La reprise du boulot est dure... mais l'avantage d'avoir déjà tout écrit, c'est que je peux toujours poster à l'heure !

J'espère que le réveillon de Noël va vous plaire (oui, je spoile mon propre chapitre, j'ai le droit).


Assis devant son ordinateur, Stiles pianotait nerveusement sur son bureau, le regard rivé sur la page d'annuaire qu'il venait d'ouvrir. Dehors il pouvait entendre le tchack régulier des bûches de bois que son père et Derek étaient partis chercher. Il était tout seul dans la maison. C'était une occasion en or, pas vrai ? Avec les vacances, il n'était pas sûr de pouvoir être tranquille avant un moment. Il n'avait aucune raison d'hésiter… Sauf que ça faisait au moins une demi-heure qu'il fixait son écran sans oser aller plus loin.

D'un côté, il n'arrêtait pas que ce n'était pas ses affaires, que si Derek était parti c'était pour de bonnes raisons et qu'il devait respecter son choix… Mais d'un autre, il était persuadé que sa famille aimerait vraiment savoir qu'il était en vie. Ça pourrait être un beau cadeau de Noël pour les Hale restants. Stiles avala sa salive avant de taper le nom dans la barre, son curseur tournant autour du bouton « rechercher » sans vraiment s'y arrêter. Dans le jardin, son père riait. Il cliqua.

Visiblement, Hale n'était pas un nom très commun en Amérique, parce qu'il trouva tout de suite le numéro de Peter. Il attrapa son téléphone pour le composer aussitôt. Se connaissant, s'il se laissait encore le temps de la réflexion, il allait faire marche arrière ou pire encore, en parler à Derek – et même s'il était téméraire, là c'était clairement une idée suicidaire. Les premières tonalités retentirent et l'adolescent se leva pour se mettre à faire les cent pas devant sa fenêtre, mordillant nerveusement son pouce.

Alors qu'il allait reposer son portable, une voix féminine décrocha.

- Allo ?

- Oh euh… hum… Bonjour… Je suis bien chez Mr Peter Hale ? Je…

- Oui, je suis sa nièce. Peter travaille. Je peux prendre un message ?

Oh. Cora. Génial. Nerveux, Stiles déglutit une nouvelle fois et passa une main dans ses cheveux, redescendant masser sa nuque.

- Je euh… Je m'appelle Stiles Stilinski, et je sais que ça ne vous dit rien, mais je voulais juste lui parler de son neveu…

- Derek ?! Vous avez de ses nouvelles ? Vous savez où il est ?

- Je… Pardon, mais c'est Cora ? On a été à l'école ensemble à Beacon Hill…

- Ah non, je suis Laura moi, leur sœur aînée. Où est Derek ?

Stiles se figea, le sang battant aux tempes et la gorge nouée. Quoi ?

- Que… Non, Laura est…

- Je suis quoi ?

- Mais… Vous êtes morte !

Bon, ce n'était peut-être pas la chose à dire non plus. Surtout pas à la première intéressée. Mais merde quoi ! Derek qui avait dit qu'elle avait été tuée ! Il avait gravé son nom dans la bougie ! Il avait eu l'air tellement mal en lui en parlant !

Il y eut un moment de silence… Puis la femme à l'autre bout de fil sembla exploser. Une flopée de jurons lui échappa, si violente que Stiles recula le téléphone de son oreille, choqué – de toute manière, il n'était pas encore revenu du fait qu'il parlait avec un fantôme.

- Que… ?

- Je te jure qu'à la minute ou je mets la main sur ce pauvre abruti, je lui arrache les oreilles pour les lui enfoncer au fond de la gorge, je le pends par les pieds et je lui flanque la rossée du siècle ! Et si jamais il en reste quelque chose, je le découpe en morceaux, je le passe au mixeur, et je le donne à bouffer au chat !

