Hello tout le monde !
Déjà samedi... et pour une fois je me suis levée tôt, alors vous aurez un chapitre tôt ! J'espère qu'il vous plaira... même si je pense que ça devrait aller, j'en suis plutôt contente !
Scott était déjà sur le terrain de lacrosse lorsque les Hale le déposèrent en passant, son sac de sport à ses pieds alors qu'il resserrait le filet de sa canne. Un sourire étira ses lèvres et il se leva pour jeter une paire de gants à son meilleur ami, faisant rebondir la balle dans son filet sans faire de commentaires. Parfois, Stiles adorait Scotty et sa manière de s'adapter à ce dont il avait besoin.
Ils échangèrent quelques passes en silence, dans le froid. Ça lui faisait du bien. Ça lui vidait la tête. De bouger enfin, de se dépenser, de prendre l'air… Scott lui laissa encore un peu de temps avant de lâcher d'une voix tranquille.
- Donc, avec Derek ?
- Quoi, avec Derek ?
- Tu lui as parlé ?
- Scott…
- Tu as promis de tenter. Et maintenant qu'il y a sa sœur et son oncle, tu ne peux pas encore hésiter pendant cent sept ans, sinon tu vas le regretter.
- Ce n'est pas aussi facile !
- Bien sûr que si. C'est exactement ce que tu m'as dit quand le père d'Allison a commencé à parler de déménagement.
Stiles grogna. Un an auparavant, Allison avait failli partir, et oui, peut-être qu'il avait donné de bons coups de pieds aux fesses de Scott pour qu'il aille se déclarer avant qu'elle ne parte – même si au final ça ne s'était pas fait. Mais là la situation était totalement différente ! Ça n'avait rien à voir ! Mais son presque frère continuait ses lancers avec une régularité d'horloger, l'air amusé.
- Ils sont encore là. Il n'a pas parlé de repartir immédiatement dès que sa famille a franchi la porte.
- Ça ne veut rien dire.
- Sérieusement, tu vas me le faire dire ?
- Scotty…
- Derek tient à toi. Vraiment. Et s'il est revenu à Beacon Hill, c'était pour être proche de sa famille, donc cette ville est importante pour lui. Tu ne sais même pas s'il va vraiment partir.
- Sa petite sœur est toujours à New York, pourquoi est-ce qu'il resterait là ?
- Derek. Tient. A. Toi.
- Mais…
- Il te fait des câlins. Il s'occupe de toi et de ton père. Il a accepté de faire une bataille de boules de neige avec nous. Il avait l'air heureux de faire tout ça. Franchement, qu'est-ce qu'il te faut de plus ?
Stiles ne répondit pas immédiatement, jetant la balle un peu plus fort que nécessaire pour obliger Scott à reculer et à ajuster son équilibre – ça lui apprendrait à devenir trop malin pour son propre bien !
- … Toi aussi, tu fais tout ça.
- Mais je te regarde pas de la même manière. Sans offense hein !
- Quoi, dis que je suis pas sexy aussi !
- Parle-lui. Avant de rendre tout le monde complètement dingue, moi y compris.
Cette fois-ci, Stiles baissa les bras, jouant avec la balle entre ses doigts gantés. Scott se rapprocha pour passer son bras autour de ses épaules, cognant son front contre le sien.
- Tu es bon à ça. Parler. Tu ne vas rien y perdre. Au contraire, tu ne peux qu'être fixé sur ce que Derek compte faire, et tu arrêteras de te faire dix milles scénarii dans la tête.
- Mouais…
- On tape encore quelques balles, et puis on va manger au dinner ?
- Ouais.
- Et si t'es sage, je t'emmène chercher un dessert chez Mrs Pastry !
Un ricanement secoua Stiles et il donna une bourrade joueuse pour l'éloigner. Scott riposta immédiatement en se jetant sur lui, coinçant son épaule sous ses côtes pour le soulever et le jeter dans la boue. Son meilleur ami hurla en se débattant, mort de rire. S'ils continuaient comme ça, aucun dinner n'accepterait de les laisser entrer pour manger un truc !
