Les Années Sombres
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.
Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)
Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui des muffins. (Oui, je varie.) Un jour je vous laisserai les commentaires qu'elle me laisse dans le chapitre, moi ça me fait toujours rire.
Un gros merci à elle pour avoir accepté de se faire spoiler une partie du chapitre dans le but de m'aider à mieux le rédiger !
Merci à mc arno, Paquerette-san, Zaza's Mind, Philou, LadyWyvern, Kurokyuketsuki, love-manga-12 (x2), Melkion et Loupiote54 pour leur review !
Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.
Philou : Hello ! Merci pour ta review ! Tu ne peux pas savoir comme je m'amuse à laisser ce suspense autour de la possible mort de Jack ^^ Pour Fleur, elle EST insupportable dans le livre 4. Donc elle le restera pour le moment ^^ Pour Ron, c'est pas tant qu'il cherche la gloire, mais juste à sortir de l'ombre de ses frères et là, son meilleur ami en rajoute une couche, en quelque sorte. Donc je peux comprendre sa colère, surtout que les ados ne sont pas toujours les plus rationnels en ce qui concerne la gestion des émotions ^^
Bonne lecture !
LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review ! Je suis content que ce chapitre t'ait plu ! Fleur est infecte, oui. Il va lui falloir un peu de temps pour redescendre de son trône ^^ Pour Charlie, il arrive, il arrive…
Bonne lecture !
Kurokyuketsuki : Hello ! Merci pour ta review ! Je suis content que le chapitre te plaise, j'espère que la suite te plaira tout autant !
Bonne lecture !
Love-manga-12 : Hello ! Merci pour tes reviews ! Ahah, les jumeaux n'ont aucun scrupule quand on parle affaires. Sans nul doute, il y a des paris derrière tout ça.
Pour Jack, je garde sa mort en suspens, dirons-nous. Et son égo a un peu enflé, oui, mais il va retomber sur terre, tu vas voir.
Bonne lecture !
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Chapitre 8 : Ecailles
Emmitouflé dans sa cape et la carte de Raiponce sous les yeux, Harold traversa rapidement le parc. Il n'aimait pas trop s'y aventurer si tard, car il prenait parfois à Rusard de fermer les grandes portes pour la nuit, mais il avait reçu un mot qu'il ne pouvait refuser.
« Harold,
Viens à l'orée de la Forêt Interdite, près de la statue de Mélusine, demain soir vers 20h. Je viendrai t'y chercher.
Charlie. »
En voyant la signature, il n'avait pas hésité bien longtemps. Il avait toutefois pris la précaution d'emporter la carte, qui lui permettrait d'éviter les indésirables et de vérifier l'identité de l'expéditeur de la lettre.
Un peu avant l'heure convenue, Harold se retrouva donc à l'abri de la statue de Mélusine, une gigantesque Vouivre dont la taille avait l'avantage de protéger le jeune homme du vent froid de cette fin du mois de novembre. Huit heures sonna et une silhouette se dégagea des arbres.
« - Ah, tu es déjà là. Toujours en avance.
- Salut Charlie.
- Tu n'as pas l'air content de me voir. »
En vérité, Harold faisait tout son possible pour se contenir. Mais le roux n'avait pas besoin de le savoir.
« - Je suis plutôt intrigué. Qu'est-ce que tu viens faire aussi loin de la Roumanie ?
- Je pourrais juste être en visite.
- Pas toi. Tu n'abandonnes pas la Réserve plus de deux fois par an, je commence à te connaitre.
- Touché. Bon, allez, viens par ici, j'ai quelque chose à te montrer. »
Suivant le plus âgé, qui était vraiment lui-même d'après la carte, le brun s'enfonça dans la Forêt. Il ne fallut pas bien longtemps avant qu'un jet enflammé ne lui révèle la raison de la présence du Weasley.
« - Des dragons ! Vous avez amené des dragons à Poudlard ?
- Demande expresse du Ministère. Ils en ont besoin pour la première Tâche. Quatre dragonnes ayant des œufs. Ça a été un sacré boulot. Normalement, je ne devrais pas te dire tout ça, mais on va avoir besoin de toi.
- Pourquoi ?
- Beaucoup de femelles ont eu des œufs, cette année. On a donc dû diminuer le nombre de dresseurs venant à Poudlard. T'avoir avec nous est une sécurité supplémentaire, tu es presque un dragonnier à part entière, depuis le temps. »
Harold, inconsciemment, se redressa, fier de ce compliment.
