Salut ! Bon un tout petit peu plus d'un mois entre deux publications...Je tiens le bon bout ! J'espère que ce chapitre vous plaira :) Beaucoup de personnes ont ajouté L'Océan était trop petit en follows, en favoris et quelqu'uns m'ont laissé une review, merci beaucoup vous ! Vous m'avez beaucoup encouragé à écrire ce mois-ci alors qu'avec le rythme de la Fac, c'était compliqué :)

Réponse à le review :

-Gest : Je suis heureuse mon histoire te plaise ! Et bravo d'avoir deviné le lieu où Ace et Maha ont atterri ;)


- Tu es qui toi ? Lâcha négligemment mon capitaine.

L'inconnu en face de nous ne semblait pas vouloir répondre, il se contentait de nous observer du coin de l'œil, statique et muet. Les traits de son visage étaient durs, comme marqués par la vie. Il avait les cheveux noirs noués en catogan, ses yeux eux aussi très sombres semblaient nous analyser, nous découper, nous déchiffrer, en dépit de ses cheveux et de ses yeux sombres, sa peau était extrêmement pâle. Il portait des vêtements qui laissaient penser qu'il avait été riche, dans une autre vie, il y a longtemps. Une chemise blanche, avec une veste bleue marine et un pantalon assorti, il avait des bagues sur les deux mains, des grosses chevalières, certainement en or, ils portaient des bottes noires. Pour autant, je n'arrivais pas à lui donner un âge, comme si le temps n'avait aucune emprise sur lui.

Ace a côté de moi, s'était relevé dès qu'il avait aperçu l'inconnu. Son corps était tendu, en même temps je ne pouvais pas dire que j'étais plus rassurée. Nous avions atterri de manière soudaine dans un endroit irréel. Nous étions dans une grande pièce, avec des coussins de toutes les couleurs à même le sol, les murs étaient jonchés d'or, des trésors étaient disposés aux quatre coins de la pièce. Tout cela était impossible. L'homme brun continuait de nous observer, je remarquais alors que son corps était tendu à lui aussi, il avait peur, comme nous ? Sa voix s'éleva dans les airs, sèche et basse, comme si parler lui demandait beaucoup d'efforts.

- Qui d'entre vous et le possesseur du Majin no Mi ?

Ace haussa les sourcils alors je regardais le malotru d'un regard sévère. Pas possible, on vivait dans un monde où plus personne n'avait la moindre politesse, un bonjour ça l'aurait tué ?!

- On dit bonjour quand on est poli ! Abruti !

- Maha ! C'est pas le plus important maintenant ! Je commence à avoir faim et on est bloqué ici avec un type louche !

Oui, le sens des priorités. Qu'est-ce que je me disais, j'ai toujours pensé qu'Ace se repérait à la viande, maintenant j'en suis convaincue.

- Aaacccceee ! Tu veux qu'on parle de ton sens des priorités ?

- Le type louche ?

- On est d'accord.

On se retourna d'un même mouvement vif vers l'inconnu, qui avait toujours la même expression blasée.

- Tu es qui bordel ?!

L'homme releva la tête d'une manière hautaine, puis s'assit négligemment sur un coussin.

- On pourrait voir les choses d'un autre angle.

Il ne m'inspirait vraiment pas confiance ce bonhomme. Le regard qu'il nous lançait, me donnait l'impression qu'il allait tenter de nous ratatiner le cerveau.

- Vous avez l'impression que je n'ai rien à faire ici. Ma présence n'était pas attendue, d'ailleurs vu vos réactions, vous n'avez certainement pas souhaité être ici, je me trompe ? Ensuite, je suis ici depuis longtemps, bien trop longtemps. Dit-il toujours d'une voix froide en regardant une montre suspendue à sa veste.

- C'est super ! Puisque vous savez où on est, vous auriez la gentillesse de nous le dire ?

- Vous ne le savez donc pas ? Hm, non. Évidemment.

