Les Années Sombres
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.
Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)
Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui ce que vous voulez, mais pas du chocolat ^^ (C'est elle qui le demande )) Un jour je vous laisserai les commentaires qu'elle me laisse dans le chapitre, moi ça me fait toujours rire.
Merci à son.y, mc arno, Zaza's Mind, Philou, becca015, Paquerette-san, LadyWyvern et Milou-sarcastic-yaoiste pour leur review !
Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.
Son.y : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, ça va être folklorique. Surtout Mérida en robe de soirée ^^. Ce chapitre-ci n'y est pas consacré, mais le suivant, oui ! J'espère toutefois que ça te plaira quand meêm : ).
Bonne lecture !
Philou : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, pas le choix quand on fait un film de faire des choix scénaristiques et esthétiques, mais certains restent vraiment douteux ^^ Gothel s'est laissée persuader facilement, mais c'un autre côté ça l'arrange. Il faut dire aussi qu'elle a d'autres choses en tête, on verra ça plus tard ^^ Pour Harold, ce n'est pas tellement de la maladresse, mais c'est surtout que les plantes entrent en résonnance avec sa nature de Fae, donc elles ont tendance à repousser un peu ^^ Et enchanteresse, c'est un métier un peu semblable à briseur de sort, mais dans l'autre sens et avec une spécialisation dans les magies de l'esprit. Ce chapitre ne parlera pas du bal, mais le suivant, oui !
Bonne lecture !
LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review ! Harold et Mérida au bal, c'était gros, j'avoue ^^ Maman Gothel ne s'assouplit pas tant que cela lui profite d'avoir les vacances pour elle seule. Et il y a d'autres petites choses que l'on abordera plus tard ^^
Oui, les coffres à pied. Le Bagage est génial ! (moins que Mémé et la Mort, mais génial quand même).
Bonne lecture !
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Aujourd'hui plus que jamais,
L'union fait la force
22/03/2016
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Chapitre 11 : Douceur d'automne
Le matin était gris, le plafond de la Grande Salle en était réduit à une immense toile uniforme et terne. Le moral de Jack n'était pas beaucoup plus reluisant. Voilà maintenant trois semaines qu'il planchait sur l'œuf et rien, pas une solution. Harold pensait que le cri qui s'en échappait était probablement celui d'une créature magique, mais où chercher ? Mérida aurait pu aider, mais la jeune fille était incroyablement occupée ces derniers temps. Et quand elle ne l'était pas, son air fatigué le dissuadait, ou plutôt Harold et Raiponce se chargeait de le faire, d'aller déranger son amie.
Résultat, il déprimait. Ce qui devenait beaucoup trop courant depuis son inscription à ce fichu tournoi. Il ne s'était jamais considéré comme un mauvais sorcier, mais tous ces échecs à s'en sortir seul minaient doucement ses certitudes. Il était certain que les autres Champions avaient déjà trouvé la réponse, même si Alice lui assurait que Fleur n'était pas plus avancée que lui. Mme Maxime, malgré le fait qu'elle ait renseigné sa protégée au sujet des dragons, semblait suivre un code d'honneur assez strict qui l'empêchait d'aider sa candidate si elle pouvait s'en sortir toute seule.
Le même genre de code qui empêchait Dumbledore de l'aider lui. Le vieil homme, si ce n'est de sincères félicitation après la Première Tâche, n'avait pas semblé vouloir donner ne serait-ce qu'un petit indice au sujet de ce maudit œuf d'or, qui ne faisait qu'hurler dès que Jack l'ouvrait.
Bref, les yeux plongés dans son chocolat chaud, il broyait du noir. Marius n'était même pas là pour lui remonter le moral. Il avait commencé à fréquenter Patricia Stimpson (1), une Serdaigle qui souffrait de crises d'angoisses. Et qui, entre autres choses, exigeait de son nouveau petit-ami qu'il déjeune avec elle chaque matin, sous peine de crise. Jack était curieux de voir ce qu'il se passerait le jour où Marius déciderait de mettre un terme à leur relation.
