Les Années Sombres
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.
Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)
Un grand GRAND merci à Emmawh qui prend de son temps pour corriger mes fautes (n'oubliez pas non plus qu'on est humains, donc parfois, il en reste ^^)
Merci à , Un Fan, Paquerette-san et son.y pour leur reviews (on sent que c'est les examens, moins de lecteurs ^^)
Un Fan : Hello ! Merci pour ta review ! Oui, ça va finir en chasse au secret. Ce n'est jamais bon de les garder aussi longtemps. Et non, ils n'assistent pas à la cérémonie du Clan. Celle-ci se tient au solstice et là, c'est le Nouvel An, qui est plus une fête familiale. Pour Tatiana, je garde la surprise )
Bonne lecture !
Son.y : Hello ! Merci pour ta review ! Pour Tooth, je ne dirai rien ) L'oncle de Jack qui a dit qu'il l'éliminerait en cas de problème, c'est Eric, le père d'Elsa. Quant à Edward Cygnus, il s'agit de la même personne.
Bonne lecture !
Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.
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Chapitre 15 : Incompréhension
Assis dans l'herbe, Jack essayait de ne pas paniquer. Ce qui était assez compliqué sachant qu'il allait retenter la même expérience que la semaine dernière, à savoir maîtriser de la magie sauvage, ou du moins se connecter au flux. Ce qui rendait sa panique compréhensible, étant donné que la fois précédente, il avait failli plonger le manoir dans une véritable ère glaciaire.
Des frissons le parcoururent quand il se remémora les évènements. La connexion au leys. La magie Sauvage qui déferlait à travers lui, tel un raz-de-marée emportant tout sur son passage. Puis le noir. Et enfin, le réveil, plusieurs heures après. Apprendre ce qu'il avait causé, ce que la Voix avait probablement causé, vu sa perte de conscience, et ce qui avait failli arriver. Si l'oncle Edward n'était pas arrivé pour contenir la tempête, elle se serait rapidement étendue et, ancienne famille ou pas, les Overland auraient sans nul doute eu quelques démêlées avec la justice.
Cette presque-catastrophe avait poussé sa mère à prendre quelques précautions pour le second essai. Elle l'avait laissé récupérer le plus possible et avait demandé assistance. Ce qui expliquait qu'aujourd'hui, l'entrainement se faisait en présence de l'oncle Edward, qui pourrait gérer les débordements, ainsi que d'Hiccup, apparemment apte à aider sa mère au niveau des leys.
Enfin, ça, c'était la base. Mécontente d'être laissée sur le côté, Mérida avait argué qu'elle pourrait aider en cas de problème. Quant à Raiponce, elle s'était simplement pointée ce matin et s'était installée, tout naturellement. Bref, Jack avait l'impression d'être un illusionniste prêt à se donner en spectacle.
Au signal de sa mère, il ferma les yeux et tenta de rentrer en transe, sans pour autant plonger aussi profondément que la dernière fois. Le truc, selon Hiccup, c'était de s'arrêter au moment où il sentait sa conscience vaciller. Facile à dire, mais à faire… Le Gallois avait eu bien de la peine à lui expliquer ce qu'il entendait par « vaciller », d'ailleurs. Il avait comparé ça avec la dernière seconde avant de s'endormir, mais qui se rappelait de cette seconde, franchement ?(1)
Se calmant le plus possible, le Serpentard partit à la recherche du leys. Normalement, il devait être encore plus fin que la dernière fois, vu tout ce qu'ils en avaient tiré. Il finit par le trouver, fin serpent bariolé qui s'écoulait paresseusement vers un autre leys bien plus imposant, celui qui passait droit sous la maison.
Délicatement, Jack chercha à s'y connecter, plongeant plus loin dans la transe, cherchant ce fameux moment de basculement entre conscience et inconscience. Respirant lentement, il étira le fil de magie, tentant de la dévier de son cours. Il n'avait pas réellement besoin de l'utiliser, seulement devenir capable de la ressentir et de l'empêcher de passer.
Il y était presque, quand la connexion coupa soudainement. Déstabilisé, il ouvrit brusquement les yeux, se retrouvant face à sa mère et Harold tous deux essoufflés.
« - Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda le jeune homme ?
- Tu as plongé trop loin, alors ils t'ont coupé du leys, répondit Mérida.
- Trop loin ?
- Regarde autour de toi. »
Se redressant, Jack se rendit compte que tout autour de lui était blanc. Pas blanc de neige, mais de givre. Le sol autour de lui avait gelé. A un point tel, constata-t-il en cueillant un brin d'herbe, que ce dernier n'était pas simplement couvert de cristaux de glace, mais qu'il était gelé jusqu'au cœur, se transformant en quelque chose d'aussi fragile que du cristal.
« - Je ne m'en n'était pas rendu compte…
- C'est peut-être trop risqué de commencer par la pratique, énonça Tatiana, quand elle eut repris son souffle. J'aurais dû savoir que tu ne pouvais pas y arriver juste à l'instinct. On va devoir passer par la théorie.
- Non ! »
Sa mère lui jeta un regard un peu incrédule.
« - Non ?
- Je… Je peux y arriver. Je ne suis pas loin. Quand vous m'avez interrompu, j'étais parvenu à me saisir de la magie du leys sans perdre conscience. Je dois juste apprendre à l'empêcher d'arriver jusqu'à mon centre magique.
- Jack…
- Je peux y arriver, répéta-t-il. Laissez-moi juste une chance. »
Elle sembla hésiter un instant, lançant un regard vers Harold, qui devrait l'aider à couper la connexion si cela tournait court. Et s'opposer au passage d'un leys n'était ni facile, ni reposant à faire.
« - Ca ira, répondit le Gallois, bien qu'un peu essoufflé. Je peux le faire encore une fois, mais ça risque d'être assez désagréable pour lui, la coupure sera beaucoup plus brutale. Si ça te va… commença-t-il en interrogeant Jack.
- C'est bon. Je suis sûr que je peux y arriver. Pas forcément la manipuler, mais m'en approcher et me déconnecter moi-même.
- Bien. Allons-y, dans ce cas. »
Inspirant, Jack se replongea en transe. A chaque essai, c'était plus simple. Peu à peu, il commençait à comprendre où regarder pour trouver ce qu'il voulait. Plutôt que de foncer dans le leys, il essaya de percevoir comment la magie s'en échappait. Sa mère et Harold étaient capables de l'utiliser sans tout faire exploser, c'était donc qu'il y avait un moyen de puiser l'énergie sans tout se recevoir en pleine face. Un moyen qu'ils avaient instinctivement compris mais que lui devait chercher.
Puis, il finit par les apercevoir. C'était discret. Infime. Presque invisible. Le leys ne filait pas droit. Outre ses méandres, il y avait des dizaines, des centaines de filins de magie qui s'écartaient du cours principal avant de le rejoindre un peu plus tard. Ils étaient tellement nombreux, tellement serrés qu'on ne les voyait qu'à peine, mais ils existaient.
Doucement, il en effleura un. Une infime quantité de magie lui parvint. C'était si peu. Juste une étincelle. Il étendit la main, englobant deux fillins. Puis trois. Puis quatre. Avant de s'en rendre compte, il était presque englouti par la magie. Jusqu'à ce qu'une puissante décharge lui traverse le corps.
Ouvrant brutalement les yeux, il se retrouva face à ceux écarquillés d'Harold, dont l'iris vert semblait avoir dévoré pupille et blanc. Du moins, c'est ce qu'il crut, car les yeux de son amis lui parurent on ne peut plus normaux la seconde d'après.
« - Je t'avais dit que ça ferait mal », souffla celui-ci, apparemment fatigué.
Oui, il avait eu mal. Mais il avait aussi avancé un peu plus loin. Et ça valait bien la horde de fourmis qui semblait parcourir son corps.
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« - La magie Sauvage est dangereuse car elle ne pense pas. De ce point de vue-là, l'analogie que fait Jack entre un leys et un cours d'eau est loin d'être idiote. Comme l'eau, la magie Sauvage suit son cours, simplement. Quand on se connecte à elle, on se présente comme une déviation, mais cela signifie que l'entièreté de la magie contenue dans le leys se déverse en nous. Le tout est de contrôler le débit de magie. »
Assis dans le salon, Harold suivait le cours donné par la mère de Jack avec intérêt. Il n'aurait pas cru devoir suivre des leçons pendant les vacances, ni même simplement le vouloir, étant donné la masse de travail scolaire qu'il avait déjà, mais il ne pouvait passer à côté d'informations sur la magie Sauvage.
