Les Années Sombres
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.
Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)
Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui des gâteaux. (Oui, je varie.) Un jour je vous laisserai les commentaires qu'elle me laisse dans le chapitre, moi ça me fait toujours rire.
Merci à mc arno, Zaza's Mind, Paquerette-san, Kurokyuketsuki, nc923, Anotherstep, MrMeAndYou, melkion, Philou, LadyWyvern, Arya39 et M pour leur review !
Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.
Kurokyuketsuki : Hello ! Merci pour ta review ! Je suis content que le chapitre te plaise. Oui, Jack est un chouette grand frère. C'est un trait que j'ai repris du film, où l'on voit qu'il a un lien assez spécial avec les enfants. Pour la scène du départ, moi je me demande surtout la tête qu'avait Fergus habillé « presque » normalement ^^ J'espère que la suite te plaire.
Bonne lecture !
Melkion : Hello ! Merci pour ta review ! Et oui, Krokmou est un chat… Uniquement parce que trouver un chien errant à Poudlard, c'était trop gros :p. Je suis content que ma façon d'écrire continue de te plaire. Et pour le tour du monde, peut-être dans les OS post-épilogue. Sait-on jamais (mon dieu, je dis ça alors que je suis parti minimum encore deux ans rien que pour arriver à l'épilogue ^^)
Bonne lecture !
Philou : Hello ! Merci pour ta review ! Content que le chapitre t'ait plu. Oui, le ronflement de Stoick doit être quelque chose, quand on voit le bonhomme ^^ Et Veilleuse est de retour, pour un long moment ^^ Tatiana, elle, cache effectivement deux trois petites choses que l'on découvrira au long de ce tome. La mère de Raiponce, on le verra, à d'autres choses en tête. Elle a appris à faire « confiance » aux Dunbroch. Pour Songe d'une nuit d'été, j'aimerai bien le voir sur scène une fois, mais, assez étonnamment, on joue relativement rarement les pièces de Shakespeare dans mon coin. Plutôt des pièces originales.
Bonne lecture !
LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, Charlie est un peu naïf sur les bords. Ou alors… Peut-être pas tant que ça. A voir ) (Moi ? Sadique ? Nooooon). J'espère que la partie sur la Coupe du Monde te plaira, moi je l'aime bien, même si je ne la trouve pas au niveau de celle de Rowling (c'est une des scènes les plus réussie de la saga, en terme de description, à mon avis). Et c'est bien pour Pratchett (plus de gens ! Plus de gens dans ma secte !). Le premier tome n'est pas le meilleur, mais c'est peut-être le plus facile à aborder (ou alors la série de Tiphaine Patraque, qui est sur le disque-monde mais moins complexe).
Bonne lecture !
M : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, je me doute qu'il a fallu se creuser un peu pour Electre. En fait, je n'avais pas prévu de la faire réapparaître, elle faisait simplement partie de la liste « Perso qui peuvent servir un jour » et c'était le bon moment : j'avais besoin de quelque chose pour la partie d'Harold et ça m'a permis d'introduire autre chose. Et oui, on peut plaindre le gérant, qui n'avait rien demandé ^^ Surtout vu ce qui l'attend.
Bonne lecture !
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Chapitre 3 : Effroi
(1) Il avait longtemps hésité.
Tout d'abord, parce qu'il n'était pas sûr que cela allait fonctionner.
Ensuite, parce que si jamais cela fonctionnait, ce serait dangereux. Très.
Mais si Harold avait bien un défaut, c'était sa curiosité. Ce qui expliquait pourquoi il se trouvait actuellement au milieu à pieds nus de la forêt qui bordait Beurk, forêt qui, entre parenthèse, était gouvernée par une demi-déesse qui lui en voulait.
Inspirant profondément et fermant les yeux, il replia les orteils, les enfonçant légèrement dans la terre. D'après Electre, il fallait trouver les leys. Une lettre à Hermione, la seule personne de sa connaissance pouvant trouver rapidement ce qu'étaient ces fameux « leys », lui avait appris qu'il s'agissait des lignes de forces qui parcouraient la terre. Les créatures magiques les repéraient plus facilement que les humains, mais ceux-ci pouvaient y arriver en se concentrant suffisamment.
