Les Années Sombres
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.
Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)
Chapitre corrigé par Emmawh. Dites-lui merci, priez-là, envoyez lui ce que vous voulez, mais pas du chocolat ^^ (C'est elle qui le demande )) Un jour je vous laisserai les commentaires qu'elle me laisse dans le chapitre, moi ça me fait toujours rire.
Merci à Milou-sarcatic-yaoiste, son.y, mc arno, Paquerette-san, Philou et LadyWyvern pour leur review !
Son.y : Hello ! Merci pour ta review ! Effectivement, Maugrey n'est pas net. Mais il faudra attendre encore un peu. Pour Charlie, mystère )
Philou : Hello ! Merci pour ta review ! Gothel va revenir, mais comment ? Mystère. Jack ne déprime pas souvent, mais ça lui arrive, comme à tous. On reparlera un peu plus tard de la mère de Jack. Pour l'ami, ya moyen de trouver, en cherchant un peu ^^
Pour Mérida, elle teste ce qui passe, tant qu'il y a du frisson. En tous cas, je suis content que ça continue à te plaire. J'espère que le chapitre suivant aussi !
LadyWyvern : Hello ! Merci pour ta review ! Haha, les histoires d'amour frustrantes ! J'aime ça. Mérida ne claquera pas, du moins si elle fait attention. Maintenant, il peut lui arriver d'autres petits problèmes. Pour le livre, réfléchit à qui profitera le fait que Jack comprenne la deuxième épreuve.
Bonne lecture !
Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.
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Chapitre 12 : Bals hivernaux
Délicatement, du moins selon North, c'est-à-dire avec grand fracas et beaucoup de turbulences, le Traîneau se posa dans le ardin des d'Arendelle, massacrant au passage le massif de roses qui ne demandait qu'à passer l'hiver bien tranquillement.
A peine Jack eut-il le temps de descendre du vaisseau qu'il fut alpagué par un elfe de Maison, l'éternel Raki, serviteur zélé d'Eric. De sa petite main noueuse, il attrapa celle de Jack, le trainant derrière lui. Pour un Elfe de Maison, c'était extrêmement osé, mais Raki, de son statut d'elfe aîné, qui avait même servi de nourrice à Eric, puis à ses filles, disposait de quelques privilèges. Il était en quelques sortes le majordome des d'Arendelle et il valait mieux de pas avoir de boue sur les pieds quand on entrait chez eux. Les Elfes étaient terrifiants quand ils osaient se servir de leurs pouvoirs.
Habitué, Jack se laissa entrainer. La suite se passa comme un rêve, bien que ce ne fût pas très agréable. Il enfila son costume, laissa sa tante faire les derniers réglages, celle-ci espérant chaque année qu'il attrape enfin un peu d'épaule, même s'il semblait condamné à ne pas hériter de la carrure de son grand-père, Dieu merci, et entra dans la salle.
Les membres du Clan, plus nombreux depuis qu'Emma avait atteint l'âge requis et que Kristoff, un jeune Suédois à peine plus vieux qu'Anna, avait été, à l'instar de Veilleuse, recueilli par Edward après avoir démontré ses pouvoirs, étaient déjà dispersés autour du cercueil du Roi Houx.
Les aiguilles de la grande horloge stellaire, la même que celle trônant dans la plus grande salle de la maison de Jack, se mouvait lentement, approchant du moment où le flux de magie sauvage atteindrait son paroxysme, l'instant où la nature entière entrerait en résonance pour fêter la victoire de la vie sur la mort. Car même si l'hiver ne faisait que commencer, ce jour marquait le moment où lentement, le soleil grappillait du temps à la nuit, seconde par seconde. A ce flot infini se mêlait la magie propre au Roi Houx, celle-là même où puisaient habituellement le Clan. C'était donc le moment idéal pour que l'Héritière et son Second filtrent le plus de magie possible et la redistribuent.
Quand l'heure sonna, les deux adolescents, presque des adultes, s'avancèrent, débutant le rituel. Comme chaque année, ils déclamèrent leur texte et se jurèrent aide et protection pour la sauvegarde du Roi Houx, dans l'attente de sa nouvelle montée sur le trône. Quand la couronne fut posée sur la tête d'Elsa et l'anneau serti au doigt de Jack, la seconde partie du Rituel s'enclencha. Et comme chaque année, ce fut le trou noir pour les deux jeunes gens.