« Tooth » avait en effet décidé qu'il était nécessaire de donner à son fils des notions théoriques un peu plus poussées de ce qu'était exactement la magie Sauvage et de comment la contrôler. Dit comme cela, ça pouvait paraître évident, mais cela ne lui avait jamais traversé l'esprit, pas plus qu'à Harold. Elle avec son don et lui-même avec son ascendance avaient une capacité naturelle à comprendre comment fonctionnait cette magie et où était la limite entre « prendre » et « être englouti ».
Jack non. Il l'avait d'ailleurs prouvé le matin même. Une première tentative s'était soldée par un échec total. La seconde avait été moins grave et aurait même pu être une réussite, si le Serpentard n'avait pas cédé à la tentation du « plus ». Pour avoir manipulé une grande quantité de magie Sauvage, notamment en déliant les nœuds des leys de Beurk, Harold savaient qu'il était difficile de résister à l'envie de prendre toujours plus de cette magie qui ne « demandait » que ça.
Le tout était de tomber une fois et d'en subir les conséquences. Pour lui, c'étaient la fois où il avait rendu Jack invisible. Il lui avait fallu quelques temps, mais il avait finalement compris que c'était probablement la magie Sauvage, nourrie de sa colère, qui avait modifié le sort d'une telle manière. Avoir dû supporter Jack aussi longtemps lui avait servi de leçon quant aux limites qu'il fallait s'imposer. Agir sous le coup de la colère en était une, car cela lui avait fait employer plus de magie nécessaire, ce qui avait eu des conséquences plutôt dérangeante.
On aurait pu croire que recouvrir tout le manoir de neige suite à une perte de contrôle aurait été la leçon de Jack, mais non. Le problème était, d'une part, le fait que le blanc ait sombré dans l'inconscience et d'autre part l'existence de la Voix, bouc émissaire idéal. Pour Jack, ce n'était pas lui qui avait causé cela. Mais Harold, pour avoir vu agir la Voix, cet être qui le détestait pour une raison étrange et qui n'aurait pas laissé passer l'occasion de le lui rappeler, ce n'était pas aussi clair. Il savait bien que ce n'était pas elle la responsable. C'était juste un Jack submergé. Fallait-il encore que son ami le comprenne.
« - Jack, dit Tatiana, qui avait continué le cours, d'après ce que tu m'as dit, tu as décelé des « fuites » dans le leys qui te permettent de puiser des quantités minimes de magie. Ce n'est pas la technique que j'utilise, ni celle d'Harold, apparemment.
- Vous faites comment, alors ? interrogea le Serpentard, qui se tourna vers Harold, pensant probablement qu'il était celui le plus proche de lui en matière de maîtrise.
Le brun hésita un instant. Sa technique n'était probablement pas très orthodoxe. Ni même très conseillée, probablement.
« - Eh bien je laisse venir. Et quand j'ai assez, je coupe les vannes.
- Tu… Coupes les vannes. Comment t'arrive à « couper les vannes » d'un truc pareil ?
- Je ne sais pas. Je le fais, c'est tout.
- C'est là la différence entre toi et nous, Jack. Pour ton ami et moi, c'est quelque chose de naturel. Je ne dis pas que la magie Sauvage nous obéit, mais nous savons comment la faire plier, instinctivement. Toi, tu dois apprendre à faire cela, ou du moins quelque chose qui y ressemble.
- Qui y ressemble ? Pourquoi ne pas simplement apprendre à faire comme vous ?
- Parce que c'est impossible. Ou du moins très difficile. Nous agissons dans l'urgence, Jack. Nous n'avons pas le temps de chercher un moyen d'adapter notre voie à tes spécificités. L'important est que tu y arrives, peu importe le moyen. C'est pour cela que je n'ai pas voulu te donner ce cours théorique avant de te laisser essayer. Parce que nous ne pouvons pas nous permettre d'emprunter les voies normales, nous devons sortir des chemins battus. »
Harold fronça les sourcils. Pourquoi une telle « urgence » ? Evidemment, Jack et Tatiana lui avait parlé de la scellée, mais que s'était-il passé la dernière fois qu'elle avait faibli pour que cela inquiète tant la mère de son ami ?