Entrant dans un état proche de la transe animagus, le jeune homme tenta d'élargir son champ de sensations. Outrepasser les cinq sens habituels et ressentir. Hermione, dans sa lettre, parlait des vibrations du monde. Aller chercher. La sève qui circule dans les arbres. Les animaux qui vivent au rythme de la forêt. La vie qui continue, telle une rivière qui suit. La chasse. La cour(0). La mort. La naissance. Des êtres qui vivent un temps avant de retourner à la terre. Le cycle immuable.
Et là, Harold les trouva. Il trouva les chemins par lesquels toute cette énergie si essentielle circulait. Il pouvait presque les voir au travers de ses paupières, sentiers de lumières qui s'enroulaient aux pieds des arbres.
Comme il s'y attendait depuis qu'Electre lui avait dit qu'aucune fée ne s'approchait du territoire des Dryades, ces leys semblaient être encombrés. L'énergie, loin d'être fluide, circulait lentement. Et cela expliquait entre autre pourquoi la neige tombait ans cesse sur Beurk : l'énergie des dragons, qui aurait dû être réabsorbée, ne trouvait pas de place et restait donc dans l'air ambiant, détraquant le climat.
Le Gallois hésita un instant. Cela avait semblé simple, quand Electre dansait au milieu de la clairière. Elle se contentait de défaire les nœuds en injectant un peu de sa propre énergie, il avait pu le voir grâce à la Vision, même si, sur le coup, il n'avait compris ce que faisait la fée.
Approchant doucement sa main d'un nœud d'énergie, il l'effleura, craignant de recevoir une décharge. Mais, comme deux vases communiquant, la magie qu'il relâcha appela simplement l'énergie naturelle à remplir le creux, fluidifiant quelque peu le leys.
Cela semblait… Eh bien, pas exactement facile mais plutôt… Instinctif. Sans réellement s'en rendre compte, l'adolescent effleura un autre nœud du pied, recevant une nouvelle dose d'énergie. Voyant un endroit où il y avait de la place, il déplaça doucement son pied et relâcha ce qu'il venait de récupérer, répartissant comme il le pouvait.
Entraîné par le rythme des leys qui résonnait dans sa tête, Harold continua, virevoltant de nœud en nœud, absorbant et libérant la magie. Il fallait éviter de marcher directement sur les chemins d'énergie et essayer d'atterrir entre eux, dans les petits espaces. Harold ne savait pas pourquoi, mais il sentait au fond de ses tripes que c'était une mauvaise idée d'essayer.
Sans s'en rendre compte, il accéléra le mouvement. Un observateur n'aurait vu qu'une silhouette floue dansant entre les arbres, au milieu des fleurs qui semblaient s'éveiller d'un long sommeil, étirant leurs corolles colorées vers le ciel. Doucement, la clairière sembla réaliser que c'était l'été. Au rythme des battements de cœurs et des pas d'Harold, la sève se fit plus fluide au creux des arbres, parant ceux-ci de vert.
Doucement, des sphères de magie telles celles qui avaient dansé avec Electre s'élevèrent du sol, tournoyant paresseusement autour du jeune homme. Cette irréelle scène aurait pu durer bien des heures, car il y avait là des siècles d'énergie embourbée dans les leys, si un bruit inattendu n'avait pas tiré Harold de sa transe.
Entendant le craquement non-naturel d'une branche morte, celui-ci ouvrit grand ses yeux transformés en deux billes uniformément émeraude. Des yeux qui firent reculer Astrid, qui jusque-là observait la scène, fascinée.
Prenant ses jambes dans une racine qui, revigorée, avait trouvé la force de s'extirper du sol glacé, elle manqua de perdre l'équilibre. Se redressant en dernière minute, elle fit volte-face, s'enfuyant dans la forêt.
L'esprit encore embrumé de magie sauvage, Harold s'élança à la poursuite de la jeune fille. Ressentant instinctivement la présence des arbres chargés d'énergie, il les évita tous, louvoyant entre les branches et les racines, là où la jeune fille trébuchait régulièrement sur des plantes.
D'un geste vif, le brun, qui avait rattrapé la fugitive, lui agrippa le bras et la plaqua contre un tronc. Les branches de l'arbre complaisant s'enroulèrent autour de son poignet de la jeune fille, empêchant toute retraite.
« - Re… Relâche-moi, ordonna-t-elle, bien que tremblante. Si tu me fais quoi que ce soit…
- Je ne compte rien te faire, sauf si tu comptes aller raconter des bêtises à tout le village.
