Les Années Sombres

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.

Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.

Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)

Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui des chocapic et des anti-douleurs. (parce que je la fais travailler malade, en plus). Un jour je vous laisserai les commentaires qu'elle me laisse dans le chapitre, moi ça me fait toujours rire.

Merci à Zaza's Mind, mc arno, Loupiote54, son.y, Paquerette-san, LadyWyvern, Philou et Sheria Pie pour leur review ! (PS : on a dépassé les 100 reviews ! Un grand merci à tous !)

Son.y : Hello ! Merci pour ta review ! Je suis content que le chapitre t'ait plu et j'espère que celui-ci te plaire aussi ! Pour la mère de Jack, mystère jusqu'au bout : ). Et oui, ce Noël-ci, c'est l'ultimatum. North et Eric lui avait laissé un an. Il reste à espérer que la scellée sera efficace…

Bonne lecture !

LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review ! Ici, on se place une ou deux semaines plus tard, donc on ne verra pas la réaction des élèves, surtout que l'action de magie Frost n'était pas non plus incroyable, c'était quelque chose de faisable avec une baguette. Mais on en reparlera plus tard dans la fic =)

Pour les œufs, cela m'a toujours semblé étrange dans les livres qu'on laisse des œufs de dragon, donc plutôt précieux, servir ainsi. C'est pourquoi j'ai mis des faux ici.

Pour Mérida, je trouve que ce chapitre-ci sera encore correct pour elle. Maintenant, c'est un petit chapitre de transition, donc voilà ^^

J'espère que la suite continuera à te plaire !

Bonne lecture !

Philou : Hello ! Merci pour ta review ! Je crois que la notation des épreuves était un peu laissée de côté dans le film, c'est peut-être pour cela que ça ne t'a pas marqué.

Quant à Krum, il était beaucoup plus maladroit et beaucoup moins sexy sur terre dans le livre comparé au film (bon, même si monosourcil ^^)

Pour le dragon qui lévite par magie, il me semble en avoir déjà parlé il y a longtemps. Et pour la balade dans le château du dragon, bah ça me semblait un peu risqué de laisser une bestiole pareille se balader à son aise. Très artistique pour un film, mais peu crédible =)

Content que cela t'ait plu, en tous cas !

Bonne lecture !

Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow. Et à ceux qui ont aimé la page Facebook. Pour une raison étrange, il y a eu un sursaut de like sur la page, sans que je sache trop pourquoi ^^

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Chapitre 10 : Le calme après la tempête

Epuisée, Mérida se laissa retomber sur sa chaise. Maugrey n'avait définitivement aucune pitié. Cela faisait deux heures qu'elle le combattait et, pour un vieillard unijambiste, il était incroyablement vif et puissant. Ceux qui le disaient sur le déclin n'avaient aucune idée de son état réel.

« - Bien. Cela suffira pour aujourd'hui. Passons à la maîtrise de ton don. Je crois avoir compris ce qu'il te manque pour passer de la simple visualisation à la recherche. Sais-tu comment se déclenche réellement ton don ?

- Eh bien, quand je touche un objet émotionnellement chargé, il se déclenche et me montre les souvenirs liés. Si je ne sors pas assez vite, je m'enfonce dans les fils temporels et je perçois les différents futurs.

- Ca, c'est comment il fonctionne. Mais comment se déclenche-t-il ? Qu'est-ce qui change dans la seconde où commencent tes visions ? »

Mérida réalisa qu'elle n'y avait jamais réellement réfléchi. Elle savait ce qu'elle devait faire pour empêcher son don de surgir, mais elle ne savait pas pourquoi.

Maugrey sortit un verre, qu'il remplit d'eau jusqu'à ras-bord d'un geste de la baguette.

« - Ca, c'est toi. L'eau, c'est ta magie. La plupart des gens ont une quantité de magie plus ou moins égale à ce que peux contenir leur corps. Certains en ont moins, ils ont donc plus de difficultés à effectuer des sorts et d'autres, comme Dumbledore ou le Seigneur des Ténèbres en ont plus, ce qui fait qu'elle déborde sans cesse et que, s'ils sont plus puissants, ils sont aussi plus instables. Mais toi, tu es dans la norme. Quand rien ne se passe, ta magie se présente comme ça, dit-il en désignant l'eau calme. Maintenant, imaginons… »

Saisissant une poignée de cailloux qu'il avait apparemment préparés en avance, il les mit en lévitation tout autour du verre.

