Les Années Sombres
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.
Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)
Un grand GRAND merci à Emmawh qui prend de son temps pour corriger mes fautes (n'oubliez pas non plus qu'on est humains, donc parfois, il en reste ^^)
CHAPITRE NON CORRIGE !
(parce que je suis totalement à la bourre, mais j'ai une excuse, j'étais complètement malade ^^)
Merci à Lyna97, Vivet-Doré, Crossfan66, BigFourFan, mcarno, Zaza's Mind, son.y, Arrianrod, SeritsuHime, SheriaPie et Guest, pour leur review ! (j'ai normalement répondu à tout le monde :) )
BigFourFan : Hello ! Merci pour ta review ! Je suis content que cela t'ait plu et que tu aimes mon Dumbledore.
Bonne lecture !
Son.y : Hello ! Merci pour ta review ! Pour Mérida, effectivement, elle ne va pas très bien. On verra ça plus en profondeur dans les chapitres qui viennent.
Bonne lecture !
Guest : Hello ! Merci pour ta review ! Ombrage arrive, oui, mais il faudra encore quelque chapitres. Pour la nature d'Harold, seul Dumbledore, Stoik et Gueulfort sont au courant. Les amis d'Harold savent qu'il a certains dons, comme comprendre les animaux ou jouer facilement avec les Leys, mais c'est tout.
Bonne lecture !
Merci aussi à tous ceux et celles qui ont rajouté la fic dans leurs favoris et/ou liste de follow.
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Second Arc : La guerre cachée
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Chapitre 24 : Contrecoups
Le Poudlard Express s'approchait de King's Cross à toute allure, des dizaines de jeunes sorciers à son bord. Parmi eux, quatre jeunes gens, dont les vacances allaient être sensiblement différentes de l'ordinaire.
En premier lieu, ils étaient tous majeurs, ce qui signifiait que légalement, il leur était permis de pratiquer la magie hors des murs de l'école. Evidemment, dans les faits, vu qu'ils étaient tous issus de familles sorcières, ils n'avaient guère attendu l'âge légal avant de se mettre à jeter quelques menus sortilèges pour alléger le quotidien (1). Ce n'était pas d'une importance capitale, mais il était tout de même nécessaire de le souligner.
Ensuite, pour la première fois depuis un certain temps, l'un d'entre eux, Harold, n'allait pas mettre le cap sur la Roumanie mais rentrer chez lui, à Beurk, petit village des Tueurs de Dragons. Pas que cela l'enchantait particulièrement, mais c'était une demande de d'Albus Dumbledore lui-même, dans le cadre des actions de l'Ordre du Phénix. On ne discutait pas avec le vieux sorcier.
Et enfin, Raiponce et Mérida, qui avaient l'habitude de passer leurs vacances ensemble au Château des Dunbroch, du moins une grande partie de l'été, devraient cette année se séparer dès leur arrivée à Londres. Gothel Tower, la mère de Raiponce, avait en effet exigé que sa fille revienne au bercail immédiatement.
Cela n'enchantait guère Raiponce. N'allez pas imaginer qu'elle n'aimait pas sa mère, loin de là. Elles avaient même une relation relativement fusionnelle. Mais après des années à être enfermée dans sa maison suite aux multiples phobies dont souffrait Gothel, elle n'avait jamais vraiment hâte d'y retourner. Surtout qu'elle devait aussi trouver le moyen d'aborder le fait qu'elle était dorénavant au courant de son adoption. Le sujet était facile à éviter durant leurs très fréquentes discussions par miroir à double sens, parce que Raiponce avait toujours la possibilité de mettre fin à l'échange. Mais en face-à-face constant pendant deux mois, ça allait être une autre affaire.
