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Mars 2015
Après une enquête de quelques jours seulement, car comme je l'avais prédit les langues s'étaient déliées, Jessica et Victoria furent condamnées à un an de prison supplémentaire. Lauren, elle, avait pris cinq ans de plus après les aveux du conseiller et les preuves de son trafic de cigarettes. Les trois criminelles furent transférées dans des prisons différentes, libérant celle de Bradford County de leur règne de la terreur.
Évidemment d'autres aspirantes au poste de chef de gang dominant se firent connaître rapidement. Les gardiens n'eurent aucune pitié et chaque tentative était immédiatement punie.
« Le fait que Black ait été à ce point corrompu a alerté le directeur en personne. » m'apprit Rosalie qui tenait ses informations de son petit-ami non officiel.
« C'est un vrai soulagement. Et pour les Volturi ? »
« Le problème c'est qu'ils ont un papa puissant, Emmett est en quelque sorte un espion mais le directeur l'a prévenu, s'il arrive quoique ce soit avant d'avoir des preuves en béton, il sera seul face aux Volturi. »
« Silence ! » résonna soudain la voix d'un surveillant.
Je remontai ma couverture sur moi et attendis quelques instants avant de reprendre la conversation.
« Et qui est leur père ? »
« Apparemment c'est le gouverneur du Mississipi. »
« Alors pourquoi ses enfants travaillent ici ? Il y a plus prestigieux, non ? »
« Emmett aussi se pose la question, on ne sait pas et le directeur lui a dit que Alec et Jane Volturi ont postulé de leur plein gré. »
« Bizarre cette famille. Tu penses qu'il y a une magouille ? »
« Ils sont parfaits dans leur rôle en tout cas, commenta ma voisine. Pervers et implacables, ils me paraissent assez dingues pour vouloir régner sur une prison. »
« Rosalie, tu en as encore pour combien de temps ? »
« Un mois. »
Je me redressai vivement et sautai sur son lit. Jamais elle n'en avait parlé, à personne et Alice m'avait pourtant dit qu'elle avait été condamnée à trois ans.
« Comment ça se fait ? »
« Je ne peux pas en parler. »
« Emmett ? »
Elle me fit non de la tête dans la semi pénombre et sembla vexée.
« Pourquoi tu n'en as pas parlé ? »
« Izzy, ça doit rester secret. Ils vont dire que je suis transférée pour ma dernière année. En fait je retourne dans l'État d'Illinois pour témoigner au procès de mon ancien fiancé. Il a violé une femme il y a quelques mois, il l'a déjà fait de trop nombreuses fois avant moi. »
« Il n'a pas été en prison ? »
« Son père est riche et influent, il n'a jamais été accusé de viol, seulement de coups et blessures. Il a seulement payé une lourde amende, sans compter les pots de vin. J'ai été la seule à porter plainte contre lui, il a prétendu que j'étais consentante et lui un peu ivre... Mais cette fois-ci, il a violé une femme dans un autre état. Je suis tellement triste pour cette fille, si seulement j'avais- »
« Tu mérites d'être libérée, ne culpabilise pas. »
« N'en parle à personne. » m'ordonna-t-elle, retrouvant le ton hautain qu'elle me réservait habituellement.
« Mais Alice ? Esmé ? Tu ne vas rien leur dire ? » m'inquiétai-je.
« Personne ne doit savoir avant mon départ, ça peut compromettre la valeur de mon témoignage. Je peux compter sur toi ? »
« Oui, bien sur. Mais pourquoi tu m'en parles alors ? »
« Tu préviendras Emmett, je lui ai écris une lettre. Prends la mais ne la lui donnes qu'après mon départ. J'ai peur pour lui. »
« D'accord. Bonne chance, Rosalie. »
« Toi aussi, Izzy. »
_oOo_
« Vous allez bien ? » me demanda doucement Edward.
Je ne savais pas s'il était venu en tant qu'avocat ou – ou quoi d'ailleurs ? Ami ?
« Oui merci, et vous ? »
« Ça va. » répondit-il poliment.
Nous gardâmes le silence, nos regards s'évitaient, j'avais l'impression d'être en pleine puberté quand je ne pouvais croiser un garçon sans rougir. Mais ce garçon-là, j'avais osé l'embrasser...
