Les Années Sombres
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.
Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)
Un grand GRAND merci à Emmawh qui prend de son temps pour corriger mes fautes (n'oubliez pas non plus qu'on est humains, donc parfois, il en reste ^^)
Merci à Un Fan, Paquerette-san, Mc Arno, son.y et Sheria Pie pour leur review !
Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.
Un fan : Hello ! Merci pour ta review ! Si, les gens se le demandent, surtout Raiponce ^^ Pour Mrs Gobe-Planche, elle n'est pas de moi, mais de Rowling. J'ai essayé d'y être fidèle : )
Bonne lecture !
Son.y : Hello ! Merci pour ta review ! Pour Mérida et Maugrey, je ne dis rien, mais effectivement c'est pas tout innocent. Pour Jack et Harry, on voit ça dans le chapitre. Et pour les relations amoureuses, mystère ^^
Bonne lecture !
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Chapitre 16 : Préparation
Dans les cachots sombres et humides, au cœur des vapeurs bouillonnantes, un homme se tenait. Un homme qui avait terrorisé plus d'élèves qu'il n'y avait d'étoiles dans le ciel. Un homme qui hantait les songes cauchemardesques de bien des jeunes adolescents.
« - Le cours d'aujourd'hui sera dédié à la finalisation de votre potion d'Amortentia. Ceux qui n'ont pas fini aujourd'hui recevront un T. Et que ceux dont la potion n'est pas jaune pâle sortent immédiatement, ils n'ont aucune chance de la rattraper. Du moins, pas vu votre niveau plus que minable. »
Severus Snape.
Mérida n'avait jamais réellement craint celui que l'on appelait « La chauve-souris des cachots ». Elle n'était pas excellente en potion, loin de là, mais l'avantage de partager les cours avec les Jumeaux Weasley, terreurs incontestées de Poudlard, c'était que ces derniers prenaient toute l'attention et que Snape avait bien trop à faire avec eux pour martyriser convenablement les autres élèves.
Le hic, c'est que maintenant que les Jumeaux, qui avaient totalisé cinq BUSEs à eux deux, n'étaient plus là… Eh bien Snape se rendait compte qu'il y avait d'autres élèves méritant son courroux. Notamment Mérida, avec son niveau en potion plus que moyen.
Heureusement pour elle, elle travaillait avec Jack, ce qui équilibrait le tout. Parce que toute seule, sans être une catastrophe totale en potion, nul doute qu'elle aurait fait exploser un ou deux chaudrons depuis le début de l'année, quand bien même elle faisait tout pour que cela n'arrive pas. Elle avait réellement besoin de cet ASPIC en potion.
Seulement, aujourd'hui, il fallait qu'elle fasse exploser son chaudron. Enfin, pas exactement exploser, mais plutôt le faire produire de la fumée. Assez de fumée pour permettre à Raiponce et Harold puisse se faufiler dans la Réserve pour récupérer quelques ingrédients. Des ingrédients nécessaires à la fabrication d'un philtre d'apnée. Il ne leur fallait pas grand-chose, la plupart des composants pouvant s'acheter à Pré-au-Lard, mais les crochets de serpencendre coûtaient horriblement cher. Donc, case Réserve de Snape.
A la base, ils avaient pensé entrer par la porte qui donnait dans le couloir, comme ils l'avaient déjà fait lors de la réalisation de la potion de chamanisme, mais l'enseignant avait renforcé ses sortilèges depuis et il était bien trop risqué de tenter de les défaire. Donc, obligation de passer par la porte qui donnait sur la classe.
Globalement, il ne fallait qu'une ou deux minutes à Harold et Raiponce pour trouver ce qu'il fallait, la belette ayant un bon odorat et Raiponce des ailes. Seulement, une ou deux minutes avec Snape qui se dressait de toute sa hauteur devant vous, c'était long.
