Les Années Sombres
Disclaimer : Voir prologue
Résumé : UA Big Four Poudlard. Le Projet A a pris fin. Pourtant, ce n'est que le début de nouvelles aventures. Et tandis qu'Harold, Mérida, Raiponce et Jack reviennent à Poudlard pour leur sixième année, de sombres nuages s'amoncellent à l'horizon.
Note 1 : Aux petits nouveaux. Ceci est la suite directe d'une fic nommée « Le Projet A » que vous trouverez sur mon profil. Vous risquez fort de ne pas comprendre grand-chose si vous ne la lisez pas avant.
Note 2 : Cela risque d'être un peu moins rose que dans les films et beaucoup moins que dans Le Projet A, qui était au rating T. Ne vous attendez pas à des effusions de sang et à des morts toutes les deux lignes comme dans Games of Thrones, mais le M n'est pas là pour faire joli. Cela signifie que techniquement, vous devez avoir plus de 16 ans pour lire la fic. (Techniquement. Je ne suis pas naïf, j'ai été jeune avant vous.)
Emmawh n'a plus le temps de corriger. C'est donc Adrien, qui corrige déjà les fics Teen Wolf, qui reprend le rôle (on est en phase de test, pour voir si il a le temps de gérer le tout. Bref).
Chapitre corrigé, merci à Adrien pour son super travail !
Merci à Isis Nephtys, Big Four Fan, Un Fan Le Retour, Paquerette-san, Katie Holmes, UltimateTears, Ebenou, Lyna97, MorganeGwenn, Son.y, LutineLaugh, SenritsuHime, Arrianrod, Loupiote54, Giulia Morgens, Dead to you et 3lise pour leur review ! (j'ai normalement répondu à tout le monde :) )
Big Four Fan : Hello ! Merci pour ta review et désolé pour le retard ! Je suis content que le chapitre t'ait plu et j'espère que la suite le fera aussi.
Bonne lecture !
Un Fan Le Retour : Hello ! Merci pour ta review et désolé pour le retard ! ! Je suis content que le chapitre t'ait plu et j'espère que la suite le fera aussi. Pour Raiponce, cela continue aussi, mais pas vraiment plus joyeux.
Bonne lecture !
Katie Holmes : Hello ! Merci pour ta review et désolé pour le retard ! Je suis content que la fic te plaise. Normalement, on reprend un rythme de parution normal, à partir de maintenant.
Bonne lecture !
Son.y : Hello ! Merci pour ta review et désolé pour le retard ! J'espère que la suite te plaira.
Bonne lecture !
Giulia Morgen : Hello ! Merci pour ta review et désolé pour le retard ! Je suis très content que la fic et mon style d'écriture te plaise. Je suis moi aussi particulièrement fan du couple Harold/Charlie (mais j'avais déjà un gros faible pour les deux séparément, normal donc ^^)
Bonne lecture !
Dead to you : Hello ! Merci pour ta review et désolé pour le retard ! Le hijack était normalement prévu, mais la puissance du Harold/Charlie m'est tombée dessus sans prévenir ^^.
Bonne lecture !
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Chapitre 27 : Catastrophes en série
Raiponce ne savait pas depuis quand elle était là. Plus d'un jour, elle en était certaine. Mais ses certitudes s'arrêtaient là. Elle avait essayé de compter les avertissements, ces petits bouts de papier, annotations, peintures qui se cachaient maintenant partout dans la pièce, mais comment calculer à partir de cela. Elle savait qu'il y avait deux peintures, douze messages dans les marges de son livre et huit morceaux de papier discrètement cachés dans des endroits divers. Mais combien de temps avait-elle mis à faire les peintures ? Quels jours avait-elle été assez lucide pour avertir son elle futur de ce qu'il se passait ? Aujourd'hui encore, quand elle n'arrivait pas à convaincre sa mère de lui laisser boire l'eau en petite quantité au long de la journée, elle oubliait tout. Car elle en était maintenant sûre, c'était le contenu de la carafe qui lui faisait tout oublier. Elle s'en rappelait, mais pas toujours en même temps. Peu importe ce que contenait la carafe, l'effet devenait de moins en moins fort, plus aléatoire. Elle se rappelait les jours précédents. Pas clairement, mais elle savait qu'elle avait eu de véritables moments d'effroi, même si elle mettait parfois un peu de temps à retrouver ce qui l'avait mise dans un état pareil.