« - Alors je fais quoi ? s'énerva l'adolescent. Je retente, encore et encore, je tâtonne au risque que la Voix reprenne le contrôle et ensevelisse la Manoir, comme au début des vacances ?
- Ce n'était pas la Voix, dit Harold sans s'en rendre compte, toujours perdu dans ses pensées.
- Pardon ? »
Ah. Mauvais délire. Il aurait peut-être dû tenir sa langue. Ou c'était peut-être le bon moment pour une prise de conscience.
« - Ce n'était pas la Voix qui a perdu le contrôle, Jack. C'était toi. Simplement toi.
- Qu'est-ce que t'en sais ? répondit le blanc, agressif.
- J'ai déjà eu affaire à la Voix. Elle me hait. Elle ne serait pas passée à côté d'une occasion de m'ennuyer. Ce jour-là, tu m'as regardé et tu ne m'as pas vu. Même quand j'ai commencé à puiser dans le leys pour l'épuiser, tu n'as pas réagi.
- Ça ne veut rien dire !
- Si. Ça veut tout dire. La magie Sauvage, mal maîtrisée, est dangereuse. Encore plus pour toi qui n'a pas d'affinité particulière pour sa maîtrise.
- Mais je…
- Tu la raffines pour le Clan. Je sais. Tu me l'as expliqué. Mais ce n'est pas pareil. Cette partie-là est instinctive et ne peut mener qu'à un type de magie, celle des Frost. Tu dois apprendre à filtrer et à utiliser la magie Sauvage en tant que tel. Et comprendre qu'il est important de connaître ses limites, parce que tu risques, toi, pas la Voix, de te mettre en danger et de mettre en danger les autres. »
Le Gallois regarda son ami, soudainement muet. Ce n'était absolument pas diplomate. Mais c'était peut-être ce qu'il lui fallait.
Espérons, du moins.
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Le train siffla deux fois, commençant son long voyage, les roues se mettant lentement en marche. C'était amusant de constater la minutie avec laquelle les constructeurs avaient fait pour qu'absolument tout dans le Poudlard Express, de son apparence à son fonctionnement, ressemble à un train moldu, sachant que le quai était caché et inaccessible à la majorité des moldus, ceux devant accompagner un élève ayant reçu une autorisation spéciale.
Confortablement installée dans la cabine qu'ils avaient réquisitionnée, Raiponce était plongée dans un livre. Habituellement, elle préférait passer son voyage a discuter ou à jouer aux échecs, entre deux rondes de préfet. Mais d'ordinaire, le Tournoi des Trois Sorciers, bien qu'ils soient quatre, cette fois-ci, n'avait pas lieu.
La veille, Jack leur avait montré ce qu'il avait découvert à propos de l'œuf. Que les cris qui en sortaient n'étaient autre que le chant des Merrows, des sirènes gaëliques, qui révélait toute sa beauté dès qu'on l'entendait sous l'eau. Tous les quatre dans la salle de bains des Overland, ils avaient donc tour à tour plongé la tête, écoutant les paroles qui s'échappaient de la coquille dorée. Cela avait donné lieu à beaucoup d'éclaboussures et à un regard étrange de Tatiana, quand elle les avait découverts ainsi.
Une fois séchés, ils avaient mis les paroles sur papier, aidés de Jack qui replongeait de temps à autre la tête dans une bassine d'eau histoire de vérifier en cas de doute. Au final, ils avaient obtenu ceci.
« Descends nous visiter et entends nos paroles
Nous devons pour chanter être au-dessous du sol.
À présent, réfléchis, exerce ton esprit,
Ce qui t'est le plus cher, nous te l'avons ravi,
Pendant une heure entière il te faudra chercher
Si tu veux trouver ce qu'on t'a arraché.
Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir
Tes efforts seront vains car il sera trop tard »
La conclusion était vite arrivée. Si c'était bien des Merrows qui chantaient, cela signifiait que Jack allait devoir plonger dans le Lac Noir, où une colonie de ces êtres avait élu domicile. Ce qui posait plusieurs problèmes.
