Les Années Sombres

Disclaimer : Voir prologue

Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.

Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.

Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)

Un grand GRAND merci à Emmawh qui prend de son temps pour corriger mes fautes (n'oubliez pas non plus qu'on est humains, donc parfois, il en reste ^^)

Chapitre non-corrigé, parce que je suis teeeeeellement à la bourre.

Merci à mcarno, Paquerette-san, Doriru-Yami et Arrianod pour leur review ! (j'ai normalement répondu à tout le monde :) )

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Chapitre 26 : Recherches diverses

Le pas vif, Mérida traversait les rues de Londres. Autour d'elle, les moldus vaquaient à leur occupation, ignorant totalement la jeune fille. C'était un des nombreux côtés de ce monde : l'anonymat. Si la jeune fille avait marché de la même manière dans le Chemin de Traverse, nul doute qu'au moins cinq ou six sorciers l'auraient interpellé, la connaissant ou connaissant ses parents, s'inquiétant de la voir apparemment si énervée. Et actuellement, c'était la dernière chose dont Mérida avait besoin. Parce qu'elle s'apprêtait une nouvelle fois à faire quelque chose de relativement illégal. Ce n'était certes pas la première fois, ni la plus grave, mais elle n'avait pas vraiment envie de se faire prendre.

De toute façon, c'était la faute du Ministère. Si les lois n'étaient pas si mal fichues, elle n'aurait pas à faire ça. Mais pour l'heure, alors que Raiponce avait disparue depuis plusieurs semaines, probablement retenue dans une maison rendue invisible et indétectable par sa mère, aucun moyen légal ne permettait de la faire sortir parce que « chaque sorcier a le droit de protéger sa maison comme il l'entend, sauf sortilèges interdits ou exceptionnels » et que « Tout sorcier à les pleins pouvoirs sur sa progéniture ». (1) Mérida avait donc décidé de prendre les choses en main.

Trouver la bonne personne lui avait pris du temps. Les vrais voyants ne courraient pas les rues et la plupart, après quelques siècles d'enlèvement et d'asservissement à un mage quelconque désirant connaître son avenir, se cachaient de tous et surtout du Ministère. Mais on ne se cache jamais aussi bien qu'à la vue de tous. Mérida avait donc pris un annuaire (2) et décidé de lister tous les voyants auto-proclamés de Londres. Vu la sensibilité accrue de son don depuis les magouilles du faux-Maugrey, nul doute qu'elle reconnaîtrait un confrère quand elle se retrouverait face à lui. Avec un peu de chance, il pourrait soit trouver un moyen de sortir Raiponce de sa prison, soit aider Mérida à voir comment son futur-elle sauverait son amie et ainsi commencer à mettre en place le plan qui lui permettrait de s'assurer que ce futur se réaliserait.(3)

Elle avait essayé de faire cela seule, dans un premier temps. Mais sur-solliciter son don pendant l'année avait, semble-t-il, un peu déréglé l'ensemble. Les visions devenaient de plus en plus incontrôlables et profondes, au point que parfois, même Wisp, son feu-follet, n'arrivait plus à la sortir de transe. Quelque part, elle espérait que le ou la voyant.e, en plus d'aider Raiponce, serait capable de l'aider elle à mieux maîtriser ce pouvoir.

Actuellement, après deux heures dans Londres, trois transplanages et quatre métro différents(4), elle avait déjà vu les cinq premiers voyants de la liste et aucun n'était autre chose qu'un moldu arnaquant des crédules. Sauf le troisième, qui, bien qu'un arnaqueur sans vergogne, s'était étonnement révélé être une harpie sous déguisement.

C'est un peu désabusée que Mérida poussa la porte du sixième nom. « Le Grand Cyrano, Oracle des Dieux ». Le « y » de Cyrano clignotait et la peinture des murs s'écaillait franchement. Pas des plus rassurant mais Mérida s'était déjà aventurée dans l'Allée des Embrumes ainsi que dans l'Espace B, qui était probablement le pire endroit où elle avait mis les pieds, et avait sa baguette au cas où. Elle ne risquait probablement pas grand-chose.

Entrant, elle se retrouva dans une petite pièce enfumée, où des bougies éclairaient faiblement des pans de tissus fin accrochés au plafond. Un homme se tenait assis au centre, en tailleur, une boule de cristal devant lui. Si cela n'avait pas été la cinquième fois que Mérida voyait un spectacle semblable aujourd'hui, elle aurait potentiellement pu être un tout petit peu intriguée. Mais réellement rien qu'un peu.