En clair, Raiponce était stressée, chose inhabituelle chez elle, qui avait pour habitude de contrôler la majorité des variables d'une situation et donc de pouvoir les affronter avec un calme relatif. Sauf que Gothel Tower était tout sauf une variable contrôlable. Surtout si, comme Raiponce le soupçonnait, elle était actuellement en crise de paranoïa, comme elle en avait de temps à autres. Des périodes où elle était persuadée que tout le monde était contre elle et souhaitait emmener Raiponce au loin. Ces crises s'étaient faites plus rares, voire presque inexistante, ces dernières années, mais la Serdaigle savait reconnaître les signes.
Elle entendit le train siffler trois fois, ce qui signifiait qu'ils approchaient d'un de ses deux uniques arrêts. Tranquillement, la machine ralentit, jusqu'à s'arrêter pleinement. Ils étaient à Londres.
Le ballet éternel s'enclancha, parfaitement huilé. Tout le monde attrapait sa valise. On se bousculait pour descendre en premier, avec les Préfets essayant tant bien que mal d'organiser tout cela. Les plus âgés se refusaient à quitter les bras de leur chéri.e, tandis ques les plus jeunes courraient rejoindre ceux de leurs parents. Bref, l'habituel.
Sur le quai, Raiponce embrassa une dernière fois ses amis, leur promettant de les tenir au courant et d'essayer de négocier avec sa mère de pouvoir passer le mois d'août loin de la maison. Dumbledore avait apparemment trouvé un quartier général pour l'Ordre du Phénix, dont l'adresse, grâce à un puissant charme, n'était connue que de lui, et avait déjà prévu d'y tenir des réunions rapidement. Heureusement, il s'était montré compréhensif quand Raiponce lui avait dit ne pas pouvoir assister aux premières, à cause de sa mère. Le vieil homme avait apparemment déjà travaillé avec Gothel Tower et connaissait son caractère particulier. Il lui avait donc simplement demandé de rester en contact avec lui et de se montrer prudente dans ses lettres, au cas où elles seraient interceptées.
Empoignant sa valise, elle prit la direction du bout du quai, où sa mère l'attendait déjà. Comme Raiponce le craignait, elle semblait être en pleine crise de paranoïa. Pâle, nerveuse, les cheveux dont elle était si fière sales et emmêlé, elle ressemblait plus à une échappée de prison qu'à la grande sorcière qu'elle était. La jeune fille espérait qu'elle n'était pas restée trop longtemps toute seule dans cet état.
« - Mère, je suis là !
- Raiponce ! »
Sans attendre un instant, la sorcière plus âgée se précipita en avant, attrapant sa fille dans ses bras.
« - Oh, ma douce, ma jolie fleur. Je ne te voyais pas arriver, j'ai cru que l'on t'avait emmenée, mais il y avait tellement, tellement de gens, je…
- Je suis là, Mère. Je suis là et nous allons bien. Personne ne m'a fait du mal. Allons, rentrons à la maison.
- Oui… Oui, tu as raison, répondit Gothel, tout en caressant ses cheveux. Rentrons à la maison, nous y serons à l'abri. »
Sans perdre de temps, la sorcière saisit le bras de la jeune fille et transplana. Raiponce avait heureusement eu le bon réflexe d'attraper ses bagages avant d'être téléportée.
Etonnement, Gothel ne les emmena pas, comme à son habitude, droit dans le salon, mais les fit atterir à l'extérieur, près du petit sentier qui longeait le bois, à moins de cinquante mètres de leur maison. Maison qui, de manière toute aussi étonnante, ne se trouvait plus là.
« - Mère ?
- Merveilleux, n'est-ce pas ? J'ai engagé les meilleurs(2). La maison est incartable, invisible et protégée de la majorité des attaques magiques. J'ai voulu mettre en place un Fidelitas, avec moi comme Gardien de Secret, mais crois-le ou non, pratique personne n'est capable de le lancer et les rares refusent. Dans quel monde vit-on !
- Mère… Pourquoi tout cela ?