Mais aujourd'hui, sa tête était particulièrement claire. Peut-être même trop. Elle se sentait incapable de paniquer, de réagir autrement qu'en réfléchissant froidement. Peut-être un effet secondaire de la potion ? Mais il fallait voir le bon côté des choses, c'était un état d'esprit particulièrement utile pour mettre au point un plan d'évasion.
Elle lista ce qu'elle savait. Sa mère la retenait prisonnière. Enfermée dans le sous-sol, soi-disant protégée d'elle ne savait qui. La porte était verrouillée et il était impossible de l'ouvrir de ce côté, ni même de l'ouvrir sans magie, si ses souvenirs étaient exacts. Sa mère passait trois fois par jour, la porte serait donc ouverte. Elle n'avait pas sa baguette et sa geôlière n'était pas assez idiote pour l'apporter, il faudrait s'emparer de la sienne, en espérant qu'elle serait un minimum adaptée à elle. Le poison était dans l'eau, il faudrait donc agir avant qu'elle ne soit forcée à la boire, parce qu'elle ne savait pas l'effet qu'aurait l'élixir aujourd'hui. Et une fois dehors, il faudrait trouver une sortie. Pas la cheminée, qui n'avait jamais été reliée au réseau. Transplanner était impossible dans les limites de la maison, si ses souvenirs de leur arrivée étaient exacts. Il faudrait donc sortir avant de pouvoir faire quoi que ce soit. La chance allait être un facteur déterminant.
La jeune fille n'était pas sûr de combien de temps elle attendit, assise sur le lit, un œil sur la porte. La chambre était dépourvue d'horloge de quelque sorte que ce soit, elle ne pouvait donc savoir combien de temps il restait avant que sa mère n'arrive.
Le déclic fini par retentir. Raiponce revêtit rapidement un air faussement paisible. Elle devait avoir l'air un peu hébétée, mais c'était l'impression que lui avaient laissé ses vagues souvenirs des jours sous l'emprise de la potion. D'un pas léger, un plateau dans les mains, Gothel entra dans la pièce.
Raiponce, l'esprit toujours aussi froid, nota rapidement ce qui pouvait lui servir d'arme. Le couteau, bien qu'à bout rond, pouvait faire l'affaire, tout comme la fourchette. Mais la carafe était sans nul doute l'idéal. Si elle parvenait à assommer sa mère avec, elle aurait surement le temps de s'échapper. Il fallait juste attendre le bon moment.
« - Bonjour ma chérie. Comment vas-tu aujourd'hui ?
- Bonjour Mère. Je m'ennuie un peu. Pensez-vous qu'il serait possible que je sorte prendre un peu l'air ? demanda-t-elle avec une fausse candeur.
- Oh, mon cœur… Je te l'ai déjà dit, c'est beaucoup trop dangereux. Bientôt, ta chambre sera finie, nous pourrons te monter là-bas. Mais toutes ces fenêtres empêchent les sorts d'être posés aussi facilement qu'ils l'ont été sur cette pièce. »
Raiponce aurait mis sa main à couper que ce discours avait déjà été répété mille fois depuis le début de sa captivité. Il y avait même de fortes chances que sa mère n'ait jamais fait poser le moindre sort particulier sur sa chambre.
Précautionneuse, elle entama son repas. Il fallait attendre que l'attention de sa mère s'atténue pour que le coup porte. Il ne fallut pas beaucoup de temps. Au moment où Gothel fit mine de se lever pour faire un peu de rangement, tout en rappelant bien à Raiponce de bien boire son eau, la jeune fille attrapa la carafe en vers par la poignée et asséna un coup violent sur la tête de la sorcière plus âgée, éclatant le récipient en verre contre sa tempe.
Gothel s'écroula au sol. Jetant son plateau, Raiponce plongea sur sa mère, la fouillant rapidement pour trouver sa baguette, avant de se précipiter vers la porte. Heureusement, un simple « Aperto » fut suffisant pour la déverrouiller. Gothel avait dû être suffisamment confiante en son poison pour ne pas réinstaller la totalité des protections de la porte en entrant, dieu merci.