« - Ceci, c'est la magie ambiante. Elle peut être due à des lignes de forces, mais aussi à des objets comme la tasse, qui sont fortement chargés en émotions. Au contact d'un sorcier, l'émotion devient magie. Et quand tu touches cette tasse… »

D'un geste vif, Maugrey envoya un des cailloux dans l'eau, qui provoqua une éclaboussure et des cercles concentriques.

« - Ta propre magie réagit. C'est ça, qui débloque ton don. C'est parce, via tes mains, la magie des objets vient titiller ta propre source. Je suis à peu près sûr que si tu touchais un sorcier, n'importe lequel, des visions surgiraient aussitôt. »

Deux souvenirs revinrent à Mérida. Deux ans plus tôt, avant que Mrs. Pince ne lui offre ses gants, une pareille scène c'était en effet déroulée. Elle avant percuté Lockhart et elle l'avait entendu crier « Oubliette » ! Et plus tard, elle avait « vu » Krokmou se balader sur l'épaule d'Harold, après que celui-ci l'ai frôlée !

« - Bien, je vois que tu saisis. Maintenant, le tout va être de ne plus dépendre des évènements externes, mais de provoquer ce don.

- C'est possible ?

- C'est le même principe que de lancer un sortilège. Tu vas devoir solliciter ta source de magie, cette « eau », et la faire réagir, comme elle le fait lorsque tu touches un objet. Pour l'instant, essaies de faire ça en t'aidant de l'énergie de la tasse, sans la toucher. Quand t'y arriveras, on essaiera sans support. »

Mérida se retint de soupirer. Ses muscles la tiraient comme si elle avait parcouru des kilomètres sur le dos d'Angus. Mais mieux valait éviter de se plaindre. La dernière fois, Maugrey avait semblé devenir fou et l'avait assaillie de sortilèges. Elle ne voulait pas se retrouver une nouvelle fois face à ces yeux délirants et cette pluie de sorts. Pour la première fois, elle avait réellement eut peur du vieil homme et elle n'était pas prête de l'oublier.

Fermant les yeux, elle pensa à ce qu'Harold avait une fois essayé de lui expliquer, après une séance de transformation de Krokmou. Cette histoire de faire « déborder sa magie », cela ressemblait un peu à ce que son ami faisait à ce moment-là. Plutôt faible magiquement, il complétait certainement son propre « réceptacle » avec la magie qu'il puisait chez ses amis. D'après lui, il suffisait « d'étendre son esprit jusqu'à trouver les émanations ». Simple à dire, difficile à faire.

Se concentrant, elle tenta de visualiser l'espace devant elle, où trônait normalement la tasse. Il fallait absolument résister à l'envie de tendre la main. Elle n'avait aucune idée de ce que Maugrey ferait si elle s'avisait de ne serait-ce qu'avoir l'air de vouloir provoquer les visions avec un contact direct.

Toujours les yeux fermés, la jeune fille tenta tant bien que mal de « ressentir » l'énergie magique de la tasse. Elle avait bien l'impression de « voir » quelques malheureuses étincelles devant elle, mais rien de semblable à ce qu'elle pouvait ressentir en touchant l'objet. Elle se risqua tout de même à essayer de les « effleurer », mais rien. Pas une vision. Même pas un chatouillis. Elle commençait à désespérer quand…

« - On va s'arrêter là pour aujourd'hui. Ça sert à rien d'continuer, tu t'fatigues trop pour arriver à quelque chose.

- Déjà ? s'étonna Mérida en ouvrant les yeux.

- Ca fait une bonne heure que tu t'acharnes, petite. »

Une heure ? Elle avait l'impression d'avoir commencé il y a quelques minutes à peine. Avait-elle réellement passé une heure à se concentrer, elle qui, selon sa mère, avait la capacité d'attention d'un ourson en manque de miel ?

