Oops, je suis un peu en retard... mais on est toujours samedi ! Mais j'étais moins préparée...

On approche tout doucement de la fin ! Encore un chapitre après celui-là, puis l'épilogue... j'espère que ça vous plaira !


Contrairement aux dernières fois où ils avaient dormi ensemble, Derek était toujours dans son lit lorsque Stiles ouvrit les yeux. Ils avaient dû se séparer pendant la nuit, parce qu'il le regardait allongé sur le côté, la tête soutenue par une main. Il ne souriait pas, mais ses yeux étaient encore un peu endormis et très doux. Stiles se sentit rougir et grogna en enfouissant son visage dans son oreiller.

- Arrête ça…

- Bonjour à toi aussi.

La voix était un peu rauque, moqueuse, mais la main de Derek glissa sur son bras comme pour se faire pardonner. Ça allait d'ailleurs devenir problématique s'il laissait tout passer juste pour une câlinerie… Stiles soupira et se tourna vers son petit-ami avec une moue boudeuse. Le réveil indiquait clairement huit heures du matin, soit beaucoup trop tôt pour un jour de vacances.

Derek gloussa et enroula un bras autour de sa taille pour l'attirer contre lui, frottant son nez contre sa tempe avec un petit soupir.

- Tu veux dormir encore ?

- Hmm…

- Je vais me lever. Je dois aller acheter un sac pour mes affaires. Tu veux venir avec moi ?

L'idée réveilla un peu plus Stiles et il releva la tête du cou où il se cachait avec plaisir.

- Faire les magasins ? Tous les deux ?

- Juste me chercher un sac. Mon oncle m'a avancé de l'argent sur mon dernier salaire.

- Mais que nous ?

Derek haussa vaguement une épaule, mais le coin de ses lèvres s'étirait dans un sourire amusé.

- C'était un peu l'idée. Mais si tu préfères dormir un peu plus…

- Nan nan ! Je veux venir !

Cette fois-ci, Derek laissa échapper un grand sourire qu'il s'empressa de cacher en embrassant son épaule, par-dessus son T-shirt. Stiles plissa les yeux. Ce sale type lui avait délibérément tendu un piège pour l'obliger à quitter son lit délicieux aussi tôt en sachant pertinemment qu'il ne pourrait pas refuser. Ça méritait clairement une vengeance. Plus tard. La vengeance était un plat qui se mangeait froid. Et… pour l'instant il était encore bien trop confortable pour cela.

Mais Derek en avait décidé autrement. Il fit remonter son nez le long de sa gorge, embrassa l'angle de sa mâchoire... et se redressa pour s'asseoir au bord du matelas, faisant rentrer un vent d'air froid sous la couette. Stiles poussa un glapissement strident, jura et jeta son oreiller à la tête de l'autre qui riait comme une baleine.

- Tricheur ! Tortionnaire !

- Je prends la salle de bains en premier. Dépêche-toi si tu ne veux pas que Laura te pique la place après.

Stiles se releva sur les coudes pour le fusiller du regard, mais Derek lui adressa simplement un rictus en refermant la porte de la chambre derrière lui. Ce sale traître… Mais bon, il fallait bien qu'il reconnaisse que pouvoir avoir une journée rien que tous les deux – parce que oui, s'il allait au centre commercial avec Derek, il avait bien l'intention de le faire durer le plus longtemps possible – avant son départ, ça valait bien un ou deux sacrifices.

A contre-cœur, Stiles se traîna hors du lit pour descendre déjeuner. Son père, en uniforme, haussa un sourcil surpris en le voyant debout si tôt.

- T'es tombé du lit ?

- Grmpf…

- Décidément, Derek va avoir une excellente influence sur toi. Il pourrait vite devenir mon préféré.

- T'habitues pas trop hein !

- Oh je n'oserai pas en rêver…

L'adolescent lui jeta un regard sombre, mais le Shérif se contenta de rire en lui tapotant l'épaule et en sortant de la cuisine. Voilà, qu'il parte ! Il avait du travail qui l'attendait, au lieu de martyriser son pauvre fils ! Même Peter et Laura n'étaient pas encore levés – ou du moins, ils n'étaient pas en vue. Stiles en profita pour s'accorder un Pop-tart en guise de petit-déjeuner. Comme il était tout seul, il ne risquait rien à aller en piocher un dans sa cachette secrète…

Derek revint de la salle de bain alors qu'il déjeunait tranquillement, les cheveux encore humides de sa douche. Il sourit en le voyant mordre plus férocement dans sa pâtisserie, mais se contenta de s'asseoir face à lui avec son café. Le silence s'installa, seulement perturbé par les mastications de Stiles et le sirotement de Derek. Stiles avait prévu de bouder un plus longtemps, juste pour le punir de la façon dont il l'avait laissé en plan au réveil…

… Mais il finit par enrouler ses pieds autour d'une de ses chevilles sous la table, le nez toujours baissé vers son repas passionnant. Derek sourit un peu plus et appuya son deuxième pied contre les siens, finissant d'entremêler leurs jambes.