- Pourquoi ? Mais parce que nous sommes en danger, Raiponce ! On va essayer de t'enlever à moi et je ne peux le permettre !
- Mère, personne ne va m'enlever. Nous en avons déjà discuté. Ce sont simplement vos insécurités qui…
- Rien de tout cela, Raiponce ! Je suis ta mère, je sais ce qui est le mieux pour toi et tu vas m'écouter !
- Allons, Mère…
- J'ai dit que cela suffisait ! »
Et avant de pouvoir faire quoi que ce soit, Raiponce vit sa Mère lever sa baguette et le monde entier devint noir.
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Assis en tailleur au centre de la salle d'entrainement, Jack méditait. Ou du moins, essayait, parce que jusque-là, il n'était pas arrivé à grand-chose. Mais de toute manière, il ne pouvait pas faire autre chose pendant les séances d'entrainement de l'Oncle Edward, vu que son petit tour pour échapper à la mort avait eu pour conséquence de le vider entièrement de magie Frost. Ce qui était inattendu, vu sa capacité à en accumuler sans cesse, mais aussi extrêmement perturbant. Depuis tout petit, il avait toujours eu ses pouvoirs. Il lui suffisait d'une seconde pour rafraîchir sa boisson, créer une boule de neige à lancer sur son grand-père ou transformer les escaliers en toboggan géant(3). Et là… Plus rien. Pas un flocon. Même pas capable de faire tomber la neige en juillet, ce que n'importe quel Frost possédant le Don pouvait faire dès le plus jeune âge.
Et donc, pour essayer de retrouver sa réserve de magie, Edward l'avait mis à la méditation. Oh, il s'y connaissait déjà. On ne devenait pas animagus, chose que sa mère avait par ailleurs appris et qui lui avait valu un sacré savon, sans méditer. Mais c'était d'un genre différent. La méditation animagus le menait à l'intérieur de lui, à la recherche de son animal. La méditation d'Edward avait pour but de l'ouvrir à l'extérieur, de se rendre perméable à la magie ambiante pour refaire ses réserves. C'était donc bien plus facile de se déconcentrer. Surtout que…
« Si tu ne m'avais pas enfermé, ça ne serait jamais arrivé. »
ELLE était revenue. La Voix. Apparemment, créer le double de glace et l'animer avait fait complètement sauter la scellée. Oh bonheur.
« Tu aurais dû savoir que tu ne te débarrasserais pas de moi aussi facilement. »
« La ferme. »
« Toujours aussi facile à énerver. »
Malheureusement, comme sa mère l'avait prédit, il n'avait pas été possible de remettre une scellée. Jack était donc condamné à écouter les remarques de l'autre, qui ne manquait d'ailleurs jamais de sujet de conversation, au plus grand malheur du jeune homme. Commentaire sur le physique de Jack quand il passait devant le miroir le matin. Sur sa faiblesse quand il méditait. Sur ses amis quand il se rendait aux réunions de l'ordre…
En parlant de réunion, celle d'aujourd'hui allait avoir lieu dans moins d'une demi-heure. Il allait devoir se mettre en route.
« - Désolé, Oncle Edward, je dois y aller, pour… ce que tu sais. »
Edward, qui était au courant pour l'Ordre, tout comme la mère et le grand-père de Jack, hocha la tête. Veilleuse et Emma, qui avait enfin rejoint l'entrainement, jetèrent un regard étrange à Jack, comme à chaque fois qu'il disparaissait pour « ce que les adultes savaient ». Sa mère avait exigé qu'on laisse les deux enfants hors de la situation. Jack s'était montré perplexe, jugeant qu'on ne pouvait pas garder quelqu'un comme Emma loin d'un secret aussi gros, mais il avait obéi.
Descendant dans la cuisine, histoire d'attraper quelque chose à manger, il tomba sur sa mère.
« - Tu pars déjà ?