D'un pas vif, Raiponce remonta le couloir. Elle s'aventurait rarement au sous-sol, mais heureusement, sa cellule n'était pas loin de l'escalier. Elle s'y engouffra, remontant à la surface pour la première fois depuis des jours, débouchant dans le salon. Une trappe qu'elle ne connaissait pas était ouverte dans le plancher, un tapis roulé à côté. Cela devait être un ajout récent et expliquait pourquoi elle ne reconnaissait pas le sous-sol. Il avait été creusé exprès.
Se précipitant sur la porte, elle tenta de l'ouvrir, d'abord à main nue, puis à l'aide de tous les sorts qui lui passaient par la tête. Mais peine perdue. Il semblait que sans connaître l'enchantement exact, elle ne parviendrait pas à l'ouvrir. Faisant volte-face, elle prit la direction de la cuisine. Peut-être que la porte arrière montrerait moins de résistance.
Mais à peine eut-elle atteint sa destination qu'une main lui attrapa l'épaule et la projeta en arrière, lui faisant lâcher la baguette. Gothel, telle une furie, se dressait de toute sa hauteur. La rage déformait ses traits.
« - Petite trainée, hurla-t-elle. Je te protège, je te met à l'abri loin de Lui, je te nourris et toi, tu veux me quitter ? Me laisser ici, seule ? Moi qui t'ait tout donné ? Après des années de service, tu veux me retirer ce à quoi j'ai droit, le fruit de mon travail ? Sale petite garce !
- Mère…
- Mère ? Tu crois que je suis ta mère ? Idiote ! Qui voudrait d'une fille comme toi ? D'une fille qui trahit sa seule famille ? Fini, tout ce petit jeu. Tu vas avoir droit au traitement que tu mérites, maintenant ! »
Ramassant vivement sa baguette, la même que Raiponce essayait discrètement de prendre pendant le monologue de Gothel, la vieille sorcière lui lia les poignets, avant de la soulever par le col.
Raiponce venait de rater sa seule chance de fuite.
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La chaleur était étouffante, en cette soirée du premier août. Le mois ne faisait que commencer, mais avec la sécheresse qui avait sévi tout juillet, la verdure de Little Whinging avait tourné au brun depuis longtemps. Même la nuit n'offrait aucune fraicheur, laissant la peau moite de sueur.
C'était dans ces merveilleuses conditions que Mérida effectuait son tour de garde. Enroulée dans sa cape d'invisibilité, don de Maugrey, dont la paranoïa avait au moins le bon côté de lui faire accumuler des objets à l'utilité variée, elle surveillait Harry Potter, aidée de Mrs. Figgs, une veille cracmol férue de chat.
Mrs. Figgs avait effectué la surveillance du Survivant toute seule depuis que celui-ci avait été confié aux Dursley. Mais avec le retour de Vous-Savez-Qui, il était trop dangereux de laisser une vieille femme qui, bien que née dans une famille de sorcier, était totalement dépourvue de pouvoirs magiques. Si le mage noir se décidait à envoyer ses larbins s'occuper du jeune Potter, ce n'était pas avec sa paire d'aiguilles à tricoter et Mistigri le chat de gouttière que Mrs. Figgs allait les mettre en fuite.
L'Ordre du Phénix avait donc mis en place une tournante de surveillance. Et ce soir, c'était le tour de Mérida. Ô joie, ô bonheur. Elle préférait encore les gardes devant la porte du Département des Mystères. Au moins, là, même si c'était tout aussi emmerdant à surveiller, il faisait frais.
Au loin, Harry était présentement assis sur une balançoire. De son point de vue, Mérida avait l'impression qu'il ne se balançait même pas, se contentant d'attendre que le temps passe, seul dans le petit parc, déserté par les enfants dont les parents craignaient l'insolation.
Soudainement, une ombre plus qu'imposante apparut. Mérida ne mis pas longtemps à reconnaître Dudley Dursley, petite brute mesquine dans lequel on plaçait facilement trois gringalets comme Potter. Entouré de sa cour, l'adolescent semblait prendre plaisir à martyriser son cousin. Mérida n'était pas capable de l'entendre, mais elle était pratiquement sûre de ne pas aimer l'échange.
Les amis de Dudley finirent par partir, laissant celui-ci à l'arrière avec son cousin. La conversation entre les deux adolescent continua, jusqu'à ce que Potter sorte sa baguette, la pointant sur la gorge de son vis-à-vis.(1) Mérida s'apprêta à s'interposer, car même si Dudley était au courant de la magie, elle ne pouvait pas permettre à Harry, sorcier mineur, de la pratiquer en zone moldue, surtout qu'il n'était pas en odeur de sainteté avec les pontes du Ministère. Mais à peine eut-elle enlevé la cape que les lumière du parc se mirent à clignoter.