Revigoré par leur petit échange, Stiles se dépêcha de finir de manger et se rua dans la salle de bains. Il n'allait certainement pas laisser le temps aux deux autres Hale de mettre la main sur son petit-ami et contrecarrer leurs plans ! Il choisit soigneusement son meilleur jean et son pull le plus beau – et chaud aussi, fallait pas oublier que c'était l'hiver. C'était leur premier rendez-vous quoi !

Visiblement, Derek était aussi pressé que lui, parce que dès que Stiles fut prêt il l'entraîna dehors, jetant un rapide « A plus tard ! » à sa sœur et son oncle. Ils avaient pris la Jeep, Stiles au volant, non pas qu'il ne faisait pas confiance à Derek hein… même s'il n'avait pas touché un volant depuis des mois… on ne savait jamais…

Il n'y avait pas beaucoup de monde au centre commercial. Premièrement, la vague de retours et d'échanges de jouets était déjà passée. Ensuite, il était vraiment tôt. Certaines enseignes étaient encore en train de relever le rideau de fer qui protégeait leurs vitrines. Derek avait noué ses doigts aux siens dès leur descente de la Jeep, l'air de rien, indifférent au regard des quelques personnes âgées déjà là pour faire leurs courses. Ce qui n'avait absolument pas dérangé Stiles !

Il n'y avait qu'un seul magasin de bagagerie dans la galerie, ce qui simplifiait beaucoup les choses. Stiles s'approcha d'une sacoche, curieux… et s'étrangla immédiatement devant le prix à presque trois chiffres. Pour un petit sac quoi ! Qu'est-ce que ça allait être pour un sac de voyage – même si d'accord, Derek n'avait pas non plus accumulé une montagne de choses depuis qu'il était là !

- T'inquiètes, c'est Peter qui paye. Et… on a les moyens.

- Donc t'as carte blanche avec sa carte bancaire ?

- Dans la limite du raisonnable, bien sûr.

- Et le raisonnable, pour toi, c'est… ?

Derek se contenta d'un petit sourire en coin.

Au final, le raisonnable s'avéra être une séance de cinéma, un repas au restaurant et l'achat d'une grosse peluche de loup – « c'est ton cadeau de Noël en retard. Et comme ça tu penseras à moi quand je serai à New York ». D'ailleurs, Derek avait rougi en marmonnant sa dernière phrase. Stiles avait catégoriquement refusé de lâcher l'animal tout doux de tout l'après-midi.

Dès qu'il avait commencé à y avoir un peu trop de monde à son goût, Derek l'avait emmené dans un coin moins fréquenté de la ville, dans un tout petit café qui faisait le meilleur moka à la cannelle que Stiles ait jamais bu. Avec des pâtisseries à la noisettes absolument divines – désolé, Mrs Pastry. Et maintenant, il était confortablement calé dans l'une des banquettes en cuir vieilli, grignotant son dernier gâteau avec la tête appuyé contre l'épaule de Derek.

Celui-ci sourit doucement et glissa un bras derrière son dos, juste pour pouvoir le pousser un tout petit plus contre lui – et Stiles allait très vite s'habituer à son côté un peu surprotecteur.

- Donc ça valait le coup de se lever plus tôt ?

- Mmm carrément. Pas envie de rentrer.

Derek appuya son nez contre le haut de son crâne en un « moi non plus silencieux ». Ils étaient ensemble depuis tout juste 24 heures, alors ils avaient bien le droit d'en profiter un maximum ! Pour la peine, Stiles se tortilla pour pouvoir l'embrasser à l'angle de la mâchoire – un peu timidement malgré tout, ce n'était pas évident d'avoir un tel geste d'affection en public. Derek sourit un peu plus, amusé.

- Tu m'as mis des miettes partout dans la barbe, pas vrai ?

- Ouaip.

- Sale gosse.

