Hello tout le monde !
J'ai survécu à mon trajet... juste avant les chutes de neige, c'est déjà ça ! D'ailleurs, je jure que ce qui se passe dessous n'est que pure coïncidence avec la météo de cette semaine... mais comme quoi ça tombe bien !
Bonne lecture !
- Stiles. Debout.
Stiles étouffa un grommellement en enfouissant un peu plus son visage dans son oreiller, luttant pour se rendormir aussi profondément qu'il l'était avant que la voix n'arrive. Il faisait tellement bon sous sa couette, et il était tellement bien installé… Une main se posa sur son épaule et le secoua fermement, lui arrachant un gémissement de protestation.
- Allez, lève-toi.
- Naaaaaoooommmm…
- Stiles.
- ...'ous-mmmmoi la 'aiiiix…
Un ricanement retentit et la main sur son épaule glissa pour attraper le bord de sa couette. Immédiatement, Stiles se roula un peu plus dedans, saucissonnant le duvet autour de son corps pour ne pas que l'autre ne puisse l'enlever d'un coup. Non mais oh, comme si c'était la première fois que quelqu'un essayait de lui faire le coup ! Il était rodé maintenant !
- Debout, Stiles.
Pour toute réponse, l'adolescent fit passer la couette par-dessus sa tête. Non. C'était le week-end, il était en vacances, il faisait froid, alors il avait parfaitement le droit de faire la grasse mat ! Même si c'était Derek – son père aurait déjà abandonné en lui demandant de ne pas rester au lit jusqu'à midi – qui venait l'emmerder !
- Stiles. Il neige.
Bien sûr, Einstein. On était en Californie. La dernière fois qu'il avait neigé, sa mère était encore vivante. Ce n'était pas un piège pareil qui allait avoir raison de lui ! Son matelas grinça, signe que l'autre se levait enfin. Pas trop tôt ! Satisfait, Stiles se détendit, replongeant avec délice dans cette espèce de béatitude qui précédait toujours le sommeil…
Quand un pan de la couette se souleva et quelque chose de froid et de mouillé s'écrasa contre son ventre, sur le seul morceau de peau que son Tshirt remonté dévoilait.
Stiles poussa un son étrange – à moitié entre le hurlement et le glapissement – en se redressant brutalement, ses mains battant l'air pour repousser la chose. Il se débattait tellement qu'empêtré dans ses draps, il finit par basculer et s'écrouler lourdement sur le sol. Derek lui sourit, visiblement très fier de lui, essuyant sa main sur son pantalon. L'adolescent se leva, toujours emmitouflé, et le fusilla du regard.
- Non mais t'es pas bien ?! Ça va pas de réveiller les gens comme ça non ?
- Stiles.
- Ok, je t'ai dit que le sol c'était bon pour la santé, mais faut pas en abuser non plus ! T'aurais eu l'air fin si je m'étais cassé une jambe ! T'imagines, un hyperactif qui ne peut pas bouger ? Non parce que là je t'assure que…
Mais Derek ne l'écoutait pas. Il contourna le lit en deux pas, l'attrapa par les épaules et le fit pivoter de force pour le mettre devant la fenêtre.
- Il neige.
Stiles en resta bouche bée. Dehors, il pouvait voir de gros points blancs valser dans les airs, formant un rideau épais de l'autre côté de la vitre. C'était impossible. Ça faisait des années qu'il n'avait pas neigé ! Et surtout pas comme ça ! Le sol avait déjà commencé à se recouvrir de poudreuse. Et tout semblait incroyablement silencieux, comme s'ils étaient enveloppés dans une bulle de coton. Derek sourit doucement, les mains toujours posées sur ses épaules.
- Je me suis dit que tu voudrais voir ça.
