Stiles est un stressé de la vie... parce que je suis une stressée de la vie aussi !
Mais bon, on va arrêter les frais avant qu'il ne devienne complètement fou...
Stiles battit des paupières en entendant du bruit. La manette de sa console était toujours dans sa main, posée sur sa cuisse, et le menu de son jeu clignotait doucement à l'écran, lui proposant de reprendre la partie après sa mort. Mince, il avait dû finalement s'endormir. Un rapide coup d'œil à l'horloge lui apprit qu'il était huit heures passées – la dernière fois, il était six heures et demi. Derek dormait à côté de lui. Il avait déclaré forfait à un moment donné – il ne savait plus vraiment quand – mais avait refusé de monter se coucher. Mais autant il se souvenait de l'autre homme, la tête en arrière pour l'appuyer contre le canapé, la pomme d'Adam légèrement proéminente, autant il se demandait sérieusement quand est-ce que sa tête avait roulé pour finir sur son épaule.
Avalant nerveusement sa salive, Stiles posa sa manette et le repoussa doucement. Derek grogna, s'agita un peu, mais resta endormi, blotti contre le canapé. L'adolescent l'observa un moment. D'un côté, il avait envie de revenir contre lui, de se rouler en boule contre son torse et de prétendre qu'il était endormi – juste une fois, juste une dernière fois – et de profiter de la proximité encore un peu. Mais de l'autre… son estomac se crispa brutalement et il se leva rapidement pour aller à la salle de bains. Appuyé au lavabo, les mains crispées sur la faïence blanche, il s'obligea à prendre de profondes respirations pour ne pas se mettre à vomir.
La porte s'ouvrit dans son dos et son père déposa un verre d'eau avec deux cachets sur le rebord du lavabo, avant de se mettre à lui frotter les épaules.
- Ça va aller mon grand.
- Non, ça va pas aller.
Le Shérif ne répondit rien, se contentant de continuer à frotter le haut du dos de son fils en observant son visage livide dans le miroir, attendant que la nausée passe.
- Ils doivent arriver dans la matinée.
- Je sais.
- Tu veux qu'on refasse une partie de Monopoly ?
Stiles secoua la tête. Monopoly signifiait rester assis autour d'un plateau de jeu et il n'était pas sûr de pouvoir le supporter aujourd'hui. Son père hocha la tête et enroula son bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui, appuyant son menton sur le haut de sa tête.
- D'accord. Déjà, tu vas venir avec moi pour le petit-déjeuner.
- Peux rien avaler.
- Je m'en doute, mais je te laisse pas tout seul. Et je n'ai rien fait cuire, tu n'auras pas les odeurs.
- Ok…
L'adolescent avala les médicaments – son Aderall habituel et un anti-nauséeux – et le suivit jusqu'à la cuisine. Comme promis, il n'y avait rien de fraîchement cuisiné, juste un paquet de biscuits et une tasse de café dont l'odeur lui retourna tout de même l'estomac. Stiles s'obligea à respirer par la bouche. Ses doigts tambourinaient machinalement sur la table, incapable de rester immobile. Le Shérif l'observa un moment en silence, avant de se retourner pour entrouvrir la fenêtre. L'air froid se glissa immédiatement à l'intérieur, mais au moins l'odeur du café était moins forte.
Il y eut à nouveau du bruit dans le salon et Derek les rejoignit, le regard encore ensommeillé, sa main frottant son visage. Stiles frémit au son de sa barbe crissant contre sa paume.
- Bien dormi ?
- Hmpf…
- Le café est encore chaud.
- 'ci…
C'était amusant de voir l'autre homme aussi à l'ouest au réveil. D'habitude, il était toujours debout avant lui, douché et habillé. Jamais Stiles n'aurait pensé qu'il marcherait au radar au saut du lit. Au moins, il aurait vu une dernière chose qu'il ne connaissait pas avant le grand déballage et le très probable départ du brun… A cette idée, son estomac se crispa une nouvelle fois et il s'obligea à fermer les yeux et à respirer profondément.
Une main sèche et chaude se posa sur son front, le faisant sursauter. Derek était penché vers lui, les yeux encore un peu flous, mais les sourcils froncés d'un air inquiet.
- Tu n'as pas l'air bien.
- C'est rien big guy, t'en fais pas.
