-vous. » murmura-t-il.
Je lui obéis, je le laisserais sonder mon âme à travers mes yeux, je le laisserais me marquer sans broncher. Enfin je ressentais quelque chose d'agréable, de chaleureux, de grisant.
« Bella... ».
« C'est terminé ! » beugla un surveillant en surgissant dans la salle.
_oOo_
Lors d'une promenade dans la cour deux semaines plus tard, je me surpris à penser encore à Edward Masen. Je me torturais l'esprit, le reverrais-je seulement ? Je lui avais signifié ne plus avoir besoin de ses services, maintenant qu'Esmé préparait avec son père le nouveau procès.
Je devais lutter âprement et chasser certaines pensées le soir. Ce que j'avais ressenti n'était que la conséquence de six mois dans cette prison, six mois sans être moi-même, telle était mon excuse. Alors que Bella Swan, elle, serait déjà amoureuse de son avocat, Izzy Higginbotham, avait mieux à faire. Il me restait trois mois à tenir dans ce trou et je n'avais toujours rien de concret.
Personne n'avait rien vu ni entendu le jour où ma mère avait été agressée. J'avais éliminé Lauren de ma liste de suspects. Elle ne laissait jamais aucun doute, si elle voulait faire passer un message, on savait que ça venait d'elle.
« Pourquoi ça t'intéresse tant de savoir qui a voulu tuer cette femme ? » me questionna Carmen, me voyant encore dans un coin de la cour à ruminer.
« Tu ne penses pas que le coupable devrait être trouvé et puni ? » répliquai-je.
« Si, dans le monde libre. Mais ici il n'y a pas de lois. »
« Tu es bien cynique aujourd'hui, Carmen. » nous coupa Esmé.
« Izzy ne comprend toujours pas ce qu'il se passe ici. Je la croyais endurcie mais en fait elle pense encore comme si elle était innocente et en liberté ! » s'écria notre notre co-détenue.
« Je ne renoncerai pas à la justice, ici ou dehors. Et si je suis ici c'est parce que je le méritais ! » plaidai-je.
« Et Renée aussi le méritait ! »
« Elle avait oublié de payer ses impôts ! répliquai-je en perdant mon sang froid. Elle n'a pas voulu frauder ! Elle est honnête, elle n'est pas une délinquante ! »
Esmé me prit par le bras et m'éloigna de Carmen.
« Calme-toi, Izzy. »
« Elle ne sait pas... Personne ne sait... »
« Et ça doit rester comme ça, personne ne doit savoir, me dit-elle fermement. Rentre. »
Je repartis vers le bâtiment mais n'avais aucun intention d'aller pleurer comme une gamine dans mon lit. Je devais réfléchir, trouver qui avait voulu tuer ma mère. Je marchai jusqu'au bout de la cour, vers l'une des tours de garde.
« Ça n'est pas que je ne veux pas mais tu connais les règles. Je pourrais aller en prison. » entendis-je dire l'agent Mc Carthy.
« Tu ne me fais pas confiance ? »
Je me plaquai contre un mur et approchai d'un coin du mur du bâtiment. Que se passait-il ?
« Rosalie, je ne fais confiance à personne ici, lui répondit-il. Toi c'est différent je le sens, mais ça ne change rien. »
« Je ne suis rien pour toi ! Tu es comme tous les autres ! »
« Et tu me crois stupide ? Tu penses qu'on ne sait, nous autres, que certaines prisonnières sont prêtes à tout pour séduire un gardien ? Tu penses qu'on ne nous a pas préparés à ça ? Si je suis surpris seul avec toi, je risque ma place et si jamais on avait... on faisait l'amour, je serais emprisonné. »
« Je ne voulais qu'un baiser. C'était la Saint-Valentin ! » expliqua encore plus furieuse Rosalie.
« Tais-toi, on pourrait nous entendre. » gronda le surveillant.
« Emmett... »
J'entendis leurs lèvres se rencontrer furtivement, Rosalie soupira ensuite et Emmett s'éloigna à grand pas dans la direction opposée sans me voir. Ma colocataire surgit devant moi, elle se stoppa en me découvrant.
« Tu fais quoi là ? » m'invectiva-t-elle.
« J'allais rentrer, suis-moi. »
J'avais enfin un moyen de pression sur elle, et puisqu'il n'y avait pas de lois, j'allais agir en dépit de la morale.
« Qu'est-ce que tu veux ? » me lança-t-elle une fois revenues dans notre « chambre ».