Au final, ils avaient passé la journée ensemble. Comme Stiles s'en doutait, ils avaient fini leur entraînement couvert de boue et d'herbe, donc ils avaient dû passer chez les McCall pour se changer avant d'aller manger. Scott l'avait ensuite entraîné au bowling – vide à cette heure-ci – pour passer une après-midi tranquille. Quand il le déposa devant chez lui, son père n'était toujours pas rentré et la voiture des Hale avait disparu. Stiles sentit sa gorge se serrer un instant, mais il y avait de la lumière à l'intérieur et une silhouette familière à la fenêtre.
Scott sourit et lui donna un coup de poing joueur dans l'épaule.
- Haut les cœurs ! Et tiens-moi au courant, okay ?
- Scott…
- Nan, hors de question que tu défiles. Tu lui parles ce soir, c'est compris ? Ou c'est moi qui vais le faire.
Stiles lui lança un regard trahi, resserrant sa prise sur la boîte de muffins sur ses genoux, mais Scott avait l'air sérieux. Prenant une grande inspiration, il sortit de la voiture et se dépêcha de rejoindre la maison pour se mettre au chaud. Derek l'attendait dans l'entrée, les sourcils froncés d'un air soucieux. Un faible sourire lui échappa lorsqu'il reconnut le logo de la pâtisserie, mais il ne bougea pas.
- Est-ce que ça va ?
- Hein ? Ouais, ouais, bien sûr ! Où sont ta sœur et ton oncle ?
- Ils ont été chercher le repas de ce soir. Chinois.
- Oh cool !
- Tu es sûr que ça va ?
Cette fois, ce fut au tour de Stiles de froncer les sourcils alors qu'il allait poser ses desserts dans la cuisine, Derek sur ses talons.
- Bah oui… il y a un problème ?
- C'est juste… je ne veux pas que Laura et Peter t'aient trop mis la pression avec la visite de la maison.
Oh vu comme ça… Il se mordit la lèvre inférieure.
- Désolé, je pensais pas que tu flipperais comme ça. J'ai tendance à perdre la notion du temps avec Scott, et puis il m'a offert des frites bouclées ce traître, et je peux pas résister aux frites bouclées ! Mais c'est cool, vraiment. J'aime ta famille. Pas de pression, promis. Et si jamais y avait un truc, je te jure que je te le dirai !
- Hum, j'ai pu voir ça…
Le reproche dans son ton était clairement audible et Stiles grimaça. Bon, peut-être que promettre un truc comme ça après lui avoir caché l'arrivée de sa sœur n'était pas vraiment 100% crédible. Même s'il était sincère en disant ça ! Vraiment ! Il hésita une seconde. Tant qu'à mettre les pieds dans le plat… Il se frotta l'arrière de la tête.
- Euh, d'ailleurs est-ce que… on peut discuter un peu ?
Derek haussa un sourcil, mais acquiesça. Stiles n'avait aucune envie d'avoir la discussion dans la cuisine. Il se servit un verre de soda avant d'aller s'installer sur le canapé, sa jambe rebondissant nerveusement. L'autre homme s'assit à côté de lui, penché en avant et les bras appuyés sur ses cuisses. Son expression se fit un peu plus préoccupée encore.
- Tu es sûr que tout va bien ?
- Ouais, ouais, juste… Tu promets de pas te fâcher et d'être honnête avec moi ? T'es pas obligé forcément de me répondre ni rien, mais… ça commence à me trotter dans la tête et comme j'ai promis de plus te cacher les trucs qui me tracassent ce serait franchement hypocrite de ma part de continuer et j'ai vraiment mais alors vraiment pas envie que ce soit Scott qui vienne t'en parler ce monsieur je me mêle de tout parce que ce serait pas juste et…
- Stiles. Respire.