Plusieurs heures étaient passées quand Jack se réveilla enfin. Il en était certain car le soleil se couchait seulement lors de début de rituel et en ce moment, le ciel qu'il apercevait par la fenêtre de sa chambre était noir d'encre.
Se dégageant du lit, le Serpentard posa à eine le pied par terre que sa mère débarqua dans sa chambre. Elle portait encore sa tenue de soirée, signe que les invités n'étaient pas encore partis. Il n'était donc pas si tard que ça, peut-être 21h, 22 grand maximum.
« - Te voilà réveillé. Je commençais à m'inquiéter, tu es plus rapide d'habitude. Ne pas pouvoir piocher dans les réserves de cette « Voix » a dû t'affaiblir un peu.
- Il n'y a pas eu de problèmes ? demanda Jack, inquiet qu'Éric mette à exécution sa menace du Rituel précédant, à savoir le « sortir de l'échiquier » s'il s'avérait une nouvelle fois que la magie sauvage n'avait pas été totalement filtrée et domestiquée, phénomène qu'il imputait à Jack.
- Tout s'est bien passé, le rassura sa mère avec un doux sourire. J'ai été voir Éric sitôt le Rituel finit et il m'a bien dit que tout était redevenu normal. La scellée a tenu. »
Soulagé, Jack se laissa retomber contre les coussins. Il ne savait pas ce qu'il aurait fait s'il avait dû affronter son oncle. Éric était fort, presque autant qu'Edward, et il était aussi intelligent. Nul doute qu'en cas de soucis, Jack n'aurait pas survécu à la nuit.
Délicatement, Tatiana s'assit sur le bord du lit.
« - Maintenant que cela est passé, nous devons parler, Jack. J'ai senti que la scellée vacillait.
- Ce n'est que…
- Laisse-moi parler. Mon pouvoir est bien plus faible qu'autrefois pour certaines raisons. Je ne suis pas une bonne sorcière, mais en être une m'empêche d'utiliser pleinement la magie nécessaire à la scellée.
- Je ne comprends pas.
- Tu le ferras un jour, ne t'inquiète pas. Ce n'est pas important pour le moment. Ce qui est important, c'est que la scellée va s'effilocher petit à petit et que je ne saurais pas la remettre en place. Tu vas devoir apprendre à maîtriser cette part de toi.
- J'ai déjà essayé ! J'ai… J'ai suivi les conseils du tableau de Jack Frost, j'ai tenté de ne plus engranger le maximum de magie mais de bien utiliser une plus petite quantité, mais ça n'a rien fait !
- Cela n'a fait que retarder le problème. Il ne faut pas que tu apprennes à maîtriser la magie Frost. Il faut que tu domestiques de la magie sauvage. C'est ce qu'est la Voix, une entité faite de magie sauvage. C'est pour cela qu'elle te permet de faire tant de chose, parce qu'elle n'est pas raffinée, limitée.
- Mais je ne sais pas comment faire, souffla Jack, épuisé. Je… Je ne sais pas. »
Tendrement, sa mère, posa sa main sur son visage, dégageant ses cheveux. Fermant les yeux, l'adolescent se laissa aller contre cette main qui l'avait tant de fois réconfortée, plus jeune.
« - Cela s'apprend. C'est compliqué, c'est exigeant, mais cela s'apprend. Et tu n'as pas le choix que de le faire. Éric ne te laissera pas mettre en danger sa fille, ni le reste du Clan. Quand les vacances commenceront, chaque jour, pendant une heure, je t'apprendrai ce que je sais. Je ne pourrai pas te montrer, juste t'expliquer, alors ce sera long. Mais nous ne pouvons faire autrement. Si je devais te perdre, comme j'ai perdu ton père,… Je n'y survivrais probablement pas. »
Tooth, qui avait senti la tête de son fils s'alourdir contre sa main, le recoucha doucement. Il n'avait probablement pas entendu la fin de la phrase. C'était surement mieux comme ça.
« - Tu vas devoir lui dire. »
La jeune femme se retourna prestement, se retrouvant face à North.
