Contente de voir que le chapitre précédent vous a plus ! Les choses vont s'accélérer maintenant, je suis pas méchante à ce point... la preuve dans ce qui suit, je jure !


- Stiles ?

L'adolescent grogna et enfouit son visage dans l'oreiller pendant quelques secondes – le temps de rassembler un peu ses idées et de réaliser qu'il ne pouvait plus respirer en faisant ça – avant de rouler sur le côté. Il pouvait entendre un bourdonnement assez fort provenir du rez-de-chaussée et son réveil indiquait trois heures de l'après-midi – ou du moins, jusqu'à ce qu'une main se place devant et lui fasse froncer les sourcils. Le regard de Stiles remonta le long du bras jusqu'au visage de Laura, assise sur le bord du lit. La jeune femme lui sourit doucement, tendant la main pour repousser ses cheveux ébouriffés par le sommeil.

- Hey. Ton père pense que si tu dors encore un peu plus, tu vas sauter partout toute la nuit.

- Oh ouais…

Les doigts de Laura continuaient à remonter le long de son crâne et bizarrement, Stiles la laissa faire. Peut-être parce que le geste lui rappelait sa mère, quand il était enfant. Peut-être parce qu'elle ressemblait vraiment à son frère, et qu'il avait envie que ce soit Derek qui le fasse. Ou peut-être parce qu'elle avait l'air vraiment épuisée, et que le geste semblait la calmer autant que lui. Alors il resta immobile un peu plus longtemps, essayant de déchiffrer les conversations d'en bas.

- Oncle Peter règle ses comptes avec Derek. Même sans prendre en compte le fait que mon frère travaillait pour lui et qu'il a quitté son boulot du jour au lendemain, Peter a culpabilisé pendant des semaines parce qu'il était le dernier à l'avoir eu au téléphone, et qu'il était persuadé que s'il avait dit les choses différemment, il ne serait jamais parti.

- Okay…

- J'ai profité de ta sieste pour régler les miens.

Oh, voilà qui expliquait le ton un peu rauque de sa voix. Stiles ne put s'empêcher de grimacer en imaginant la scène et Laura émit un petit reniflement amusé.

- On peut dire que tu as le sommeil lourd.

- Vous me l'avez laissé entier, pas vrai ?

- Ça dépend ce que tu entends par entier… mais promis, je n'ai rien touché de vital.

Son expression le fit douter un instant – parce qu'elle avait vraiment l'air sérieuse et que mince, même si ce n'était pas vital il y avait quand même quelques éléments forts intéressants chez Derek qu'il tenait à garder ! Avec un soupir, il finit par se redresser, assis sur le matelas à côté d'elle. Maintenant qu'il n'avait plus le cerveau embrouillé par la fatigue, Stiles pouvait mieux voir les marques de l'accident qu'elle portait encore sur elle.

Outre le bras en écharpe et les bleus encore légèrement présents – même six mois plus tard, il n'osait même pas imaginer ce à quoi ils devaient ressembler au début – il y avait plusieurs cicatrices fines, encore un peu rosées, qui courraient sur la gauche de son visage jusque dans ses cheveux.

Laura sourit légèrement devant son inspection.

- Ma vitre a explosé. J'ai pris les éclats de verre dans la figure, mais heureusement mon œil n'a pas été gravement touché.

- Désolé, je voulais pas…

- C'est pas grave. Je suis venue te faire des excuses aussi.

- Hein ?

Elle haussa une épaule et esquissa une grimace coupable.

- Ton père et Derek m'ont raconté… Je suis désolée de t'avoir mis une telle pression en t'interdisant de parler de notre venue à mon frère. J'étais tellement en colère que je n'ai pas pensé que ça te mettrait dans une situation pareille. Pour moi, Derek était forcément en tort et je ne comprenais pas pourquoi il faudrait le ménager, alors que j'avais vu ma sœur et mon oncle se rendre malade d'inquiétude entre mon hospitalisation et sa disparition.