« - Dumbledore est au courant ?
- Non. Enfin, pas officiellement. Il n'est même pas censé savoir que la première tâche concerne les dragons, pas plus que les autres directeurs. Mais il va surement l'apprendre d'une manière ou d'une autre. Bon, je te laisse ici. Va rejoindre les autres, je dois m'occuper d'un autre visiteur. »
Après un dernier sourire, qui fit rougir Harold, le dresseur de dragon retourna vers l'orée de la forêt, mais plus du côté de la cabane d'Hagrid. C'était probablement lui le visiteur. Le garde-chasse était un fan de créatures dangereuses et s'il avait appris que des dragons étaient à Poudlard, Dumbledore lui-même ne saurait l'empêcher de venir les voir. Alors autant encadrer ça.
C'est donc sans étonnement que quelques minutes plus tard, alors qu'il calmait le Vert Gallois avec l'aide de J., qu'Harold vit le Professeur de Soin aux Créatures Magiques s'approcher des enclos, bien que Charlie le fasse rester à bonne distance Les mères dragonnes faisaient partie des créatures les plus vicieuses, surtout en cette période de fin de couvaison, et on était parfois étonné de la distance à laquelle elles étaient capables de vaporiser quelque chose, voire quelqu'un.
Ce qui était déjà plus étonnant, c'était la haute silhouette qui se tenait à côté d'Hagrid. A Poudlard, en ce moment, une seule personne pouvait être aussi grande : Mme Maxime.
Autre chose étonnante, c'était la forme de l'autre côté d'Hagrid. D'une taille beaucoup plus classique, elle était entourée d'un halo assez étrange, d'une couleur inhabituelle, mélange de vert et d'orange fluo. Une couleur qu'Harold avait appris à associer à l'invisible que le don de Vision lui permettait de percevoir. Il faudrait qu'il en parle à Charlie.
Celui-ci revenait justement, maintenant qu'Hagrid était reparti. Et apparemment, la présence de Mme Maxime ne lui avait pas plu.
« - Mais tu te rends compte ! s'exclama-t-il. Emmener un des directeurs ici. Autant convier les Champions.
- Tu m'as invité, moi. Et je suis ami avec Jack.
- Je n'ai pas eu le choix. Au départ, je ne voulais pas te contacter avant la Tâche, mais je ne pouvais pas cracher sur un soigneur en plus. De toute façon, maintenant, tous les Champions sont au courant : Karkarroff était caché dans les arbres et Harry sous sa cape d'invisibilité !
- C'était lui ?
- Tu l'as vu ?
- Hem, euh… Oui. »
Charlie lui lança un regard étrange.
« - Je ne savais pas que l'on pouvait avoir plusieurs dons de naissance.
- On ne peut pas. Je me le suis… En quelques sorte… offert. »
L'expression du roux se durcit.
« - Harold…. Il faut que tu arrêtes de t'entraîner.
- Quoi ? Mais pourquoi ?
- Ce don… Ce n'est pas un cadeau. Arrête de t'entrainer, ou tu finiras par voir des choses que tu aurais mieux aimé ne jamais voir. Crois-moi
- Mais…
- Bon, remettons-nous au travail ! »
Sans plus de délicatesse, le plus âgé mit fin à la conversation et se dirigea vers les autres soigneurs.
Un long moment après, quand il commença à se faire vraiment tard, Harold salua Charlie et les autres, avant de se diriger vers le château. « Espérons que Rusard ne soit pas de sortie dans les couloirs menant aux quartiers des Poufsouffles », pensa-t-il. Mais à peine eut-il fait deux pas qu'une voix retentit derrière lui.
« - Harold, attends ! s'écria presque Charlie.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- C'est que… Tu vois… Enfin, je voulais te demander si… »
Le Gallois regarda avec intérêt le plus vieux rougir de plus en plus au fur et à mesure qu'il bafouillait. Malgré les mois qu'il avait passé en sa compagnie, il n'avait jamais vu le roux rougir. Même les oreilles y passaient, et si c'était plutôt comique chez Ronald, le plus jeune fils Weasley, c'était mignon chez son grand frère. Ça et le fait qu'il se triture les mains en parlant le faisait ressembler à un petit garçon.
« - Voilà, je sais qu'il y a une sortie à Pré-au-Lard après la première Tâche et je me disais qu'on pourrait aller boire un verre ensemble. »
C'était un rendez-vous ? Parce qu'avec le rougissement, ça ressemblait beaucoup à un rendez-vous.