La main de Derek se posa sur son épaule et Stiles poussa un lourd soupir. Les yeux incroyables étaient rivés aux siens, ce qui ne l'aidait pas vraiment… Bien, maintenant qu'il avait commencé, il ne pouvait pas faire demi-tour !
- Est-ce que… tu vas rentrer avec eux ? A New York.
Un éclair de compréhension traversa le regard de Derek. Sa prise se resserra doucement et son pouce pressa le creux de sa clavicule.
- Pour un temps, oui.
Ce n'était pas exactement la réponse à laquelle Stiles s'attendait. Il fronça les sourcils alors que le tic de sa jambe s'accentuait.
- C'est-à-dire ? Longtemps ?
- Juste avant, est-ce que tu peux répondre à une de mes questions ? Quand tu m'as… ramené ici, je t'ai demandé pourquoi et tu n'as pas su me le dire. C'est la même chose maintenant, ou tu as une réponse ?
Le traître.
Stiles se mordit la lèvre inférieure. S'il devait tout déballer, c'était le moment où jamais – parce que oui, maintenant il avait compris pourquoi, et Derek devait forcément le savoir pour lui poser une question pareille ! Pendant quelques secondes, il fut tenté de mentir encore, de trouver une autre excuse… mais même si ça lui en coûtait de le reconnaitre, Scott avait raison.
Il soupira longuement et ferma les yeux. D'accord pour tout déballer et sans doute se ridiculiser, mais il était incapable de soutenir le regard trop clair de l'autre pendant qu'il le faisait.
- Je… C'est… Je t'aime… beaucoup, okay?
- Beaucoup ?
Cette fois-ci, Stiles gémit. Il allait tout lui faire avouer, pas vrai ?
- Bon d'accord ! Je… t'aime… tout court ! Et je sais pas quoi faire, parce que c'est génial que tu aies retrouvé ta famille et tout, et que je comprendrais que tu veuilles les rejoindre pour de bon, mais ils habitent à New York et de pas savoir ce que tu vas faire ça me rend dingue ! Je sais que j'ai pas le droit de te demander quoi que ce soit mais… juste de savoir tes projets au moins j'arriverai à arrêter mon cerveau et surtout cette foutue fixation que j'ai sur toi, je sais que j'ai tendance à être surprotecteur avec tout le monde mais c'est encore pire quand j'ai aucune idée de ce qu'il se passe, ça me rend parano, alors si tu pouvais être cool et m'arrêter maintenant avant de me détester pour de bon je t'en serai éternellement reconnaissant ! Et tu…
La main de Derek remonta dans son cou, le bout de ses doigts grattant la lisière de ses cheveux derrière son oreille, lui coupant efficacement la parole. Son expression était légèrement amusée mais – oh – presque… tendre aussi.
- Pour un temps comme pour deux ou trois semaines, Stiles. Je veux pouvoir m'expliquer avec Cora, et m'occuper de toutes mes affaires que j'ai laissé en plan en partant. Comme mes comptes en banque, mes vêtements, mes livres… et ma voiture.
- … Et après ?
- C'est ce dont on a parlé avec Laura et Peter en revenant de la maison. On va la faire démolir pour de bon, parce qu'elle est vraiment devenue trop dangereuse. Et je vais en faire construire une nouvelle. Ton père m'a parlé de travailler au poste avec lui, et je pense que je vais prendre son offre.
Stiles écarquilla les yeux à la nouvelle. Derek faisait reconstruire… à Beacon Hill ? Il ne partait pas longtemps ? Et il voulait travailler ici – même s'il était déjà au courant de cette conversation, mais ça il ne pouvait pas le lui dire –, s'y installer définitivement ? Le soulagement l'envahit et il se détendit finalement, sa jambe s'immobilisant… au moins pendant quelques secondes.
