Ouf, l'arrivée de Laura dans la fiction est bien passée !
Je suis une énorme bisounours, je déteste faire souffrir ou tuer mes personnages (au grand désespoir d'une copine...) donc forcément il fallait que j'arrange les choses !
... bon, je dis ça et je torture un peu Stiles là dessous... mais promis, il va s'en sortir !
Ah, et juste pour info, ça y est, on attaque la deuxième moitié de la fic !
Stiles ne comprenait pas. Derek le fixait avec un air qu'il ne lui avait encore jamais vu. Les sourcils froncés, le nez légèrement plissé et les lèvres tordues dans une mimique de dégoût. Il n'aimait pas ça. Pourquoi est-ce qu'il le regardait comme ça ?
- Derek ?
- Et tu pensais vraiment que je ne m'en rendrais pas compte ? Que tu serais capable de cacher quelque chose ?
- … Quoi ?
Derek ricana et le repoussa d'une main, l'obligeant à faire deux pas en arrière.
- Un pauvre gosse rachitique ? Incapable de garder sa langue dans sa poche, incapable de rester en place, incapable d'être pris au sérieux par qui que ce soit… tu pensais sérieusement que je pourrais te croire ?
Il y avait une deuxième silhouette derrière lui, une femme, sans visage, avec simplement de longs cheveux et un sourire malsain. Elle se colla à son dos, glissant ses mains sur son torse pour l'enlacer. Et l'éloigner.
- Tu croyais que je choisirais quelqu'un comme toi par rapport à ma famille ? Maintenant que je sais qu'elle est vivante, tu pensais que je n'aurais personne là-bas, de mieux que toi ?
Stiles recula encore un peu, fermant les yeux et plaquant les mains sur ses oreilles.
- Non ! C'est pas ça ! Je voulais juste… juste aider !
- En me mentant ? En te jouant de ma douleur ? De mon deuil ?
- Non !
- Alors quoi Stiles ?
- C'est… Ta sœur…
La femme rit en lâchant Derek pour s'approcher de lui, ses mains se refermant douloureusement sur ses bras.
- Moi ? Je m'assure de te garder loin de mon frère. Un garçon ? Un mineur ? Un minable comme toi ? Comme si tu pouvais avoir la moindre importance… Jamais il ne pourrait te pardonner de ne lui avoir rien dit alors que tu savais pour moi… Personne ne peut excuser un mensonge pareil, peu importe combien de pulls tu lui offres ou combien de films vous regarderez ensemble !
Sa prise se resserrait à chaque mot qu'elle prononçait, comprimant ses côtes et ses poumons. Stiles se débattit, mais il avait l'impression que ses ongles perçaient sa peau pour l'agripper un peu plus.
- Derek ! S'il te plaît ! Derek !
Mais l'autre se contentait de les regarder avec un sourire, les bras croisés. Et la femme sans visage continuait de serrer, ignorant ses coups de poings et de pieds, le secouant tout en chantonnant.
- Stiles… Sti~iles… Pauvre petit Stiles… Stiles…
- STILES, STOP !
Stiles ouvrit grand les yeux, paniqué, le souffle court. Quelque chose maintenait ses poignets et le clouait au lit, l'empêchant de bouger, de respirer et il était coincé… Mais au moment où tout son corps – déjà crispé – se tendait un peu plus pour se débattre, la prise sur ses bras disparut et une main passa dans ses cheveux pour repousser les mèches de son front.
- Stiles ? Tu m'entends ?
- Que…
Il y eut du bruit et du mouvement au bord de son matelas et quelqu'un alluma sa lampe de chevet. Désorienté, Stiles cligna plusieurs fois des yeux avant de réussir à reconnaître Derek penché au-dessus de lui, l'air inquiet et les cheveux en vrac. Son réveil indiquait 3h12 du matin. Merde.
- Qu'est-ce que…
- Tu es réveillé ? C'est bon ?