« - Pour parler un peu, de la Réserve, tout ça, surtout que tu vas bientôt sortir de Poudlard. Le directeur me disait hier encore qu'il t'engagerait sans hésiter. »
Ce n'était pas un rendez-vous. Harold avait l'impression que les papillons qui s'étaient mis à voleter dans son ventre lors de la demande de Charlie s'étaient tous fait emportés par une tempête. L'amertume de cette déception dû se lire sur son visage, car Charlie sembla pâlir un peu.
« - Je comprends si tu préfères rester avec tes amis, tu sais. Je…
- Quoi ? NON ! Enfin, je veux dire, non, ça me… ça me plairait beaucoup d'aller boire un verre avec toi. Tu sais, Jack traine avec Marius, les filles vont souvent faire un tour ensemble et je ne suis pas fan. »
Magnifique. Maintenant il croit probablement qu'il sert de bouche-trou. Continue comme ça, Harold.
Un silence s'installa entre les deux hommes. Un silence qu'à contrecœur, Harold finit par rompre.
« - Bon ben… Je dois y aller. Mais je reviens demain soir vous aider. Enfin, si vous avez besoin de moi.
- Je… Oui, ce serait bien.
- A demain.
- A demain. »
Se retournant, Harold s'éloigna à grands pas vers le Château.
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La nuit était froide. Le ciel sans nuages permettait à la lune, gibbeuse, ce soir, d'éclairer le parc d'une lueur argentée qui lui donnait un aspect fantomatique.
Mérida, sous sa forme d'Augurey, décrivit un large cercle autour du toit de la Tour de Gryffondor. Si personne n'avait eu la sotte idée de fermer la fenêtre, elle pourrait rentrer sans encombre de sa petite. Dans le cas contraire… Eh bien, elle devrait, une nouvelle fois, prendre forme humaine et crocheter la serrure en appui sur le rebord. Elle l'avait déjà fait deux semaines auparavant et, elle devait bien l'avouer, les frissons que cela lui avait procurés étaient sans pareils.
Heureusement pour la jeune fille, ou malheureusement, c'est selon, personne n'avait fermé la fenêtre aujourd'hui. Discrètement, enfin aussi discrètement qu'un oiseau de la taille d'un cygne le pouvait, l'Augurey se glissa derrière un fauteuil placé là exprès et se retransforma en une jeune fille aux cheveux emmêlés. Elle s'apprêtait à se redresser quand une voix résonna dans la salle censément vide.
« - Sirius, comment ça va ? »
L'Ecossaise retint un juron. Comment allait-elle se sortir de là ? Difficile de faire croire qu'elle s'était endormie au sol, surtout qu'elle avait annoncé assez fort partir se coucher quelques temps plus tôt.
« - Moi, ça n'a pas d'importance, mais toi, comment vas-tu ? » répondit une voix que Mérida identifia assez rapidement. Un timbre aussi rocailleux associé au nom « Sirius », prénom assez peu courant, ne pouvait désigner qu'une seule personne : Sirius Black. Son interlocuteur était donc certainement Potter. A la fin de l'année, Dumbledore avait expliqué aux quatre membres du Projet A que Black était innocent, mais que les preuves s'étaient envolées dans la débâcle de la pleine lune. Mérida avait eu assez de mal à y croire, mais on pouvait difficilement mettre en doute la parole de Dumbledore.
« - Je vais… »
Après un instant d'hésitation, Potter déballa tous ses malheurs. Il fallait dire que sa vie était plutôt chahutée ces derniers temps. Il parla si longtemps que Mérida manqua même de louper une information capitale : apparemment, les Champions du Tournoi allaient devoir affronter un dragon !
La conversation entre les deux hommes continua, mais Mérida avait de plus en plus de mal à la suivre. Le vol et la transformation prolongée l'avaient fatiguée et elle n'était pas loin de s'endormir contre le dossier du fauteuil qui lui servait d'abri. Au travers des brumes du sommeil, elle captait quelques mots, comme « Azkaban », « Maugrey » et « Skeeter ». Elle allait définitivement s'endormir quand un nom attira son attention.
« - … Et c'est précisément là que se serait caché Voldemort, si l'on en croit les rumeurs…. Or, elle savait forcément que le Tournoi des Trois Sorciers aurait bientôt lieu, non ?
- Oui, mais… Il y a peu de chances qu'elle soit tombée par hasard sur Voldemort.
