Comme promis, le chapitre posté 24h plus tôt !

Je suis contente de voir que la direction que j'ai choisi de prendre vous plait, j'espère que ça va continuer !


Après avoir expédié ses exercices de maths et sa composition de géo en quatrième vitesse, Stiles se précipita dans le salon pour tomber sur Derek qui observait la forêt par la fenêtre.

- Tu m'expliques le plan maintenant ?

- T'as fini tes devoirs ?

- Quoi, tu veux vérifier aussi tant que t'y es ?!

L'autre se contenta d'un rictus air un peu moqueur, avant d'hausser une épaule d'un air faussement détaché. Stiles se laissa tomber sur le canapé avec une moue boudeuse.

- Tu vas me le dire, oui ?

- Ton père a proposé de m'embaucher.

- Quoi ?

Derek ne le regardait pas, toujours tourné vers l'extérieur, les épaules crispées.

- Le temps... de retomber sur mes pieds.

- Mais comment ça, t'embaucher ?

- Pour m'occuper de la maison. Du jardin. Un peu de bricolage.

Oh. A bien y réfléchir, ce n'était pas bête comme solution. Derek n'aurait jamais accepté de rester comme ça – toutes ces stupides histoires d'être un poids inutile – mais si c'était un échange de service... Son père était un génie. Il allait lui commander une pizza avec supplément de bœuf épicé pour une fois. Le soulagement envahit son corps et Stiles s'enfonça un peu plus confortablement dans le canapé... avant de se redresser comme un ressort, les sourcils froncés.

- Attends, tu as dit tout à l'heure que tu y réfléchissais... pourquoi t'as pas dit oui de suite ? Non parce que c'est une super opportunité et...

- Et il veut me payer.

- Bah oui.

Mais Derek le fusilla du regard, les poings serrés le long de son corps. Ooooookay, pas le bon truc à dire. Il se rassit prudemment – bon sang, il venait tout juste d'accepter de rester ici, alors ce n'était vraiment pas le moment de tout foutre en l'air !

- Ce que je veux dire, c'est que tout travail mérite salaire, non ? Donc c'est normal qu'il veuille te payer.

- Pas si je ne peux pas payer un loyer.

- Tu... T'es fatiguant comme mec, tu sais ça ? Déjà, ça dépend de la somme que veut te filer mon père, mais si vraiment tu la trouves trop importante on pourra voir pour la baisser, mais sérieux, comment tu espères pouvoir « retomber sur tes pieds » comme tu dis ? On a une société un peu pourrie c'est vrai, donc sans argent tu vas avoir du mal. Et puis si vraiment ça te dérange tant que ça, tu peux toujours voir pour lui signer une reconnaissance de dettes et le rembourser quand tu auras retrouvé un vrai job.

Il y eut à nouveau un silence, puis Derek poussa un soupir et se frotta le visage.

- Hmpf.

- Et puis, à moins que tu tiennes absolument à taxer mes fringues, va falloir que tu t'en achètes pour toi aussi. Et que tu ailles chez le coiffeur. Et même si Steve est super sympa et qu'il va totalement craquer pour toi, je doute qu'il te fasse une coupe gratis. Sauf si tu es ok pour lui accorder un rendez-vous.

Cette fois, le brun laissa échapper un ricanement avant d'aller s'asseoir sur le fauteuil, les avant-bras appuyés sur ses genoux. Stiles lui tapota l'épaule.

- Faut que t'apprennes à faire confiance aux gens qui veulent t'aider, tu sais. T'es pas à New York ici tu sais, les gens regardent pas que leur nombril... enfin, pas tous, parce que c'est clair que ce connard de Whittemore est trop obnubilé par sa propre personne pour faire à ce qu'il y a autour, mais en tout cas c'est pas comme ça que ça se passe chez les Stilinski. Et chez les McCall non plus, tu peux faire confiance à Mélissa et Scott aussi. Même si tu fous un peu la trouille à Scotty, vu qu'il a l'impression que tu pourrais lui arracher la gorge avec les dents si jamais il t'emmerdait un peu trop... ce qui a pas l'air totalement faux non plus, remarque.

Derek secoua la tête avec un rictus.

- Continue à trop parler, et ça pourrait bien t'arriver.