- Voilà ce que c'est de faire une nuit blanche quand on peut pas tenir. Tu devrais aller t'allonger.
Stiles ricana et haussa un sourcil moqueur. Sérieusement ? C'était l'hôpital qui se moquait de la charité là. Ce n'était pas lui qui avait déclaré forfait en premier !
- Naaan c'est rien j'te dis. T'aurais pas dû me faire boire cette deuxième bière, c'est tout.
Immédiatement, Derek pâlit et se redressa, jetant un coup d'œil nerveux au Shérif qui se contenta de froncer les sourcils. Oups, il n'aurait peut-être pas du lâcher cette info… mais bon, même si son père n'était pas du genre à fouiller dans les poubelles il aurait bien fini par le savoir. Et puis il avait dix-sept ans, et ce n'était pas non plus comme s'il s'était enfilé deux bouteilles de vodka !
Mal à l'aise, Derek marmonna quelque chose à propos d'une douche et s'enfuit de la cuisine. Presque immédiatement, Stiles sentit sa poitrine se comprimer. Bien, il allait vraiment devoir trouver quelque chose qui laisserait l'autre homme à un endroit où il pourrait facilement le voir. Parce que frôler la crise de panique chaque fois qu'il ne l'avait pas sous les yeux n'allait pas aider à calmer ses nerfs. Son père soupira et pressa une main sur sa nuque pour l'aider à rester tranquille.
- Bien. A propos de ces bières… je pense que vous allez me nettoyer le salon tous les deux. Intégralement. Si je vois le moindre grain de poussière, je vous fais récurer le garage en plus, c'est clair ?
… Ouais, bon, il aurait préféré une autre activité, mais c'était mieux que rien. Et vu la pression supplémentaire qu'il sentait sur le dos de son cou, il valait mieux qu'il ne la ramène pas trop – la punition aurait pu être pire. Avec un soupir résigné, Stiles laissa son front tomber sur la table de la cuisine. Ménage, nausée et stress, quoi de mieux pour commencer une merveilleuse journée ?
...
Stiles se laissa tomber sur le canapé avec un grognement, le visage enfouit dans le coussin. Okay. Derek était un maniaque du ménage. Il ne l'avait pas vraiment remarqué avant, parce qu'il faisait ce qu'il voulait tant qu'il ne l'impliquait pas mais là… Il lui avait fait dépoussiérer tous les meubles. Avec une brosse à dents pour atteindre les petits recoins des moulures. Une brosse à dents ! Bon au moins, l'avantage, c'est qu'ils étaient sûrs d'échapper au rangement du garage… Derek lui finissait de passer le balai sous le sapin pour récupérer les dernières aiguilles tombées alors qu'ils s'agitaient autour, et son père lisait le journal sur le fauteuil. Une journée qui aurait pu être normale en somme.
Sauf que la sonnette retentit.
Immédiatement, Stiles se raidit, les poings serrés sur le coussin toujours sous lui. Non. Non, pas maintenant. Il avait besoin d'encore un peu de temps. Juste un peu… Mais son père se levait déjà, repliant le journal avec soin. Derek haussa un sourcil, mais se contenta d'aller jeter ce qu'il avait à la main. L'adolescent resta immobile, priant pour que ce soit une erreur, le facteur, la voisine qui venait demander un paquet de sucre, ou n'importe quoi d'autre. Il avait l'impression de pouvoir sentir son cœur battre dans sa gorge et dans ses tympans, même si ça ne l'empêcha pas de comprendre ce que son père dit.
- Derek ? Y a du monde pour toi garçon.
Un bloc de glace tomba dans l'estomac de Stiles. Il n'avait pas envie d'y aller. S'il gardait la tête dans son coussin, sans rien voir, peut-être qu'ils allaient repartir ? C'était une bonne excuse. Personne pour les voir, donc ils feraient forcément demi-tour. Excepté qu'il entendait déjà Derek revenir sur ses pas pour rejoindre l'entrée et que son traître de corps décida que non, il ne pourrait pas jouer les autruches. Malgré lui, il se redressa sur les coudes pour se lever et se traîner jusqu'à la porte.
Il y avait deux personnes debout sur le perron. Un homme d'une petite quarantaine d'années, les mains enfoncées dans les poches et d'énormes cernes sous les yeux, dont la façon de se tenir était clairement arrogante. Et une jeune femme, un peu plus âgée que Derek, magnifique, qui semblait vibrer sur place. Elle avait les cheveux coupés courts, aussi brun que ceux de son frère, un bras encore en écharpe et les restes d'un énorme bleu jaunissaient un côté de son visage.