Il se dégagea juste assez pour pouvoir frotter sa joue avec un grognement. Stiles déglutit et se sentit rougir. D'accord. Si Derek l'avait vraiment regardé comme ça depuis un certain temps comme le disait Scott, et qu'il avait réussi à ne pas le voir… Il comprenait mieux la frustration de son meilleur ami. C'était un mélange d'amusement, d'un peu d'irritation, et beaucoup de tendresse. Merde, ils avaient perdu un sacré temps en fait…

Sa poitrine se serra un peu et il enroula nerveusement ses doigts dans le bas de son pull, fixant sa tasse vide.

- Vous décollez à quelle heure demain ?

Le coin des lèvres de Derek se crispa légèrement. Il avala une gorgée de son café avant de soupirer.

- Huit heures.

- C'est tôt…

- Laura ne voulait pas rentrer trop tard, vu la discussion qu'il va falloir avoir avec Cora.

- Ouais, vu comme ça… J'imagine qu'il va falloir pas qu'on tarde trop, si tu as tes affaires à préparer.

- Y a rien qui presse.

Mais sa voix n'était même pas convaincue. Stiles s'en voulut immédiatement d'avoir ramené le sujet sur le tapis. Ils avaient discuté d'autre chose pendant toute la journée, en plaisant et en se chamaillant comme ils le faisaient déjà avant, et en plus il venait de dire qu'il ne voulait pas revenir à la maison à peine deux minutes plus tôt. Vraiment crédible… Il ramena sa tasse vers lui, faisant tourner son fond de boisson d'un air un peu boudeur.

Derek glissa sa main sous son pull pour aller gratter doucement la peau fine de son dos.

- Hey.

- Quoi ?

- Ça va aller.

Avant de lui laisser le temps de protester – d'ailleurs, Stiles n'allait même pas protester d'abord, c'était lui qui était allé chercher son cul appétissant dans la rue et qui s'était déclaré le premier, il n'allait pas le laisser s'échapper – il se pencha pour l'embrasser légèrement. Stiles fondit aussitôt, les joues rougissantes – il n'y avait pas grand monde dans le café mais quand même ! Un petit grognement de déception lui échappa lorsqu'ils se séparèrent et Derek rit doucement. L'adolescent rougit encore plus.

- Abuse pas trop non plus !

- J'en profite tant que je peux avant que tu ne t'y habitues trop.

Ouais, comme s'il pouvait un jour s'habituer à ça… mais il allait pas non plus se plaindre. Ils finirent leur café tranquillement, mais c'était clair que leur petite ballade était finie. Stiles soupira en remontant dans la Jeep, Derek toujours côté passager. Il faisait déjà nuit dehors, même s'il était à peine six heures du soir, et le trajet se fit en silence. Même pas de radio. Ce n'était pas que Stiles n'avait pas envie de voir son père, Peter et Laura… bon, peut-être un peu. Mais il voulait encore profiter !

Pourtant, lorsqu'ils se garèrent, Derek ne fit aucun geste pour sortir de la voiture. Au contraire, dès que Stiles détacha sa ceinture, il l'attrapa par le poignet pour le tirer vers lui, un sourcil levé d'un air quémandeur – oui, les sourcils de Derek pouvaient être quémandeurs. Et convaincants.

Un peu surpris quand même, Stiles se contorsionna pour se retrouver assis à califourchon sur les cuisses de son petit-ami, le haut du crâne assez inconfortablement pressé contre le revêtement du toit. Derek esquissa un sourire en coin malicieux.

- Juste encore un peu ?

- Oh god ouais, j'espérais que tu dirais ça…

Il noua ses mains derrière sa nuque et l'embrassa avec enthousiasme, accueillant avec un petit grondement satisfait les mains sur ses hanches et la langue contre la sienne. Bien, ce n'était pas parce qu'ils étaient juste devant la maison qu'ils devaient forcément rentrer tout de suite. Et tant pis s'ils se faisaient charrier toute la soirée… Un moment comme ça, ça en valait clairement le coup !

...

Par contre, le lendemain, Stiles haïssait définitivement son réveil. Non pas qu'il dormait encore, hein. Derek était enroulé dans son dos, un bras autour de sa taille et l'autre glissé sous l'oreiller. Son doigt tapait contre sa hanche depuis un moment, signe qu'il ne dormait plus non plus. Quelqu'un tapa à la porte et le Hale grogna, enfouissant son visage dans le cou de Stiles.

- J'arrive.