- Oui. Mrs Weasley m'a demandé de passer un peu plus tôt, elle a besoin d'aide pour se débarrasser d'objets ensorcelés et elle ne fait pas assez confiance aux Jumeaux pour leur mettre des trucs potentiellement dangereux entre les mains.
- Je vois. Toujours pas de nouvelles de Raiponce. »
L'estomac serré, Jack secoua la tête. Cela faisait une semaine qu'ils s'étaient séparés à la gare de Londres et personne n'avait de nouvelles de la blonde.
« - Rien. Pas une lettre, même à Dumbledore. Mérida dit que si dans une semaine, il n'y a toujours rien, elle ira jusque chez elle.
- Pourquoi attendre ?
- La mère de Raiponce faisait un début de crise de paranoïa, d'après elle, donc Raiponce l'avait prévenue qu'elle aurait peut-être du mal à communiquer avec nous. Mais ça reste inquiétant.
- Je suis d'accord. Si… Si tu as des nouvelles, dis-lui de me contacter. Elle m'avait demandé un petit quelque chose. »
Intrigué, Jack voulu demander à sa mère de quoi elle parlait, mais celle-ci avait déjà fait demi-tour. Mettant ses interrogations de côté, il se dépêcha d'attraper son sac et de transplaner au douze, Square Grimmauld.
Le Square Grimmauld était une petite place londonienne, comme il en existe des dizaines à travers la ville. Et dans ce quartier purement moldu, pour une raison qui échappait totalement à Jack, se trouvait la maison principale de la famille Black, sangs-purs par excellence(4). Aujourd'hui propriété de Sirius Black, dernier membre de cette famille, ce dernier l'avait donnée à Dumbledore pour en faire le quartier général de l'Ordre.
Mais le vieux sorcier n'en était pas resté là. Il avait ensorcelé la maison avec un sort d'une puissance monstrueuse, le Fidelitas. Le sortilège enfermait des informations dans le cœur de quelqu'un, le Gardien du Secret, qui devenait le seul à pouvoir les révéler. Ainsi, le 12, Square Grimmauld, était totalement invisible et introuvable pour quiconque n'avait pas été mis dans le confidence par le Directeur de Poudlard.
Seulement, qui dit maison de vieille famille férue de magie noire dit objets maléfiques. Beaucoup d'objets maléfiques. Molly Weasley avait donc mis toute sa famille, actuellement logée là, à contribution en les faisant nettoyer la maison. Le problème était que, de base, les enfants Weasley étaient des chahuteurs nés, mêmes les ainés, qui le cachaient juste mieux(5). Il n'y avait donc personne pour s'attaquer aux objets à potentiel destructeurs, sauf les malheureux membres trop facilement influençables qui cédaient aux demandes de la matriarche Weasley. Comme Jack.
Le pire, c'était qu'il était quasiment le seul. Mérida avait dit non, purement et simplement, sans s'expliquer, bien que Jack savait que c'était à cause de son don. Des objets aussi chargés que ceux des Black le déclencherait pratiquement à chaque instant. Harold avait lui aussi refusé, profitant des réunions pour disparaître on ne savait où avec Charlie Weasley. Jack était sûr qu'il passait leur temps à discuter de la Réserve de Roumanie, où le Poufsouffle n'avait pu se rendre cette année à cause d'une mission de l'Ordre. Et le blanc n'avait sérieusement pas le cœur à empêcher son ami de parler de dragons. (6)
C'était pourquoi le Serpentard se retrouvait actuellement en compagnie de Kreattur, l'elfe de maison des Black, à trier des objets puants la magie noire en attendant la réunion. Et encore, l'elfe de l'aidait même pas. A moitié fou et totalement obsédé par « l'héritage de ma bonne maîtresse », il se contentait en réalité de rôder et de chiper de temps à autre un objet, tout en insultant Jack et tous ceux qu'il croisait à voix basse.
Il jetait ce qui semblait être un œil humain flottant dans une boule de verre remplie d'eau, quand on l'appela dans la cuisine. Ah, la réunion commençait enfin.