Mérida sentit le froid s'infiltrer dans ses os. Son souffle se transforma en buée et, avec un étrange décalage vu le début de soirée, du givre apparut doucement sur le sol et les rares plantes survivantes. Ses pires visions lui revinrent soudainement en mémoire, notamment le terrible moment de ce qu'elle avait pensé être la mort de Jack sous ses yeux, lors de la troisième tâche du Tournoi des Trois Sorciers. Se ressaisissant, elle parvint à garder un esprit assez clair au travers du souvenir de ses propres cris pour déterminer ce qu'il lui arrivait. Une seule créature pouvait provoquer ce genre d'effet. Il y avait des détraqueurs à Little Whinging.
Sortant se propre baguette, parce qu'au diable le Ministère quand des monstres suceurs d'âme rodaient dans les parages, elle avança à grand pas vers les deux adolescents. Potter avait sa propre baguette en main, une lueur argentée luisant au bout. Il tentait de lancer un patronus.
Dudley, lui, était recroquevillé au sol, l'air complètement perdu. Deux détraqueurs les survolaient, aspirant tout le bonheur qu'ils pouvaient. Le jeune moldu devaient être complètement en panique, les gens dépourvus de magie étant incapable de voir les gardiens d'Azkaban.
Réunissant ses propres souvenirs heureux, Mérida tenta à son tour d'invoquer son propre patronus. Elle n'était pas capable d'en faire apparaître un complet, mais elle savait que Potter l'avait déjà fait. Si elle pouvait déjà atténuer l'effet des détraqueurs, le Survivant parviendrait peut-être à appeler le sien.
« - Souvenirs heureux, il me faut des souvenirs heureux », murmura-t-elle, se dirigeant toujours vers les adolescents. Quelle idée avait-elle eut de se placer si loin de sa cible.
Elle se remémora le plaisir du vol dans les nuages. Les soirées avec les autres membres du Projet A. Les veillées de Noël avec la légende de Mor'du. Tout ce à quoi elle pouvait penser.
« - Spero Patronum. Spero Patronum. Spero Patronum. »
La troisième paru être la bonne. Plus ou moins. Une petite lueur argentée se mit à luire au bout de la baguette de bruyère. C'était très loin d'un patronus corporel, mais cela sembla suffisant pour éloigner quelque peu les spectres et permettre à Potter d'invoquer le sien.
Un immense cerf d'argent bondit hors de la baguette du jeune gryffondor, chargeant droit vers les démons. Un patronus n'était pas capable de détruire les détraqueurs. Même les Langues-de-Plomb, grands chercheurs du Département des Mystères et reconnus comme parmi les meilleurs sorciers du monde anglais, n'avaient pas été capables de trouver quoi que ce soit pour faire plus que les éloigner, et ce en plusieurs siècles de recherche.
Mais face à seulement deux détraqueurs, le patronus était plus que suffisant. Le souffle court, Potter remarqua enfin qui était venu à son aide.
« - Dunbroch ? Qu'est-ce que tu fais là ?
- Pas maintenant Potter. Ils sont partis mais va savoir si ce sont les seules choses qui t'en veulent dans le coin. Aide moi à attraper ton cousin, on va te ramener chez toi. MRS. FIGG !
- Pas la peine de crier, ma p'tite. Vieille mais pas sourde. »
Une petite vieille, affublée d'une robe passée de mode depuis bien longtemps, avec un fichu couvrant ses cheveux et un cabas, approcha à petits pas.
« - Compte pas sur moi pour soulever ce patapouf, par contre. Chui vieille, l'est lourd et en plus, j'l'aime pas.(2)
- Je ne vous en demandais pas autant, Mrs. Figg. Surveillez les environs, pendant qu'on le porte, vous voulez. »
Hochant sèchement la tête, Mrs. Figg les regarda soulever Dudley, qui était jusque-là resté prostré au sol, terrassé par les détraqueurs. Le bonhomme n'était pas léger, mais Mérida n'était pas dépourvue de force, merci les longues balades à cheval, les heures de vol en Augurey et son interminable travail de « porte-ce-document-à-l'autre-bout-de-département » au Ministère, officiellement appelé « Auror stagiaire ». Avec l'aide d'Harry, ça devrait le faire.