Il s'apprêtait à plier bagage, quand une chouette descendit en piqué droit vers lui. Il reconnut La Petite Souris, la chouette de sa mère. Ce pauvre animal, un mâle, soit dit en passant, était le plus souvent appelé simplement « Souris ». Il avait été nommé ainsi par Emma, cinq ans à l'époque, qui venait de lire un conte moldu parlant d'une petite souris ramassant les dents de lait des enfants sages. Et impossible de la faire changer d'avis, la gamine ayant déjà, à l'époque, un mental autour duquel on pouvait plier des barres de fer. L'oiseau était donc resté « La Petite Souris ».
Se posant devant lui, la chouette tendit sa patte, attendant patiemment qu'il daigne décrocher la lettre. Quand ce fut fait, le volatile piqua un morceau de pain, avant de s'envoler à tire-d'aile.
Curieux, Jack ouvrit l'enveloppe, révéla l'écriture ronde et régulière de sa mère.
« Jack,
Je suis heureuse de savoir que tout se passe bien. Et je suis sûre que tu finiras par trouver la solution de ce fameux Œuf d'or.
Pour ce qui est des vacances, comme je te l'ai déjà dit, le Bel de Noël pose un certains problème. Entretemps, j'ai pu m'arranger avec le Professeur Dumbledore et ton Grand-Père viendra vous chercher avec le Traineau, Valery et toi, dans la matinée du 21 pour que vous puissiez assister à l'enterrement du Roi Houx. Il vous redéposera le 22 dans l'après-midi, pour que vous ayez le temps de vous reposer un peu.
Et je suis ravie que tes amis aient accepté de venir passer les vacances chez nous. Le Traineau n'est pas assez grand pour vous tous, donc nous nous rejoindrons la maison en cheminée. Préviens-les pour qu'ils allègent leurs bagages et ne portent pas d'habits qu'ils ne peuvent pas salir.
Une dernière petite chose : la scellée tient-elle toujours bien ? J'ai senti quelques mouvements dans sa structure il y a quelques jours. Normalement, rien d'inquiétant, mais je préfère que tu restes prudent, surtout avec la cérémonie de solstice qui approche.
Continues ton entrainement et prend bien soin de toi,
Je t'embrasse, ainsi qu'Emma,
Maman.
PS : Peux-tu donner la seconde lettre de l'enveloppe à ton frère ? Connaissant Souris, c'est-à-toi qu'il aura déposé la lettre. »
Repliant la lettre, Jack laissa un léger sourire fleurir sur ses lèvres. Cela faisait toujours du bien de savoir que quelqu'un s'inquiétait pour vous.
Concernant la scellée, sa mère avait sûrement ressentit l'enchantement d'endormissement que lui avait lancé Alice et qui avait directement atteint la Voix. Il faudrait qu'il lui parle de ce phénomène de vive voix, quand il sera rentré chez lui.
Passant déposer sa lettre à Veilleuse, avec qui il bavarda quelques instants, heureux de constater que son petit frère s'était bien intégré, il redescendit vers son dortoir. Il avait oublié de prendre son manuel de botanique. Heureusement, il lui restait une bonne heure avant que son cours ne commence. Dieu bénissent les journées où il ne commençait pas à 8h.
Donnant le mot de passe au tableau gardien, il pénétra dans la salle, avant d'emprunter les escaliers menant à son dortoir. Personne ne s'y trouvait, Marius étant toujours avec sa belle et les autres étant sans doute partis pour leurs cours.
Fouillant dans son coffre, le jeune homme finit par dénicher le fameux livre dont il avait besoin. Il s'apprêtait à repartir, quand il vit que sur son lit, un autre livre, qu'il ne connaissait pas, reposait.
Le saisissant, il lut le titre.
« - Créatures des lacs d'Ecosses. Je me demande à qui il appartient. »
Ouvrant à la première page, espérant y trouver un nom quelconque, il fit tomber un petit message apparemment coincé entre la couverture et la page.
« Pour Jack,
Regarde au signet,
Un ami. »
Inspectant la tranche du livre, il repéra effectivement un signet. Ouvrant l'ouvrage, il commença à lire.
« Merrows, la Sirène d'Ecosse
La Merrow, ou sirène gaëlique, est une créature des eaux spécifique au Royaume-Uni. Elle partage plusieurs caractéristiques avec sa cousine la sirène des mers, mais on peut noter plusieurs différences capitales.