« - Qui demande à voir le grand Cyrano ? demanda l'homme d'une voix profonde.

- Mérida…

- Dunbroch, fille de Fergus, protégée de l'Oiseau de Pluie et détentrice du médaillon de l'Ours. Il y avait bien longtemps qu'une sorcière n'était pas venue me voir.

- Comment… ?

- Tu n'es pas la seule à avoir un petit compagnon. Et le tien est particulièrement bavard. »

Sur ces mots, un petit être fantomatique sorti de la boule de cristal. Il ressemblait un peu à Wisp, dans le sens où sa forme ne semblait pas être définie mais mouvante, faite de fumée. Il était cependant plus sinueux, comme un serpent.

« - Je te présente Apollon (5). Comme ton ami, il me guide et me ramène quand je m'enfonce trop loin. Maintenant, installe-toi. Laisse-moi le temps d'allumer la lumière et d'ouvrir la fenêtre. Tout ce fatras n'est pas utile, mais aucun client de croirait un voyant que se contente de le regarder et de lui dire son avenir. Il faut un peu de mise en scène. »

Cyrano, si c'était là son vrai nom, se leva suite à ces mots. Quoique, « se leva » n'était peut-être pas les mots les plus approprié. Il donnait plus l'impression de se déplier. L'homme était, du point de vue de Mérida, tout bonnement gigantesque, ce qui n'était pas peu dire vu qu'elle vivait avec un homme de deux mètres. Mais contrairement à Fergus, il était mince, presque famélique. Il ressemblait à un phasme, tout en longueur.

Sans cérémonie, Cyrano tira sur un fil, allumant une ampoule nue qui surplombait l'amas de tissus pendouillant du plafond, avant d'ouvrir grand les fenêtres. Un courant d'air s'engouffra, soufflant les bougies. A l'opposé de sa construction inhabituelle, son visage était relativement banal. Des yeux bruns, des cheveux clairs qui commençaient à se raréfier sur les tempes et un petit sourire en coin qui était apparemment perpétuel.

« - Bien. Maintenant qu'on y voit clair, que puis-je faire pour toi ?

- Je… Vous n'êtes pas censé le savoir ?

- Si je devais tout savoir sur mes clients, je deviendrai vite fou. La plupart sont faciles, amour, argent, gloire, etc. Je ne fatigue donc plus à regarder trop loin. Mais pour qu'une autre détentrice de la double-vue vienne me voir, c'est que ça doit être plus grave que cela. Je peux regarder si tu veux, mais ce sera toujours moins clair que tes explications. »

Mérida hocha la tête, pas vraiment convaincue. Elle n'avait pas réellement prévu que son plan fonctionnerait. C'était plus… Un acte désespéré. Incapable de faire quoi que ce soit de concret pour aider Raiponce, elle s'était tournée vers ça. Maintenant que ça avait fonctionné, elle n'était pas sûre de comment expliquer tout cela.

« - Un conseil, petite : commence par le début. »

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L'horloge tournait lentement au-dessus de la porte. Et par un phénomène universel, depuis qu'Harold avait commencé à la fixer, l'aiguille prenait un malin plaisir à aller plus lentement. Du moins, c'est l'impression que le jeune homme avait. Toute sa logique (6) le criait que les aiguilles n'étaient pas sciemment capables de faire ça. Mais il avait besoin d'y croire. C'était soit ça, soit la ferme conviction que le chef du bureau avait ensorcelé l'horloge.

Travailler au sein du département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques n'était vraiment pas le job rêvé d'Harold. Le fait que cela soit nécessaire pour l'Ordre et pour appuyer sa candidature à la Réserve aidait, mais cela restait quand même long, fastidieux, ennuyeux et surtout totalement contraire à toutes les croyances du jeunes hommes.

Comme son nom l'indiquait, le département n'aidait pas les créatures magiques, il les contrôlait et les régulait. Quiconque lisait cela se disait de prime abord que c'était normal. On ne pouvait pas laisser un dragon semer la pagaille dans Londres ou les trolls prendre le contrôle des ponts. Evidemment. Sauf que les créatures magiques englobait tout un tas d'êtres parfaitement intelligents, raisonnables et avec une civilisation développée. Gobelins, Centaures, Sirènes… Tous étaient réduits à ce statut, « créatures magiques ». La première semaine, Harold avait failli vomir en se rendant compte qu'un sorcier qui avait tué un gobelin allait simplement écoper d'une amende, et non d'un procès. Harold avait rencontré les gobelins et avait étudié leur histoire, au-delà de l'infâme cours de Binns.