« - Sûrement. C'était inévitable. Il y a été plus sensible qu'Emma, du moins pour le moment. Mais je préfère attendre. Il m'en voudra peut-être de lui avoir caché cela. Je préfère qu'il l'apprenne quand je lui aurai enseigné tout ce que je peux.
- Les mensonges ne sont pas une bonne chose, Tatiana.
- La vérité ne l'est pas toujours non plus, Nicholas. »
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Debout devant son miroir, Raiponce tentait d'arranger ses cheveux. Elle les avait, grâce au sort du Secret, raccourcis jusqu'à la moitié du dos et essayait à présent de les coiffer à l'aide d'un peigne-bijou en forme de fleur de lys. Elle préférait d'habitude éviter de porter ce genre de bijoux, qui se perdaient de toute façon dans la masse de ses cheveux, mais celui-là avait attiré son attention lors de la dernière sortie à Pré-Au-Lard et, sur un coup de tête, elle l'avait acheté. Sauf que maintenant, elle devait se dépatouiller avec.
« - Attends, laisse-moi faire. »
Marissa, qui venait de finir de se préparer, attrapa le peigne des mains de Raiponce et entreprit de confectionner un chignon plutôt élaboré que la blonde aurait bien été incapable de faire elle-même, habituée à laisser ses cheveux libres ou, à la rigueur, tressé ou en queue de cheval.
« - Merci, souffla-t-elle.
- De rien. Tes cheveux sont vraiment beaux. J'aimerais avoir les mêmes. »
Se regardant dans le miroir, la Serdaigle se retint de dire que ses cheveux étaient beaux car magiques. Elle ne les avait jamais réellement soigné, pas comme les autres filles de son dortoir. Ils s'occupaient d'eux tous seuls, en quelque sorte.
« - Voilà, c'est bon. »
Se relevant, la blonde s'inspecta. Elle ressemblait à une de ces filles dans les romans qui partaient pour le bal où elles rencontreraient l'homme de leur vie, un beau ténébreux à l'âme meurtrie. Ses cheveux relevés dévoilaient les épaules un peu bouffantes de sa robe aux tons roses et mauves doux. Sa mère aurait probablement fait une crise de voir sa fille aussi bien apprêtée, mais Raiponce s'en fichait. Pour une fois qu'elle faisait réellement attention aux apparences, autant y aller à fond.
Attrapant le foulard qui complétait sa robe, elle le passa au niveau de ses coudes, vérifia une dernière fois que tout était bon et sorti du dortoir (1). Alexandre était censé l'attendre près de la Grande Salle. En partant maintenant, elle aurait le temps de flâner un peu. Ce qui n'était pas une mauvaise chose, car les talons qu'elle portait l'empêchait de marcher plus vite qu'un hamster au petit trot. Elle le sentait, elle s'en débarrasserait bien vite sous une table quelconque. Sa longue robe lui permettrait de cacher ses pieds nus, à condition qu'elle ne se fasse pas marcher dessus.
Les antiques couloirs de Poudlard, pour l'occasion, avaient été mis à neuf. Cela ne plaisait pas vraiment à Raiponce, qui aimait les vieilles armures rouillées et les tableaux grisés par le temps si typiques du Château, mais elle devait toutefois reconnaître que Rusard et les Professeurs avaient fait du bon boulot.
Partout, d'immenses colonnes de glaces surgissaient, formant de nouvelles voutes garnies de stalactites. Des nymphes gelées ornaient les alcôves et du houx décoraient les rares endroits restant. Aux places stratégiques qu'étaient les croisements de couloirs, des chorales d'armures chantaient des cantiques purement sorciers tels que « Douce Nuit de Yule » ou « La Veillée du Roi Houx ». Voir ces armures animées fit remonter le souvenir d'une autre bien particulière, Simone.
Armure particulièrement pleurnicharde et dépressive au dernier degré, Simone avait été reléguée, comme bien des objets, dans le Couloir des Malaimés, où Raiponce et ses amis avaient entre autre découvert le tableau de Jack Frost premier du nom. Simone, qui attendait le retour de son chevalier, un homme probablement retourné à la poussière depuis des lustres, était alors tombée folle amoureuse d'Harold, qu'elle confondait avec ledit chevalier.