« Je veux qu'il m'aide à découvrir qui a voulu tuer Renée Dwyer. »
« Non ! siffla-t-elle. Ne lui attire pas d'ennuis ! »
« Parce que tu ne l'as pas forcé plus tôt ? »
« C'est différent. »
« Écoute, je suis la première ravie de vous voir amoureux, mais j'ai besoin d'aide. »
« Je verrai ce que je peux faire. »
Rosalie s'échappa vers les toilettes, quant à moi, puisque tout était calme, je continuai à fomenter ma vengeance.
_oOo_
« Alors raclure, ton avocat ne vient pas ce mois-ci ? » me questionna un soir Volturi.
Elle se mit à genou à côté de ma couchette puis passa la main sous mon oreiller. Je me tendis même si je n'avais rien caché là depuis plusieurs semaines, un réflexe.
« Oh pas de photo de lui ? Dommage. » soupira-t-elle.
« Tu vas devoir encore faire marcher ta cervelle pour te doigter ce soir en rêvant de sa queue. » la vannai-je.
Elle abattit sa main sur ma gorge, je ne cillai pas. Il était temps qu'elle réagisse.
« Tu n'es pas encore sortie, détenue. Tu es encore sous mon autorité. » me rappela-t-elle, ses pupilles cruelles se délectant de me voir suffoquer.
Elle ne me tuerait pas, elle voulait me faire peur. Je ne pouvais pas me défendre parce que Volturi arriverait à tourner la situation en sa faveur. Je la laissai faire en souriant, quand elle me relâcha, elle dut comprendre que j'étais plus forte qu'elle ne le pensait.
Au dîner, étrangement, je pus manger tranquillement. Rosalie était silencieuse et me fusillait du regard régulièrement, ça n'avait rien d'exceptionnel. Alice continuait de nous abreuver de détails sur sa nouvelle passion : son agent de probation. Esmé l'écoutait avec bienveillance. Carmen, elle, avait été un peu souffrante, elle s'était excusée pour ce qu'elle m'avait dit l'après-midi puis était partie se coucher tôt avec deux cachets d'aspirine. Et moi, je n'avais plus été bousculée, insultée, menacée.
Ce fut pourquoi, en me couchant, j'eus l'intuition que Volturi ou le gang allait agir cette nuit, je me préparai à une nuit sans sommeil. Vers deux heures trente du matin, j'entendis chuchoter. Le gardien devait dormir, nous étions dans le dortoir le plus « sage » après tout. Les pas furtifs se rapprochèrent, je pinçais la poche remplie avant de mordre le coin pour la percer. Je laissai le liquide inonder mon pyjama. Je perçais l'autre poche et la gardai prête à l'emploi.
Victoria apparut, sa chevelure rousse reconnaissable dans la faible lumière. Je n'aurais donc pas le plaisir de piéger aussi Lauren... Quoique...
« Vas-y » chuchota Lauren en la rejoignant.
Je la sentis approcher à son tour de mon lit et se pencher au-dessus de moi. Victoria me frappa alors avec un objet lourd, je me recroquevillai sous le choc, je n'avais attendu que ça. Je me relevai d'un bond en criant, leur fis face et les aspergeai de mon sang, m'éclaboussant au passage. Je me rallongeai ensuite et attendis en essayant de ne pas rire. Lauren et Victoria ne crièrent pas aussitôt mais quand la lumière s'alluma, elles découvrirent ce que je leur avais fait, leur visage et leur corps rouge de mon sang.
Deux gardiens accoururent et nous cernèrent. Rosalie s'était éveillée déjà, elle me regardait sans cacher sa peur, je devais avoir l'air d'une démone.
« On a une détenue blessée ! » s'écria l'un des gardiens avant de m'ordonner de rester allongée.
« C'est un coup monté » protesta Lauren quand elle et sa comparse furent plaquées au sol.
L'alerte retentit, j'entendis les autres prisonnières râler, obligées de s'allonger au sol. L'agent Mc Carthy arriva à ce moment-là et demanda discrètement à Rosalie si elle allait bien. J'en profitai pour réclamer de l'attention et il fut désigné naturellement pour m'accompagner à l'infirmerie quand il fut clair que je n'étais pas gravement blessée.
« Comment tu as fait ? » me questionna Emmett Mc Carthy une fois seuls dans le couloir.
« Des mois de préparations. »
« Tu veux dire que tu as cherché à être agressée ? »
« Sans preuves, l'administration ne fait rien, expliquai-je sans plus pouvoir contenir ma joie. J'ai même eu Lauren ! »
« Je ne comprends pas. »
« Tu dois vite aller récupérer les bandes vidéos. » l'interrompis-je avec urgence.