Déjà, Jack allait devoir apprendre à respirer sous l'eau. Ce qui n'était pas la chose la plus aisée, même avec la magie. Se faire pousser des branchies était d'un trop haut niveau de métamorphose. La transformation animale aurait pu marcher, mais cela comportait de nombreux risques. Notamment un conflit avec l'animagus chat du jeune homme. La solution la plus simple restait un sortilège de Têtenbulle, mais ce n'était pas sans risques. Si le sort prenait fin ou que Jack n'avait pas prévu suffisamment d'oxygène au départ, la situation pouvait vite devenir catastrophique.
Outre ce problème, d'autres étaient tout aussi préoccupants. Le Lac Noir ne portait pas son nom pour rien et ses eaux étaient sombres. Ils allaient devoir prévoir le coup et entrainer le Serpentard aux sortilèges informulés, au moins les basiques, qu'il puisse voir et se défendre. Les Merrows n'étaient pas les seuls habitants du Lac, qui abritait quelques créatures agressives.
Il fallait aussi trouver ce que les paroles entendaient par « ce qui t'est le plus cher ». Un objet ? Une personne ? La jeune fille ne s'inquiétait pas trop du « Après l'heure écoulée, renonce à tout espoir
Tes efforts seront vains car il sera trop tard ». Ce n'était qu'une simple limite de temps. Dumbledore ne permettrait pas que l'on mette quoique ce soit en danger, surtout si c'était si cher aux Champions.
Soupirant, la blonde referma son livre. Rien là-dedans n'indiquait comment respirer sous l'eau sans risque. Le livre se contentait de lister ce qui ne fonctionnait pas. Ce qui n'était pas exactement ce qu'elle cherchait, bien que liquider Jack soit extrêmement tentant certains jours. Surtout ceux où il se plaignait, ce qui arrivait souvent ces temps-ci.
Aujourd'hui, pourtant, il était étonnamment calme. Depuis le début du voyage, il se taisait, ne répondant que de temps à autre à Marius qui tentait de le dérider. Mais même le joyeux Serpentard avait arrêté et s'était tourné vers Harold et Mérida, qui disputaient une suite de parties de Bataille Explosive. Vu qu'ils étaient l'un comme l'autre couvert de suie, Raiponce en déduisait qu'ils étaient plus ou moins à égalité.
Puis, d'une manière surprenante, le blanc prit la parole.
« - Vous pensez… Vous pensez que je dois prévenir Potter ? Pour l'œuf et les sirènes ?
- Le prévenir ? Pourquoi ?
- Je sais pas… Cette idée me trotte en tête depuis un moment. Depuis avant les vacances, en fait.
- Avant les… Attends, tu savais déjà que tu devais affronter des sirènes avant que l'on parte ?
- Euh… Oui ?
- Et tu n'as pas pensé à nous le dire avant ? s'énerva Raiponce.
- Bah… En fait, j'avais prévu de vous le dire au début des vacances puis ça a tourné en cacahouète et j'ai pas eu le temps.
- Tu mériterais que je te laisse te débrouiller tout seul, pour la peine !
- Mais Raiponce », geignit le garçon.
Toujours râlante, la jeune fille rangea son livre et partit faire sa tournée de préfète. Il savait depuis avant Noël. Avant Noël. Le sale petit… Et maintenant, il venait comme une fleur, attendait de l'aide. C'était tout Jack.
Bon, il n'avait pas totalement tort, les évènements des vacances avaient chamboulés les plans. Mais quand même !
Encore un peu énervée, elle signala sèchement à deux amoureux que les toilettes, non-mixtes, n'étaient pas un endroit pour se bécoter. Et non, elles ne l'auraient pas plus été si elles avaient été mixtes. De manière générale, les toilettes quelles qu'elles soient n'étaient pas un lieu pour ça.
Ces deux amoureux firent dériver ses pensées vers son propre amoureux. Alexandre était resté à Poudlard durant les vacances, le voyage jusqu'en France étant un peu trop long par carrosse volant et les voyages par cheminette très chers.