Il n'y eut aucune réponse, mais ils entendirent des pas s'éloigner – des talons, sans doute Laura. Derek soupira une dernière fois avant de se redresser et de s'asseoir au bord du lit. Stiles roula sur le dos en silence pour pouvoir le regarder. Derek n'essaya même pas de lui sourire, se contentant de glisser une main dans ses cheveux pour les repousser de son front.

- Tu n'es pas obligé de venir. Tu peux rester au lit.

- C'est ça ouais, t'y crois.

Cette fois-ci, il réussit à lui arracher un souffle amusé alors qu'il se levait. Son sac tout neuf était presque prêt, juste à côté de la porte. Le Shérif lui avait proposé de laisser ici quelques unes de ses affaires, comme il avait déjà le nécessaire à New York. Au moins, Stiles n'aurait pas trop l'impression qu'il avait totalement disparu…

Ils se préparèrent sans échanger un mot. Noah les attendait dans la cuisine, une tasse de café à la main. Stiles haussa un sourcil surpris en le voyant en tenue de ville, pas en uniforme, mais son père se contenta de sourire doucement.

- Je me suis débrouillé pour commencer plus tard aujourd'hui. C'est moi qui vais te conduire.

Pour toute réponse, Stiles le serra dans ses bras. Il n'avait vraiment pas envie de reprendre la route tout seul une fois les Hale embarqués à bord de leur avion… Derek le remercia d'un hochement de tête, les lèvres serrées. Peter et Laura descendirent les escaliers à ce moment-là, leurs sacs en main, et un sourire un peu soulagé aux lèvres. C'était dur de leur en vouloir, ils rentraient chez eux, avec Derek, mais… ouais, Stiles leur en voulait quand même un peu.

Laura secoua la tête devant leurs mines d'enterrement.

- Vous allez survivre, les garçons, c'est bon. Tu n'as qu'à monter avec eux jusqu'à l'aéroport Der-bear, on aura six heures de vols pour te préparer à affronter Cora.

- Tu te ramollis, Laura…

Derek lança un regard noir à son oncle et le bouscula en récupérant les sacs pour les porter aux voitures, marmonnant dans sa barbe. Laura leva les yeux au ciel avant d'enrouler ses bras autour des épaules de Stiles et d'embrasser sa joue pour le saluer.

- Fais pas attention, mon frère est un nounours en marshmallow. Faut lui accorder sa dose de câlins par jour, sinon il devient grognon… et vu que c'est nous qui allons devoir le supporter, autant la lui donner tout de suite.

- Hum…

- Oh seigneur, tu es comme lui c'est ça ?

Le Shérif rit devant l'expression dépitée de la jeune femme alors que Stiles rougissait furieusement. Il ne pouvait pas savoir, lui, vu que dès qu'ils se mettaient ensemble l'univers entier se liguait pour les séparer ! Parce que sinon, il se portait volontaire pour lui donner son quota de câlins tous les jours, hein.

En attendant, il avait déjà Derek juste avec lui – et son père mais bon, c'était pas pareil – dans la voiture, c'était mieux que rien. Ils s'étaient tous les deux installés à l'arrière, leurs mains jointes sur la banquette entre eux. Le pouce de Derek tapait en rythme contre les phalanges de Stiles alors qu'il regardait la route défiler par la fenêtre, les mâchoires serrées. L'adolescent finit par resserrer sa prise sur ses doigts pour attirer son attention, haussa un sourcil et articula un « ça va ? » silencieux.

Derek soupira et esquissa un rictus un peu désolé.

- Je n'aime pas particulièrement l'avion. Et je redoute Cora.

- Si jamais elle essaie seulement de t'abîmer, tu peux lui dire que je vais venir lui rendre ses coups de pieds au centuple !

Il lui adressa un regard peu convaincu – en même temps, si toute la famille redoutait la crise de la cadette, il n'était pas très crédible – mais finit par sourire avec amusement et se pencha pour presser un baiser rapide sur ses lèvres. Stiles grogna en jetant un rapide coup d'œil à son père – très, très concentré sur la route – avant de se détendre et de poursuivre sa bouche, juste pour avoir un bisou de plus. Derek le laissa faire avec plaisir, frottant ensuite son nez contre sa joue.

Ils ne dirent plus rien le reste du trajet. De toute façon, Stiles était persuadé que sous ses airs innocents, le Shérif avait les oreilles grandes ouvertes, et puis il pouvait sentir la tension familière de son hyperactivité fourmilier sous sa peau. Il se contenta de se blottir – autant que sa ceinture de sécurité le lui permettait – contre son petit-ami, profitant des caresses sur ses bras et son dos. De toute façon, ça semblait aussi bien calmer ses tremblements que ceux de Derek, alors c'était tout bénef.

