On saute deux mois dans l'histoire ! Et il y a ensuite un épilogue.
Juin 2015
« Tu veux qu'on ne lui dise pas où tu as été ces derniers mois ? » s'inquiéta Phil.
« Oui... mais j'ai le sentiment qu'elle détectera mes mensonges. Je veux juste qu'elle se réveille. »
« Elle va aussi vouloir savoir qui est ce garçon qui ne veut plus te lâcher. » grommela mon père.
Phil, Edward et moi le laissâmes bougonner encore, amusés. Charlie n'avait eu de cesse que de vouloir piéger Edward, le faire culpabiliser d'avoir pu me voir pendant mon temps en prison. Il me voyait aussi pour la première fois amoureuse et même en ayant donné tacitement son accord à Edward alors que j'étais toujours derrière les barreaux, Charlie voulait jouer au papa protecteur.
Notre attente fut soudain interrompue par le journal télévisé et nous nous tûmes en voyant deux visages connus.
Le gouverneur Wintrop a tenu une conférence de presse ce matin suite aux morts inexpliquées de Carmen Diaz et d'Eléazar Castro lors de leur transfert vers le tribunal. Castro avait été inculpé pour trafic de drogues et viol sur une détenue. Bien que la deuxième accusation risquait de ne pas être retenue puisque Diaz et lui agissaient de concert depuis de nombreuses années. Elle avait été arrêtée il y a sept ans à la frontière avec près d'un kilo de cocaïne dans ses bagages. Elle avait clamé avoir été utilisée par un gang contre sa volonté mais en fait, elle était elle-même chef de gang. Ciblée par plusieurs tentatives d'assassinat, elle avait donc décidé de se mettre à l'abri dans une de nos prisons. Selon la loi mexicaine, Diaz risquait jusqu'à la perpétuité pour trafic de drogues, esclavagisme et proxénétisme. Castro et elle étaient déjà en couple, il l'avait suivie et s'était fait engager comme gardien de prison à Bradford County. Grâce à l'argent amassé au Mexique, il avait pu soudoyer ses supérieurs pour monter en grade jusqu'à devenir directeur de la prison. Ils devaient être extradés une fois leur procès aux États-Unis terminé et très probablement incarcérés à vie dans leur pays d'origine. La cause de leur mort n'est pas donc accidentelle, une enquête est en cours, la piste d'une vengeance est privilégiée.
Le reportage se termina à mon grand soulagement, je n'aurais pas à témoigner et ces deux là avaient eu ce qu'ils méritaient. Edward était redevenu mon avocat puisqu'il était prévu que je témoigne contre ces deux criminels. Il avait du négocier avec le juge pour que mon nom ne soit pas communiqué avant le procès, et désormais toute cette histoire était terminée
« Elle est réveillée, vous pouvez la voir un par un. » annonça le médecin.
Je laissai Phil aller en premier dans la chambre. Depuis que nous avions été prévenus la veille que ma mère était sortie de son coma, il ne tenait plus en place. Il nous avait fallu attendre avant de pouvoir lui rendre visite. Le cauchemar se terminait, la vie pouvait reprendre son cours.
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Octobre 2015
« Accusée, levez-vous pour l'énoncé du verdict. »
Esmé se redressa, le visage impassible. Malgré un procès qui l'avait lavée de tous soupçons et mis en lumière la brutalité de son ex-mari, elle était extrêmement nerveuse. La seule personne capable de la faire sourire ces derniers mois avait été Carlisle. Il avait démissionné peu après ma sortie pour commencer une relation officielle avec mon ancienne codétenue.
Edward avait finalement rejoint l'équipe de son père pour le procès. J'étais assise avec Alice, Jasper, Emmett et Rosalie, ainsi que Renée, enfin rétablie, et Phil. Ma mère savait désormais ce que j'avais fait et elle m'en voulait toujours. Nous avions trouvé un compromis, si Esmé était enfin disculpée et libérée, Renée considérerait que j'avais bien fait de me faire enfermer.
« Esmé Platt Cullen, vous êtes reconnue non coupable du meurtre de Charles Emerson et par le fait acquittée ce jour. Vous êtes libre, madame. »
Esmé se tourna vers Carlisle, ne pouvant plus retenir sa joie et ses larmes. Son mari la cueillit dans ses bras avec autant de liesse. Malgré le verdict elle devait tout de même retourner à la prison pour prendre acte de sa libération et récupérer ses affaires. Elle quitta la salle, escortée par son avocat et deux policiers.