« - Allez, droit chez les Dursley, Mrs. Figg. Mais évitons quand même les endroits trop visibles, d'accord ? »
La vieille dame ne fit pas mine d'avoir entendu Mérida, mais elle se mit en route, les deux jeunes gens à sa suite. Comme attendu par la rousse, Potter se mit à poser des questions.
« - Qu'est-ce que tu faisais ici ? Et comment connais-tu Mrs. Figg ?
- Tu croyais que Dumbledore allait te laisser sa surveillance avec l'autre revenu à la vie ? Ne te prétend pas plus idiot que tu ne l'es, Potter. On te surveille depuis le début des vacances au cas où quelque chose comme ça arriverait. Mais je dois dire qu'on n'avait pas prévu les détraqueurs. Comment a-t-il fait pour en rameuter ? Et Mrs Figg aide depuis des années à garder un œil sur toi.
- Vous êtes une sorcière ? s'étonna le plus jeune en tournant la tête vers la vieille dame.
- Cracmol, cracha-t-elle. Pas une goutte de magie en moi, au plus grand déshonneur d'ma chère famille. Et l'mage noir avait d'jà ces démons avec lui l'dernière fois. Pas bien dur d'les débaucher. Il n'avait qu'à leur promettre pitance et liberté. Tout c'que leur refuse le Ministère. »
Le silence s'abattit sur le petit groupe, qui arriva tant bien que mal à tirer Dudley jusque chez les Dursley.
« - On va te laisser ici, dit Mérida en déposant son fardeau à l'entrée du petit jardin. Mieux vaut pas que ta famille me voit. Quand à toi, fais toi discret. Dumbledore te recontactera, lui-même ou par un intermédiaire, dans pas longtemps. »
Sans attendre une réponse de Potter, elle salua Mrs Figg de la tête et se réenroula dans la cape d'invisibilité.
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Déboulant de la cheminée, Harold apparu au 12, Square Grimmauld dans un nuage de cendre. La poudre de cheminette n'était pas le moyen de transport le plus propre, mais le transplannage avait tendance à lui donner le tournis pour une heure. D'un léger mouvement de baguette, il fit disparaître la suie de ses vêtements. Le bonheur des informulés, c'était que quand on avait compris le principe, la plupart des sorts basiques se faisaient presque tout seuls.
La réunion du jour, qui promettait d'ailleurs d'être houleuse, étant donné que le sujet à débattre était « qu'allait faire d'Harry Potter », n'aurait pas lieu avant une bonne heure. D'habitude, Harold arrivait en avance pour passer un peu de temps avec Charlie. Mais aujourd'hui, c'était pour Mérida qu'il arrivait si tôt. Son amie lui avait demandé de venir tôt pour parler de Raiponce. Cela faisait un mois qu'ils n'avaient aucune nouvelle de la Serdaigle. Et vu l'état dans lequel était la mère de cette dernière au retour de Poudlard, c'était de mauvais augure.
Saluant Mrs. Weasley, il prit rapidement la direction de l'étage, avant que la mère de famille n'essaye à nouveau de l'embaucher pour le nettoyage de la maison. Contrairement à Jack, il avait jusqu'ici réussi à y échapper, notamment grâce à Charlie. Mais il était presque sûr que ça lui retomberait dessus un jour ou l'autre.
Mérida et Jack étant déjà là, installé dans une des chambres récemment débarrassée de ses objets ensorcelés et parasites de tous poils (3). La jeune fille paraissait extrêmement agitée.
« - Enfin ! On t'attend depuis des plombes !
- TU m'as dit de venir une heure avant la réunion. Je suis pile à l'heure !
- Mais…
- Pas la peine de se disputer, intervint Jack. Tu voulais nous exposer un plan, Mérida ? »
La jeune fille hocha vivement la tête, tandis qu'Harold s'installa sur le lit poussiéreux.
« - J'ai… J'ai… Je ne vois pas trop comment expliquer ça rapidement. Mais en gros, j'ai trouvé quelqu'un pour m'aider avec mon don. Un vrai voyant. Il a même une aide, comme moi avec Wisp ! A nous deux, on a pu obtenir des informations sur Raiponce.
- Mérida… Je ne veux pas être rabat-joie mais… Il est fiable ? Je veux dire, tu es sûre qu'on peut lui faire confiance ?