- Mais non, mais non, tu m'aimes trop pour ça.

Immédiatement, Stiles sentit ses joues se mettre à chauffer alors que l'autre haussait simplement un sourcil. Bon sang, mais qu'est-ce qu'il lui avait pris de sortir un truc pareil ?! Autant le dire à son père ou à Scott, c'était normal, mais PAS au type pour lequel il craquait ! Comment se faire griller en une leçon, par Stiles Stilinski !

- Fin voilà quoi, tu t'ennuierais à mort si jamais tu devais plus m'entendre !

- C'est toi qui le dis.

- Et puis après tout ce temps passé tout seul, il faut que tu te rattrapes niveau socialisation...

- Cinq mois.

- Quoi ?

- C'était bien ta question, non ? Depuis combien de temps je suis dehors.

L'adolescent rougit un peu plus. Et merde, il était moins discret qu'il ne le pensait... Mais oui, c'était bien ce qu'il voulait savoir. Mentalement, il calcula le nombre de kilomètres qui séparaient Beacon Hill de New York, et depuis combien de temps il avait vu Derek traîner dans la ville... et ses sourcils se froncèrent.

- Y a un truc qui cloche...

- Je suis venu à pieds.

- HEIN ?! Tu t'es tapé quatre mille kilomètres à PATTES ?!

Pas étonnant alors qu'il ait pu garder une condition physique pareille !

- Mais...

- J'avais besoin de me vider la tête.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé là-bas ?

- Je ne veux pas en parler.

Derek s'était renfrogné, la mâchoire serrée. Stiles ouvrit encore une fois la bouche pour protester, mais le regard noir qu'il reçut le coupa aussi sec. Bon, peut-être qu'il ne fallait pas trop lui en demander non plus... Et puis, il avait réussi à avoir au moins une info ! Pour résister à la tentation, il se releva pour aller chercher un DVD et le menu de leur pizzeria préférée. Après tout, il s'était promis de récompenser son père, non ?

Et puis avec les vacances qui approchaient, il aurait tout le temps du monde pour cuisiner leur nouveau locataire...

...

Le reste de la semaine s'était déroulé à peu près de la même manière. Après une longue discussion le soir sur le montant que Derek acceptait de toucher, il s'était mis au travail. Le Shérif l'avait emmené en ville pour refaire un peu sa garde-robe et l'emmener chez le coiffeur – une avance sur son prochain salaire. Stiles avait fini par s'habituer à rentrer pour retrouver l'autre homme un balai ou un marteau à la main – Derek était épouvantable en cuisine alors il en avait été rapidement banni. Par contre, ce à quoi il n'arrivait toujours pas à se faire, c'était voir le tissu se tendre sur ses épaules ou sa poitrine quand il travaillait... Son pouce commençait à garder de sérieuses traces de dents à force de le mordre pour ne pas couiner quand il tombait sur le spectacle. Ça faisait pas très masculin.

Et puis à la sortie des cours, le vendredi soir, Scott avait lâché la phrase fatidique :

- Au fait, t'as prévu d'offrir quoi à Derek pour Noël, maintenant qu'il vit chez toi ?

Le soir des vacances. Soit trois jours avant le réveillon.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Scott regretta immédiatement sa question lorsque son meilleur ami vira dangereusement pour faire demi-tour sur la route. Son visage vira au vert malgré son teint bronzé et il s'agrippa de toutes ses forces à son siège. Heureusement que le Shérif avait insisté pour que son fils ait une vieille voiture solide et pas un de ses nouveaux bijoux qui ne tiennent pas la route.

- BORDEL MAIS T'ES MALADE !

- Scotty. L'heure est grave.

- REGARDE LA ROUTE ! Et où tu m'emmènes d'abord ?!

- Au centre commercial bien sûr !

- Au... Stiles, ça aurait pas pu attendre demain ?

- Non.

Un soupir lui échappa, alors que Stiles fronçait les sourcils, déterminé. Comment avait-il pu oublier ça ? Bon, ok, il avait surtout été préoccupé par l'idée de le garder à l'intérieur ces derniers temps, mais sérieusement ? Noël ? Alors que ça faisait au moins trois semaines qu'il avait ceux de son père et de son meilleur ami ? Et qu'est-ce qu'on pouvait bien offrir à quelqu'un qui avait pour principe de tout refuser ? Il y avait bien des choses qui pourraient lui être utile – à commencer par un téléphone, mais un il n'avait pas les moyens, et deux il était sûr que l'autre le tuerait s'il dépensait autant pour lui.