Bien qu'ils soient un peuple guerrier et impitoyable (7), ils avaient aussi une histoire riche de découvertes scientifiques et d'exploits incroyables. Gringott's, par exemple. Le bâtiment, considéré comme un des plus beaux du monde sorcier britannique, n'était pas le fait des hommes. C'était les gobelins qui, il y a plusieurs siècles, avaient décidé d'arrêter la guerre et de remonter à la surface, mettant en œuvre leur savoir-faire architectural pour bâtir ce qui plus tard deviendrait l'unique banque magique du Royaume-Unis. Et pourtant, ils étaient mis au même niveau qu'une créature quelconque. On pouvait les tuer sans craindre autre chose qu'une amende. Et si la famille du gobelin avait le malheur d'exercer la justice elle-même, il était fort à parier qu'eux auraient droit à la prison, si pas à une exécution pure et simple. Parfois, Harold détestait réellement le monde sorcier et en arrivait même à regretter quelques instants d'avoir refusé la proposition de Brunehilde. Puis, il se rappelait que cela aurait signifié perdre toute humanité. De quoi le refroidir un peu.

Le bruit de Big Ben(8) tira Harold de ses sombres pensées. Sans attendre, il attrapa son sac, y enfourna les quelques affaires qu'il n'avait pas encore rangé histoire de dire « Regardez, je travaille encore, ne venez pas me filer un dossier à cinq minutes de la fin de la journée » et se précipita vers la sortie. Plus qu'un mois.

Plutôt que de se diriger vers la cheminée la plus proche, Harold bifurqua au croisement suivant et prit la direction de l'ascenseur. Seize heures avait peut-être sonné, mais sa journée n'était pas finie.

Il s'arrêta d'abord au bureau des Aurors. Mérida y travaillait encore, ce département finissant plus tard. Il trouva rapidement la jeune fille, lui donna son sac et accepta avec un hochement de tête ses remerciement pour avoir agrdé ses affaires. Ça semblait idiot de prendre autant de précaution, mais personne ne savait réellement qui travaillait pour Fudge, ou pire, pour Voldemort, et irait trouver suspect qu'un stagiaire du département des Créatures Magiques vienne régulièrement remettre un sac à une autre stagiaire sans véritable explication. Harold évitait de se servir de cette excuse trop souvent. Habituellement, il faisait semblant d'oublier son sac au bureau, mais le chef commençait à se montrer soupçonneux.

Après avoir discuté une petite minute avec la rousse, il fit demi-tour et remonta dans l'ascenseur. Direction le niveau 9.

Le Département des Mystères est probablement l'endroit le plus protégé du Monde Magique britannique. Plus que Poudlard, Gringott's ou le bureau du Ministre. Et il vaut mieux. Ce Département est celui de la recherche, mais aussi celui où l'on stocke tout ce que l'on ne comprend pas. On y retrouve donc l'entièreté des Retourneurs de Temps en activité, des livres interdits, des rapports sur des créatures et des sorts que le grand public ne peut pas connaître. Et c'est vers ce Département qu'Harold se dirige.

Sa mission actuelle est de le surveiller. Il n'est pas le seul à le faire mais il est parmi ceux qui le font le plus souvent, pour la simple et bonne raison que lui n'a besoin d'aucune cape d'invisibilité ou de sortilège de désillusion. Son animagus lui suffit.

Se glissant dans une alcôve, il se concentre sur sa forme animale et la seconde suivante, une jolie petite belette brune se tient en lieu et place du sorcier. Le jeune homme prit une seconde pour s'éclaircir la tête, les instincts de l'animal se faisait plus fort sous cette forme, avant de se faufiler vers sa destination.

Un autre membre de l'Ordre se trouve déjà là. Aujourd'hui, c'est Kingsley, un auror. Harold aime bien Kingsley. Contrairement à Mr. Weasley, qui est un autre surveillant récurrent, il ne lui gratte jamais la tête comme s'il était un très petit chien. Délicatement, Harold gratte le bas du pantalon de l'homme. Trouver la bonne technique pour signifier sa présence a pris quelque essai, mais celle-là reste celle qui provoque le moins de bruit.(9)

Quand Kingsley l'a repéré, et salué d'un petit mouvement de tête, l'homme s'en va, en prenant garde à bien rester sous sa cape et à ne pas frôler les rares passants. Harold, lui, commence à monter la garde.