- Non. Mais on n'a pas le choix. Le Ministère ne peut, ou ne veut, rien faire. Tonks nous aurait probablement aidé d'ordinaire, mais on ne peut pas se permettre de la rendre suspecte maintenant. »
Harold sentait la migraine pointer le bout de son nez. Cela sentait extrêmement mauvais. Mais Mérida avait raison, ils n'avaient pas le choix.
« - Qu'est-ce que vous avez trouvé ?
- Vu, plutôt. La maison est pratiquement introuvable. On a pu se projeter dans le passé pour voir les enchanteurs jeter les sortilèges pour la rendre invisible et incartable.
- Grand-père m'a dit que Gothel Tower avait effectivement employé pas mal d'enchanteurs peu regardant. Comme je vous l'avais déjà dit, aucun n'était capable de lancer un Fidelitas, dieu merci.
- On n'a rien vu d'incontournable, en effet. Le sort le plus ennuyant est celui d'invisibilité, mais comme j'ai vu la scène des yeux de celui qui l'a lancé, je suis capable de passer au travers du sort avec assez d'effort.
- De manière discrète ? L'idéal, ce serait de passer sans se faire voir. Gothel est peut-être une potionniste, mais elle reste une excellente sorcière, d'après ce que j'ai trouvé. Elle est connue à Beurk, elle utilisait beaucoup de composants de dragons, avant. Elle s'est même jointe à quelques chasses, ce qui n'est pas offert au premier venu. Pas extrêmement forte, d'après Gueulfort, mais vicieuse.
- Impossible de le savoir à l'avance. Normalement, on peut les passer sans les briser, mais les enchanteurs peuvent avoir modifier le sort s'ils sont assez bons.
- Tu n'as pas su apprendre leurs noms ?
- Inutile. Gothel les a oubliettés. C'est une pratique assez commune dans l'Allée des Embrumes. »
Gratouillant Krokmou, qui aimait énormément le suivre aux réunions car cela promettait toujours d'innombrables caresses et restes à foison, Harold passa leurs options en revue. Ils pouvaient foncer dans le tas, demander de l'aide ou ne rien faire. Ne rien faire était évidemment exclu. Demander de l'aide n'avait rien apporté et ils ne pouvaient risquer de ternir la réputation d'un membre de l'ordre. Trois amis de Raiponce sans nouvelles de leur amie et essayant d'entrer par effraction chez elle, ça pouvait passer. Mais comment justifier l'aide d'un auror ou d'un enseignant ?
« - On va devoir se débrouiller seuls, souligna Jack.
- Je pense aussi. Mérida, il faudra que tu te rappelles très exactement les limites du sort. C'est là qu'il faut faire une entrée si on veut avoir le moins de risques possible de le faire tomber entièrement. »
Hochant la tête, Mérida sorti l'agenda qu'elle tenait depuis le début de l'été, histoire de s'y retrouver entre réunions de l'ordre, évidemment indiquée sous un nom codé, jours de travail et autres trucs de tout genre.
« - Il faudra voir avec la réunion d'aujourd'hui, mais il faut agir vite. Gothel peut très bien embaucher des gens pour modifier les sorts. On doit y aller dans les jours qui viennent. Je ne travaille pas ce weekend. Si on décide d'aller chercher Potter, ce sera avant, je pense.
- Idem. Et une fois sur place ?
- On trouve Raiponce, on l'embarque, on assomme Gothel si nécessaire et on se barre. »
C'était très loin d'être un plan génial. Mais avec le peu d'informations et d'aide qu'ils avaient à disposition, c'était le seul.
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La maison était… Banale. Au mieux. Ennuyeuse, plutôt. Particulièrement pour Jack, qui avait grandi dans une vieille maison pleine de personnalité. Ici, un petit jardin, des murs bruns, des volets aux quelques fenêtres. Rien de bien folichon.