- Ecoute, je connaissais Bertha Jorkins, répondit Sirius. J'étais élève à Poudlard en même temps qu'elle. Elle avait quelques années en plus que ton père et moi. Et c'était une idiote. Toujours à fouiner partout, mais sans aucune cervelle. La curiosité et la bêtise ne font pas très bon ménage. A mon avis, il ne serait pas du tout difficile de l'envoyer dans un piège.
- Alors… Voldemort aurait pu apprendre que le Tournoi devait avoir lieu à Poudlard ? C'est ce que tu veux dire ? Tu penses que Karkaroff pourrait être là sur ses ordres ? »
Mais que diable venait faire là Karkaroff ? se demanda Mérida. Il faudrait qu'elle fasse quelques recherches sur le bonhomme, parce qu'il ne devait pas être net, si Black et Potter l'associaient au Seigneur des Ténèbres.
« - Je ne sais pas, répondit le plus âgé. Je n'en sais rien du tout… Karkaroff ne semble pas être le genre de personnage qui reviendrait vers Voldemort, à moins que Voldemort ne retrouve suffisamment de puissance pour assurer sa protection. Mais la personne qui a déposé ton nom dans la Coupe avait ses raisons et je ne peux m'empêcher de penser que le tournoi serait un très bon moyen de préparer un attentat contre toi en faisant croire à un accident. »(1)
La rousse, toujours cachée derrière son fauteuil, fronça les sourcils. Leur conversation était étrange. Elle n'avait pas fait attention, mais ils parlaient de Lord Noir comme s'il était vivant. Pourtant, le sorcier était mort, tué par Potter il y a maintenant plus de treize ans.
Ils semblaient aussi penser que le Tournoi était un complot contre le jeune Gryffondor et, d'après Jack, c'était aussi le cas de Maugrey. Il faudrait qu'elle parle de cette conversation à ses amis. Quelques chose de louche se tramait.
« - Va-t'en. Vite ! Quelqu'un vient ! »
Potter n'avait pas parlé très fort, mais l'inquiétude qui perçait dans ses paroles avait sortie Mérida de ses pensées. Il s'avéra que c'était Ron qui descendait du dortoir des quatrième année. Les deux garçons se disputèrent quelques instants, avant que Potter ne remontent, suivit de Ron quelques temps plus tard.
Rapidement, tout en restant assez discrète pour ne pas réveiller ses camarades de dortoir, Mérida remonta son propre escalier et se réfugia dans son lit. Plus jamais de balades nocturnes. Au moins jusqu'à la semaine prochaine.
Quand elle se réveilla le lendemain, la jeune fille su qu'elle allait regretter sa sortie toute la journée. La transformation, le vol plus le quart d'heure passé derrière le fauteuil lui laissait un corps perclus de courbatures qu'elle traînait comme une âme en peine traîne son boulet. Et le pire s'annonçait seulement : elle avait un cours particulier avec Maugrey ce soir.
La journée passa lentement et elle ne trouva aucun moment où parler à ses amis sans être dérangée. Elle savait que Jack serait constamment entouré, surtout que la Première Tâche approchait. Harold, lui, semblait complètement dans la lune et quant à Raiponce, elle disparaissait à tout bouts de champs pour aller voir ce fameux « Alexandre » dont elle ne cessait de parler depuis quelques temps. Vous parlez d'amis.
Quand dix-sept heures sonna, Mérida se tenait donc devant la porte du Professeur de DCFM, la tête toujours pleine de cette conversation étrange. Machinalement, quand le « entrez » résonna, elle poussa la porte et partit s'asseoir à la même place que d'habitude.
Elle releva la tête, prête à noter le sortilège ou la gamme de sorts qui feraient l'objet du cours du jour, mais contrairement à d'habitude, le tableau était totalement vierge.
« - Range cette plume, petite. T'en auras pas besoin aujourd'hui. J'vais rien t'apprendre.
- Rien m'apprendre ? Mais…
- Tu vas apprendre toute seule. Dans certains cas, la plupart, d'ailleurs, ya que la pratique qui vaut que'quchose. »
Le vieil auror, claudiquant, fit le tour de son bureau et déposa devant la Gryffondor un objet. Une tasse à thé. Ebréchée, polie par le temps, elle semblait avoir connu de nombreux breuvages et de nombreuses mains.
« - Tu te demandes ce que je vais te faire faire, hein ? Vois-tu, quand j'me suis renseigné sur toi, j'ai appris quelque chose d'assez intéressant : tu possèderais apparemment un don de voyance assez important. Ce genre de don est un atout précieux. C'est pour ça que nous allons le travailler.