« Tu penses que... »
« Volturi ! Elle et le gang sont de mèche. Tu dois absolument mettre en sécurité les vidéos prouvant que j'ai été agressée, avant qu'elles ne disparaissent mystérieusement. »
Nous étions arrivés à l'infirmerie et il me laissa après avoir dit à l'infirmière que je devais rester menottée et examinée.
Jane Volturi débarqua une demi-heure plus tard, échevelée et le regard noir.
« Laissez-nous ! » ordonna-t-elle à l'infirmière.
« Tu n'as pas intérêt à me toucher. » la prévins-je.
Volturi rigola avec arrogance, je lui montrai mon cou où l'on voyait toujours les traces de ses mains.
« J'ai fait une déclaration aujourd'hui, maintenant tu es ici et seule avec moi. Ton compte est bon. »
Le docteur Cullen avait pris des photos et un autre conseiller avait enregistré ma plainte. Elle était vraiment stupide si elle pensait que je la fermerais.
« Tu penses que l'on va te croire ? Tu n'es rien ici. » cracha Volturi.
« Je suis certaine que même ton frère ne pourra pas t'épargner. Ça va très bien t'aller la tenue de prisonnière. » me moquai-je.
L'agent Mc Carthy ouvrit la porte brusquement, il était suivi par l'infirmière que Jane Volturi avait chassée.
« Mais qu'est-ce qu'il se passe ici ?! » gronda-t-il.
Volturi s'en alla sans s'expliquer, certaine de ne pas avoir à se justifier. Mc Carthy me fit un signe de la tête, me faisant comprendre qu'il avait mis en sécurité les preuves de mon agression.
Je passai la nuit à l'infirmerie, à mon réveil, le docteur Cullen avait pris son service. Il me donna encore une heure avant d'autoriser mon interrogatoire.
« Votre avocat sera présent, vous allez avoir le droit à un quart d'heure de concertation. » m'expliqua plus tard un gardien.
Edward serait là ? Je ne l'avais pas prévu, ça. Je me rembrunis, déjà gênée à l'idée de lui raconter à lui aussi comment j'avais pu asperger de sang mes deux agresseurs.
Il était déjà assis dans la petite pièce d'interrogatoire, l'air encore un peu endormi, le rendant attendrissant. Non, je ne devais pas penser à lui ainsi, il était mon avocat, point.
« Bonjour, Edward. » le saluai-je simplement.
« Bella, que se passe-t-il ? » me pressa-t-il, affolé tout en parcourant du regard mon corps.
Il passa une main dans ses cheveux après avoir voulu me toucher. Il s'était retenu, nous n'avions pas le droit à un quelconque contact et je réalisai alors à quel point cela m'aurait plu. Être prise dans les bras de mes parents, prendre la main d'une amie pour la réconforter, passer mon bras sous celui de ma mère me manquait. Mais à cet instant j'avais juste très envie de me blottir contre Edward.
« Expliquez-moi pourquoi j'ai été tiré de mon lit à cinq heures du matin. » poursuivit-il plus calmement.
« Je vais bien, j'ai juste... été agressée cette nuit. »
« Vous n'avez pas été blessée ? » me questionna-t-il toujours en m'inspectant de haut en bas, cette fois-ci à un mètre de moi.
« Non, juste un coup au ventre. »
« J'ai été informé que vous saigniez abondamment, je n'ai pas été autorisé à en savoir plus. Votre père et votre beau-père sont très inquiets. » ajouta-t-il.
« Oh ! Mais comment ont-ils été prévenus ?! » m'emportai-je.
En fait j'étais en colère contre moi-même, je leur avais déjà infligé beaucoup et ils auraient mérité ne s'inquiéter que pour ma mère. J'aurais dû être auprès d'eux pour les soutenir, je savais que je leur faisais défaut, jamais je n'avais voulu les inquiéter. C'était pour cette raison qu'ils n'avaient pas le droit de me téléphoner, ni de me rendre visite en dehors du fait que je ne voulais pas qu'on sache que j'étais la fille de Renée Dwyer.