« - On retentera le coup la prochaine fois. En attendant, essaie de t'exercer à « voir » les sources de magie. Le Château en est plein. »

Sans un mot de plus, il la congédia. La nuit était tombée depuis un bon moment, tout comme le couvre-feu, mais Maugrey ne lui donnait jamais de mot excusant sa présence dans les couloirs. Il disait que si elle se faisait attraper par un bon-à-rien de Cracmol comme Rusard, c'était que l'entrainement n'avait pas été efficace.

Se faufilant de passage secret en porte dérobée, la rousse atteignit rapidement la Tour de Gryffondor. Il lui fallut encore deux bonnes minutes pour parvenir à réveiller la Grosse Dame, qui la laissa passer en ronchonnant contre les jeunes gens impolis. Rejoignant enfin son dortoir, elle se laissa tomber sur son lit, s'endormant comme une masse.

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« - La valse, dit le Professeur McGonagall, est la danse la plus importante qui soit. Peu importe le pays dans lequel vous vous trouvez, la valse sera toujours d'actualité et vous permettra, si pas de briller en société, du moins de ne pas vous ridiculiser. »

Harold doutait grandement de ces dires. Mais vu les rumeurs qui courraient sur les cours de danse que la vieille écossaise avait déjà dispensé, mieux valait ne pas le dire tout haut.

« - Lors du bal de Noël, vous, jeunes gens, représenterez Poudlard et par là-même le Royaume-Uni tout entier. Je ne veux pas voir un seul d'entre vous se comporter de manière déplacée.

- Elle croit vraiment qu'on se tiendra « honorablement » quand les Bizarr'sisters pointeront le bout de leur nez ? marmonna quelqu'un dans l'assistance. »

Effectivement, depuis quelques jours, la rumeur très persistante du groupe de musique sorcier anglais le plus connu courrait dans les couloirs. Les musiciennes étaient connues pour déclencher de véritables ouragans fanatiques sur leur passage.

« - Je vous aie entendue, M. Higgs. Pour la peine, sortez du rang et venez m'aidez pour la démonstration. »

Higgs, ancien attrapeur de Serpentard, était un septième année qu'Harold pouvait, en toute bonne foi, qualifier de « mignon ». Plutôt grand, les cheveux blonds, relativement bien fait grâce à la pratique du Quidditch, seule sa mine continuellement renfrognée l'empêchait d'être véritablement beau.

Un peu maladroit, l'idée de devoir danser avec McGonagall n'aidant sûrement pas, il se dégagea de la foule, s'approchant de la piste. D'une série de gestes secs, la sorcière mit Higgs face à elle, plaçant les mains du jeune homme aux endroits appropriés. La mine figée du Serpentard mis doucement en branle un fou rire discret qui prenait possession des derniers bancs.

« - Les hommes doivent placer leur main gauche sur la hanche de leur partenaire, les dames la leur sur l'épaule gauche. Les deux mains droites doivent être jointes à hauteur de poitrine. De poitrine, M. Higgs. J'aurai cru que vous saviez où cela se situait. »

Gêné, rouge pivoine, le blond remonta sa main droite, tout en essayant d'oublier que sa gauche se trouvait sur la hanche d'une des plus effrayante et puissante personne de Poudlard

« - Mieux. Une fois en place, il vous faut vous déplacer. La valse classique se fait en trois temps. Mr. Rusard ? Musique, s'il-vous-plaît. »

Le concierge, dans le même vieux costume râpé que le jour d'Halloween, donna un coup à l'antique gramophone magique, qui émit une plainte qui ressemblait fortement à une promesse de représailles(1), avant qu'une musique lente ne commence à sortir du cornet.

« - Mr. Higgs, suivez mes pas. »

Avec une élégance et une grâce relativement inattendue de la part de cette sorcière si rigide, McGonagall entama la danse. Higgs, pour sa part, avait quelques difficultés à suivre les mouvements fluides de la vieille femme, mais limitait assez efficacement les dégâts en fixant toute son attention sur ses pieds.

« - Une chose ne faire sous aucun prétexte est précisément d'imiter Mr. Higgs. La valse est une danse à deux. Regarder les pieds de son ou sa partenaire est insultant, autant pour vous que pour le deuxième danseur, qui voit ses capacités remises en doute. »

De plus en plus gêné, de jeune homme redressa alors la tête, sans savoir où exactement regarder, effrayer à l'idée de plonger ses yeux dans ceux de la sorcière. Sorcière qui, décidément, était de bien mauvaise humeur aujourd'hui. Nul doute que Higgs tiendrait sa langue lors du prochain discours de la sous-directrice.