Un petit geignement de contrariété lui échappa lorsque son père se gara sur le parking de l'aéroport. Peter et Laura devaient rendre la voiture de location et les rejoindre en suivant à l'entrée du terminal. Résultat, Stiles boudait en se balançant sur ses talons, les mains enfouies dans la poche ventrale de son sweat, pendant dans Derek vérifiait encore une fois qu'il avait bien son passeport – que sa sœur lui avait rapporté.

- Tu m'appelles quand vous arrivez, hein ?

- Je t'enverrai un message, promis. De toute façon, Laura a enregistré ton numéro dans son portable, et ne pense pas que je ne t'ai pas vu glisser tous ces morceaux de papier un peu partout dans mes affaires.

Stiles haussa les épaules. Il n'avait pas non plus spécialement cherché à être discret. Mais c'était un moyen comme un autre d'être sûr que Derek avait bien son numéro de portable pour pouvoir le contacter ! Parce que bon, même si lui avait les numéros de Peter et de Laura… il avait un peu peur des retombées si jamais il les harcelait un peu trop pour avoir des nouvelles de son petit-ami.

Avec un soupir, Derek laissa son sac tomber à ses pieds pour poser ses mains sur ses hanches et l'attirer vers lui, posant son front contre le sien.

- Je ne pense pas pouvoir appeler ce soir. Ça va prendre du temps de calmer Cora et Malia, et de m'excuser. Mais je te jure que dès demain matin, je m'occupe de me procurer un nouveau téléphone, et tu pourras m'inonder de sms.

- T'y répondras ?

- Peut-être pas à tous s'il y en a trop.

Ce qui était quasiment certain d'arriver… merde, Derek commençait vraiment à bien le connaître. Stiles bougonna un peu, mais enroula ses bras autour de sa taille et cacha son visage dans son cou. Il sentit l'autre lui rendre son étreinte et appuyer son menton contre sa tempe. Son souffle lui chatouilla l'oreille alors qu'il murmurait.

- Ton père est toujours là, tu sais ?

- M'en fous. Laisse-moi profiter encore d'abord. Je lui infligerai ma déprime intense bien assez tôt.

- Deux semaines. Trois maximum. Tu auras repris les cours, ça t'occupera. Et tu as Scott.

- Hummf, c' pas pareil.

- Dis-toi que ça ne pourra pas être pire que pour moi.

Vu comme ça… Stiles tourna légèrement la tête pour déposer un léger baiser réconfortant sur l'os de sa clavicule. Derek frissonna légèrement et resserra la prise sur ses hanches. Oh. Intéressant. Il ne pensait pas découvrir un point sensible aussi vite. Pourquoi est-ce qu'il devait partir, déjà ? Il était un adolescent en plein forme, bien sûr qu'apprendre quelque chose comme ça allait lui donner envie d'en savoir plus !

Un gémissement de dépit lui échappa quand Derek s'écarta, mais il rangea rapidement ses mains pour lui en voyant Laura et Peter s'approcher d'eux. Casseurs d'ambiance… Le Shérif, qui s'était un tout petit peu éloigné pour examiner le tableau des vols, revint lui aussi dans les environs. Cette fois-ci, le départ était vraiment imminent.

Stiles pensait qu'il était prêt à le voir partir. Vraiment. Il le savait depuis des jours, et puis Derek allait revenir. Il lui avait promis, il avait laissé son pyjama et ses affaires de toilette chez eux. Il avait promis de l'appeler aussi. Et pourtant, il pouvait sentir la panique lui nouer la gorge au fur et à mesure que les autres se rapprochaient, comme s'ils allaient l'étouffer. Sa respiration s'accéléra alors qu'il pouvait sentir une sueur froide se former dans son dos…

Deux mains chaudes se refermèrent autour de sa mâchoire et Derek l'embrassa fermement, coupant court à son début d'hyperventilation. Stiles sentit tout son corps se ramollir et sa panique se calmer presque immédiatement. Le contact de leurs lèvres ne dura pas très longtemps, mais Derek laissa ses mains là où elles étaient, plongeant son regard dans le sien.

- Hey. Pas de ça.

- Mais…

- T'es venu me chercher dans une foutue tempête, Stiles. Alors, ça, à côté, c'est rien du tout.

