Les Années Sombres

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.

Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.

Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)

Un grand GRAND merci à Emmawh qui prend de son temps pour corriger mes fautes (n'oubliez pas non plus qu'on est humains, donc parfois, il en reste ^^)

Merci à SunWings, Kaisuky, mc arno, Isis Nephtys, Plume de Pan, Un Fan Acro, Cheschire, Sheria Pie, Milou-Sarcastic Yaoiste, son.y, Arrianrod, Paquerette-san, Loupiot, LouLohan, SenritsuHime, Gayl, Leelander, BigFourFan, LittleShine, Vivet-Doté et fan pour leur review ! (j'ai normalement répondu à tout le monde :) )

Un merci spécial à Philou, qui a laissé plusieurs reviews sur les chapitres précédents.

Un fan Acro : Hello ! Merci beaucoup pour ta review ! Je suis content que le chapitre t'ait plu :) Pour le résumé de ce qui s'est réellement passé, je te renvoie ci-dessous. La vision de Mérida n'est pas fausse, cependant. Vous avez juste extrapolé )

Bonne lecture !

Son.y : Hello ! Merci pour ta review ! Et oui, Jack s'en sort. Reste effectivement à savoir comment, ce qu'on explique dans ce chapitre.
Bonne lecture !

BigFourFan : Hello ! Merci pour ta review ! Désolé d'avoir pris tant de temps, mais la suite est enfin là. Et normalement, on reprend un rythme normal d'un chapitre toutes les deux semaines. En tous cas, je suis content que cela t'ait plu et merci beaucoup pour tes compliments !

Bonne lecture !

LittleShine Hello ! Merci pour ta review et tes compliments :) Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira !

Bonne lecture !

Fan : Hello ! Merci pour ta review ! Voilà la suite, j'espère que cela te plaira tout autant.
Bonne lecture !

Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.

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Chapitre 23 : Renaître de ses cendres

L'infirmerie était calme. Mérida et Harold dormaient toujours. Marius, lui, s'était roulé en boule contre le mur et s'était lui aussi assoupi. North avait couché Emma et Veilleuse sur le lit adjacent à celui de Jack, restant assis à côté d'eux. Quant à Tatiana, elle se tenait pour le moment face à Raiponce, ses mains sur sa tempe.

Cela pouvait sembler étrange que la mère de son meilleur ami actuellement allongé sur un lit d'infirmerie prenne le temps de vérifier les effets que la Magie Sauvage avait eu sur elle en ce moment précis. Mais Tatiana Overland était quelqu'un de pragmatique, ainsi lui avait-elle répondu que son fils souffrait d'une commotion cérébrale et que tout ce qu'on pouvait faire, c'était le laisser dormir et attendre que les potions agissent. Alors autant rentabiliser le temps.

« - Qu'est-ce que vous faites ? demanda Raiponce à voix basse, de peur de réveiller les autres.

- Je visionne tes souvenirs.

- Vous… Quoi ? Vous êtes légilimens ?

- Pas exactement. Puis-je demander comment tu en viens à connaître la légilimancie, une magie plus ou moins illégale ?

- Les pratiques d'occlumencie peuvent être utiles et elles sont légales. La curiosité a fait le reste.

- Je vois. Maintenant, détend-toi et laisse-moi voir. »

Raiponce n'était pas totalement sûre de ce qu'elle devait faire, aussi ne fit-elle rien, laissant la sorcière faire ses tours. Celle-ci avait les yeux fermés et respirait lentement, ce qui rappelait à la blonde certaines des techniques de méditation qu'elle avait listée avec Harold pour le Projet A. S'élancer dans un autre esprit fonctionnait-il sur le même principe que s'enfoncer dans le sien ? Et c'était étrange, mais elle était pratiquement sûre que la légilimancie fonctionnait mieux avec un contact visuel, pourtant Tatiana n'en avait entamé aucun. Que faisait-elle donc ?

« - Pense moins fort. Tu perturbes le flux, je n'arrive pas à remonter.

- Oh… Désolée. »

Raiponce essaya donc. Mais c'était plus compliqué que ça ne le paraissait, de ne pas penser. C'était comme dire à quelqu'un de ne pas faire attention à l'éléphant au milieu de la pièce. Fatalement, il voyait l'éléphant. Encore plus qu'avant. (1)

Tatiana semblait avoir trouvé ce qu'elle voulait, quand la porte s'ouvrit, frustrant Raiponce. Elle allait devoir attendre.