Ils avaient profité de cette proximité pour discuter par lettre. C'était drôle comme Alexandre était tout de suite plus prolixe sur papier. A croire qu'il était toujours timide avec elle dès qu'elle était en face de lui. Une part d'elle trouvait cela mignon, une autre un peu agaçant, car c'était toujours à elle d'initier tout mouvement de couple. Que ce soit prendre la main, embrasser,…
Elle en venait à se demander si c'était réellement une bonne idée de retenter le coup. Leur amourette de vacance s'était terminée il y a bien longtemps et ils auraient peut-être dû en rester là. Il faudrait qu'ils en parlent.
Rapidement.
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« - Comme vous le voyez, la licorne préfère la douceur féminine à la brutalité masculine. »
Comme vous le voyez, comme vous le voyez, c'était vite dit. Mérida, pour sa part, ne voyait rien vu que la remplaçante d'Hagrid, une certaine Mrs Gobe-Planche, avait interdit aux garçons de s'approcher de plus de dix mètres de l'enclos au paissait deux chevaux au front orné d'une corne, leur fournissant des jumelles pour pouvoir voir le sujet de la leçon.
Mérida savait sans nul doute qu'Hiccup était présentement en train de râler. Ils avaient tous les deux déjà pu apercevoir des licornes durant leurs escapades dans la forêt et elle savait que le Gallois appréciait beaucoup l'élégance et l'agilité de ces créatures.
Se reconcentrant sur le discours de l'enseignante, elle se demanda ce que devenait Hagrid. La veille, Rita Skeeter, journaliste de tous les ragots, avait publié un article sur lui, ou plutôt sur Harry Potter, dans lequel elle citait Hagrid dans la liste des « amitiés particulières du jeune Potter », signalant le statut de demi-géant du garde-chasse.
Cela n'aurait pas dû porter à conséquence. Tout le monde savait qu'Hagrid avait du sang de géant, sauf les imbéciles qui pensaient qu'une potion de croissance pouvait faire de telles choses. Une potion de croissance donnait un individu difforme, aux membres de tailles diverses, pas un homme construit sur le modèle 15/10ème de l'être humain de base.
Malheureusement, si cela n'était pas important tant que ce n'était pas officiel, maintenant que c'était dans le journal, cela le devenait. « Qu'allaient penser les parents ? » semblait être le mot d'ordre. Cela dit, les élèves, eux, s'en moquaient pas mal. Lupin était un loup-garou, mais aussi le meilleur professeur de Défense qu'ils avaient eu depuis des années. Alors un demi-géant, ma foi…
Mais le plus touché était sans conteste Hagrid. Depuis hier, il s'était enfermé dans sa cabane et refusait d'en sortir. Au point qu'on avait appelé Mrs. Gobe-Planche en express
Reportant son attention sur le cours, Mérida observa la femme, aussi sèche qu'Hagrid était bon-vivant, expliquer aux filles les caractéristiques des licornes, du poulain à la robe dorée jusqu'au vieil animal argenté, en passant par l'adulte au pelage de nacre. Elle était sans conteste intéressante… Mais elle n'était pas Hagrid. Ni même Brûlopot.
L'ancien Professeur, bien que plus tempéré qu'Hagrid, n'aurait jamais montré des licornes, créatures douces et pacifiques, à des sixièmes années. Les licornes, ils avaient vu cela lors de leur troisième. Brûlopot leur aurait montré des manticores, des hydres… Des créatures peut-être dangereuse, mais dont la connaissance état nécessaire pour des élèves qui, comme eux, s'étaient spécialisés dans le Soin aux Créatures Magiques car ils ambitionnaient de devenir médicomages, soigneurs, … Et les licornes, jusqu'à preuve du contraire, ne blessaient jamais personne et n'avait en rien besoin de l'homme pour se cacher des moldus.
Bon, Gobe-Planche n'aurait pas su obtenir une manticore aussi rapidement, mais même, il y avait un dragon à deux pas, gardé par un des meilleurs dresseurs de dragon de la réserve de Roumanie. Au lieu de cela, ils regardaient les animaux les plus pacifiques au monde après le ver de terre, avec une moitié de la classe qui ne pouvait même pas s'approcher d'eux.