Respirant un grand coup, la Gryffondor attrapa la racine de gentiane. Il en fallait dans la potion de base, mais ajouter le double de la quantité nécessaire ferait fumer la potion comme un feu de brousse. De plus, ce n'était pas trop compliqué à rattraper, ce qui permettrait à Mérida d'éviter le T. Si Snape la laissait faire au lieu de simplement la mettre dehors. Heureusement, vu que Jack était son partenaire, le directeur de Serpentard devrait se montrer indulgent, car pour une raison qui échappait totalement à Mérida, il semblait apprécier le jeune homme.
D'un geste brusque, elle reversa donc le bol rempli de gentiane broyée. Et le monde devait jaune. Littéralement. Sans un bruit. De la fumée jaune pétant s'échappait de son chaudron, se répandant dans toute la pièce. Elle sentit plus qu'elle ne vit Raiponce et Harold se faufiler vers la droite, là où se trouvait la porte de la réserve.
« - Qui a ait ça ? »
Restait à affronter Snape. Elle sentait un courant d'air, indiquant que l'enseignant était en train d'essayer de disperser la fumée. Mais elle avait prévu le coup.
« - Je crois que c'est moi, monsieur. » dit-elle.
Dans le même temps, elle marmonna un sortilège qu'elle avait trouvé pour l'occasion, qui produisait une fumée épaisse dont la couleur était facilement changeable. Il fallait juste qu'elle tienne le temps que ses amis reviennent.
« - Miss Dunbroch. J'étais étonné qu'aucune catastrophe ne se soit produite depuis le début de l'année, vu votre niveau digne de vos cousins. Le Professeur McGonagall a insisté pour que je vous accepte dans ma classe, malgré votre Effort Exceptionnel aux BUSEs. Pour ne pas « faire inutilement obstacle à votre choix de carrière ». Sachez que si vous ne parvenez pas à me produire une Amortentia convenable à partir de votre soupe fumante, vous pourrez faire une croix sur cette fameuse carrière. »
D'un geste rageur, Snape, qu'elle n'avait pas vu jusque-là à cause de la fumée, dissipa les vapeurs, révélant qu'il se trouvait juste à côté du banc de Mérida. Révélant aussi, par la même occasion, qu'Harold et Raiponce étaient revenus à leur place. Et vu leur grand sourire, ils avaient réussi.
« - M'avez-vous compris, Miss Dunbroch ?
- Oui, monsieur. »
Dès que l'enseignant eut tourné le dos, Jack envoya à Mérida un clin d'œil complice, indiquant qu'il l'aiderait à reprendre sa potion. Encore heureux, d'ailleurs. C'était pour lui qu'elle s'était fait engueulé. Parce qu'il aurait été trop étrange que Jack Overland, petit prodige des potions, fasse une erreur aussi énorme que se tromper dans les proportions de gentiane.
Il ne fallut finalement pas grand-chose. Un peu plus de poudre de pixie et moitié moins de fleur de sureau permit à la Gryffondor d'obtenir une potion, si pas parfaite, du moins potable. Au grand déplaisir de Snape, qui aurait surement adoré bouter cette pistonnée de McGonagall hors de sa classe.
« - Bien. Je dois reconnaître que vous avez su rattraper votre bêtise. Pour le prochain cours, veuillez apprendre à lire. Une nécessité, à votre âge. Et si un tel accident venait à se reproduire, soyez sûre que je vous jetterai hors de cette classe si vite que vous n'auriez pas le temps de le comprendre. Suis-je clair ?
- Oui, Monsieur. »
Quand elle fut sortie, ses amis, qui avaient quitté la classe un peu plus tôt, lui sautèrent quasiment dessus. Elle eut même droit à un viril coup de poing sur l'épaule de Jack, qui disait lui en devoir une.
Et il avait intérêt à s'en souvenir. Parce que Mérida s'assurerait qu'il allait le lui revaloir.
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La Salle de Bain des Préfets avait énormément d'avantages. De un, elle servait rarement, même aux Préfets, car elle était perdue dans une aile du Château perdue loin de tout, on y était donc rarement dérangé. De deux, on y avait une bonne centaine de robinets déversant eaux parfumées et savons de toute sorte. De trois, cette foutue baignoire faisait littéralement la taille d'une piscine
Elle avait aussi un sérieux inconvénient.
