Stargate Atlantis

DE L'AUTRE CÔTÉ DU MIROIR

Épisode 213, Monsters


Un grésillement aigu bourdonna à ses oreilles tandis qu'un voile noir obscurcit sa vue, la force de ses jambes s'évapora et il tomba accroupi, luttant contre son corps pour ne pas s'évanouir, la mâchoire en sang, la douleur parcourait les os de son crâne et avait choqué son cerveau qui s'acharnait à rester conscient. Sa vue et son ouïe revenaient, face à lui, à l'autre bout du ring, Maha levait les poings en signe de victoire, le public hurlait, Djanehan regardait ces visages tranchés par l'agressivité, il allait être mis à mort.

C'est ainsi que cela se passait. On leur rasait la tête, on les entrainait durant un mois avant de les confronter au champion. Les plus fort étaient graciés, les faibles, exécutés. Il entendit le son caractéristique du cimeterre sur le planché du ring, le général Chao Fah Ho le lançait toujours depuis son trône en bois de rose, pour que le champion décapite le perdant. La foule hurlait, il allait mourir. Maha s'avança vers le sabre recourbé au centre du ring, Djanehan ferma les yeux, c'était très bien comme ça. Il ne souffrirait plus et irait retrouver sa famille dans l'au-delà. Sa famille… Sa mère et ses sœurs avaient été violées et décapitées, les jambes de sa grand-mère avaient sauvagement étaient coupées à la machette et la vieille mourut exsangue. Son père fut lui aussi décapité, lui et ses deux frères ainés capturés. Il était le seul à avoir survécu à l'entrainement cauchemardesque au quel on les avait soumis… Et il se retrouvait à présent face à Maha, 17 ans, âgé de trois de plus que lui et bien plus fort… Ce même garçon qui avait rit en découpant les jambes de sa grand-mère, en violant sa grande sœur et en la décapitant, c'était à présent son tour. Les images passaient en boucle dans son esprit, le sang qui giclait sur les murs en paille de la case familiale, la tête de sa petite sœur roulant à ses pieds, les cris de la pauvre vieille durant son calvaire et le rire de Maha, le rire de tous ses jeunes qui comme lui avaient la peau bronzée, les yeux bleus foncés et que le général Chao Fah Ho avait transformé en monstre, scarifiant leur corps des symboles du carnage et de la mort…

La voix de la vielle raisonna contre les parois internes de son crâne… « Djanehan, tu n'écoutes jamais rien ! Tu finiras mal ! », elle le fouettait avec une branche dénudée, mais rien n'y faisait. Il répondait et insultait ses parents, jetait les pots de terre cuite à travers la case à la moindre contrariété. Et voilà où se retrouvait le lascar du village, accroupit en sang et en pleurs à attendre la mort. Son cœur fit un bond dans sa poitrine, une mort sûre l'attendait, mais pas tout de suite. Maha l'avait sous estimé et faisait semblant de ne pas comprendre les acclamations du public avide de voir le sang couler. Djanehan cracha le sang qui lui emplissait la bouche, se jeta sur le cimeterre, et lorsque Maha se retourna pour voir ce qu'il se passait derrière lui, il se fit égorger. Djanehan conserva sa lancée et jeta le cimeterre en visant le général, il l'avait abattu plusieurs fois des singes et des oiseaux de cette manière, et manquait rarement sa cible. Le général se jeta au sol et l'épée alla se planter sur son dossier. Djanehan riait, il allait sûrement être mis à mort pour son geste, mais il mourrait debout en tête brûlée, quand un coup de bâton vins heurter l'arrière de son crâne.


Djanehan ouvrit les yeux, le ventre retourné par de violents gargouillis. L'odeur de viande grillée lui retournait les entrailles, il n'avait jusqu'ici eut droit qu'à un seul bol de bouillie de banane et de riz par jour. Il se redressa et observa autour de lui, il avait été lavé et était dans un immense lit de soie, la pièce était richement décorée et une table couverte de victuailles se tenait en son centre. Il se leva et s'approcha de la table, la bave commençant à emplir sa bouche… Du rôtie, des fruits, des brioches à la viande le tout éclairé par une massive lampe à huile en cuivre. Il avala sa salive et scruta la pièce, il n'y décela aucune présence ennemie. Il arracha quelques raisins à une grosse grappe débordant d'une coupe en argent et les engloutis rapidement toujours en alerte… Il tendit l'oreille mais, ne décela aucun bruit suspect, tiraillé par son estomac il s'assit sur l'unique chaise et se goinfra.