En premier lieu, avec sa peau verte et ses cheveux d'algues, on ne peut réellement la qualifier de belle. Ensuite, et surtout, son chant mélodieux n'est audible que sous l'eau. Hors de celle-ci, la structure moins dense de l'air ne laisse entendre que des cris perçants. »
Le regard de Jack quitta le livre et se posa sur l'œuf d'or, qui trônait sur sa table. Peut-être que la journée n'était pas si grisâtre, finalement.
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Ses mains étaient moites contre le cuir. Elle avait l'impression que rien n'allait le retenir si la bête se décidait à faire un tonneau, même si Harold avait vérifié les réglages plusieurs fois. Et elle ne pouvait même pas prétendre avoir un contrôle total sur le vol, comme avec son balai, vu la tête de mule qu'était Krokmou. Mais elle devait le faire. Après tout, c'était elle qui, après plusieurs semaines à le voir courir dans tous les sens pour goupiller cours, amis, Krokmou et l'aide à Charlie, d'emmener voler son dragon à sa place. Proposition qu'elle regrettait amèrement, à l'instant.
« - Tu es sûre ?
- Oui, » répondit-elle, la voix tremblotante.
Le jeune homme, assis derrière elle, hocha la tête, du moins le supposa-t-elle vu le mouvement au niveau de ses cheveux, avant d'énoncer le mot de passe, rendant le mur intangible.
« - Ok. Tiens bien les rênes, tend les puis, quand tu te sens prête, donne un léger coup de talon contre son vol. Une fois en l'air, tu n'auras pas grand-chose à faire, à part diriger. Il s'en sort tout seul pour le reste. »
Quelque peu tétanisée, Raiponce parvint toutefois à se redresser pour garder le dos le plus droit possible, tendit les rênes et tapota contre le ventre de la bête. Tout excité, celui-ci se précipita tout droit vers le mur et… Sauta dans le vide.
Le choc lui coupa la respiration. Elle avait envie d'hurler, mais elle en était tout bonnement incapable, le souffle lui manquant. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était fermer les yeux et prier pour que le reptile reste en l'air.
Après quelques instants de chute libre, elle se sentit remonter puis le vol se stabilisa. Timidement, elle ouvrit un œil, pour constater qu'effectivement, Krokmou planait maintenant haut au-dessus de la Forêt Interdite.
« - Bien. Au moins, t'as pas vomi. Mais la prochaine fois, faudra essayer de garder les yeux ouverts. Krok' sait normalement qu'il ne doit pas rester près du Château, mais vaut mieux ne pas courir de risque.
- D'accord, parvint-elle tant bien que mal à articuler.
- Bon, je vais me transformer pour éviter que l'amulette n'ait trop de surface à cacher.
- Mais…
- Au moindre problème, je reprends forme humaine. Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer. Contente-toi de le garder loin du Château. »
Sur ces mots, le jeune homme se transforma en belette et se logea dans un repli de cuir, apparemment conçu à la base pour y entreposer de petits objets.
Tout de même, le Gallois semblait bien sûr de lui. Pour sa part, Raiponce voyait mille raisons pour que cela se passe mal. Même si Krokmou était adorable, ce qui pour un dragon restait quand même relatif, elle ne pourrait rien faire s'il décidait qu'il n'avait pas besoin de cavalier et Harold ne serait probablement pas assez rapide pour reprendre les rênes et la rattraper avant qu'elle ne rencontre le sol…
Chassant ses noires pensées, elle profita du vol pour admirer le paysage. C'était… Différent du balai. Quand elle jouait au Quidditch, rien n'avait d'importance, à part les balles et ses coéquipiers. Elle n'avait pas le temps de regarder le reste. Parfois, certains joueurs ne prenaient même pas le temps de se regarder eux-mêmes et prenaient ainsi des risques inconsidérés.
Alors qu'ici… Ici, elle pouvait admirer le soleil d'automne qui, en cette période proche du solstice, sombrait déjà dans la mer verte de la forêt. Ses derniers rayons teintaient le ciel sans nuage d'orange et de rose. Déjà, à l'est, les premières étoiles scintillaient dans la toile bleue du firmament. Et même si Raiponce ne pouvait s'empêcher de repenser au Professeur Sinistra qui, toute excitée, leur expliquait à grand renfort de geste que certaines d'entre elles étaient mortes depuis des années et qu'il s'agissait là de leur lumière qui nous parvenait avec un retard certain, elle les trouvait tout de même magnifiques.