- C'est bon, c'est pas si grave, ça a pas duré si longtemps…

- Ce n'est pas une raison. Tu ne me connaissais pas alors que tu étais proche de mon frère, et tu as quand même fait ce que je t'avais imposé. Donc merci… et excuse-moi.

Stiles se contenta d'acquiescer, la gorge un peu nouée. Il ne pensait sincèrement pas qu'elle réagirait comme ça, vu la tornade qu'elle avait semblé être à son arrivée, mais c'était bien. Laura lui pressa gentiment l'épaule avant de se relever.

- Bien, allons sauver mon baby bro des griffes de Peter. Je ne suis pas sûre que lui le laisserait entier.

L'adolescent bondit immédiatement sur ses pieds. Non pas qu'il ne pensait pas Derek de se défendre physiquement, du tout. C'était juste que… ce Peter était effrayant, d'accord ? Et il tenait vraiment à garder l'autre homme en un seul morceau. Mordillant nerveusement sa lèvre, il descendit doucement les escaliers – en même temps, il était un peu coincé par Laura juste devant lui et il n'osait pas la dépasser de peur de la bousculer et de la faire tomber.

Dans le salon, Derek était assis sur le canapé, les coudes appuyés sur les genoux et la tête entre les mains, l'air encore pas mal secoué. Peter était debout à côté de la fenêtre, son corps détendu dans une pose nonchalante, mais sa mâchoire était crispée et un de ses doigts tapotait nerveusement sur son biceps. Le Shérif n'était pas en vue, mais il pouvait l'entendre s'activer dans la cuisine.

- Ça y est, vous vous êtes calmés ?

Peter se contenta de grogner à l'intervention de sa nièce alors que Derek releva la tête. Son visage sembla se détendre quand il vit Stiles et il esquissa une grimace.

- Sinon, tu n'étais absolument pas fatigué, non…

- Oh la ferme, Sourwolf. Ça va ?

L'homme haussa les épaules, frottant ses mains l'une contre l'autre dans un geste mal à l'aise. Ouais, question stupide… Stiles hésita une seconde, avant d'aller s'asseoir sur le canapé à côté de lui et d'appuyer son épaule contre la sienne. La grimace de Derek se transforma en faible sourire et il lui rendit la pression. Merde. L'adolescent avait juste envie de renfermer ses bras autour de lui pour lui faire un câlin et d'engueuler à leur tour Peter et Laura pour le mettre dans un état pareil. Mais… yup, mauvaise idée. Il tenait à la vie.

Le Shérif revint avec un plateau portant plusieurs tasses de café – sérieusement, ils avaient dû vider leur stock depuis le début de la journée. Derek sembla accueillir le mug entre ses mains comme si son père lui offrait le Graal, alors il allait garder ses commentaires pour lui.

- Ça y est, t'as les idées claires maintenant ?

- Oui bon ça va, j'ai compris…

- Tu n'as pas raté grand-chose de toute manière. Il y a juste un détail qu'on voulait voir avec toi.

Oh, ça, ça s'annonçait plutôt mal. Stiles connaissait très bien la petite lueur qui venait de s'allumer au fond de l'œil de son père, et elle ne présageait jamais rien de bon pour lui. Il se redressa, les épaules un peu tendues, alors que Derek semblait vouloir plonger dans sa tasse et que Laura s'installait sur le fauteuil, l'air amusée. Le Shérif prit le temps de boire quelques gorgées de son café avant de finalement lâcher sa bombe :

- Est-ce que ça te dérangerait si Derek dormait avec toi pendant quelques temps ? On a fait le tour des couchages pendant que tu dormais, et il va nous manquer un matelas. Laura prendrait la chambre d'amis, parce qu'elle a vraiment besoin d'un lit confortable, et Peter prendrait le petit matelas que Scott utilisait avant. Résultat, Derek se retrouve éjecté de son lit… et vu que vous avez déjà dormi ensemble une fois, je me suis dit que ça ne te dérangerait pas de prolonger un peu plus.

Ah. Mauvais à ce point.