« - Voilà qui est mieux, signifia-t-elle avant d'arrêter la danse. Jeunes gens, à vous. Tentez de reproduire les mouvements que je vous aie montré. Je passerai dans les rangs rectifiez ce qui ne va pas. »

Emboitant le pas de Mérida, à qui il avait discrètement demandé pendant la démonstration si cela lui allait de danser avec lui, Harold se glissa sur la piste de danse. Maladroitement, il plaça ses mains, aidé par la rousse. Devant le regard étonné de son ami, elle se sentit obligée d'expliquer.

« - J'en ai pas l'air, mais je suis une Lady. Donc je sais danser. J'aime pas, mais je sais. Essaie de me suivre. »

Emmené par son amie, Harold déambula dans la salle, tournoyant doucement. Assez étrangement, il apprécia. Il n'avait jamais beaucoup aimé danser à Beurk, ce qui se résumait grossièrement à « échanger de place et gueuler plus fort que le voisin », mais la valse, c'était agréable. Il retrouvait, dans les pas, un peu des sensations qui l'avait submergé quand il avait dénoué les leys dans la forêt de son village. C'était quasiment le même principe, suivre le rythme de la musique et placer ses pieds au bon endroit.

« - Hicc' ?

- Hum ? répondit-il en sortant de ses pensées.

- Tu comptes aller au bal avec quelqu'un de particulier ?

- Non, pas vraiment. Pourquoi ?

- J'ai pas envie de chercher. Ça te dit qu'on y aille entre potes ?

- Ca me va.

- Parfait. »

Harold laissa un sourire fleurir sur ses lèvres. Ce genre de réflexions, c'était purement Mérida. « J'ai la flemme ». Plus que ça, elle était totalement fermée à l'idée de relation amoureuse. Il se souviendrait toujours du grand éclat de rire qu'elle avait poussé quand Marius lui avait demandé de sortir avec lui. Pour elle, ça tenait tout simplement de l'impensable d'être en couple. Trop de contraintes pour ce que c'était.

Il se demandait franchement si un jour quelqu'un aurait le courage de la faire changer d'avis. Vu le caractère buté de l'écossaise, ce serait certainement un travail de longue haleine. Il souhaitait bien du courage à qui voudrait s'attaquer à l'ours que pouvait devenir Mérida.

« - Très bien, reprit McGonagall, quelques peu effarée devant l'ampleur de la catastrophe. Cela suffira pour aujourd'hui. Une deuxième séance aura lieu d'ici quelques jours. Entre temps, veuillez vous entrainer. »

Les élèves s'égaillèrent rapidement, tels une nuée d'oiseaux, effrayé que la vieille femme revienne sur sa décision d'arrêter la séance.

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Raiponce stressait. Cela lui arrivait rarement, mais cela arrivait. Dans la liste de ces moments notables, on pouvait retrouver la session des BUSES, mais aussi une bonne partie des séances animagus, surtout l'ingurgitation de la potion potentiellement mortelle, ou encore le face-à-face avec le Professeur Lupin sous sa forme de lycanthrope. Des évènements relativement exceptionnels, donc.

Cependant, aujourd'hui n'avait rien de particulier. Elle n'allait pas enfreindre de lois, enfin, sachant qu'elle était un animagus illégal et qu'elle aidait Harold à cacher un dragon de compagnie, pas plus que d'habitude. Elle n'allait pas non plus se retrouver face à une créature mortelle quelconque. Non, aujourd'hui, elle allait devoir contacter sa mère et lui expliquer qu'elle n'allait pas passer les vacances chez Mérida mais chez Jack. Dieu merci, sa mère n'était pas encore assez omnipotente pour percevoir que sa fille fréquentait un jeune homme. Le jour où elle l'apprendrait, Alexandre n'avait qu'à bien se tenir.