Pas faux. C'était ridicule. Stiles se força à inspirer profondément, bloquant l'air dans ses poumons pendant cinq secondes avant d'expirer. La main de son père qui se posa sur son épaule, stable et réconfortante, l'aida à se calmer un peu plus et à ne pas repartir en crise lorsque Derek le lâcha. Laura esquissa un petit sourire et attira l'adolescent dans une étreinte, embrassant doucement sa joue.

- Allez, vous vous revoyez bientôt. Et puis, tu peux être sûr que nous aussi on reviendra souvent dans le coin. Ce n'est pas un adieu. Attends un peu que Cora te mette la main dessus, je suis sûre qu'elle voudra te dire deux mots aussi.

Stiles lui jeta un regard un peu craintif. C'était une menace ça ou pas ? Peter ricana et lui tendit la main pour la serrer – dieu merci, il n'était pas sûr de survivre à un câlin avec lui.

- On va bien prendre soin de lui. Et je m'assurerai qu'il revienne correctement préparé, cette fois. On a du matériel en trop, au donjon.

- C'est bon, on a compris Peter.

L'homme se contenta de rire au ton agacé de Derek et au regard noir du Shérif. Il avait réussi à faire rougir Stiles, c'était le principal. Laura jeta un rapide coup d'œil à sa montre et reprit sa valise de cabine.

- Il va falloir qu'on rejoigne notre porte d'embarquement. Sois un gentil garçon, Der-bear, dis merci et au revoir.

Derek grogna au ton trop enjoué de sa sœur, mais serra la main de Noah avec un vrai sourire reconnaissant.

- Encore merci pour tout ce que vous avez fait, Shérif.

- Pas de problème, garçon. Dès que tu as les papiers dont on a parlé, envoie-les-moi, je commencerai ton dossier avant ton retour.

- Entendu.

Derek se tourna ensuite vers Stiles. C'était plus difficile maintenant qu'il y avait tout le monde autour d'eux, alors il se contenta d'un petit sourire, ses doigts frôlant les siens à côté de sa hanche sans vraiment les saisir.

- Je t'envoie un message en arrivant. Et j'appelle demain.

- T'as plutôt intérêt.

- Promis.

Stiles ouvrit à nouveau la bouche pour continuer leur discussion – juste encore un peu, deux minutes, c'était pas la fin du monde – mais la prise de son père sur son épaule se resserra et le tira légèrement en arrière, alors que Derek se penchait pour récupérer son sac. Il lui adressa un dernier signe de la main un peu crispé, avant de se faire pousser par son oncle vers les portiques de la douane.

Le Shérif Stilinski en profita pour entraîner doucement son fils vers le parking. Celui-ci renifla légèrement en s'installant sur le siège passager, les mains jouant déjà avec son téléphone même s'il savait qu'il ne recevrait rien avant plusieurs heures. Mais il était hors de question qu'il pleure, bon sang, il n'était pas une gamine de douze ans ! Son père démarra avec un soupir, frottant sa nuque d'une main.

- Eh bien, ça va être très calme maintenant à la maison…

- Humhum.

- Au moins, ça te fait un bon entraînement en attendant qu'il reconstruise son chez-lui. Et qu'il reparte travailler. Tu as réussi à faire sans lui pendant dix-sept ans, je pense que tu survivras vingt-et-un jours.

Stiles se contenta de bouder. C'était pas pareil ! Mais Noah leva les yeux.

- Je savais bien que tu serais une vraie dramaqueen… C'est d'ailleurs pour ça que je te dépose chez les McCall en rentrant.

Le ton complètement décontracté et l'attention réussirent à arracher un petit rictus amusé à l'adolescent.

- Tu préfères que ce soit Scott qui me supporte en ce moment, avoue-le.

- Exactement. Ce petit morveux n'avait qu'à pas tricher pour me soutirer mes vingt dollars. Tu peux même dormir là-bas ce soir, je t'en prie.

Cette fois-ci, Stiles éclata de rire si fort que les larmes lui montèrent réellement aux yeux. Il adorait son père. C'était exactement ce dont il avait besoin. Passer la journée avec son meilleur ami, et ne pas rentrer se coucher dans son lit qui devait encore sentir le parfum de Derek. Le nœud dans sa poitrine se détendit et il déverrouilla son téléphone pour prévenir Scott de son arrivée imminente. La réponse arriva à peine une minute plus tard.

De : Scotty-chou

La trilogie Batman et la glace menthe pépites de chocolat t'attendent.

A : Scotty-chou

T'es le meilleur


Bah voilà, Derek est parti... mais promis il revient vite ! On se retrouve samedi prochain !