Encore un peu hébété, il se contenta d'acquiescer avant de réaliser. Il avait fait un cauchemar. Tout ça n'était qu'un mauvais rêve. Et Derek était rentré dans sa chambre pour le réveiller. Son visage se crispa alors que ses yeux s'humidifiaient et il se frotta le visage pour essayer de chasser les larmes.
- Désolé… Je… désolé…
Derek resta immobile pendant quelques secondes, avant de se pencher vers lui pour passer un bras derrière ses épaules et l'attirer contre lui. Sans réfléchir, Stiles se cramponna au T-shirt qu'il portait et appuya sa tête dans le creux de son cou. L'homme remonta une main jusqu'à sa nuque, enfouissant le bout de ses doigts dans ses cheveux.
- Ça va, tu vas bien. T'es en sécurité ici. Calme-toi.
- Comment…
- Je t'ai entendu crier. Ton père aussi s'est levé, mais…
Il hésita mais ne termina pas sa phrase, se contentant de frotter son dos doucement. Merde. J'ai dû l'appeler. Stiles laissa échapper un soupir un peu tremblant et esquissa un mouvement pour se redresser, mais Derek appuya sur son cou pour le garder contre lui. Son menton s'appuya contre sa tempe.
- Juste après l'incendie… Cora faisait aussi des cauchemars. Elle hurlait toute la nuit. Laura avait fini par la coucher dans son lit, pour pouvoir réagir tout de suite. Elle a mis presque quatre ans avant de pouvoir dormir toute seule.
Et je pense que ça a dû recommencer après ton départ… Stiles s'accrocha un peu plus à son T-shirt, concentré sur sa respiration pour éviter de se mettre à pleurer. Derek fit glisser les mains dans son dos distraitement, le regard rivé au mur en face, puis prit une grande inspiration. Ses mains saisirent doucement les poignets de l'adolescent et il l'écarta en douceur.
- Pousse-toi un peu.
- Quoi ?
- Tu as besoin de dormir, et moi aussi. Alors pousse-toi.
Incrédule, Stiles obéit et se cala contre le mur. Il était vraiment sérieux ? Non parce que même s'il n'avait pas un lit d'enfant, son matelas restait quand même un peu étroit pour deux personnes ! Mais Derek se glissa sous la couette, allongé sur le côté pour l'observer d'un air encore soucieux. L'adolescent s'obligea à esquisser un sourire, la gorge nouée et le cœur battant la chamade.
- Fallait le dire tout de suite si tu voulais rentrer dans mon lit… Pas sûr que ce soit ce que mon père pensait quand il t'a laissé entrer hein, c'est pas que je…
- Tu ne veux pas m'en parler ?
- De quoi ? Y a rien à dire, c'est juste un cauchemar comme ça, ça arrive à tout le monde, c'est pas… important…
Derek se contenta de le fixer, pas convaincu, mais ne rajouta rien. Il se tourna un instant pour éteindre la lampe de chevet, et Stiles sentit son souffle s'accélérer quand les ténèbres revinrent, mais la main du brun revint se poser sur son dos, l'attirant une nouvelle fois contre lui. Et pour le coup l'adolescent se crispa légèrement. Mine de rien, c'était quand même la première qu'il se retrouvait avec quelqu'un dans son lit, qui lui faisait un câlin, et surtout qui lui plaisait !
Derek resta silencieux, sans bouger, sa respiration égale, et Stiles finit par se détendre. Il se recroquevilla légèrement, glissa un bras sous son oreiller et ferma les yeux. La main dans son dos se mit à bouger, froissant doucement le tissu dans des caresses aériennes. Et c'était bien. Il était quasiment sûr qu'il allait encore stresser toute la journée de demain, mais pour l'instant, c'était vraiment bien. Stiles ferma les yeux et laissa sa tête rouler jusqu'à ce que son front repose dans le creux de l'épaule de Derek. Il se rendormait déjà, épuisé par son cauchemar et sa nervosité.