L'adolescent resta muet, toujours sous le choc. La récente tempête avait dû faire chuter les températures plus bas qu'il ne le pensait, et avec l'hiver et les problèmes climatiques ça avait dû suffire pour leur amener une neige un petit peu durable. Peut-être qu'ils allaient pouvoir réveillonner avec un vrai Noël blanc à l'extérieur… Un immense sourire finit par se dessiner sur le visage de Stiles et il lâcha sa couette pour lancer les deux poings en l'air.
- YOUHOUUUU !
- OUCH !
Derek le lâcha brusquement pour poser une main sur son nez, les sourcils froncés par la douleur. Mais Stiles l'ignora, complètement surexcité alors qu'il bondissait sur son matelas pour rejoindre plus vite son armoire.
- Il NEIGE Derek !
- Sans blague…
- Faut que j'appelle Scott ! Et qu'on fasse un bonhomme de neige ! Et une bataille aussi ! Toi aussi hein ! Et interdiction de se mettre avec Scott, parce que vous deux contre moi je pourrais jamais m'en sortir ! Ah mais faut pas non plus qu'on piétine toute la neige devant la maison aussi, parce que ça serait trop cool d'ouvrir les cadeaux devant la fenêtre quand tout est blanc… Oh je sais ! On a qu'à aller dans la forêt ! Ah mais tu crois que la neige aura réussi à atteindre le sol ?
- Stiles.
- Quoi ?
L'adolescent se retourna en haussant un sourcil. Derek lui tournait fermement le dos, les mains enfoncées dans les poches de son jeans et visiblement embarrassé. Qu'est-ce qui se passait encore ? Il n'avait rien dit de bizarre pourtant… Stiles baissa les yeux avant de rougir violemment. Bon. D'accord. Il avait peut-être commencé à se préparer en discutant. Et il se trouvait actuellement en caleçon. Devant un autre homme. Ce n'était pas si grave – après tout, il se changeait aussi dans les vestiaires après les entraînements – sauf qu'il craquait totalement pour ce type.
- Oh.
- La neige va pas disparaître en une heure. Déjeune au moins avant.
- Oui maman…
L'autre se contenta de grommeler une réponse indistincte avant de sortir de la chambre en refermant la porte derrière lui. Toujours sans le regarder. Stiles attendit quelques secondes, le temps de faire un peu le tri dans toutes les pensées qui tournoyaient dans sa tête… et se rua sur son téléphone.
A : Scotty-chou
Si tu évites de regarder quelqu'un qui se désape, c'est parce que tu le trouves très moche ou parce qu'il y a autre chose ?
A : Scotty-chou
Et t'as intérêt à ramener tes fesses rapidement vu le temps !
Balançant le portable sur son lit, il s'habilla rapidement, enfilant des chaussettes épaisses et un gros pull. Il avait bien l'intention de passer la journée dehors, alors autant éviter d'enchaîner avec un deuxième malade alors que les fêtes de fin d'années approchaient ! Son vibreur lui tira un nouveau sourire et il se précipita pour voir la réponse de son meilleur ami.
De : Scotty-chou
Attends. A quel moment as-tu décidé que faire un strip-tease à ton nouveau coloc était une bonne idée SANS m'en parler avant ?
Et serai là d'ici une heure
Y a des gens qui dorment le matin
A : Scotty-chou
Y a PAS eu de strip-tease volontaire ! J'avais oublié qu'il était là, ok ?
De : Scotty-chou
Donc tu t'es foutu à poil...
A : Scotty-chou
Réponds juste à ma première question
De : Scotty-chou
Si Derek te trouve moche, c'est que je sors avec un troll des marais
Stiles fit la moue. Bon sang, Scott avait quand même le don pour lui pondre des comparaisons qui n'étaient pas vraiment des réponses ! Mais la neige à l'extérieur le mettait vraiment de trop bonne humeur pour qu'il commence à râler. Il dévala l'escalier pour se précipiter dans la cuisine pour déjeuner. Derek était installé contre la fenêtre, une tasse de café entre les mains, à regarder la neige tomber. L'adolescent se laissa tomber sur une chaise et ramena l'assiette de pancakes jusqu'à lui alors que ses yeux fouillaient la pièce.
