Bonjour, bonjour !

Euh...Et bien... je m'excuse infiniment pour cet horrible retard ! D'autant plus qu'avec la rentrée et mon déménagement à venir (parce que oui Maha a accepté d'exaucer mon voeux, j'ai un appart, tout petit et tout mignon), le rythme de parution risque de ne pas être très régulier, même si j'essaierai de publier un chapitre au moins toute les deux semaines et si le rythme n'est pas tenable, je publierais au moins un chapitre par mois. Sur mon profile, je mettrais régulièrement l'état d'avancé des chapitres si vous souhaitez savoir où j'en suis, voilà, voilà :) Alors maintenant merci à ceux lisent, qui suivent et qui m'ont laissé une review, vous comblez de joie la toute petite auteure que je suis ! Place au chapitre qui n'est pas très long, c'est surtout une petite transition.

Bonne lecture !


Nous avions quitté Orange Town dans l'après-midi. Même si nous n'avions pas eu le temps de faire le marché, Fukumi nous avait donné de quoi tenir pour une semaine. Puisqu'il y avait cinq couchages dans le bateau tous dans la même pièce, les problèmes de lit ne se posaient pas, mais il faudrait vite changer de bateau, nous le savions. C'est pour cela que nous étions tous les trois sur le pont à regarder les étoiles et à discuter de la manière que nous allions utiliser pour renflouer rapidement nos caisses. On grelottait un peu en raison du temps froid, mais la vision nocturne nous ravissait.

- On pourrait faire lancer l'abordage sur un bateau de touristes... Dis-je.

- Ou sur un bateau de nobles. Rajouta Ace.

- C'est pas les mêmes ? Faut de l'argent pour faire une croisière quand même...Dit Judicaël en feuilletant un livre de navigation qu'il avait récupéré on ne sait où.

- Peut-être...Ajoutais-je distraitement.

- Ou sur d'autres pirates ? Voir même, des marines ? Proposa Jud'.

- Faut voir. Ajouta notre capitaine. De toute manière en y réfléchissant bien, c'est peut-être pas l'idée du siècle.

- Ah ? Mais, on est des pirates. Des pirates ne vont pas aller faire un crédit pour avoir de l'argent si ? Dis-je franchement sceptique.

- On ne peut pas attaquer un bateau, on est en infériorité numérique, faut qu'on trouve d'autres nakamas sur la prochaine île. Et non, Maha, on ne va pas faire un crédit. Ajoute Ace en piochant dans le paquet de bonbons.

- Alors on fait quoi ? On vole sur la prochaine île ?

- Je pense, oui. T'en penses quoi Jud' ?

- On a pas trop le choix.

Ace se leva brusquement, faisant sursauter Jud' reparti dans sa lecture.

- Bon, affaire importante, qui cuisine ce soir ?

Je me retins à peine de faire une grimace. Jud' leva la main alors que je lui fis un signe de tête pour le remercier. Je n'avais jamais aimé cuisiner, mais mon ennemi numéro un restait tout de même la vaisselle.

- Très bien Maha, tu feras la vaisselle. Ajouta mon capitaine.

- Hein ? Mais pourquoi pas toi ?

- Mais je t'aiderais, j'essuierais.

- On ne peut pas échanger ?

Il me fit non de la tête en souriant, il était ravi de son action.

- C'est bien ce que je dis, y avait que le diable ce jour-là...râlais-je.

Ace me mit une main sur l'épaule comme pour me consoler faussement, alors que Jud' m'adressait un regard d'incompréhension. Je sentis vaguement ma main me démangeait avant de me rappeler que non, frapper son capitaine même s'il le méritait, ce n'était pas envisageable.

[…]

On avait décidé de mettre le cap sur une nouvelle île, l'île de Turrialba. Son climat était plutôt froid comme la majorité des îles d'East Blue en cette période, j'étais partie sans manteau et n'en avais toujours pas acheté. Jud' avait eu la gentillesse de me donner un de ses pulls, beaucoup trop grand pour moi bien évidemment. Ace y avait eu aussi le droit car il n'avait lui aussi que son horrible chemise jaune fluo en deux exemplaires. Jud' s'était moqué de nous un petit moment, et avait tenté de convaincre Ace d'abandonner sa chemise et son short à la prochaine escale, action dans laquelle je l'avais soutenu, seulement pour ne plus avoir à subir la vision cette affreuse chemise. En vain. Après ça, il s'en était pris à moi, à mon t-shirt crop et mes espadrilles. Si j'avais accepté d'acheter un manteau ou un pull, il pouvait toujours rêver pour changer mes espadrilles, je ne mettrais jamais une autre paire de chaussures que ça. C'était bon marché et je pouvais m'offrir un large choix de coloris. Et cerise sur le gâteau, ces chaussures étaient les plus confortables du monde !

On avait passé le reste de la soirée à parler du monde dans lequel nous entrions à peine. J'avais réalisé qu'il me manquait énormément de connaissance en la matière, et que si je voulais pouvoir accomplir mon rôle dans l'équipage correctement, j'allais vite devoir remédier à ça. Jud' et Ace avaient ensuite promis qu'ils m'aideraient à m'entraîner à la lame, Ace nous avait raconté s'être plus longtemps servi d'un bô , mais qu'il maniait aussi le poignard vert à la forme étrange qui était en permanence accroché à son pantalon. Tandis que Jud' nous racontait préférer de loin les armes blanches aux armes à feu. On était resté tranquillement à parler longtemps. C'était plaisant, il n'y avait aucune tension, on avait tout à construire ensemble et savoir cela, que tout était encore possible, c'était vraiment libérateur.