Heureusement, les personnes entrant en ce moment dans l'infirmerie étaient assez intéressantes pour que Raiponce mette son agacement de côté. Pour le moment.

Potter, Dumbledore et McGonagall venaient d'arriver.

Mrs. Pomfresh, fidèle à son poste, entraîna le Gryffondor vers un lit, le forçant à s'asseoir. Elle voulut lui faire boire une potion, mais Dumbledore l'arrêta.

« - Pas maintenant, Poppy. Je sais qu'il faut que Mr. Potter se repose, mais il est nécessaire que je sache ce qui s'est exactement passé ce soir.

- Albus, ne faudrait-il pas faire sortir ces jeunes gens d'abord ?

- Minerva, nul doute qu'ils seront au courant bien assez tôt. Si Mr. Overland ne leur dit pas, Miss Tower parviendra à obtenir les informations que nous lui refusons. Evitons-nous du travail. »

McGonagall pinça ses lèvres si fort que Raiponce se demanda un moment si elle n'allait pas se faire mal.

« - Bien. Harry, je vais avoir besoin que vous me racontiez tout ce qui s'est passé. Dans le moindre détail. »

Le jeune homme sembla un instant déstabilisé par cette demande directe, avant de prendre une grande inspiration.

« - Quand… Quand nous avons saisi le Trophée, on… C'était un portoloin. On a juste pensé que c'était une nouvelle partie de l'épreuve, une surprise des juges.

- Et où vous a-t-il emmené ?

- Dans un vieux cimetière. Les tombes étaient abimées. Je… J'ai vu les lumières d'un village, mais c'était loin. Par contre, il y avait un grand manoir sur une colline un peu plus loin. »

Si Potter, plongé dans son récit, ne sembla pas le remarquer, Raiponce était, elle, certaine d'avoir vu Dumbledore arborer un air étrange, à mi-chemin entre la surprise et la révélation. Où qu'il soit, ce cimetière était spécial, au moins pour le vieux sorcier.

« - Ensuite, continua Potter, on a vu une silhouette au loin. On a donc avancé vers elle, pensant que c'était un examinateur. Mais… Mais…

- Il a ordonné de l'abattre, intervint Mérida, venant en aide au jeune Gryffondor. Je… C'est ce que j'ai vu. « Tue l'autre ». Et l'homme a lancé un sort vert, un Avada et Jack… Il a… Il est tombé en morceaux. Littéralement. », raconta le rousse, les yeux hantés par le souvenir de la vision.

Potter hocha la tête, confirmant les propos de la rousse et la remerciant en même temps. Même si Jack et lui n'était pas amis, voir le Serpentard mourir ainsi, même si Jack avait apparemment réussi une énième pirouette, avait dû constituer un sacré choc.

« - Après… L'homme,… c'était Peter, Peter Pettigrow. Il… Il tenait un paquet de couvertures et… En fait, c'était Voldemort, déclara-t-il sans se soucier du frisson qui parcouru la petite assemblée au nom du mage noir.

- Le Seigneur des Ténèbres est mort il y a des années, intervint North. Dézingué par le petiot ici.

- Malheureusement, Voldemort a trouvé un moyen de contourner sa propre mort. Ce n'est pas la première fois qu'il refait surface ces dernières années, mais il n'avait jamais réussi à dépasser le stade d'esprit désincarné.

- Albus, vous devez plaisanter ! »

Raiponce était tout aussi sceptique que North vis-à-vis du retour du mage noir. Un grand principe de la magie était qu'on ne peut ramener les morts à la vie. La Nécromancie était tout au plus un fantasme. Mais, de peur de se faire mettre dehors, elle préféra garder ses pensées pour elle.

« - J'aimerai beaucoup, Nicholas. Mais Voldemort est bel et bien en vie. Que s'est-il passé ensuite, Harry ?

- Il… Queudver a commencé un genre de rituel. Il a mis Voldemort dans un grand chaudron. Après, il a pris un os dans une tombe, un peu de mon sang et… et il s'est coupé la main. Et… Voldemort est sorti du chaudron. »

L'adolescent semblait avoir de plus en plus de difficultés à raconter son histoire, ce que Dumbledore sembla lui aussi comprendre.

« - Prenez tout votre temps, Harry. Si vous voulez vous arrêter une minute…

- S'il veut, je peux continuer. Je me suis réveillé à ce moment-là. »

XxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxXxX

Harold, toujours assis près de lit de Jack, fit un bond en entendant son ami, supposément endormi, parler. Et avant même de s'en rendre compte, il avait fondu sur le Serpentard, le serrant dans ses bras.