Un bijou ? … Ouais, un peu trop symbolique pour l'instant, il n'était pas vraiment prêt pour, même un simple bracelet.

Une boîte de chocolats ? … Après l'avoir gavé de sucreries pendant des semaines, il allait peut-être trouver quelque chose de plus original.

Un bouquin ou un DVD ? … Peut-être pas vraiment le genre de chose à lui offrir vu les circonstances.

- Scott, faut que tu me sauves la vie !

- T'as aucune idée, c'est ça ?

- Attends, t'as vu la situation ? Qu'est-ce que je peux lui offrir ?

- Mets-toi un ruban autour de la taille et mets-toi sur son lit, je pense qu'il en sera très content.

- Ah. Ah. Je suis mort de rire.

- Au moins ça ferait bouger les choses... Tu m'as promis d'essayer, tu te souviens ?

Stiles se contenta de grogner en réponse.

- J'ai promis d'y réfléchir, et les choses ont un tout petit changé depuis.

- Très bien, très bien... tu sais que je le connais pas vraiment, moi ? Et donc que je vais pas t'être très utile ?

- La ferme.

- Gare-toi là, on devrait bien finir par trouver un truc…

La Jeep se glissa immédiatement devant l'une des rares places restantes devant le centre commercial. A quelques jours à peine du réveillon, l'endroit était complètement bondé. Scott étouffa un gémissement désespéré avant de se dépêcher de rattraper son meilleur ami qui s'était déjà faufilé à travers la foule pour entrer dans le bâtiment. A l'intérieur, les champs de Noël résonnaient joyeusement, et les murs étaient recouverts de décorations diverses.

- Vous avez fait votre sapin ?

- Pas eu le temps.

- Okay... Qu'est-ce que tu penses de cette boutique ?

Le brun désignait du pouce une enseigne qui annonçait « ALL FOR THE MEN ! », juste à leur gauche. Stiles haussa un sourcil l'air de dire « vraiment ? », mais Scott se contenta d'hausser les épaules. Il fallait bien commencer quelque part, de toute façon, et tout le monde se pressait vers les magasins de jouets pour enfants, donc ils devraient pouvoir bouger un peu plus librement. La vendeuse les ignora royalement lorsqu'ils entrèrent dans la boutique, trop occupée à mâcher son chewing-gum d'un air apathique en écoutant la mère de famille qui tempêtait devant elle.

Il y avait un peu tout et n'importe quoi à l'intérieur, du couteau suisse multifonction – qui aurait pu être pas mal s'il n'était pas jaune fluo avec des gribouillis verts – jusqu'à l'attirail complet du sadomasochiste – Stiles s'éloigna prudemment de cette zone, alors que Scott examinait avec un peu trop de curiosité un martinet. Il y avait presque trop de choses. Déjà qu'il n'arrivait pas à trouver une idée précise, là il s'embrouillait plus qu'autre chose !

Démoralisé, il se laissa tomber sur un fauteuil près des cabines d'essayage. Son regard se promena sur ce qui l'entourait, avant de s'arrêter sur un article. Il savait que Derek venait tout juste de renflouer un peu sa garde-robe, mais ce pull était vraiment sympa... En laine grise, avec des mailles plus sombres qui esquissaient la forme d'une tête de loup, et l'inscription « Big Bad Wolf » en lettre calligraphiées juste en dessous. Un petit rire lui échappa comme il se relevait pour attraper le bas du pull et... Wow, c'était vraiment doux. Sans pouvoir s'en empêcher, Stiles leva le vêtement jusqu'à son visage pour le frotter contre sa joue.

- Tu sais que ça va pas sur la tête, ça ? A moins que tu ne veuilles tester pour quand vous vous câlinerez enfin...