Bien, ça répondait à sa question, ça il ne pouvait pas dire le contraire. Sauf que… Derek n'avait pas répondu à sa déclaration, alors qu'il lui avait pratiquement arraché les mots de la bouche ! C'était du sadisme ! Il comprenait mieux comment il avait pu travailler pour son oncle et – non, Stiles, ne surtout pas s'aventurer sur ce terrain de pensées-là. Son souffle s'accéléra de nouveaux alors qu'il se sentait rougir furieusement.
Derek sourit et posa sa deuxième main de l'autre côté de son cou, son pouce retraçant l'angle de sa mâchoire.
- Et puis, pour reprendre tes mots… Je t'aime tout court aussi. Avant que tu ne poses la question.
- … Ah ?
Ah ? Nan mais c'était quoi cette réaction à la noix ! Bon sang, le mec de ses rêves lui disait qu'il l'aimait lui aussi, et tout ce qu'il trouvait à répondre c'était AH ?!
Mais Derek se contenta de rire et se pencha pour presser son front contre le sien. Très bien. Stiles allait faire un arrêt cardiaque avant la fin de la soirée s'il continuait comme ça.
- Je pensais que tu t'en étais rendu compte, surtout après la nuit dernière… mais j'avais promis à ton père de ne rien faire tant que tu ne m'aurais rien dit. De manière claire et nette.
- Comment ça mon père ?!
- Tu es encore mineur, et il est Shérif. Evidemment que je lui ai parlé quand j'ai commencé à être certain de ce que je ressentais.
- Oh.
Ça se comprenait. Même s'il allait mourir de honte à l'idée que son père le savait depuis si longtemps et qu'il ne lui avait rien dit ! Pourquoi tout le monde avait voulu le pousser dans les bras de Derek sans être complètement clair ! Fallait lui dire les choses de manière précise à lui, sinon il se faisait des films !
Stiles avala nerveusement sa salive.
- Et… maintenant ?
- Maintenant, si tu es d'accord, je vais t'embrasser. Et quand j'aurai récupéré une carte bleue, je t'emmènerai au restaurant et au cinéma. Et lorsque tu repartiras au lycée… toujours si tu es d'accord… je pourrais t'emmener et venir te chercher de temps en temps. Comme ton petit-ami.
Alors là, il était absolument d'accord ! Plus que d'accord même ! Mon dieu, il imaginait déjà la tête des autres lorsque de Derek allait débarquer avec sa barbe et son sourire et ses muscles et ses yeux et sa sexy-adorable-attitude et… Et il avait bien commencé par lui dire qu'il allait l'embrasser ?
Stiles réussit à sortir un « ok » étranglé et un tout petit peu strident, et ferma les yeux. Il pouvait sentir Derek sourire un peu plus contre lui avant de finalement poser sa bouche contre la sienne, resserrant la prise de ses mains pour lui faire basculer légèrement la tête en arrière et avoir un meilleur accès. Le contact resta très léger et simple, mais Stiles pouvait sentir son pouls battre dans ses oreilles et leurs souffles se frôler. Maladroitement, il leva les mains pour les poser sur les côtes de Derek, et celui-ci le récompensa en pinçant sa lèvre inférieure, apaisant la sensation d'un petit coup de langue.
Le geste fit couiner l'adolescent et Derek recula légèrement, appuyant son nez contre le sien.
- Ça va ?
- Hmmm ?
L'esprit embué, Stiles bouda à l'arrêt soudain et se servit de son appui pour se pencher en avant et l'embrasser à son tour. L'autre l'accueillit avec un grondement, glissant une main sur sa nuque et l'autre dans son dos pour le ramener plus fermement contre lui. Il bascula en arrière pour s'allonger sur le canapé, et Stiles sursauta en se retrouvant couché sur sa poitrine. Immédiatement, Derek se tendit, nerveux.
- Trop vite ?