- Où est mon père ?
- Partit plus tôt au poste. Les gens n'ont pas l'habitude de la neige, ici.
- Parce que toi oui ?
Derek haussa une épaule avec un petit rictus.
- J'ai vécu à New York. Mange maintenant.
- Mais oui, je mange, regarde.
Pour prouver ses dires, Stiles enfourna un énorme morceau de pancakes, mâchant exagérément la bouche ouverte. L'autre esquissa une grimace de dégoût avant de se déplacer pour pouvoir le frapper derrière la tête. Stiles ricana mais se remit à manger plus proprement, ses yeux rivés sur Derek qui s'activait autour de lui pour ranger ce qu'il avait sorti pour lui et commencer à faire la vaisselle. Sans vraiment s'en rendre compte, le plus jeune s'affala un peu plus sur la table, le menton calé dans sa paume pour pouvoir mieux suivre les mouvements des muscles de son dos qu'il pouvait apercevoir sous son Tshirt. Décidément les vacances s'annonçaient vraiment bien...
Derek fit rouler ses épaules et jeta un coup d'œil derrière lui, sourcils légèrement froncés.
- Tu penses que la voisine peut voir jusqu'ici même avec le temps ?
- Hein ?
- Celle qui m'espionne. Depuis que t'en as parlé, j'ai l'impression de la sentir tout le temps...
Stiles rougit violemment et baissa immédiatement la tête vers son verre de jus de fruits.
- Oh possible, tu sais avec les vieilles et les stalkeurs, on sait jamais, alors les deux à la fois... Plus qu'à espérer qu'elle en fera une crise cardiaque quand elle te verra batifoler dans la neige !
- Tu fais vraiment peur, parfois.
- Mais non, tu verras, on s'y fait. D'ailleurs t'as déjà commencé à t'y faire, alors râle pas.
Seul un reniflement moqueur lui répondit. Un soupir de soulagement lui échappa quand il réalisa que Derek n'avait pas réalisé que la pauvre voisine – adorable quand elle ne brandissait pas ses jumelles – n'y était pour rien... Mais ça voulait aussi dire qu'il devrait être plus prudent pour la suite. Non pas que mater l'autre homme était une de ses occupations si fréquentes que ça on plus. Presque pas. Mais bon, il n'avait vraiment pas envie que Derek apprenne son... son quoi d'ailleurs ? … son crush de cette manière.
Stiles se dépêcha de terminer son petit déjeuner et posa sa vaisselle dans l'évier. La dernière fois où il avait voulu laver lui-même ses couverts depuis qu'il était arrivé, Derek avait boudé pendant des heures. Visiblement, il prenait très à cœur tout ce qu'il considérait comme son travail. D'un côté, ça l'arrangeait bien, au moins il n'était plus de corvée !
- T'as encore d'autres directives à me donner, ou je peux sortir maintenant ?
- Tu peux sortir...
- YEAH !
- … ramener quelques bûches pour la cheminée, ce soir.
- Hein ?!
L'adolescent se figea, bouche bée, et le poing encore en l'air de joie. Derek leva les yeux au ciel en ricanant.
- Je plaisante. Je le ferai. Dehors maintenant.
- Toujours des mots doux...
- Dégage.
- Oui chef !
Stiles esquissa un semblant de salut militaire avant de courir dans l'entrée pour enfiler ses baskets et son manteau. Bon, ok, peut-être qu'il faisait un peu gamin que cinq ans dans l'immédiat, mais de la NEIGE ! Le seul moyen qu'il avait eu par la suite d'en voir, c'était quand son père l'emmenait en vacances au ski, ce qui n'avait pas dû arriver plus de deux fois en dix ans. Donc on pouvait le pardonner ! Bondissant sur ses pieds, il ouvrit la porte pour se précipiter à l'extérieur... et rentra au bout de seulement cinq minutes. Derek haussa les sourcils.