Situation très gênante pour le jeune homme, mais qui s'était révélé profitable, car Simone était devenue, quelques temps plus tard, la gardienne du Projet A, le livre qui retraçait la démarche de la transformation animagus, basée en grande partie sur les notes des Maraudeurs mais aussi sur l'expérience personnelle des quatre adolescents. Nul doute que la prochaine génération à vouloir devenir animagus devrait le mériter, entre le jeu de piste et l'effroyable gardienne.
Perdue dans ses pensées, Raiponce remarqua à peine qu'elle était déjà arrivée devant la Grande Salle. Alexandre, comme prévu, l'y attendait. Il portait une tenue assez classique, à savoir une robe de bal ouverte sur une chemise gris perle et un pantalon du même bleu que sa robe. Sur son dos, le symbole de BeauxBâtons miroitait d'or pur(2).
« - Tu es magnifique, lui souffla-t-il quand elle fut près de lui.
- Tu n'es pas mal non plus, sourit-elle. Les gens ont déjà commencé à s'installer ?
- J'ai croisé quelques personnes, dont ton ami au nom étrange…
- Ami au… Hiccup ? Enfin, Harold ?
- Oui, c'est ça. Il m'a dit qu'il gardait une table. Mais c'est étrange, il était tout seul.
- Il y va entre amis avec Mérida. Elle est assez grande pour trouver le chemin et il n'est sûrement pas venu à l'esprit d'Hiccup que ça pourrait être galant de l'attendre en bas des escaliers. Allons le retrouver. »
Prenant le bras que lui tendait son cavalier, elle entra dans la salle, qui lui coupa littéralement le souffle. Si les couloirs du Château étaient beaux, cette salle était mirifique. D'immenses statues de glace soutenaient des lustres composés de milliers de chandelles. Le ciel magique était parcouru d'aurores boréales chatoyantes. Les quatre grandes tables avaient disparues, laissant la place à d'innombrables petites tables rondes dispersées autour de la scène remplaçant la table des Professeurs, devant laquelle on avait dégagé une piste de danse.
Un peu plus loin, elle repéra Harold. Mérida était apparemment arrivée entre temps et était étrangement féminine, ainsi vêtue d'une robe vert forêt. Ses longs cheveux emmêlés cascadaient dans son dos et à sa hanche, un morceau du tartan de son clan était ceint(3).
« - Ah, vous voilà ! Ça va bientôt commencer, dépêchez-vous !
- Tu es bizarrement excitée par cette idée de bal, Mérida.
- Ah non, pas par le bal. Mais c'est Jack qui l'ouvre avec les autres champions et vu comme il se débrouillait aux cours, j'ai hâte de le voir ici ! »
Secouant la tête, Raiponce s'installant à table. L'amitié entre Jack et Mérida était réellement tordue.
Comme l'avait prédit la rousse, un son cristallin s'éleva tandis que le Professeur Dumbledore réclamait le silence et les deux portes de la Grande Salle s'ouvrirent.
Le Bal de Noël allait pouvoir commencer.
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Les immenses chandeliers s'étaient atténués, ne laissant qu'une lueur douce et diffuse pour tout éclairage. Le silence s'étendit gracieusement sur l'assemblée et, un par un, les quatre couples s'avancèrent.
Jack, accompagné de la fameuse Alice dont il parlait tant mais qu'Harold n'avait jamais rencontré, ouvrit la marche. Le Poufsouffle était obligé de reconnaître que son ami, habituellement plutôt du style débraillé, portait bien la tenue de bal. Par-dessus le classique pantalon noir-chemise blanche, il portait une robe ouverte de couleur bleu roi, dont les franges étaient blanchies de telle manière à paraître gelées. Sa partenaire était tout aussi jolie, avec sa robe pâle contrastant avec ses cheveux noirs.
Suivit ensuite Fleur, qui éclipsait totalement Roger Davies, le Capitaine de l'équipe de Serdaigle. Sa longue robe la faisait paraître encore plus fine et son charme vélane n'était sans doute pas étranger à l'espèce d'aura qui l'entourait.
Mais la plus grosse surprise venait sans nul doute de la compagne du Champion de Durmstrang. Harold mit un peu de temps à reconnaître cette belle jeune fille au chignon soigné jusqu'à ce que…
« - Hermione ?