« - Sois pas timide, petit Serpent, retire donc la mousse, qu'on y voit clair. »
En la personne de Mimi Geignarde.
Mimi Geignarde était le fantôme d'une jeune fille qui avait trouvé la mort en regardant le Basilic de Serpentard dans les yeux cinquante ans plus tôt. Depuis, elle ne cessait de se plaindre, méritant pleinement le nom de « Geignarde » qui lui avait été attribué de son vivant.
Le seul moment où elle ne râlait pas, c'est quand on la laissait traîner ses yeux dans la Salle de Bain des Préfets. Raison pour laquelle Dumbledore ne faisait rien contre ça. La dernière fois qu'il l'avait contrariée, elle était venue hanter sa salle de bain personnelle. Du coup, il lui avait donné la permission d'hanter les tuyaux qu'elle voulait, tant que ce n'était pas les siens. Mieux valait les élèves que lui. A son âge, on avait besoin d'un certain confort.
Bref, Mimi matait. Et faisait fuir les Préfets, par la même occasion. Ce qui arrangeait Jack, quelque part, qui n'était pas réellement pudique. Il pouvait donc parfaitement profiter de la Salle de Bains des Préfets sans en être un. A condition de penser à emporter un maillot. Parce qu'il avait ses limites, tout de même.
Mais s'il était là aujourd'hui, ce n'était pas pour profiter du bain. Ni de la présence de Mimi, qui était somme toute agréable, quand elle ne se plaignait pas. Non, aujourd'hui, il s'entraînait.
Hier, les Jumeaux Weasley lui avaient vendu les ingrédients venant de Pré-au-Lard, au prix exorbitant de deux gallions et d'une reconnaissance de dette (1). Ajouté aux crochets de Serpencendre récupérés par Harold et Raiponce, il avait alors eu en main tous les éléments nécessaires à la fabrication de la potion d'apnée. Potion qui portait mal son nom, d'ailleurs, car c'était plus une potion de respiration sous-marine, aux effets semblables à ceux de la branchiflore, une plante qui faisait pousser des branchies le temps d'une heure, mais aux effets moins aléatoires. Toute la magie du monde ne pouvait obliger le corps à se passer d'oxygène. Il fallait trouver des moyens dérivés.
Bref, maintenant que la potion était tirée, il fallait la boire. Raiponce lui avait assuré connaître l'endroit parfait pour s'entrainer, mais elle n'avait pas eu le temps de lui montrer comment y accéder. En attendant, il se rabattait donc sur la Salle de Bains, qui présentait tout de même deux bons mètres de profondeur à certains endroits. Ça ne valait pas le Lac Noir, mais c'était déjà ça.
Attrapant le flacon de potion, il l'avala cul-sec, avant de plonger aussi vite. Les effets étaient rapides, il ne fallait donc pas traîner en surface, au risque de s'étouffer.
L'adolescent passa donc la demi-heure qui suivit, ce qui correspondait à la dose qu'il avait pris, à nager sous l'eau et à se reposer allongé sur le carrelage du fond.
Les doses de trente minutes étaient les plus pratiques, car sinon il risquait de se retrouver coincé sous l'eau. Le jour de l'épreuve, il faudrait donc qu'il emporte une sacoche de fiole. La tâche durait censément une heure entière, mais on n'était jamais trop prudent. Tous les habitants du Lac n'étaient pas sympathiques et on avait vite fait de se retrouver coincé. C'était ce qui lui avait fait préférer le philtre d'apnée à la branchiflore, outre l'apparence de queues de rats emmêlées de la plante.
Quand la potion prit fin, le jeune homme remonta à la surface, les yeux rouges. Il faudrait qu'il trouve un sortilège de protection plus puissant. Si l'eau claire, bien qu'un peu savonneuse, de la baignoire parvenait à la traverser, il n'osait imaginer dans quel état seraient ses yeux après une heure dans les eaux sombres du Lac Noir.
