Les Années Sombres

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.

Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.

Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)

Un grand GRAND merci à Emmawh qui prend de son temps pour corriger mes fautes (n'oubliez pas non plus qu'on est humains, donc parfois, il en reste ^^) ATTENTION, CHAPITRE NON CORRIGE !

Merci à SunWings, mc arno, Loupiote54, Cheschire, Plume de Pan, Arrianrod, Paquerette-san, son.y, MarianWeiss-Luna et Un Fan Acro pour leur review !

Je n'ai pas encore eu le temps de répondre aux reviews. Je m'y attèle dès demain !

Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.

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Chapitre 22 : La troisième Tâche, partie 2

Captivée par les écrans retransmettant le combat de Potter et de Jack face à l'araignée géante, Raiponce mit du temps à se rendre compte que quelque chose n'allait pas chez Mérida. Mais le silence pesant qui régnait sur le stade lui permis d'entendre le bruit étranglé que son amie vint à émettre. Surprise, Mérida étant toujours étonnamment silencieuse durant les moments de tension des évènements sportifs, elle se tourna vers la Gryffondor, pour la trouver complètement immobile, le bouche entre-ouverte, figée dans un cri muet.

« - Mérida ? »

Pas de réponse. La blonde mit quelques instants à reconnaître cet état qu'elle n'avait plu vu depuis des mois, depuis qu'ils avaient été voir Mrs Pince pour qu'elle aide Mérida : une crise de vision. Ce qui voulait dire qu'elle allait être influencée par tout son environnement, provoquant des visions en cascade. C'était mauvais. Très mauvais. Il fallait la sortir de là.

Sans trop réfléchir, elle agrippa son amie, tout en prenant garde à ne pas toucher directement sa peau. D'après ce qu'elle lui avait dit, ça amplifiait les visions, surtout celle concernant la personne en contact. Et Raiponce avait lu assez de livres qui finissaient mal pour ne pas avoir envie de connaître son futur.

Dévalant les gradins, elle extirpa Mérida de la foule le plus rapidement possible. Elle n'avait aucune idée de ce que la jeune fille voyait, mais ça avait l'air grave, vu son état. D'ordinaire, elle revenait entre les visions, mais cette-fois, elle semblait complètement plongée dedans, catatonique. Il fallait qu'elle l'emmène chez Pomfresh, dans la tente prévue pour le retour des Champions. Normalement, c'était interdit aux élèves, mais l'infirmière ne laisserait jamais quelqu'un dans le besoin. De plus, elle faisait partie du personnel enseignant et était donc au courant du don de Mérida.

« - Mrs Pomfresh ! s'exclama Raiponce, entrant sous la tente.

- Miss Tower ? s'étonna l'infirmière, occupée à vérifier l'état de santé d'une Fleur Delacour toujours évanouie. Vous ne pouvez…

- Pas vous trouver ici. Je sais. Mais Mérida fait une crise de vision et…

- Je vois. Aidez-moi à la mettre dans un lit. »

Obéissant, Raiponce approcha son ami d'une des couches, l'allongeant délicatement.

« - Elle est comme ça depuis longtemps ?

- Je ne sais pas. J'étais concentrée sur le Labyrinthe, puis elle a fait un drôle de bruit et je l'ai trouvée comme ça. Elle n'a rien dit depuis et elle n'a pas résisté quand j'ai voulu l'amené ici.

- Je vois. Savez-vous ce qu'elle fait quand elle a une crise de vision ? Un mantra, un bruit particulier qui la rassure, un objet,… ?

- Je… Je crois qu'elle a un collier. Un cadeau d'Harold. Elle ne le met pas tout le temps mais elle joue souvent avec quand il est à son cou.

- Très bien. Savez où il se trouve ?

- Probablement dans son dortoir. J'y vais tout de suite. »

Sans laisser une seconde à l'infirmière, elle se dirigea vers la sortie, courant quasiment. Elle ne s'était pas sentie aussi alerte et vivante depuis des jours, voire des semaines. Oubliées les questions sur les leys, les angoisses et les peurs, ne comptait plus que Mérida.