« Vous leur avez dit, réalisai-je face au silence de mon avocat. Alors si on en est à se servir de vous comme messager, comme vont-ils ? Et comment va ma mère ? »
« Ils tiennent le coup, votre père compte les jours jusqu'à votre libération. Votre mère... hélas il n'y a pas d'amélioration, son état est stable cependant. Nous devons parler, Bella. Vous m'avez caché les menaces et les nombreuses tentatives d'intimidation. »
« Parce que ça n'est pas important, je veux découvrir qui a mis ma mère dans le coma. » lui appris-je même s'il avait du le comprendre récemment en parlant à ma famille.
« Et ces deux détenues qui vous ont agressée, vous les croyez responsables de ce qui est arrivé à votre mère ? »
« Au début oui, j'ai de gros doutes désormais. Mais ce gang doit de toute façon être mis hors d'état de nuire. Elles terrorisent les autres détenues, alimentent le marché noir et au moins deux de ses membres couchent avec le conseiller Jacob Black. »
« Ce sont des accusations graves. Vous avez des preuves ? »
« Les langues vont se délier. Pour avoir quitté leur dortoir en pleine nuit, Lauren et Victoria vont aller en cellule d'isolement. J'ai parlé avec... je ne peux pas vous donner son nom mais il cherche aussi de son côté. De plus il est évident aussi que la surveillante Jane Volturi est de connivence avec le gang. »
« Bella, je comprends mieux vos motivations, mais vous vous mettez en danger et vous risquez de prolonger votre peine. »
« Je dois retrouver- »
« J'ai compris, je vous soutiens mais je ne supporte pas de vous savoir dans cet endroit. » confia-t-il tout bas.
Il approcha encore de moi, je me souvins pour la millième fois de ce qu'il s'était passé deux semaines plus tôt dans cette même salle. J'avais été si proche de le toucher, de le sentir. Et lui, que ressentait-il ?
Je relevai mon visage vers le sien pour lire dans son regard, mais il y avait trop de choses qui me paraissaient incongrues. Je me détournai, bouleversée et confuse. Pourquoi ressentirait-il de la compassion pour une délinquante, de la tendresse pour quelqu'un qu'il ne connaissait pas vraiment, de l'inquiétude pour une cliente emmerdante ? Et cette lueur dans ses prunelles, plus foncées que jamais, ne pouvait pas non plus être causée par du désir, c'était impossible.
Après tout qu'avais-je à perdre ? Je ne le reverrais plus après ma sortie, s'il me repoussait je n'aurais pas de regrets. J'allais réagir telle Izzy et oser tout. Je me collai à lui et passai un bras derrière sa nuque, il ne résista pas quand je l'attirai vers moi, quand je l'embrassai avec désespoir.
Deux coups furent frappés peu après, Edward et moi nous séparâmes, essoufflés. Nos regards ne se quittèrent pas, le sien comme le mien surpris et emplis de questions.
« Isabella Higginbotham, je dois vous interroger. » nous interrompit-on.
« Je suis Edward Masen, l'avocat de Mlle Higginbotham. »
« Inspecteur des prisons, Garrett Winston, je suis en charge de cette enquête. Asseyons-nous. »
Je remarquai enfin que l'inspecteur était accompagné de l'agent Mc Carthy.
« Mademoiselle, expliquez-moi ce que vous faisiez avec ça. »
Il sortit d'un sac une des pochettes que j'avais rempli de sang et d'eau pour avoir une quantité suffisante. Edward attendit tout aussi impatiemment ma réponse, il glissa sa main sous la table pour se saisir des miennes.
« J'ai collecté ces derniers mois du sang, je l'ai stocké et j'y ai ajouté de l'eau. » leur dis-je sans relever le visage.
« D'où vient ce sang ? » m'interrogea l'inspecteur.
« De mes règles. » murmurai-je.
L'agent Mc Carthy et Edward sursautèrent mais pas l'inspecteur. Il reprit d'une voix égale :
« Ingénieux. Vous aviez donc prévu de vous venger depuis le début de votre emprisonnement. »
« Mesure de sécurité. » rectifiai-je.
« Alors je vous écoute, dites-moi pourquoi vous avez jugé cette mesure nécessaire. »
Une heure et demie plus tard, j'avais tout dit, tout rapporté, mes preuves et mes soupçons. J'avais plaidé la cause de Renée sans évoquer notre lien filial.
« Lauren Mallory et Victoria Fein ont été placées à l'isolement et feront l'objet de nouvelles condamnations. Je préviendrai votre avocat pour la suite. » conclut l'inspecteur.
Edward dut le suivre immédiatement, nous empêchant de nous parler encore.
J'attends vos reviews avec impatience! Et pour la suite vous devrez attendre la semaine prochaine! À bientôt!