« - Je t'ai cru mort, putain d'imbécile.

- Je ne vais pas tarder à l'être si tu ne desserre pas ton câlin. »

Se rendant compte de son geste, le brun rougit et lâcha son ami. Raiponce et Mérida s'étaient elles aussi rapprochées, tout comme la famille de Jack. Dumbledore, lui, arborait un mince sourire.

« - Content de vous revoir parmi nous, Mr. Overland. Je suis certain qu'Harry vous serrait gré de continuer l'histoire à sa place. Et il serait intéressant que vous nous racontiez aussi comment vous êtes devenu le deuxième sorcier à survivre au Sort de Mort. »

L'air exténué, Potter hocha la tête, avant de se renfoncer dans les coussins. Jack prit une grande inspiration, avant de se lancer.

« - Je n'ai pas « survécu » à proprement parler. Je… Je ne suis pas doué pour éviter les sorts. Alors mon oncle, Edward, m'a appris un truc cet été. Ce… C'est un peu compliqué et c'est censé être secret, mais… En gros, l'Héritier du Clan Frost est capable de donner une étincelle de vie, liée à la sienne. C'est comme ça que sont créés les Gardes de Glace. Moi, je ne suis que le second du Clan, je ne peux normalement pas faire ça. Mais je suis capable de diviser une partie de mon « être » et le donner à une création.

- Jack, tu n'as pas… commença North.

- Pas grand-chose. Une ou deux années de vie, peut-être. Ça a suffi au sort pour considérer qu'il avait « pris une vie ». Seulement, je ne suis pas censé faire ça. Je me suis évanoui tout de suite après et le souffle du sort m'a projeté plus loin, derrière une tombe, heureusement pour moi. Quand je me suis réveillé, j'ai trouvé une espèce d'homme, debout au milieu d'un cercle d'autres hommes.

- C'était les Mangemorts. Il les a rappelés en appuyant sur la marque de Peter, intervint Potter.

- Ils l'appelaient « Maître », en tous cas. Il… Il parlait de lui-même comme Vous-Savez-Qui. Il a fait détacher Potter et la emmené au milieu du cercle. J'étais… J'essayais toujours de reprendre mes esprits, mais je n'arrivais pas à me relever.

- Vous vous êtes cogné la tête, c'est normal, lui répondit Dumbledore.

- Je n'avais plus de magie Frost, et ma magie sorcière avait été pas mal entamée par le labyrinthe, donc je suis resté derrière, à attendre le bon moment pour essayer de nous sortir de là. Potter et l'homme ont commencé un duel mais… Il y a eu quelque chose d'étrange quand leurs sorts se sont rencontrés. Leurs baguettes se sont reliées. Puis, un dôme est apparu et je ne voyais plus grand-chose. Les mangemorts non plus. Ils ont commencé à paniquer.

- C'était… J'ai vu mes parents. Et Bertha Jorkins, ainsi qu'un vieil homme que j'avais vu Voldemort tuer dans un rêve. Ils… Ils m'ont aidé à m'échapper. Ma mère m'a dit de… De rompre le fil et de m'enfuir, avec Overland, jusqu'au Portoloin.

- Priori Incantatum, expliqua Dumbledore. La Remontée des Sortilèges. C'est un phénomène rare. Quand deux baguettes sœurs se rencontrent, cela devient un combat de volonté et celui qui l'emporte « oblige » la baguette de l'adversaire à recracher les derniers sorts pratiqués. Ce que tu as vu, Harry, ce sont des… Des échos. Pas les vrais personnes, juste… des empreintes.

- Ils… Ils interagissaient avec moi. Comme si ils étaient vivants. Ou des fantômes.

- L'âme est un domaine peu exploré de la magie. Et comme je l'ai dit, la Remontée est un phénomène rare. Une impliquant une baguette ayant autant tué que celle de Voldemort encore plus. Qui sait, c'était peut-être là un lien avec l'au-delà. Et que s'est-il passé ensuite ?

- Le dôme a disparu et j'ai vu Potter courir vers moi. J'ai rassemblé ce que je pouvais et je me suis relevé. On a attrapé le Portoloin et je me suis évanoui aussitôt. »

Dumbledore hocha une nouvelle fois la tête.

« - Je vois. Merci beaucoup, jeunes gens. Je crois que vous avez tous besoin de repos. Et j'ai un gardien tout désigné pour vous. Sniffle ? »

Un grand et hirsute chien noir poussa alors la porte du bout de son nez. Même fatigué, Harold n'eut aucun mal à le reconnaître : Sirius Black était à Poudlard.