- Euh…

L'adolescent se mordit la lèvre. J'aimerai bien garder son corps de dieu intact moi

- C'est lui qui t'a dit ça ?

- Il m'a parlé de l'accident de voiture qui vous a…

- J'ai bien eu un accident de voiture, et oui j'ai fait un arrêt cardiaque avant l'arrivée de l'ambulance, mais si ce crétin n'avait pas raccroché avant Peter aurait fini de lui expliquer que mon cœur était reparti et qu'il l'attendait à l'hôpital !

Cette fois-ci, Stiles se laissa tomber assis sur son lit, les oreilles bourdonnantes. Alors toute cette situation, toute la douleur qui avait amené Derek à traverser le pays à pied…c'était juste un foutu quiproquo ? Parce qu'il avait raccroché son téléphone trop tôt ? Il dut prendre plusieurs grandes respirations pour retrouver ses esprits… et réaliser que Laura était toujours aussi remontée.

- Il faut… faut que je prévienne Derek !

- NON !

- Mais…

Il se releva pour se rapprocher de la fenêtre, écartant le rideau pour observer Derek et son père qui fendaient toujours des bûches.

- Mais non ! Il faut qu'il le sache ! Vous imaginez même pas à quel point il…

- Ecoute, Stiles, c'est ça ? Mon frère est parti sans même repasser chez nous pour vérifier si ce qu'il pensait était vrai. Et quand bien même je serais effectivement décédée, il a abandonné notre oncle et surtout notre petite sœur sans penser au traumatisme que ça aurait été pour eux de perdre de nouveau deux membres de la famille d'un seul coup. Compris ?

Vu comme ça… Il pouvait comprendre sa réaction, mais ça avait été aussi dur pour Derek ! Un faible gémissement lui échappa alors qu'il crispait une main dans ses cheveux.

- Et comment je vais faire moi maintenant ?

- Stiles, assieds-toi et respire, d'accord ? Je t'entends suffoquer. Calme-toi. On va trouver une solution. Respire.

Merde, il était en train de faire une crise de panique. Stiles se laissa glisser le long du mur, la tête entre les genoux et le téléphone toujours collé contre son oreille. Laura avait retrouvé son calme et une voix apaisante, et il réussit à retrouver son souffle rapidement.

- Je peux pas… Laura, vous avez même pas idée de ce qu'il a vécu avant que je le trouve et…

- Raconte-moi alors. Derek est chez toi, c'est ça ?

- Oui. Depuis un peu plus d'une semaine.

- A Beacon Hill ?

- Il… il m'a dit qu'il était venu à pieds depuis New York. Et il a passé presque trois mois dans la rue, à dormir dans votre ancienne maison, avant d'accepter de venir ici.

- Dans la… Bon sang, mais quelle tête de mule celui-là…

Ça, il lui faisait pas dire… Les yeux fermés, Stiles laissa sa tête partir en arrière contre le mur.

- Et maintenant ? Parce que je vous préviens, je vais être incapable de tenir ma langue si vous voulez le punir ad vitam æternam*. Et ça ne serait pas juste non plus. D'accord, il a fait une connerie, mais il s'est assez puni comme ça, vous avez pas le droit de le laisser croire ça alors que vous êtes en vie ! Je peux pas…

- Calme-toi. Je ne veux pas que tu le lui dises, compris ? Je vais venir le faire moi-même.

- Que… faut que j'en parle à mon père…

- Non.

Cette fois-ci, Stiles fronça les sourcils.

- Dîtes donc, je veux bien que vous avez des comptes à régler avec votre frangin, mais il est hors de question que vous débarquiez comme ça chez moi sans que j'ai pu prévenir mon père pour qu'il puisse s'organiser. On est pas un hôtel ici.

- Excuse-moi, je pense que je suis un peu… secouée. Je ne pensais plus avoir des nouvelles de mon petit frère depuis tout ce temps. Tu as raison. Est-ce que tu préfères que j'appelle directement ton père ? On ne pourra pas être là avant Noël je pense, tous les avions vont être pleins, mais je vais voir pour arriver le plus vite possible. Tu penses que ce sera bon ?