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Dans un « POP » retentissant, Mérida apparut dans la petite ruelle attenante au 12, Square Grimmauld. Des vieux sorts, datant de la construction de la maison et remis à neuf par Dumbledore, empêchait quiconque de transplaner directement à l'intérieur du QG de l'Ordre. Le seul moyen d'entrée, excepté la porte, évidemment, était la cheminée. Mais s'il y a bien une chose que détestait Mérida, c'était le voyage par poudre de Cheminette. Elle en ressortait invariablement malade.
Heureusement, elle avait pu passer son permis de transplanage juste après la fin de l'année scolaire. Ses parents ne faisant pas officiellement partie de l'Ordre, même si son père avait assuré à Dumbledore qu'il lui fournirait de l'aide en cas de besoin, cela avait été une véritable nécessité pour pouvoir se rendre aux réunions sans prendre la cheminée, la Magicobus étant proscrit. Voir des sorciers se rendre régulièrement à une petite place moldue sans intérêt, cela aurait vite éveillé l'intérêt du Ministère.
D'un pas rapide, la jeune fille rejoignit le perron du numéro 12, totalement invisible pour le commun des mortels. Elle était toujours impressionnée de se dire qu'une telle bâtisse était totalement invisible. Bien sûr, Poudlard aussi l'était, dans son genre. Mais le Château se trouvait au milieu de nulle part et avait toujours été caché. Là, la maison avait soudainement disparu il y a quelques semaines et personne n'avait rien remarqué. C'était de la fameuse magie.
Délicatement, elle entrouvrit la porte. La dernière fois qu'elle était venue, celle-ci grinçait horriblement et ce n'était pas une bonne idée de faire du bruit dans le couloir car…
« BADABOUM ! »
« - IMMONDES FILS DE CHIENS ! ENGEANCES DE MOLDUS ! DES TRAÎTRES A LEUR SANG DANS MA MAISON ! »
On risquait de réveiller Mrs. Black.
« - Désolé, désolé ! Foutu porte-parapluie. »
Evidemment, c'était Tonks qui était à l'origine de la gaffe. Mérida ne comprendrait jamais comment elle avait fait pour passer les tests de discrétions obligatoires pour le diplôme d'Auror. La jeune fille était maladroite au possible. Cela était dû à sa condition de métamorphomage, c'est-à-dire un sorcier capable de changer d'apparence à son bon vouloir. C'était monstrueusement pratique car indétectable, même avec des sortilèges de révélation. Seul souci, c'est qu'avec la fluctuation constante de leur centre de gravité(7), les métamorphomages étaient affublés de gros problèmes d'équilibre.
« - Salut Tonks. Un coup de main ?
- Volontiers Princesse. Oh, ferme-là, vieille carne ! » cria-t-elle au portrait de Mrs. Walburga Black, ancienne matriarche de la noble lignée des Black, qui continuait à hurler ses injures.
Avec une grimace face au volume sonore de la peinture, Mérida attrapa le rideau de droite tandis que Tonks se saisissait de celui de gauche, et poussa de toutes ses forces. Millimètre par millimètre, la tenture avança, jusqu'à recouvrir entièrement le tableau, le faisant taire. C'était Dumbledore lui-même qui avait ensorcelé le tissu pour que la vieille femme s'endorme dès que les rideaux étaient tirés. Le tout était de parvenir à la fermer, ce qui n'était jamais sans peine. Mérida était pratiquement sûre que Kreatur, le vieil elfe de la famille, totalement fidèle à Walburga, était derrière tout cela. Il vénérait sa maîtresse et était prêt à tout pour faire partir l'Ordre. Mais comme il était officiellement la propriété de Sirius et que celui-ci lui avait interdit de faire de mal aux membres de l'Ordre, l'elfe avait dû trouver des moyens détourner d'empoisonner le monde. Et la petite crasse était douée.