- Un problème ?
- Nan nan...
- Tes chaussures sont trempées, c'est ça ?
Stiles émit un grommellement boudeur pour toute réponse alors qu'il s'asseyait par terre pour retirer ses baskets et ses chaussettes, tordant le coton épais pour en retirer l'humidité.
- Ouais, bon, ok, c'était un truc auquel j'avais pas pensé ça... Quant à toi, t'as intérêt à bien te couvrir pour sortir hein ! Va pas retomber malade ! T'as qu'à prendre la parka de mon père, elle est suffisamment épaisse et...
- Qui est la maman maintenant ?
- La ferme.
- Que de mots doux...
L'adolescent se mordit la langue pour ne pas laisser échapper un très mature « gnagnagna ». Au lieu de ça, il préféra aller se chercher une nouvelle paire de chaussettes – ou plutôt deux, tout bien réfléchi – ainsi que son bonnet et une écharpe, avant de redescendre chercher une paire de bottes. Il avait déjà bravé une tempête, alors ce n'était pas un petit d'eau glacée qui allait le faire reculer ! Il était un Stilinski !
Quand Scott finit enfin par arriver, avec plus d'une demi-heure de retard – alors qu'il y avait de la neige partout, bon sang, et qu'elle ne s'arrêtait pas de tomber, comment avait-il fait pour ne pas se ruer dehors ? – Stiles avait déjà monté deux petits murs de neige, à quelques mètres de distance l'un de l'autre, pas très haut mais suffisant pour pouvoir s'abriter derrière. Le brun ôta son casque pour hausser un sourcil sceptique.
- Je peux savoir ce que c'est sensé être ?
- Nos fortifications !
- Pour la bataille ?
Scott était un génie. D'ailleurs, il pouvait voir ses yeux se mettre à briller comme il comprenait ses plans. Son meilleur ami cala rapidement sa moto contre un mur de la maison pour la protéger de la neige et courut l'aider à terminer son deuxième mur.
- Derek n'est pas encore sorti ?
- Il joue encore à la fée du logis, mais il m'a promis qu'il arrivait.
- Combien de fois tu as été le harceler pour ça ?
Stiles haussa les épaules sans rien dire. Ça n'avait pas d'importance de toute façon... Il fallait juste qu'il sorte avec eux, point barre ! C'était peut-être son unique occasion avant des années, alors il n'allait certainement pas la laisser passer ! D'ailleurs, ça faisait au moins cinq minutes que Derek lui avait dit qu'il arrivait, et il ne voyait toujours pas un centimètre de corps sexy et musclé dans les parages. Ce qui n'était pas juste du tout ! Il lui avait fait une promesse bon sang !
Heureusement, il avait à peine commencé à se redresser pour revenir pour la sixième fois – oui, et alors ? – que la porte de la maison s'ouvrait. Stiles sourit en voyant l'épaisse veste d'uniforme de son père sur les épaules de Derek... avant de se figer. Oh. Ok. Il n'avait jamais vraiment compris le fantasme du policier, surtout vu que son père en était un. Mais là... Bon sang, il serait incapable de voir son père partir bosser sans repenser à cette image maintenant !
Un coup de coude dans les côtes le fit sursauter. Scott lui adressa un petit sourire moqueur, agitant exagérément les sourcils et ouvrit la bouche... quand une boule de neige s'écrasa sur son visage. Il hoqueta, battit des bras pour tenter de garder son équilibre mais s'écroula lourdement sur le sol. En face d'eux, Derek fit rebondir une deuxième munition dans sa main, un rictus satisfait au coin des lèvres.
- Dommage, j'ai pas eu le bon.
- Comment ça, pas le b... Oh.
- Hmhm.