- Quel appétit !

Djanehan sursauta et bondit de sa chaise les poings en avant, le général Chao Fah Ho entrait dans la pièce en applaudissant doucement des mains.

- Bravo pour cette victoire, je suis impressionné.

Le garçon restait toujours sur ses gardes, prêt à se défendre. Chao Fah Ho prit une chaise dans un coin de la pièce et s'assit à la table.

- Ne t'arrête pas pour moi, ce repas de victoire est à toi, profites en pour te régaler !

Mais le jeune gardait les poings en avant. Le général lui sourit et versa du vin dans un des verres en cristal.

- Un guerrier doit pouvoir reprendre des forces pour se battre à nouveau. Assied toi et mange autant que tu voudras. Tu n'as rien à craindre.

Djanehan s'approcha sur ses gardes.

- J'imagine que tu as soif aussi, bois, c'est excellent tu verras.

Le jeune paysan lui arracha la coupe des mains et la bu d'une traite. Chao Fah Ho arracha quelques raisins à une grappe tout en lui parlant.

- Je ne pensais pas trouver une telle hargne chez toi. La hargne est à mon avis la meilleure arme du guerrier. Elle permet à n'importe quel fils de paysan de vaincre un adversaire chevronné.

Djanehan eu un sourire léger alors qu'une goutte de vin perlait sur son menton.

- Alors, comment as tu trouvé ce repas ?

Le léger sourire se transforma en petit rire. Chao Fah Ho pris une tranche de rôtie et en découpa une bouchée qu'il mâcha lentement avant de l'avaler.

- Pas mauvais ce rôtie de Maha, quoi qu'un peu dur à cuire.

Djanehan fut pris d'un fou rire incontrôlé, le général rit à son tour en regardant la drogue faire effet. Le garçon ne s'arrêtait plus de rire. Il se leva et approcha sa chaise du jeune hilare.

- Encore un peu de vin ?

Il le servit et lui tendit la coupe. Comme son nouveau champion reprenait son souffle, il lui porta la coupe aux lèvres, le liquide dévala aussitôt le fond de sa gorge. Djanehan repoussa la coupe qui se brisa au sol, le vin dégoulinait à présent de son menton. Le général le prit par la main comme un enfant docile et le conduisit jusqu'au lit.

- Vas-y met toi à l'aise.

La voix du général lui parvint distordue, Djanehan leva les yeux sur lui, « tu finiras mal tu verras ! » Il se jeta sur lui, le faisant trébucher sur le lit et le frappa de toutes ses forces d'un coup de poing au visage. Le général l'encaissa, mais attrapa son poing avant le deuxième coup pour lui mettre le sien en pleine face. Djanehan bascula sur le côté à moitié sonné. Chao Fah Ho se dégagea et se redressa en soupirant, son nouveau champion ne serait peut-être pas si facile à « casser ». Sa voix tonna dans la pièce.

- Kohsoom !

Deux filles entrèrent dans la pièce, seulement vêtues d'imposants bijoux sur tout le corps. Le général s'adressa à la plus âgée des deux.

- Au travail !

Kohsoom, aux seins fermes, aux lèvres pulpeuses et aux yeux charbonneux se mit à rire.

- Mais ce n'est qu'un gosse, il ne doit même pas avoir de poils !

Le général rit.

- Peut-être bien, mais ce sera une terreur une fois adulte et je compte sur vous pour en faire un clebs bien élevé d'ici là.

Il sortit de la pièce en laissant derrière lui les deux filles.


Trois mois plus tard…

Le général Chao Fah Ho ordonna aux jeunes de son bataillon de disposer les prisonniers (tous des hommes wanues adultes) en file indienne devant une table trouvée dans l'une des maisons du village saccagé. Il jeta un regard à son jeune champion qui s'exécuta aussitôt, en se plaçant à l'autre bout de la table avant de s'adresser à l'un des jeunes soldats.

- Cloppes.