- Ah non, c'est Mérida, moi.
- Non, elle ! La partenaire de Krum. C'est Hermione !
- Tu plaisantes ? »
Il est vrai que l'on aurait pu croire à une blague, s'il on avait en tête la jeune fille aux cheveux touffu qu'était habituellement la Gryffondor. De son côté, Ron Weasley, qui siégeait un peu plus loin, semblait avoir du mal à y croire lui aussi, vu la tête qu'il faisait.
En dernier venait Harry Potter, accompagné de Parvati Patil, qui faisait un peu pâle figure à côté des précédents. Il fallait le reconnaître, même si le jeune Potter était un bon sorcier et un excellent joueur de Quidditch, il n'avait, à quatorze ans, ni le charisme ni la prestance de ses trois concurrents.(5) Et son air malade n'arrangeait rien à l'affaire.
Les quatre couples se placèrent au centre de la piste. Sur la scène, un orchestre était soudainement apparu et une lente mélopée commença à s'en élever, menée par le soliste au hautbois(4). Sur la douce mélodie, les Champions et leurs partenaires se mirent à évoluer délicatement, suivant la musique douce qui les accompagnait.
Silencieusement, au point qu'Harold soupçonnait quelqu'un, probablement McGonagall, d'avoir lancé un sortilège de silence sur l'assemblée, les étudiants admirèrent les danseurs qui, harmonieusement, se déplaçaient sur la piste.
Quand la dernière note mourut, les cavaliers et cavalières se séparèrent et, dans un même mouvement, se saluèrent d'une révérence. Il fallut quelques secondes au public pour reprendre ses esprits, avant que quelques timides applaudissements ne retentissent, rapidement suivit par le reste de l'assemblée. Quand le silence fut revenu et que les quatre Champions eurent rejoins leur table, Dumbledore se leva.
« - Jeunes gens, bonsoir. Je tiens tout d'abord à remercier nos Champions et leurs compagnons, pour cette magnifique danse d'ouverture, ainsi que l'orchestre Magique de Norvège, qui nous a fait l'honneur de sa présence ce soir. Ils nous tiendrons compagnie lors du repas, avant de céder leur place pour la suite de la soirée à un autre groupe de musiciens, ou devrais-je dire de musiciennes. Sur ce, je n'ai plus qu'une chose à dire : bon appétit. »
Avec son habituel sourire de papy gâteau, le vieil homme se rassit. Sauf que contrairement à d'habitude, les assiettes restèrent désespérément vide.
« - Tu crois qu'il faut faire quelque chose ? demanda Mérida.
- Regardez, il y a des menus, répondit Alexandre. Peut-être qu'il faut choisir. »
Saisissant un des menus, Harold le parcourut rapidement. On y trouvait une sélection des plats divers et variés, mais rien n'indiquait la démarche à suivre pour les obtenir.
« - Bouillabaisse, énonça soudainement Raiponce, devint qui une assiette pleine de soupe rouge-orangé apparut.
- Comment… ? demanda Harold.
- Je viens de voir Dumbledore faire », se contenta de répondre la blonde avec un clin d'œil.
Effectivement, ce n'était pas idiot. Commandant, pour sa part, un bon ragout bien anglais, le Gallois commençant rapidement à manger, se rendant compte qu'il mourrait de faim, 20 heures approchant à grands pas.
Participant de temps à autre à la conversation, le jeune homme apprécia la succulente cuisine des Elfes de Poudlard, qui s'étaient encore surpassés. Tiens, en parlant d'Elfes…
« - Mérida, tu savais qu'Hermione avait créé une association pour la libération des Elfes de Maison ?
- Ah, oui, son truc là… S.A.L.E. où je ne sais plus quoi.
- Elle est sérieuse ?
- Plutôt. Elle essaie d'embrigader pas mal de monde et elle est plutôt persuasive. Y a déjà une grosse partie des Gryffondor les plus jeunes qui ont adhéré, principalement pour qu'elle les laisse tranquilles. Mais l'idée de libérer les Elfes ne fait pas vraiment son chemin.
- Vaut mieux. Il vaudrait même mieux qu'elle arrête avec ça. Les Elfes n'aiment pas qu'on se mêle de leurs affaires.(6) Elle va finir par se les mettre à dos.