- Tu as peur que je dise la vérité à tout le monde ?
- La vérité ne me fait pas peur. La plupart des adultes connaissent la vérité à mon sujet. C'est plutôt les mensonges qui m'effraient.
- Tu veux dire qu'ils savent que tu pratiques de la magie noire au milieu d'un bois sacré ?
- Les mensonges juste comme ceux-là. Où as-tu vu que c'était de la magie noire ? »
La blonde sembla un instant être déstabilisée par le calme de son interlocuteur.
« - Aucune magie normale ne peut faire ça. Tu as vu tes yeux ?
- Sûr que tu connais beaucoup de magie, Astrid Hofferson. Sort de découpe, sort de conjonctivite et tout ce qui peut t'être utile pour tuer un dragon.
- Parce que tu crois que c'est ce que je veux ? Tu crois que je n'aurai pas aimé aller à Poudlard et y apprendre autre chose ? Tu es le seul qui a pu faire ça. Nous, on est obligé de rester ici et d'apprendre ce que veulent nos pères ! »
Alors que les brumes de la forêt se dispersaient peu à peu dans son esprit, Harold se rendit compte qu'il n'avait même jamais songé à la possibilité que les autres adolescents du village souhaitent autre chose que d'apprendre à tuer des dragons.
« - Ecoute, je te propose un deal. Je garde le secret de ta magie bizarre et toi, tu m'enseignes les sorts que tu as appris à Poudlard.
- Je ne suis là que quelques semaines par an.
- Ce sera toujours ça de pris. Ecoute, je veux simplement apprendre. C'est peu demander en contrepartie de ton secret, non ? Parce que tu peux dire ce que tu veux, mais je ne pense pas que ton père apprécierait de savoir ce que tu fais dans la forêt qu'il déteste tant. »
Harold empêcha sa main de se resserrer autour de la gorge de la jeune fille. Une part de lui n'appréciait que très peu les menaces à peine voilées. Une autre, qui ne les appréciait pas plus, lui fit toutefois remarquer que c'était peut-être l'occasion de faire doucement changer la mentalité du village.
« - D'accord », soupira-t-il.
Et, face au sourire victorieux de la jeune fille, le Gallois pria pour avoir fait le bon choix.
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Des centaines, des milliers de sorciers commencèrent à converger vers le stade. Points de lumières dans la nuit noire, ils faisaient maintenant fi de toute règle, allumant leurs baguettes. Un observateur extérieur aurait cru assister à une procession et la ferveur était telle parmi les supporter que c'en était presque une.
Mérida, de son côté, veillait à ne pas perdre ses parents, qui eux-mêmes gardaient un œil sur les triplés. Elle était plus ou moins sûre de pouvoir se débrouiller toute seule, mais elle n'avait pas envie de tenter le diable non plus. Surtout qu'elle ne savait absolument pas où se trouvaient leurs sièges.
Une petite vingtaine de minutes de marche au milieu des bois furent nécessaires pour arriver près du stade, mais cela valait amplement la peine, de l'avis de la Gryffondor. Le terrain était entouré de gigantesques gradins rutilants, si hauts qu'on n'en voyait pas le sommet.
« - Il paraît qu'on peut y accueillir pas loin de cent mille spectateurs, fit remarquer Fergus.
- On était autant sur le terrain de camping ?
- Non, mais il y en a d'autres, répondit Elinor. Le nôtre est réservé aux billets les plus couteux, nous sommes donc les derniers à partir. Le match commencera environs vingt à trente minutes après notre arrivée dans le stade. Les résidents des terrains pour billet moins cher attendent déjà là depuis environs une heure trente.
- Si longtemps ?
- Il n'y a pas eu le choix, c'était impossible de gérer un afflux pareil. Si tout le monde était arrivé en même temps, il y aurait eu des morts.
- Pourquoi des morts ?
- Rien n'est plus dangereux qu'une foule, surtout une aussi grande. Quand plus de vingt personnes sont confinées ensemble, dis-toi que tu as face à toi un niveau d'intelligence proche de celui d'une poule. Qu'un seul panique et c'est la débandade. Imagine si cent mille sorciers paniquent tous en même temps dans un endroit culminant à plusieurs dizaines de mètres de haut et rempli d'escaliers.