« - Albus, un chien, dans une infirmerie…

- Il est très propre, Poppy, je vous l'assure. Et je ne peux imaginer meilleur gardien pour ces enfants. Maintenant, laissons-les dormir. »

Pomfresh sembla vouloir rétorquer, mais le regard sérieux du Directeur parvint apparemment à la convaincre de garder ses pensées pour elle. Les sourcils froncés et les lèvres pincées, elle entreprit alors de conduire tous les adolescents présents vers des lits, du moins ceux qui n'y étaient pas encore allongés. Harold, soudainement épuisé maintenant que la pression était redescendue, se laissa faire, s'enfonçant dans le confortable matelas qu'on lui proposait. Se laissant doucement dériver, sans pour autant s'endormir, il vit ses deux amies se pelotonner dans un seul lit, Mérida refusant de laisser Raiponce s'éloigner, tandis que Jack était déjà parti dans un sommeil profond, tout comme Potter, qui s'était assoupi sans demander son reste.

A côté du Survivant, assis droit comme une statue, se tenait l'énorme chien noir qu'incarnait Sirius Black. L'animal semblait plus en forme que la dernière fois qu'Harold l'avait vu, même si il restait toujours effroyablement mince. Le Gallois se demandait où l'évadé avait bien pu passer les derniers mois et pourquoi diable se trouvait-il encore au Royaume-Uni. A sa place, Harold se serait barré loin, à l'autre bout du monde, et aurait recommencé sa vie. Mais peut-être Dumbledore lui avait-il demandé de rester dans le coin ? Après tout, c'était le vieux sorcier qui l'avait amené à l'infirmerie.

Laissant toutes ces questions en suspens, Harold ferma les yeux et s'endormit.

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Mérida avait le sommeil lourd. Très lourd. C'était quelque chose de pratiquement obligatoire quand on avait grandi dans un vieux château où tout grinçait, en compagnie d'un homme ronflant extrêmement fort(2). Malgré cela, il restait difficile d'ignorer l'homme qui hurlait présentement comme un goret à moins de deux mètres d'elle.

Ouvrit un œil, elle vit un homme, qu'elle identifia rapidement comme Cornelius Fudge, le Ministre de la Magie, faire face à Dumbledore. L'homme politique, avec un courage commun aux héros et aux abrutis, hurlait sur le vieux sorcier, le visage rouge et tordu de colère.

« - Qu'est-ce qui se passe ? demanda la rousse à Harold, lui aussi réveillé.

- Plein de choses. Apparemment, Maugrey était un mangemort déguisé avec du Polynectar, le fils de Barty Croupton. Dumbledore l'a capturé, mais Fudge s'est pointé avec un détraqueur qui n'a apparemment pas su résister à l'envie d'embrasser le faux Maugrey. Et maintenant, Fudge refuse de croire au retour de Tu-Sais-Qui, malgré le témoignage de Potter et celui de Jack. Il dit que Potter est fou, en s'appuyant sur l'article de Skeeter, et que Jack a reçu un coup sur la tête et que donc, il délire. Il dit que ce n'est qu'un fou isolé.

- Mais… Jack et Potter ont vu des mangemorts, non ? Ils ne savent pas donner des noms.

- Jack est toujours endormi, mais Potter l'a fait. Le problème, c'est que tous les noms qu'il a donné sont ceux de gens ayant été blanchis après la guerre. Des sang-purs, riches et de gros donateurs pour les institutions ministérielles. Fudge refuse de ne faire qu'enclencher une enquête. Et depuis, il hurle. »

La dispute continua encore plusieurs longues minutes, même si cela se résumait au ministre hurlant sur Dumbledore, l'accusant de vouloir semer la panique et voler son poste, tout en oubliant allègrement que Dumbledore avait refusé le poste de ministre plus d'une fois. C'est à ce moment-là qu'une des phrases d'Harold frappa Mérida.

« Maugrey était un mangemort déguisé. »

Le même Maugrey avec qui elle avait passé des heures, enfermée dans une salle de classe. Qui lui avait lancé sort après sort. Qui lui avait expliqué mainte et mainte fois que la magie n'était ni blanche ni noire, que seules les intentions derrière l'étaient.

Qui lui avait dit de relâcher son don pour mieux le maîtriser.