Sortant du bain, il entreprit de se sécher, tout en faisait abstraction des gloussements de Mimi. Bon dieu, elle devait vraiment se sentir seule, parce qu'avec ses trois poils sur le torse et les petits poignets d'amours qui s'étaient installés depuis son arrivée à Poudlard (2), il n'était pas exactement une gravure de mode.
Remballant toutes ses affaires, qu'il cacha dans un sac à dos sans fond que lui avaient offert ses amis pour Noël, il se faufila hors de la Salle de Bain. On était au cinquième étage et il devait descendre jusqu'aux cachots sans se faire prendre par Rusard, vu l'heure tardive. Ce n'était pas encore le couvre-feu, du moins pas pour les Champions, qui étaient autorisés à se balader une heure supplémentaires pour « s'entrainer », mais le vieux cracmol n'était pas du genre à faire des cadeaux, champion de Poudlard ou pas.
Se faufilant dans les couloirs, il avait presque atteint son but, quand une rencontre impromptue manqua de le renverser au sol.
« - Potter ?
- Oh, salut Overland. »
C'était bien le second Champion de Poudlard qui venait de lui rentrer dedans. Un Champion qui n'avait pas l'air dans son assiette, vu les cernes qui s'étiraient sous ses yeux.
Après une très brève discussion, que l'on pourrait résumer à un échange de banalités, les deux élèves reprirent leur chemin. Mais Jack n'avait pas fait dix mètres qu'il se retourna.
« - Potter !
- Hum ?
- L'œuf. Prend un bain avec. Ca pourrait t'aider.
- Un… Bain ?
- Ouaip, un bain. L'eau, c'est toujours bon pour la réflexion. Pour être tranquille, rien de mieux que la Salle de Bain des Préfets, au cinquième. Le mot de passe, c'est « Fraîcheur des pins ». »
Le plus jeune lui lança un regard étrange. Avant d'hausser les épaules, de le remercier et de faire demi-tour.
Jack, de son côté, ne savait absolument pas pourquoi il avait fait ça. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il se sentait bien.
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A les voir comme ça, réunit autour d'un étang muni d'une petite cascade, en maillot de bain, on aurait pu les croire en plein été, en train de s'amuser tout en se rafraîchissant.
La vérité, c'était que l'on était en plein mois de janvier, qu'il gelait toutes les nuits et que de la neige tombait régulièrement. De plus, ils ne s'amusaient pas vraiment, sauf Mérida qui faisait de temps à autre la bombe depuis le haut de la cascade, mais entraînaient Jack pour son épreuve.
Et autant dire que ça n'avait pas été de la tarte. Le premier problème, outre l'horaire, avait été de convaincre Harold de se mettre en maillot. Ce qui, avec tous les complexes que se trainait son ami, n'avait pas été chose aisée. Pourtant, il n'y avait rien horrible ou monstrueusement difforme. Un poil rachitique, mais moins qu'à son arrivée, vu qu'on avait maintenant de la peine à compter ses côtes. Poudlard l'avait quelque peu remplumé (3).
Actuellement, le jeune homme faisait face à Jack (4), lui expliquant les différents sortilèges qu'il avait trouvé. Raiponce, elle, servait de cobaye, la plupart des sorts faisant partie de la classe « haut niveau » et requérant donc une trop grande puissance magique pour le Poufsouffle.
« - Tu as tout compris ? demanda le brun. Ici, on va s'entrainer avec un sortilège de Têtenbulle pour aller sous l'eau, mais ce sera la même chose avec la potion. Sauf que là, tu ne pourras pas parler du tout.
- Ça va. Dis, Hiccup…
- Hm ?
- Pourquoi tu ne te sers pas de la Magie Sauvage pour réaliser ces sorts ? Je sais pas tu n'as pas beaucoup d'énergie magique, mais avec ça… »
Raiponce, qui regardait Mérida sauter une nouvelle fois, tendit l'oreille. Elle n'avait pas renoncé à dénicher les secrets de son ami gallois, même si pour le moment, elle était plus concentrée sur la Seconde Tâche. Mais en apprendre plus sur la relation entre Harold et la magie Sauvage, c'était déjà ça de pris.