- Ah. Effectivement. »
Arrivé en bas des escaliers, Fergus tendit à l'hôtesse les sept billets.
« - Bonnes places ! s'exclama cette dernière. Vous êtes juste à côté de la tribune officielle. Prenez les escaliers et tournez au palier sept. La rangée C est la troisième en partant du haut. Bon match ! »
Remerciant la jeune dame, l'immense Ecossais emmena toute sa troupe vers les places. Comme l'avait prédit l'hôtesse, ils étaient juste à côté de la tribune officielle et donc pratiquement en face des vestiaires d'où sortiraient les joueurs d'ici peu de temps.
« - Ah, dit Elinor en jetant un regard à sa montre, cela devrait commencer. »
Comme de fait, la voix de Ludo Verpey résonna dans tous le stade à peine quelques minutes plus tard.
« - Mesdames et messieurs, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue ! Bienvenue à cette finale de la quatre cent deuxième Coupe du Monde de Quidditch ! »
Avec ce point d'exclamation, le stade entier sembla exploser en applaudissement. Partout, des drapeaux aux couleurs des pays finalistes étaient brandis et les supporter entonnaient en chœur l'hymne nationale de leur équipe. L'immense panneau qui surplombait les vestiaires, et qui jusque-là servait à faire défiler des publicités, se voila un instant avant de se transformer en tableau des scores.
« - Et avant que le match ne commence, profitons du traditionnel spectacle offert par les mascottes des deux équipes. Et voici les mascottes bulgares ! »
Les plus belles femmes que Mérida n'avait jamais vues entrèrent alors sur le terrain, dansant et se déhanchant sur une musique suave. Elle pensa un instant que c'était franchement de mauvais goût de qualifier des femmes de « mascottes », avant de constater le comportement des hommes dans les tribunes. Certains clamaient soudain qu'ils étaient prêts à faire des folies, d'autres se déclamaient inventeurs de ci ou de ça et des cas extrêmes s'apprêtaient même à enjamber la barrière de sécurité. Ces femmes étaient…
« - Des Vélanes, lui souffla sa mère. Profitez-en, les filles, on en voit rarement dans nos régions. Elles n'aiment pas s'éloigner des montagnes.
- Pourquoi votre mari n'est-il pas affecté ? demanda Raiponce.
- Cela dépend des hommes. Mais on a remarqué que les plus vieux résistent mieux à leurs charmes. Le Professeur Dumbledore est connu pour y être totalement insensible, même si on a jamais su comment il s'y prenait. »
Quand les Vélanes eurent fini leur show et les hommes sous le charme, dont faisait partie Verpey, retrouvé leurs esprits, celui-ci annonça l'arrivée des mascottes de l'Irlande, deuxième grande finaliste.
Leur arrivée se traduisit par un énorme nuage vert et doré.
« - Des farfadets ! »
Effectivement, le nuage s'avéra composé de millions de petits bonhommes habillé de vert. Passant au-dessus du public, ils déversèrent une importante quantité de pièces d'or. Mérida ne put s'empêcher de sourire en voyant les plus jeunes se précipiter pour le ramasser, s'en fourrant autant que possible. L'or des fées était connu pour n'être qu'une illusion. Une illusion extrêmement réaliste, qui possédait même un poids et une existence tangible, mais qui s'évaporerait d'ici quelques heures.
Après une petite gigue, les farfadets s'en allèrent, ce qui permit à Ludo Verpey de reprendre la parole.
« - Eh bien, merci aux mascottes, mais il est maintenant temps de débuter ce match tant attendu ! Je vous prie d'accueillir, mesdames et messieurs, l'équipe nationale de Bulgarie ! Voici… Dimitrov ! »
Un premier joueur surgit alors des vestiaires, sous les acclamations de milliers de spectateurs.
« - Ivanova ! »
Une seconde fois, le manège se répéta.
« - Zograf ! Levski ! Vulchanov ! Volkov ! Eeeeeeeeet voici… Krum ! »
Un tonnerre d'applaudissement, bien plus impressionnant que pour les autres joueurs, éclata au sein du public. Krum, le plus jeune joueur de la finale et un attrapeur mondialement reconnu, avait des fans jusque dans le camp irlandais. Et le mot fan, au vu de l'attitude de certains supporters, était même léger. Mérida savait que, par exemple, son cousin Ron était un adorateur absolu du joueur, qu'il plaçait même au-dessus des Canons de Chudley, son équipe préférée.