Je tournais le regard vers Ace, qui lui non plus ne semblait pas du tout savoir de quoi il était question. Cet individu était peut-être juste fou. Mais d'un autre côté, j'avais l'impression que nous étions les dindons de la farce. Il sait très bien où nous sommes, et visiblement, ça a encore un rapport avec ce fichu fruit. J'aurais mieux de me pendre le jour où je l'ai bouffé. Rha. J'allais essayer de lui parler autrement, peut-être qu'il comprendrait mieux.

- O grand mage, toi qui semble si instruit, veux-tu bien éclairer notre lanterne ?

Ace partit dans un fou rire, dont je décidais de ne même pas chercher l'origine. Visiblement, j'avais dit quelque chose d'hilarant. Ou peut-être juste que c'était mon langage.

Il apparut alors pour la première fois une ébauche d'émotion sur le visage de l'inconnu. Un espèce de sourire, qui ressemblait peut-être plus à un rictus. D'ailleurs étrangement quand Ace a remarqué ça, il s'est arrêté net.

- Puisque tu parles de lanterne...

- Oh j'ai compris ! Maha, on est dans la lanterne de ton fichu génie ? Dit Ace en tapant son poing dans sa main, visiblement très heureux d'avoir eu son explication.

- Ah. C'est pas possible ! Ce maudit fruit n'est pas censé m'écouter un minimum ? Je n'ai jamais demandé ça moi !

- Bah peut-être que si.

- Développe Ace.

- Tu as eu peur tout à l'heure ? Te connaissant, tu as du souhaité qu'on disparaisse, et bien voilà. On a disparu.

- J'en ai maaaarrrreeee. Karma merdique.

Je mis ma tête dans mes mains, pourquoi j'avais l'impression d'avoir complètement perdu le contrôle de ma vie déjà ? Ah. Une course poursuite, la rencontre avec un fou furieux narcoleptique, et d'une deuxième énergumène, férue d'astrologie... Ouais, c'était ça.

- Faut juste que Maha veuille en sortir alors ?

- Tout dépend.

- De ? Ajoutais-je.

- Est-ce que sortir est vraiment ce que tu souhaites ?

- Évidemment, c'est glauque ici.

Il y eut un silence.

- Et toi ? Je veux dire, qui es-tu ? Et comment tu as atterri, ici ? Je veux dire, c'est peut-être joli, mais bon au bout d'un moment, c'est un peu lassant non ?

L'homme me lança un regard qui me donna l'impression d'être la dernière des idiotes, alors qu'Ace cherchait aussi visiblement une réponse à tout ça.

- Tu es en quelque sorte, le génie de la lampe ? Questionne Ace.

L'inconnu eut un rire. Pas lumineux. Pas joyeux. Seulement sarcastique, triste et lugubre.

- Je dirais, qu'on ne m'a surtout jamais demandé mon avis quand on m'a enfermé dans cette lampe.

[...]

Jud' avait arpenté la forêt. Et s'il avait trouvé des traces de lutte, enfin surtout des traces de chasse, des flèches avaient été tirés de tous les côtés sur un pauvre arbre. Jud' se doutait très bien que son capitaine et sa nakama étaient passés par là, il n'y avait pas de trace de sang. Seulement une légère à un endroit, donc qui n'indiquait aucune hémorragie mortelle. Et il ne croyait vraiment pas que les habitants de cette île pour le moins inhospitalière, aient pris la peine de nettoyer l'herbe pour retirer toute trace de combat. Donc Ace et Maha étaient vivants. Mais où ? Enfermés, aux mains des habitants, certainement. Il était déjà découragé, il allait devoir les aider à se libérer. Rien de plus simple pensa-t-il ironiquement. Le village semblait être bien gardé, les gens d'ici refusaient d'entendre la moindre explication, et ils combattaient avec des flèches. Jud' avait un pistolet. C'est vrai que ça allait beaucoup les aider, et quand il serait à court de munitions, il se fera lamentablement tuer. Charmante journée en perspective. Si Maha avait été là, elle aurait pu faire apparaître quelque chose pour les défendre.