« Le nouveau procès d'Esmé aura lieu en octobre. »
« C'est... c'est génial ! Merci, Edward, c'est grâce à vous. »
« Je n'ai fait que donner l'affaire à mon père, il n'y a pas de quoi me vanter. »
« Au contraire, vous l'avez crue, vous lui avez offert une chance. »
« Pourquoi ne l'aurais-je pas crue ? Vous savez que j'ai un sens inné pour savoir qui est coupable et qui ne l'est pas. Et vous, Isabella- »
« Je sais, n'en parlons plus. Il me reste moins de deux mois, je survivrai. » lui promis-je.
Émerveillée par la couleur de ses yeux, par la lumière dans ses cheveux de bronze, je ne me protégeais pas. Il pouvait voir Bella à cet instant, même s'il ne s'en rendait pas compte. Il avait face à lui une jeune femme timide et maladroite, une jeune femme qui se destinait à devenir un rat de laboratoire, une jeune femme qui se passionnait en secret pour les romans d'amour de la littérature anglaise.
« Elle a une nouvelle proie en vue. » ricana-t-il en me désignant une table à ma gauche.
Jane Volturi était baissée vers l'agent de probation d'Alice, qui était clairement mal à l'aise. Ma co-détenue n'avait pas l'air d'apprécier non plus. Nous ne pouvions pas entendre ce qu'ils se disaient, d'un coup, Alice était debout.
« Va te chercher un autre homme, c'est le mien ! »
« Tu es aussi hideuse qu'un épouvantail, retourne dans ton bloc immédiatement. » lui ordonna Volturi.
« Nous n'avions pas fini ! » s'insurgea Jasper Whitlock.
Volturi l'ignora, elle passa même les menottes à Alice pour l'humilier davantage. Ma co-détenue ne protesta pas, elle savait qu'elle venait de se mettre dans le pétrin. Son agent de probation appela plusieurs fois son nom, quand Alice disparut au détour d'un couloir, lui aussi quitta la salle des visites, les poings serrés.
_oOo_
Une fouille surprise des dortoirs, la veille du départ de Rosalie, eut de terribles conséquences. Alice fut pour la première fois envoyée en cellule d'isolement lorsque l'on trouva dans ses affaires un morceau de miroir. Elle jura que ça ne lui appartenait pas et quiconque la connaissant savait qu'elle disait vrai. Alice possédait peu d'objets mais ils étaient tous en excellent état, qu'aurait-elle fait d'un bris aiguisé ? Une arme selon les gardes.
La lettre que m'avait confiée Rosalie pour Emmett fut trouvée, ma colocataire n'avait pas signé, il n'y avait que quelques mots et je n'avais pas protesté quand ils supposèrent que je l'avais écrite. A part le coin d'Alice, le nôtre fut le seul fouille alors que Rosalie était avec son avocat et moi avec mon conseiller. Les surveillants avaient cru faire chou blanc avant de trouver la lettre. Après mon entretien, j'avais été escortée en salle d'interrogatoire.
Esmé me raconta, à mon retour d'interrogatoire, que Jane Volturi avait mené cette expédition.
« Et Alice ? »
« Vengeance de Volturi, j'en suis certaine. »
« Elle n'aurait jamais du la provoquer la semaine dernière. Tu penses qu'elle va écoper d'une peine supplémentaire ? »
« Je n'en sais rien mais elle n'a jamais été en infraction, elle s'est toujours éloignée de la drogue et des cigarettes. Même quand Lauren a fait rentrer du maquillage, elle n'en a pas voulu. »
Alice était réellement honnête et je croyais à son histoire. Elle avait emprunté des vêtements et une parure de bijoux simples pour aller à cet entretien, elle aurait tout rendu si elle l'avait pu.
Rosalie piétinait d'impatience, elle voulait savoir ce qu'il s'était passé pour moi lors de mon interrogatoire, j'allais la suivre quand un mot prononcé par Esmé me frappa.
« Tu as dit drogue. »
« Euh oui, la drogue. »
« Pourquoi je n'en ai jamais vu ? » lui demandai-je, tendue.
« Parce que c'est un secret très bien gardé. Je ne l'ai su qu'il y a un an et demi environ. J'ai surpris une détenue en acheter. »
« À qui ? » voulus-je savoir.
« Je ne sais pas, en voyant le sachet de poudre blanche, je me suis cachée. »
« Esmé, essaie de te souvenir, un détail, une voix, n'importe quoi ! » exigeai-je.
« Izzy ! » m'appela Rosalie depuis notre coin.