Remontant les escaliers, employant chaque passage secret qu'elle connaissait, elle ne mit que quelques minutes à arriver au septième étage, là où se trouvait la Salle Commune des Gryffondor. Le souffle court et avec quelques points de côtés, elle parvint tout de même à lancer le mot de passe à la Grosse Dame sans arrêter sa course, qui continua jusqu'au dortoir des filles de sixième année. Heureusement pour elle, le médaillon de Mérida n'était pas caché, mais posé bien en évidence sur la table de nuit.

Sans attendre, elle prit le collier et fit demi-tour aussi vite, dévalant les escaliers et repoussant le tableau masquant la sortie, ce qui lui valut une diatribe enflammée de la part de la Grosse Dame, dont elle n'entendit que les premiers mots, ayant vite tourné au bout du couloir.

La descente fut plus rapide que la remontée. Du moins, elle aurait dû l'être, notamment grâce au toboggan caché reliant les étages six et trois. Mais à la sortie de celui-ci, une voix bien connue, celle d'un professeur, la fit reculer. On n'explore le Château durant six ans et principalement de nuit sans acquérir quelques automatismes.

Plaquée contre le mur, Raiponce tendit l'oreille.

« - Le plan se déroule à merveille, disait l'Auror, marmonnant pour lui plus qu'autre chose. Overland est parti avec, mais il ne pourra rien. Le Maître s'en occupera. »

Overland ? Que voulait Maugrey à Jack ? Il n'avait pas semblé lui accorder la moindre attention au cours de l'année. Et que faisait le vieil homme ici, en train de se parler à lui-même ? D'accord, il n'était pas connu pour être le sorcier le plus sain d'esprit du coin, et i n'occupait pas la première place pour l'unique raison que Dumbledore y était accroché comme une moule à son rocher, mais Raiponce était pratiquement sûre que l'Auror était parmi ceux qui devaient patrouiller.

Secouant la tête, elle se décida à ressortir du passage secret. Si, par réflexe, elle s'était cachée, elle ne faisait pourtant rien de mal. Et elle devait vite retrouver Mérida. Mais il fallait que ça ait l'air réaliste. Quelque chose au fond d'elle lui disait qu'il ne fallait pas que Maugrey suspecte qu'elle ait pu entendre ce qu'il disait. Mais pour l'instant, il fallait aider son amie. Elle se pencherait sur le cas de l'Auror quand celle-ci irait mieux.

Reculant de quelques pas, elle se remit à courir, déboulant dans le couloir et manquant de rentrer droit dans l'enseignant.

« - Tower ?

- Désolée Professeur, je dois aller retrouver Mme Pomfresh. Je suis allée chercher une potion pour elle. »

Sans laisser à l'homme le temps de placer un mot, elle reprit sa course, le collier serré dans sa main. Mérida comptait sur elle.

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Jack sentait la sueur dégouliner le long de son dos et c'était à mi-chemin entre désagréable et dégoûtant. En vrai, c'était le deux. Et tout ça à cause de ce maudit uniforme de Champion de Poudlard beaucoup trop chaud pour un mois de juin, même en Ecosse et à l'ombre d'une haie. Oh, et c'était aussi la faute de cette putain d'araignée géante que lui et Potter avait fini par abattre. Parce que cette bestiole de l'enfer l'avait fait courir bien trop longtemps à son goût. Bref, Jack en avait marre.

Heureusement pour lui, le Trophée se trouvait à deux pas. Quelques mètres et il pourrait mettre fin à toute cette mascarade. Retourner chez lui et dormir. Si fort et longtemps que ça ressemblerait à un coma. Sauf que…

« - Vas y », lança Potter.