Stiles observa le brun, puis son meilleur ami toujours par terre. Tourna les talons. Et se mit à courir droit vers la forêt. Ok pour la bataille de boules de neige – même si Derek était un sale TRICHEUR puisqu'ils avaient prévu les défenses – mais il n'était pas suicidaire non plus ! Hors de question de l'affronter sans munitions ! Le bruit de pas derrière lui le fit accélérer encore plus. Pourquoi il avait proposé une sortie dans la neige déjà, hein ?!
- STILES !
La voix de Scott lui parvint trop tard. Un bras solide s'enroula autour de sa taille, stoppant net sa course alors qu'il n'était qu'à quelques pas des premiers arbres, et quelque chose de glacé s'écrasa contre son cou. Il hurla.
- MAIS ARRÊTE ÇA BORDEL ! CE MATIN C'ETAIT SUFFISANT !
Le rire grave et rauque de Derek le fit frissonner. Cependant, la neige qui fondait tout doucement contre sa peau et se glissait sous son Tshirt le réveilla rapidement et il se remit à gesticuler pour lui faire lâcher prise. Surpris, l'aîné vacilla avant de glisser sur l'herbe gelée, les faisant tomber tous les deux. Stiles donna un coup de hanche pour espérer se dégager, mais l'autre roula immédiatement pour le bloquer sous son poids. Une main pesant sur son épaule, il ramassa une poignée de neige pour l'écraser sur son visage, un immense sourire aux lèvres. L'adolescent hurla en riant et gigota encore plus fort, les deux mains plaquées sur son torse – concentration, Stiles ! – pour le repousser…
Une boule de neige s'écrasa contre la tempe de Derek, lui arracha un grognement surpris. Scott avala nerveusement sa salive lorsqu'il tourna la tête vers lui mais ne s'enfuit pas – Stiles le félicita mentalement pour ses progrès. Le plus âgé leva très lentement une main pour enlever les flocons pris dans sa barbe en plissant les yeux.
- Très bien...
- Euuuh... Stiles ?
- Là tu peux courir.
Son meilleur ami ne se le fit pas dire deux fois. Derek se releva pour partir à sa poursuite avec un grondement joueur et Stiles se précipita à sa suite, un immense sourire au visage. Cette journée allait juste être géniale.
...
Le feu crépitait doucement dans la cheminée et Stiles somnolait à moitié, à plat ventre sur le canapé, un pied accroché au dossier et un bras traînant par terre. Il était épuisé. Ils avaient passé la journée à courir et à sauter et à se bagarrer dans la neige. Pas si inhabituel que ça, vu son hyperactivité. Mais il ne comprenait pas pourquoi il se sentait si fatigué. Les yeux mi-clos, il observait sans vraiment y faire attention les trois bougies qui brillaient au bord de la fenêtre.
Un poids s'installa au bout du canapé et une main frappa son mollet.
- Pousse-toi un peu.
- Grmmbld.
- Larve.
- Hn.
- Pour une fois que tu réussis à te taire...
Au ton moqueur, Stiles se tortilla pour pouvoir fusiller Derek du regard sans lui donner le plaisir de trop bouger. Et son cœur manqua un battement. Merde, il fallait qu'il arrête d'être aussi sexy pour sa santé... Il avait encore les joues et le bout du nez un peu rougi par l'air froid dehors, mais la douche qu'il venait de prendre avait relâché tout son visage et il souriait légèrement. Stiles ramena ses pieds vers lui, les talons appuyés contre les fesses, pour que Derek puisse s'installer correctement... et rabattit ses jambes presque aussitôt, s'étalant sur ses genoux.
- Te gêne pas surtout.
- Mpfff...
Le brun se contenta de lui pincer la cheville, avant de tendre le bras pour attraper un roman qu'il avait laissé sur la table basse et de reprendre sa lecture, les avant-bras posés sur ses mollets pour plus de confort.