Le soldat s'empressa de sortir une cigarette et la tendit à Djanehan qui la prise entre ses lèvres attendant qu'on la lui allume. Une fois fait, il tira une longue latte en parcourant du regard les prisonniers. Ces parasites qui avaient peu à peu repoussé son ethnie hors de ses propres terres… Les wanues n'avaient pas la même morphologie que les Hos. Leur peau était pâle, leurs yeux tirés en amande et noirs et leurs cheveux noirs et toujours lisses, ils étaient de constitution frêle et petite. L'ethnie à laquelle appartenait Djanehan était à l'opposé. Peau cuivrée, yeux bleus ou verts, cheveux châtains ondulés, frisés ou bouclés, ils étaient de constitution plus robuste et grande que les wanues. Les hos qui étaient de tradition paysanne s'établir en de terres fertiles pour les cultiver, en promettant de partager leur production avec les wanues, installés sur des terres au climat moins clément. Mais les wanues au fil du temps avaient développé des techniques d'irrigation leur permettant de se passer de l'ethnie ho, leur population pu croitre, leur technologie surpassant de loin celle des hos restés fermiers. Les wanues commencèrent à manger la frontière des hos pour y construire de nouveaux villages en pierre, et s'installèrent de plus en plus loin dans les terres hos.

La guerre entre les deux ethnies éclata lorsqu'un wanue qui chassait en forêt, abattit un ho. Même s'il fut avérait qu'il s'agissait d'un accident, la mèche avait était allumée et les hos se divisèrent. Les premiers, en minorité, pensaient qu'il fallait faire partir les wanues par la force, les autres pensaient pouvoir raisonner ce peuple dominant… L'extension des wanues ne cessant de s'accroitre malgré les délégations diplomatiques des hos… La terre finit par s'enflammer. Le général Chao Fah Ho étaient parmi les plus favorables à la confrontation, et devant le refus des hommes hos à prendre les armes sous ses ordres, il enrôla leurs fils et fit disparaître leurs familles tous traitres envers leur peuple, collaborateurs des wanues.

Djanehan finit sa cigarette, deux jeunes soldats forcèrent le premier malheureux à poser ses mains sur la table, Djanehan les trancha d'un seul coup de machette, marquant le début du carnage. Les mutilés étaient ensuite roués de coups sous les insultes et les cracha des gamins surexcités et mouraient vidés de leur sang. Les soldats adultes n'avaient plus qu'à commencer leur travaille de boucher, débitant les cadavres en quartier de viande.


Kaël du département de l'éthique ne tenait plus en place. L'aurora avait envoyé un jumper, sa bien aimée Orion serait bientôt là.

En atterrissant dans ce monde qu'ils avaient peuplé plusieurs siècles auparavant, les lantiens eurent des nausées d'effroi en découvrant ce qu'il s'y était passé. L'ethnie des hos avait pourchassé et massacré les wanues jusqu'au dernier. Des hordes d'enfants soldats vifs et entrainés violaient, mutilaient et tuaient à tout va. Tous étaient toxicomanes et cannibales. Il ne restait que peu d'adultes, qui contrôlaient tant bien que mal ces soldats de plus en plus instables à mesure qu'ils grandissaient.

Les premiers lantiens à avoir tenté une approche furent égorgés et finirent en méchoui. La majorité du conseil éthique avait alors voté l'extermination de ce peuple dégénéré mais Kaël pensait que l'on pouvait rendre leur humanité à ces gens. Orion venait pour l'épauler dans cette tâche. Sa navette se posa au centre d'un site d'atterrissage improvisé, il alla à sa rencontre et elle lui sauta dans les bras dès qu'elle le vit. Elle se retira des bras de son ami et s'adressa d'un ton dur à l'enfant qui l'accompagnait.

- Sieglen ! Ne t'éloigne pas, c'est une planète très dangereuse !


Chers lecteurs !

Et oui, jusqu'à présent on ne savait rien ou presque du passé d'Alséidès ! Cet épisode m'a été inspiré par la guerre du Rwanda en 1994 opposant les hutus et le tutsis ou 800 000 personnes majoritairement tutsis moururent en l'espace de trois mois seulement. Les hutus qui s'étaient montrés solidaires des tutsis furent eux aussi massacré avec leur famille…

Floppy = Merci de continuer à me lire ^^. Comme vous, j'ai aussi beaucoup de mal à imaginer les wraiths évoluer dans un milieu non violent… La série SGA enchainait les préjugés entre humains et wraiths, ça m'exaspérait ! Ici, j'ai essayé de traiter le sujet de l'amour (parce qu'une belle histoire d'amour c'est toujours beau à vivre) galérant à se frayer un chemin entre les différences caractéristiques des deux races et les préjugés qu'on les wraiths à l'égard des humains et inversement ! Mais aussi, la manière dont la série présentait les humains comme les gentils êtres supérieurs de la galaxie m'énervait profondément !

Merci pour vos encouragements, à bientôt pour de nouvelles aventures !