Derek s'était figé. De là où il était, Stiles put le voir blêmir et avaler difficilement sa salive.
- … Lau… Laura ?
La jeune femme se tourna vers lui… et même s'il n'était pas visé, l'adolescent fit un pas en arrière devant la colère qui brillait dans les yeux verts. Bien. Cette femme était terrifiante. Et si jamais elle explosait comme elle avait pu le faire avec lui au téléphone… Il avait plutôt intérêt à mettre ses oreilles à l'abri. Le Shérif dut se dire la même chose, puisque son corps pivota pour la laisser passer et il porta machinalement une main à sa hanche, là où son arme de service se trouvait habituellement.
Laura s'avança rapidement jusqu'à son frère, leva sa main intacte et le gifla de toute ses forces. Hébété, Derek vacilla. Stiles grimaça parce que ça, ça avait dû faire mal… Mais elle n'avait pas fini. Le visage rougissant à vue d'œil sous la fureur qui l'envahissait, elle enfonça son index dans la poitrine.
- Espèce de… de… de sale EGOÏSTE ! Est-ce que tu peux m'expliquer ce qui est passé dans ta foutue cervelle de MOINEAU pour que tu décides que tout plaquer, tous nous plaquer allait arranger les choses ?! Depuis quand est-ce que tu es devenu aussi LÂCHE ?! Quand bien même j'y serais passée dans cet accident, tu n'avais pas le droit de partir comme ça ! Comment aurait fait Cora, hein ?! Tu y as pensé ?! Même si Peter était là, c'était aussi à toi d'être présent pour elle ! Elle n'a que dix-sept ans bordel ! Et après ce qui est arrivé à Papa et Maman, tu t'es dit que c'était la bonne chose à faire que de lui faire penser qu'elle avait encore perdu DEUX membres de sa famille !
- Laura…
- NON ! Et même si… même si tu avais besoin d'un break, tu ne passes pas SIX MOIS sans même passer un seul coup de fil ! Tu n'avais pas le droit de nous effacer comme ça ! On est ta famille Derek ! Et désolée de te l'apprendre, mais on est la seule qui reste !
Et Derek craqua. Son visage se froissa et les larmes se mirent à rouler sur les joues alors qu'il continuait à fixer sa sœur, les mains tremblantes à moitié tendues vers elle, incapable de dire autre chose que son prénom. Laura sembla hésiter un instant, partagée entre l'envie de continuer à lui hurler dessus et le soulagement de retrouver son frère. Finalement, elle émit un son indistinct de colère et attrapa Derek par la nuque pour le serrer contre elle.
- Je suis toujours furieuse après toi. Je vais très probablement te tuer. Mais Dieu merci tu vas bien…
Stiles avala la boule qui s'était formée dans sa gorge et recula doucement jusqu'à la cuisine. C'était la bonne chose à faire. C'était ce qu'il avait voulu, quelque part, quand il avait téléphoné à Peter Hale. Mais voir Derek pleurer… merde, il avait les yeux humides lui aussi maintenant. Les deux mains appuyées sur la table, il battit plusieurs fois des paupières pour éclaircir sa vision. C'est rien, c'est juste le stress qui retombe. Tu ne vas pas te mettre à chialer maintenant Stilinski !
Il pouvait entendre du bruit dans son dos – visiblement, son père ramenait tout le monde dans le salon plutôt qu'occuper l'entrée. Stiles se racla la gorge, frotta sa manche contre ses yeux pour faire disparaître toute trace d'humidité traîtresse et fouilla dans les tiroirs pour trouver de quoi faire du café. Il fallait qu'il s'occupe. Quelqu'un le rejoignit dans la pièce et il grogna.
- Oui P'pa, j'arrive, je cherche juste les filt…
Une main l'attrapa brutalement par l'épaule pour l'obliger à se retourner et, avant qu'il ait eu le temps de réagir, Stiles se retrouva écrasé dans une étreinte d'ours alors que Derek plongeait son visage au creux de son cou. Il frémit en sentant l'éraflure de sa barbe contre la peau fine de sa gorge, mouillée par le reste de ses larmes.
- Merci.