Sauf que sa conscience le travaillait. Parce Potter était là, blessé à la jambe à cause de l'araignée que Jack avait amené jusqu'à lui. Le même Potter qui lui avait dit pour les dragons, même si c'était inutile vu que Jack était au courant. Le même Potter qui avait toujours un mot sympathique pour lui avait le début d'une épreuve. Le même Potter qui l'avait sauvé du doloris de Krum. Et Jack avait beau avoir énormément de défauts, il n'était ni ingrat ni insensible. Soupirant, il se pencha vers la blessure du Gryffondor.

« - Si tu parles de ça à quiconque, je te gèle les intestins.

- Il y a des caméras.

- T'auras qu'à inventer quelque chose de crédible. »

Inspirant un grand coup, il posa sa main sur la plaie. Si il y avait un côté de la magie Frost qu'il n'avait jamais exploité, c'était celui-là. Habituellement, seul l'Héritier se risquait à le faire, parce que ça prenait énormément de magie. Mais Jack savait qu'avec la présence de la Voix, il ne risquait pas d'en manquer. Se concentrant, il posa sa main sur la plaie. Rapidement, des fleurs de gel se développèrent autour, tandis que la chair et la peau semblait se reconstituer. L'entaille n'était pas très importante, mais Jack sentait qu'il ne parviendrait pas à la refermer complètement.

Quand il ne resta plus qu'une fine ligne, il attrapa sa baguette t lança rapidement un sortilège de bandage. C'était pas de travail de pro, mais c'était déjà ça. Le Serpentard lança un coup d'œil au plus jeune. Il avait la bouche entre-ouverte d'étonnement, lui donnant un air niais. Il sembla sortir de sa torpeur près à poser une question.

« - Comment… ?

- Secret professionnel. Maintenant lève-toi et va chopper ce maudit trophée avant que je change d'avis.

- Que j'aille quoi ?

- J'aurai déjà dû y rester deux fois. En décomptant que je viens de te soigner, je t'en dois toujours une. J'aurai jamais atteint le trophée sans toi. Donc il te revient. Je répète, vas prendre cette maudite coupe avant que je ne change d'avis et ne t'assomme.

- Non. »

Jack leva un sourcil. Ce gamin était-il aussi atteint que le prétendait Skeeter ? Parce que là, il lui offrait la victoire sur un plateau d'argent, ce qui n'était pas peu dire vu qu'ils étaient les deux derniers candidats en lice, et il refusait.

« - Comment ça, « non » ?

- Prends-le avec moi. Tu le mérites tout autant. »

Ciel. Un accès de chevalerie. Jack détestait les Gryffondor et leur « sens de la justice ».

« - Prends-le, bon sens.

- Non. »

Serait-il mal vu d'assommer le Survivant soudainement alors qu'il venait de lui proposer la victoire ? Considérant le fait qu'ils étaient retransmis en direct et qu'ils étaient probablement ridicule, peut-être pas.

« - Très bien, lâcha Jack, qui n'était pas d'humeur à combattre. Faisons ça. Tu sais marcher ?

- Ça devrait aller », répondit Potter, apparemment fier de sa victoire.

Clopin-clopant, parce qu'ils n'étaient pas en très grande forme, ni l'un ni l'autre, ils se rendirent jusqu'au Trophée, tout en restant sur leurs gardes. Allez savoir ce que les organisateurs avaient bien pu mettre sur le chemin vers la victoire.

Pourtant, rien ne vint perturber leur avancée. Arrivés devant le Trophée, Jack lança un regard à Potter.

« - Dernière chance, tenta-t-il.

- A trois, on le prend, répondit le Gryffondor sans se soucier de sa remarque. Et si tu ne l'as pas fait, je demanderai un sort à Hermione. »

Jack sentit un frisson lui remonter le long de son dos. Granger était connue pour connaître pas mal de sorts obscurs mais parfaitement légaux.

« - Un… Deux… Trois ! »

Au trois, le Serpentard se saisit du la coupe. Au lieu de l'explosion de feu d'artifice à laquelle il s'attend, ou encore la disparition soudaine du Labyrinthe autour d'eux, il sent juste un crochet métaphysique qui lui transperce le nombril et le monde devient flou tout autour de lui. Il connaît cette sensation. Un portoloin.