L'adolescent souffla doucement. Il pouvait entendre que la voix de Laura s'était mise à trembler un peu, maintenant que la colère redescendait et qu'elle réalisait vraiment ce qu'il se passait. Bien, au moins ils étaient deux à être en état de choc. Ça n'allait pas faire avancer les choses plus vite, mais Stiles était plutôt content de ne plus être le seul.

- Je vais le prévenir, c'est bon… Si vous pouviez juste me dire quand est-ce que vous arriverez exactement, ça serait sympa.

- Tu pourrais me donner ton numéro de portable ? Je t'enverrai un message.

Il le lui dicta distraitement. Il y eut quelques minutes de silence, juste après qu'elle l'ait noté, puis Laura reprit la parole d'un air hésitant.

- Est-ce que… est-ce que Derek va bien ?

Stiles ferma les yeux et se mit à lui raconter tout ce qu'il s'était passé depuis qu'il l'avait croisé la première fois. Ça lui faisait du bien aussi, de pouvoir remettre les choses à plat à quelqu'un qui ne l'avait pas déjà entendu rabâcher cent fois la même chose. Et la jeune femme l'écoutait attentivement, l'interrompant une ou deux fois pour poser des questions – Ce petit crétin est resté dehors en pleine tempête ? Dis-moi que tu l'as frappé – mais d'une manière générale il put vider son sac. Lorsqu'il réussit enfin à se taire, il pouvait quasiment entendre son sourire à l'autre bout du fil.

- … Tu aimes beaucoup mon frère, pas vrai ?

- C'est pas ça ! Je…

- Je suis contente que ce soit toi qui l'aies trouvé. Ça me rassure de le savoir avec vous, vu le peu d'instinct de survie que Derek semble avoir. Je vais aller vérifier les prochains vols maintenant, et je te tiens au courant, ok ?

- Ouais. Essayez juste de… pas tarder. Je veux pas… je peux pas lui cacher ça trop longtemps. Vous comprenez ?

- Je sais. Merci d'avoir appelé Stiles.

Encore un peu hébété, Stiles répondit machinalement et raccrocha. Et la réalisation le frappa encore plus. Oh bordel, Laura Hale était vivante. Elle respirait, elle bougeait, et elle venait de lui parler pendant plus d'une demi-heure. Et Derek n'était pas au courant – ne devait pas être au courant parce que sa sœur était furieuse après lui. Il lui avait promis de ne pas lui dire.

Il était vraiment dans la merde.

...

Stiles avait passé la journée enfermé dans la cuisine. La veille, il s'était dépêché de proposer une soirée DVD à son père et à Derek – au moins, ça avait été une bonne excuse pour ne pas avoir à leur parler. Mais il était incroyablement fébrile. Le Shérif avait plaisanté sur son impatience à ouvrir ses cadeaux et il n'avait pas cherché à le contredire.

Mais là, ça commençait à devenir difficile de trouver quelque chose pour justifier son comportement. Même Derek lui jetait des regards perplexes depuis ce matin. Et d'ailleurs… la porte qui s'ouvrit et se referma dans son dos le fit se crisper immédiatement et Stiles releva la tête pour voir son père s'adosser au mur en fronçant les sourcils.

- Bien. Tu peux m'expliquer ce qui t'arrive ?

- Rien ! Rien du tout ! J'ai peur de pas avoir assez de sauce pour la dinde, c'est tout, et je sais que vous allez encore vous goinfrer tous les deux comme si vous n'aviez pas mangé depuis des décennies alors que mes menus sont parfaitement équilibrés et largement suffisant alors je me demandais s'il fallait pas que je sorte un peu pour faire des courses avant quand les magasins soient définitivement dévalisés mais j'ai peur qu'il y ait trop de monde, tu connais les gens, c'est toujours la folie au dernier moment et…

- Stiles. Stop.