Sa voix était plus rauque que d'habitude. Stiles déglutit en refermant ses bras autour de son dos, tapotant maladroitement son omoplate.
- Tu… n'es pas en colère après moi ?
- En co… Stiles, tu m'as ramené ma sœur, pourquoi je devrais être en colère ?
- Je voulais te le dire plus tôt, je te le jure, mais je ne savais pas comment, et tu ne m'aurais pas cru, et Laura ne voulait pas que je te le dise alors je…
- Ouais, elle sait être effrayante quand elle le veut.
Un petit rire le fit frémir et il se contenta d'hocher la tête sans savoir quoi dire de plus. Derek le tenait toujours fermement, un bras enroulé au-dessus de ses hanches, l'autre autour de ses épaules, son souffle encore un peu chaotique frôlant sa clavicule. Stiles finit par fermer les yeux et pencha la tête pour appuyer son front sur son épaule. Il se sentait… épuisé. Maintenant qu'il n'avait plus à mentir, il pouvait sentir toute la tension nerveuse qu'il avait accumulée ces derniers temps s'enfuir au grand galop.
Le pouce de Derek décrivit un cercle sur son épaule, le faisant frissonner.
- Ton cauchemar l'autre nuit. C'était pour ça ?
- … Peut-être ?
- Stiles…
Mais Derek ne dit rien de plus. Il se contenta de le serrer contre lui encore une minute avant de relâcher son étreinte, esquissant un pauvre sourire.
- Viens.
- Le café…
- Oublie le café. Viens.
Stiles ouvrit la bouche pour protester encore un peu, mais Derek l'attrapa par le coude et le traîna jusqu'au salon. Son père et Peter étaient assis confortablement avec une bouteille de scotch – autant pour le café… même s'il s'assura que son père n'avait pas de verre devant lui – alors que Laura était debout dans la pièce. Visiblement, son frère avait échappé à son regard pendant trop longtemps et elle s'apprêtait à aller le chercher par la peau du cou. En voyant l'adolescent revenir, son visage s'adoucit et la jeune femme sourit, enroulant un bras délicat autour de ses épaules pour le ramener contre elle.
- Stiles. Merci infiniment pour avoir pris soin de mon stupide petit frère. Je sais qu'il n'est pas facile à vivre.
- Hum. De rien.
Stiles se sentait un peu mal à l'aise, son corps tourné dans une position inconfortable pour ne pas mettre de pression sur son bras blessé alors qu'elle refusait de le lâcher. C'était un peu bizarre. La seule personne de sexe féminin qui lui faisait des câlins, c'était Allison, et sans vouloir être méchant – Stiles savait très bien à quel point elle pouvait faire mal quand elle était vexée – elle n'avait pas vraiment les mêmes… hum… attributs. Et plus le temps passait, plus c'était embarrassant.
Derek finit par lui sauver la mise en poussant doucement sa sœur, les sourcils froncés dans une moue grognonne.
- L'étouffe pas non plus.
- Quoi, Der-bear, tu es jaloux ? Je pense pas que tu sois en position de me dire quoi que ce soit. Si je veux câliner Stiles jusqu'à la fin de la journée, je vais le faire. Parce que ce n'est certainement pas grâce à toi qu'on est là.
- Laura…
Le ton presque plaintif de Derek fin glousser Stiles parce que sérieusement, Der-bear ? La situation était complètement irréaliste. Laura le relâcha quand même, non sans déposer un léger baiser sur sa joue qui le fit rougir. Derek sembla se renfrogner un peu plus et se laissa tomber sur le canapé, juste à côté de Peter. Celui-ci vida son verre d'alcool avant de se lever et se tourner pour pouvoir faire face à son neveu.
- Bien. Mon tour maintenant. Debout, Derek.
L'autre homme soupira, mais se releva malgré tout… pour retomber immédiatement sur le sofa quand le poing serré de son oncle s'écrasa sur sa pommette. Stiles poussa une exclamation de surprise alors que le Shérif se contenta de grogner. Imperturbable, Peter se pencha pour réajuster le pull sur les épaules de Derek et tapota la joue qu'il venait de frapper, lui arrachant une grimace douloureuse.
- Plus jamais tu ne me raccroches au nez. On est d'accord ?
- Que…
- On est d'accord ?
- Ok.
- Parfait.