A moitié dans l'inconscience, il sentit à peine Derek appuyer sa joue contre le haut de son crâne et murmurer quelque chose d'incompréhensible dans ses cheveux.
...
Un mouvement sur le matelas fit grogner Stiles et il enfouit un peu plus son visage dans son oreiller pour essayer de se rendormir. Un petit rire le crispa et il ressortit la tête de sous la couette, clignant des yeux comme un hibou pour se repérer dans sa chambre. Derek était debout au milieu de la pièce, un sourire amusé aux lèvres et son T-shirt à la main. L'adolescent plissa les paupières.
- … Pourquoi t'es à moitié à poil dans ma chambre ?
- Je vais aller à la douche, et mon T-shirt est trempé de sueur et de bave. Je n'avais pas envie de le porter plus longtemps. Rendors-toi un peu, il est encore tôt.
- … j' bave même pas d'abord…
Derek se contenta de secouer la tête et se retourna pour mettre son T-shirt dans le panier de linge sale. Stiles se redressa immédiatement sur les coudes, les yeux écarquillés et fixés sur le dos du brun.
- T'es tatoué ?!
- Hm ? Oh, oui.
- Comment ça se fait que je le savais pas ?
L'autre homme haussa un sourcil.
- Peut-être parce que je ne déshabille pas devant toi ? Ou parce que je te l'ai jamais dit ?
- Mais…
- Sérieusement, Stiles, c'est juste un tatouage. Ton ami Scott en a bien un aussi, ça n'a rien d'extraordinaire.
- Je peux... le voir ?
Derek eut l'air surpris, mais revint s'asseoir sur le bord du lit sans ajouter un mot. Stiles s'assit à son tour et alluma sa lampe de chevet pour mieux distinguer le tracé de l'encre. Trois spirales noires, disposée en triangle entre ses omoplates. Curieux, il tendit la main pour suivre le dessin du bout des doigts, ignorant le frisson qui descendit le long de la colonne vertébrale du brun.
- C'est celte ?
- Oui. Un triskel. Ça peut avoir... plusieurs sens. Le passé, le présent, le futur. La mère, le père, l'enfant.
Stiles hocha la tête sans rien dire, terminant de tracer une dernière spirale avant de poser la main à plat contre le tatouage, fasciné par les mouvements provoqués par la respiration de l'autre. Il y eut quelques secondes de silence, puis il se racla la gorge et le lâcha finalement pour se réinstaller dans son lit.
- Merci... pour cette nuit. Et encore désolé de t'avoir réveillé.
- Tu te sens mieux ?
L'adolescent se contenta d'hausser les épaules, soulagé qu'il lui tourne encore le dos et qu'il ne puisse pas le regarder en face.
- Ça ira mieux demain. Mais ça va aller, je vais gérer.
- Tu ne veux toujours pas m'en parler ?
- C'est rien.
Derek se retourna, un sourcil levé d'un air peu convaincu mais Stiles se força à sourire. De toute manière, d'ici trente-six heures grand maximum, il serait fixé… L'autre le fixa encore quelques secondes mais secoua la tête et se releva.
- Comme tu veux. Je vais à la douche alors.
Stiles acquiesça d'un simple marmonnement – ne pas penser à Derek sur la douche, surtout maintenant qu'il avait eu un rappel de ce que à quoi il ressemblait sans vêtements – et attendit d'entendre la porte de sa chambre se refermer avant de se relever. Maintenant qu'il n'était plus aussi distrait, il remarquait qu'il avait la bouche pâteuse et la peau de la joue qui tirait un peu. Merde, il lui avait peut-être vraiment bavé dessus…
Embarrassé, il se débarrassa finalement de sa couette à grands coups de pieds et s'habilla rapidement avant de descendre à la cuisine. Son père était déjà debout, une tasse de café à la main et le journal du jour étalé sur la table. Il fronça les sourcils en le voyant entrer, visiblement inquiet. Stiles lui sourit en s'installant face à lui.