Elle serra les draps pour empêcher ses mains de trembler. Comment n'avait-elle rien vu ? Elle était probablement celle qui avait passé le plus de temps en tête-à-tête avec l'homme et elle était restée complètement aveugle. Elle lui avait fait confiance. Elle avait subi crises de vision et crises d'angoisse dans l'espoir de parvenir à maîtriser ce fichu don, tout cela sur les conseils du soit-disant auror. Mais quelle foi accorder à ces conseils, maintenant ? Quel but avait-il réellement poursuivi ? Quels dégâts avait-il déjà causé dans sa potentielle maîtrise de ces maudites visions ?

Une voix, différente des hurlements de banshee que poussait Fudge depuis tout à l'heure, la tira de ses pensées angoissantes.

« - Cela suffit, Cornélius. Si vous souhaitez rester ainsi borné, je pense que cette conversation n'a plus lieu d'être. Retournez au Ministère, cachez-vous la tête dans le sable si vous le désirez. »

L'homme politique sembla un instant choqué de la perte de calme du célèbre sorcier. La nuance de rouge de son visage s'intensifia, au point que Mérida se demanda un instant s'il allait exploser, avant qu'il ne tourne les talons et ne s'en aille en tempêtant et en promettant au Directeur de Poudlard des représailles.

Sans sembler remarquer Harold et Mérida, ainsi que Raiponce, qui s'était réveillée entre temps, le vieux sorcier se tourna vers Snape, qui était entré, ainsi que vers Sirius, toujours sous forme de chien.

« - Il semblerait que nous allons devoir nous passer de l'aide du Ministère. Sirius, Severus, je veux que vous alliez à la recherche de nos anciens camarades. Arthur, continua-t-il en se tournant vers le patriarche des Weasley, essayez de sonder au Ministère qui pourrait être intéressé. Restez discret, cependant. Je crains que Cornélius ne prenne des mesures strictes envers ceux qui me soutiennent. Nous allons devoir nous organiser rapidement et trouver de nouveaux alliés et…

- Professeur, je souhaite vous aider. »

Mérida sursauta, ne s'attendant pas à ce que Raiponce agisse aussi soudainement.

« - Jeune fille, ce n'est pas un travail pour une enfant…, commença Molly Weasley.

- Je suis majeure. Et je ne veux pas rester les bras croisés alors que je peux faire quelque chose.

- Nous souhaitons aussi aider ! intervint alors Mérida, après une brève concertation muette avec Harold. Et je suis sûre que Jack voudra aussi.

- Et comment pensez-vous que quatre jeunes gens même pas encore sorti de Poudlard puisse aider ? souligna Snape.

- Nous… »

Incertaine, Raiponce se tourna vers ses amis. Si elle leur révélait sa capacité d'animagus, ils feraient rapidement le lien avec eux. Mérida s'en moquait, sa famille était connue pour ça. Quant à Harold…

« - Nous sommes des animagus. »

Il semblait s'en ficher aussi. Ceci dit, Dumbledore était apparemment déjà au courant pour Krokmou, alors une petite illégalité en plus ou en moins sur le CV du Gallois, ma foi… Les adultes, eux, les regardent en silence. Molly et McGonagall semblent sceptiques, tout comme Snape. Dumbledore souri et Black…

« - Vous avez trouvé les notes des Maraudeurs ? s'exclame-t-il, tout excité.

- Dans une statue, confirme Raiponce.

- AH ! Je savais bien que quelqu'un trouverait ! Et Lunard qui m'assurait qu'elles finiraient par pourrir là parce que personne n'irait draguer un tableau pour avoir le mot de passe !

- Que…Vous ETIEZ un Maraudeur ?

- Patmol, pour vous servir. »

C'était… Inattendu, pour le moins.

« - Vous voulez dire que vous avez sciemment laissé des notes pour apprendre à des enfants à devenir animagus ! », intervint alors McGonagall, qui semblait s'être remise du choc.

Ce n'était peut-être pas le moment de dire qu'eux-mêmes avaient remis les notes dans une cachette. Sous un format beaucoup plus lisible. Définitivement pas.

« - Eh bien…

- La question n'est pas là, Minerva. Pas pour l'instant. Ces jeunes gens sont apparemment très talentueux. S'ils souhaitent se joindre à notre cause…

- Albus, ce ne sont que des enfants ! se récria Molly Weasley.

- Comme Miss Tower l'a souligné, ils sont majeurs.

- Mais Albus…

- Nous allons avoir besoin de toute l'aide disponible et volontaire, Molly. Surtout avec le Ministère qui nous tourne le dos. En temps normal, je ferais mon possible pour éviter cela, mais nous n'avons pas le choix.