- Mais Mrs Pince m'a dit que…
- Tu ne devais pas le faire avant de majorité magique. Mais cette vieille chouette ne connaît que la théorie. Moi je sais que dans la pratique, ce genre de don demande un entrainement le plus tôt possible, sinon ils dégénèrent. Cependant, si tu souhaites suivre ce que t'a dit Pince, tu peux sortir. »
Mérida resta assise, sachant très bien que si elle sortait, elle ne pourrait plus remettre les pieds dans ce bureau.
« - Bien. Maintenant, enlève tes gants et dis-moi tout ce que tu peux sur cette tasse. »
Après un instant d'hésitation, Mérida enleva les gants qui limitaient son pouvoir. Effleurant son collier, elle réveilla Follet, l'homoncule qui lui servirait de guide si elle s'avançait trop loin.
Prenant la tasse en main, elle se concentra dessus, laissant ses visions l'emporter. Soudainement, une cascade de sons, d'images, de sensations la submergèrent. Joie, tristesse, solitude, rencontres, douceur, tout se mélangeait dans sa tête.
Et puis, en un instant, tout s'évanouit et elle se retrouva assise au sol, des débris de porcelaine entre les mains.
« - Mmmh, fit Maugrey, réparant la tasse d'un coup de baguette. Probablement trop chargé en histoire. On essayera avec quelque chose de moins fort la prochaine fois. Allez, relèves-toi gamine, on va pratiquer les sortilèges pour te remettre d'aplomb. »
Mérida se retint de soupirer. Maugrey n'aimait pas ça.
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D'un léger mouvement de baguette, Raiponce inversa le sel et le sucre devant son ennemie. C'était petit, mais elle ne pouvait s'en empêcher. Cette pimbêche tournait bien trop près d'Alexandre pour être honnête. Qu'elle profite de son porridge salé.
Etouffant la petite voix au fond de sa tête qui lui hurlait que la jalousie, c'était moche, elle se concentra sur son propre repas. La première Tâche avançait à grands pas et la tension montait de plus en plus. Et l'article de Rita Skeeter, sorti quelques temps plus tôt, n'aidait pas.
D'un côté, la journaliste de la Gazette du Sorcier avait présenté Potter comme sensible, pleurnichard et fier de s'être inscrit au Tournoi des Trois Sorciers. Ce qui, d'après ce qu'elle savait, était très loin de ce qu'avait déclaré le Gryffondor. Cela n'avait guère empêché ses détracteurs de se saisir de l'article pour en faire un sujet de moquerie.
Jack n'avait pas été épargné pour autant. Même si elle ne lui avait consacré qu'un petit encart, la journaliste semblait s'être fait un plaisir de présenter le Serpentard comme un détraqué. Depuis le portrait acide de sa famille « Qui était une honte sans nom pour tout le clan Frost » jusqu'à ses « frasques idiotes », la fausse blonde s'en était donné à cœur joie.
Le jeune homme l'avait d'ailleurs assez mal pris. La famille était un sujet sérieux et le saule pleureur du parc nord ne se remettrait surement jamais de ces gelées polaires qu'il avait subies en plein moins de novembre. Et personne n'avait osé lui en parler depuis que Pansy Parkinson s'était retrouvée avec une stalactite au bout du nez.
C'était donc la mauvaise ambiance dans les deux camps. La seule chose qui mettait un peu de baume au cœur des étudiants, c'était les spéculations sur la première Tâche. Tout le monde y aller de son commentaire et il y avait parfois des idées vraiment farfelues. Raiponce avait personnellement un petit faible pour celle de Colin Crivey, qui assurait qu'il faudrait sans nul doute se battre en duel contre un directeur d'une école adverse.
Elle s'apprêtait à quitter la table, quand un avion en papier lui fonça dessus. Peu de gens communiquaient avec elle de cette manière. Le papier devait donc obligatoirement venir d'un des membres du feu-Projet A. Sachant qu'à une heure pareille, ils étaient tous dans la Grande Salle, c'était étrange de passer par ce moyen. Dépliant son papier, Raiponce constata qu'il venait d'Harold.
« Salle habituelle, 14h, Hiccup »
Tiens, il signait avec Hiccup, maintenant. Peut-être pour qu'on ne le reconnaisse pas si jamais des yeux malintentionnés tombaient sur ce mot. Dans quoi diable s'était-il encore fourré ? Le brun avait le don de se retrouver dans des situations improbables(2).