Encore un peu barbouillé par son transplannage, Jack allongea toutefois le pas pour rattraper les autres membres de la petite brigade. Enfin, « petite », ça touchait l'euphémisme. A la base, l'équipe chargée de récupérer Harry Potter chez sa famille ne devait se composer que de Kingsley Shacklebolt, Remus Lupin, Nymphadora Tonks, Maugrey Fol'œil et Jack lui-même. Le premier pour ses aptitudes à faire évacuer discrètement et efficacement des personnes menacées, merci les années en tant qu'Auror, les quatre autres pour les Dons divers, qui leur permettraient de se sortir d'un traquenard quelconque sans pour autant utiliser de la magie classique. Ce qui n'était pas sans intérêt, car le Ministère semblait garder un œil particulièrement intéressé sur le quartier, preuve en était de la lettre de convocation au Tribunal que le jeune Potter avait reçue à peine une heure après avoir pratiqué un Patronus pour sauver son âme.
Seulement, quand on avait annoncé qu'il allait falloir extraire le Survivant de la garde de ses oncles et tantes, un nombre surprenant de membres de l'Ordre avaient soudainement avancé une multitude d'arguments sans fin, tentant tant bien que mal de prouver qu'ils étaient indispensables à la mission. C'étaient ainsi rajoutés Dedalus Diggle, qui prétendait connaître le quartier comme sa poche, Hestia Jones, redoutable duelliste, Sturgis Podmore, qui avait des accointances au Ministère et Elphias Dodge, seul membre que Jack jugeait un peu près utile parmi les quatre, car incroyablement doué en legilimencie, et notamment capable d'influer sur les pensées des gens par ce biais.(4) Jack soupçonnait fortement Dumbledore d'avoir accepté de les laisser venir pour mettre un terme aux discussions sans fin.
C'était donc neuf sorciers qui étaient présentement en train de discrètement s'introduire dans la maison des Dursley, envoyés au loin par une fausse invitation à une remise des prix, plan mis en place par Tonks. D'après elle, le temps qu'ils arrivent sur place et se rendent compte du canular, plus le temps de retour, ils avaient au moins deux bonnes heures devant eux.
Dodge, pour sa part, avait étendu son esprit au voisinage, convainquant les voisins qu'il ne valait pas la peine ce soir de regarder par la fenêtre. Si ce pouvoir fonctionnait réellement, Jack trouvait cela tout bonnement terrifiant. Mais le vieux sorcier lui avait assuré que ce don ne marchait que difficilement sur les sorciers et que même parmi les moldus, un certain nombre étaient très résistants à la suggestion. Le garçon restait sceptique. Parce que si lui avait eu un tel pouvoir, il aurait justement passé son temps à convaincre les autres qu'il n'était pas si puissant que ça, au fond.
La porte ne résista pas longtemps face aux étonnantes compétences de crochetage de Maugrey, dont l'œil ensorcelé l'aidait pas mal en lui permettant de voir le mécanisme de l'intérieur. Un par un, les sorciers s'introduire dans la petite maison de banlieue. Tout allait pour le mieux, jusqu'à ce que la légendaire maladresse de Tonks fasse tout planter. La jeune femme se prit le pied dans le tapis, percuta la porte de la cuisine et provoqua un véritable tintamarre. Cela eut pour résultat l'apparition de Potter, baguette levée. Peut-être se disait-il que vu qu'il était déjà convoqué au Ministère, assommer les potentiels cambrioleurs à coup de sortilège ne devait pas être très grave ?(5)
« - Range ça avant d'éborgner quelqu'un, Potter, grogna Maugrey(6).
- Professeur Maugrey ?
- Juste Maugrey. Jamais été prof.
- Qu'est-ce que… Qui sont tous ces gens ?
- Bonsoir Harry, reprit Lupin. Je te présente tes gardes du corps, qui vont te ramener auprès de Dumbledore. Ils étaient étonnamment nombreux à vouloir en faire partie. Dans l'ordre, voici Nymphadora…
- Juste Tonks, siffla l'auror.
- Tonks, Dedalus Diggle, Hestia Jones, Kingsley Shacklebolt et Elphias Dodge. Je crois que tu connais déjà Jack, si je ne m'abuse ? »
Un peu perdu, Potter hocha la tête.
« - Vous allez m'emmener au Terrier ?
- Trop risqué. Les Weasley sont des pro-Dumbledore trop connu. Mais nous avons l'endroit idéal pour toi, ne t'inquiète pas. Monte faire tes affaires en vitesse, nous ne pouvons pas prendre le risque de voir les Dursley revenir avec nous encore là. Nymphadora, Jack, vous pouvez l'aider ? Les autres, venez avec moi, nous allons vérifier que les protections tiennent encore (7).