L'adolescent prit une grande inspiration. Son père tira deux chaises de la table et lui fit signe de s'installer. Stiles hésita et jeta un rapide coup d'œil à ses préparations, mais rien ne justifiait qu'il reste debout. Il poussa un soupir en se laissant tomber sur l'une des chaises, les bras croisés sur sa poitrine, mal à l'aise. Le Shérif s'assit face à lui, appuyé sur ses genoux et l'air inquiet.

- Maintenant, tu vas me raconter ce qu'il se passe, parce que j'ai aucune envie de t'emmener aux urgences le soir de Noël et que tu es au bord de la crise de nerfs.

- Ok…

- Calme-toi. Il y a un problème ?

Stiles se mordit la lèvre mais finit par pousser un énorme soupir, laissant ses épaules retomber. De toute façon, il n'avait plus le choix – il fallait qu'il prévienne son père.

- Je… J'ai téléphoné aux Hale hier après-midi. Quand vous étiez dehors.

- Quoi ?

- L'oncle de Derek. Je… Je sais que ce n'était pas mes affaires, mais c'était tellement injuste ! A leur place, j'aurai vraiment aimé savoir qu'un membre de ma famille que je croyais disparu était encore en vie, surtout avant les fêtes !

- D'accord, d'accord. Et c'est ça qui te met dans tous tes états ? Pourquoi tu ne nous l'as pas dit ? Son oncle ne veut pas le voir ?

L'adolescent secoua la tête et se tordit nerveusement les mains.

- J'ai pas eu Peter. J'ai eu Laura.

Le Shérif resta silencieux pendant quelques secondes, le fixant sans montrer aucune réaction.

- Laura Hale ?

- Oui...

- La sœur de Derek ?

- Oui.

- Vivante ?

- Je te dis que oui !

- D'accord, d'accord. Calme-toi. Pourquoi tu ne nous l'as pas dit hier ?

Stiles poussa un gémissement et la main de son père se posa aussitôt sur sa nuque, solide et rassurante. Il lui raconta tout – il avait l'impression de ne faire que ça ces derniers temps, répéter. Le Shérif l'écouta sans rien, la pression de sa paume constante et son pouce apaisant doucement les tensions dans son cou. Finalement, pouvoir tout lâcher à quelqu'un lui fit un bien fou. L'adolescent termina son monologue dans un soupir.

- … et j'ai reçu un sms ce matin pour me dire qu'ils seraient là le 26 et je… je sais plus quoi faire…

- D'abord, tu vas commencer par respirer tranquillement. Tu as bien fait d'appeler, d'accord ? Même si j'aurai préféré que tu m'en parles avant, c'est une bonne chose de savoir que toute sa famille va bien. Et concernant l'interdiction de Laura… ce n'est pas comme si c'était totalement absurde non plus. Même dans la panique, ce n'était pas une bonne idée de partir comme ça. Mais tout ça, ça les regarde, ok ? Tu t'es retrouvé coincé entre les deux parce que tu adores mettre ton nez dans les affaires des autres, mais là tu ne peux plus rien faire. Et puis, deux jours ce n'est pas non plus la fin du monde.

- Mais…

Il ne voulait pas que Derek le déteste pour lui avoir caché une information pareille. Son père l'attira vers lui pour qu'il pose le front sur son épaule et se mit à lui frotter le dos d'un air rassurant.

- Je sais même pas s'il te croirait si tu lui annonçais maintenant. Ce sera mieux pour lui de l'avoir directement sous les yeux. Et il ne pourra jamais t'en vouloir de lui avoir permis de retrouver sa famille. Fais-moi confiance.

- T'as l'air vachement sûr de toi…

- Crois-moi, je sais comment il te regarde.