Son père était diabolique d'abord. Et puis vu le petit sourire en coin de Laura, elle avait dû se douter de quelque chose et vivement l'approuver. Tous des traîtres. Et il savait très bien qu'il ne pourrait même pas aller se plaindre auprès de Scott, parce que ce faux frère allait s'étrangler de rire. Stiles ouvrit la bouche, pour la refermer presque aussitôt sans savoir quoi répondre. A côté de lui, Derek se recroquevilla légèrement et marmonna :

- J'ai aussi dit que je pouvais dormir sur le canapé, il est confortable et j'ai connu…

- Si tu dis « pire », je te frappe. Même si je dois me casser les doigts. C'est bon, je suis d'accord.

- J'ai plus qu'à m'habituer aux flaques de bave le matin en me levant…

- La ferme !

Stiles pouvait sentir ses joues chauffer méchamment et l'autre homme se contenta de ricaner en lui donnant un coup d'épaule. De l'autre côté de la pièce, Peter émit un reniflement moqueur.

- Si j'avais su Derek, je t'aurai ramené quelques accessoires de la boîte…

- PETER !

- Quelle boîte ?

Derek avait viré à l'écarlate, la tête complètement rentrée dans les épaules, alors que Laura gloussait joyeusement. Le sourire narquois de l'oncle Hale s'agrandit un peu plus et Stiles regarda immédiatement d'avoir posé la question.

- Non mais c'est pas grav…

- Je suis propriétaire d'un donjon. Derek travaillait avec moi.

- Un donjon ? Genre une salle de jeu pour rôlistes ?

Peter hurla de rire à sa réplique et l'ambiance un peu pesante qui régnait toujours dans la pièce disparut totalement. Laura riait à gorge déployée à présent, et même son père se mordait la joue pour ne pas rire, même s'il avait l'air un peu gêné. L'adolescent haussa un sourcil et se tourna vers son voisin qui avait reposé sa tasse de café pour enfouir son visage dans ses mains, comme s'il voulait disparaître.

- Quoi ?

- Ce n'est pas… c'est pas Donjons et Dragons, Stiles…

- Alors quoi ?!

- Je dirige un club BDSM. Bondage, domination, sadomasochisme. On peut y participer à des jeux de rôles, mais peut-être pas ceux auxquels tu as l'habitude de jouer…

- Peter !

Bien. C'était suffisant pour lui. Stiles se releva d'un bond, marmonnant à propos des courses qu'il devait faire pour pouvoir nourrir tout ce beau monde, et s'enfuit à toutes jambes, les oreilles brûlantes. Il avait beau savoir que Derek n'était que comptable… mais dans l'immédiat, il y avait certaines images en tête qui demandaient à ce qu'il soit seul !

...

Étonnamment, la soirée avait été incroyablement tranquille après le tsunami de la journée. Stiles avait pris son temps pour refaire le plein de leur frigo – et de café – histoire de pouvoir se calmer, et il avait passé quasiment la fin de l'après-midi enfermé dans la cuisine. Il avait pu entendre les Hale discuter dans la pièce d'à côté, mais au moins ça ne criait plus – Laura semblait plutôt expliquer à son frère son accident et sa rééducation qui durait encore.

Maintenant, tout le monde était couché, ou presque. Il pouvait entendre son père aller et venir dans sa chambre, dégageant suffisamment de place pour le matelas de Peter. Laura était partie la première, épuisée par son voyage alors qu'elle était toujours convalescente. Derek était à la salle de bain.

Et Stiles tordait nerveusement le bas de son T-shirt entre ses doigts, assis sur son lit et recroquevillé contre le mur. Bien. Il allait dormir avec Derek. Encore. Alors que la dernière fois, il lui avait fait un câlin pour lui permettre de se rendormir tranquillement. Tooouuuuut allait pour le mieux. Il allait être sage, ne pas baver, ne pas s'étaler sur lui, et surtout, surtout ne pas faire de rêves inappropriés. Surtout après ce que Peter avait pu dire…

Nop ! Sage.