« - Et maintenant, accueillons les joueurs de l'équipe d'Irlande ! Voici… Connolly ! Ryan ! Troy ! Mullet ! Morane ! Quigley ! Eeeeeet… Lynch ! »
A l'inverse de l'équipe bulgare, les applaudissements furent bien plus intenses pour l'équipe d'Irlande, qui jouait pratiquement à domicile, mais il n'y eu pas de grande ovation pour l'entrée de l'attrapeur qui, s'il était reconnu comme correct, ne déchaînait pas les foules comme Krum.
Le véritable intérêt de l'équipe d'Irlande tenait plutôt en ses balais : sept Eclairs de Feu, les tout derniers balais d'une gamme qui entendait faire sa place dans le monde sportif de haut niveau, comme Nimbus l'avait fait pour le sport familial. Chaque Eclair de Feu valait une petite fortune, au point que les vendeurs n'affichaient pas le prix en vitrine(2). Et ce match, c'était l'occasion de voir ce qu'avaient ces petits bijoux dans le ventre, histoire de savoir si cela valait la peine de demander le prix au vendeur. Si l'Irlande gagnait, nul doute que les ventes allaient faire un bond en avant. Si elle perdait aussi, mais les joueurs avaient alors intérêt à bien se défendre.
Les deux équipes se placèrent face à face. Au milieu, l'abritre, une caisse sous le bras, faisait un rappel des règles.
« - Mesdames et messieurs, énonça Verpey,… Que le match… Commence ! »
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« - C'était incroyable ! s'extasia Mérida, faisant sourire Raiponce. Tu as vu la feinte de Wronsky de Krum ? J'ai cru qu'il allait s'écraser au sol ! Et il l'a réalisée deux fois, en plus ! »
Toujours un peu dans le gaz suite à ce match qui, il fallait l'avouer, avait été tout bonnement extraordinaire, la blonde se contenta d'hocher la tête. Elle-même avait été très impressionnée par l'attrapeur Bulgare, sans conteste la seule star du match. Ses coéquipiers étaient bons, l'équipe d'Irlande tout à fait honorable mais aucun autre joueur n'arrivait à la cheville du jeune homme qui évoluait comme un sylphe(3) une fois dans les airs. Ce qui était amusant, avait-elle remarquée, c'était qu'une fois au sol, il était pataud et maladroit.
Ecoutant d'une oreille Mérida qui babillait toujours, la jeune fille profita des lanternes qui éclairaient le chemin pour regarder autour d'elle. A côté d'elle, Fergus tenait dans ses bras deux des triplés profondément endormis après ces heures intenses. Le troisième, tout aussi endormi, séjournait dans les bras de sa mère et mâchouillait activement une mèche de cheveux bruns dans son sommeil.
Une fois sortis du bois, les parents de Mérida décidèrent d'aller coucher les plus jeunes. Les deux filles, elles, rejoignirent les Weasley les plus âgés, pour fêter la victoire. Rapidement rejointe par Fergus et Elinor, elles levèrent leur verre d'un alcool roumain étrange ramené par Charlie, l'unique que la Lady Dunbroch leur avait permis, à la victoire bulgare.
La soirée fut plus que festive. Entre les supporters bulgares qui noyaient leur désespoir dans la joie et les Irlandais qui faisaient une rumba de tous les diables, c'était l'île entière de Grande-Bretagne qui allait bientôt être réveillée par tout ce vacarme.
Vers un bon trois heures du matin, alors que les plus jeunes enfants Weasley, ainsi qu'Harry et Hermione, avaient été envoyés se coucher depuis quelques temps, il fut décidé que la fête avait assez duré pour tout le monde et les deux familles se séparèrent, chacune retournant dans sa tente.
Epuisée, même s'il elle ne s'en était pas rendue compte tant qu'elle était plongée dans l'euphorie ambiante, Raiponce s'endormit comme une masse aussitôt que sa tête eut touché l'oreiller. Son sommeil paisible, fait rare depuis la découverte de sa parenté, aurait pu se prolonger bien des heures, si Elinor n'avait pas soudainement surgi dans la tête aux alentours de cinq heures.
« - Les filles, dépêchez-vous ! Levez-vous et habillez-vous en vitesse !