- Hey P'pa !
- Tu vas bien ?
- Ouais ouais, pas de souci ! Désolé pour la frayeur cette nuit, c'était vraiment rien de bien grave, un mauvais rêve, ça arrive de temps en temps, j'ai dû manger trop de sucre hier soir ça m'apprendra je saurai maintenant que…
- Stiles.
Le Shérif poussa doucement un tube orange vers lui.
- Je pense que tu devrais en prendre deux maintenant. Et me laisser le tube pour la journée. D'accord ?
La dernière fois que son père avait dû gérer ses doses d'Aderall remontait au collège. D'un côté, sa proposition l'agaçait un peu parce que merde, il était grand maintenant ! Mais de l'autre… avec son hyperactivité, il savait très bien qu'il allait les gober comme des bonbons parce qu'il allait stresser toute la journée. Et que ça n'allait rien arranger à son état. Avec un soupir, il attrapa les médicaments, sortit deux cachets et rendit le tube à son père qui le glissa dans la poche de son pantalon avec un hochement de tête.
- Bien. Maintenant respire un grand coup et mange quelque chose. Tout va bien se passer.
- Hmmm…
- Ça te dirait, une journée jeux de société ? On se ferait des sandwichs avec la dinde froide et on se passerait des films de Noël en fond. Histoire de ne pas bouger avant… avant le défilé qu'il risque d'y avoir bientôt.
Stiles se contenta d'acquiescer en se servant un verre de jus de fruit. C'était une bonne idée, ça l'obligerait à se concentrer sur quelque chose toute la journée – parce que son père trichait systématiquement, quel que soit le jeu qu'ils choisissaient, soi-disant que c'était « trop facile » sinon pour lui. Il se laissa tomber sur une chaise et attrapa un des biscuits qui restaient de la veille pour le grignoter du bout des dents, l'estomac noué. Le Shérif soupira et tendit la main pour serrer son poignet d'un air rassurant.
- Sérieusement, mon grand, respire. Laisse-toi au moins cette journée de tranquille.
- Hmhm. C'est ce que je me répète, mais mon cerveau a visiblement décidé de pas comprendre. Mais vais faire comme je peux.
- C'est déjà ça. Mais on va éviter les excitants aujourd'hui quand même. Et éviter le de sucre à outrance.
Stiles hocha une nouvelle fois la tête sans répondre, s'obligeant à compter jusqu'à 20 dans sa tête et à redescendre. Son père n'avait pas tort, il allait faire une crise cardiaque avant même que Derek sorte de la salle de bains à ce rythme là. Il entendit vaguement des pas se rapprocher de lui et une poigne chaude se referma sur sa nuque alors que le Shérif se penchait pour cogner son front contre le sien.
- Passe à la douche en suivant, ça te fera du bien. Et fais-moi confiance quand je te dis que ça va bien se passer.
- Ok, ok… dis aussi que je pue hein !
- Exactement fiston. Tu sens comme Derek, et c'est beaucoup trop perturbant pour ma santé mentale actuellement.
- PAPA !
L'adolescent vira à l'écarlate et se recula brusquement alors que son père se mettait à ricaner en reprenant son café. Stiles plongea le nez dans son verre pour ne plus voir son regard moqueur. Ce n'était pas sa faute d'abord ! Et puis il s'était changé, donc il ne devait pas tant que ça sentir l'autre homme, et c'était juste quelques heures, pas une nuit entière... Profitant du fait que le Shérif se plongeait à nouveau dans son journal, il écarta légèrement le col de son T-shirt de son cou et renifla.
Forêt. Feu de bois. Et une odeur qu'il n'arrivait pas à identifier mais qu'il connaissait bien.