Il ne sait pas exactement ce qu'il garde. Enfin, si, il le sait, mais pas totalement. Dumbledore leur a révélé, dès la première réunion de l'Ordre, qu'une prophétie reliait Voldemort à Harry Potter et que c'était la raison pour laquelle ce dernier avait survécu. Mais personne au sein de l'Ordre ne savait exactement ce qui disait la prophétie et, selon Dumbledore, le mage noir n'en savait pas plus. L'enjeu actuel était donc de surveiller le Département des Mystères, où étaient conservées toutes les prophéties, afin d'empêcher Voldemort de mettre la main sur les mots du Destin.

Ça pouvait sembler joli, dit comme ça, mais croyait en Harold, c'était ennuyeux à en mourir.

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Assise sur son lit, Raiponce lisait tranquillement un roman. Elle avait l'impression de l'avoir déjà commencé, mais le début de l'intrigue était tellement flou dans sa tête qu'elle l'avait repris depuis le début. Ces vacances étaient définitivement bizarres.

Déjà, sa mère l'avait enfermée dans une pièce qu'elle ne connaissait pas, avant de la transférer dans sa chambre, toute aussi fermée. Mais Raiponce était tout à fait consciente que c'était pour son bien. Elle ne savait pas exactement pourquoi, mais c'était sa mère. Raiponce savait qu'elle devait lui faire confiance et lui obéir.

Un coup d'œil à son réveil lui apprit que c'était bientôt la fin de son heure de lecture. Elle avait remarqué ces derniers temps qu'elle avait du mal à se concentrer, alors elle découpait sa journée en activit. Elle essayait de respecter un horaire, mais si elle n'était pas à la fin du chapitre quand l'heure sonnerait, tant pis, elle irait un peu plus loin.

Il ne restait que quelques pages quand l'alarme sonna. Les sourcils froncés, Raiponce l'éteignit, continuant à lire. Le héros était à deux doigts d'achever le terrible homme de main qu'il combattait. Le combat était épique, fait de sorts de grandes envergure, de mouvements agiles et de remarques pointues visant à déstabiliser l'adversaire. A son grand étonnement, Raiponce connaissait à l'avance chaque sort qui allait être lancé, chaque réplique spirituelle. Elle savait qu'elle avait commencé le livre, mais pas qu'elle était arrivée si loin.

Le chapitre s'acheva sur la victoire du Héros qui, en grand seigneur, épargna même son adversaire.

« - Mais quel idiot, celui-là ! Ça va lui revenir en pleine tête ! »

« Mais quel idiot, celui-là ! Ça va lui revenir en pleine tête ! »

Secouant la tête face à ce drôle d'écho qui semblait plus provenir de sa tête que de la réverbération du son, elle termina les quelques lignes qui restait, puis tourna la page pour marquer celle où elle devait reprendre sa lecture.

« - Tiens, qu'est-ce que c'est ? »

« Tiens, qu'est-ce que c'est ? »

Ignorant une nouvelle fois cet écho étrange, elle se saisit du petit morceau de papier coincé dans la double-page du nouveau chapitre. Le dépliant, elle y découvrit une petite phrase écrite d'une main tremblante. D'une manière étrange, elle avait l'impression de lire une écriture fort semblable à la sienne.

« Ne bois pas l'eau »

Ne pas boire l'eau ? Le regard de Raiponce dévia vers la carafe posée bien en évidence sur le bureau. Elle était vide, à l'heure actuelle, mais elle savait que sa mère viendrait avec une nouvelle carafe remplie à l'heure du repas. Qui avait bien pu laisser ce mot ? Et surtout, pourquoi ne pas boire l'eau ? Raiponce devait la boire. Sa mère lui disait à chaque repas qu'il était important de bien tout boire, parce que c'était l'été et qu'il faisait chaud.

Secouant la tête, elle mit ces questions de côté. Ce n'était surement pas important. Toutefois, avant de refermer le livre, elle y replaça le papier, mue par elle ne savait quelle raison.

Plaçant le livre sur sa table de chevet, elle se leva et prit la direction de son chevalet. Aujourd'hui, c'était peinture. Elle avait commencé une toile il y a deux jours et elle entendait bien la finir. Par sûr qu'elle parvienne à la terminer aujourd'hui, mais elle avait bon espoir de faire une avancée certaine.