Au final, rien ne nécessita qu'Harold quitte sa forme animale durant le vol. Il profita donc du voyage, confortablement installé dans la selle. Avec délicatesse, alors que la nuit prenait toutes ses aises, la jeune fille entreprit de ramener le dragon vers son nid. Geignant un peu, il se laissa toutefois faire, décrivant une large courbe avant de filer droit vers les tours de Poudlard. Quand Krokmou se posa calmement sur l'herbe de sa cachette, Harold redevint humain, aidant Raiponce à descendre de sa monture.
« - Pas mal, pour une première fois. Encore une ou deux fois, et tu pourras t'en sortir seule. Merci encore de bien vouloir faire ça pour moi.
- Ce n'est rien. J'avoue que je m'ennuie un peu, depuis que le Projet A c'est terminé.
- Tu n'explorais pas le Château ? Et le Quidditch.
- La Coupe est annulée, rappelle-toi. C'est moins amusant sans la compétition. Et j'explore le Château, mais à certains moments, j'aime faire autre chose.
- Je vois. »
Raiponce hésita un moment. Elle hésiter à aborder un sujet qui la titillait. Pourtant, si quelqu'un pouvait l'aider, du moins quelqu'un à qui elle pouvait parler de ça sans problème, c'était Harold. Jack était occupé et Mérida… Eh bien, cela la concernait, justement.
« - Hiccup ?
- Hmmm ?
- Tu ne trouves pas Mérida bizarre, c'est temps-ci ?
- Bizarre dans quel sens ? Elle n'est pas exactement « normale », la plupart du temps.
- Eh bien, bizarre par rapport à d'habitude.
- Elle est fatiguée, je crois. Maugrey lui demande beaucoup. Trop, parfois. Je sais qu'elle ne parle plus trop aux Jumeaux, mais d'après eux, elle revient toujours tard et épuisée de ses séances. Et apparemment, le vieux Fol'œil en a même augmenté le nombre.
- Attends, tu sais tout ça et tu ne fais rien ? »
Le brun, qui jusque-là tripotait la selle, se retourna brusquement vers elle, le regard noir.
« - Tu crois que je n'ai rien tenté ? Mais elle ne veut rien savoir ! Elle dit que c'est « important ». Et je la considère comme suffisamment intelligente pour savoir discerner ce qui l'est.
- Mais…
- Si jamais cela tourne mal. Je serais là. C'est tout ce que l'on peut faire. »
Raiponce soupira. Elle aurait préféré qu'il monte sur son cheval de bataille, mais ce n'était pas son genre. Harold était le pur britannique dans la tradition du « wait and see ».
« - Bien. Mais je garderai un œil sur elle.
- Je fais de même, ne t'inquiète pas. »
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Si ce n'était le froid mordant de cette fin décembre, Harold avait l'impression de revivre le dernier été en Roumanie. Le feu des dragons, l'odeur de la litière ignifugée, les sortilèges, le chant de leur esprit… La présence des autres dragonniers, aussi. Pour le moment, il n'y avait que Charlie, évidemment, mais trouver quelqu'un à qui parler librement de sa passion, de la beauté qu'il trouvait dans les muscles puissants qui se déliaient quand ils s'envolaient, dans les couleurs mortifères de leurs flammes… Cela n'avait pas de prix.
Bon, il devait l'avouer, le fait que ce soit le roux était un joli plus. Le seul regret d'Harold, même s'il ne l'avouerait jamais, c'était que le froid empêchait le plus vieux de manifester ses tendances quelques peu exhibitionnistes habituelles. Fallait bien le dire, la doudoune, c'était quand même moins sexy que le torse-nu.
Se reconcentrant, le Gallois repris son activité. D'un geste doux, il étala la pommade apaisante sur les écailles irritées du Suédois à museau court. Les pluies de ces derniers temps avaient produit pas mal de boue et ils n'avaient vu que trop tard la plaque qui avait séché sur le flanc de l'animal. Même si ça paraissait un peu idiot, au vu de leurs caractéristiques, les dragons étaient des animaux relativement sensibles au niveau de la peau. Celle-ci pouvait repousser la grande majorité des sorts, mais le moindre changement physique pouvait l'irriter. Et un dragon irrité était exécrable.