- Minute, Lupin, intervint Maugrey. C'mment t'es sûr qu'c'est lui ? »
Lupin poussa un soupir devant la méfiance du vieil auror.
« - Harry, quelle forme prend le sortilège que je t'ai enseigné lors de ta troisième ?
- Un cerf, Professeur.
- Heureux, Maugrey ?
- Très. Et n'range pas ta baguette dans ta poche arrière, gamin. C'est comme ça qu'tu perdrais une fesse. »
Sur ces étranges paroles, les trois plus jeunes montèrent à l'étage. A trois, la valise fut vite faire. Les affaires en main, merci la valise avec sort d'allègement intégré, ils descendirent le tout sur la pelouse des Dursley, toujours protégés par les pouvoirs d'Elphias. Chaque sorcier enfourcha le balais qu'il avait emmené, Lupin en passant un au Survivant. Au signal du Kingsley, ils décollèrent tous vers Londres.
Le voyage, qui se déroula principalement au-dessus des nuages, fut paisible, si on omettait le vol d'oie qui leur fonça droit dessus, apparaissant de nulle part. Heureusement, Lillte Whinging n'était pas très loin de la capitale. Il ne leur fallu qu'une petite heure pour rejoindre le Square Grimmauld. Jack se demanda à quoi cela ressemblait pour le jeune Potter, qui n'était toujours pas dans le secret du Fidelitas. Le sort lui donnait-il envie de regarder partout sauf au n°12 ? La maison était-elle invisible ? Où ne pouvait-il la percevoir que du coin de l'œil, en un instant ? Il faudrait qu'il pense à lui demander plus tard.
Après que Maugrey lui ait remis un petit mot de Dumbledore, mot révélant probablement le lieu des réunion de l'Ordre du Phénix, la maison sembla apparaître soudainement devant Potter, au vu des gros yeux qu'il faisait, fixant la porte du 12. Ils entrèrent tous rapidement, Elphias les prévenant que des gens finiraient par se demander ce que faisait une petite troupe de personnes attendant apparemment sans but au milieu de la petite place, et qu'il n'avait plus la force de détourner leur attention si cela devenait nécessaire.
Sentant la douce chaleur du quartier général remplacer la lourdeur moite de l'air extérieur, Jack soupira de bien-être. Il allait pouvoir aller dormir. Et demain, une autre mission de sauvetage l'attendait. Espérons que celle de Raiponce se passe aussi bien que celle d'aujourd'hui.
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(1) J'ai mixé la scène du livre et celle du film, pour faire un truc à ma sauce. Je trouve que ça ne rend pas trop mal.
(2) On ne dit pas grand-chose sur Mrs. Figg dans les livres. J'ai donc décider de la faire en petite vieille qui n'a pas sa langue dans sa bouche.
(3) Et de trucs qui semblaient osciller entre objets et parasites. Ginny s'était, quelques jours auparavant, retrouvé au prise avec un manteau de fourrure tellement infesté de parasites qu'il en arrivait à se mouvoir tout seul.
(4) Il y a longtemps, quelqu'un avait comparé le don d'Harold avec le Vif de la série de livre l'Assassin Royal. Ce dérivé de la legilimancie me vient de l'Art, magie présente dans cette même série, que je vous conseille fortement, l'ayant lue depuis.
(5) N'empêche… J'ai dû relire cette scène avant l'écriture et… Elle est ridicule et incensée. J'ai essayé de lui donner un poil plus de cohérence ici. Parce, sérieux, on est en guerre potentielle, faut extraire Harry et eux, ils se pointent à 8, tranquille, avec plus de la moitié du groupe qui sert à rien, et ils fouillent calmement les tiroirs. Bref.
(6) Phrase, qui, hors-contexte, pourrait être extrêmement graveleuse. Et un poil dégoutante, vu qui la prononce.
(7) Parce que je trouverai ça débile que, malgré la « protection de l'amour de sa mère », Dumbledore ne prenne pas une sécurité supplémentaire en mettant quelques barrières discrètes autour de chez les Dursley.
Et voilà. Un chapitre très « HP5 ». J'ai un peu fait avancer l'histoire, maintenant on va se recentrer sur nos chouchous.
Je ne suis pas méga satisfait de la partie de Jack, mais je n'arrive pas à la tourner autrement et je ne voulais pas vous faire attendre encore plus : ) Par contre, la partie de Raiponce, je l'aime bien.
A la prochaine !