- Oh ferme-la…
Il se tortilla avec enthousiasme pour s'installer confortablement, ignorant les mains qui se crispèrent contre lui, et attrapa son visage pour continuer à l'embrasser. Stiles était conscient de son manque d'expérience – vaguement, dans le minuscule coin de sa tête qui n'était pas complètement obsédé par la sensation de la barbe contre sa peau – mais Derek semblait plus qu'heureux de le laisser faire, le guidant simplement lorsqu'il le sentait hésiter.
Stiles soupira en sentant la main dans son dos glisser jusqu'au creux de ses reins et recula lentement, le souffle court. Derek fit gratter ses dents le long de sa mâchoire pour aller caler son visage contre son cou, refermant sa bouche sur une parcelle de peau pour l'aspirer fermement. Le geste tira un couinement aigu à l'adolescent et son – tout nouveau – petit-ami le relâcha, calmant ses câlineries. Il se racla la gorge, fermant les yeux avec une grande inspiration.
- Bien, Peter et Laura ne devraient tarder à rentrer… j'aimerai autant éviter de subir les remarques de mon oncle.
- Oh ouais, c'est clair… Je l'aime bien, mais il est space !
- C'est une façon de dire.
Maintenant que la tension redescendait un peu, Stiles rougit furieusement en réalisant la position dans laquelle il se trouvait, à savoir complètement affalé entre les jambes ouvertes de Derek. Celui-ci sourit et s'étira brièvement pour presser ses lèvres contre les siennes avant de se rasseoir à côté de lui, un bras derrière ses épaules pour le garder contre lui. Content de voir qu'il ne s'écartait pas complètement pour faire comme si rien ne s'était passé devant leurs familles, Stiles se détendit à nouveau… avant de pousser un grognement et d'enfouir son visage dans le pull de Derek.
- Seigneur, Scott va être totalement insupportable quand je vais lui raconter…
...
Le Shérif Stilinski et les deux Hale revinrent au même moment – Stiles était persuadé qu'ils s'étaient attendus devant la porte pour faire une entrée théâtrale tous ensemble. Ils n'étaient même pas dans une position compromettante – merci Derek – en plus ! Ils regardaient la dernière saison de The Flash, en tout bien tout honneur. Ils étaient peut-être un peu près l'un de l'autre, mais ce n'était pourtant pas comme si c'était la première fois !
Pourtant, son père eut un sourire amusé en retirant sa veste et adressa un clin d'œil à Laura.
- Je vais sortir la bouteille de champagne. Vous pensez pouvoir en boire ?
- Oh, pour une occasion pareille, sans aucun problème !
- Papa !
Peter se contenta d'un sourire amusé en déposant les sacs de nourriture sur le sol pour se rapprocher d'eux. Derek se tendit immédiatement, mais son oncle l'ignora pour poser un doigt sous le menton de Stiles et lui faire tourner le visage. Un sifflement admiratif lui échappa.
- Eh beh, mon cher neveu, tu ne l'as pas raté.
Stiles vira au pourpre en réalisant qu'ils parlaient du suçon qu'il avait dans le cou. Autant pour la discrétion… Derek grogna et se cacha le visage d'une main, les oreilles rougissantes. Peter ricana et tapota la joue de Stiles en se redressant.
- Bien, on va manger tant que c'est encore chaud ! Et vu ce qu'on doit fêter, il vaut mieux que vous ayez l'estomac rempli avant de boire…
- Il n'y a RIEN à fêter !
- A d'autres fiston, depuis le temps qu'on attendait ça ! Et je dois vingt dollars à Scott… Honnêtement, je te donnais encore deux jours avant de craquer.
- Ce FAUX-FRÈRE ! C'est pour ça qu'il m'a mis la pression ce soir ! Et depuis quand tu paries avec mon meilleur-ami sur ma vie sentimentale hein ?
Le Shérif lui adressa un regard moqueur en faisant sauter le bouchon de la bouteille qu'il tenait.