Dans ces cas-là, être deux était une véritable aubaine. L'un, Charlie en l'occurrence, calmait la bête avec un sortilège tandis que l'autre, ici Harold, soignait l'animal. Et, évidemment, le Gallois donnait un coup de pouce en calmant l'esprit du dragon, même si c'était beaucoup moins efficace sur un animal qu'il ne connaissait pas vraiment.
« - Tu as bientôt terminé ? demanda Charlie. Ça commence à être compliqué.
- Presque. Tiens encore une ou deux minutes et ce sera bon. »
Le brun était plus qu'impressionné par l'endurance de son comparse. Tenir magiquement un dragon aussi longtemps tout seul était un sacré exploit. D'ordinaire, on faisait converger deux ou trois magies, au moins.
Après un dernier passage pour s'assurer qu'il n'avait rien oublié, le jeune homme fit signe à Charlie que c'était bon. Es deux dragonniers s'éloignèrent, avant que le roux ne libère la bête de son emprise.
« - Une bonne chose de faite. C'est suffisant pour aujourd'hui. Un dernier verre avant de partir ? »
Harold, comme à son habitude, se demanda si le rougissement état pour lui. Mais ce n'était que des divagations. Cela venait plus que probablement de l'effort relativement intense que le roux venait de fournir pour maintenir le dragon.
« - Je vais finir par croire que tu cherches à me rendre alcoolique.
- Je t'initie, c'est différent. A la Réserve, vaut mieux savoir tenir l'alcool, au risque de se réveiller dans un enclos sans savoir pourquoi. Et de manière générale, si tu sais tenir la distance avec un dresseur de dragon, tu peux le faire avec à peu près n'importe qui. Sauf Hagrid. Cet homme a une descente incroyable. Alors, ce verre ? »
Le brun hésita puis,
« - Ok, mais un seul. La dernière fois, je me suis trompé de lit parce que j'avais trop bu. »
Partant dans un grand éclat de rire, le roux prit la direction de la petite maison à l'orée de la forêt que Dumbledore lui prêtait le temps de son séjour. Ce n'était pas immense, mais c'était bien suffisant pour une personne seule.
S'installant à la table, le plus jeune attendit que l'hôte ramène de quoi boire, ce qu'il fit assez rapidement. Et pas n'importe quoi : de l'Eau de Salamandre. C'était un produit de la Réserve. On la faisait à partir d'écailles de dragon macérées dans de l'alcool à 80°, autant dire que c'était plutôt méchant. Et selon le type d'écaille, on pouvait obtenir quelque chose de complètement différent.
« - La première cuvée de l'Opaloeil de la Réserve. On n'avait jamais pu tester et étonnamment, c'est plutôt doux.
- Vraiment ?
- Ca reste plus fort que du Pur-feu, mais comparé à celui de Boutefeu qu'on t'a fait boire cet été, c'est du petit lait. »
Le roux lui versa un verre du liquide argenté.
« - On dirait du sang de licorne.
- On s'est dit ça aussi. Allez, goûte. »
Quelque peu hésitant, sa dernière cuite à l'Eau de Salamandre lui revenant vaguement en mémoire. Vaguement, parce que tout ce dont il se rappelait, c'est d'avoir sauté à moitié-nu dans la mare qui se trouvait non loin du réfectoire. Les froides nuits de Roumanie lui avaient valu un bon rhume toute la semaine.
Buvant une petite gorgée, Charlie reposa son verre.
« - Alors, déjà une cavalière pour le Bal ?
- J'y vais avec Mérida », répondit Harold, tentant de cacher qu'il venait à moitié de s'étouffer avec le mince filet d'alcool qu'il avait tenté d'avaler.
Son interlocuteur lui lança un drôle de regard.
« - Toi et elle,… Vous…
- Mérida et moi ? Mon dieu non ! On y va juste entre amis. Elle n'avait pas envie de se mettre à chercher quelqu'un et moi non plus. »
Le roux fit tournoyer son alcool dans le verre. Il sembla hésiter puis…
« - Personne en vue ?
- Personne d'accessible. De toute façon, je n'ai déjà pas le temps de faire tout ce que je veux, alors je ne vois pas trop où je caserais une relation amoureuse.