- Maman ? Qu'est-ce qu'y se passe ?
- Des sorciers ont trop bu. Plusieurs tentes sont en feu et ils ont ensorcelés les moldus qui gèrent le terrain. C'est la panique dehors. On a besoin de toute l'aide disponible. Dépêchez-vous ! »
Inquiète de voir la si inébranlable Elinor perdre son sang-froid, la Serdaigle enfila rapidement un pull et un pantalon. Accompagnée de Mérida, qui était simplement vêtue de la robe de l'équipe d'Irlande achetée avant le match, les trois sorcières sortirent de la tente.
Comme l'avait annoncé la plus âgée, c'était effectivement la panique totale à l'extérieur et, sans les sorts de silence apposés à la tente, nul doute qu'elles auraient été réveillées par ce vacarme. Le feu s'était rapidement propagé de tente en tente et c'était maintenant la moitié du camp bulgare qui brûlait comme un feu de joie.
Et au centre de tout cela, quatre silhouettes étaient ballotées en l'air. En s'approchant rapidement, Raiponce constata qu'il s'agissait de la famille Roberts. La mère de Mérida avait dit quelque chose à leur sujet, mais la jeune fille ne s'attendait pas à ça.
L'un des deux enfants était en train de tourner sur lui-même tel une toupie, tandis que sa mère, une femme plus que « forte » était retournée dans tous les sens. Mr. Roberts, lui, changeait de couleur toute les secondes, un sortilège très amusant d'ordinaire, mais tout simplement malsain pour le moment.
« - Il faut les faire descendre, cria la jeune fille à la brune par-dessus le vacarme.
- On ne peut pas faire ça n'importe comment, ils risqueraient de se blesser, surtout le plus jeune. On va s'en occuper avec les sorciers du Ministère. Vous, allez aider à éteindre le feu. Utilisez la magie, la situation est suffisamment grave pour ça. »
Ni une, ni deux, la blonde partit en direction des flammes, accompagnée de son ami. Sortant sa baguette, elle commença à invoquer de l'eau à tour de bras, aspergeant du mieux qu'elle pouvait les tentes embrasées. Autour d'elle, des gens fuyaient, la plupart du temps des jeunes qu'on envoyait se mettre à l'abri dans les bois. La jeune fille était même certaine d'avoir vu passer le plus jeune cousin de Mérida et ses deux amis, plus loin.
Rapidement, des dizaines de sorciers tentèrent de s'y mettre ensemble pour maîtriser le feu. Une grande réussite sur a majeure partie du terrain, surtout après la fuite des fauteurs de trouble. Malheureusement, un de ces sots avait lancé un feudeymon, un sort de magie noire invoquant des démons de feu. Avant que quelqu'un ne puisse réagir, c'était la quasi-totalité de la prairie qui était engloutie par les flammes. Heureusement, Bill Weasley et d'autres sorciers spécialisés dans les sortilèges parvinrent finalement à canaliser l'enchantement et à l'arrêter. Tout semblait fini. Doucement, le calme reprenait ses droits.
Mais soudain, la lueur pâle de la lune se teinta d'un vert morbide. Haut, haut dans le ciel, l'immense image d'un crâne luisant à la langue de serpent trônait au milieu des étoiles.
« - La marque ! »
Ce simple cri fit renaître la panique, principalement chez les sorciers anglais. La bousculade reprit et Raiponce se retrouva emportée loin de Mérida. La Marque des Ténèbres, car c'était bien elle, était le symbole qu'avait utilisé Vous-Savez-Qui quand il perpétrait ses massacres. Voir la Marque, c'était apprendre qu'il y avait eu un mort. On en l'avait plus vu depuis treize années, mais le traumatisme était trop profond pour disparaître aussi vite.
Se dégageant tant bien que mal de la foule, la Serdaigle essaya de se repérer. Le feu ne s'était pas déclenché tout près de leur tente et, dans l'action, elle s'était encore plus éloignée. La veille, elle se serait repérée avec les tentes caractéristiques, comme celle en forme de petit château fait de nuages, mais aujourd'hui presque tout avait brûlé. Elle commençait légèrement à paniquer, quand une voix connue résonna dans son dos.
« - Raiponce ?
- Bill ! Je… J'ai été emportée par la foule. Je ne sais plus trop où est la tente.