Stiles haussa les épaules, les joues écarlates. Il resta un moment sans bouger – mine de rien, même s'il était grand maintenant, c'était toujours agréable d'avoir un câlin par son père – avant de se redresser avec un soupir. Le Shérif lui tapota l'épaule avec un sourire encourageant.

- Allez, on va passer une bonne soirée à déballer les cadeaux, et on s'en préoccupera le 26, d'accord ?

- Ouais... ça va aller. Merci P'pa.

- Pas de souci, je suis aussi là pour ça. Pas que pour te fournir ton argent de poche.

L'adolescent ricana et se releva pour mettre sa dinde au four et programmer le minuteur. L'après-midi était bien avancée et ils n'allaient pas tarder à s'installer au salon pour réveillonner. Stiles se sentait mieux maintenant, même s'il savait qu'il allait encore ressasser et culpabiliser et retourner tout ça dans son cerveau qui ne s'arrêtait jamais jusqu'à ce que les Hale débarquent vraiment mais hé, au moins il n'était plus le seul à cacher quelque chose à Derek !

D'ailleurs... il se raidit. Merde, et si jamais il avait été derrière la porte depuis le début ? Si jamais il l'avait entendu tout déballer ? Mais son père leva les yeux au ciel alors qu'il tenait la main vers l'un des plateaux de biscuits déjà prêts.

- Il partait à la douche quand je suis venu te voir. Je pense qu'il n'est même pas encore sorti de la salle de bains.

Stiles grogna de soulagement. Parfois, c'était vraiment pratique qu'il puisse deviner ce à quoi il pensait... mais il allait devoir retravailler un peu son air innocent, parce que ça allait devenir compliquer de lui cacher quoi que ce soit, et il y avait quand même des choses qu'il ne voulait pas que son père apprenne !

Le reste des préparatifs se fit plus rapidement et plus facilement maintenant qu'il avait arrêté de se torturer tout seul dans son coin. Derek avait pointé le bout de son nez dans la cuisine, les yeux brillants en reniflant les odeurs qui commençaient à émerger, et Stiles avait dû quasiment les chasser à coups de pied pour que lui et son père ne dévorent pas tous ses gâteaux. Pire que des gosses ! Et la sensation d'être la « femme au foyer » n'était pas vraiment géniale. Encore heureux qu'il n'ait pas à s'occuper du ménage ! Et que Noël n'était pas tous les jours. Même si bon, ce serait sympa d'avoir des cadeaux plus souvent.

L'adolescent était justement allé chercher ses propres paquets pour les déposer au pied du sapin. Derek ajouta une bûche dans le feu avant de s'installer sur le canapé, penchant la tête sur le côté avec amusement en le voyant disposer les cadeaux de manière symétrique. Le Shérif les rejoignit avec une bouteille à la main, un grand sourire aux lèvres.

- Ça c'est vraiment un réveillon de Noël. Arrête de tripoter ça, Stiles, on va pas les ouvrir tout de suite.

- Je ne...

- Assieds-toi un peu et prends un verre.

- Oh oh, monsieur le représentant de la loi, on essaie de refourguer de l'alcool à un mineur ?

- Toi, tu as le droit à du soda. Mais ça n'empêche que tu auras besoin d'un verre.

Stiles en resta bouche bée alors que Derek étouffait un ricanement, remerciant d'un geste du menton l'autre homme qui lui tendait du vin. Il gonfla les joues d'un air boudeur et ridiculement enfantin, mais les deux autres ne firent que rire un peu plus alors qu'il ouvrait une canette de coca pour la verser dans son verre – ce qui était ridicule, les canettes étaient faites pour boire directement avec, pourquoi son père était-il si vieux jeu ?

Malgré ça, il retrouva très vite le sourire alors qu'ils attaquaient joyeusement les petits fours. C'était presque un Noël de film, avec le feu de cheminée, la neige dehors – même si elle avait déjà commencé à fondre un peu – et l'ambiance bon enfant. Stiles s'agita rapidement sur son fauteuil, jetant de petits coups d'œil aux paquets qui s'entassaient sous le sapin. Derek finit par lever les yeux au ciel et tendit la main pour le pincer au niveau des côtes, le faisant sursauter avec un jappement.