« - La magie Sauvage se marie mal avec les sorts classiques. La preuve, la dernière fois que j'ai mélangée, même si c'était inconscient, tu t'es retrouvé invisible pendant plusieurs mois. Et tu es réapparu avec les cheveux blancs. Et puis…
- Et puis… ? »
Harold soupira. Il en avait trop dit, lui-même s'en rendait-compte. Jack ne le laisserait pas filer. Et si jamais, Raiponce se tenait prête à lui tirer les vers du nez.
« - C'est de la magie brute. De ce fait, elle fonctionne un peu comme la haute magie noire. Rien n'est gratuit. On paye toujours l'utilisation et ne sait jamais comment, ni combien. La plupart du temps, c'est simplement en développant une addiction. C'est pour ça que j'évite de m'en servir trop souvent, parce qu'on devient vite drogué. Et parfois, on paye plus cher. Ça peut aller jusqu'à disparaître dans la magie. Je n'ai pas vraiment envie que cela m'arrive. Surtout quand j'ai Raiponce et Mérida pour les démonstrations.
- Maman et toi ne m'aviez pas dit que je risquais d'être dépendant ! Ou de mourir !
- On risque toujours de mourir quand on fait de la magie. Mais tu ne crains pas grand-chose. Ton corps est habitué à filtré de la magie Sauvage en grande quantité. C'est comme si, depuis ta naissance, tu avais absorbé un peu de poison à chaque fois. A force, tu y es devenu insensible. Du moins, pour les quantités normales. Quand tu prends trop, tu sombres. Comme quand tu as perdu le contrôle avant la nouvelle année.
- C'était…
- Ton prix à payer. Laisser ton corps à la magie, le temps qu'elle s'épuise. Ce qui n'aurait pas été cher payé, pour quelqu'un de normal. Pour un Frost, c'est légèrement plus ennuyant. Bref, assez parlé de ça. On se lance les sorts de Têtenbulle et on plonge. Raiponce, tu montres et Jack, tu imites. »
Hochant la tête, la Serdaigle se jeta le sortilège avant de plonger dans le bassin. L'avantage de la salle de la Cascade, à part le fait qu'elle n'était connue que de très peu de personne, était que son étang avait une bonne profondeur, jusqu'à quatre mètres par endroit.
Quand Harold lui eut donné le signal, la jeune fille se concentra et jeta le premier sort droit sur une cible invoquée un peu plus tôt. C'était une version plus puissante de l'expulso, qui était assez forte pour envoyer quelqu'un voler sur vingt à trente mètre en surface. Mais sous l'eau, la puissance était amoindrie, donc la cible ne recula que de quelques mètres. Mais c'était bien suffisant pour écarter des strangulot.
L'après-midi passa plutôt vite. Quand Raiponce fut fatiguée, elle laissa la place à Mérida, qui avait révisé une partie des sorts la veille. Pour elles, c'était relativement simple, mais Jack devait les lancer en informulé, c'est-à-dire sans prononcer la formule, ce qui n'avait jamais été son fort.
De plus, Harold était un professeur particulièrement exigeant. Par certains aspects, il rappelait fortement McGonagall à Raiponce. Il n'hésitait pas à lancer un sort de chatouille, auquel Jack était particulièrement sensible, dès que ce dernier faisait mine de marmonner la formule. Ce dernier arrêta donc rapidement d'essayer de gruger le système. Encore plus quand Mérida, au moment où ils remontaient à la surface, souligna malicieusement que les Merrows aimaient bien croquer un bout des hommes qu'elles rencontraient.
Quand le soleil commença à disparaitre, ce que l'on pouvait apercevoir par les grandes fenêtres à sens unique de la salle, le Gallois décida que c'était suffisant pour aujourd'hui mais que Jack, qui avait vu tous les sorts, devrait revenir demain pour les répéter encore une fois. Au plus grand désespoir de ce dernier, tout courbaturé, qui ne se serait surement pas inscrit au Tournoi s'il avait su tout le travail que cela lui demanderait.