- Ton absence de vie sentimentale, jusqu'à présent. Et puis, je suis prêt à lui donner cinquante dollars pour avoir réussi à te convaincre de bouger tes fesses. Je suis content pour vous deux. A force de vous voir vous tourner autour, j'allais finir par vous menotter tous les deux afin que vous vous expliquiez !
Stiles grogna et enfouit son visage contre l'épaule de Derek pour ne plus voir personne. Il sentit la main de son petit-ami – parce que oui maintenant il pouvait l'appeler son petit-ami – remonter sur sa nuque et dans ses cheveux en signe de réconfort et il se laissa un peu plus aller contre lui avec un soupir de bien-être. Ouaip. Son père pouvait être aussi pénible qu'il le voulait s'il avait droit à un traitement pareil à chaque fois…
Laura s'installa sur le fauteuil et tendit la jambe pour donner un coup de pied joueur dans la jambe de son petit-frère. Un sourire taquin étirait ses lèvres, mais elle avait l'air contente.
- Je comprends mieux toutes tes hésitations.
- Pitié, Laura…
- Pas de pitié pour les traîtres. Profite de câliner ton chéri, parce qu'on reprend l'avion dans deux jours. J'ai eu Cora au téléphone, et après la phase de bouderie elle est absolument furieuse et veut te frapper en personne. Et Malia est revenue de l'université, elle est entièrement de son côté.
Derek grimaça. Le Shérif et Peter installèrent rapidement les boîtes de chinois et les verres, et Stiles bouda un moment avant d'en accepter un – pour une fois que son père l'y autorisait ! Avec le sapin qui clignotait joyeusement dans le coin de la pièce, l'ambiance était bien plus apaisée que la veille. Même s'il savait maintenant qu'ils ne resteraient pas encore très longtemps… Il sortait avec Derek quoi ! Et il allait revenir !
Le chinois disparut rapidement – ainsi que la bouteille – et Stiles comatait à moitié à présent. Les autres parlaient architecte et permis de démolir, alors il avait rapidement décroché. Lui et Derek s'étaient légèrement écartés l'un de l'autre – les remarques moqueuses, ça allait bien deux minutes – mais l'homme avait posé une main sur ses genoux, juste une présence. Stiles s'amusait distraitement avec, glissant ses doigts le long des siens, lissant sa paume avec ses pouces, pinçant doucement ses phalanges.
Derek finit par replier doucement ses doigts, piégeant les siens et attirant son attention. Il le regardait avec amusement, un sourcil levé, mais ses oreilles étaient légèrement rouges.
- Ça va tu t'éclates ?
- Ouaip…
- Scott t'a épuisé ou quoi ?
Stiles haussa simplement les épaules, les yeux rivés sur leurs mains. Peut-être un peu… mais il avait surtout la sensation de s'être débarrassé des dernières tensions qu'il aurait pu encore avoir. Et avec l'alcool, il avait un peu la tête qui flottait. Il se laissa glisser un peu plus dans le canapé, l'épaule calée contre les côtes de Derek. Celui-ci secoua la tête et le bouscula gentiment.
- Va te coucher si t'es fatigué.
- Naaaan…
Pour être sûr de ne pas se faire dégager, Stiles accrocha une main dans le pull de Derek et appuya un peu plus son visage contre le haut de son bras. Le Shérif rit doucement devant son manège, les mains croisées sur son ventre pour digérer plus tranquillement.
- Dire que je désespérais de voir ça arriver un jour… Ces deux-là se tournent autour depuis que Stiles l'a ramené ici. Voir même avant de la part de mon fils. Vous n'imaginez même pas ce que j'ai pu endurer avant que vous n'arriviez…
- Si ça ressemble un tant soit peu au Derek qu'on a pu voir les deux derniers jours, je vous plains très sincèrement Noah.