- Hé, pas touche !

- Arrête de gigoter, t'as pas cinq ans.

- Ça n'a rien à voir d'abord ! C'est juste de la torture, ça fait des semaines que j'essaie de découvrir où mon père a pu plaquer son cadeau et je n'ai rien trouvé, et il sait que ça me rend fou, et en plus il le laisse sous mon nez pendant des heures pour me narguer !

- J'avais raison en fait. Tu n'as pas cinq ans… t'en as quatre.

- Et demi. S'il te plaît.

Le Shérif éclata de rire devant leur échange et l'expression blasée de Derek. Il avala une nouvelle gorgée de vin avant de secouer la tête.

- C'est bon, vas-y, fais-toi plaisir avant de nous faire une crise cardiaque.

Stiles n'attendit même pas la fin de sa phrase pour bondir de son siège et attraper les paquets. Il devina tout de suite le sien – c'était le seul qu'il n'avait pas emballé de toute façon – qu'il déposa à sa place, tendit son cadeau à son père… et hésita une brève seconde avant de poser celui de Derek sur ses genoux. Le brun haussa un sourcil surpris et reposa doucement son verre.

- Qu'est-ce que…

- C'est pas la fin du monde hein, c'est juste un truc comme ça, que t'aies toi aussi quelque chose à déballer le soir de Noël. Et puis de toute façon tu peux pas le refuser, c'est un cadeau, ça se refuse pas !

- Stiles…

Mais l'adolescent l'ignora pour se rasseoir sur son fauteuil. Histoire de ne pas le fixer, il déchira le papier coloré qui emballait son propre cadeau et laissa échapper un cri de joie en découvrant la saga de jeux vidéo qui le faisait baver depuis des mois. Son père rit devant son enthousiasme et le menaça de l'index.

- Je te préviens, hors de question que tu y passes tes nuits ! Tu as un diplôme à avoir à la fin de l'année !

- Mais oui, mais oui, tu me connais !

- Justement.

- Ouvre le tien plutôt.

Le Shérif leva les yeux au ciel avec amusement mais déballa soigneusement son paquet... pour trouver un vinyle des Beatles, le dernier qui manquait encore à sa collection. Un sourire sincère étira ses lèvres et il le reposa avec précautions pour serrer son fils contre lui. Stiles lui rendit son étreinte, avant de finalement risquer un coup d'œil vers Derek. Celui-ci était resté figé, son cadeau toujours entre les mains. Avec hésitation, il finit par détacher les morceaux de scotch qui maintenaient le papier coloré et déballa enfin le pull. Stiles avala nerveusement sa salive.

- Bon, je sais que c'est pas super original et que t'en as plein maintenant mais on sait jamais, il fait quand même super froid ces derniers jours et puis...

- C'est parfait.

Derek avait toujours l'air aussi incrédule de recevoir quelque chose, mais ses yeux s'étaient mis à briller. Reposant le paquet, il ôta rapidement son propre pull noir – et non, Stiles n'avait absolument pas maté le petit morceau de hanche qui avait été révélé lorsque le Tshirt s'était soulevé avec ! … c'est juste qu'il était là, devant ses yeux – pour enfiler le nouveau. La laine se moula aussitôt contre son torse, pas trop serrée pour être qualifiée de trop petite, mais rien à voir non plus avec les pulls extra-larges qui peuplaient la penderie de l'adolescent. Stiles ne put s'empêcher de faire claquer sa langue contre son palais, satisfait.

Sauf que Derek eut un geste qu'il n'avait pas du tout anticipé. Il se redressa brusquement, tendit la main pour l'attraper par le bras et le tira brusquement vers lui. Stiles glapit en glissant du fauteuil, avant de grogner quand son genou heurta la table basse, mais... Derek avait déjà refermé ses bras autour de lui.