D'un coup de baguette, elle enflamme le papier, habitude qu'elle avait prise quand ils tentaient encore de se transformer en animaux. Il lui restait trois bonnes heures avant le rendez-vous donné par Harold, et cela lui laissait donc le temps de travailler un peu et de mettre au point son plan pour séduire Alexandre. Depuis leur rendez-vous, ils s'étaient revus mais le jeune homme restait étrangement gêné. Il y avait anguille sous roche.
Attrapant ses affaires, la Serdaigle prit la direction de la salle n°27. Après un crochet par la bibliothèque, histoire d'emprunter un livre pour son exercice de potion, elle arriva devant le tableau. Saluant la Reine, elle énonça le mot de passe et entra.
Durant les trois heures qui suivirent, la blonde travailla consciencieusement. Quand midi sonna, elle mettait un point final au devoir de Snape, qui lui avait plus de fil à retordre que prévu. Elle rangeait seulement ses affaires quand Harold apparut.
« - Déjà là ? demanda-t-il.
- J'avais des choses à faire. Alors, que nous vaut l'honneur de ton invitation ?
- J'expliquerai quand tout le monde sera là. »
Le « monde » ne tarda pas à arriver. Jack ne fut en retard que d'une petite minute et, chose assez rare, Mérida arriva avant la fin du quart d'heure académique.
« - Yo. Contente de vous voir. J'ai plein de trucs à vous dire.
- A ce point ? demanda Raiponce, intriguée.
- Avant-hier soir, enfin, plutôt hier matin très tôt, je suis allé faire un petit vol de nuit. Quand je suis revenue, Potter était dans la Salle Commune et il discutait via la cheminée avec Black !
- Black ? Mais… Il n'était pas censé partir à l'autre bout du monde ? demanda Jack.
- Bah, Potter est son filleul, il est peut-être venu l'encourager pour le Tournoi. Mais ce n'est pas le plus important ! Ils parlaient de l'inscription bizarre de Potter et du fait que quelqu'un en voulait probablement à sa vie !
- C'est pas nouveau, Maugrey en parlait déjà quand on étaient dans la petite salle, le soir d'Halloween.
- Oui mais c'est Maugrey, il pense que tout ce qui se passe est un complot. Black est un peu plus fiable de ce point là.
- Ils n'ont rien dit d'autre ?
- Juste quelques trucs à propos de Karkaroff, mais je n'ai pas tout compris. Vous savez quelque chose à propos de lui ?
- Pas vraiment, non, dit Harold, pensif. Sergueï(3), un des élèves de Durmstrang, m'a dit qu'il n'était pas Directeur depuis très longtemps, environ cinq ou six ans, mais qu'il l'était vite devenu après être arrivé comme Professeur.
- Tu parles avec les élèves de Durmstrang, toi ?
- Et ceux de Beauxbâtons. Ils sont plutôt sympas. Et ne parlent pas de Potter ou de toi toutes les cinq secondes, ce qui devient une denrée rare à Poudlard. »
Raiponce laissa un sourire un peu désabusé fleurir sur son visage. Le Poufsouffle n'avait pas totalement tort. Cela tournait réellement à l'obsession chez certains élèves.
« - Bon, c'est pas tout ça, mais que voulais-tu nous dire, Hicc' ? »
Le Gallois sembla hésiter un instant, avant de prendre une grande goulée d'air.
« - Je sais quelle est la Première Tâche. »
Un ange passa.
« - Tu QUOI ? s'écria Mérida.
- Je sais qu'elle est la Première Tâche.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Jack. Dis-moi ce que c'est !
- Tu… Tu vas devoir affronter un dragon. »
L'ange, qui tentait de passer une seconde fois, fut écrasé par le poids de silence qui s'abattit. Le Serpentard semblait complètement abasourdi par la nouvelle.
« - Un… Un dra…Dragon ? Mais… Mais comment… ?
- Tu es sûr de ça ? l'interrogea Raiponce.
- Je les aie vus avant-hier. Ils viennent de Roumanie. Charlie avait besoin d'un dresseur supplémentaire, donc il m'a appelé.
- Oh. Attends, AVANT-HIER ? Tu as attendu DEUX jours pour m'en parler ! commença à s'énerver Jack. Je peux savoir pourquoi ?