Rencontrant brutalement le sol, bien qu'il soit resté sur ses pieds, ce qui n'était pas toujours le cas quand on utilisait ce moyen de transport, Jack dû retenir le contenu de son estomac qui avait apparemment une grande envie de faire la rencontre du sol.

Reprenant ses esprits, le jeune homme constata qu'il n'avait pas atterrit dans un endroit beaucoup plus rassurant que le Labyrinthe. La nuit était tombée et il ne pouvait pas voir très loin, mais il distinguait au loin une grande bâtisse et en contre-bas, ce qui semblait être les lumières d'un village.

Autour de lui, rien n'éclairait les ténèbres et il ne pouvait que deviner quelques obstacles. Mais quelques mètres plus loin, un feu brûlait, illuminant les alentours. Cette lumière rappela à Jack qu'il était capable d'en produire et alluma sa baguette, éclairant les obstacles qu'il pouvait distinguer dans les ténèbres. Des tombes. Ils étaient dans un cimetière.

« - Tu crois que ça fait partie de l'épreuve, demanda Potter, incertain.

- Je ne sais. Peut-être parce qu'on a pris tous les deux la Coupe ? Il n'est censé y avoir qu'un vainqueur. »

Le plus jeune hocha la tête, apparemment peu convaincu.

« - Quelqu'un vient. »

En effet, une petite silouhette s'approchait, portant dans ses bras un paquet. Jack s'apprêtait à demander de l'aide quand…

« - Tue l'autre. » (1)

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Mérida était perdue. La vision s'était enfin stabilisée. Les derniers mots entendus, « Tue l'autre », avait éclairci sa vue. Elle se trouvait toujours dans la lande désolée. A ses pieds gisait le Trophée du Vainqueur, abandonné dans l'herbe. Elle pouvait apercevoir plus loin une silhouette qui se mouvait lentement et deux autres statufiées à quelques pas d'elle. Une chevelure blanche qu'elle aurait reconnue n'importe où.

« - Jack ! » cria-t-elle.

Mais c'était à peu près aussi efficace que de crier dans une tempête. Mérida n'avait aucune emprise physique sur ses visions, parce que le passé était figé dans la pierre et que le futur n'existait pas encore.

Elle vit la silhouette lever sa baguette vers Jack. Elle n'entendit pas les mots du sort mais la lumière verte ne laissait aucun doute sur la nature mortelle du maléfice. Comme au ralenti, l'Ecossaise observa le trait lumineux s'avancer vers son ami, qui tenta un mouvement pour l'esquiver, mais c'était peine perdue. Jack était une bille en matière d'esquive, Harold s'en était assez plain pour qu'elle le sache. Elle vit le sort faucher son ami, qui bascula vers l'arrière. Elle connaissait les effets, Jack était déjà mort, mais tant qu'il n'était pas au sol, elle continuait à espérer. Espérer qu'il allait trouver une pirouette, comme il le faisait toujours.

Tout espoir s'envola quand, au contact du sol, son ami vola en éclat. Littéralement. Surement dû à sa nature de Frost. Allez savoir, le Monde Magique était bizarre. Mérida savait qu'elle aurait dû être triste. Hurler. Pleurer. Son ami venait de mourir sous ses yeux. Mais elle était étrangement détachée de tout ce qui l'entourait. Devant elle, la vision continuait, mais elle ne voyait que l'endroit où le Serpentard avait chuté. Jack était mort. Aussi bêtement que ça. Il avait affronté un dragon, plongé dans un Lac où vivait un calamar vivant et survécu au Labyrinthe, tout ça pour finir fauché par une lumière verte. Le bougre d'idiot n'avait même pas pensé à prendre sa forme d'animagus, qui lui aurait sûrement permis d'éviter le sort. Probablement qu'on y pense pas, quand on voit la lumière verte qui hante les histoires d'horreur se diriger droit vers vous.