- Merci.

La gorge nouée et le nez enfoncé dans le pull – et ouais, il était toujours aussi doux que dans ses souvenirs, et non il ne repensa pas du tout à la pique de Scotty dans le magasin – Stiles se contenta de poser ses mains contre ses côtes sans savoir quoi répondre. Il pouvait sentir la chaleur des doigts de Derek dans le haut de son dos et sur sa hanche, et le mouvement de sa poitrine qui le balançait légèrement quand il respirait... Le câlin durait un peu trop longtemps pour être innocent, mais il n'arrivait pas à reculer. Stiles ferma les yeux et se détendit, se blottissant un peu plus contre lui. C'était juste... bien. Et tant pis pour toutes les questions et les remords qui lui tournaient dans la tête.

Derek finit par relâcher lentement son étreinte, sa main glissant de son dos le long de son bras, arrachant un faible couinement de protestation à l'adolescent. Mais l'autre souriait doucement, les oreilles un peu rouges, et ça devrait être un crime d'être aussi adorable en étant une telle bête de sexe.

- Il est vraiment agréable. Même si tu n'aurais pas dû.

- Mouaif. L'est encore mieux sur toi que sur le mannequin.

Le Shérif se racla bruyamment la gorge et Stiles vira instantanément à l'écarlate. Merde, il avait parlé à voix haute ?

- Je sais bien que j'ai dit ok pour les câlins, mais là ça en devenait franchement gênant. La prochaine fois, attendez que j'aille me chercher autre chose à boire, d'accord ?

- C'est pas... !

- Et si on allait attaquer le repas hein ? La dinde va refroidir !

Sans attendre de répondre, il se leva, installa son nouveau vinyle sur le tourne-disque et disparut dans la cuisine en fredonnant les premières notes du morceau qui démarrait. Stiles secoua la tête en faisant un pas en arrière. Merde, Derek avait vraiment l'air content, et sa culpabilité revenait au grand galop maintenant qu'il l'avait lâché. Il aurait dû plus s'accrocher à lui en fait… Le plus âgé fronça les sourcils.

- Ça va ?

- J'ai… encore un truc pour toi… en quelque sorte.

- Stiles…

- Non ! C'est pas… pas vraiment un cadeau. 'Fin, je pouvais pas te l'emballer, et de toute façon il pouvait pas arriver ce soir, et c'est pas vraiment comme si j'avais totalement choisi, mais je pense que ça pourrait te plaire, enfin j'espère surtout parce que sinon tu vas me détester et je veux pas que tu me détestes et…

- Je te détesterai pas, ok ? Mais il faut que tu respires.

Les mains de Derek étaient de retour sur ses épaules, un de ses pouces caressant machinalement sa clavicule. L'adolescent se détendit légèrement et avala sa salive.

- Respirer. Ok.

- Bien. Je ne sais pas sur quoi tu délires encore, mais je ne vais pas te détester. Tu m'as permis de passer Noël au chaud. Et tu m'as offert quelque chose. Alors arrête de paniquer comme ça, et va arrêter ton père avant qu'il ne termine la dinde.

Stiles se contenta d'hocher la tête. Le repas oui. Continuer sur un Noël normal. Il avait la neige, de nouveaux jeux à tester et le must du must, il avait eu droit à un vrai câlin avec Derek. Tout ne pouvait aller que pour le mieux !


*littéralement, "pour la vie éternelle"... grosso modo très très longtemps. Je voyais bien Stiles parler en latin !

Ouais, je suis faible, j'aime pas faire souffrir mes chouchous, donc... c'est un UA, je fais ce que je veux, Laura est finalement vivante !

Je sais que sa réaction peut être un peu extrême, mais... ouais, c'est une fic hein ! Promis je vais pas trop les torturer ! J'espère que ça vous a plu quand même !

A samedi prochain !