La porte de sa chambre s'ouvrit, le faisant sursauter, et Derek s'immobilisa en découvrant la position bizarre dans laquelle il s'était mis. Un soupir franchit ses lèvres.

- Je peux toujours aller dormir sur le canapé si…

- Non ! Non, non, c'est bon, désolé. C'est juste… je veux rien entendre si tu dois encore changer de pyjama demain matin. C'est à tes risques et périls !

Derek haussa un sourcil. … … … Oooookay, pas la bonne formulation. Stiles rougit furieusement et se laissa tomber sur le dos, attrapant son oreiller pour l'écraser sur son visage. Il entendit l'autre avancer pour s'asseoir sur le bord du matelas et tirer sur le coussin. Il avait l'air embarrassé lui aussi, le haut de ses oreilles rougissant et le regard fuyant.

- A propos de ce que disait Peter, tout à l'heure, concernant mon travail…

Oh non. Non non non. Ils n'allaient pas avoir cette discussion maintenant, alors qu'il avait enfin retrouvé son calme ! Il se mordit la langue pour ne pas laisser échapper un gémissement de désespoir, les yeux résolument fixés sur le plafond. Bien, s'il voulait en parler, il allait pas l'en empêcher non plus. Mais hors de question qu'il intervienne ! De plus, c'était difficile de lui dire qu'il savait déjà son métier, vu qu'à ce moment précis il était censé dormir. Derek soupira.

- Je te jure que je ne suis pas un Dom. J'étais comptable pour lui, parce que Peter est une vraie catastrophe avec les chiffres et que c'était quand même lui qui ramenait le plus de revenus à la maison donc il ne fallait pas que le donjon coule… mais je te promets que c'est tout ce que je faisais. Je ne suis jamais descendu dans les chambres ou les salles publiques. Ce n'est vraiment pas…

- C'est bon, c'est bon, je te crois.

- Vraiment ?

- Ouais, j'ai bien compris que ton oncle essayait surtout de te mettre mal à l'aise… désolé d'avoir réagi comme ça. Mais c'est cool. De toute manière, ça ne regarde que toi.

L'homme haussa les épaules.

- Après, je ne dis pas que je n'ai pas non plus une paire de menottes ou un bandeau…

Cette fois-ci, un léger rictus moqueur étirait ses lèvres. Stiles poussa un cri étranglé et attrapa son deuxième oreiller pour lui jeter dessus. Ce salaud osait se foutre de lui avec un sujet pareil, alors qu'ils allaient dormir ensemble ?!

- Je te déteste. C'est clair ? Je te hais. Toi, Scott et mon père êtes mes pires cauchemars.

- Mais non. Tu adores totalement Scott et tu ferais n'importe quoi pour ton père. Et… tu m'as sorti de la rue avant de me rendre ma famille, je ne pense pas que tu me détestes totalement.

L'adolescent se contenta d'hausser les épaules, un peu mal à l'aise d'admettre qu'il plaçait Derek au même niveau d'affection que les deux hommes les plus importants de sa vie. L'autre secoua la tête avant de se relever pour éteindre la lumière. Stiles se glissa sous la couette, toujours collé contre le mur, alors que Derek s'installait à côté de lui. C'était plus logique, étant donné qu'il était plus susceptible de se lever en premier.

Les volets étaient tirés, mais la lueur de la lune parvenait quand même à se glisser entre les interstices, juste assez pour que Stiles distingue les contours de Derek appuyé sur son coude face à lui. Il avala nerveusement sa salive et remonta la couette sur son épaule, crispant les doigts sur le bord.

- Ça va ?

- Ouais. C'est juste… la journée a été longue.

- C'est clair.

- Je pensais pas… c'est… Laura…

Derek poussa un soupir, frustré de pas réussir à s'exprimer, et laissa sa tête retomber sur son oreiller. Il y eut plusieurs minutes de silence. Malgré sa sieste, Stiles pouvait sentir ses yeux se fermer et son corps se détendre. Il pouvait sentir la chaleur du corps de l'autre irradier et sa respiration le berçait peu à peu… jusqu'à ce qu'il sente des doigts frôler son poignet posé sur le matelas. Trop endormi pour sursauter, il rouvrit un œil.