- Je vois. Viens ici, il ne fait pas bon rester seul. Je te raccompagnerai après, je dois d'abord vérifier qu'il ne reste aucune trace du Feudeymon. Ces trucs sont des vraies crasses, une étincelle survit et on se retrouve en enfer avant de dire ouf.
- La panique s'est calmée ?
- Oui. On a détruit la marque aussi vite que possible dès qu'on a attrapé la coupable.
- Vous l'avez eu ?
- Ouaip. Et ça sera pas joli quand ça va se savoir. »
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« L'elfe de Bartemius « Barty » Croupton a ainsi été retrouvée en possession d'une baguette, acte illégal selon l'article 3 du code d'utilisation des baguettes magiques, qui spécifie qu'aucune créature humanoïde n'est autorisée à en posséder ou utiliser une. De plus, cette baguette était celle-là même qui a fait apparaître la Marque de Vous-Savez-Qui. Nul doute qu'une enquête approfondie sera dûment menée, en réponse à l'incompétence de notre Ministère qui sans nul doute, nous a mis dans l'embarras et surtout mis en jeu la sécurité de nos concitoyens.
Rita Skeeter »
« - Cette femme est vraiment un poison, constata Tatiana quand Jack eut fini de lire l'article à voix haute. Elle n'écrit jamais rien qui ne fera pas de tort à quelqu'un. »
Jack, perdu dans ses pensées, ne répondit pas. Il savait que Raiponce et Mérida devaient se rendre à la Coupe du Monde. Il n'y avait, heureusement, pas eu de morts mais le journal indiquait que plusieurs personnes avaient été blessées, sans préciser de nom. Il espérait que les filles n'étaient pas dans le lot.
« - On arrive dans cinq minutes ! cria North depuis la siège de devant.
- Je persiste à dire que c'est une mauvaise idée !
- Les cheminées sont bouchées avec les problèmes de ces derniers jours et le MagicoBus a été réquisitionné, donc pas le choix, répondit le vieillard tout souriant. Et puis, je vais finir par me rouiller si je ne le conduit pas de temps en temps. »
Faisant claquer les rênes, l'homme fit faire un looping au Traineau, pour le plus grand plaisir de ses petits-enfants. Le vaisseau étant invisible, Tatiana ne put rien dire, mais elle montra clairement son mécontentement, ronchonnant contre les « vieux fous inconscients ».
Le bon côté du Traineau, c'est qu'en plus d'être fun, il était incroyablement rapide. Pas autant que le MagicoBus, mais il secouait beaucoup moins, ce qui avait pour avantage de ne pas rendre Tatiana malade.
« - Arrête de faire le zouave et conduis-nous. Je ne sais toujours pas comment tu as fait pour obtenir l'autorisation du Ministère pour utiliser ce truc au aujourd'hui, mais je doute que tu la réobtiennes si tu te crash.
- Bien capitaine ! »
La fin du voyage fut beaucoup plus calme, au grand damne des enfants. Avec un grand bruit, North finit par se poser un peu à l'extérieur du quai 9/3.
Tandis qu'il déchargeait toutes les valises, Tatiana prit Jack à part.
« - Toujours aucun problème ? demande-t-elle.
- Rien du tout.
- Bien. J'ai renforcé la scellée tout au long des vacances, elle devrait tenir sans problème. Mais si tu sens la moindre faille, la moindre perte de contrôle, va voir le Professeur Snape. Je l'ai prévenu par lettre et il t'enverra aussitôt à la maison. N'hésite pas une seconde, d'accord ?
- Mais… Snape ? Pourquoi pas quelqu'un d'autre ? Il fiche la trouille.
- C'est quelqu'un de bien, contrairement à ce qu'il laisse penser. Ou tout du moins, c'est un homme avec un sens de l'honneur. Et il me doit un service.
- D'accord…
- C'est bien, répondit-elle en l'embrassant sur le front, ce qui l'obligeait maintenant à se mettre sur la pointe des pieds. Et veille sur Valéry. J'ai l'impression que cette année risque encore d'être mouvementée.
- Hein ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Juste une impression. Sois prudent, d'accord ?
- Très bien.
- Merveilleux ! Je pense que ton grand-père a fini, allons-y. »
Effectivement, North avait descendu les valises et aidé son plus jeune petit-fils à monter à bord du train. Veilleuse était occupé à embrasser Emma quand Jack et sa mère arrivèrent.