L'autre problème, c'était que ça faisait bien deux semaines qu'elle ne l'avait pas contacté. Au début de sa scolarité, elle l'appelait tous les jours, mais petit à petit, elle avait espacé les appels. Mais deux semaines entières, c'était la première fois. Et comme sa mère avait une très mauvaise notion du temps, elle ne se rendait compte de la période sans nouvelle qu'au moment où sa fille l'appelait. Ce qui offrait à Raiponce une belle session d'engueulade, voire pire, de froid. Gothel avait le don de glacer l'atmosphère quand elle était en colère et, en fille bien élevée, la Serdaigle n'osait jamais couper la conversation en première, ce qui rendait la situation longue et gênante.

Prenant une grande inspiration, elle sortit son miroir à double sens et souffla :

« - Gothel Tower. »

La surface brillante se troubla, dans l'attente d'une réponse. Puis, l'abondante chevelure sombre et la moue dédaigneuse de sa mère apparurent dans le miroir. Vu son air, elle avait déjà réalisé que sa fille ne l'avait pas contactée depuis un moment.

Un silence gênant s'installa quelques secondes, avant que la jeune fille, qui avait toujours l'impression de retrouver ses cinq ans face à sa mère, n'ose prendre la parole.

« - Bon… Bonjour Mère. Vous êtes radieuse aujourd'hui. »

La femme lui renvoya un regard glacial, signalant à sa fille que la flatterie ne la mènerait à rien.

« - Bonjour, Raiponce. Cela faisait longtemps. »

Un frisson lui remonta le long du dos. La voix des mauvais jours. Soit elle avait raté une potion, soit quelqu'un était venu la déranger. Quand le deuxième causait le premier, c'était pire que tout.

« - J'ai… Assez peu de temps libre, ce derniers temps. Depuis que la Première Tâche du Tournoi est passée, les professeurs semblent s'être décidés à mettre les bouchées doubles. »

Ce n'était pas totalement un mensonge, la quantité de travail pour la sixième année étant assez conséquente. Cependant, ce n'était pas non plus la totale vérité, mais sa Mère n'avait pas besoin de le savoir. Ce qu'elle ne savait pas ne pouvait lui faire de mal. Toutefois, le regard suspicieux de la plus âgée lui faisait bien comprendre qu'elle doutait clairement des paroles de sa fille.

« - Hmmm… Et pourquoi m'appelles-tu soudainement si tu es tellement occupée ?

- Je… Je voulais vous prévenir que je ne passerai pas les fêtes chez Mérida, cette année. »

Son interlocutrice haussa un sourcil, intriguée.

« - Ah bon ? Tu reviens à la maison ?

- Non, je… Je vais les passer chez Jack. Sa mère nous a invités à venir après le Bal de Noël. Le Poudlard Express partira le 26 et les cours reprennent le 4 janvier, donc ça fera environ une semaine et demie. »

Sa mère fronça ses fins sourcils. Cela sentait mauvais. La plupart du temps, quand elle faisait cette tête-là, c'est qu'elle allait refuser ce que demandait sa fille et se lancer dans un long laïus sur le thème de « c'est pour ton bien ».

« - Raiponce… J'ai accepté que tu ne rentres pas pour les vacances, mais uniquement si tu restais chez ton amie. Les Overland sont une famille beaucoup moins sûre. Le vieux North n'a plus de pouvoir et sa belle-fille n'est pas une très bonne sorcière…

- Mais Mère…

- Je préfèrerai sincèrement que tu n'y ailles pas. »

Autant dire que c'était non.

« - Jack sera avec nous. Ainsi que Mérida. Et Harold. Vous les avez déjà rencontrés. Eux sont de bons sorciers. En cas de problèmes, ils seront là.

- Raiponce…

- Et la propriété des Overland est protégée par d'excellentes barrières, des magiques et des élémentales. »

Sa Mère ferma les yeux et lâcha un soupir. Raiponce avait donc potentiellement gagné. Auparavant, elle était beaucoup moins facile à convaincre, mais la plus âgée avait fini par rendre goût à ces vacances de Noël en solitaire, qui lui permettait de profiter pleinement de l'énergie du solstice.

« - Bien. Mais j'exige que tu me contactes chaque jour. S'il passe un seul jour sans que je n'aie de tes nouvelles, je viendrai te chercher chez les Overland, dus-je démonter pièce par pièce leurs si puissantes barrières.