Le pire, dans tout ça, c'est que Mérida ne savait même pas ce qu'elle voyait. Était-ce le passé ? Un futur hypothétique ? Ou même le présent ? Après tout, Mrs. Pince l'avait prévenue, ça lui arriverait probablement à un moment, le présent n'étant que le futur en train de se dérouler. Foutu pelote de laine temporelle.(2)

Mérida sentit une boule se former dans sa gorge alors que le fait l'atteignait doucement. C'était une vision qui était peut-être déjà passée ou en train de se dérouler. Elle ne pouvait rien y faire. Même pas en sortir. Elle était coincée au-dessus de ce fichu Trophée, à regarder le lieu où venait de mourir un de ses meilleurs amis. Tout ça parce qu'elle n'avait pas été fichue de mettre son collier ce matin, trop exténuée pour penser correctement, après des mois de fatigue. Au fond, c'était sa faute. Tout. Parce qu'elle avait exigé un entrainement de Maugrey. Parce qu'elle avait été au-delà de ses capacités. Parce qu'elle était trop fière pour le reconnaître, pour accepter le fait d'avoir besoin d'aide. Elle était une putain d'idiote. Si elle avait eu deux sous de bon sens à la place de sa marmite d'orgueil mal-placé, peut-être aurait-elle pu faire quelque chose. C'était sa faute. Sa grande et entière faute.

Elle voulait sortir d'ici. Se réveilleur. Mettre un coup de poing dans l'épaule de Jack dans ses bras et le charrier un peu, juste pour vérifier qu'il était vivant et que tout ça n'était qu'un mauvais rêve. S'excuser auprès d'Harold, qu'elle envoyer bouler en boucle depuis plusieurs semaines à chaque fois qu'il essayait de savoir ce qu'elle avait. Mettre une bonne claque à Raiponce pour qu'elle se reprenne un peu avant de lui filer un verre de Bièreaubeurre et d'écouter ses problèmes. Tout ce qu'elle n'avait pas fait depuis si longtemps. Tout ce qu'elle ne pourrait plus jamais faire, coincée dans sa vision. Elle avait vu ça dans les livres, des voyants bloqués dont le corps réel dépérissait. Elle allait mourir là, à contempler l'endroit où…

Un courant d'air passa sur sa joue. Comme une caresse. Comment était-ce possible ? Elle ne ressentait rien sur le plan astral. Rien à part…

« - Wisp. »

Le petit feu follet apparut devant elle, toujours nimbé de ses volutes bleues. Elle était toujours fascinée par la danse de ces dernières. Le petit être lui fit signe de la suivre, comme il faisait toujours.

« - Je ne peux pas bouger. »

Même méthode que d'habitude. Des lettres successives qui apparaissent. « Veux pas ».

« - Ce n'est pas une question de volonté ! Je ne sais pas comment faire ! »

« Trouve le chemin. »

« - Merci Dumbledore. D'autres phrases comme ça ? Il n'y a aucun chemin. »

« Ami. Trouve. Suis le chemin. »(3)

Elle avait hérité d'un homoncule énigmatique dans les moments de crise. Génial.

« Concentre. »

« - Sur quoi ? » s'énerva-t-elle.

« Elle. »

Elle ? Il n'y avait qu'une seule elle qui correspondait réellement à la définition d'ami. Raiponce. Il fallait qu'elle se concentre sur Raiponce. Qu'elle trouve le chemin jusqu'à elle.(4) Wisp allait l'aider.

« - Ramène-moi à Raiponce, Wisp. S'il-te-plaît. »

Le feu follet ne pouvait pas sourire, mais Mérida était sûre qu'il le faisait. Il lui indiqua de la suivre. Et Mérida fit un pas. Elle rentrait chez elle.

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Sans s'en rendre réellement compte, Harold traversa l'entièreté du terrain de Quidditch. Cela faisait près de trente minutes que Jack et Potter avaient disparu. Entre-temps, Mérida, qi avait apparemment fait une crise de vision, s'était réveillée et affirmait avoir « vu » où ils se trouvaient. La scène qu'elle décrivait été effrayante. Terrifiante. Parce que Jack y était mort. Et qu'Harold avait bien du mal à se convaincre que ce n'était qu'une simple vision d'un futur possible, vu l'état dans lequel se trouvait son amie.