Derek s'était rapproché doucement, l'air hésitant.

- Stiles ?

- Mmmmm ?

- Est-ce que… est-ce que je peux te faire un câlin ?

Pour le coup, la question eut le mérite de le réveiller. Stiles rouvrit grand les yeux, le souffle coupé. Derek le fixait toujours, embarrassé, mais plein d'espoir. L'adolescent sentit son cœur s'emballer et avala nerveusement sa salive. D'accord. Derek avait eu de gros bouleversements émotionnels aujourd'hui, il pouvait comprendre qu'il avait envie ou besoin de se raccrocher à quelqu'un. C'était normal. Mais voilà quoi ! Lui faire un câlin à lui ? Et en le demandant comme ça, aussi directement, d'un air aussi… mignon ? Ça c'était complètement injuste.

Stiles se contenta d'hocher la tête, incapable de parler.

Derek sourit, soulagé, et se rapprocha. Sa main se posa sur sa taille pour le décaler du mur, le poussant doucement dans une position confortable, jusqu'à ce qu'il puisse se caler contre son côté gauche, la tête posée sur son épaule et le front appuyé dans le creux de son cou.

Stiles cligna plusieurs fois des yeux, surpris. Il ne s'était pas vraiment attendu à ça en fait. Les autres fois où ils s'étaient enlacés – et c'était vraiment bizarre de se dire qu'il y avait eu d'autres fois – c'était Derek qui était celui qui... prenait en charge, en quelque sorte. Il était un peu plus grand, plus large, c'était plus logique. Mais là, l'homme s'était volontairement mit plus bas. Plus vulnérable. Il n'aurait jamais pensé qu'il pourrait le voir comme ça un jour.

Hésitant, Stiles replia le bras pour pouvoir poser sa main au milieu du dos de Derek. Celui-ci soupira une nouvelle fois.

- Dis-moi si je t'écrase.

- Non, non, ça va.

Il devait forcément entendre à quel point son cœur s'emballait, vu sa position, mais Derek ne dit rien. Il se contenta de rester là, la main toujours posée au-dessus de sa hanche avec le bras en travers de son ventre, respirant tranquillement. Petit à petit, Stiles se calma, profitant du contact et de la chaleur. Il n'y avait plus aucun bruit dans la maison. Presque machinalement, ses doigts se mirent à glisser par-dessus le haut de son pyjama, juste pour avoir un son qui lui rappellerait qu'il n'était pas en train de rêver.

La respiration de Derek était calme et profonde, mais Stiles était persuadé qu'il était pleinement conscient.

- … Tu comptes dormir ?

- Je ne sais pas.

- Okay. Par contre moi je pense que je vais pioncer. Désolé.

Derek rit doucement contre sa clavicule, mais ne bougea pas.

- Je sais. Dors. Tu as encore pas mal de sommeil à récupérer. Je vais juste... réfléchir.

- Crame pas non plus les quelques neurones qu'il te reste…

Un pincement sur sa hanche lui répondit seulement et il tira mollement les petits cheveux à l'arrière de son cou en représailles. Derek était vraiment chaud contre lui, un peu lourd mais pas assez pour que ce soit inconfortable. Au contraire, il avait l'impression d'être entouré d'un cocon chaleureux et solide et sécurisant…

Stiles s'endormit alors que le pouce de Derek dessinait des formes abstraites sur sa hanche.

...

Le lendemain matin, Stiles était seul dans le lit quand il rouvrit les yeux. Les draps étaient frais à côté de lui et il pouvait entendre du bruit au rez-de-chaussée. Il soupira et se roula en boule sous la couette. L'espace d'une seconde, il aurait presque pu oublier l'ouragan qui avait débarqué la veille. Mais son oreiller avait encore l'odeur du shampoing de Derek, et la voix de Laura se démarquait nettement en bas. Pendant quelques minutes, Stiles resta immobile, dans le noir, respirant profondément le parfum de l'autre homme, avant de finalement traîner un bras hors du lit.