Il tenta bien de gagner une petite journée de repos auprès de son enseignant, mais celui-ci, intraitable, lui signala qu'il se reposerait quand il serait en vacances.
Définitivement McGonagall.
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Harold hésitait.
Parce que Charlie l'avait invité à boire un verre. En rougissant. Encore. Et ça donnait des idées à Harold. Pourtant, le roux lui avait dit, il y a quelques temps, que les dragons lui suffisaient comme compagnie. Alors pourquoi continuait-il à espérer ?
Probablement parce qu'il était amoureux. Et un peu maso, aussi. Et, parce qu'il fallait bien l'avouer quelque part, aussi parce que Charlie avait un corps à damner un saint(5), un sourire à tomber et de ces yeux…
Bref, Harold était foutu. Littéralement. Et dire qu'il allait probablement passer une journée en tête-à-tête avec son coup de foudre. Chose qu'il avait volontairement accepté. Définitivement maso.
« - Que de soupirs, mon jeune ami. »
Surpris car il pensait être seul, Harold se retourna brusquement vers l'origine de la voix, à savoir son lit, pour se retrouver face… à un chat rose à rayure.
« - C'est pas vrai, encore toi ?
- Nous savons tous les deux que je t'ai manqué, Harold Haddock. »
Soupirant une nouvelle fois, Harold se laissa tomber sur le lit.
« - Qu'est-ce que tu viens faire ici ?
- Je m'ennuyais, alors je suis venu voir comment allait mon humain préféré. Enfin, presque-humain.
- Ce n'est pas une manière agréable de venir saluer une vieille connaissance.
- Connaissance ? Tu m'en vois vexé, Harold Haddock. J'espérais être plus qu'une vieille connaissance.
- Ne fais pas de manière, le Chat. Ce n'est vraiment pas le moment. »
Le Chat, présentement occupé à se laver les oreilles à l'aide de sa patte, lui envoya un regard intéressé.
« - Pas le moment ? Oooooh, j'adore les moments qui n'en sont pas. Ce sont mais non-moments préférés ! Raconte tout à ton vieil ami.
- Ça ne t'intéresse sûrement pas.
- Tout m'intéresse, jusqu'à ce que ça ne m'intéresse plus. »
Harold, toujours allongé sur son lit, prit deux secondes pour réfléchir à sa situation. Était-il réellement sur le point de parler de sa vie sentimentale avec un chat ? Bon, d'accord, un chat parlant, capable de se dématérialiser et rose. Mais un chat quand même.
Oh, et puis, au point où il en était.
« - Il y a quelqu'un qui me plaît et… et moi, je ne lui plais pas.
- Comment le sais-tu ? Te l'a-t-il dit ?
- Non, mais…
- Alors comment le sais-tu ? Ou bien sais-tu des choses que tu ne peux savoir ?
- C'est pas ça, il m'a juste dit qu'il n'était intéressé par personne.
- C'est quelqu'un, ce personne ? »
Harold avait oublié. Discuter avec le Chat, c'était un ticket pour la migraine.
« - Non, c'est juste personne. Personne ne l'intéresse.
- Alors si ce personne n'est pas quelqu'un, tu peux plus facilement remplacer personne qui si personne avait été quelqu'un.
- Ce que tu dis n'a pas de sens.
- C'est parce que tu ne veux pas le saisir.
- Parce que je n'en suis pas capable.
- Alors deviens-le.
- Devenir quoi ?
- Capable. Tu te morfonds, Harold Haddock. Et ce n'est pas bon. Si l'humain perd face à la dryade, cela risque de mal tourner. Alors relève-toi. Et même si tu n'es pas le personne de ce quelqu'un, eh bien la vie est ainsi faite. »
Muet, Harold fixa le Chat pendant une bonne minute.
« - C'est gênant. Mon rose va finir par s'abîmer, si tu me fixes comme ça.
- C'est la première fois que tu dis quelque chose de censé, le Chat.
- Je dis toujours des choses censées. Si elles n'ont pas de sens pour toi, c'est qu'elles en ont pour quelqu'un d'autre qui ne m'a pas entendu.