Quand la cloche sonna la fin des cours, Mérida soupira de soulagement.
« - Vivement qu'Hagrid revienne, grommela Harold dans sa barbe. Comme si le fait qu'il soit demi-géant puisse nous gêner. Il n'y a bien que la bande à Malfoy qui trouve quelque chose à y redire.
- Je sais. Mais ne t'inquiète pas, Dumbledore va surement arranger ça rapidement.
- J'espère. Parce que passer deux heures de mon cours principal assis à dix mètres des créatures étudiées, c'est horriblement long et ennuyeux. Bon, je te laisse, j'ai promis à Charlie de passer lui filer un coup de main, comme j'ai pause ici. On se revoit en potion ?
- Sans problème. »
Mérida regarda son ami s'éloigner, apparemment pressé de rejoindre Charlie. Ah, Harold et ses dragons. Hier, ils avaient retransformé Krokmou, qui avait passé les vacances sous forme féline, et rien qu'à voir la ferveur avec laquelle le Gallois s'était occupé de l'animal, elle pouvait dire qu'il le préférait mille fois sous sa forme de reptile.
Mérida jeta un coup d'œil à son propre horaire. Elle avait une heure avant que la séance pratique de Métamorphose ne commence. Le temps d'aller le voir.
Remontant son sac sur son épaule, elle entreprit de grimper jusqu'au second étage, empruntant passages secrets et escaliers dérobés avant d'avancer plus vite, sa destination se trouvant dans l'aile opposée.
Arrivée à destination, elle hésita un instant, avant de toquer.
« - Entrez » grogna une voix rauque.
Poussant la porte, elle pénétra dans l'antre de la bête.
« - Ah, te v'là, toi. J'me d'mendais quand est-ce que tu viendrais.
- Bonjour Professeur.
- Alors, quoi de neuf ? Tu t'es entrainé ?
- Oui mais…
- Mais ? »
Mérida hésita. Maugrey n'aimait pas quand elle émettait des doutes sur sa méthode.
« - Je perds de plus en plus le contrôle. J'ai failli m'évanouir au Bal de Noël, tellement il y avait d'émotions. Je n'ai même plus besoin de toucher les choses, juste de passer à proximité.
- C'est l'évolution normale de ton don. Le seul problème, c'est qu'il évolue plus vite que ta maîtrise. Il aurait sans doute suivi le même chemin si tu ne t'étais pas entrainée, mais dans ce cas, tu aurais perdu le contrôle bien plus vite et bien plus souvent. Crois-moi petite, je sais c'que j'fais.
- Vous… Vous croyez qu'il va continuer à grandir ?
- Ça, j'en sais rien. Mais le don de voyance, c'est jamais facile. Donc, c'est important que tu continues, petite. Pour pouvoir espérer contrôler ça. Bon, c'est pas tout, mais tant qu't'es là, si on révisait les sorts ? Pour voir si t'as pas rouillé entre la dinde et la bûche. »
Hochant la tête, Mérida prit la direction du petit bureau qu'elle occupait habituellement, le repoussant contre le mur.
Dos à l'ancien auror, elle manqua le rictus qui passa rapidement sur ses lèvres couturées. Et les yeux étrangement nets de la silhouette floue qui se reflétait dans la glace à l'ennemi.(2)
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(1) Vraie question d'ailleurs. Je sais pas vous, mais perso je suis incapable de me rappeler le moment où je m'endors (et accessoirement, je raconte ma vie. Voilà voilà).
(2) Pour ceux qui l'auraient oublié, la glace à l'ennemi est un artefact que Maugrey possède et qui permet de détecter les personnes ayant de mauvaises intentions. Ces personnes ont un reflet qui se fait de plus en plus net. De base, ça ne marche que pour ceux ayant de mauvaises intentions envers le propriétaire du miroir, mais j'ai un peu bidouillé ^^
Fiou, un chapitre au finish. Pour tout vous dire, on est mercredi, il est deux heures du matin et ça fait bien cinq six heures que j'écris (bon, pas d'affilée, j'ai eu quelques contre-temps, sans quoi je ferai déjà dodo ^^)
J'espère qu'il vous a plu, on se retrouve dans une semaine et demi !