Je l'entendais ramasser ce que les surveillants avaient jeté à terre, la moitié de nos affaires étaient abîmées voire cassées.
« Je vais y réfléchir, c'était il y a longtemps tu comprends. » se justifia Esmé.
« Et tu es sûre que ça ne se sait pas ? »
« A ma connaissance, que Renée et Carmen. Carmen est arrivée ici avant moi et tu connais Renée, elle peut paraître tête en l'air mais elle est très observatrice. »
Elle me fit un clin d'œil et je partis rejoindre Rosalie.
« Où est la lettre ? »
« Ils l'ont trouvée, lui annonçai-je. J'ai dit que je l'avais écrite mais j'ai nié avoir eu des relations avec lui. J'ai dit que j'étais amoureuse de lui, pas vraiment le choix vu ce que tu as écrit. Comme je sors bientôt, l'inspecteur Garrett y a cru. »
« Et Emmett ? »
« Je n'en sais rien. »
« S'il est découvert, il ne me le pardonnera jamais ! » paniqua-t-elle.
« Calme-toi, attendons de voir. »
« Mais je pars demain ! Je l'ai cherché depuis que je suis sortie de mon entretien avec mon avocat, Emmett est introuvable. »
« Ça serait logique qu'il soit aussi interrogé. »
Rosalie sanglota longtemps, me donnant le temps de repenser à ce qu'Esmé m'avait dit. De toute façon, ma colocataire refusait de m'écouter.
Un trafic de drogues dans la prison, c'était assez banal sauf qu'avant mon arrivée, je m'en souvenais parfaitement, j'avais lu tout ce que j'avais pu sur cette prison de Bradford County soi-disant débarrassée de ce poison mortel. Le réseau avait été démantelé après des années de sévices, les coupables, faisant partie d'un gang d'hispaniques, avaient été sévèrement punies. Eléazar Castro, alors simple gardien avait réussi cet exploit, il avait ensuite été promu directeur adjoint puis directeur.
Une nouvelle chute simulée dans les escaliers dix minutes plus tard me permit d'aller à l'infirmerie. Une fois installée sur un lit avec une compresse froide sur la cheville et un poignet menotté au lit, je fus enfin seule avec le médecin.
« Je dois vous parler, docteur Cullen. »
« Qu'y a-t-il encore ? » me répondit-il, quelque peu amusé de mon entrée en matière.
« Il y a de la drogue dans la prison. »
« Je sais mais je n'ai pas réussi à convaincre le directeur. »
« Comment ça ? »
« J'ai remarqué des cas de grippes soi-disant, quand les consommatrices sont en manque. Ça n'est arrivé que quelques fois à ma connaissance car tu sais que je n'ai pas le droit d'entrer dans les salles ou les dortoirs. »
« Je vais en acheter, il faut que je découvre qui en vend. »
« Izzy, ne jouez pas aux détectives, si vous êtes découverte avec de la drogue, vous passerez au moins un an de plus en prison. »
« Je n'ai pas le choix, docteur, je dois découvrir qui a voulu tuer Renée Dwyer et jusqu'à maintenant je n'avais aucune piste. Rien, nada ! Et ce trafic est tout aussi mystérieux, j'ai l'intuition qu'il y a un lien entre l'agression de Renée et la drogue. »
Il refusa de répliquer, à la place il commença à astiquer plusieurs instruments d'auscultation.
« Docteur Cullen ? »
« Écoutez-moi, c'est une mauvaise idée ! s'exprima-t-il tout de même. Je comprends que vous voulez traîner devant la justice celle qui a fait ça à votre mère mais vous ne devez pas tout risquer ! Il y a sûrement un autre moyen ! »
« Comment savez-vous que c'est ma mère ? » grondai-je en m'asseyant tant bien que mal sur le lit avec mon poignet menotté.
« J'ai dit quoi ? »
« Esmé. » devinai-je.
« Izzy, je suis désolé. »
« Ça n'est rien, vous êtes amoureux tous les deux, c'est normal que vous partagiez certaines choses. » rétorquai-je en souriant.
Je jubilais quand le médecin se mit à rougir, il n'avait pas avoué ses sentiments à ma codétenue. Je n'étais pas peu fière de le mettre face à l'évidence, Esmé l'aimait et si seulement la justice faisait enfon son travail la concernant, elle serait hors de ces murs dans quelques mois et libre d'aimer enfin.