Stiles sursauta en rougissant violemment. Il n'avait absolument pas pensé à ça d'abord ! Enfin peut-être un peu. Juste une fraction de seconde. Et puis d'abord, c'était un réflexe de porter ce qui était doux à son visage, ça n'avait rien de bizarre ! Mais Scott se contenta d'une tape sur l'épaule, un grand sourire aux lèvres.

- Sinon, il est sympa.

- Il vient de s'acheter les siens, c'est pas non plus... 'Fin, je pourrais trouver autre chose de plus original et...

- Je pense qu'il sera content quoi que tu prennes. Je pense pas qu'il s'attende à avoir quelque chose, tu sais ?

- Hmm.

- Si il te plaît, je suis persuadé que ça lui plaira aussi. Et... sérieusement, Stiles, j'aimerai vraiment t'aider à choisir le cadeau parfait pour ton petit copain en te sortant des phrases aussi mièvres, si c'était vraiment ton petit copain.

- Tu comprends maintenant ce que j'ai enduré quand tu as craqué pour Allison ?

Le brun écarta la pique d'un geste de la main.

- Bon, tu le prends au final ?

- Je pense, ouais...

- Cool ! Comme ça, je serai pas trop à la bourre pour le repas et ma mère ne m'assassinera pas trop méchamment.

- Ça n'a pas pris tant de temps que ça tu vois ! Au final, c'était pas grave de faire un détour ce soir !

Scott secoua la tête, mais l'accompagna jusqu'à la caisse. Stiles régla son achat et déclina poliment l'offre de la vendeuse de l'emballer – et non, ce n'était pas pour profiter un peu plus du toucher, comme le petit rictus moqueur de son meilleur ami semblait le dire. C'était juste que leur papier cadeau à rayures gris et brun était très très moche. D'abord. Parfaitement – avant de retourner jusqu'à sa voiture, soulagé. Finalement, ça n'avait pas été si compliqué que ça !

Son meilleur ami avait toujours l'air amusé lorsqu'il le déposa chez lui, mais il l'ignora royalement, trop content de ce qu'il avait pu trouver. Jusqu'au moment où il se gara devant chez lui et qu'il aperçut Derek à travers la fenêtre. Comment il était sensé faire passer son paquet jusque dans sa chambre sans que l'autre le voit ? Stiles jeta un rapide coup d'œil à son sac, mais pour rentrer le pull à l'intérieur il serait obligé de le fourrer en vrac à cause de ses affaires et il serait totalement froissé. Et il était nul en repassage. Il n'avait plus qu'à espérer qu'il ne lui pose pas de question…

Histoire d'être un peu plus discret, il ôta son manteau pour en recouvrir le pull dans la poche et descendit de la Jeep, frissonnant aux températures extérieures. Il accéléra le pas pour se mettre rapidement au chaud, soupirant de soulagement une fois la porte refermée dans son dos. Il se retourna, un immense sourire aux lèvres à l'idée d'être enfin en vacances... Pour trouver Derek qui enfilait sa veste, une hache posée contre le mur.

- Euuuuh ouais ok d'accord ? T'as finalement décidé d'aller zigouiller la voisine qui te mate toute la journée à sa fenêtre ?

Derek lui jeta un regard bizarre en nouant son écharpe autour du cou.

- La voisine fait quoi ?

- Me dis pas que t'as pas remarqué ? La vieille Figgins ? Celle qui a au moins connu Lincoln ? Elle passe ses journées assise avec une paire de jumelles pointées droit chez nous !

- … Je me demande surtout comment toi tu as pu remarquer ça...

Stiles se mordit la langue pour ne pas rougir et esquiva la question d'un geste de la main. Ce n'était pas vraiment qu'il surveillait son territoire non... Il était juste très attentif à ce qui pouvait se passer autour de chez eux en ce moment.

- Et sinon, la hache, c'est pour décapiter qui ?

- Ton père m'a demandé d'aller chercher un sapin.

- Ah oui, de suite c'est plus logique et moins glauque...

- Qu'est-ce que c'est ?

Derek désignait le sac d'un geste du menton. Immédiatement, l'adolescent la fit glisser dans son dos, un ricanement nerveux lui échappant.

- Rien ! Une bricole. Trois fois rien. Une bêtise pour mon père.

- Ok. Je risque de rentrer un peu tard.

- Oh... pourquoi tu vas pas juste en chercher un dans une pépinière ? Ça serait plus facile !