Retirant le drap qui la couvrait, parce que Raiponce détestait quand sa mère voyait ses œuvres non-finies, elle attrapa pinceaux et peinture, puis se mit au travail. Habituellement, elle faisait de la peinture relativement de paysage, dans des tons clairs et lumineux mais, pour cette fois, elle avait eu envie de peindre quelque chose dans des couleurs plus sombres. Elle ne savait pas vraiment ce que ça représentait, elle peignait juste, appliquant du rouge, du gris, de l'orange par petite touche. Une forme commençait à se démarquer au milieu du camaïeu aux teintes infernales qui couvrait l'arrière-plan. Comme une succession de formes ovales grises et noires, qui traversait la toile de part en part. C'était étrange. Raiponce n'avait jamais travaillé comme ça. Elle peignait beaucoup au feeling, mais elle savait toujours ce qu'elle voulait représenter. Là, on aurait dit que la peinture s'imposait à elle et qu'elle n'était que le bras armé de… de quelque chose.

Quand le réveil sonna, indiquant qu'une nouvelle heure était passée, elle ajoutait la touche finale au tableau, les mains couvertes de tâches de peinture. Reculant, elle regarda l'œuvre dans son ensemble. Le sujet lui semblait évident, maintenant.

Sur un fond de rouge et d'orange, trois énormes maillons d'une chaîne aux couleurs métalliques traversaient la toile, se détachant nettement. Pourquoi… Pourquoi avait-elle peint ça ? Quelque chose, au fond de son ventre, lui disait qu'elle avait fait ça pour une raison, mais laquelle ? Qu'est-ce qui pouvait la pousser à peindre cette chaîne.

Sa tête commençait à lui faire mal. Recouvrant la peinture de son drap, parce que pour une raison une nouvelle fois obscure, elle sentait que sa mère ne devait pas voir ça, elle recula doucement pour se rasseoir sur son lit. La douleur pulsait à l'intérieur de son crâne. Elle entreprit de respirer doucement, espérant que ça pousserait. C'est sur cette scène que Gothel, les bras chargée d'un plateau repas, entra.

« - Ma chérie ? Que se passe-t-il ?

- Je… Je ne sais pas, Mère. C'est ma tête… J'ai… J'ai mal. C'est horrible. »

Posant le plateau, Gothel s'approcha, la carafe en main.

« - Là, là ma jolie fleur. Tu dois être déshydratée. J'aurai dû te rapporter de l'eau plus tôt. Il fait très chaud, aujourd'hui. Bois un peu, ça ira mieux. »

« Ne bois pas l'eau » « Ne bois pas l'eau »

« Ne bois pas l'eau » « Ne bois pas l'eau »

« Ne bois pas l'eau »

« Ne bois pas l'eau » « Ne bois pas l'eau »

(10)

Les quelques mots qu'elle avait lu plus tôt résonnait dans sa tête. Elle ne devait pas boire l'eau. Elle ne devait…

« - Allons, ma chérie, prend ce verre. Ça ira mieux après. »

Sans réfléchir, elle attrapa le verre. Sa mère devait avoir raison. Elle devait boire l'eau.

D'un traité, elle l'avala. Et tout alla mieux. Les maux de têtes disparurent. Les cris dans sa tête aussi. Que disaient-ils, déjà ? Elle ne s'en souvenait plus. Ça ne devait pas être important.

Tout allait bien.

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Si il y a une chose que Jack devait reconnaître à la famille Black, c'est qu'à travers leur mauvais goût, les ancêtres de Sirius sauvait choisir leurs fauteuils. Bon dieu, ce truc était moche à crever, d'un vert horrible et garni de toutes part d'affreux pompons, mais qu'est-ce qu'il pouvait être confortable.

Les jambes étendues, la tête en arrière, les yeux fermés, Jack se laissa aller. Depuis le début du mois, il ne cessait de courir partout. Entre les entrainements avec Emma, qui était horriblement exigeante, les séances de méditation pour refaire son stock de magie Frost, les discussions avec la Voix, les réunions de l'Ordre, le nettoyage de la maison des Black et la disparition de Raiponce, cela faisait presque trois semaines que Jack avait dix milles choses à faire et seulement vingt-quatre heures dans une journée. Alors qu'on ne vienne pas lui en vouloir de se comporter en papy et de profiter cinq minutes de ce merveilleux fauteuil. Il n'allait pas vraiment dormir, juste reposer ses yeux…

Sauf que « reposer ses yeux » dans une maison où sévissent les diaboliques Jumeaux Weasley, terreur incontestés de Poudlard (11) était une très mauvaise idée. Reposer ses yeux la tête en arrière avec la bouche grande ouverte, une erreur fatale.