- Parce que tu m'as inscrit contre mon gré au Tournoi ? Et parce que tu es censé te débrouiller seul ? »
Voyant que Jack allait répondre, probablement quelque chose de mesquin le connaissant, Raiponce mit fin au débat.
« - Si ce sont des dragons, tu sais comment les combattre, non ?
- Je sais comment les calmer, oui.
- Alors pas de temps à perdre. Il nous reste deux jours pour que Jack apprenne. Pas une seconde à perdre ! »
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A peine une heure après la révélation de la Première Tâche, la table de travail de la salle n°27 était recouverte de livres concernant les dragons. Après un frugal dîner, merci les elfes, deux des membres de groupe, à savoir Raiponce et Mérida, avaient fait une razzia à la Bibliothèque tandis que les deux garçons avaient ramenés les livres d'Harold, ce qui faisait déjà un bon nombre de volumes. Le Gallois avait déjà positionné plusieurs marque-pages.
« - Bon, il y a quatre dragons qui ont été amenés à Poudlard, donc un par Champions.
- Tu es sûr ? demanda Jack. Ils pourraient nous demander d'affronter les quatre en même temps et les remettre en état entre deux combats. »
Le regard noir du brun appris au Serpentard qu'il avait probablement dit une bêtise.
« - Ce sont des êtres vivants, pas des créations techno-magiques(4). On ne peut pas les « remettre en état » entre deux. Juste les soigner et attendre. De toute façon, il y a peu de chance que tu aies à la combattre, même un seul.
- Ah bon ?
- La Réserve n'est pas juste un enclos. C'est un lieu dédié aux dragons. Les dirigeants n'auraient jamais acceptés que l'on mette en danger leurs protégés. Il est plus probable que tu doives leur échapper un certain temps ou leur dérober quelque chose. Ce sont d'excellents gardiens de trésor, après tout.
- Je vois. »
Le Poufsouffle attrapa un livre, qu'il ouvrit et tendit à Jack. Sur la page s'étalait le dessin d'un immense reptile pourpre et noir couverts d'épines acérées.
« - Il y a quatre espèce de dragons différentes qui ont été sélectionnées. Vert Gallois, Boutefeu Chinois, Suédois à museau court et Magyar à Pointes.
- Lequel est le plus dangereux ? demanda Mérida, intéressée.
- Difficile à dire. Tous le sont à leur manière. Et les organisateurs ont bien faits les choses, ils ont pris des dragonnes en période de couvaison. Leur comportement est donc totalement imprévisible. Mais le plus costaud, c'est sans aucun doute le Magyar, répondit Harold en désignant l'image que regardait Jack. Il crache du feu jusqu'à quatorze mètres dans certains cas et au corps-à-corps, ses épines sont aussi dures que de la pierre.
- En gros, je dois en rester loin.
- En gros. Son feu n'est pas très chaud, donc si tu sais, érige un rocher comme bouclier, la pierre devrait résister assez longtemps. Le deuxième, c'est le Suédois à museau court. Moins de portée, mais un feu beaucoup plus chaud. »
Harold avait tourné la page et montrait aux autres un dragon d'une belle couleur bleu pâle, plus trapu que le précédent, aux pattes courtes, tout comme son museau.
« - A quel point ?
- Il te fait fondre du granit en quelques instants. Cependant, il n'est pas très vif et assez craintif. Reste loin de lui et il te laissera tranquille.
- Oui mais si je dois récupérer quelque chose, je vais devoir m'approcher. Comment je peux le neutraliser efficacement ?
- Les dragons ont une faiblesse au niveau des yeux, intervint Mérida, qui s'y connaissait en SACM. Un sortilège de Conjonctivite est plutôt efficace.
- Pas sur des mères, contra Harold. Si elles perdent la vue, elles vont paniquer. Et un dragon paniqué, c'est encore plus dangereux. Le mieux, c'est de la distraire. Animer quelque chose et attirer son attention dessus devrait marcher. »
Récupérant le livre, il en tendit un autre au Champion de Poudlard. Une nouvelle image montrait un dragon vert forêt, très long et fin.
« - Le Vert Gallois. Lui ne crache quasiment jamais de feu. Mais il est très agressif et très rapide. De plus, sa morsure est venimeuse. Si tu es mordu, la zone touchée sera complètement endormie et cela s'infectera rapidement.
- Le poison s'étend vite ?