Mais s'il traversait maintenant le terrain de Quidditch à toute allure, ce n'était pas à cause de la vision, mais plutôt du fait que Potter était réapparu, le Trophée dans une main et Jack dans l'autre. Mais l'élève venu informer le Gallois n'avait pas su lui dire dans quel état son ami était revenu. C'était donc la peur au ventre qu'Harold courrait.

Un attroupement se tenait un peu plus loin. Du coin de l'œil, Harold vit Maugrey qui emmenait Potter, probablement dans un endroit calme pour qu'il puisse retrouver ses esprits loin des élèves et des journalistes, mais il ne s'en formalisa pas et continua à courir. Jack était là. Coucher sur une civière.

Harold se sentit trembler. Ses mains s'ouvraient et se refermaient inconsciemment et autour de lui, sans qu'il s'en rende compte, l'herbe dépérissait doucement. Non. Ce n'était pas possible. Non, non, non…

« - Calmez-vous, Mr. Haddock ! »

Cette voix. Il la connaissait. Mais obnubilé par l'image de son ami allongé là, encore plus pâle que d'habitude, il ne prit pas la peine d'y réfléchir. Du moins jusqu'à ce qu'une douleur cuisante et bien physique ne s'abatte sur sa joue. Il releva les yeux vers le Professeur Dumbledore.

« - Vous m'avez giflé, constata-t-il d'une voix faible.

- Vous perdiez le contrôle. Je n'ai pas envie d'avoir à gérer un semi-Fae hors de contrôle au milieu de tous ces journalistes, répondit le vieil homme à voix basse.

- Jack…

- Va bien. Votre ami va bien. Il a reçu un coup sur la tête et a dépensé beaucoup de magie. Mais il va bien. Mrs. Pomfresh va l'accompagner à l'infirmerie. Allez chercher vos deux amies et rejoignez-là. Veillez sur Mr. Overland le temps que j'arrive. Ne laissez personne l'approcher, à part sa famille, Mrs. Pomfresh ou moi-même. Vous m'avez compris ? »

Harold hocha doucement la tête. Aller chercher Mérida et Raiponce. Veiller sur Jack. Ça, il pouvait faire.

« - Concentrez-vous sur votre mission, Mr. Haddock. Gardez le contrôle. »

Garder le contrôle. Ne pas céder à la tentation de puiser dans les courants tellurique. Première leçon. La plus importante.

Presque mécaniquement, le Poufsouffle fit demi-tour, rejoignant la tente où il avait abandonné ses deux amies en leur promettant de leur rapporter des nouvelles. Jack n'était pas mort. Mérida allait pouvoir se relever de sa vision. Arriver sous le tente, il ne put qu'avancer que de quelques pas avant de s'effondrer sur le lit.

« - Il va bien, souffla-t-il aux filles. Il… Il est évanoui, mais il est vivant. Il est à l'infirmerie, on doit le rejoindre. »

Il vit Mérida avancer sa main vers lui, essuyant sa joue. Pourquoi était-elle mouillée ? Il ne pleuvait pas. Pourtant il sentait l'eau glisser sur sa peau. Ses larmes. Il s'était mis à pleurer sans s'en rendre compte. Tout comme Raiponce et Mérida. Le contrecoup leur tombait dessus.

Avec difficulté, il se releva, son corps tremblant toujours. Il tendit la main à Mérida, qui l'attrapa. Raiponce se plaça de l'autre côté de la Gryffondor et l'aida elle-aussi à se lever. La crise de vision l'avait laissée pantelante et échevelée. Même si elle ne le reconnaîtrait jamais, elle ne saurait pas aller jusqu'à l'infirmerie seule. Mais qu'importe. Parce qu'Harold n'était pas sûr de pouvoir le faire lui-même, alors il aurait été bien hypocrite de la juger.