Derek grogna et jeta un regard noir à son oncle, mais son bras se resserra autour des épaules de Stiles. Bien, au moins il n'allait pas recommencer à lui parler d'aller se coucher ! Dans son lit… confortable… étroit… et qu'ils partageaient tant qu'ils avaient des invités… Donc là maintenant que Derek savait et qu'ils sortaient ensemble, ils allaient… dormir ensemble…
La réalisation le frappa de plein fouet et Stiles sentit ses joues se mettre à brûler. Laura gloussa joyeusement – bien évidemment, ça n'aurait pas pu passer inaperçu, à croire qu'il était sous surveillance !
- Une pensée à nous partager, Stiles ?
- Non, rien du tout, merci bien. Sinon, une ou deux salles de bain dans la prochaine maison ?
Heureusement, sa question relança la discussion sur la construction et l'attention se détourna de lui. Très bien. Sauf que son imagination continuait à s'emballer ! Sérieusement, pourquoi est-ce qu'il s'était mis ça en tête hein ? Sa somnolence avait complètement disparu à présent, et il préféra attraper son téléphone et surfer sur les réseaux sociaux plutôt que de commencer à paniquer totalement…
...
La fatigue dut tout de même le rattraper puisque ce fut Derek qui le réveilla doucement, les doigts glissant sur son poignet et le nez pressé contre le haut de son crâne.
- Hey, cette fois faut vraiment que t'ailles te coucher là…
- Mmmmpff…
- Tout le monde est déjà parti. Et je commence à avoir des crampes.
Stiles bougonna encore un moment, frottant son visage contre le pull, pas vraiment décidé à ouvrir les yeux. Derek rit légèrement et se déplaça pour pouvoir l'embrasser sur la tempe.
- Allez.
- Michaaant…
- Je peux dormir sur le canapé si tu veux.
- Hein ?
Pour le coup, Stiles se réveilla correctement et se redressa. Derek haussa les épaules, les joues roses.
- C'est bien ça que t'avais en tête tout à l'heure non ?
- Comment tu… non, en fait, m'en fous. Tu dormiras pas sur le canapé, c'est clair ? Juste…
- Je ne vais pas te sauter dessus.
- Mais on peut faire des câlins ?
Derek avala visiblement sa salive mais acquiesça. Stiles fut le premier à passer à la salle de bains et à se glisser dans le lit, remontant la couette jusqu'à son menton pour se protéger du froid – maintenant qu'il n'avait plus sa bouillotte personnelle sous lui, la température ambiante lui rappelait clairement que c'était l'hiver et qu'il avait neigé il n'y avait pas si longtemps. L'autre le rejoignit rapidement, s'installant confortablement…
… mais à quelques centimètres de lui, presque incertain. Stiles esquissa une moue boudeuse et le fusilla du regard.
- Tu m'as promis des câlins, et tu es trop loin pour ça.
- Tu es sûr ?
- Derek. Franchement. On a déjà fait ça hier soir et tu ne faisais pas autant de manières. Viens là.
Cette fois-ci, Derek rit doucement et se détendit un peu plus, glissant jusqu'à ce que son épaule touche la sienne. Stiles laissa échapper un grognement, attrapa son T-shirt pour le tirer encore plus vers lui et soupira lorsqu'enfin un bras se glissa autour de ses hanches. Derek frotta son nez contre sa joue avant de l'embrasser doucement. Utilisant la prise sur son bassin, il les fit basculer tous les deux jusqu'à ce que ce soit Stiles qui soit allongé sur sa poitrine plutôt que l'inverse. Ce qui ne dérangeait absolument pas le principal intéressé.
D'ailleurs, Stiles gigota un instant pour se mettre plus à l'aise, une jambe par-dessus celle de Derek et le visage calé dans son cou. Il pouvait sentir la barbe frotter contre son front comme chaque inspiration le faisait bouger, et il grogna en pensant à la marque rouge qu'il allait certainement avoir le lendemain matin.
La main de Derek se mit à monter et descendre dans son dos, lui tirant un petit gémissement de bien-être.