Merde, son père avait raison. Son rougissement s'accentua encore plus et il lâcha très vite son T-shirt... mais pas assez vite pour ne pas voir son père hausser un sourcil dans sa direction. Il ouvrit la bouche pour se défendre, mais la voix de Derek retentit juste derrière lui, le faisant sursauter.
- La salle de bains est libre. Vous voulez un peu plus de café, Shérif ?
- J'y fonce !
Stiles se releva d'un bond, ignorant son verre encore à moitié plein, et s'enfuit de la cuisine, les oreilles brûlantes. Bon sang, tu parles d'un foutu timing ! Il entendit vaguement son père se mettre à rire et Derek grommeler un « va mieux lui ce matin » avant de claquer la porte de la salle de bains dans son dos.
...
- YES !
- C'est juste impossible !
- Et hop ! Rentre à l'écurie, Sombre Poil !
- Sombre Poil ? T'es sérieux ?
Stiles se contenta de ricaner devant le regard noir que lui envoya Derek alors qu'il reposait son petit cheval bleu dans sa zone de départ pour la quatrième fois depuis le début du jeu, tandis que le Shérif grognait en buvant une nouvelle gorgée de bière. Quelle idée il avait eu de proposer une partie de petits chevaux après que son fils les ait laminés au Trivial Poursuit… Celui-ci se frotta les mains, très satisfait d'avoir mangé le pion de son adversaire, et relança les dés. Il faisait déjà nuit dehors, les restes de leur repas de Noël réchauffés au micro-onde et les boîtes de jeux de société s'étalaient tout autour d'eux.
La journée avait été agréable. Un peu figée dans le temps, mais c'était exactement ce dont Stiles avait besoin. Son père le connaissait décidément trop bien et savait exactement quoi faire pour garder son esprit occupé et l'empêcher de regarder l'heure toutes les deux minutes. Dès qu'il commençait à décrocher d'un jeu et à s'agiter, le Shérif s'était mis à grogner encore plus fort sur des soi-disant « tricheries » et avait exigé de changer.
D'ailleurs, dépité par la tournure de la partie, il se leva pour ramener leurs plateaux repas dans la cuisine. Derek relança les dés, mais il savait pertinemment qu'il avait perdu – il lui restait encore deux petits chevaux dans sa case de départ et Stiles amenait joyeusement son dernier à la toute fin du jeu.
- Est-ce qu'on est vraiment obligés de finir cette mascarade ? On a compris, c'est bon.
Stiles leva le doigt et prit une expression très sérieuse.
- Mes parents m'ont toujours appris à finir complètement les choses. Donc oui, on va aller jusqu'au bout de la partie et tu vas prendre ta raclée comme le grand garçon que tu es.
- C'est ta vengeance pour la bataille de boules de neige, c'est ça ?
- Exactement. Tu as les muscles, j'ai la cervelle. Chacun son tour.
Derek secoua la tête, amusé malgré lui, et lui donna une pichenette sur le bras.
- Merci de me traiter d'imbécile. Et tu n'es pas si maigrichon que ça, arrête de te descendre comme ça. Si tu arrêtais de te cacher derrière tes vêtements larges, je suis persuadé que tu ferais tomber toutes les filles.
Le jeune homme se contenta d'hausser les épaules en jouant son tour. Ses vêtements étaient très confortables comme ça, merci beaucoup, et il n'était pas intéressé par ramener un troupeau de nanas autour de lui. S'il réussissait à conserver au moins l'amitié de la personne qu'il voulait durant les prochaines vingt-quatre, ce serait déjà une grande victoire. Derek n'insista pas plus et ils finirent la partie sans le Shérif – qui refusait catégoriquement de revenir pour continuer ce « massacre ». Et après on se demandait d'où il tenait son côté mauvais perdant… D'ailleurs, son père revint dans le salon en bâillant.
- Bon les garçons, vous faîtes ce que vous voulez, mais moi je vais me coucher. Pour une fois que je peux profiter de vacances, je ne vais pas m'en priver !