- C'est une drôle de manière de penser.
- Peut-être. Et toi, personne ? »
Harold savait qu'il jouait sur la corde. Un mot de trop et Charlie pourrait tout à fait se mettre à soupçonner ses tendances.
« - Non. Les dragons me suffisent, pour le moment. Et puis, il faudrait quelqu'un capable de me supporter, moi et mon mode de vie. J'ai essayé, quand j'ai commencé à la Réserve, mais c'est dur pour certaines personnes de devoir me partager à part égales avec des reptiles volants.
- Je comprends. »
Au final, au cours de la soirée, les deux amis vidèrent la bouteille d'Eau de Salamandre. Ce qui est vivement déconseillé pour qui veut être capable de se lever le lendemain.
Un peu titubant, Harold quitta la cabane de Charlie vers les deux heures de matin. Par chance, il ne croisa par Rusard, qui était probablement couché au fond de son lit après sa longue journée à décorer le Château pour Noël.
Se glissant de son propre lit, le jeune homme ne mit pas deux secondes à s'endormir. Le réveil serait probablement plus dur.
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Elle sentait avec délice les muscles de ses bras s'étirer, la tracter vers le haut, s'appuyant sur ces sortilèges qui rendaient ses mains aussi collantes que si elles étaient couvertes de glue. Elle avait découvert quelques jours plus tôt que cela lui permettait de grimper au mur comme un véritable lézard. Depuis, elle s'amusait à escalader les murs du Château. Cela pouvait sembler incroyablement idiot, mais ça la détendait. Avec le Tournoi et les cours de Fol 'œil, elle n'avait plus vraiment le temps de faire les balades dans la Forêt, comme autrefois. Et de toute façon, Harold était tout le temps pris et c'était moins amusant tout seul.
Donc, pour se dépenser un peu, elle escaladait. C'était probablement un peu risqué, vu l'état d'épuisement dans lequel la laissait les cours particulier de Maugrey, mais ce n'était qu'un épuisement magique et son corps, habitué à courir, à monter des heures à cheval, avait besoin d'une vraie fatigue.
Au départ, elle avait eu peur de déclencher des visions en touchant les murs du Château, source d'énergie incroyable, à main nue. Heureusement, les cours de maîtrise de son don semblaient faire effet, car elle avait été capable d'empêcher plusieurs crises. Un sortilège de ballon assurait toutefois le coup au cas où une vision surgirait à l'improviste.
Son objectif du moment, c'était la tour à l'est de celle de Gryffondor. Très haute, presque autant que celle d'astronomie, elle ne disposait pas de plateforme. Et c'était bien dommage, car c'était un excellent point de vue pour admirer le soleil se lever. Elle s'y était déjà posé plusieurs fois en tant qu'Augurey, car il était impossible de passer par les fenêtres. Un tableau devait cacher l'entrée de la pièce, mais elle n'était jamais parvenue à trouver lequel. Elle n'avait pas le talent de Raiponce pour arracher les mots de passe aux toiles.
D'un mouvement fluide, elle passa à droite d'une fenêtre puis, prenant appui sur le linteau supérieur, se projeta en avant, s'approchant d'un bon mètre de son point de d'arrivée. Elle serait bientôt à la bordure des tuiles. Il lui restait une dizaine de minutes avant l'aurore. C'était bien suffisant.
S'agrippant au bord du toit, elle se hissa, remerciant la nature et l'entraînement de lui avoir donné des muscles assez costauds pour ça. Une simple transformation animagus aurait suffi à lui faire passer cet obstacle dans le cas contraire, mais c'était beaucoup moins amusant.
S'installant sur une petite surface plane qui surplombait la fenêtre, elle sortir de son sac la couverture qu'elle avait amené pour combattre le froid qui ne tarderait pas à l'assaillir maintenant qu'elle n'était plus en mouvement. S'enroulant dans le tissu chaud, elle portant son regard vers l'est. Le ciel bleu nuit commençait doucement à s'éclaircir, preuve que le soleil ne tarderait pas à pointer le bout de son nez.