- Ils…

- Ne feront pas de missions dangereuses. L'affaire est close. Maintenant, dépêchons-nous. Ils font réunir tout le monde. »

En quelques instants, la salle fut désertée, ne laissant que les adolescents et le directeur.

« - Pour l'instant, l'urgence de la situation nous sauve. Mais n'ayez aucun doute : ils exigeront des réponses et remettront plus d'une fois votre appartenance à l'ordre en question.

- L'ordre ?

- L'Ordre du Phénix. Le dernier rempart face à Lord Voldemort. » (3)

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Quand Jack se réveilla une nouvelle fois, le monde était encore un peu flou et beaucoup trop lumineux. Les yeux plissés, le jeune homme retourna sous la couverture, bien à l'abri de toute cette lumière. Il était prêt à se rendormir, quand une voix l'interrompit.

« - Ah, vous êtes réveillé ! Parfait. Sortez de là-dessous, j'ai des tests à faire. »

Grognant, Jack s'enfonça un peu plus dans les draps. Hors de question qu'il bouge tant que le soleil passait par cette fenêtre horriblement grande qui donnait sur son lit. Et la nuit avait intérêt à être sans lune.

On ne lui laissa toutefois pas le choix et il sentit avec un certain désespoir le tissu glisser loin de lui. Même l'oreiller, sous lequel il avait tenté de se cacher, s'envola au loin.

« - Arrêtez de faire l'enfant et asseyez-vous. »

Ronchonnant contre les infirmières sans pitié envers leurs patients malades, le jeune homme se redressa, les yeux toujours fermés.

« - Vos blessures sont refermées. Comment vous sentez-vous ?

- Fatigué. Un peu nauséeux. Et la lumière fait mal.

- Voyons cela. Ouvrez les yeux.

- Vous n'avez pas compris le moment où j'ai dit que la lumière faisait mal ?

- J'ai fermé les rideaux. Ouvrez. »

Délicatement, le Serpentard releva les paupières. La salle était en effet plongée dans la pénombre, seulement éclairée par quelques bougies. Tout le monde semblait être parti.

« - Où sont les autres ?

- Je les ai mis dehors. Aucun d'entre eux n'était malade, ils n'avaient donc pas de raisons de manquer le banquet. Suivez le mouvement de mon doigt.

- Je peux aller y assister aussi ? J'ai l'impression de n'avoir rien mangé aujourd'hui.

- Vous n'avez rien mangé aujourd'hui. Et le banquet avait lieu hier, mais les elfes vont envoyer une assiette. Regardez bien cette sphère et dites-moi à quel moment la lumière devient douloureuse. »

Jack fixa son regard sur la petite boule gris pâle qu'avait fait apparaître la sorcière. La sphère s'illumina doucement, intensifiant peu à peu la force de sa lumière.

« - Stop ! intervint-il soudain.

- Bien, constata l'infirmière en faisant disparaître la boule. Vous ne semblez pas avoir de séquelles, il fallait juste un peu de temps d'adaptation à vos yeux. Mangez, puis vous pourrez repartir. »

Hochant la tête, Jack attrapa l'assiette soudainement apparue sur la table de nuit et entreprit de la nettoyer consciencieusement tout en essayant de remettre de l'ordre dans les évènements de la journée. Il se souvenait clairement du Labyrinthe. Il était arrivé au Trophée et l'avait saisi en compagnie de Potter. L'objet les avait emmenés dans un endroit sinistre et c'est là que tout avait dérapé.

Il se souvenait aussi avoir vu un petit homme, puis un éclair vert et deux mots l'avaient poussé à sacrifier deux ans de vie dans l'animation d'une statue de glace qui avait pris le sort à sa place. Mais à partir de là, ça devenait beaucoup plus flou.

Il revoyait Potter au centre d'un cercle d'hommes en noir. Un dôme doré s'étendant au-dessus du Griffondor et de son adversaire. Plus tard, il s'était levé et avait couru jusqu'au Trophée. Puis, le noir.

Un autre souvenir, qui se déroulait cette fois dans l'infirmerie. Il se souvenait d'avoir raconté ce qu'il avait vu à Dumbledore. Ses amis et sa famille étaient là.

Il était en train d'essayer d'éclaircir ces quelques remontées éparses, tout en grignotant son pain grillé, quand la porte s'ouvrit, révélant Harold, Raiponce et Mérida.