Bon Dieu, mais toute la famille était flippante en fait ! Prudent, l'adolescent s'assit par terre, juste aux pieds de son père, un genou plié alors que son talon rebondissait sur le sol. Maintenant que tout le monde avait frappé tout le monde, qu'est-ce qui allait se passer maintenant ? Nerveux, il observa les trois Hale se tasser sur le canapé, Derek coincé au milieu comme si les autres avaient peur qu'il disparaisse. Ce qu'il pouvait comprendre.
- Cora n'est pas avec vous ?
- Cora ne veut pas entendre parler de Derek depuis qu'elle sait qu'il est vivant.
Ouch. Derek tressaillit à l'information, mais ne dit rien, la mâchoire serrée. Stiles se mordit la langue, une vague de culpabilité venant à nouveau tordre son estomac. Bien, il n'aurait jamais dû poser cette question… Son père appuya son genou contre son dos, en un soutien silencieux, alors qu'il s'enfonçait un peu plus dans son fauteuil.
- Que comptez-vous faire maintenant ?
- Je ne sais pas trop… Il y a encore tellement de choses dont nous devons parler…
- Vous pouvez rester ici quelques jours si vous le souhaitez. Le vol depuis New York a dû être long, sans parler de tout ce qui s'est passé la semaine précédente. On sera peut-être un peu tassés, mais on a des matelas gonflables et puis vous n'allez pas payer l'hôtel, alors que Derek est ici depuis déjà un moment. Sauf si bien sûr vous devez repartir pour vous occuper de votre sœur.
- Cora est chez une amie, mais on ne voudrait pas déranger…
Mais Laura semblait hésiter. La fatigue était clairement visible sur son visage, et Peter n'avait pas arrêté d'acquiescer aux mots du Shérif. Celui-ci se contenta d'hausser les épaules.
- Je vous le propose. Je ne vais pas vous obliger à rester si vous ne le voulez pas, mais je pense que ce serait plus simple pour tout le monde. Je vais devoir reprendre le boulot, donc je ne traînerai pas trop dans vos pattes. Et Stiles cuisine toujours beaucoup trop pour seulement trois personnes, ça nous évitera les restes.
- Merci infiniment. C'est juste l'affaire de quelques jours, on ne vous dérangera pas trop longtemps.
Stiles laissa échapper un faible soupir de soulagement. Encore un peu. Il avait encore un peu de temps pour profiter de la présence de Derek. Après… on ne savait jamais ce qui pouvait se passer. La fatigue commençait à lui retomber dessus et il s'appuya plus franchement contre le fauteuil, les yeux fermés alors qu'il décrochait un peu de la conversation. Son père agita son genou pour le secouer, lui tirant un grognement.
- Hey, tu ferais aussi bien d'aller te coucher fiston.
- Mmmmmnooon…
- Comme tu veux, tu n'auras qu'à dormir sur le tapis. Vu comme t'es parti, ça ne saurait pas tarder.
- Mais naaan…
- Stiles.
L'adolescent rouvrit un œil paresseux et fit la moue à Derek qui le fixait en fronçant les sourcils.
- Nan. T'es un lâcheur toi de toute manière. Fallait pas t'endormir et tu m'aurais tenu compagnie sur le tapis. Na.
- Okay, tu es définitivement trop fatigué pour tenir une conversation raisonnable. Au lit. De suite. Ou c'est moi qui t'y porte.
Stiles songea à protester un peu plus, vraiment. Il n'était pas si fatigué que ça d'abord, il pouvait encore tenir au moins une demi-heure pour ne pas rater ce qu'il allait se dire… mais le regard du Shérif lui fit comprendre qu'il était vraiment sérieux, et que même s'il n'avait plus cinq ans il n'hésiterait vraiment pas à le porter dans sa chambre. Il poussa un grommellement mais se hissa tant bien que mal sur ses jambes, adressa un vague signe de la main aux autres et tituba jusqu'à l'escalier.
Bon, ok. Peut-être qu'il était vraiment fatigué en fait. Stiles s'écroula sur son lit dès qu'il passa la porte de sa chambre, pas vraiment sûr de savoir s'il s'endormait où s'il s'évanouissait…
Voilà, je l'aurai pas torturé trop longtemps ! Et Laura n'a même pas (encore) écharpé Derek... après... reste à découvrir ce qu'il va se passer la semaine prochaine !