Ce n'était qu'assez récemment qu'elle s'était mise à apprécier le spectacle. Avant, elle préférait dormir. Elle avait toujours aimé ça, rester au chaud sous les couvertures alors que dehors la nature s'éveillait doucement. Mais depuis quelques mois, elle n'y arrivait plus. Le sommeil la fuyait bien avant que le soleil ne réapparaisse. Elle en profitait pour s'entrainer et pour grimper aux murs du Château. Elle s'épuisait dans l'espoir que le lendemain, elle dormirait un peu plus longtemps. Mais rien n'y faisait.
Elle savait que ce nouveau rythme de vie inquiétait ses amis. Harold était déjà venu tenter de la convaincre de calmer le jeu avec Maugrey et Raiponce ne cessait de lui jeter des regards en coin, comme si elle craignait qu'elle ne s'effondre à tout instant. Même les Jumeaux avaient, à leur manière, montré leur inquiétude, glissant des potions énergisantes de leur composition dans son sac.
Pourtant, elle se sentait bien. Fatiguée, oui, mais bien. Pour la première fois depuis des mois, elle reprenait, grâce à Maugrey, un semblant de contrôle sur sa vie. Elle arrivait petit à petit à ne plus subir les visions, mais à les contrôler et les provoquer. Avec l'aide de Wisp, elle arpentait les chemins du temps, elle voyait ce qui allait arriver, ou plutôt ce qui pouvait arriver. Elle n'arriver pas encore à discerner clairement ce qu'elle voyait, ne percevant que des ombres chinoises, mais avec le temps, peut-être parviendrait-elle à reprendre une vie normale. Serrer les gens qu'elle aime dans ses bras sans avoir peur de saisir leur futur. Tirer à l'arc sans ces fichus gants. Tout ce que son don lui avait enlevé.
Il fallait juste… Un peu de temps. Trouver les bons mouvements, les bonnes clefs qui permettraient d'ouvrir et de fermer les portes à sa guise. Et elle ne pouvait les obtenir sans efforts. Alors oui, elle était fatiguée, à bout magiquement, mais c'était nécessaire. Cela lui était nécessaire. Peu importe ce que pensaient ses amis. Parce qu'eux pouvaient avoir un semblant de vie normale, malgré leurs dons et particularités. Pour le moment, elle ne pouvait pas prétendre à ça. Les insomnies et la fatigue était un bien faible prix pour cela.
Au loin, le soleil était désormais presque entièrement sorti de l'horizon. Bientôt, les gens commenceraient à affluer dans le parc. Si elle voulait descendre, c'était maintenant. Repliant la couverture, elle la rangea dans son sac, s'approcha du bord et… Sauta.
La chute ne durerait que quelques secondes. Mais c'était bien suffisant à Mérida pour se transformer. Elle sentit ses ailes sortir, tandis que son corps se rapetissait et se couvrait de plumes. Elle étendit ses ailes, prit le vent et d'un mouvement léger, rasa l'herbe avant de remonter en piqué. Voler était une sensation incomparable. Qu'elle plaignait ceux qui étaient à jamais condamnés à se contenter du balai et du tapis volant. Surfer sur la brise à la force de ses propres muscles, c'était de la véritable magie.
Tournoyant dans les airs, elle bifurqua vers une petite pièce non loin de la Salle Commune. Elle s'assurait toujours de laisser la fenêtre ouverte et s'était arrangée avec les elfes pour qu'ils fassent de même. Cela lui donnait un endroit tranquille où ranger ses affaires et se retransformer à sa guise.
Avec fluidité, l'oiseau redevint une jeune fille. Elle cacha ses affaires derrière la pile de bureau, avant de sortir.
La journée pouvait commencer.
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(1) Patricia Stimpson fait réellement partie de l'univers HP et fait partie de l'année de Fred et George (et donc de nos héros). J'avoue, j'ai été chercher son nom sur internet. J'avais la flemme d'inventer un autre perso ^^
Voilà voilà. Encore un petit chapitre de transition, mais je l'aime bien. Il a par contre été un peu compliqué à sortir. Pas par manque d'inspi, parce que le plan était fait le lendemain de la dernière publication, mais parce que la première semaine, je suis retombé dans mes vieux travers de lecture de comics (notamment les Grimm Fairy Tales, qui me rappellent délicieusement les contes de la cryptes) et la deuxième semaine, ce n'était pas trop l'humeur, vous comprendrez.
Prenez soin de vous,
A dans deux semaines !