« - Vous voilà, vous deux ! Je me demandais si le train n'allait pas partir sans Jack. Dépêche-toi de monter. »
Effectivement, le contrôleur venait de siffler le départ. Agrippant la barre, le jeune homme se hissa à bord. Après un dernier au revoir de la main, les deux garçons virent le quai s'éloigner rapidement, jusqu'à ce que leurs parents ne soient plus que deux petits points au loin.
« - On va où ? demanda Veilleuse en suivant Jack.
- J'ai des amis qui nous ont gardé de la place. Maintenant, si tu veux, tu peux aller faire un tour pour rencontrer les autres élèves.
- Non ! s'exclama le garçon en se raccrochant à la main de son frère.
- Veilleuse… Tu es grand, maintenant, il faut que tu arrêtes de t'accrocher à ma main dès que tu as peur, d'accord ?
- D'accord… répondit le plus jeune en baissant la tête.
- Allez, on y est, dit Jack en lui ébouriffant les cheveux. Fais un grand sourire, d'accord ? Tu vas voir, ils sont gentils. »
Ouvrant la porte, le Serpentard se retrouva face aux trois autres membres du Projet A, ainsi que Marius, qui avait pris l'habitude de faire le voyage avec eux.
« - Salut la compagnie !
- On se demandait si tu avais raté le train. J'avais espoir, je l'avoue.
- Désolé de la fausse joie, rouquine, mais tu ne débarassera pas de moi comme ça. Bon, les gars, je vous présente Valéry, ou Veilleuse. C'est mon petit frère. Veilleuse, voici Marius, Mérida, Raiponce et Harold.
- Bon… Bonjour… »
Raiponce, qui, après tout, avait réussi à dompter les trois terribles frères Dunbroch, se pencha vers le garçon.
« - Bonjour Valéry. Je suis ravie de te rencontrer. Comme l'a dit Jack, je m'appelle Raiponce. Je suis à Serdaigle. Et toi, tu as une idée de la maison dans laquelle tu veux aller ?
- Je… J'aimerai bien aller à Poufsouffle. Jack dit qu'ils sont gentils.
- Je vois. C'est vrai. Mais il y a des gens gentils partout, tu sais ? »
La situation un peu décoincée, le groupe finit de s'installer dans la cabine. Marius et Harold engagèrent une partie d'échecs, observés par Veilleuse, tandis que Jack discutait avec les filles.
« - Vous n'avez pas eu trop de problèmes, à la Coupe du Monde ?
- Non, même si on a failli perdre Raiponce, qui s'est faite emportée par le mouvement de foule. Heureusement, mon cousin Bill l'a ramenée. On est rentrés dès qu'on a pu avec ma mère, mon père est resté sur place pour aider. Malgré ce que dit Skeeter, le Ministère a bien géré le tout et il n'y presque pas eu de blessés. C'est principalement du matériel endommagé. Mais…
- Mais ?
- Le plus gros des dégâts a été fait sur le moral. La Marque des Ténèbres rappelle de très mauvais souvenirs et l'ambiance est morose. J'ai entendu qu'ils avaient augmenté la sécurité à Sainte-Mangouste et à Pré-au-Lard. Ils ont peur d'une nouvelle vague d'attaque. Des vieux mangemorts, ceux qui ont échappé à la prison et qui pourraient avoir de la nostalgie. Sans oublier Sirius Black, qui fait toujours peur, même s'il semble s'être éloigné du Royaume-Uni.
- Eh bien, l'année s'annonce joyeuse… »
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(0) La cour dans le sens « faire la cour à quelqu'un » ^^ Apparemment, c'était clair que dans ma tête, vu le commentaire de ma bêta p
(1) A partir de là, je vous conseille vraiment d'écouter « Forbidden Friendship ».
(2) Ce qui est toujours une très mauvaise chose. Quand un objet est affiché avec « Prix sur demande » ou alors mis en tout petit, il n'y a qu'une chose à savoir : c'est cher. Trop, probablement.
(3) Les Sylphes sont des esprits de l'air. La « femelle » se nomme la Sylphide.
Bon, la fin est un peu en queue de poisson, mais j'arrive pas à trouver comment faire… J'espère que ce chapitre vous a plu, en tous cas !
On se retrouve dans deux semaines, pour la répartition de Veilleuse et… Autre chose )
A la prochaine !