Il continuait de marcher pour finalement apercevoir une maison, enfin un chalet. Jud' hésita, personne ne devait le repérer, mais d'un autre côté, il n'arriverait pas à grand chose si la situation ne changeait pas. Il réfléchit une minute avant de maudire Ace et Maha pour la troisième, quatrième, cinquième...à moins que cela soit la dixième fois depuis deux jours. Prenant ce qu'il lui restait d'espoir quant à la fin positive de cette escale forcée. Il s'approcha de la maison, manquant de tomber à plusieurs reprises car la maison se situait en bas d'une pente. Quand il fut enfin arrivé en bas, il put sentir la chaleur émanant du bâtiment qui contrastait avec le froid de l'extérieur. Il entendit un cran, et sentit très vite une arme être braquée sur sa tête. Il leva calmement les mains en l'air.

- Vous êtes un des étrangers qui ont été aperçu il y a quelques jours.

- Oui. Mais je vous garantis que nous ne vous voulons aucun mal.

- C'est ce qu'ils disent tous.

L'homme lui ordonna de se mettre devant lui et d'avancer. C'est seulement à ce moment-là que Jud' remarqua la couleur de peau de l'homme. Il était pâle, beaucoup trop pâle, sa peau était presque translucide, ses yeux étaient extrêmement clairs et ses cheveux blancs. Il n'avait jamais vu ça auparavant, mais il en avait déjà entendu parler, cet homme était certainement albinos. Jud' sentit l'homme le pousser, il s'était attardé trop longtemps à sa contemplation. Et maintenant qu'il y repensait, même s'il faisait nuit quand ils s'étaient retrouvés sur cette île et quand ils avaient été pourchassé, il semblait bien à Judicaël que ceux qui les avaient pourchassés avaient les mêmes caractéristiques physiques. Le temps qu'il avait mis pour observer l'homme lui avait certainement fait penser qu'il lui était hostile quant à sa différence. Alors que l'homme le conduisait à travers la forêt, il tenta d'engager une conversation.

- Qu'est-ce qu'on a bien pu vous faire pour que vous viviez seulement avec d'autres personnes albinos ?

- Tch. Ne fait pas l'ignorant. Tu le sais pertinemment.

- Non, justement. Comme je vous l'ai dit, nous ne savions rien de votre île. On a fait naufrage et la mer nous a déposé ici.

- Baliverne. Ferme-là !

[…]

- Mais concentre toi !

- Comment tu veux que je me concentre quand tu me dis toutes les deux secondes de me concentrer !

- Silence.

- On t'a pas sonné toi ! Cria t-on en cœur.

L'inconnu snob soupira avant de marmonner quelque chose qui ressemblait à « Il y a au moins une chose pour laquelle ils sont d'accord ». Je ne parvenais pas à nous faire sortir d'ici, je ne voyais aucune solution, mon cerveau refusait de rester concentré plus de cinq secondes d'affilées, Ace s'énervait et l'autre type louche me mettait mal à l'aise. Et Jud' était on ne savait où.

- Bon, là j'en ai ras-le-bol ! Fichue lampe à la mords-moi-le-noeux ! Je veux qu'on puisse sortir ! Dis-je en levant et pestant après en regardant le haut de la lampe comme si un dieu supérieur pouvait m'entendre.

Quand je rebaissais la tête, je remarquais enfin qu'on était dehors. Il faisait déjà nuit, on avait dû s'absenter un bon moment.

- Aaaacccceeeee ! Ca a marché ! Dis-je en lui sautant dessus alors qu'il riait.

Notre acolyte, lui regardait le ciel.

- Eh, ça faisait longtemps que tu n'étais pas sorti ?

Il nous regardait Ace et moi d'une manière étrange, je ne suis pas sûre mais je crois qu'il y avait...une sorte de reconnaissance ?

- En quelle année sommes-nous ?

- En 1519, en février 1519. Quel jour ça on ne sait pas vraiment...