L'autre lui jeta un regard noir – à croire qu'il était plus choqué par cette idée que par celle où il assassinait une pauvre vieille femme – puis le contourna pour sortir sans rien ajouter. Stiles attendit encore quelques minutes avant de se précipiter dans sa chambre, farfouillant dans ses tiroirs à la recherche de son papier cadeau. Un flot d'injures lui échappa lorsque son livre d'histoire lui tomba sur la tête. D'accord, il était peut-être temps qu'il range un peu, mais il avait des choses plus importantes et urgentes à faire dans l'immédiat !

- Je peux savoir ce que tu fabriques encore ?

Stiles sursauta, heurtant le dessous de son bureau avec un nouveau juron, et se contorsionna pour apercevoir son père sur le pas de sa porte qui l'observait en haussant un sourcil.

- Oh, salut 'Pa ! J'avais pas vu la voiture de patrouille...

- Un petit malin m'a crevé les pneus, c'est Parrish qui m'a déposé. Qu'est-ce que tu cherches ?

- J'ai euh… un dernier paquet à faire.

- Oh. Je vois. Sauf que c'est moi qui ai le papier. Tu ne te souviens pas me l'avoir donné l'autre jour ?

Stiles ouvrit la bouche… pour la refermer rapidement. Effectivement, maintenant qu'il le disait, il se rappelait lui avoir passé le rouleau la semaine précédente. Excellente raison pour laquelle il n'arrivait pas à mettre la main dessus. Un peu embarrassé, il se releva en se frottant le crâne, grimaçant en sentant la bosse qui commençait déjà à se former. Son père s'avança pour jeter un coup d'œil dans son sac.

- Donc… je peux regarder ?

- Euh… Oui, mais c'est pas exceptionnel hein, c'est juste un truc histoire de marquer le coup ! Je suis sûr que j'aurai pu trouver mille fois mieux, mais je m'y suis pris trop tard et y avait du monde et c'est ridicule mais…

- Stiles. C'est bien.

Le Shérif avait déplié le pull et le tenait à bout de bras pour mieux voir le motif, un léger sourire aux lèvres. Il le replia soigneusement et le reposa sur le bord du lit, lissant la laine du plat de la main.

- Je sais qu'il va aimer.

- Comment tu peux en être si sûr ?

- Parce qu'il ne pense pas avoir quoi que ce soit – et je sais que venant de moi, un cadeau ce serait trop. Mais que tu lui offres quelque chose, avec ton argent de poche, je sais qu'il sera touché. Alors panique pas maintenant, d'accord ?

L'adolescent expira longuement mais hocha la tête. De toute façon, c'était lui qui avait pris la décision de lui offrir quelque chose, alors il fallait qu'il assume maintenant. Enfin, la priorité restait quand même de réussir à faire son paquet cadeau avant que l'autre ne revienne…

...

Quand Derek revint, il portait sur l'épaule un petit sapin, la hache fixée à sa ceinture. L'air un peu embarrassé, il posa l'arbre dans l'entrée pour pouvoir retirer ses chaussures pleines de boues.

- Désolé, j'ai pas trouvé d'épicéa plus grand, mais ça faisait un peu tard et…

- Il est parfait Derek. T'inquiètes pas.

Le Shérif lui tapota l'épaule, observant le sapin avec satisfaction.

- Tu as besoin d'aide pour l'amener dans le salon ? On va l'habiller tout de suite, comme ça on sera vraiment dans l'ambiance. Stiles est en train de terminer une fournée de cookies, on va pouvoir profiter d'un repas normal sans tous ses discours sur la diététique… Au moins, il ne nous privera pas de la dinde le soir de Noël !

Derek esquissa un demi-sourire quand la voix de Stiles s'éleva dans leur dos.

- Je vous entends, je vous signale ! Papa, continue comme ça et tout ce que tu mangeras pour le réveillon ce sera des courgettes au tofu !

L'homme leva les yeux au ciel, mais garda sagement le silence. Derek étouffa un rire avant de se relever et de ramener le sapin dans la pièce d'à côté. Stiles était déjà à moitié en dehors de la cuisine, les sourcils froncés et une plaque couverte de biscuits fumants entre les mains.