- Merci. Merci infiniment, Mère ! »

La conversation continua quelques minutes, la jeune fille prenant des nouvelles et racontant à sa mère les derniers évènements qui s'étaient déroulés à Poudlard. Elle passa précautionneusement sous silence le fait qu'elle avait recroisé son amour d'enfance, dont elle avait d'ailleurs pris soin de ne jamais parler à la plus âgée.

Quand elles eurent terminé, la jeune fille se laissa tomber sur son lit. Elle ne se l'avouait qu'à moitié, mais si elle n'avait pas envie de rentrer chez elle pour Noël, c'était en grande partie pour passer les vacances avec ses amies, mais aussi parce qu'une part d'elle n'avait pas vraiment le courage de se retrouver face à Gothel en chair et en os. Cette histoire d'adoption continuait de la hanter, et, malgré les recherches qu'elle effectuait, elle ne trouvait rien sur des sorciers du nom de « Goldensun ». Elle commençait doucement à épuiser sa réserve d'idées.

Soupirant, elle décida de fermer les yeux. Ça irait peut-être mieux après un petit somme.

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L'ambiance de la salle de Potion était étouffante. Malgré le froid qui régnait au-dehors, les feux qui brûlaient continuellement sous les chaudrons donnaient à l'endroit des allures infernales. Et il fallait ajouter à cela le stress ambiant, résultat de la préparation d'un philtre d'apaisement qui, paradoxalement, pouvait exploser à chaque moment de sa réalisation.

En parlant d'explosions…

« - Hicc', non ! »

D'un geste vif, Jack rattrapa la racine que son ami allait lâcher dans le liquide bouillonnant. Etant donné que la classe d'ASPIC mélangeaient tous les, rares, étudiants qui parvenaient à obtenir un Optimal à leur BUSE de potion. Et Snape avait pris un malin plaisir à reformer des binômes, ce qui faisait que Jack, alors qu'il travaillait en duo avec Raiponce depuis la première année, se retrouvait avec Harold.

A se demander comment il avait fait pour obtenir sa BUSE, lui, d'ailleurs. Il était une véritable catastrophe ambulante. Tous les ingrédients qu'il manipulait étaient mal préparés, la plupart du temps mal effeuillés ou épluchés. Et pourtant, quand il faisait attention au geste de son partenaire, Jack avait l'impression qu'il était méticuleux. Mais entre le moment où il finissait de préparer l'ingrédient et celui où il le mettait dans le chaudron, on aurait dit que des feuilles étaient apparues et que la peau s'était régénérée. A n'y rien comprendre.

« - Fais attention, grogna le Serpentard. Il ne nous reste que deux ingrédients pour qu'elle soit finie. Je n'ai pas envie de tout recommencer parce que tu l'auras faite exploser. »

Le philtre d'apaisement était en effet une potion d'une complexité relativement élevée pour des sixième année. Rien de comparable à la potion de chamanisme qu'ils avaient préparée pour le Projet A, mais cela demandait tout de même trois heures de travail ininterrompu et pas moins de trente-deux ingrédients qu'il fallait peler, couper, piler et bien d'autres choses encore. Avec le risque que la potion explose à la moindre mauvaise manipulation.

« - Bon, écoute, je me charge de cette racine, toi tournes dans la potion. Sept fois dans le sens des aiguilles d'une montre, puis une fois dans le sens inverse. Et tu fais ça trois fois, d'accord ? Ca va ralentir le processus le temps que je prépare les ingrédients restants. »

Harold, toujours très silencieux en présence de Snape, qui le mettait mal-à-l'aise, se contenta d'hocher la tête et de saisir la spatule en bois.

Moins de dix minutes plus tard, les garçons mirent le liquide d'un bleu doux en flacon, en déposant un sur le bureau de Snape et l'autre dans une armoire, dans un emplacement enchanté pour ne s'ouvrir que sous les doigts du binôme ou ceux du Professeur. Cela permettait à Snape de conserver des doubles des potions, qui lui permettrait de comparer avec l'échantillon remis en cas de problèmes, tous en les gardant éloignés des élèves, certaines préparations étant facilement détournables à de mauvaises fins.