« - Merci Princesse. Allez viens, on va être à la bourre ! »
D'un geste naturel, Tonks attrapa Mérida par les épaules et l'entraina vers la salle à manger, tout en babillant sur sa semaine. La rousse était toujours circonspecte vis-à-vis de leur relation. Elles ne s'étaient rencontrée que la semaine dernière, mais la jeune auror s'était tout de suite montrée amicale et inclusive, autant pendant les réunions que lors des quelques jours de stage que Mérida avait fait au bureau de Aurors, ce qui faisait que maintenant, elle n'hésitait pas à la classifier comme amie, mais cela n'en restait pas moins étrange. L'Ecossaise n'était pas vraiment une solitaire, mais excepté les membres du Projet A, elle n'avait pas réellement d'amis, principalement à cause de sa franchise, ainsi que ses manières de garçon manqué(8). La nouveauté de tout cela était donc un peu étrange. Mais pas désagréable. Même si…
« - Alors, Princesse, des nouvelles de ta petite blonde ? »
Tonks refusait d'arrêter d'utiliser ce surnom depuis qu'elle avait découvert que la famille de Mérida descendait soi-disant de rois écossais mythiques.
« - Toujours pas. Je vais attendre encore quelques jours puis j'irai voir chez elle. J'ai essayé une nouvelle fois d'envoyer des lettres, mais le hibou revient avec.
- Et sa cheminée ? On utilise ça au bureau, pour discuter. Si ce n'est pas trop loin et que tu ensorcelles le papier pour résister au feu, ça peut marcher.
- Sa maison n'est pas reliée au réseau.
- Je vois. Tiens-moi au courant si je dois lancer un avis au bureau. Au fait, je t'ai apporté les livres dont je t'avais parlé !
- Encore avec la nouvelle recrue, Tonks ? »
Mérida se figea. Alastor Maugrey, le vrai, se tenait juste à côté de leurs chaises, son œil bleu électrique pointé directement sur Mérida tandis que le normal fixait Tonks. La rousse avait beau savoir que ce n'était pas lui qui l'avait entrainé et qui avait détruit toutes les barrières qui retenait son don, la rendant hyper-sensible au vision, elle ne pouvait s'empêchait d'avoir une boule d'angoisse au creux de l'estomac à chaque fois qu'elle le voyait.
« - Hey, Maugrey. Ouaip, je lui disais justement que j'avais été recherché mes vieux manuels. Ce n'est pas suffisant pour Mage de Guerre, mais ça couvre déjà toute la formation des Aurors.
- J'vois. J'ai 'core quelques livres d'mon temps d'formateur. J'te les apporterai. Ça f'ra du bien à la brigade de voir de sang neuf. Ça fait trop longtemps qu'ils s'contentent de récupérer des Aurors. »
Toujours tendue, Mérida hocha la tête. Maugrey s'éloigna en claudiquant, lui permettant de se remettre à respirer. Elle ne s'était même pas rendue compte qu'elle avait retenu son souffle.
« - Ça va ?
- Oui, ne t'inquiète pas. »
Amie, peut-être. Mais pas assez proche pour que Mérida s'épanche sur ses problèmes. Dieu que Raiponce lui manquait.
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Confortablement installé sur le lit de Charlie, Harold l'écoutait avec attention lui décrire les derniers évènements de la Réserve (9).
« - L'Opaloeil se porte comme un charme, d'ailleurs. On a agrandi son bassin, parce qu'apparemment, Monsieur nous fait une petite poussée de croissance. Il a mué partout, ça nous a pris des jours pour tout ramasser, surtout qu'il était de mauvais poil. Il a manqué d'assommer J.
- Ça me manque, soupira Harold.