Il ne nous répondit pas, reprenant son observation du ciel.

- Un moment, depuis vingt-trois ans pour être exact.

- Ah. Dit Ace.

- Et, tu as un endroit où tu voudrais aller ?

Il haussa les épaules alors qu'Ace le scrutait de ses yeux sombres.

- On a un nakama à aller chercher, tu peux venir, ça te fera déjà un truc à faire aussi minime soit-il.

On prit la direction de la forêt alors que le snob se détournait de nous, je croyais qu'il allait nous fausser compagnie et j'étais entrain de me dire qu'on devrait au moins le prévenir pour les habitants de cette île quand il parla.

- Maha, c'est ça ? Tu ferais mieux de garder ça. Ça pourrait t'être utile. Dit-il d'une voix morne en me lançant un objet qui brillait malgré la nuit et la faible luminosité.

Je rattrapais difficilement le dit objet, cela ressemblait en tout point de vu à la lampe d'un conte des milles et une nuit. Elle brillait, étant certainement composé d'or. Elle était plutôt légère, faudrait que je trouve un moyen pour l'accrocher à ma taille.

- Bon, on y va, Jud' va nous le rappeler pendant six mois. Et je n'ai pas envie de l'entendre rabâcher pendant six mois ! Sourit Ace.

On se mit en marche et l'inconnu nous suivit.

- Et le type enfermé dans la lampe du mauvais génie, tu as un nom ? Dit Ace, un sourire goguenard aux lèvres.

- Ace ! Je te jure que je vais t'appeler le narcoleptique !

Il sourit, il l'a évidemment fait exprès.

- Si ça vous intéresse toujours, je suis Nori. Dit platement le dénommé Nori, l'air ennuyé. En fait je crois qu'il a répondu seulement car il ne voulait pas qu'Ace continue à l'appeler le type enfermé dans la lampe du mauvais génie. Je peux le comprendre.

Ace s'arrête soudainement arrivé devant la grotte. Je comprends de suite ce qui l'interpelle, les branchages n'y sont plus. Il acélère le pas et nous entrons tous les trois sur nos gardes dans la grotte.

- Jud' ? Criais-je pour me faire entendre.

Il n'y a plus ses armes, ajoute Ace pencher vers notre campement improvisé.

- On est parti longtemps, il a dû aller nous chercher.

- Rha. On aurait dû le prévenir.

- Je suis sûre qu'il nous a entendu.

- Hein ?

- C'est Jud' Ace, il a le sommeil léger, et il nous connaît. Je suis convaincue qu'il savait qu'on ne l'écouterait pas.

Ace acquiesça comme s'il avait compris que ma logique se tenait un peu.

- Où est-ce qu'il peut bien être alors ?

Si vous parlez de votre compagnon, je crois que nous, nous en avons une claire idée.

Cinq hommes se tenaient derrière nous, Nori n'avait même pas pris la peine de se retourner. Alors que j'avais été grandement surprise, Ace aussi, nous ne les avions pas entendu arriver. On avait manqué de vigilance.

- Je dois avouer que nous sommes curieux de le savoir.

- Suivez-nous alors.

L'homme aux cheveux blancs, enfin celui qui avait parlé, je venais de m'apercevoir qu'en dehors des traits de leur visage, les cinq hommes se ressemblaient, du moins ils avaient tous la peau très pâle, les cheveux blancs et les yeux très claires, avait prononcé cette phrase presque amicalement. Mais, je l'avais compris, c'était un ordre déguisé, nous n'avions pas le choix, sauf celui de nous battre ou de les suivre. Ils tenaient des torches de feu dans leurs mains, qui nous permettait d'avoir une assez bonne vision malgré l'obscurité. Je lançais un regard à Ace, qui me sourit comme pour me rassurer.

- On vous suit.

J'avais compris. On ne se rendait pas, on allait retrouver Jud'. Et après on se battrait. On serait alors à nouveau libre et ensemble.


On se voit au prochain chapitre ! Dans un peu moins longtemps j'espère !

Jana !