- Tu rigoles ? Je me mêle pas de ça ! Le dernier qui a essayé s'est retrouvé attaqué par ces maudites chaussettes difformes qu'elle tricote qui libérer les Elfes. »
Sur ces mots, Mérida se remis à engloutir son plat, faisant froncer les sourcils à Harold. La jeune fille avait toujours eu un gros appétit, mais il augmentait encore ces derniers temps. Ce qui, associé à sa fatigue perpétuelle, restait inquiétant. SI ça n'avait pas été Mérida, le Poufsouffle se serait demandé si la jeune femme n'était pas enceinte.
Se détournant avant que son amie ne l'accuse encore de la couver, le Gallois promena son regard sur la salle. C'était amusant de constater qu'à part à sa table et à celle des professeurs, la plupart des petites assemblées se faisaient entre gens de la même maison. Dumbledore avait beau faire, les gens restaient grégaires.
En parlant de la table des professeurs… Harold venait d'y repérer Charlie. Le grand roux était habillé d'une robe faite d'une matière noire et brillante, sans doute de la peau de dragon. C'était une coutume de dresseurs, de garder la peau des animaux de leur Réserve qui mourraient. Certains pouvaient trouver cela sinistre, mais c'était une manière de se rappeler de ses protégés. Et puis, mon dieu que le rouquin était sexy comme ça. S'il avait été une dame du siècle précédent, Harold se serait rafraichi avec son éventail à cette vue.
Le bruit des couverts qui disparaissaient le tirèrent de sa rêverie. Ah, le repas était apparemment terminé(7). La deuxième partie du Bal de Noël pouvait commencer.
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Quand la nourriture et les assiettes disparurent, la lumière baissa une nouvelle fois. Au milieu du repas, personne n'avait réellement remarqué que l'orchestre avait arrêté de jouer, mais maintenant que le bruit des couverts n'était plus, le silence se faisait évident.
Puis, les luminaires s'éteignirent, et des torches, posées autour de la scène, s'allumèrent, illuminant cette dernière. De la brume faisait office de rideau et cette lumière vive faisait naître des ombres inquiétantes.
Puis, une forme sortie du brouillard. C'était une femme, aux longs cheveux broussailleux. Elle portait une robe d'un noir poussiéreux, déchirée en de stratégiques endroits. Le tatouage de chaudron sur sa joue terminait le tableau de Wyron Magtail, chanteuse des Bizarr'Sisters(8).
Il ne fallut pas une seconde avant que le premier cri de fan hystérique ne résonne. Comme un vol de mouette apercevant un poisson fraîchement échoué, les élèves se levèrent, se précipitant vers la scène. Très rapidement, la piste de danse fut envahie. Avec amusement, Mérida regarda Harold se faire le plus petit possible de peur que, comme lors du Carnaval de Nothing Hill, Raiponce ne l'embarque danser. Heureusement pour lui, Alexandre semblait plus enclin à se déhancher, la blonde n'eut donc pas à choisir sa victime parmi sur ses amis.
Pour sa part, la rousse décida de prendre la direction du bar. Si, durant le repas, il était possible de commander les boissons via la carte, il fallait maintenant aller se servir soi-même. Et ce n'était pas forcément la meilleure idée de la soirée, vu que les Jumeaux étaient déjà en train de trafiquer l'énorme tonneau de bièraubeurre.
Attrapant un verre, rempli à partir d'un tonneau encore vierge de toute intervention du duo de rouquins maléfiques, Mérida balada son regard sur la salle. Elle avait sincèrement cru qu'elle pourrait s'amuser mais… Tout cela, c'était trop. Elle supportait de moins en moins les grandes foules, car depuis qu'elle entrainait son don, celui-ci recommençait à se déclencher en présence d'une trop forte concentration de magie. Et toute cette excitation, cette émotion chargeait l'air et perturbait les flux de magie. Sans aucun doute, si elle osait mettre un pied là-dedans, elle plongerait tout droit dans une crise de vision.