Le Shérif les retrouva dans la même position exacte en rentrant du poste, plus d'une heure plus tard. Il poussa un lourd soupir en se débarrassant de ses affaires et haussa un sourcil désabusé en les regardant.
- Sérieusement, les garçons ?
- C'est sa faute d'abord P'pa ! Il m'a complètement cassé !
- Je ne veux pas savoir ce qu'il se passe quand vous êtes seuls tous les deux, c'est clair ? Je tiens à ma santé mentale.
- Que...
Stiles vira à l'écarlate en quelques secondes alors que Derek se raclait la gorge, mal à l'aise devant le sous-entendu. L'adolescent se tortilla pour se remettre sur le dos et ramener ses jambes vers lui – il dut se mordre la lèvre pour ne pas gémir à la perte de chaleur, il s'était déjà suffisamment ridiculisé devant son père – mais il glissa immédiatement ses pieds sous les cuisses de Derek. Le brun sursauta avant de le fusiller du regard, repoussant ses chevilles d'une main.
- Je peux savoir ce que tu fais ?
- Mais il fait froiiiid ! Mes orteils vont finir par tomber !
- Va mettre des chaussettes.
- T'es plus chaud toi !
- Stiles !
Avec un grommellement boudeur, Stiles se roula en boule de l'autre côté du canapé, enveloppant ses propres mains autour de ses pieds pour les masser et les réchauffer. Le Shérif revint dans le salon, une tasse de café fumante à la main, et sourit avec amusement.
- Vous savez, ce n'était pas la peine de vous exiler juste parce que je suis là hein. Je peux supporter la vue d'un câlin. Du moment que vous restez habillés.
- PAPA !
Derek semblait vouloir disparaître dans les coussins du sofa, le nez résolument plongé dans son livre et les oreilles rouges. Le Shérif secoua la tête et lui pressa l'épaule pour le rassurer.
- Je plaisante garçon. J'ai vu le champ de bataille devant la maison. Les deux singes ne t'ont pas trop épuisé ?
- Hey !
- J'ai plus d'endurance qu'eux. La soirée devrait être plus calme.
- Je suis là je vous signale !
Mais même Stiles trouvait que ses protestations manquaient d'énergie. Il était fatigué. Et puis, Derek se détendait maintenant que son père avait changé de conversation, donc bon, il pouvait laisser passer aussi. Il ferma les yeux et s'appuya un peu plus contre l'accoudoir du canapé, somnolant. Pendant un moment, il n'entendit que le crépitement du feu dans la cheminée, les pages du livre qui se tournaient et les aspirations – bruyantes – du Shérif. L'adolescent se sentait sombrer petit à petit dans une torpeur bienfaisante...
- Donc, Derek, tu as pu réfléchir un peu ?
Hein ? Stiles lutta pour ne pas s'endormir totalement, glissant un peu sur l'assise du canapé, les paupières toujours closes. Si les deux autres partaient dans ce genre de discussion parce qu'ils le pensaient endormi... ç'aurait été dommage de briser leurs espoirs, non ? Il y eut un soupir, puis le bruit d'un livre qu'on reposait.
- Je...
- Il est pas question de te mettre la pression, tu sais. Tu peux prendre autant de temps que tu en as besoin pour pouvoir retomber sur tes pieds. Personne ne va te mettre dehors, et c'est vraiment super de t'avoir à la maison. Mais je pense que passer le balai et repeindre la clôture ne va pas être un boulot satisfaisant durant toute ta vie. Surtout que je vais arriver à court d'idée pour la prochaine couleur des barrières.
Derek émit un grognement amusé. Stiles s'agita un peu plus. Bon sang, mais où son père voulait-il en venir ? La position dans laquelle il avait glissé n'était pas confortable. Il pouvait sentir les muscles de sa cuisse et de son dos commencer à protester. Une main chaude se referma autour de sa cheville et il lutta pour ne pas sursauter – ça n'aurait pas vraiment fait sommeil naturel... Quelqu'un tira doucement sur sa jambe pour l'allonger avant d'appuyer sur sa hanche pour l'amener à se tourner confortablement. La voix de son père sonna horriblement amusée.