Sortant de la classe, les deux amis se saluèrent, Harold partant pour le cours de Runes, que Jack n'avait pas pris. Ce n'était pas non plus une obligation pour devenir dragonnier, mais le jeune homme appréciait apparemment assez cette matière pour se rajouter du travail. D'après ce que lui en avant dit Marius, qui suivait aussi ce cours, le Gallois était plutôt doué. Jack, qui avait vu l'amulette caméléon, capable de « cacher » plus ou moins un dragon, en action voulait bien le croire sur parole.

Décidant de profiter de la journée claire, même si froide, le jeune homme se dirigea vers le parc. Les feuilles étaient déjà bien tombées, même si l'automne ne touchait pas totalement à sa fin. Les grosses pluies de cette semaine avaient bien aidé à dénuder les arbres.

Sans qu'il s'en rende réellement compte, ses pieds le menèrent vers le banc qu'il appréciait particulièrement depuis qu'il s'y était réfugié durant son petit coup de blues pré-première tâche.

Comme d'habitude, Alice s'y trouvait, un livre à la main. Normalement, les étudiants de BeauxBâtons suivaient un cursus semblable à celui de leur ancienne école, mais la jeune fille, qui s'était tournée vers la carrière d'Enchanteresse, un métier qui n'existait pas réellement en Angleterre, n'avait pas trouvé d'équivalent de certains cours à Poudlard. Elle devait donc les étudier par elle-même, avec l'aide de Mme Maxime, qui était elle-même formée à ce métier.

Timidement, Jack vint s'asseoir sur le banc. Comme à son habitude, la jeune fille termina sa page, la marqua, referma son livre puis, dégagea ses cheveux derrière son oreille, dans un geste que Jack trouvait absolument charmant, leva les yeux vers le garçon.

« - Salut.

- Sa…Salut. Je… Je ne te dérange pas ? bégaya-t-il tant bien que mal.

- Non, j'avais fini. Enfin, j'allais me mettre à la pratique, mais tu vas pouvoir m'aider. Ça te dit ? »

Jack, qui s'était quelques peu perdu dans les yeux chocolat de son interlocutrice, mit quelques secondes à répondre.

« - Quoi ? Ah, oui, oui, évidemment ! Tu dois faire quoi ?

- Tu vois le charme qu'a utilisé Fleur pendant le Tournoi ? C'est une variante, plus dure mais plus courte. En gros, je vais t'endormir.

- Mais… Il existe déjà des charmes de sommeil, non ?

- Celui-là à la particularité de passer les barrières mentales de tout type, alors qu'un bon occlumen peut arrêter un charme de base.

- Occlumen ?

- C'est quelqu'un qui protège son esprit. Il y a plusieurs méthodes. Mais l'atout majeur, c'est que tu résistes mieux aux sorts de compulsion mentale et qu'on ne peut plus lire tes souvenirs. Alors, prêt ? »

Hochant la tête, Jack la laissa faire. Le seul problème, c'était que le charme ne fonctionnait pas. Du moins, pas comme attendu. Au lieu d'endormir Jack, il passait droit à travers la scellée posée par sa mère et endormait la Voix. Il avait dû faire preuve d'un grand self-control pour ne pas laisser ses pouvoirs éclater d'un coup, ainsi que pour faire croire à la jeune fille que le charme fonctionnait bel et bien.

« - Bon, dit-elle au bout d'une demi-heure, ça suffira pour aujourd'hui. Merci beaucoup en tous cas.

- De rien.

- Je suis désolée, mais je ne vais pas pouvoir rester, cette fois. Je dois aller voir Mme Maxime. Mais si tu veux, je suis libre toute l'après-midi, demain.

- D'accord. »

Jack, hésitant, la regarda ranger son livre et se lever. Ce n'est que quand elle eut fait quelques pas qu'il trouva le courage.

« - Alice, attends !

- Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle en se retournant.

Se mordillant l'intérieur des joues, Jack hésita encore une seconde puis :

« - Est-ce que tu voudrais bien venir avec moi au Bal de Noël ? »

La jeune fille le regarda, puis sourit.

« - Avec plaisir. »

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(1) La peste soient les objets animés.

Un chapitre assez calme et relativement petit, mais mon dieu qu'il a été difficile à sortir. Non seulement à cause de contraintes extérieurs, mais aussi à cause d'une petite baisse d'inspi. J'espère tout du moins qu'il vous aura plu.

On se retrouve dans deux semaines !