« - Ah, je vous avais dit qu'il devait être réveillé, maintenant ! s'exclama la blonde.

- Tu avais aussi dit ça les quatre dernières fois où nous sommes passés.

- Détail, détail. »

Même s'ils semblaient enjoués, Jack pouvait facilement voir que ses amis étaient fatigués. Usés, même. Mais Mérida était la pire. Sous ses yeux s'étalaient des cernes violettes qui témoignaient d'une nuit courte et ses traits étaient tirés. Il lui manquait la hargne qui la définissait habituellement.

« - Pomfresh t'a dit quand tu pourrais sortir ? demanda Harold, interrompant le fil de ses pensées.

- Quand j'ai fini de manger. Qu'est-ce qui s'est passé, hier ? C'est… Flou après le moment où j'ai saisi le Trophée. »

L'expression du Gallois s'obscurcit.

« - Tu… Potter et toi avez été transportés. Le Trophée était un portoloin. Ça vous a apparemment emmené dans un genre de cimetière où… où…

- Où tu as failli mourir, termina doucement Raiponce. D'après Potter, Pettigrow a fait renaître Tu-Sais-Qui avec un rituel. Mais vous êtes parvenus à atteindre le Trophée avant qu'ils ne vous tuent. Tu avais une commotion cérébrale, donc tu t'étais évanoui. Le portoloin n'est apparemment pas bon pour ce genre de chose. »

Jack déglutit douloureusement. Les souvenirs devenaient peu à peu plus clairs, au fil des explications. Les sentiments remontaient. L'étonnement face à la téléportation. La peur face aux deux mots qu'avaient prononcé l'homme, ce « Tue l'autre ! ». La terreur en voyant la baguette de lever vers lui, le sort de mort verdoyant déjà au bout de l'arme. Les deux secondes de réflexion avant de pousser un double de glace vivant devant lui. La douleur à sa tête quand il était tombé au sol.

Le jeune homme sentit deux mains lui saisir les épaules.

« - Jack, calme-toi, c'est fini. »

Il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait commencé à respirer de plus en plus vite au fur et à mesure du retour de ses souvenirs. Mérida lui tendit un verre d'eau, qu'il s'empressa d'avaler, la gorge sèche.

« - Et… Et ensuite ? Je me souviens avoir parlé à des gens.

- Peu de temps après que tu sois arrivé ici, Dumbledore a amené Potter. Apparemment, Maugrey était un mangemort sous polynectar, et il a essayé de finir le travail. »

Jack risqua un coup d'œil vers Mérida. La jeune fille avait encore plus pâli à la mention de Maugrey.

« - Potter a raconté ce qui s'est passé. Et à un moment, tu as pris la relève. Ensuite, on s'est tous endormis, pour se réveiller quelques heures plus tard. Fudge était là. Il… Il a refusé de croire que Tu-Sais-Qui était de retour, disant que Potter était fou et que tu avais reçu un coup sur la tête.

- Mais… Et Maugrey ?

- Mort. Ou du moins, incapable de témoigner. Le Ministre a amené un détraqueur avec lui et avant que quiconque puisse faire quelque chose, cette horreur a aspiré l'âme du faux-Maugrey. Quand Fudge est parti, Dumbledore a commencé à donner des ordres. Apparemment, lors de la dernière guerre, il menait un groupe de défense contre Tu-sais-Qui. On… On l'a rejoint. On lui a dit que l'on était des animagus. »

Le Serpentard s'étouffa sur le morceau de pain qu'il continuait à grignoter.

« - Vous avez QUOI ?

- On leur a dit. Ils ne nous auraient pas laissé aider sans ça.

- Mais…

- Ils ne diront rien au Ministère. Trop risqué. Poudlard n'est pas exactement dans les petits papiers du Ministre, alors révéler que quatre adolescents sont parvenus à devenir animagus sous le nez des professeurs, ça risquerait de mettre le feu aux poudres. »

« - Bref, reprit Raiponce, sans se soucier de l'air sceptique qu'arborait Jack. Après ça, Pomfresh nous a mis dehors pour le banquet. C'était… Bizarre. Dumbledore a annoncé que Tu-Sais-Qui était de retour, même si le Ministère refusait de le croire. Que Potter et toi aviez manqué de mourir. C'était… Solennel. Ensuite, quand le banquet s'est fini, on a tous les trois reçu une note pour venir le rencontrer dans son bureau aujourd'hui. On allait s'y rendre quand on est passé.