- Je pourrais toujours te garder comme baby-sitter...
- A vous de voir si vous voulez l'écouter se plaindre pendant toutes les vacances s'il attrape un torticolis.
- Oh Dieu merci, non. Mais tu aurais pu juste le réveiller.
- Mpf.
- C'est un non pour le baby-sitting ?
- Je faisais la comptabilité pour l'entreprise de mon oncle, à New York.
- Je vois. Tu souhaites trouver quelque chose dans le même esprit ?
Pas de réponse. Stiles bougea encore une fois, incapable de s'empêcher de remuer alors que tout ce qu'il voulait faire c'était bondir. Comment ça, son père essayait de retrouver un autre boulot à Derek ? Bon, d'accord, c'était l'une des raisons à sa présence ici, entre autres, et ils lui avaient promis de l'aider mais mais... pas si tôt ! C'était encore les vacances ! Mais la main de Derek qui l'avait attrapé était toujours sur sa cheville, irradiant de chaleur.
- D'accord. Si tu as besoin d'aide ou d'infos, n'hésite pas.
- Merci.
- Et... juste au cas où ça pourrait t'intéresser, on dit jamais non à de nouvelles recrues au poste.
Oh. Derek dans un uniforme de policier ? Alors qu'il avait faillit faire un anévrisme en le voyant juste avec le blouson ? Stiles allait porter le déjeuner à son père tous les jours si jamais ça arrivait. Et vu le tapotement de l'index qu'il sentait sur son articulation, l'idée faisait visiblement son chemin dans la tête de l'autre. Ce n'était pas une mauvaise idée en fait, même s'il allait se faire deux fois plus de cheveux blancs. Beacon Hill restait une ville tranquille et c'était toujours moins dangereux que s'il était à New York. Et ça l'obligerait à rester dans les parages pendant un certain temps...
Il entendit son père reposer sa tasse de café et s'étirer en grognant.
- Bien, le poste m'a accordé quelques jours de congés pour Noël, sauf cas d'extrême urgence... Tu auras besoin d'un coup de main pour quelque chose ?
- Vous n'êtes pas obligé de faire ça.
- Arrête tes bêtises. Je vais finir par rouiller si je reste sur un fauteuil et Stiles va me mettre encore plus au régime de peur que je m'engraisse. Et il est hors de question que la viande disparaisse définitivement de mon alimentation.
Stiles ne put s'empêcher de pousser un grognement – il n'était pas si obsédé que ça par ce que mangeait son père quand même ! – et la main sur sa cheville remua doucement pour le calmer presque machinalement. Très bien. Puisque visiblement la conversation dérivait sur le découpage de pauvres arbres innocents pour renflouer la cheminée, il pouvait se permettre de décrocher parce que... bon... Ça faisait quand presque un quart d'heure que...
DEREK LUI CARESSAIT LE PIED QUOI !
Rien de sexuel et il ne savait même s'il était conscient de ce que ses doigts faisaient, mais merde ! Ça ne lui arrivait pas tous les jours quoi ! Surtout pas devant son père ! Et ça devenait vraiment compliquer de calmer les battements de son cœur. Il avait l'impression de se transformer en une de ces pré-ados stupidement gloussantes et rougissantes dans une mauvaise comédie romantique. Absolument ridicule ! Mais les mouvements de la main ne s'arrêtaient pas, et la sensation apaisante ajoutée à la chaleur du feu et à la discussion calme des deux autres hommes...
L'adolescent s'endormit sans même s'en rendre compte.
Je fantasme. Voilà. Je veux un Derek comme ça. Laissez-moi fantasmer !
J'espère que ça vous aura plu en tout cas ! A samedi prochain !