- Ouais, beaucoup mieux…
- Vraiment ?
- Humhumm…
- Tu vas t'endormir dans la seconde, pas vrai ?
Pour le punir de son ton amusé, Stiles mordit la clavicule sous son nez. Il n'était pas un bébé à ce point, bon sang ! Derek tressaillit à la brève douleur avant de rire et de se tordre le cou pour rendre la morsure sur le haut de l'oreille de l'adolescent. Stiles glapit, et ils luttèrent un instant sous les couvertures en riant, à coups de dents joueurs.
Derek finit par l'épingler au matelas, une main maintenant son poignet contre l'oreiller, l'autre refermée sur sa taille nue – son pyjama était remonté pendant la bagarre – et mordillant le bout de son nez…
… Lorsqu'on frappa à la porte et que la voix du Shérif s'éleva.
- Boys, comme je l'ai déjà dit plus tôt, je suis vraiment très content pour vous… mais je vous préviens, si j'entends encore le moindre bruit un peu trop fort sortant de cette chambre, Derek finit sur le canapé, la porte d'ici fermée à clé et mon arme de service sous mon oreiller. Je suis clair ?
Derek rougit violemment et appuya son front contre le sternum de Stiles, alors que celui-ci poussait un gémissement désespéré.
- P'paaa…
- Vous êtes toujours habillés j'espère.
- Oui, bon sang !
- Si je rentre maintenant, je vais conserver la vue ?
- Va-t'en ! Va dormir ! Bonne nuit !
- … Bonne nuit Shérif.
Noah rit dans le couloir, mais aussitôt ils entendirent ses pas s'éloigner. Derek relâcha sa prise sur son poignet et se laissa tomber sur le côté – mais gardant toujours sa deuxième main sur le flanc nu de Stiles. Celui-ci boudait sérieusement à présent. Maintenant qu'il était enfin avec Derek, que tout le monde les avait charriés pendant toute la soirée, dès qu'il essayait d'être un tout petit peu plus proche de son copain il fallait que son père vienne jouer les rabats-joie !
Le pouce de Derek dessina un cercle sur sa peau, ramenant son attention sur lui.
- Ton père a raison. Il est tard. On devrait dormir.
- Humpf… j'ai le droit de profiter un peu de toi avant que tu repartes d'abord !
- Ssshhhh…
Cette fois-ci, Derek se redressa sur un coude pour pouvoir l'embrasser. Très doucement, il picora ses lèvres deux, trois, quatre fois, jusqu'à ce que Stiles soupire et se détende définitivement, accrochant ses mains derrière son cou pour le garder proche. Derek appuya son nez contre le sien, souriant alors qu'il glissait ses doigts dans ses cheveux. L'adolescent laissa échapper un petit bruit de contentement, les yeux toujours fermés.
- Ça va ?
- Moui…
- Je vais revenir aussi vite que possible. Et je vais me racheter un téléphone dès que j'arriverai à New York.
Il avait plutôt intérêt, parce que de toute façon il connaissait le numéro de son fixe là-bas donc il allait le harceler si jamais il ne donnait pas de nouvelles… Un bâillement incontrôlé lui échappa et Derek rit doucement, l'embrassant sur le front.
- Dors.
- Mais…
- Je suis encore là demain.
C'était un bon argument. Stiles le considéra encore quelques secondes, mais Derek s'était rallongé et l'avait tourné vers lui, de sorte que son épaule lui serve d'oreiller. C'était une bonne position, aussi, en y réfléchissant bien. L'adolescent accrocha une main à son T-shirt et se blottit un peu plus contre son petit-ami, souriant mollement quand il sentit sa main se remettre à caresser son dos.
Il s'endormit presque aussitôt.
Tadaaaaam ! Des câlins ET des bisous cette fois-ci ! Et ça va, Peter aura pas été trop méchant...
Plus que 2 chapitres et l'épilogue... donc on se voit la semaine prochaine !