- Si j'entends encore l'un de vous critiquer mes menus, je vous jure que je ferai disparaître tous ces cookies tout seul. Alors méfiez-vous !

- Hmm.

- Les grognements d'homme des cavernes comptent aussi comme critique !

- Arrête de râler et viens nous aider à mettre les décorations.

- INTERDICTION DE COMMENCER SANS MOI !

- Alors dépêche fiston.

- Bande de ventres à pattes, il faut savoir attendre si vous voulez pouvoir avoir droit aux délicieux cookies made in Stilinski.

Mais l'adolescent se dépêcha de poser les biscuits sur une assiette pour les rejoindre. Son père avait déjà ouvert l'un des cartons de décoration et sortait une guirlande lumineuse avec un léger sourire. Derek resta à l'écart pendant un moment, observant les deux autres s'activer autour du sapin, jusqu'à ce que Stiles lui fourre d'autorité une boule bariolée dans les mains et le pousse en direction de l'arbre. La nuit était déjà tombée dehors, et ils bataillèrent un long moment avant de réussir à obtenir un résultat à peu près agréable pour l'œil.

Stiles se recula avec un sourire satisfait, mais fronça rapidement les sourcils. Il manquait l'étoile au sommet du sapin. Ce n'était pas vraiment Noël s'il n'y avait pas l'étoile ! Il farfouilla pour retrouver finalement l'ornement sous le canapé – aucune idée de comment il avait pu atterrir là-bas – et esquissa un sourire triomphant en revenant vers le sapin. Sauf que trop excité par l'ambiance, il ne fit pas attention à l'endroit où il posait les pieds et glissa sur un morceau de guirlande qui traînait encore par terre. Un glapissement surpris lui échappa alors qu'il se sentait partir en arrière...

Deux bras s'enroulèrent autour de sa poitrine pour le tirer vers le haut, le basculant contre un torse ferme alors que la personne derrière lui faisant deux pas en arrière.

- Bon sang, tu peux pas faire attention ?!

Derek le hissa sur ses pieds et attendit de le sentir à nouveau stable avant de le relâcher. Le Shérif poussa un soupir de soulagement de voir que son fils ne s'était pas blessé et lui retira l'étoile des mains.

- Le sapin ne fait pas plus d'un mètre vingt de haut, Stiles... Encore, il aurait fait deux mètres, j'aurais pu comprendre que tu tombes, mais là...

- C'est pas non plus comme si je l'avais fait exprès !

- Va plutôt chercher les bougies.

Stiles se contenta d'hocher la tête et de repartir dans la cuisine, la tête légèrement baissée pour ne pas que les autres voient ses joues brûlantes. Bon sang, il était ridicule de réagir comme ça ! Derek l'avait seulement aidé, ok ? Il était le plus proche quand il avait trébuché, donc c'était normal que ce soit lui qui l'ait rattrapé. Rien de plus. Ce n'était absolument pas un câlin et ce serait bien que son cœur arrête de s'emballer comme si c'en était un !

Marmonnant entre ses dents, il ouvrit un tiroir pour un sortir un paquet de grosses bougies encore neuf et attrapa une paire de ciseaux pour l'ouvrir.

- Ça va ?

Le jeune homme sursauta violemment, les lames dérapant sur le paquet... et une main saisit brusquement son poignet avant qu'il ne s'entaille.

- Sérieusement, Derek, tu pourrais pas faire comme tout le monde et faire du bruit quand tu arrives quelque part ? Je suis pas cardiaque mais on sait jamais !

- Bien sûr. Tes chevilles n'ont rien ? Tu ne t'es rien tordu ?

- Non non, ça va. Juste ma fierté qui en a pris un coup.

- Si ce n'est que ça... Pourquoi les bougies ?

Cette fois-ci, Stiles se figea. Il n'avait jamais eu à expliquer cette coutume entre son père et lui. Les seuls à avoir passé Noël avec eux depuis qu'ils avaient commencé étaient Scott et Mélissa, et ils savaient parfaitement ce que ça signifiait. Il reposa les ciseaux, sortit une première bougie, la faisant tourner entre ses doigts, et avala sa salive.