La séance fut levée, Edward me rejoignit et me donna un long baiser qui me promettait une nouvelle nuit blanche.
Alice donnait ses dernières instructions à Charlie qui, comme nous tous, avait du mal à résister à la jeune femme.
« L'avion atterrit demain à dix-sept heures, donc je compte sur vous pour que tout soit prêt. »
Naturellement, j'avais intégré mes nouveaux amis à ma famille. Quand nous avions tous discuté de l'après-procès et que Carlisle nous avait annoncé avoir une opportunité de diriger un petit hôpital à l'ouest de Seattle, Emmett et Rosalie, les premiers, avaient décidé de le suivre. Alice et Jasper à leur tour décidèrent de déménager dans l'état de Washington, ils vivraient à Seattle. Mon père avait fait pression sur Edward pour que nous vivions à Forks mais c'était tout simplement impossible pour moi ! À défaut de soleil, il me fallait une bibliothèque digne de ce nom à proximité. Comme Alice et Jasper, nous allions emménager à Seattle où Edward avait entre temps trouvé une place au sein d'un cabinet d'avocats tandis que je terminerais mes études.
Renée, elle, avait déjà quitté la Floride. Phil entraînait maintenant une équipe de baseball dans l'Oregon, nous ne serions plus très éloignés.
Pour la première nuit de liberté d'Esmé et pour fêter notre nouveau départ collectif, nous avions réservé des chambres dans un grand hôtel de Jacksonville. Nous avions déjà déménagé, nos affaires et quelques meubles étaient arrivés la veille dans nos nouveaux logements. Charlie avait été désigné pour préparer la maison de Carlisle et Esmé. Le médecin l'avait acheté peu après son mariage avec Esmé. Une autre cérémonie, religieuse cette fois, s'y tiendrait dans un mois, rattrapant celle trop sobre en prison trois mois plus tôt.
Plus tard cette nuit-là, après un dîner au restaurant autour d'Esmé et avec nos amis, Edward et moi nous réfugiâmes dans notre chambre d'hôtel. Le temps et la routine n'avait pas encore frappé notre couple, nous étions toujours aussi amoureux et passionnés. Je n'avais qu'une peur, qu'il me demande en mariage. Carlisle et Esmé avaient été les premiers à s'unir, Emmett et Jasper avaient quant à eux posé la question à leurs compagnes qui avaient accepté. Depuis, Edward était régulièrement taquiné parce qu'il n'avait encore rien fait. Face aux moqueries, il restait stoïque mais son regard se voilait d'une tristesse que moi seule décelait et comprenait.
Moites et haletants, nous nous allongeâmes sur le lit, emmêlant nos corps.
« J'ai tellement hâte de commencer cette nouvelle vie à Seattle. » me confia-t-il calmement, comme s'il démarrait une négociation et cherchait à me mettre en confiance.
« Moi aussi. » lui répondis-je sincèrement.
Qu'allait-il me dire ensuite ?
« Tout à construire... ensemble... Ça va être merveilleux. Me réveiller chaque jour à tes côtés, dans notre lit. »
J'avais vécu chez ma mère dès ma libération mais avais vite passé mes nuits chez Edward. Vivre ensemble à Seattle avait été une évidence et pour moi c'était suffisamment significatif. Lui voulait s'engager davantage, il me prouvait chaque jour son amour et son dévouement. Pourquoi donc restais-je hostile au mariage alors que j'avais le parfait candidat au titre de mari ? Pouvais-je désormais envisager ma vie sans lui ? Absolument pas. Pourquoi ne pas porter son nom ? Pourquoi ne pas être son épouse ? Qu'est-ce que cela changerait ? Dans cette logique, ne pas être marié mais vivre en concubinage pourrait aussi suffire. Il y a avait plus cependant, il voulait avoir ce lien avec moi, sacré et publique, un lien que personne ne pourrait remettre en cause.
« Ça va être merveilleux. » répétai-je en tremblant.
Me restait désormais à lui faire comprendre que j'étais prête...
FIN