Il faudrait qu'elle en parle à Maugrey. Elle comprenait parfaitement qu'entrainer son don lui permettrait de le maîtriser, mais elle ne pouvait pas continuer à éviter ainsi le contact. La solitude n'était pas dans sa nature. Alors non seulement elle allait commencer à dépérir, mais cela allait encore plus mettre la puce à l'oreille d'Harold et de Raiponce. Heureusement, le Gallois était suffisamment occupé par son horaire surchargé, notamment depuis qu'il aidait Charlie à s'occuper du dragon et Raiponce état quelques peu dans les nuages, la faute à son amourette. Mais ça ne serait pas éternel et ils auraient vite fait de la coincer pour l'interroger d'ici à la fin de l'année.
« - Ça va ? » demanda soudainement une voix.
Se retournant vivement, elle se retrouva face à Harold, qui la regardait un peu inquiet. Il faudrait vraiment qu'elle apprenne à gérer ses absences.
« - Oui, oui, ça va. Tu n'es plus avec Jack et sa copine ?
- Apparemment, Alice est une grande fan de « Magic Works »(9). Donc elle a plus ou moins traîiné Jack sur la piste. Tu as l'air pâle. Tu veux sortir un peu ? Apparemment, ils ont aussi décoré le parc. »
Acquiesçant, la jeune fille emboîta le pas de son ami. Un peu moins de monde lui ferait du bien.
Effectivement, ils avaient décoré le parc. Et pas qu'un peu. Un peu partout, des fées scintillantes voletaient, décorant les rares feuilles survivantes de fleurs de givre. Sur le Lac Noir, des couples de statues animées faisaient du patin à glace. Des sapins, plus petits que ceux de la Grande Salle, étaient placés un peu partout, décorés de chandelles multicolores. Le Château, sûrement dans la combine, s'arrangeait pour qu'une neige délicate tombe sur l'entièreté du parc, recouvrant l'herbe d'un doux tapis blanc.
Les deux amis déambulèrent au milieu du paysage polaire, profitant du calme de la soirée. Ils s'amusèrent même à effrayer un pauvre couple qui se bécotait dans les buissons, imitant d'un sortilège la voix du Professeur McGonagall leur ordonnant de retourner à l'intérieur du Château. Les regarder détaler comme des lapins, la chemise à moitié déboutonnée pour le jeune homme et les cheveux complètement défaits pour la demoiselle, leur donna un fou rire qui dura au moins cinq bonnes minutes.
Ils s'étaient décidés à se remettre en chasse d'autres pauvres amoureux à effrayer, quand Harold la tira soudainement à l'ombre d'un arbre, lui intimant de se cacher.
« - Qu'est-ce qu'il y a ? murmura-t-elle.
- Regarde là-bas. »
Suivant la direction qu'il lui indiquait, elle repéra deux silhouettes. L'une d'entre elles était, à n'en pas douter, le Professeur Snape. Elle ne connaissait personne d'autre qui se tenait aussi droit et qui arborait un tel profil. Le nez, certainement. Il semblait discuter avec une certaine véhémence. C'était plutôt étrange connaissant le personnage.
« - Approchons », suggéra-t-elle.
Hochant la tête, Harold se faufila d'ombre en ombre, suivit de près par son amie, histoire d'être assez près de leur cible.
« - … te dis qu'elle est de plus en plus visible. Ne me fais pas croire que tu n'as rien vu ! IL revient. Et ce ne sera pas bon pour les gens comme nous.
- Tais-toi, Igor ! Ce n'est pas le bon endroit pour parler de ça. Ni le bon moment.
- Alors quand ? s'exclama l'interlocuteur de Snape. Tu me fuis. Tu sors toujours des excuses. Mais il faut regarder la réalité en face ! Toi comme moi savons que le Seigneur des Ténèbres parlait tout le temps de vaincre la mort. Il aurait très bien pu y parvenir. Et s'il revient, les traitres comme…
- Tais-toi !
- Ce n'est pas parce que tu n veux pas en entendre parler que ça n'existe pas !
- Non, il y a quelqu'un. »
Se retournant vivement, Snape scruta les ténèbres. Mérida, presque inconsciemment, retint sa respiration, se tapissant du mieux qu'elle pouvait dans l'ombre des arbres. Snape s'avança puis…
« - Mr. Jordan… Puis-je savoir ce que vous faites ici en compagnie de Miss. Johnson ?
- On… Regarde les étoiles ? tenta le malheureux Gryffondor.