« Vous devez faire attention à vous, Izzy. »
_oOo_
J'avais été persuadée qu'il n'y avait pas de drogue dans cette prison, aussi je ne m'étais pas préparée à en trouver. Comment reconnaître une droguée ? Si les gardiens ne voyaient rien c'était parce que ces droguées là ne ressemblaient en rien du peu que j'avais vu à la télévision.
Ne voulant pas mêler Carmen à cette histoire, même si elle était la plus ancienne sur place, je furetais désormais près des autres dortoirs, je tendais l'oreille en me focalisant sur d'autres personnes et comportements. Il me fallut quatre jours pour débusquer Kate qui sortait d'une cabine de toilettes, elle renifla et soupira plusieurs fois de plaisir. Je lui demandais à qui je devais demander pour m'en procurer, elle me donna rendez-vous le lendemain. Mon instinct encore une fois ne m'avait pas trompé.
« Tu n'en auras pas, on sait que tu balances. » fut sa réponse dans la cour le soir même.
« Mais c'est faux. »
« Personne ne t'en donnera, laisse tomber. Et un petit conseil, ne te crois pas en sécurité sans ces amateurs du gang des salopes. »
_oOo_
Emmett revint à la fin du mois, il s'arrangea pour nous isoler le jour-même.
« À quoi tu joues ? » me cria-t-il au milieu de la buanderie désertée pendant l'heure de déjeuner.
Je connaissais désormais l'endroit où lui et Rosalie s'étaient retrouvés ces deux derniers mois. Je me demandais si elle avait pu le contacter depuis son départ. Elle n'avait repris contact avec aucune d'entre nous mais peut-être était-elle encore incarcérée jusqu'à la fin du procès de son violeur.
« La lettre ? » tentai-je, me souvenant que j'avais voulu protéger Rosalie mais avait mis Emmett encore dans le pétrin.
« Comme tu dis, la lettre ! »
« Rosalie l'a écrite pour toi, je devais te la donner après son départ. J'étais aussi chargée de t'expliquer qu'elle n'a pas été transférée mais elle doit témoigner à un procès en échange de sa libération anticipée. »
« J'ai du mal à saisir... »
« C'est clair pourtant ! Elle est sûrement libre au moment où nous parlons ! »
Il resta dubitatif et continua de me dévisager.
« Oui ça j'ai compris mais pourquoi elle t'a fait confiance, à toi ? »
Je haussai les épaules.
« Tu as eu des problèmes ? » l'interrogeai-je.
« Enquête réglementaire, j'ai du rester chez moi, le temps de prouver que je n'avais aucune relation personnelle avec une détenue. »
« Et ? »
« Tu me vois, non ? J'ai été blanchi. »
« Un miracle, commentai-je. J'étais quasiment sûre qu'ils te pinceraient. C'est mal ce que tu as fait. » le narguai-je.
« Elle est vraiment libre ? »
« Je crois, maintenant laisse-moi aller manger. »
« Izzy, sérieusement à quoi tu joues ? »
« Je ne joue pas. »
« Ton avocat est venu me voir au fait. »
« Edward ? Pourquoi ? » m'alarmai-je aussitôt.
« Lui aussi a cru que toi et moi... enfin tu vois. »
Mc Carthy me contourna pour sortir de la buanderie, je courus après lui et lui barrai la sortie.
« Que lui as-tu dit ? » le questionnai-je sèchement.
« La vérité ! Je l'ai payé pour ses conseils juridiques également. »
Il souriait, narquois. Je ne savais pas du tout ce qui avait bien pu se dire entre ces deux là. Ils s'étaient croisés à cause de moi, logiquement Edward devait être de mon côté. Mais j'avais quand même une certaine appréhension.
« Masen ne s'occupe pas des crimes, tiquai-je, or si on découvre que tu couches avec une détenue, ce serait considéré comme un viol. »
« Il est complètement fou ! » s'esclaffa-t-il en me poussant, il continuait de rire en disparaissant de ma vue.
Voilà, Rosalie est libérée, la pauvre Alice a avoué malgré elle ses sentiments et Carlisle va peut-être faire un pas significatif envers Esmé. Quant à Edward et Bella... bah il ne s'est pas passé grand chose, mais Bella cogite et Edward a été voir Emmett pour savoir si lui et Bella étaient vraiment ensemble, et Emmett l'a donc détrompé, ouf.
Alors? Vos impressions?