La fraîcheur de l'air le fit grogner, mais il réussit à attraper un sweat en tâtonnant par terre. Quand il réussit enfin à rejoindre la cuisine, encore groggy de sommeil, tout le monde était déjà debout. Peter discutait avec son père, Laura pianotait sur son téléphone d'une main, et Derek sirotait sa tasse de café. Stiles les salua d'un grognement avant de plonger la tête la première dans le frigo à la recherche de son jus de fruit habituel.

Derek sourit avec amusement et tira la chaise près de lui pour qu'il s'y laisse tomber. Stiles lui jeta un rapide coup d'œil et fit la moue devant les cernes noirs sous ses yeux.

- T'as une sale gueule…

- Bonjour à toi aussi.

- Humpf.

Laura gloussa devant leur échange et reposa son téléphone pour caler son menton dans sa paume.

- Nous allons aller faire un tour à la vieille maison aujourd'hui. Ton père nous a dit qu'il reprenait le travail dans la matinée, alors… tu veux venir avec nous ? Ou tu veux avoir un peu de temps pour toi ?

Surpris, Stiles cligna plusieurs fois des yeux. Lui, venir avec eux ? Mais… c'était une chose entre Hale, non ? Alors oui, d'un côté il n'avait aucune envie de se retrouver tout seul après autant de temps – surtout connaissant son cerveau, il allait partir en vrille paranoïaque – mais d'un autre côté… il ne voulait surtout pas devenir un boulet. Indécis, il se mordit la langue, les mains serrées autour de son verre.

Derek enroula doucement ses doigts autour de son poignet pour lui faire relâcher sa prise.

- Tu n'as pas à te sentir obligé.

- C'est pas…

- Après tout ce que tu as fait pour mon bébé frère, tu fais partie de la famille maintenant.

- Laura…

Le ton plaintif que Derek avait pris fit sourire Stiles. Une fois plus à l'aise avec la grande sœur, et une fois que toute la situation se serait un peu calmée, il était sûr qu'il allait pouvoir lui tirer pleeeiiin d'histoires embarrassantes sur la jeunesse du brun. D'ailleurs, Laura attendait toujours sa réponse. Il haussa vaguement les épaules, faisant tourner son verre entre ses mains – Derek ne l'avait toujours pas lâché.

- Je sais pas, je pensais proposer à Scott d'aller s'entraîner un peu sur le terrain de lacrosse…

- On pourra te déposer au retour si tu veux.

- Dans ce cas… okay. Si vous êtes sûrs que je vais pas déranger.

Seul un sourire lui répondit. Bien, s'ils sortaient, ça voulait dire qu'il allait devoir s'activer pour s'habiller étant donné que tous les autres étaient déjà prêts. Et accessoirement demander à Scotty s'il était libre pour une partie. Surtout après le passage au manoir Hale, il allait avoir besoin de courir et de brûler de l'énergie !

Le temps qu'il prenne sa douche et s'habille, Scott avait accepté avec enthousiasme son idée, son père était parti au poste, et les trois Hale l'attendaient dans l'entrée. Laura et Peter se tenaient vraiment proches de Derek, et Stiles était incapable de dire si c'était une habitude – Derek n'avait pas l'air d'avoir le même sens de l'espace vital que tout le monde – ou s'ils avaient peur de le voir disparaître s'ils le quittaient des yeux une seconde à l'extérieur.

Peter avait loué une voiture à la sortie de l'aéroport, une toute petite dans laquelle ils s'entassèrent. Laura avait insisté pour s'asseoir à l'arrière, tendue, la main crispée dans celle de son frère, alors que Stiles se retrouvait à côté du conducteur. Le trajet se fit en silence. En même temps… l'adolescent commençait déjà à regretter d'avoir accepté de venir.