- Bonne nuit P'pa.
- Vous comptez rester là ?
Stiles se mordit la lèvre. Il pouvait sentir la tension fourmiller sous sa peau et agiter des doigts dans des tics nerveux. Aucune chance pour lui de dormir cette nuit, sauf s'il voulait encore cauchemarder pendant des heures. Et se retrouver une nouvelle fois avec Derek dans son lit allait définitivement lui provoquer un anévrisme. L'adolescent eut un grand sourire enthousiaste.
- Tu m'as tenu à l'écart de ma console bien-aimée toute la journée, compte sur moi pour rattraper le temps perdu et me lancer ENFIN dans le premier opus de mon cadeau de Noël !
-N'y passe pas toute la nuit.
Il se contenta de bourdonner en réponse – il avait bien l'intention de faire nuit blanche, et son père le savait pertinemment. Le Shérif soupira et salua Derek avant de monter dans sa chambre. Stiles se releva d'un bond pour attraper le boîtier de son jeu et alluma sa console, alors que Derek rangeait comme il le pouvait les jeux de société. L'homme grogna quand il marcha sur un dé oublié, mais réussit finalement à s'installer sur le canapé, son roman à la main. Stiles arqua un sourcil.
- Tu vas pas te coucher aussi ?
- Pas pour le moment.
Bien, après tout il faisait comme il le voulait. L'adolescent fit tomber les coussins du fauteuil pour les caler dans son dos, contre le canapé, et s'installa confortablement par terre, les pieds appuyés contre la table basse et la manette entre les mains. Il observa la cinématique de début en silence, ses doigts tapotant machinalement le plastique.
- Ça te dérange si je te regarde jouer ?
Surpris, Stiles bascula la tête en arrière pour voir que Derek avait reposé son livre et fixait l'écran de la télévision avec intérêt.
- Hein ? Ah non du tout, fais-toi plaisir. Tu connais ?
- Pitié. J'ai fini le premier, mais Cora a toujours refusé de me prêter le 2. Et le dernier venait tout juste de sortir quand je suis parti.
La mention de sa famille serra la gorge du plus jeune qui hocha simplement la tête en créant une nouvelle partie.
- … Comment c'est, New York ?
- Grand. Bruyant. C'était…
Derek haussa les épaules et croisa les bras sur sa poitrine.
- … fatiguant. Les gens ne s'arrêtent jamais.
- Mais tu devais bien avoir des amis là-bas, non ?
S'il avait pu, Stiles se serait frappé. Non mais sérieusement, il était masochiste pour poser des questions pareilles ou quoi ? Il avait réussi à tenir sa langue depuis le début de son arrivée ici, et il fallait qu'il craque maintenant, alors que le reste des Hale débarquait le lendemain ? Mais Derek se contenta de soupirer et appuya ses avant-bras sur ses genoux pour se rapprocher de la télé.
- Pas vraiment. Je travaillais essentiellement tard le soir, à cause du business de mon oncle. Et je ne suis pas… spécialement social. Surtout après l'incendie. Je trouve ça bien, la relation que Scott et toi avez.
- Nan mais Scotty et moi, c'est à la vie à la mort. Après, les autres, c'est pas non plus ça hein.
- Peut-être. Mais tu l'as. Là-bas… Je ne pouvais pas vraiment compter sur les relations du boulot. J'ai…
L'homme hésita un instant, fixa Stiles – il pouvait sentir son regard sur sa nuque – et grogna.
- Je fréquentais quelqu'un. Ça durait depuis quelques mois. Et puis j'ai découvert qu'elle couchait avec son patron. Qui était un de mes ex. Ça m'a un peu refroidi pour rencontrer du monde.