C'est un goût horrible dans sa bouche et un double-gloussement hantant les cauchemars de dizaines d'élèves qui tira Jack de sa séance de « repos pour ses yeux ». Les yeux un peu lourds de sommeil, il entrouvrit les paupières pour se retrouver face à deux visages identiques orné tout deux du même sourire maléfique. L'un d'eux tenait un carnet de note dans ses mains et y transcrivait fébrilement ce que lui dictait l'autre.

« - La taille des furoncles semble être influencée par la quantité de pus de bulbobulb du dilué, mais pas le nombre. Va falloir travailler sur ça, Fred.

- Peut-être augmenter le nombre de graines de tentacula ?

- Avec le mal qu'on a pour les obtenir ? On fera ça en dernier recours.

- Pas faux. Et si on diluait le pus avec de l'essence de Murlap ?

- Ça risquerait d'atténuer les effets.

- Et alors ? Pas besoin de pustules aussi grosses.

- On peut essayer.

- Mais qu'est-ce que vous foutez ? »

Les deux rouquins lui donnèrent un grand sourire malicieux.

« - Jack !

- Content…

- De te revoir…

- Parmi nous ! Merci…

- D'avoir accepté d'être…

- Notre cobaye ! Ça commence à être dur…

- De convaincre Ron !

- Accepté de… Vous n'avez pas osé… ! »

Portant sa main à son visage, Jack y sentit des excroissances moles (12) qui n'y étaient pas avant.

Le jeune homme savait, comme un peu près l'entièreté de Poudlard, que depuis l'année passée les deux Gryffondors tentait de mettre en place un commerce de farces et attrapes. Et qu'ils étaient sans cesse à la recherche de cobayes, par toujours volontaires. Il paraissait que l'année dernière, lors d'une fête après la première Tâche, plusieurs Gryffondors s'étaient retrouvés changés en canaris par de fausses crèmes vanille.

« - Qu'est)ce que vous m'avez donné ? exigea-t-il de savoir, un brin paniqué.

- Mon cher, tu as l'honneur…

- De tester les merveilleuses…

- Uniques…

- Fantastiques…

- Miraculeuses…

- Boites à flemmes ! terminèrent-ils ensemble.

- Les quoi ?

- Les Boites à Flemmes ! Toute une gamme de petites choses à manger quand on a envie de rien faire. Tu manges le premier côté et te voilà malade !

- Quand tu es excusé, renvoyé chez toi ou que sais-je, tu avales la deuxième partie…

- Et te revoilà frais et dispo pour faire quelque chose de productif de ta nouvelle journée de congé !

- Nougats Néasang !

- Pastilles de Gerbe !

- Ou Berlingots de Fièvre !

- Tout ça et plus encore…

- Chez Weasley et Weasley, Farces pour sorciers

- Facétieux ! »

Désabusé, Jack regarda les deux Weasley qui venaient de lui servir un discours apparemment maintes fois répété. Famille de fous.

« - Filez-moi l'antidote.

- Oooh, Jack, je t'ai connu plus drôle !

- Filez-moi ce maudit antidote ou je m'en vais expliquer à votre mère pourquoi j'ai le visage couvert de furoncles. »

Molly Weasley était une des rares personnes que les Jumeaux craignaient. Totalement contre leur petit commerce, qu'elle jugeait inutile, elle n'hésiterait pas à fouiller la chambre de ses fils pour jeter leurs expériences si elle découvrait qu'ils s'y adonnaient encore. Elle l'avait déjà fait une fois et ça avait pris des mois aux Jumeaux pour rassembler tous les ingrédients qu'ils avaient alors perdus.

« - T'es devenu vieux, Jack, lui dit un des garçons en lui tendant un demi bonbon.

- Vieux et chiant.

- Vieux, chiant et sans pustules. Merci bien. »

Mettant le bonbon en bouche, il tenta tant bien que mal de ne pas vomir. Quand ils auront fini de bouder, ce qu'ils faisaient admirablement bien depuis le début des vacances car leur mère leur avait formellement interdit de faire partie activement de l'Ordre malgré le fait qu'ils soient majeurs, Jack leur dirait de travailler sur le goût. Il avait l'impression de mâchouiller une vieille chaussette.