Ils mirent du temps à arriver à destination. Parce que la fatigue les abattait. L'adrénaline, la même qui avait permis au Gallois de remonter l'entièreté du terrain aussi vite, l'avait abandonnée depuis longtemps, ne laissant que des crampes.

Quand ils franchirent la porte de l'infirmerie, Mrs Pomfresh leur adressa le regard qu'elle réservait à ceux qui, selon elle, devraient être allongé sur un lit avec une potion de doux-rêve et un chocolat chaud plutôt que debout. Mais elle ne leur fit pas de remarque et leur indiqua le lit où Jack était allongé.

Un bandage entourait la tête du Serpentard. Sa peau était crayeuse, rappelant à Harold la période où son ami était invisible. Il respirait doucement, preuve en était de sa poitrine qui se soulevait et s'abaissait à un rythme régulier. Il dormait, probablement aidé par la potion dont le flacon trônait encore sur la table de nuit. Les tremblements reprirent. Les jambes d'Harold lâchèrent. Heureusement, Mrs. Pomfresh semblait avoir prévu le coup et disposé des chaises près de lit.

« - Il a de la chance d'avoir des amis comme vous. »

La voix douce fit sursauter Harold. Il n'avait même pas vu Tatiana, qui se tenait assise juste à côté du lit, tenant fermement la main de son fils. North se trouvait un peu plus loin, ses deux petits-enfants dormant contre lui. Marius, à côté du géant, se rongeait les ongles, les yeux fixés sur son ami.

« - Je suis contente, reprit-elle, de voir qu'il a trouvé de telles personnes pour s'entourer. C'est bien. »

L'adolescent ne sut que répondre. Pas plus que ses amies, qui fixaient elles aussi la sorcière. Celle-ci n'attendait d'ailleurs rien en retour, fixant son fils, comme si elle allait pouvoir le soigner rien qu'en le regardant.

Un poids se posa sur son épaule. Mérida. La jeune fille s'était endormie, soulagée de voir qu'elle avait mal interprétée sa vision. Harold bougea un peu, la repositionnant pour qu'elle ne tombe pas. Raiponce bougea les jambes de la rousse, les faisant s'allonger sur ses propres cuisses, pour que le dos de Mérida puisse s'appuyer contre le côté d'Harold. La position était étrange et un peu inconfortable, mais cela ne sembla pas gêner la Gryffondor, dont le souffle s'était déjà apaisé.

Tout allait bien.

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(1) Vous me détestez, là, hein ? Eh bien dites-vous que dans le plan de base, un chapitre devait s'arrêter juste là. Mais ça s'est pas goupillé correctement. Ce qui est franchement dommage.

(2) C'est dans Doctor Who, où en VO il parle de « Timey Winey » pour décrire le temps comme une énorme masse de fil qui s'emmêle (avant de préciser que ce n'est absolument pas ça. Cette scène est épique.) Seulement, je sais pas trop comment ils ont traduit ça en VF, donc pelote de laine temporelle. Voilà.

(3) Ouaaaaais, je sais, c'est cliché. Mais si les clichés en sont, c'est qu'ils marchent, quelque part (pas tous. Et pas tout le temps. Ouep, je fous ma propre justification à l'eau. Bref.)

(4) Je me rends compte que j'installe une espèce de bromance entre Raiponce et Mérida. C'est quoi le féminin de bromance ? Sismance ? Parce que c'est moche, comme mot.

Je suis super content. Je suis (plus ou moins) à l'heure. J'ai pris un pied de dingue à écrire ce chapitre. Et j'en suis super content, même si j'ai pas pu respecter le plan que j'avais construit au début. Mais peu importe, parce qu'au final, je crois que c'est un de mes chapitres préférés.

En tous cas, j'espère que ça vous a plu. On se retrouve dans deux petites semaines, pour un final qui, je l'espère, vous plaira lui aussi. Et puis, on attaquera l'Ordre de Phénix. Ça promet : )