- Je sais. Quand j'ai fait mon propre stage au Ministère, j'avais déjà travaillé un an en Roumanie et le temps était horriblement long. Dis-toi que tu fais ça pour l'Ordre et qu'une fois que tout sera fini, tu pourras repartir à la Réserve. »
Se calant contre le roux, qui était beaucoup trop confortable pour qu'il n'y ait pas un peu de magie là-dessous, le Gallois soupira. Il savait que son stage au département des créatures magiques était important, car cela lui permettait d'entrer et de sortir du Ministère sans être suspect, ce qui était essentiel. Peu de membres de l'Ordre pouvait se le permettre. Les « vieux » comme Mr. Weasley étaient sous surveillance et les quelques nouveaux membres n'étaient pas assez nombreux pour être réellement efficace. Cela ne changeait rien au fait que la Réserve et les dragons manquaient affreusement à Harold.
Bien sûr, il y avait aussi des avantages à la situation. Déjà, il évitait les remarques goguenardes des autres dresseurs de dragon, qui avaient semblé trouver très amusant d'ennuyer le gentil Harold à propos de sa relation avec Charlie la dernière fois que l'adolescent les avait vu.
Ensuite, il avait pu, pour la première fois depuis longtemps, retourner à Beurk pour plus que quelques jours. Aussi étrange que cela puisse paraître, le village et ses habitants indélicats avaient manqués à Harold. Certains, comme Gueulfort ou Simon, plus que les autres, mais quand même. Evidemment, regarder la Chasse ou les combats dans l'Arène lui était impossible, mais retrouver les lieux de son enfance lui faisait du bien.
Et enfin, il pouvait passer un peu de temps avec ses amis. Malgré toutes les avancées magiques du monde sorcier, les communications entre la Roumanie et le Royaume-Uni étaient compliquées. Les pauvres hiboux mettaient des jours, si pas des semaines, à faire le voyage et les autres moyens, comme les miroirs à double-sens, étaient loin d'être gratuit. Alors qu'ici, il voyait Mérida et Jack plusieurs fois par semaines. Seule Raiponce manquait à l'appel. Cela commençait d'ailleurs à devenir réellement inquiétant.
« - Nous devrions descendre avant que quelqu'un ne se décide à venir nous chercher. »
Un peu déçu de devoir se lever, Harold accepta tout de même. Le secret de leur relation était important pour Charlie. Le plus jeune s'en moquait un peu, ayant passé une grande majorité de sa vie à ne pas être accepté par beaucoup de gens. Et il n'était pas vraiment inquiet de la réaction de ses amis. Ils étaient passés par pire que « Je préfère les garçons et je sors avec le cousin sexy de Mérida ». A la réflexion, les filles lui en voudraient peut-être d'avoir caché la deuxième partie.
Mais Charlie… Charlie était un golden boy. Un garçon parfait. Et il avait du mal à laisser sortir qu'au final, il n'était pas totalement dans la norme. Ajouté à la peur de voir ses frères et sœurs plus jeunes subir les retombées de la révélation, car après tous les adolescents ne sont pas des gens tendres, et le voilà enfermé dans son placard depuis dès années. De temps à autre, Harold, qui en avait un peu marre de devoir se cacher (10). Mais dès que le sujet arrivait sur la table, Charlie se refermait comme une huître.
Chassant ses idées sombres, Harold se releva et défroissa rapidement ses vêtements d'un coup de baguette, avant de se diriger vers la porte, Charlie à sa suite.
La majeure partie des membres de l'Ordre étaient déjà là, discutant dans l'ancienne salle à manger des Black, seule pièce assez grande pour permettre à une petite vingtaine de personne de s'y tenir sans se marcher dessus. Harold se glissa à côté de Mérida, en grande discussion avec Nymphadora Tonks, une Auror et nouvelle recrue de l'Ordre. Elle était quelque chose comme la nièce au second degré de Sirius, sa mère était la cousine de l'évadé d'Azkaban.