- Oh… Je suppose que vous feriez mieux d'y aller, alors, répondit Jack, un peu déçu.

- On est passé te prendre, idiot », lui répondit Mérida avec un coup de poing sur l'épaule qui laisserait surement un bleu.

Fatigué, peut-être, mais pas plus douce.

« - Sauf… Sauf si tu ne veux pas en faire partie, reprit Harold. On peut comprendre, on a choisi pour toi et…

- Je veux. J'ai… J'ai failli mourir. Juste comme ça. Je ne veux pas que ça puisse arriver à d'autres. »

Avec un sourire doux, le brun serra la main de Jack. Le Serpentard savait que ces souvenirs allaient le hanter un moment. Mais il n'était pas tout seul. Ça allait s'arranger.

En attendant, ils avaient un vieux mage à voir.

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Assis à son bureau, Dumbledore pencha sa « Théière du Monde » n°19, à savoir l'Aborigène ornée de dessins du Temps du Rêve, versant un délicat thé fumant dans la tasse appareillée. Il avait passé la dernière nuit à courir partout à travers le Royaume-Uni, rappelant de vieux alliés. Mais en ce moment, il allait devoir en débaucher de nouveaux, même s'ils étaient déjà en grande partie volontaires. Et pour ça, l'image du vieux sorcier serein au cœur de la tempête allait être utile.

Les quatre adolescents qui allaient bientôt arriver avaient été un travail de longue haleine. Depuis leur première année à Poudlard, le vieil homme avait fait son possible pour que, le jour venu, ils soient disposés à l'aider, même si certains évènements, comme leur réunion, étaient indépendants de sa volonté. Ces quatre-là étaient des pièces maîtresses. Des enfants dotés de dons inhabituels qui seraient sans aucun doute utiles. Certains trouveraient probablement cela immoral, d'ainsi manipuler des jeunes gens influençables, mais après deux guerres, et bientôt une troisième, Albus savait que le Plus Grand Bien demandait parfois des actions condamnables.

« - Entrez ! » s'exclama-t-il avant que l'on ne toque.

Bon dieu, il adorait faire ça.

« - Ah, jeunes gens. Ravis de vous revoir parmi nous, Mr. Overland. Je suppose que vos amis vous ont expliqué les évènements d'hier ?

- Oui, Professeur.

- Parfait. Asseyez-vous, asseyez-vous. Une tasse de thé ? »

Quand tout le monde fut installé, Dumbledore prit sont petit instant de silence puis appuyer la tension, avant de se mettre à parler.

« - Si vous êtes là aujourd'hui, ce n'est pas en tant qu'élèves, mais en tant que sorcier. Lord Voldemort, continua-t-il en faisant fi du frisson qui les parcourra au nom maudit, est revenu à la vie hier. Sans l'appui du Ministère, nous allons devoir nous battre et pour cela, j'ai décidé de faire renaître l'organisation qui a déjà combattu durant la première guerre, l'Ordre du Phénix. »

Albus savoura l'expression fascinée qu'arborait son auditoire.

« - Etes-vous toujours d'accord de nous rejoindre ? Ce sera dangereux. Je ne vous attribuerai évidemment pas de missions trop risquées, vous êtes jeunes, mais le Ministère ne nous fera pas de cadeaux et Voldemort encore moins. Comprenez-vous ? »

Hochement de tête général.

« - Bien. Dans ce cas, je ne peux dire qu'une chose. Bienvenue dans l'Ordre du Phénix. »

Tout se déroulait à merveille.

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Fin du Premier Arc

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(1) Il est cependant toujours difficile de ne pas voir un éléphant dans une pièce, à moins que celle-ci soit très grande. Ou l'éléphant très petit.

(2) Dieu merci, Fergus dormait loin de la chambre de Mérida. Parce qu'on peut avoir le sommeil aussi lourd qu'on veut, dans la pièce mitoyenne à la chambre d'un homme faisant le bruit d'un arbre qu'on abat à chaque respiration, c'est tout une aventure.

(3) Total drama.

Et voilà, un arc de fini. Je suis infiniment désolé d'avoir disparu aussi longtemps, les aléas de la vrai vie ^^ Normalement, je devrai pouvoir reprendre un rythme normal.

Le premier chapitre de l'Arc 2 (qui n'a pas encore de nom) arrivera dans deux semaines. Il est peu probable que cet arc soit aussi long que celui-ci. Il est de manière générale peu probable qu'un arc futur soit aussi long que l'arc 4, d'ailleurs.

A bientôt !