- 30 points en moins pour Gryffondor. Maintenant, filez. SI je vous rattrape, les chaudrons sales vous attendent. »
Profitant du bruit que faisaient les deux tourtereaux, Mérida et Harold filèrent sans demander leur reste. Quand ils furent loin de Snape et de son compagnon mystérieux, les deux amis s'entre-regardèrent. Quelque chose se préparait dans l'ombre. Quelque chose de mauvais.
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(1) Pour faire simple, la robe de Raiponce est celle du film. Quant au foulard, je ne sais pas si je l'ai bien décrit, mais il s'agit des longs morceaux de tissus que les filles portent au niveau des coudes et des reins quand elles sont en « robe de soirée ».
(2) Autant vous prévenir de suite : j'ai très mauvais goût en matière de vêtement. Donc, si c'est moche, j'y peux rien, je fais à mon idée ^^
(3) Petit instant culture : chaque clan écossais à un tartan (le motif quadrillé du kilt ^^) propre.
J'ai décidé de prendre une nouvelle direction dans ma manièr d'écrire : tant que chaque personnage à 1000 mots, c'est bon. Peut-être que Jack en aura 1250 et Hiccup 1025, mais je préfère faire ça comme ça, c'est plus simple au lieu de l'égalité (presque-)parfaite (notons qu'il m'aura fallu plus de cinquante chapitre avant de céder ^^).
(4) Vous n'imaginez pas comme j'ai eu du mal à trouver une musique qui me convenait. Au final, j'ai pris la « Dance of Blessed Spirit » tirée d'Orphée et Euridyce et jouée par le Norvegian Chamber Orchestra. Je vous mettrai le lien ici : « www . youtube watch ? v = TN6DriJ47qY&list=PLvSW0TkZ9kt1w7hoRX9CVTWNK9RDci0mq&nohtml5=False » (pensez à supprimer les espaces. Je mettrais le lien sur la page Facebook.)
(5) Que quelqu'un ose me contredire ! Radcliffe a le charisme d'une moule à moitié crevée (sauf dans certaines scènes). Du moins en VF. J'ai pas encore trouvé le temps (ni le courage) de me taper la VO.
(6) Un jour, j'écrirai une fic sur pourquoi les Elfes ne veulent pas être libres.
(7) Comme me disait Emmawh : petite pensée à tous ces élèves qui mangent lentement et qui n'ont jamais le temps de finir leur assiette…
(8) Alors je sais que dans le film (et dans la plupart des médias), les Bizarr'Sister sont des hommes. Mais d'une part, dans la VF du livre, le traducteur en a fait, pour une raison étrange, des femmes. Et c'est resté chez moi ^^. Pour l'anecdote, le nom de « Bizarr'Sister » vient d'une pièce de Shakespeare, où ce terme désigne les trois sorcières qui prédisent son futur à Macbeth (et chante « Double Trouble », aussi, qui est la chanson que la chorale de Poudlard chante au début du troisième film)
(9) « Vrai » chanson des Bizarr's Sisters : www . youtube watch?v=jNvOKfyFpt4 . C'est la seule des trois que je trouve encore potable.
Pas totalement fan de ce chapitre. J'adore la partie de Jack, mais un peu moins le reste. Je trouve que, si la scène du bal est magnifique à l'écran, elle passe beaucoup moins bien à l'écrit.
Et je ne sais pas si vous vous en rendez compte mais nous sommes au chapitre 12 et nous abordons seulement les vacances de Noël. Le plus long des arcs du Projet A faisait 13 chapitres…
Je crois que je finirai cette fic à la maison de retraite ^^
Aussi, j'ai une mauvaise nouvelle. Après le chapitre 13, je devrai prendre une petite pause, car la fin du quadrimestre approche et j'ai pas mal de travaux à rendre. Sachant qu'un chapitre, c'est au minimum 4 soirées, bah je ne peux pas goupiller les deux. Normalement, il n'y a qu'un chapitre qui saute et on se retrouve donc avec une pause du 25 avril (date de publication du chapitre 13) au 23 mai (date de publication du chapitre 14). Merci de votre compréhension.
PS : c'était le retour de la note de bas de page ^^ Cela faisait longtemps que je n'en n'avais pas mis autant ^^
A la prochaine !