- C'est... pour ma mère. Elle adorait les bougies, elle en allumait à la moindre occasion. Papa râlait souvent quand elle en achetait des parfumées, parce que ça sentait dans toute la maison et que ça le faisait éternuer, mais il l'a toujours laissée faire. Alors depuis que... qu'on est tous seuls, on allume une bougie pour les grands événements. C'est comme si elle était encore un peu là.

- C'est une bonne tradition.

La voix de Derek était douce, et il n'avait toujours pas lâché son poignet. Mal à l'aise, Stiles haussa vaguement les épaules et reprit les ciseaux pour graver le prénom de sa mère dans la cire.

- Est-ce que... enfin... tu veux en allumer, toi aussi ?

- Quoi ?

- Pour... tu sais. Ta famille ?

Le silence s'installa aussitôt dans la pièce. L'adolescent se mordit la langue. Merde, il avait été trop loin ? Il avait juste voulu... Il ne savait même pas quoi, en fait. L'inclure dans leur petit rituel ? Mais Derek soupira simplement en le relâchant.

- Je peux... en prendre deux ? Pour... ceux qui sont loin... et pour ceux qui sont partis.

- Bien sûr. On risque pas d'être à court, et au pire le magasin n'est pas loin.

Le brun se contenta d'acquiescer et attrapa un couteau à son tour pour graver des noms dans ses bougies. La première. Peter. Malia. Cora. Et la deuxième beaucoup plus. Stiles sentit sa gorge se serrer au fur et à mesure que Derek continuait de graver. Les derniers noms s'enroulaient autour de la base de la bougie, pour être les derniers à s'effacer lorsqu'elle se consumerait. Franck. Talia. Stephen. Et la main de Derek trembla sur les dernières lettres. Laura.

- Que...

- Elle s'est faite renverser par une voiture. Je suis parti après que Peter m'ait appelé. C'était juste... trop.

Oh. Stiles ouvrit la bouche... avant de la refermer et d'appuyer son épaule contre la sienne. Il n'y avait rien à dire de toute façon. Le brun lui rendit la pression avec un maigre sourire, sa tête s'inclinant machinalement vers lui, et s'ébroua finalement en s'écartant.

- On y retourne ? Ton père voulait lancer le Drôle de Noël de Scrooge.

- Ok. Je vais nous faire du chocolat chaud aussi. Avec des chamallows dedans. Et puis des m&m's écrasés. Ça fera du bien à tout le monde !

Derek esquissa un faible sourire en le poussant de l'épaule.

- La période de Noël est celle où tu oublies le régime de ton père on dirait…

- Tais-toi, ou t'auras rien du tout. Et demain, je fais des brocolis à la vapeur !

- Bien sûr.

L'autre lui jeta un regard moqueur, mais quitta la cuisine sans lui laisser le temps de répliquer, emportant ses deux bougies. Stiles gonfla les joues d'un air boudeur, mais finit par sourire. Au moins, Derek ne s'était pas trop enfoncé dans de tristes pensées ! Il rangea ce qu'il avait sorti en se mordillant la lèvre. Il pouvait comprendre qu'il ait cherché à tout fuir après ce qu'il venait de lui dire… mais ça voulait dire aussi que le reste de sa famille pensait avoir perdu deux membres, au lieu d'un seul. Et même s'il avait beau se dire que ça ne le concernait pas, il avait envie de les appeler, au moins pour leur dire que Derek était vivant.

- Stiles ?

L'appel de son père le fit sursauter.

- J'arrive ! Je cherchais… euh… le briquet ?

- On a tout ce dont on a besoin à côté de la cheminée.

- Oh cool, j'avais oublié ! Chuis là dès que j'aurais préparé du chocolat !

Le Shérif fronça les sourcils, mais haussa les épaules avant de repartir. Stiles se dirigea immédiatement vers le frigo pour attraper ce dont il avait besoin. Bien, il n'allait pas laisser tout ça gâcher Noël ! Surtout avec Derek avec eux !

Mais bon, s'il avait l'occasion de jeter un coup d'œil à l'annuaire de New York, voir si Peter Hale y apparaissait… c'était autre chose, pas vrai ?


Tadaaaam ! Voilà, vous savez pourquoi Derek est parti...

Pensez à moi demain, j'ai 850km à faire en voiture !