Tous les membres n'étaient pas là, certains, comme Hagrid, étant en mission, d'autres n'ayant pas su se libérer. Ce ne serait sûrement qu'une réunion de routine qui permettrait à tout le monde d'être au courant des dernières avancées dans les différentes missions en cours.
« - Bien, dit Dumbledore, assit en bout de table. Je propose que nous commencions. Severus devrait nous rejoindre au cours de la réunion. »
Ah, oui, Snape. Harold avait toujours du mal à croire que le sinistre Professeur de Potions était un « gentil ». Encore plus maintenant qu'il savait que l'homme avait été un mangemort. Mais Dumbledore lui faisait confiance et c'était là leur seule source d'informations directes sur le Seigneur des Ténèbres.
Comme le Gallois l'avait prédit, la réunion ne fut qu'un résumé de la semaine qui s'était écoulée. Mondingus Fletcher, truand professionnel et revendeur de tout ce qui ne lui appartenait pas vraiment, leur avait transmis les rumeurs qui courraient au cœur de l'Allée des Embrumes. Tonks, qui ne supportait pas qu'on l'appelle par son prénom, et Kingsley, un autre auror, avaient fait état des évènements notables qu'ils avaient pas remarquer. Tout le monde y allait de son petit grain de sel, les évènements inhabituels, les choses comme ça. Mais une seule conclusion sortait de tous ce fouillis.
Le mage noir se faisait incroyablement discret.
Profitant probablement de la cécité volontaire du Ministère de la Magie, Voldemort prenait son temps, rassemblait ses forces petit à petit, sans faire le moindre remous. Jusqu'au moment fatidique où il serait près et lancerait ses forces à l'assaut du monde magique.
S'il on demandait l'avis d'Harold, tout cela sentait très mauvais.
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(1) En effet, si le Ministère de la Magie est capable de repérer les lieux où de la magie est pratiquée, il ne peut identifier clairement le coupable. Les jeunes sorciers issus de familles magiques pratiquent donc couramment la magie chez eux bien avant leur majorité. Une rumeur voudrait que le Département des Mystères ait mis au point, il y a déjà plusieurs années, un système capable d'identifier clairement le sorcier jetant le sortilège mais, pour une raison obscure, le projet ne fut pas approuvé par le Magenmagot. Cela n'a probablement rien à voir avec le fait que ce dernier est en grande partie composé de vieilles familles sorcières qui profitait allègrement de ce système à moitié aveugle.
(2) J'ai failli mettre « J'ai dépensé sans compter », mais je me suis dit que, de un, ça collait pas super bien et que de deux, la référence passerait au-dessus de la tête de la majorité des gens ^^
(3) Réalisant ainsi le rêve de tout enfant vivant dans un.e maison/appartement avec un grand escalier.
(4) Je n'ai jamais compris pourquoi les Black, si anti-moldu, s'étaient installé en plein cœur de Londres, au milieu de ceux qu'ils détestent.
(5) Percy était une exception. Jack était presque tenté de croire les rumeurs répandues par les Jumeaux, à savoir que leur frère était un fait un changeling, un bébé laissé par les fées en échange de véritable enfant.
(6) Je suis totalement sûr qu'Harold et Charlie disparaissent effectivement pour parler de dragon. TO-TA-LE-MENT.
(7) Le centre de gravité, c'est l'endroit où s'applique votre poids. Je vous renvoie à vos cours de physique de secondaire. Cela dit, après quelques recherches, ma théorie sur la maladresse de Tonks s'est effondrée, parce qu'en fait, le centre de gravité change tout le temps, selon notre position. Mais j'aime ma théorie, donc je la garde. Et puis, TGCM !
(8) Et, selon Jack, de sa brutalité. Mérida lui avait mis un coup à l'épaule pour sa réponse.
(9) Vous voyez ? ^^
(10) Mentir, par contre, ne lui posait pas de problème. Il mentait sans cesse. A tout le monde. C'était devenu une sorte de seconde nature. Il n'était pas sûr d'en être fier.