Quittant son confortable fauteuil, Jack prit la direction de la cuisine. La réunion n'allait pas tarder et le sujet d'aujourd'hui promettait d'être épineux. Ils allaient devoir rapatrier Potter au Square Grimmaud à la fin du mois et tout cela sans se faire voir du Ministère, qui surveillait activement le quartier du Survivant. Et aucune conversation sur Harry Potter n'était facile avec Sirius Black, le parrain du jeune homme, dans la pièce.

Ce dernier n'aimait pas le fait que Dumbledore veuille garder l'adolescent dans le noir par rapport à la guerre qui se préparait. Il luttait activement pour qu'on dise au moins au jeune homme qu'une prophétie le concernant existait ou que mieux, on l'emmène la voir. Ce dont il avait parfaitement le droit, la loi prévoyant que toute personne concernée par une prophétie avait le droit de la consulter.

Cela promettait d'être une longue réunion…

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(1) Il fut proposé, quelques années auparavant, de copier le système moldu de protection des enfants. Encore une fois, les vieilles familles qui composaient le Magenmagot refusèrent, sous prétexte que la société sorcière avait toujours fonctionné comme cela et que changer quelque chose qui fonctionnait n'était pas utile.

(2) Les annuaires… On sent les années 90 ^^

(3) J'adore cette phrase, même si je suis sûr que vous avez dû la relire deux ou trois fois pour la comprendre ^^

(4) Le métro avait été toute une aventure pour Mérida. Elle avait embarqué Hermione, récemment arrivée au Square Grimmaud, pour le montrer le fonctionnement. Le résultat de cette sortie avait étés scellé à grand coup de menaces et de promesses. Les Jumeaux ne devaient JAMAIS en avoir connaissance.

(5) Dieu grec de la lumière, du soleil et des voyants. Il tua le serpent Python à Delphes et y installa son temple où la Pythie, une voyante, révélait aux hommes le futur que lui montrait le dieu. En vérité, la Pythie était assise sur une faille d'où s'échappait du souffre et hallucinait. Plus vraiment capable de parler d'une manière compréhensible, ses paroles étaient « traduites » par des assistants. La voyance était donc quelque chose de TRES politique.

(6) Fortement entamée, il fallait l'avouer, par le fait qu'il était un sorcier, à moitié-dryade, capable de se changer en animal et heureux propriétaire d'un dragon passant les vacances sous la forme d'un chat. La logique, au fond, c'est tout relatif.

(7) Deux qualificatifs qu'on pouvait associer aux hommes les yeux fermés.

(8) Aucune idée de si le Ministère est près de Big Ben ou si c'est seulement possible pour les sorciers de l'entendre à travers le sol. TGCM.

(8') Même pas la moitié du chapitre et déjà 8 notes. Soyons clairs, ça va être un chapitre à notes.

(9) Harold gardait un souvenir mémorable du cri de Tonks quand il avait essayé de grimper sur son épaule pour la prévenir. Ils avaient manqué de se faire prendre et la jeune femme avait dû se faire passer pour un employé lambda, Harold-la-belette caché au fond de sa poche.

(10) Je prie actuellement pour que la mise en page tienne et ne fasse pas un truc dégueu à l'upload.

(11) En réalité, quelqu'un a déjà essayé de contester leur titre. Le pauvre Michael Jones refuse toujours d'en parler.

(12) Je suis actuellement avec une tête super-dégoutée devant mon écran. Voilà voilà.

Je suis MEGA-fier de la partie de Raiponce. C'est un personnage avec qui j'ai toujours eu plus de mal et c'est un genre de scène que j'écris très très peu, même si je m'essaye à des trucs plus sombres dans la dernière Hijack Week (vous savez, celle qui traine depuis deux ans). Ici, je trouve ça super-réussi et pour quelqu'un qui n'est jamais satisfait de ce qu'il écrit, je vous assure que c'est quelque chose.

Sinon, désolé pour le retard. J'ai été méga-occupé, je le suis toujours et, je vous l'avoue sans honte, le peu de reviews sur le précédent chapitre m'a pas méga-motivé à écrire. Je suppose que les vacances y sont pour quelque chose, mais bon.

A la prochaine !