Le trajet jusqu'à la vieille maison était rapide. La tempête l'avait un peu plus délabré encore et Stiles grogna en imaginant ce qu'il aurait pu se passer s'il n'était pas venu chercher Derek à temps.

- Et donc c'est que tu te planquais ?

Derek haussa vaguement les épaules sous le ton acide de son oncle. Bien, l'ambiance était là ! Stiles se glissa sur l'arrière de la maison, laissant les trois Hale figés devant le perron. Dès qu'il fut hors de vue, il s'autorisa un lourd soupir et s'assit sur le bord des marches carbonisées, les mains calées sous ses aisselles pour garder ses doigts au chaud. Franchement, il aurait dû refuser. Il se sentait mal de rentrer là-dedans avec eux, alors que ça remontait des tas de souvenirs pour Laura et Peter.

Le pire, c'était que le coin était sympa… Il adorait venir y jouer avec Scott plus jeune. La réserve qui s'étendait derrière était vraiment chouette – enfin, sauf quand les arbres n'avaient aucune feuille et que le sol était tout boueux. L'hiver n'était pas forcément la meilleure saison pour avoir un bon aperçu de ce que ça pouvait être…

Une main se posa sur sa nuque et le fit violemment sursauter.

- Bon sang, Derek, PREVIENS quand tu débarques comme ça !

- Ça va ?

- T'es pas avec ton oncle et sœur ?

- On se demandait où tu étais passé.

- Oh, désolé…

Derek s'assit à côté de lui, appuyant son épaule contre la sienne avec un petit sourire contrit.

- Si tu n'avais pas envie, tu n'étais pas obligé de dire oui à Laura, tu sais. Elle fait peur, mais elle peut entendre « non » de temps en temps. Enfin, sauf de ma part…

- Elle t'aime vraiment beaucoup. Tu leur as manqué.

- Ils m'ont manqué aussi.

Ils restèrent silencieux encore une minute. Stiles ne savait pas quoi ajouter. Je sais que c'est ta famille et tout et que tu vas vouloir repartir avec eux mais s'il te plaît reste ? Il ne pouvait pas juste lui demander ça. Ce n'était pas juste. Après tout, c'était lui qui avait tout organisé pour qu'ils se retrouvent ! Derek resserra brièvement sa prise sur sa nuque avant de se relever et de lui tendre la main, une légère lueur indéfinissable au fond des yeux.

- Tu viens ? Je vais te faire visiter.

Sans rien répondre, Stiles referma ses doigts sur les siens et se laissa traîner à l'intérieur. Laura et Peter se promenaient lentement dans la maison, examinant les murs et repoussant délicatement les débris pour se dégager un passage. L'étage n'était plus accessible à cause de l'escalier en trop mauvais état, et une des portes avait solidement été barricadée – Derek avait marmonné « la cave » en passant devant et Stiles n'avait pas insisté – donc la visite avait finalement été plus rapide qu'il ne le pensait.

Laura enroula son bras valide autour de la taille de son frère et s'appuya contre lui, un vague sourire nostalgique aux lèvres.

- C'était plus grand dans mon souvenir…

Derek ne répondit pas, enroulant un bras autour de ses épaules et embrassant sa tempe avec émotion.

- On va rentrer. Tu as besoin de repos. Et Stiles a rendez-vous avec son ami.

- Et nous il faut qu'on parle.

Peter avait l'air grave, observant les poutres restantes au plafond. Stiles sentit immédiatement son estomac se tordre. Pourtant il s'en doutait, s'ils venaient ici c'était aussi pour prendre des décisions. Ça n'aurait pas dû l'étonner. Mais ça ne faisait que renforcer son idée qu'il n'aurait vraiment pas dû venir avec eux...


Et voilà, vous avez eu plein de câlins et Stiles et Derek ! Hein que je suis gentille... même si je finis avec la phrase de Peter...

Mais promis, vous saurez ce qu'il s'est décidé la semaine prochaine ! Pas taper !