Stiles s'étrangla avec sa salive en lâchant sa manette. Premièrement, Derek avait vraiment un karma de merde. Il pouvait s'estimer heureux qu'il ait choisi de tout plaquer plutôt que de se jeter sous un train. Et deuxièmement… Un ex ? Comme, un, pronom masculin ? Derek était bisexuel ? Et il lui sortait ça comme ça, aussi naturellement ? Une main tapota entre ses omoplates alors qu'il toussait pour dégager sa gorge.
- Hey, ça va ?
- Ouais ouais, juste… chuis désolé pour toi. C'est le genre de situation qui craignent vraiment. Et cette fille est vraiment conne.
- C'est un bon résumé.
- Déjà faut être totalement débile pour tromper son partenaire, je sais pas, quand tu es dans une relation et que toi tu ne ressens plus rien, tu assumes et tu le dis clairement, ou à la limite si c'est dans un couple très libéré, chacun fait comme il veut, tu demandes la permission avant. Et ensuite, faut être encore plus stupide pour aller voir ailleurs quand on a un mec comme toi sous la main !
- C'est à dire ?
L'adolescent se mordit la langue – d'accord, son cerveau partait complètement en live ce soir, il ne pouvait pas se taire non ? Mais Derek semblait amusé à présent. Stiles haussa les épaules en s'acharnant après un monstre.
- Bah t'es quand même hyper droit comme mec, donc c'est clair que c'est pas toi qui irait tromper le premier. Et puis faudrait être aveugle pour pas voir que t'es le genre de mec qui pue le sex-appeal et sur lequel tout le monde se retourne. Chuis sûr que t'as réveillé la libido de toutes les mamies de Beacon Hill. La preuve avec Mme Figgins.
L'autre émit un bruit écœuré et le frappa une nouvelle fois dans le dos, juste assez fort pour le faire se plier en deux sans vraiment lui faire mal. Stiles protesta lorsque son personnage mourut à cause de la distraction.
- T'es qu'un tricheur ! Si tu continues comme ça, tu peux toujours courir pour continuer à me voir jouer !
- J'aurai juste à te piquer la manette.
- Ah nan !
Cette fois-ci, son air scandalisé et trahi fit rire Derek. Il se leva, passa délibérément devant la télévision pour rejoindre la cuisine et revint avec deux bouteilles de bière. Stiles ricana en prenant celle qu'il lui tendait et l'observa s'asseoir par terre, juste à côté de lui.
- Oh oh, même pas peur de braver la loi sous le toit de son plus fervent représentant en proposant de l'alcool à un mineur ?
- Comme si tu allais me dénoncer. Et si tu finis bourré avec ça, il y a vraiment du souci à se faire.
- Oh la ferme.
- Tu n'as pas l'intention d'aller dormir, n'est-ce pas ?
Stiles hésita à mentir – après tout, la soirée n'était pas si avancée que ça et il pouvait très bien prétendre aller se coucher un peu tard – mais Derek avait été là la veille. Il était venu le réveiller de son cauchemar et il… il l'avait tenu dans ses bras pendant le reste de la nuit. Sans rien dire, il se contenta d'hocher la tête, toujours concentré sur son jeu. Le plus âgé soupira, mais appuya son épaule contre la sienne et porta le goulot de sa bière à ses lèvres.
- Bien. Voyons voir si tu es capable de finir le premier opus en une seule nuit. Il m'a fallu deux semaines.
- Tss petit joueur, laisse faire le maître !
Bien. Visiblement, Derek avait l'intention de lui tenir compagnie dans sa nuit blanche. Stiles n'était pas encore vraiment sûr de comment il allait pouvoir gérer cette idée mais… il était plutôt content. Au moins, il allait pouvoir le garder à côté de lui un peu plus longtemps avant le tsunami qui s'annonçait le lendemain…
Voilà... bon, Stiles stresse toujours comme un fou, mais au moins vous avez eu des câlins et des infos sur Derek ! J'espère que ça vous fera patienter jusqu'à samedi prochain !