Les deux premiers jours de navigation furent tranquilles, nous n'avons rencontré aucun problème. Jud' guettait pourtant le ciel comme s'il allait nous tomber sur la tête d'un moment à l'autre, alors qu'Ace et moi nous amusions à lui faire croire que les marins que nous avions rencontré avant nous avaient dit que de terribles tempêtes se produisaient sur la route menant à Turriabla. Il ne nous croyait pas vraiment je crois, mais à chaque fois qu'on le lui répétait, il ne se détournait plus de son observation du ciel, et marmonnait quelque chose qui n'avait pas l'air franchement très amical. Peut-être que nous étions visés, peut-être bien. Cette routine dura donc deux jours, avant qu'un léger incident nous conduise à changer nos plans.

Le matin avait été calme, on avait trouvé une routine qui nous allait bien, le matin était occupé par les entraînements, l'après-midi les diverses tâches pour gérer la vie du bateau, mais puisque nous n'étions que trois, cela était vite réglé. On passait donc le reste de la journée à s'entraîner ensemble pour les garçons tandis que moi je me forçais à méditer afin de réussir à mieux me concentrer et ainsi à acquérir une meilleure maîtrise de mon fruit et un champ des possibles invocations plus vaste. Pour moi qui n'étais pas calme de nature, cet entraînement bien que nécessaire était très pénible. Mon esprit parvenait toujours à divaguer ailleurs. Ça avait toujours été comme ça aussi loin que je m'en souvienne. Quand j'avais dix ans, j'éprouvais de fortes difficultés à m'endormir le soir venu, ma grand-mère m'avait alors conseillé d'imaginer le bruit de la mer pour me calmer. Je n'avais essayé qu'une seule fois, là où elle parvenait peut-être à se concentrer sur le roulis des vagues, je n'entendais que le piaillement intempestif de mouettes...

C'est donc au moment de la méditation que ne parvenant pas à me concentrer, je me mis à ressentir un drôle de pressentiment, comme si quelque chose allait se passer. Je n'eus qu'à attendre une trentaine de minutes pour voir enfin mon intuition se vérifier. En relevant la tête, je vis les gros nuages noirs qui n'auguraient rien de bon pour nous. Le vent commençait déjà à se lever, je ne l'avais pas remarqué, quelle idiote.

- Ace ! Jud' ! Vous avez intérêt à vous ramener ! Il va y avoir de l'animation ! Hurlais-je afin de me faire entendre.

J'entendis le claquement rapide des pas de mes deux camarades avant de voir le chapeau orange fluo d'Ace sortir de l'antre du bateau, puis enfin celui de Jud'. Ace m'adressa un regard interrogatif avant que je lui montre d'un signe de la main, les gros nuages noirs qui se profilaient à l'horizon.

- Merde ! Pesta Jud'.

- On peut encore changer de cap ? Dit Ace en observant l'horizon songeur.

- Non, impossible. Affirma Jud'.

- Comment on va survivre avec un bateau de pêche ? Dis-je en sentant l'anxiété me gagner.

J'étais une enclume, si on finissait à l'eau, je ne pourrais jamais nager. Le fond de l'Océan agirait sur moi comme un aimant avec un bout de métal. Ace et Jud' semblaient l'avoir eux aussi compris tout de suite, puisqu'ils me jetèrent un regard inquiet. Au moment même où j'allais prononcer quelque chose, un éclair zebra le ciel alors que la neige se mettait à tomber à gros flocon.

- C'est quoi ce bordel?! Ça n'existe pas de la neige et de l'orage ensemble ! S'exclama Ace, dont l'humeur se dégradait visiblement.

- Jud' ?

- J'ai vu ça dans un de mes livres, ils appellent ça un orage de neige, ça arrive quand une masse d'air très instable se forme à proximité d'une autre masse d'air très froide et humide. Ce n'est pas différent d'un orage ordinaire en ce qui concerne la navigation, mise à part que le risque d'iceberg est élevé.

- Sauf qu'on est sur un bateau de pêche ! Ace, t'aurais dû voler un bateau plus costaud !

- Eh ! Tu étais avec moi aussi, puis c'est pas comme si les marines nous avaient laissé le temps de choisir !

- Capitaine ! Maha ! Ce n'est pas le moment là. Ils disaient quoi les marins que vous avez croisé et qui vous avez parlé de cette fameuse tempête ?

- Parce que tu nous as crus en plus ?! Cria t-on presque Ace et moi avant d'exploser de rire.

Jud' nous foudroyait de ses yeux bleus, le seul moment où l'on s'arrêta enfin fut quand un coup de tonnerre résonna. Ace couru cherchait une corde et décida qu'on resterait attachés tous les trois afin de ne pas se perdre dans la mer si on venait à couler. A peine étions-nous attachés que le vent arrachait les voiles. Je me souviens à peine de la panique ressentie à ce moment là, seulement d'avoir réussi à rattraper la main d'Ace alors que Jud' tentait vainement de nous retenir au mat. Après, il n'y eut que l'eau glacée, la fatigue, le troublant effet de magnétisme qui attirait mon corps vers le fond, les bras d'Ace et Jud'. Le sourire démentiel du premier et son rire, très vite suivit du mien alors que je commençais à perdre conscience. Le « vous êtes complètement barges ! » de Jud' que le bruit de la tempête permettait à peine d'entendre . Et puis le noir complet.