- Disons, censé et compréhensible. »
Le Chat se contenta de sourire. Et malgré le nombre de fois où il avait été témoin de cela, ça continuait à énormément perturber Harold. Un chat n'aurait pas dû pouvoir sourire.
« - Bon, je dois te laisser, je vais être en retard. Merci pour cette petite conversation, le Chat.
- De rien, Harold Haddock. Je risque de trainer assez loin, je te reverrai dans peu de temps. »
Et sur ces mots, le Chat s'effaça.(6)
Requinqué, même si il sentait pointer un mal de tête, Harold remit de l'ordre dans ses vêtements et ses cheveux avant de descendre. Normalement, Charlie l'attendait près des calèches pour le départ de onze heures.
Comme prévu, le grand roux se tenait devant le portail. Se redressant, Harold se remémora les paroles du Chat. Si Charlie n'était intéressé par personne, et bien au moins, il n'avait pas de concurrence. Et tant pis s'il se prenait un râteau. Ce ne serait probablement pas le dernier.
Le tout, c'était de rester subtil.
Souriant, mais pas trop, gêné qu'il était par ses dents un peu tordues, il s'avança vers le dresseur de dragon, le saluant.
« - Pile à l'heure, lui dit Charlie. Alors que Cédric me disait que tu n'étais pas habillé quand lui était descendu et qu'il est arrivé il y a moins d'une minute. Je me demande toujours comment tu fais pour te déplacer aussi vite.
- Tes frères m'ont montré quelques trucs.
- Tu as réussi à faire cracher leurs secrets aux jumeaux ? Comment ?
- Ils me devaient un ou deux services. Des coups de mains pour leurs tours.
- Vraiment ? Toi, Harold, tu as aidé mes frères pour leurs farces ?
- Si tu le dis à quiconque, je le nierai. »
Après un petit clin d'œil qui manqua de faire défaillir le Gallois, Charlie désigna une des calèches.
« - On monte ? Sinon, elles vont partir sans nous. »
Le voyage se déroula calmement, entre histoires de dragons et anecdotes stupides. C'était une des choses qu'il appréciait le plus chez Charlie : ils avaient toujours quelque chose à se dire. Pour quelqu'un comme lui, pas vraiment doué dans le social, c'était assez extraordinaire.
Arrivé au terminus, Harold prit la direction du village, quand Charlie le retint par le bras.
« - Nous n'allons pas à Pré-au-Lard, aujourd'hui. Je me suis arrangé avec Dumbledore, il m'a permis de te faire sortir.
- Et on va où ?
- Ça te dit, une petite journée à Londres ? »
Eh bien, ce n'était peut-être pas un rendez-vous, mais si Harold se débrouillait bien, nul doute que ça deviendrait le premier dans ses souvenirs.
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(1) C'était d'ailleurs cette dernière, plus que les deux Gallions, qui avait coûté à Jack. Les Jumeaux avaient tendance à faire payer les dettes qu'on leur devait en service, plutôt qu'en argent. Et ce n'était pas un cadeau.
(2) Oui, parce que vu les repas, je ne sais pas exactement comment les sorciers font pour rester minces. Sérieusement.
(3) Ouais, j'insiste. Poudlard fait grossir. Sauf ceux qui sont trop lents pour finir leur assiette avant qu'elle ne disparaisse.
(4) Face-à-face en maillot. Lâchez les yaoïstes.
(5) Dresseur de Dragon, ça vous donne des bras bien costaud et un cul d'enfer. A méditer.
(6) Le retour du Chat ! Bon dieu, vous n'imaginez pas le pied que je prends à chaque fois que j'écris une scène avec celui-là.
Franchement, je suis méga-content de ce chapitre. De un, parce que j'ai réussi à l'écrire facilement, ce qui ne m'arrive pas si souvent. De deux, parce que le Chat. Et puis, si ce qui s'y passe n'est pas primordiale, ce le genre de petit chapitre reposant que j'aime, même si je sais que vous, vous préférez l'action.
On se retrouve dans deux semaines !