- Assez. Si jamais cela t'arrive, arrache un morceau de tissus et fais un garrot. Je te montrerai tout à l'heure. Lui a une peau moins épaisse que les autres, donc en dernier recours, tente le Stupéfix le plus puissant que tu peux, cela devrait le sonner assez longtemps pour que tu puisses t'enfuir. Ou alors gèle-lui solidement les pattes. Il n'est pas très fort physiquement et il lui faut du temps pour produire du feu, donc tu auras une petite minutes pour t'écarter. Le dernier, c'est le Boutefeu Chinois. »
C'était cette fois-ci un reptile d'un rouge ardent. Moins massif que le Suédois, il possédait cependant une gueule très large ornée d'une généreuse dentition.
« - Il faudra te méfier de celui-là. Il crache énormément de feu et celui-ci s'accompagne de gaz inflammable. Quelque secondes après qu'il ait craché son feu, le gaz explose. Généralement, l'explosion est réduite mais certains spécimens sont assez vicieux et accumule le gaz plus longtemps avant de cracher leurs flammes. »
L'après-midi se poursuivit de la même manière, Jack engrangeant le maximum de connaissance sur comment maîtriser chacun des quatre types de dragon. Quand Harold dût partir aider les dresseurs, il était déjà tard et les trois autres étaient épuisés, autant d'avoir dû lancer des sorts que d'avoir servi de cible à ceux des autres.
Jack, peu désireux de se retrouver entouré d'admirateurs plus ou moins envahissants, prit la direction du Parc. A cette heure, il devrait être tranquille.
La nuit était fraiche, mais son manteau était suffisamment épais pour couper le froid. S'installant sur un des nombreux bancs qui garnissaient l'étendue herbeuse, le jeune homme se laissa dériver au fil de ses pensées.
Il ne se sentait absolument pas prêt à affronter un dragon. Ses amis avaient beau faire le maximum, Jack savait que face au monstre, il perdrait pied. Il n'était pas fait du bon bois pour affronter des choses pareilles. C'était plutôt le trip de Mérida. Lui, il sentait juste son ventre se tordre et sa main trembler. Mais qu'est-ce qui lui avait pris de s'inscrire à un truc pareil ? Il avait beau faire le fier devant les autres, il n'en menait pas bien large.
Le pire, c'était que son atout principal, à savoir sa magie élémentale, ne lui servirait strictement à rien face à ces cracheurs de feu. Il n'avait qu'à espérer avoir de la chance.
Ramenant ses genoux contre lui, le jeune homme cacha sa tête dans le creux nouvellement formé. Il sentait le désespoir se répandre dans ses veines, comme un torrent glacé. Un cri au loin, qui était probablement celui d'un dragon furieux, manqua de le faire fondre en larme pour de bon.
Soudainement, les planches du banc s'affaissèrent légèrement. Relevant brusquement la tête, Jack se retrouva face à une jeune fille qu'il ne connaissait pas.
« - Je peux m'asseoir ?
- Ah, euh… Oui. »
Souriant, elle se laissa aller contre le dossier, ses cheveux bruns mi-longs masquant son visage.
« - Je suis désolée de te déranger, mais tu avais l'air d'avoir besoin d'un peu de compagnie et moi, je fuis le carrosse. Ils n'arrêtent pas de parler de Fleur et ça devient lourd.
- Tu es de Beauxbâtons ?
- Et toi le Champion de Poudlard. Cela pose un problème ? »
Jack repensa aux paroles d'Harold, quelques heures plus tôt : « Ils sont plutôt sympas. Et ne parlent pas de Potter ou de toi toutes les cinq secondes, ce qui devient une denrée rare à Poudlard. »
« - Aucun, à vrai dire. Tant que tu ne me parles pas de ce maudit Tournoi, ça me va.
- Tant mieux. Parce que je n'ai pas envie d'en parler non plus. »
Jack se laissa aller à sourire. La soirée n'était peut-être pas totalement mauvaise, finalement.
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(1) Ce dialogue, c'est texto celui du livre, quelques phrases en moins.
(2) Sérieusement, qui trouverait un œuf de dragon totalement par hasard en visitant la forêt interdite ?
(3) J'ai failli l'appeler Vlad. Puis je me suis ravisé ^^
(4) Ensemble regroupant les balais magiques, tapis volants, baguettes… Tout ce qui est alliage d'artisanat et de magie, en gros.
Et voilà. Encore un gros merci à Emmawh pour son aide !
Un gros chapitre, aujourd'hui, avec pleins de trucs. Dans le prochain, notre petit Jack devra faire face au dragon !
A dans deux semaines !
